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Full text of "Dictionnaire historique d'argot"

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HARVARD 
COLLEGE 
LI BRARY 



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HARVARD UNIVERS! 
UBRARV 



SEP 03 1992 



jORÉDAN LiARCHEY 



DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE 

D'ARGOT 

ONZIÈME ÉDITION 

DES EXCENTRICITÉS DU LANGAGE 

Mil à la Imulrur .le* riivnhitioiiEi Ju jour. 




l'ARIS 
R. OENTU, EOIIHUR 

iIBKAIRF. DE LA SOCIÉTÉ DUS OHNS Dt LETTRES- 



DICTIONNAIRE 



D'ARGOT 



ÉUILE GOLIN. — IMPaiMERIB DE LAONT 



LORÉDAN LARCHEY 



DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE 

D'ARGOT 

DIXIÈME ÉDITION 
DES EXCENTRICITÉS DU LANGAGE 

Ml> k 11 htaleur dca rtiolutloni do ionr 




PARIS 

E. DENTU, ÉDITEUR 
UBRAIRU DE LA SOCIÉTÉ DES OBNS DB LETTOBa 



1888 
(Tau draltt da tndnaUon <t d* rcprodoBtloq risarr^ 



INTRODUCTION 



I. Universalité du domaine de l'argot. — II. L'argot considéré 
dans ses sept éléments de formation (i. Vieux mots. — 2. Subs- 
titutions.— 3. Modifications. — 4. L'argot actuel. — 5. Harmonies 
imitatives. — 6. Jeux de mots. — 7. Souvenirs. — 8. Importa- 
tions.) — III. Richesses de Pargot. — IV. Ses rapports avec les 
mœurs. — V. Notre méthode. — VI. Comment le besoin de ce 
Dictionnaire s'est fait sentir de plus en plus. — VII. Ce qu'on 
pensait de Targot avant nous. 



L — Universalité du domaine de l'argot. 

L'argot passe généralement pour être un dialecte spé- 
cial aux malfaiteurs. Sans être Illogique, nous avons cru pou* 
voir étendre son domaine en comprenant dans ce vocabu- 
laire toutes les excentricités de langage qui se produisent 
chaque jour dans les autres classes de la société. A le bien 
considérer, d'ailleurs, le mot à^argot justifie toutes les exten- 
sions. Sans le faire venir du grec argos, comme on Ta pré- 
tendu avant nous, nous y verrions logiquement un diminutif 
du vieux mot argu qui signifiait injure, reproche^ et aussi 
ruse^ finesse^ subtilité» — Dès le xiv« siècle, hargoter vou- 
lait dire railler^ dire des sottises. On le voit par le glossaire 
de Du Gange auquel il faut toujours recourir en matière 
d'étymologie. ♦ 

De même bigorne^ synonyme d'argot^ qu'un autre étymo- 
logiste a confondu avec Tenclume dite bigorne^ n'est qu'un 
substantif tiré de l'ancien verbe biguer : changer, troquer. 
Parler bigorne ou argot signifie donc : parler un langage 



II INTRODUCTION. 

tr(^v4^ changé, user d'un langage de railleur, de sottisier. 
A ce compte, les salons ont eu leur argot comme les tapi^ 
francs; les précieuses du jour ne le cèdent en rien aux 
gueux de nos cours des miracles^ et nous sommes auto* 
risé à prendre notre bien où il se trouve. Mais c'est 
surtout au point de vue parisien que nous avons cherché 
à rendre ce glossaire complet, parce que, en fait de lan- 
gages, Paris est le grand rendez-vous. Là, se fabriquent ou 
se retrempent tous les mots nouveaux : ceux du bagne comme 
ceux du sport, ceux du boudoir comme ceux de Tatelier, ceux 
de la caserne comme ceux des couloirs de l'Assemblée, ceux 
de la halle comme ceux du collège et du journalisme. C'est 
dans le grand torrent de la circulation parisienne que les 
nouveaux venus viennent se confondre, et s'abandonner au 
courant qui doit décider de leur fortune ; car Paris fait la 
mode des mots, comme il fait la mode des chapeaux. 



Toutefois, je ne signale là qu'un premier pas. Du caprice 
de la mode à la consécration de l'usage et surtout au passage 
dans la langue régulière, il y a loin. Ici^ plus que jamais, on 
peut répéter : « Beaucoup d'appelés, peu d'élus. » 

Et, cependant, parmi les élus, combien en est-il dont vous 
ne soupçonneriez guère la récente origine 1 Laissez-moi vous 
en rappeler quelques-uns. On ne s'en souvient plus assez. 

S'imaginerait-on qu'en 1693, les adjectifs haineux, dé- 
sœuvréj respectable, le suhsiaialK impolitesse, etc., n'étaient 
pas français (1) ? 

S'imaginerait-on qu'en 1726, on passait pour parler argot 
quand ou disait : détresse, scélératesse, encourageant, éru- 
dit, inattaquable, improbable, entente, naguères (2) ? 

Où sait-on maintenant que, en i8o3. Mercier, l'auteur du 
Tableau de Paris, faisait deux grands volumes tout exprès 
pour solliciter l'admission de mots aujourd'hui fort bien 
portés, tels que: fusion, fureter, franciser, flageoler, etc.» 



(i) Voyez Caîllières dans son livre des Mots à la mode. 

(2] Voyez Tabbé Desfontaines dans son Dictionnaire néologique. 



INTRODUCTION. lit 

etc. (i), mots que ses confrères de rAcadémie n'avaient pas 
acceptés encore ? 

Nous en passons, et des plus connus, mais les exemples que 
nous venons de donner suffiront pour montreif qu'il ne faut 
pas se presser de proscrire une locution nouvelle. Toutefois, 
redisons-le bien, les élus ont été et seront toujours en petit 
nombre dans la foule croissante des néologismes. Sans nous 
en exagérer la valeur, bornons-nous donc à la considérer 
comme une réserve d'enfants perdus qu'on peut utiliser à l'oc- 
casion, et que, dans tous les cas, il importe de connaître, — 
ne fût-ce que pour savoir ce qu'il faut éviter. 

II. — L argot et ses éléments de formation. 

Autant que notre travail nous a permis de le voir, nos di- 
vers argots ne constituent pas ce qu'on appelle une langue, 
mais un langage de convention, dans la formation duquel 
n'entrent pas moins de sept éléments. Nous les désignons 
ainsi : i" vieux mots; 20 substitutions de mots ; 3« modifi- 
cations de mots; 4" harmonies imitatives; 5" jeux de mots; 
6*» souvenirs ; 70 importations. 

Cette nomenclature, aussi peu scientifique que possible, 
paraîtra plus claire, si on veut bien examiner les courts aper- 
çus que nous allons consacrer à chaque classe. 

VIEUX MOTS. 

Cette première classe constitue le noyau de l'argot. E11& 
se compose des vieux mots de langue d'oil ou de langu 
d'oc, dont nous avons retrouvé trace dans les trois diction 
naires spéciaux de Du Cange, de Lacombe et de Roquefort 
Ce dernier est le plagiat d'un glossaire manuscrit de Barba 
zan. 

Ces vétérans sont plus nombreux qu'on ne le croit. — 
Ainsi, déjà l'ancienne Proveiice donnait à certaines vieilles 

(1) Voyez sa Néologie, 



IV INTRODUCTION. \[\ 

•r ♦' 

femmes le nom irrespectueux de vieux cabas. Notre bagou T^ 
descend en droite ligne de Tancien catalan bagol, dont la. i 
blague moderne pourrait bien n'être qu'une forme inter- i^ 
vertie, car les deux mots ont absolument le même sens. i 

Ainsi, un verbe dont nous nous servons souvent dans la t 
langue familière, le verbe ficher^ se rencontre dans nos chro-- 1 
niques du xiv* siècle. Nous y voyons un maréchal de Bouci- V 
caut contraindre les Sarrasins en retraite à se ficher dans des \ 
jardins où il les poursuit ; il fiche en prison ceux qu'il at-^j( 
trape. T 

Comme ficher^ truc (rouerie, malice) se retrouve dès le [ 
XIV* siècle, dans une chronique du duc Jean de Bretagne.; \ 

Battre {mentir) et batterie (mensonge) viennent év idem- v 
ment du vieux mot baster ; tromper. -ti 

L'usage d'appeler anglais son créancier est constaté au f 
XV* siècle. -A 

Rutebœuf, un poète qui rimait du temps de saint Louis,. ] 
et qui aimait à dormir, trouve déjà que le réveil est une^ 
chose tannante. 

Si on ne vendait pas de prunes dans les caboulots du 
temps jadis, on connaissait du moins le mot comme syno- j 
nyme de cabane. Le caboulot est devenu guinguette, puis j 
petit comptoir. Le trinqueur ami qui vous y appelle ma vieille ■ 
branche par pure amitié ne se doute guère qu'on donnait ^ 
autrefois le nom de branché au compagnon associé dans une^^ 
affaire. v 

Si Rabelais, qui est contemporain de François I'', n'écrit 
^ds piquer le renard^ il écrit escorcher le regnard^ce qui n'en > 
diffère pas trop. S'il n'écrit pas caner (avoir peur), il écrit • 
très-souvent /aire la cane^ ce qui est absolument la même 
chose. 11 sait aussi ce que c'est qu'un oeil au beurre noij 
Non moins que Victor Hugo, Rabelais, le profond facétie 
eût relevé le mot de Cambronne, car il le met sans v 
gogne à toutes sauces, absolument comme beaucoup trop 
nos contemporains, qui n'ont, hélas ! conservé de Rabelais 
ce mot-là. Vous nous dispenserez de l'écrire, n'est-ce 
Ce sera bien assez tôt quand, avec la lettre M, son tour viendra, f 

A part ceux que nous venons de rappeler^ presque tous Jes j| 








INTRODUCTION. V 

vieux mots d*argot ont été transmis parles classes dangereu- 
ses. Là semblent s*étre conservées les traditions, comme 
dans certains villages où le patois d'aujourd'hui n'est au fond 
que le bon français d'il y a quatre cents ans, maintenu en de- 
hors de toutes nos modifications. Ainsi les voleurs qui disent 
arpion pour pied, imitent nos pères qui disaient harpion^ 
pour grifle. Leur abèquer (nourrir) n'est autre que l'ancien 
verbe ahécher. Arnache (tromperie) descend en droite ligne 
du verbe /rarw^cAer (tromper). Vanquilleuse qui vole dans 
nos magasins est vieille de plusieurs siècles. Le fifi vidan- 
geur avait dès l'an i35o Thonneur d'être nommé dans une 
ordonnance du roi Jean. Estrangouiller (étrangler) est un 
mot de langue romane qu'on devinerait rien qu'en pensant 
au latin strangulare (on prononçait strangoulare), .De 
même, cadenne (chaîne) et pecune (argent) sont des formes 
pures des mots latins catena et pecunia. Le carie et les pim- 
pions rappellent des monnaies historiques. — Nous citons quel- 
ques exemples seulement, et nous sommes loin de tout donner. 
{Voyez Bigorne^ Daron^ Cabas ^ Bouler^ Caruche^ Butter y Ca- 
ler ^Chiquer,) A défaut des glossaires du moyen âge, les patois 
de nos provinces éclairentaussi d'une façon inattendue les éty- 
mologies de certains mots. C'est ainsi qu'on retrouve brimer 
en Poitou et biffin en Champagne. Cherchez dans le dialecte 
flamand f et vous retrouverez le charriage dit à V américaine 
dans charrier : mystifier. 

SUBSTITUTIONS. 

Les substitutions, — qui consistent à remplacer un mot 
par un autre pris arbitrairement, — composent une classe 
considérable, formée par divers procédés dont les concep- 
tions, bizarres au premier abord, finissent par sembler plus 
raison nées qu'on ne se le figure. 

Il y a les substitutions de la partie au tout : tricorne pour 
gendarme, cadran pour montre,.. 

Les substitutions de l'effet à la cause : tremblante pour 
fièvre^ casse-gueule pour bal^ musicien pour haricot ^ pleurant 
pour ognon, raide pour eau-de-vie... 




VI INTRODUCTION. 

Les substitutions de fonctions : avaloir pour gosier^ palpU 
tant pour cœur^ pique en terre pour pouley fauchant pour ci- 
seau^ raclette pour patrouille ^ cabe pour chien, tourne au- 
tour pour tonnelier y toquante pour montre... 

Les substitutions d'aspect : trouée pour dentelle^ morieaud 
pour broc de vin^ bleu pour vin^ noir pour ca/é^ prune de 
monsieur pour évêque. 



Il y a surtout les substitutions par analogies qui sont ou 
animales^ ou végétales^ ou matérielles... 

Presque toujours ironiques^ les analogies animales ne res- 
pectent rien. Avant Grandville, elles ont signalé tout ce qui 
pouvait leur offrir quelque prise dans le roi de la création. 
Nous le montrerons tout à l'heure, en parlant des rapports 
de Targot avec nos mœurs. 

Si de la debcription de Thomme, on passe à la désignation 
des types, on trouve le sot représenté par le daim, la buse^ 
Xt-dindon; le niais, par le serin^ le blaireau; l'avare, par le 
chien; Tinconstant, par \t papillon; le méchant, par V aspic; 
l'agent secret, par la mouche; l'usurier , par le vautour; le 
pingre, par le rat; le superbe, par le lion; le misanthrope, 
par l'ours; l'homme emporté, par le cheval; le bon compa- 
gnon, par le lapin; l'homme arriéré, par Vhuître, le mollusque; 
la femme légère, par la biche^ la cocotte^ le chameau. Castor, 
«anard, bécasse, merlan, ourson, veau, vache, tigre, loup, 
couleuvre, chatte, vipère, cloporte, chouette, crapaud, gre- 
nouille^ viennent encore à la file. La sangsue, le phénix, Tâne 
et la mule sont classiques et nous les rappelons pour mé- 
moire. On connaît enfin le rôle que jouent mon chat, mon 
chien^ mon bichon ^ ma bichette^ mon canard ^ ma cocotte, ma 
poulCy mon rat^ dans le vocabulaire de l'amitié, et aux oi^ 
seaux, dans celui de l'admiration. 



Non moias remarquables sont les termes de comp^^raison 
demandés au règne végétal. 

La dent gâtée est une/ou de girofle; la perruque, un ga» 



■ l 



INTRODUCTION. VII 

^on ; le chiendent symbolise la difficulté ; le cœur d^artichaut, 
rinconstance ; les pruneaux sont la mitraille ; les noyaux^ 
Pargent; la pelure est Thabit ; la coloquinte^ une tête énorme; 
le cornichon, le melon^ le cantaloup désignent un niais d'air 
biscornu, à dehors épais. L'homme sans consistance est une 
fenasse; le prête-nom, un homme de paille. Le dédaigneux 
fait sa poire. Le chou entre dans la composition de six mots 
d'acception différente. On sait ce que veulent di'^e tirer une 
carotte et donner une giroflée à plusieurs feuilles. 

Des navets! des nèflest jouent un grand rôle dans les refus. 

Mon trognon est amical. Aux pommes! aux petits oignons! 
aux truffes ! ïouvmsstïïl trois superlatifs aux gens satisfaits. 
— Enfin il y z fagots et fagots^ et la fashion a sa fleur des 
pois. 

Les analogies prises dans le monde matériel s'attaquent à 
tout indistinctement. Elles font d'une capsule ou d'un 
tuyau de poêle votre chapeau ; des pincettes^ vos jambes ; 
d'une salière^ votre creux d'épaule ; d'une fourchette^ votre 
main ; d'une anse de panier^ votre bras. La pioche est le tra- 
vail ; la scie, une mystification ; le raisiné^ du sang ; la dra- 
gée, une balle. Avec tout ce qu'on a demandé de compa- 
raisons à la musique, on pourrait composer un grand 
orchestre : musette, guimbarde, flageolet, trompette, tam^ 
bour, cornet, guitare, harpe, flûte, sifflet, grosse caisse. Cela 
ne semble-t-il pas complet? Dans cet ordre de choses -là, on 
peut aller encore bien loin. Seulem n , prenez garde aux" 
tuiles en sortant, et méfiez-vous des ficelles/ 



MODIFICATIONS ET DÉFORMATIONS. 

Les modifications des mots obéissent visiblement au désir 
de ne pas être compris par un importun. C'est un français de 
convention. La première syllabe de chaque mot reste généra- 
lement seule intacte; les autres sont modifiées de la façon la 
plus arbitraire. 

Ainsi dit-on cribler pour crier, connobrer pour connaître^ 



VIII INTRODUCTION. 

coltiger pour colleter^ valtreuse pour valise^ insolpé pour fit* 
soient^ encible pour ensemble^ gaïuché pour galonné^ balu^ 
chon pour ballot.,, 

. Les uns afiTectionnent la désinence ar ou mar : guichemar 
(guichetier), épicemar (épicier), arp^^ar (arpagon)... 

Les autres tiennent pour mont, et disent gilmont (gilet), 
hriqmont (briquet), cabermont (cabaret), promont (procès), 
paquemont (paquet)... 

Ceux-là sont pour anche : boutanche (boutique) , préfec^ 
tanche (préfecture). 

Ceux-ci, pour in : madrin (madré), paquecin (paquet), 
burlin (bureau), orphelin (orfèvre)... 

L*o est très en faveur : icigo (ici), Versigo (Versailles), Pé- 
lago (Pélagie), sergo (sergent de ville), tringlo (soldat du 
train), moblo (mobile), invalo (invalide), excuso (excusez), la- 
bago (là-bas). 

Demi'Stroc (demi-setier), vioque (vieux), pasfi^uer (passer), 
ramastiquer (ramasser), sepère (soi), méfier es (moi), Amélie 
(Rouen), Canelle (Caen), offrent d'autres variétés de dési- 
nences. 

Rococo (rocaille) est un des rares exemples à citer en de- 
hors du peuple. 

Quelquefois on dénature aussi la première syllabe, en ne 
laissant subsister de l'ancien mot que les consonnes initiales. 
Exemples : trèfle (trou), trèpe (troupe), la Mine (le Mans), 
Brut us (Bretagne), mais c'est exceptionnel. 

N'oublions pas les chercheurs de combinaisons qui sou- 
mettent leur parler à un procédé de déformation uniforme. 

Ainsi prenons l'adjectif bon: ceux qui parlent en lem disent 
ion ^«m; ceux qui parlent en itic/i disent lonbuch; ceux qui 
parlent javanais diront bavon; ceux qui parlent en loque di- 
ront lonboque; ceux qui parlent en dunon diront nondubon. 
Les finales conventionnelles dun^ mar^ aille^ orgue, sigue^ 
ciergue^ offrent encore des combinaisons de même famille. 
Et ainsi de suite pour tous les mots possibles. On peut varier 
et multiplier à l'infini. 

Mais ces modifications qui vous rendent inintelligible pour 



INTRODUCTION. IX 

les profanes (si elles sont exécutées rapidement), ont Tincon- 
vénient d'allonger démesurément la phrase, ce qui est un 
grand obstacle à leur popularité, et ne les rendra guère usuelles 
en dehors des classes dangereuses pour lesquelles elles sont 
une nécessité. 

Les abréviations, qui sont aussi des modifications de mots, 
sont plus faciles à reconnaître. Sauf deux (cipa! pour munici- 
pal^ et croc pour escroc)^ il est à remarquer qu'elles portent 
sur les finales. Exemples : Autor (ité), — achar (nement), 

— aristo (crate), — bac (carat), — béné/ (ice), — cabot (in), — 
can (on), — champ (agne), — comm (erce), — consomm (ation), 

— démoc (rate), — émos (ion), — dégui (sèment), — es (croc), 

— estom (ac), — from (âge), — job (ard), — lansq (uenet), — 
liquid (ation), — méphisto (phélétique), — occas (ion), — paj 
(fé), — pante (inois), — perpette (uité), — photo (graphie), — ' 
poche (ard), — réac (tionnaire), — rata (touille), — sap (in), 
topo (graphique), — typo (graphe), — voite (ure). 

Quelquefois l'abréviation redouble la première syllabe 
du mot comme dans ^ou\ou : zouave, et nounou : nourrice. 



l'argot actuel. ^ 

A l'heure qu'il est, l'argot obéit plus que jamais aux ten- 
dances abréviatrices signalées ci-dessus. On ne dit plus mas^ 
troquet mais fro^t/^f, tailbin mais talbin./ourgat mois four- 
g^w^i foffiot mais faffe^ pédéro mais pédé^ radin mais rade» 
Sans la connaissance des termes anciens, on serait souvent 
embarrassé de caractériser la formation, ou plutôt la défor- 
mation des nouveaux. 

Pour ce qui regarde le langage des classes dangereuses, je ne 
saurais en donner une meilleure preuve que ce fragment 
des Mémoires d'un voleur nommé Beauvilliers, jugé en 
police correctionnelle pour tentative de vol en 187 3. Il a été 
publié ^r le Figaro du 4 août. 

Pai vingt-trois ans, je suis garçon boucher; 
A l'ftge de quatorze ans je fesai mon apprentissage à la bouche* 
rie Duval, à la Madelaine. 

a. 



X INTRODUCTION. 

f* affaire, 4 milié (4,000 francs), en allant en recèle au bout de 
huit mois que j'étais dans la maison. J*ai mangé tout, l'espace de 
quatre mois, mon perd les a remboursé et m'a fait mettre à la 
Roquette pour trois mois. Il est mort dans Tintervalle, de là j'ai 
^oipé au théâtre, fesait la portière et je vendai des talbin, cigare 
et du feu. 

. Dix-sept ans : J*ai commencé à faire V étalage^ réussi pendant 
un an; pas d*enfllage. 

Dix-huit ans : Je fesai le rade et la condition^ je me camouflait 
<t avec des faux faffe j'allai dans les bureaux de placement avec 
une tune, je ne manque pas le coche de 2 pille chez un troquet. 
Premier sapement : six mois. Laissez-là. 

Dix-neuf ans : de là fat fait les coquines passage Jouffroi, Notet 
•des ventes (à la salle Drouot qui est voisine?), etc. 

Bien réussi un pédé au chantage de 1,800 francs, un bobe et 
une bride en jonc, liarnais de toute sorte avec mon poteau Co- 
<:onas. 

Vingt ans : Je me remets au turbin dans la boucherie, je fais les 
pièces destaché. 

Au bout d'un an, poissé avec une pesée de gigot que j'allais 
fourgué f deuxième sapement. 

Les trois brèmes {les 3 cartes, jeu de hasard) pendant six mois, 
réussi. 

Ici Beauvilliers se vante de Texploitation d'une fille qui lui 
rapportait 2 5o francs par mois, puis il dit mélancoliquement: 



Où est ce temps-là, j'avais bonheur, urgent, amour tranquille, 
les jours se suive mais ne se ressemble pas. Mon mignon con- 
naissait l'anglais, l'allemand, très-bien le français, l'auvergna et 
l'argot que je lui aprenais de la boucherie, folie ! ! ! 

Un commencement de jalousie me prend et je fais sortir mon 
mignon de la maison, et, plus grande folie encore, je la mets sur 
le turbin. 

Pendant six mois gagneuse d'argent gros comme elle, au bout 
•de six mois, malade, cinq mois, à Saint-Lazare. Rebectage de 
mon côté, plus d^argent, goipé, paillasson, tourné au vinaigre; hé- 
las! plus de femme, je la vais perdu. 

Vingt et un an, rangé des voitures. 

Dansai avec Peau-Rouge, TAnglais, Simonne et Flageolet, et 
moi je remplaçai l'Anglais en Italienne dans les quadrilles gro- 
tesques; 5 francs tous les soirs pendant deux mois au concert de 
la Gaîté, et un mois au Pavillon-de- l'Horloge, aux Champs-Ely- 
sées; pendant quatre mois, Phiver, aux Porcherons, assez heureux. 

A vingt-deux ans, je me remets au turbin. 






INTRODUCTION. XI 

Le i" avril, le matin, je rencontre des garçons des halles q\ie 
i^avais vu à Sainte -Pélagie, Godard et Dartagnan; le dernier me 
dit donc : a J'aurais besoin d'outil, j'ai une condition ^ faire. » Je 
lui dis : Je n'en ai pas, seulement j'ai un monseigneur que je 
pourrai te prêter ; bref, je lui dis : « Je te l'apporterai à trois 
heures, au café de la Boucherie; en même temps j'irai chez mon 
fourgue lut porter ce que j'ai à la maison, n Donc, à trois heures, 
je lui porte ce monseigneur, et en même temps j'avais les affaires 
en question, la bague, la tabatière, les boucles d'oreilles, la montre 
et l'épingle; nous buvons ensemble deux ou quatre absinthes, et 
il m'ennuit tant que je finis par aller avec lui voir cette fameuse 
condition rue Vivienne. 

Nous montons, et moi je frappe à la porte; personne. Je sonne 
et personne ne répond. J'allumef et mon Dartagnan file le lue- 
trente dans la porte; au même moment, la porte s'ouvre, et une 
femme parait et elle gueule à la chienlit. Je descends quatre à 
quatre les escaliers, et lui aussi ; il sort dans la cour, et moi je le 
suis; mais le concierge l'arrête. Moi je file une poussée au con- 
cierge et il se faufile, et moi je cours après en criant : Arrêtez-le ! 
Bref il est arrêté et moi aussi ; je vais à niord, mais mon imbécile 
avait gardé son outil et moi j'étais embêté pour mes bijoux que 
j'avais sur moi, etc. 

Tu va peut-être me traité de loufoque d'aller au turbin avec des 
objets pareille. 

Dartagnan avout tout, il prend tout sur lui et il dit : Je ne con- 
nais pas ce jeune homme, les témoins ne me connaisse pas, bref 
tout va bien. 

Cette citation sera utilement complétée par la lettre d'un 
forçat transféré de Rochefort à Toulon, dont je trouve copie 
dans un manuscrit que M. Eugène Demarquay, alors chef 
adjoint de la police municipale de Paris, a bien voulu me 
communiquer en 1876. Ce manuscrit, œuvre de M. Rabasse^ 
inspecteur de poLce , contenait un glossaire dont la com- 
paraison m*a été utile. 

De la traverse de Lontou (Toulon). — Mon cher camerluche, 
me voilà enfin démarré de ce maudit ponton d'amarrage, par la 
grâce du meke (de Dieu) ou du barbé (diable), et sans être aquigé, 
qui nous a trimballé igo après nous avoir secoué pendant quinze 
reluis au milieu des prés salés. 

Tu m'as bonni avant de décarrer que je te raccorde par une 
lazagen du truc dont les artoupans de cette traverse nous ont 
pésignés. Je honnirai qu'ils nous ont embroqués d'une chasse 
moustique attendu que le quart d'oeil de Rochefort noua a 



XII INTRODUCTION. 

raillé la manquesse (mal noté) auprès de son camerluche de cette 
traverse. 

Les gaffierw sont plus mouchiques que lago ; il faut igo (ici) 
avoir le loubion en poigne pour leur jacter; ou ils vous bous- 
culent en véritables artoupans. 

La cavale (fuite) est plus difficile que lago; cependant les mes- 
siers de cambrouse n'ont pas la même chaleur à pessigner les fagots 
en campe (fuite). 

La tortillade (nourriture) est la même pour la quantité^ mais le 
pivoi est plus chenu, le larton un peu plut savonné que lago et 
la batouse à limasse plus chenue aussi. 

La satonnade roule à balouf. Le toc est un bridon de gaye qui 
a une poigne esquintante. 

Rien de plus à te bonnir sinon que la Fouine, Classique, Escarpe 
et Greve-cœur te refilent leurs bécots de chouettes, et, pour mon 
arga, je crois que je serai jusqu'au moment de canner (mourir), 
ton dévoué. 

La Hyànb. 

Après ces échantillons de Targot actuel des voleurs parisiens 
et des forçats, on ne lira pas sans curiosité sept morceaux 
d'un argot moins connu, celui des malfaiteurs de province. Il 
diffère des deux autres en beaucoup de points. Beaucoup de 
ses termes restent inexpliqués dans le corps de notre glossaire, 
et font soupçonner bien des dialectes inconnus spéciaux à 
chaque localité. Nous ne désespérons pas néanmoins d'en 
trouver la clef lors de notre prochaine édition, et nous les 
donnons dès aujourd'hui parce qu'ils jettent un jour inat- 
tendu sur la complexité de notre œuvre. Il y aurait dès au- 
jourd'hui à établir un glossaire par prison. La collation de 
ces œuvres locales pourrait seule produire un répertoire 
vraiment utile. 

Les lettres, auxquelles sont empruntés les passages ci -des- 
sous sont de 1860; elles ont été écrites par une détenue de 
la prison de Besançon. 

PREMIERS LETTRE. 

Cet huissier ^concierge de , prison) ne gène en rien pour faire 
chibis (s'évader) d*ici. 
L'onclesse est une coquine finie. 
Prenez bien vos précautions de partout et je voudrais que vous 



I 

\ 



INTRODUCTION. XIIÎ 

changiez vos centres (noms) de ne plus porter celui de Julie, prends 
celui de Clémence et change celui de ses pères et celui de sa 
sœur, car Top. a m:iuché (mangé 1 c'est-à-dire dénoncé) sur moi 
et la muppère de Caron tombera, alors tous vos centres tom* 
beront. Mes bons amis, je ne sais pas comment je* vais sortir 
de cette affaire, Ton a mauché (mangé) sur moi depuis le i6 janvier, 
et nous voilà au -i février et Ton ne m'a encore rien dit, sinon que 
Toncle est venu prendre mon camoufle (signalement) et m*a dit le 
centre (nom) de ma pige (prison). Mes chers amis, je vous prie, 
s'il n'y a pas moyen de me faire chibis d'ici, il n'y aura pas moyen 
plus loin, par Flore cela ne vaudrait rien, car il y a deux griviers 
dans la cour des hommes, ce serait bien dangereux et ils se relè- 
vent toutes les heures. 

Je fois passer ma lettre par la sœur d'Eulalie parce que je ne vou- 
drais pas que Virginie ait l'adresse de la vieille. 

Je pense que tu auras été chercher le petit, car j'ai peur que le 
centre tombe. 

Mon ami, je te le répète par M. Flore, je ne pense pas que tu . 
puisses foire quelque chose, il en faudrait trois mois, je t'ai dit, il y 
a deux griviers dans la cour des hommes et ils se trouvent bien en 
face de la grande lourde d'entrée, si tu vois la môme, la mère de 
Juliette, elle pourra te dire comme c'est, si tu peux chabier, ça 
vaudrait peut être mieux. Il n'y a qu'une jeunesse qui est avec nous. 
et elle ne demande pas mieux que de faire, car elle est pour un 
mdme qu'elle a tapé. 

Si tu vois le grêlé, dis-lui pour le rôti, car il viendrait pour 
t'aider. 

Dites-moi bien si la lettre était décachetée quoiqu'il n'y avait 
rien de mauchigne (mouchique.) 

Pour la Philiberte, elle ne s'est pas esbalonée (évadée). 

Je «te prie de mettre dans un pâté deux ou trois sigolles, car j& 
crois que je suis encore pour longtemps ici, j'en ai encore quatre, 
mais nous sommes obligées de tenir si belle cette femme. 

Embrasse ta marraine pour moi ainsi que mon oncle et sa femme 
et la petite Moni et ses parents sans oublier la vieille et son fils. 

Je ne sais pas encore si on me trimballera à l'endroit de ma pinge- 
(pige : arrestation), car si l'on fait venir l'oncle, je dirai que ce n'est 
pas moi qui étais chez lui. 

Ma chère Julie, si je peux faire passer des bas chez Coliard ou 
chez la Virginie, je le ferai, car je suis sûre que vous n'en avez 
pas. La malle de ton père a été saisie à cause des chaussons qu'il y 
avait dedans, et si vous avez changé de maison vous me ferez trois 
petits points tel que cela... et si vous avez reçu la lettre que )e vous 
ai parlé qui était pour Eulalie, vous ferez une petite croix. 

Mon ami, je te prie en grâce de ne t)as venir de chamque. 

L'on vient de me tirer mon portrait et l'on va l'envoyer dans- 
toutes les mottes et dans tous les loirs. 



XIV INTRODUCTION. 

J'aurais bien mieux voulu que l'on me trimbale, j'aurais tâché de 
voir M. Chibis. 

Change de centre, je vous en prie en grâce, car les centres des 
mâmes vont tomber. 

Tâchez de faire mettre la lettre à Dôle ou dans les environs^ à 
seule fin qu'il n'est de cime de personne. Je ne sais pas quand je 
pourrai t'écrire, toutes les fois que je trouverai une occasion je le 
ferai, et de la prudence. 

Les popes sont au fond de la cour des engistes, voilà huit jours 
<iue j'attends cette occasion. 

DBUXIÈIIB LETTRE. 

J'ai su par le Cosmont puisque tu as dit à Niort (tu as nié), vas 
toujours la même chose, il est venu une pureuse (détenue dénon- 
•ciatrice) pour me topiser (dévisager), elle a dit : a Je ne suis pas 
sure, mais elle lui ressemble, » je crois qu'on a fait venir une 
autre. C'est la Louise qui fait les biffetons de Julie, il n'a pas de 
meurtre dorine. Courage, tu es jeune, tu as de Pespoir et puis tu 
n'as rien fait. J'espère que le jugement de ces marchands sera 
cassé. Oui, tu pourrais être libre, je mourrai contente, car je sais 
que tu as bon cœur, et puis ce malheureux Tours fait réfléchir 
toujours à Niort. Il peut demander comment s'appelle ta marraine, 
tu diras Catherine Kérer et ton parrain Georges Brun,' je le crois, 
mais tu ne* l'as jamais connu, et je finis en te souhaitant la li- 
berté. 

TROISIEME LETTRE. 

Pauvre Jacques, quand je pense te voir dans une position si 
triste, et si injustement, je ne peux pas croire à une telle scéléra- 
tesse pareille ; ne te décourage pas. Le curieux (juge d'instruc- 
tion) m'a dit que je faisais tes passes, je ne l'ai pas avoué. Pauvre 
viorne (vieux), je crois que le juge retarde pour le mois de mai, 
c'est pour le faire venir ici. Dis moi si on lui a donné des passets, 
ils avaient du sauvais dedans une livre. 

Quatre billets d'homme, pris à la même source, compléte- 
ront utilement ce spécimen de l'argot des voleurs de pro- 
vince : 

I. 

Je n'ai pas grand chose à te dire que les malheurs se suivent 
aur. Un accident (une arrestation) sur la ligne (dans la bande) est 
arrivé, il y a neuf blessés (neuf faits prisonniers). l£nfin, avec les 
chemins de fer, toujours id même chose. 



INTRODUCTION. XV 

II. 

Ne te chagrine pas à mon sujet, je fais attention du mieux que je 
peux. Nous avons trouvé partout le rouge à boudin qui nous gêne 
un peu. 

II L 

Mon cher ami, c'est avec bien de la peine que je te fais savoir 
par mon honorée de ce jour que, ainsi que je te Tavais promis, je 
ne peux me trouver à Tours à la fin du mois, il m^est impossible, 
mais, en revanche, je compte bien m'y trouver le i5 février. 

La cause en est que Ton va procéder à une opération à ma tante 
et qu'il ftiut que je m'y trouve, je te fais savoir aussi que Louis 
est bien malade (en jugement). Quand tu m'écriras, écris-moi 
toujours poste restante à Bordeaux (Gironde.) 

Plus rien à te diref je te salue, ainsi que ta femme. 

Ton ami — Gros Marro. 
Je te souhaite une bonne santé, quant à moi je vais bien. 

IV. 
Chère femme. 

Je fais réponse à ta lettre que j'ai reçue à Saint- Pourçain. Je me 
porte bien et je désire que la présente vous trouve de même, 
quant à celle de Moulins, je n*ai pu l'avoir faute d'occasion. 

Je te dirai que je pars pour Fontainebleau, tu me feras réponse 
à Paris, Loiset, pour le 23. — Les affaires sont toujours les mêmes; ça 
ne va pas, il y a de quoi se dégoûter ; mais ma foi ça changera bien, 
il le faudra. Ne te chagrine pas à mon sujet; je fais attention du 
mieux que je peux; nous avons trouvé partout le rouge à boudin 
qui nous grime (chagrine) un peu. Je ne fen mets pas davantage. 
Je suis pressé, je pars par le train de midi pour Fontainebleau, 
sans ça je te mettrais quelques lignes de plus. Bien des compli* 
ments de ma part à M. et M"* Louis. — Je finis ma lettre en t^em** 
brassant de tout cœur pour la vie ton homme qui t'aime. 

Emile. 

Je te demande (donne) des nouvelles de la Mina (bande) très 
mauvaises. Madame Jean trois pige (a trois ans de prison), ainsi 
que les deux Juliettes; la mère quatre et les autres uiie au moins 
Ainsi, tu vois les affaires. M. Baron est malade (en jugement) il y 
a six mois, mais ça ne sera rien ; Jean le mari de madame Jean 
aussi. J'ai vu Laurent. 



XVI INTRODUCTION. 

P. S. — Bien des compliments de la part de mon beau-frère à 
toufty et s'il y passe pas trop loin je sais qu'il viendra. 

Comme cette correspondance édifiante le prouve, les mal- 
faiteurs de province composent une vraie Êimille trop bien 
unie, dont les membres dispersés par les nécessités du métier, 
ne descendent du chemin de fer que pour aller prendre leurs 
lettres à la poste restante. De vrais commis voyageurs en 
vols et en assassinats!... 

Je ne sais si le lecteur partagera notre impression, mais la 
dernière lettre signée Emile nous paraît plus particulièrement 
sinistre que toutes les autres. Cette phrase : a Les affaires 
sont toujours les mêmes, ça ne va pas, mais, ma foi, ça chan- 
gera bien, i7 le faudra, » suinte le crime p^r chaque mot. On 
sent que celui qui Ta écrite est prêt à tout, dans l'intérêt de 
son commerce. 



HARMONIES IMITATIVES. 

Nous pouvons citer ici fanffe ci fon/e (prise), qui simulent 
bien le reniflement du priseur; bouis-bouis {polichintllé) imite 
le cri de la pratique; cri-cri celui du grillon ; /ro«-/rcM rend 
le bruissement de la soie\/affe, celui du billet de banque; /o* 
quante rend le toc-toc de la montre en marche ; fric-frac le 
bruit produit par une effraction; gilbocq celui de la bille qui 
va en frapper une autre en roulant sur le tapis du billard; 
branque rappelle le braiment de l'âne; toc rappelle le son mat 
du doublé; tam-tam tlfla-fla font une allusion retentissante 
au}( coups de grosse caisse et aux coups de fouetdont ne sau- 
raient se passer ceux qui abusent de la réclame et qui aiment à 
faire grand bruit, ceux qu'on appelle les faiseurs d*esbrouffe. 
— Encore un mot de même famille. — Qu'il vienne ou non 
d'Italie, esbrouffe rend bien le fracas de la vanité. 

Humble et doux au contraire est le bruit de la larme qui dé* 
gouline le long de la joue. 

Dégouline,.. On croit presque l'entendre tomber. 



INTRODUCTION. XVII 

JEUX DK MOTS. 

Oui, le calembour lui-même sVn est mêlé, et de bonne 
heure encore. Auber (argent) n'est qu'un jeu de mots du moyen 
âge, temps où la maille était une monnaie^ et où le naubert 
était une cotte de mailles. — Avoir de Vaubert, c'était donc 
être couvert de mailles^ ou d'argent si vous aimez mieux. — 
Ne disons-nous pas encore d'un riche : // est couvert d'or t 

Comme jeux de mots nécessitant moins d'explications, ci- 
tons rhabillé de soie (cochon), le cloporte (portier), le pendu 
glacé (réverbère), la salade (réponse), le billet de parterre 
(chute), le numéro loo (latrines), /e tirant radouci Ço9l% de 
soie), la fièvre cérébrale (accusation entraînant la perte de la 
tête), la main courante (le pied), pincer de la harpe (être en 
prison), Vamendier fleuri (régisseur de théâtre, donnant des 
amendes), le moraset^raetir (fausse-clef), devant lequel s'ouvrent 
toutes les portes. 

On peut encore rattacher indirectement à la classe des jeux 
de mots quelques transpositions comme Lontou (Toulon), 
linspré (prince), nibergue (non, bernique), sans oublier àr- 
souille^ dans lequel nous avons retrouvé le souillart (art- 
souille), qui, au moyen âge comme aujourd'hui, avait abso- 
lument le même air canaille. 

SOUVENIRS. 

Encore une classe importante que celle des mots formés 
par nos souvenirs. Ils sont de tout genre, de tout âge : histo- 
riques, politiques, dramatiques, littéraires. 

Makach, bajar, smalah^ ra^^ia^ fourbi^ gourbi^ majagran^ 
sont des conquêtes d'Afrique; bachi-bou^ouk vient de la Cri- 
mée. Bismarquer restera pour nous un souvenir éternel. 

Cavour^ Bolivar et Morillo, Garibaldi introduisent la poli- 
tique dans le domaine de la chapellerie. 

Antony^ Bertrand^ Macaire^ Demi-monde^ Camélia^ Fille 
de marbre^ Benoîton^ Calino^ et en dernier lieu Alphonse^ té- 
moignent de l'influence du théâtre moderne. 



XVIII INTRODUCTION. 

Du théâtre ancien, nous avons conservé Basile^ Tartufe^ 
JPolichinelle^ Arlequin^ Car Une et Pierrot, 

Victor Hugo a produit pour sa part Quasimodo^ Pieuvre^ 
■Gavroche. 

Mayeux et Chauvin rappellent les gloires de la carica- 
ture. 

A la mythologie, on peut renvoyer Pallas^ Cerbère et Cu^ 
jpidon. 

Faire sa Sophie est de l'hellénisme raffiné. 

Aux temps bibliques remontent Baltha^ar, Philistin, faire 
son Joseph, putipharder ; — à l'antiquité, La'ius, Romain^ 
Bucéphale. 

A la politique nous devons gauche^ droite^ voltigeur de 
Louis XI V^ frère et ami^ démoc-socy aile de pigeon^ centre 
•et juste-milieu^ ventru et satisfait^ communeux et commu- 
nard, purs et pourris^ blancs et rouges^ badinguiste^ henri- 
quinquiste^ gambettiste^ thiériste^ intransi géant , opportu- 
niste,,. Et Dieu sait ce que nous lui devrons encore! 

IMPORTATIONS. 

Le cosmopolitisme toujours croissant de la vie parisienne 
a singulièrement accru cette section depuis le second Em- 
pire. 1 

Le Sport peut être considéré comme une colonie anglaise 
(V. dandy^ turf rider, betting^ ^^f^gy handicap^ bookmaker^ 
cab, racer, four in hand^ mail coach^ et une foule d'autres). 
L'industrie a subi depuis longtemps l'influence étrangère. La 
politique a ses leader. Le journalisme lui-même paraît trou- 
ver plus drôle de dire racontar que racontage, et reporter 
que nouvelliste. 

Dans ces nobles étrangers, on reconnaît de temps à autre 
xie vieux Français qui ont passé la Manche avec les Nor- 
mands de Guillaume. Entre notre tunnel de chemin de fer et 
notre tonnelle de jardin, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille. 
Le mess de la garde impériale n'était que le repas pris en com* 
mun par nos moissonneurs du moyen âge. 

Les Italiens, amis des arts, nous ont donné brio^ piano ^ rin^ 



INTRODUCTION. XIX 

forjando, in petto, in fiocchi, a giorno, intermejjo, bravo, 
bravi, bravai tic, etc. 

Mais que les langues vivantes ne nous fessent pas négliger 
les langues mortes! L'argot a aussi sa classe de latin. Et ce 
n'est pas dommage (c'est justice), comme on dit à Belleville 
et autres lieux où le quibus jouit de la considération qu'il 
mérite. Aussi avons-nous recueilli avec respect les latinismes 
ayant cours. 

III. — Les richesses de r argot. 

Nous venons de voir comment Targot est un langage com- 
posé moins de mots nouveaux que d'interprétations nou- 
velles. 

Si la matière n'est pas neuve, reconnaissons qu'elle rachète 
ce défaut par une singulière richesse. L'abondance, la va- 
riété et, disons-le bien, la précision de beaucoup de termes ne 
s'auraient s'imaginer. 

S'agit-il, par exemple, de suivre tous les degrés de la sou- 
lographie, remarquez la progression parfaite indiquée par les 
quarante-six termes qui suivent, dont nous avons justifié 
l'existence par de nombreux exemples. Sans rentrer l'un dans 
l'autre, ils ont leur signification propre. — Chacun indique, 
dans l'état, une nuance. 

Au début, nous rencontrons les neuf verbes : être bien^ 
avoir sa pointe, avoir un grain, être monté, en train, poussé, 
parti, lancé, en patrouille. 

Un peu plus loin, nous voyons l'homme légèrement ému; 
— il sera tout à l'heure attendri, il verra en dedans, et se 
tiendra des conversations mystérieuses. Cet autre est éméché; 
il aura certainement demain mal aux cheveux. 

Pour dépeindre les tons empourprés par lesquels va passer 
cette trogne de Silène, vous n'avez que la liberté du choix 
entre : teinté, allumé, pavois, poivre^ pompette, ayant son 
coup de soleil, ayant son coup de sirop, son coup de bouteille, 
son plumet, sa cocarde, se piquant ou se rougissant le ne^. 

De la figure passons à la marche. — L'homme ivre a quatre 
genres de port qui sont également bien saisis. Ou il est raide 



XX INTRODUCTION. 

• 

comme la justice et laisse trop voir par son attitude forcée 
combien il lui en coûte de commander à la matière; 

Ou il a sa pente (ce qui arrive souvent quand on est dans 
les vignes)^ et il marche comme si le terrain lui manquait ; 

Ou ï\ festonne^ brodant de zigzags capricieux la ligne droite 
de son chemin ; 

Ou il est dans les brouillards,,, tâtonnant en plein soleil, 
comme s'il était perdu dans la brume. 

Attendons dix minutes encore; — laissons notre sujet des- 
cendre au plus bas, et vous pourrez dire indifféremment : // 
est chargé^ g^véy plein, complet, pion, rond comme une balle, 
mouillé, humecté, buy pochard, casquette, il a sa culotte, son 
casque, son toquet, son sac, sa cuite, son affaire, son compte^ 
il est soûl comme trente mille hommes, il en a jusqu'à la troi^ 
sième capucine, — • Ce n'est plus un homme, c'est un canon 
chargé jusqu'à la bouche. 



Presque aussi riche est le vocabulaire des voies de fait, — 
qui sont une des conséquences ordinaires de Tivresse. Plus 
riche encore serait celui du libertinage, s'il était permis de 
franchir des limites que nous avons scrupuleusement respec- 
tées, tout en usant du droit qui sauvegarde toute recherche 
sérieuse. 

Voici quelques-unes des phases les plus intéressantes de la 
batterie : 

Avec la peignée, on se prend aux cheveux, on se crêpe le 
toupet^ on se tombe sur le poil. 

On se croche ensuite en s'empoignant à bras-le-corps ou en 
se passant la jambe. 

L^ en levée, la valse, la tournée et la danse sans violons, dé- 
crivent les mouvements précipités de la lutte. 

Avec la dégelée, la brossée^ la frottée, la torchée, Yétrillage, 
la raclée, la brûlée, on a l'épiderme bien endolori. La rossée 
vous sangle comme un cheval rétif; la trempe, la trempée et 
la rincée vous tordent comme du linge à la lessive. 

Avec la cuite, il vous en cuira longtemps. 

Si l'adversaire vous tombe, gare à la roulée^ à la trépignée^ 



INTRODUCTION. XXI 

à la tripotée^ à la pile^ au travail du casaquîn! tous êtes à sa 
merci. Il vous pétrira de coups. 

Encore une seconde, et vous voilà en compote ou démoli, 
— Tant pis si vos os ne sont pas numérotés. Il n*y aura plus 
moyen de les mettre en place. 

Notez que, contre tous ces termes, le langage du monde 
n'en a pas un seul qui exprime la même idée en un seul mot. 



Et ce n'est point là seulement que nous retrouvons une 
variété significative de synonymes. 

Prenons boule ^ ou balle^ ou coloquinte^ ou calebasse I c'est 
la tête plus ou moins ronde. 

Avec binette^ trombine^ faciès^ frime^ frimousse^ il y a 
quelque chose de nouveau : nous voyons se dessiner la phy- 
sionomie. 

La sorbonne et la boussole désignent le cerveau qui conçoit, 
raisonne et dirige. 

Le caisson a été fait tout exprès pour représenter le crâne 
éclatant à l'heure du suicide. 

La tronche montre la tête tombant sous le couteau de la 
guillotine. 

De la tête passons à la jambe : grosse, c'est un poteau; or- 
dinaire, c'est une quille; mince, c'est uney7û/e, un cotterety 
xxTifumeron^ un fuseau^ un échalas; plus mince, c'est une 
pincette^ une jambe de coq; plus mince encore, c'est un ^/ 
de fer; tremblante, c'est un flageolet. Les jambes du dan- 
seur sont des ^i^i/e5 ou des gambilles; celles du marcheur 
forment un compas ^ une équerre. 

Cette précision se retrouve jusque dans les diverses ma- 
nières de dépenser son argent. Le prodigue douille^ la dupe 
casque, l'homme qui veut imposer la confiance éclaire^ l'éco- 
nome s'allonge^ l'avare se fend jusqu'à s'écorcher. 

La mort elle-même semble vouloir prêter un verbe à chaque 
état. Le pilier de café dévisse son billard^ le cavalier graisse 
ses bottes^ le bavard avale sa langue^ le chiqueur pose sa 
chique^ le fumeur casse sa pipe^ l'apoplectique claque^ le trou- 
pier reçoit son décompte^ descend la garde, passe Parme à 



XXII INTRODUCTION. 

gauche ou défile la parade^ le pauvre perd une dernière lois 
le goût du pain^ Tagonisant tourne de Vœil^ l'homme frappé à 
mort sue le sang, le Parisien, toujours logé haut, lâche la 
rampe. 

Mais il n'en faut pas déduire que l'idiome dont nous nous 
occupons soit facile à posséder. 11 fourmille, on l'a vu, de 
nuances faciles à comprendre, mais dont la distinction de- 
mande un certain acquis. 

'Ainsi, déjà usité comme mot d'amitié, cocotte se dit ou d'un 
cheval^ ou à*\int femme ^ ou de deux affections très-différentes. 
Battant veut dire à la fois neuf langue, cœur ou gosier. 
Plomb signifie gosier y ga^ ou maladie. Blague a sept signi- 
fications si variées qu'elles peuvent s'appliquer également à la 
facilité d'élocution, ou à une conversation spirituelle, ou à un 
mensonge. 

Chic présente autant de sens non moins contradictoires. — 

Appliqué au crayon d'un artiste, il est un brevet de banalité 

ou de distinction... Il ne lui faut, pour cela, qu'être précédé 

de avec ou de de, — Il fait tout avec chic est un éloge, il 

fait tout de chic est une critique très-sensible. 

Faire a de même six acceptions : fcher en a huit, — Chien 
entre dans la composition de neuf mots. — Œil en forme 
douze. — Chose peut signifier indifféremment dignité ou in- 
dignité, — Paumer veut dire prendre ou perdre. — Bachot 
s'applique indifféremment à un examen ^ à un candidat^ à une 
institution, — Extra représente ou un repas, ou un invité^ 
ou un domestique. — C'est à s'y perdre. 

IV. — Ses rapports avec les mœurs. 

Dans l'argot plus que dans tout autre langage, certams tec- 
mes caractérisent un ordre d'idées, d'habitudes, d'instincts. 

Seul^ un malfaiteur a pu appeler le premier cafarde la 
lune voilée, et moucharde la lune brillante, seul encore il 
a pu nommer coulant ou collier la cravate avec laquelle il 
vo^s étranglera ce soir. 



INTRODUCTION. XXIII 

Il a besoin de très-bons yeux, » des yeux de chat lui per- 
mettant de saisir sa proie dans l'ombre. On le devine en 
voyant qu'il les appelle ardents^ reluits^ clairs, quinquets et 
mirettes. 

Que d^images il a trouvées pour répondre au verbe Assas- 
siner : — faire suer^ refroidir, démolir^ rebâtir^ connir^ ter^-^ 
rer^ chouriner, expédier^ donner son compte^ faire 7affaire^ 
capahuter^ escarper^ butter^ coucher,., 

11 semble n'avoir pas trop de verbes quand il s'agit d'expri- 
mer une fuite : se la briser^ se la casser^ s'évanouir^ se dé^ 
guiser en cerf se pousser de l'air ^ s'esbigner^ se cavaler^ se 
la courir, se la couler^ tirer sa crampe^ se cramper^ lâcher^ 
décarer^ décaniller^ se tirer les pattes,.. 

Et quels noms significatifs décernés aux agents charges de 
réprimer ses méfaits I Par balai^ cogne, raclette, raille, pousse- 
et grive, il désigne le gendarme qui le balaye ou rencogne^ 
la patrouille qui le racle^ Tagent qui Véraille ou \t pousse^ le 
soldat qui le grève. 

Par une exception bizarre, il a mêlé les idées de cuisine et 
de dénonciation. L'homme qui le dénonce à la police est un 
cuisinier, un coqueur (maître coq), une casserole. Dénoncer, 
c'est casser du sucre, se mettre à table, manger le morceau. 
Si le malfaiteur est arrêté, il dit qu'il est servi. Serait-ce 
parce qu'il se voit déjk flambé, cuit, fumé, frit, fricassée rôti 
et brûlé par dame Justice? 

La fréquence des équivalents indique mieux que toutes les^ 
statistiques morales, la place tenue par certaines passions. 

Niera-t-on que le peuple français soit susceptible d'enthou- 
siasme en voyant tous les synonymes qu'il a trouvés aux mots 
bon et beau? — Chic, chicard, chicandard, chouette, bath^ 
rup, chocnosof, snoboye, enlevé, tapé, ça, super lifico, aux 
pommes, numéro i , aux petits ognons! etc. — Si on n'est pas 
content, ce n'est point parce qu^on manque des moyens de lo 
dire. 

Et l'argent, n'occupe-t-il pas dans le néologisme autant d^ 
place que dans les transactions de ce bas monde? — Nerft 



XXIV INTRODUCTION. 

os^ huile^ beurre^ graisse^ douille^ rond, cercle^ bille, jaunet^ 
roue de devant, roue de derrière y braise, thune ^ médaille ^ 
face^ monarque^ carle^ philippe^ métal^ date, pè!jfe, pimpion^ 
picaillon, noyaux^ sonnette^ cigale, quibus^ quantum^ sit no- 
men^ cuivre^ mitraille^ patard, vaisselle de poche^ sine quâ 
non^ etc. 

Le manger et le boire, — le boire surtout, — ont à leur 
disposition une légion de synonymes. 

Le manger : béquiller^ becqueter ^ tortiller du bec^ chiquer ^ 
mastiquer, taper sur les vivres^ pitancher^ bouffer ^ etc. 

Le boire : étouffer ^ siffler, flûter^ renifler ^ pomper, siroter, 
iicher^ biturer, se rincer Vavaloire, la dalle, le cornet, la 
corne, s^arroser le lampas, se pousser dans le battant, s'hu- 
mecter, pictonner, tuer le ver, chasser le brouillard, etc., etc. 

Le vin s'appelle picton, piccolo, nectar, ginglard, ginglet, 
briolet, bleu, blanc, etc. 

Et Teau-de-viel Combien de petits verres dans ces mots: 
trois-six, fil en quatre, dur, raide, rude, crik, chenique, 
schnapps, eau d'aff, sacré chien, goutte, camphre, raspail, 
jaune, tord-boyaux, casse-poitrine, consolation, riquiqui, eau 
de mort! 

Quant à l'absinthe, cet autre poison, n'a-t-on pas inventé 
autant de noms que de manières de la préparer? 

Après la satisfaction des besoins matériels ou l'expression 
d'une gaieté railleuse, les misères et les laideurs de cette vie 
sont largement, exclusivement représentées. Les moralistes 
pourraient tirer de cette inégalité des conclusions désolantes. 
Elle affirme mieux que la statistique la fréquence de certains 
vices. 

Chose remarquable l On trouve vingt mots pour montrer 
le niais, la dupe ou le fripon ; — il n'y en a pas un pour dire : 
voici un honnête homme. 

La femme digne d'estime est inconnue; — celle qu'on af- 
fecté de mépriser se trouve sous le coup d'un déluge d'in- 
jures. Chaque année en apporte une de plus au vocabulaire. 

Battre se dit de vingt manières ; caresser n'a pas deux sy- 
nonymes. 



INTRODUCTION. XXV 

Il y a quarante-quatre manières de désigner Pivresse ; il n^y 
en a pas une pour indiquer la tempérance. 

Enfin la somme des négations est énorme, et il n'y a pas 
une seule affirmation positive. 

De même, « c'est un marlouy c'est un filou! » se di:ent aussi 
bien d'un homme rusé que d'un souteneur ou d'un voleur. 
Avoir du vice^ c'est avoir l'esprit ingénieux. Ces assimilations 
dégradantes en disent long sur le danger dans lequel se trou- 
vent trop de consciences. 

L'admiration même se trouve, sur ce terrain scabreux, tout 
imprégnée de je ne sais quelle âcreté. — On n'arrive à l'af- 
firmation de la qualité que par la négation du défaut. On 
ne dit pas: je suis bienfait, on dit :je ne suis pas déjeté; on 
ne dit pas : je suis beau^ on dit : je ne suis pas déchiré; on 
ne dit pas : je suis jeune^ on dit : je ne suis pas trop piqué 
des vers, — Vous êtes fièrement brave y rudement bon^ se di- 
sent avec la plus douce intention du monde. Un discours 
éloquent devient un discours tapé; une scène émouvante vous 
enlève^ vous empoigne; une belle action épate le public. On 
dit d'une œuvre banale : Cela n* est pas méchant ^ cela ne mord 
pas. Le travailleur est un piocheur et le zélé est un fanatique 
ou un féroce. 

Aussi, comme on s*ahimalise ! Votre peau, c'est du cuir, de 
la couenne; votre bras, un aileron; vos pieds, vos mains sont 
des ergots^ des paturons j des abattis^ des pattes^ des arpions; 
votre visage est un mufle; votre barbe, une bouquine; votre 
bouche, un bec^ une gueule; vos cheveux sont des crins; le bas 
de votre échine est un croupion. Vous ne mangez pas, vpus 
becqueté^, vous béquille^^ vous tortille^ du bec^ et votre esto* 
mac es" uae baùgt^ jusqu'à l'heure de la crevaison. 

En toute justice, cependant, on ne saurait traiter avec une 
sévérité absolue l'élément populaire qui sert de base aux ob- 
servations précédentes. 

Comment le peuple se piquerait- il de délicatesse en son lan- 
gage? Le labeur de chaque jour ne lui laisse apprécier que la 
satisfaction de ses gros appétits. Aussi ne nous étonnons pas 
en voyant ses néologistes si brutaux. Ces rudes inventeurs 

b 



XXVI INTRODUCTION. 

ont fait des mots accentués comme leurs ragoûts favoris et 
faits pour traverser les palais plébéiens que n*ef!rayent pas les 
fortes çpices. 

Si on veut donc bien ne pas se choquer de la rusticité de 
cette forme, l'étude de Targot parisien fera découvrir, au degré 
le plus éminent, certaines qualités de couleur. 

Comme il est bien nommé brutal ce canon qui, après 
avoir grondé de sa grosse voix, culbute tout sans dire gare! 

Et béguin^ cet amour terrestre qui vous isole au milieu de 
la vie mondaine avec les extases du cénobite ! 

Combien les mots richesse^ crédit^ fortune paraissent fades 
à côté de ces quatre monosyllabes : lia le sac! — Il a le sac^ 
c'est-à-dire: ses louis sont en tas sous sa main; d'un geste, il 
peut faire rouler à vos yeux ces belles espèces sonnantes. 

Nous avons dit que l'argot forgeait en réalité peu de mots ; 
— ce sont des acceptions nouvelles qu'il invente de préfé- 
rence. 

Parfois ces sortes de travestissements sont plus raisonnes 
qu'on ne se le figure. 

Ainsi, pour n'en citer qu'un, — toquante^ ognon ou cadran 
sont bien plus expressifs que montre* 

Toquante fait allusion au mouvement de l'objet (toc, toc); 
ognon^ à sa forme; cadran^ à la figure f racée sur sa paroi. Ces 
synonymes offrent l'avantage d'une allusion directe à la 
chose; ils se gravent mieux dans la tête, tandis que montre 
est, pour la mémoire des simples, beaucoup plus énigmati- 
que. — Cet exemple est loin d'être le seul, mais il suffira, 
je l'espère, pour affirmer les tendances mnémotechniques de 
l'argot. 

k 

Selon nous, il doit être aussi beaucoup pardonné aux 11» 
cences du langage populaire, en raison des infortunes qu'il 
décèle souvent. 

Ainsi la plèbe parisienne a trouvé une équivoque saisis- 
sante pour désigner certains quartiers où la misère fait élec- 
tion de domicile; elle les appelle quartiers souffrants (i). 

(i) On comprendra mieux cette équivoque après avoir lu Ci pas- 



INTRODUCTION. XXVII 

Je me rappellerai toute ma vie le jour où j'entendis pronon- 
cer ce nom pour la première fois. C'était en omnibus. Le 
conducteur, un gai compagnon^ égayait de son mieux la mo- 
notonie du devoir qui l'obligeait à décliner tout haut le nom 
de certaines voies. A l'instant où son véhicule quittait la 
rue des Noyers pour traverser la place Maubert, qui était 
alor» le centre d'un réseau de ruelles noirâtres où grouil- 
lait là plus misérable population, — voilà notre homme qui 
s'écrie : « Place Maubert, rue Saint- Victor, Panthéon! 11 n'y 
a personne pour le quartier souffrant f n — Et une pauvre 
vieille hâve, déguenillée, se dressa péniblement et descendit 
à cet appel comme une justification vivante de Tépilhète. 

C'est dans le même esprit qu'on a trouvé des expressions 
presque gaies pour des choses lugubres. Un faubourien qui 
se casse la jambe dira par crânerie : Cest un détail. Une 
femme abandonnée par celui qu'elle aime dira, en étouffant 
ses sanglots : Ça n'est pas drôle ^ ce qu'il a fait là. 

Vous n'avez pas besoin de leur prêcher la philosophie^ à ces 
pauvres diables I ils connaissent le mot, car ils l'ont pris pour 
synonyme de misère. Quelle ironie! Ils ont même décoré 
leurs savates âiM tiXtt de philosophes. Peut-on mieux mon- 
trer, — je vous le demande, — la théorie foulée aux pieds par 
la réalité? 

Les synonymes significatifs de dur^ raide, rudcy trois-six^ 
verre pilé^ tord-boyaux, casse-poitrine^ disent assez pour- 
quoi les malheureux en sont venus à nommer consolation un 
verre d'eau-de-vie. Ce n'est pas à cause de sa douceur. Ce n'est 
pas la boisson en elle-même qu'ils recherchent, car ils en con- 
naissent les tristes effets; c'est un étourdissement momentané, 
c'est une consolation fictive. 

Et la pipe, cet autre palliatif populaire, y a-t-il une seule 
des cent satires faites depuis cinquante ans contre son abus 

sage du journal le Petit Moniteur (p février 1876) : « Ce n'était 
pas Paris, c'était le quartier Moufletard; le quartier souffrant, 
comme le peuple raillant sa propre misère l'appelait par allusion 
aux fabricants d'allumettes soufrées qui s^ étaient établis avant 
rinvention des allumettes chimiques. » 



XXVIII INTRODUCTION.. 

qui vaille tout le sens critiquç de ce seul mot : — brùh'^ 
gueule? 

N'être pas méchant et ne pas mordre sont également deux 
expressions cousines qui valent un livre sur le moyen de par- 
' venir. Vous voulez arriver, faites-vous craindre 1 — Dans le 
monde mêlé où nous allons pénétrer, n'être pas méchant, c'est 
être béte. Le naïf qui ne mord pas reste sans valeur aux yeux 
du prochain. ^ De même, avoir du vice n'est pas un déûiut, 
c'est faire preuve d'intelligence. 

V. — Notre méthode, 

A l'exemple de ses aînées (i), cette édition présente des re- 
maniements et des additions considérables. 

Comme tous les sujets mal définis, celui dont nous nous oc- 
cupons était difficile à bien traiter du premier coup. Les cu- 
rieux assez patients pour comparer ce volume aux précédents, 
verront que nous n'avons cessé de chercher des définitions 
courtes et une explication naturelle des causes déterminantes 
de chaque expression. 

Les exemples font notre force. — Nous les avons donc aussi 
multipliés, aussi variés que possible. Sans leur aide, on ne se 
ferait pas idée du mot, si bien expliqué qu'il fût. Nous y avons 
joint des dates toutes les fois qu'elles étaient utiles pour cons- 
tater l'ancienneté d'un mot, ou le moment précis auquel il 
avait eu cours, car beaucoup de mots ne durent guère plus 
que la mode avec laquelle ils sont éclos. 

L'exemple nous a paru encore le meilleur moyen de con- 
trôle, de justification, le vrai passe-port des néologismes. Ont 
été rejetés sans hésiter ceux qui étaient dépourvus de sa 
sanction ou qui ne paraissaient pas avoir réellement cours. 
Ces derniers sont moins rares qu'on ne le croirait; ils ont été 
acceptés par certains lexicographes qui ont cédé à la iantaisie 
de mettre en circulation un mot nouveau, et on trouvera 

(i) Si on en excepte la troisième, chaque édition de ce Diction- 
naire présente des variantes nombreuses et essentielles. 



INTRODUCTION. XXIX 

t 

dans cette même page quelques échantillons curieux de leur 
procédé inventif. 

Il fallait aussi se garder de donner comme argotiques des 
termes qui ne l'étaient pas. 

Nous avons colla tionné avec soin notre texte avec celui du 
Dictionnaire de l'Académie, qui a fait la part large au langage 
familier. Nicodème^ croûte^ pigeon^ filou^ lui appartiennent. 
On y trouve : Je nCen bats l'œil. Après un débat dont la 
presse a parlé, la Commission vient même d'agréer /ârtV« l'œil. 

Et, puisque nous venons de parler de PAcadémte, croirait- 
on que Vidocq a donné arche de Noé comme signifiant Aca- 
démie française dans le jargon des voleurs? Arche de Noé me 
paraît, comme tour de Babel (Chambre des députés), inventé 
par des mystificateurs qui ont été bien aises de railler l'Insti- 
tut et le Corps législatif en essayant de représenter, comme 
étant dans la circulation, les mots qu'ils désiraient y glisser. 
En ce cas, ils n'ont pas trop présumé de leurs imitateurs. 
Non-seulement on les a reproduits, mais on a continué leur 
tradition inventive. Delvau donne comme synonymes ^acadé^ 
micien^ dans la langue du peuple parisien, les mots enfant de 
lafourchette^mal choisi et cul àfauteuil^que le voyou le plus 
inventif n'a jamais soupçonnés. De telles mystifications mon- 
trent, comme nous l'avons dit, que la garantie de l'exemple 
est nécessaire à tout lexique sincère. 

Je n'ai pas voulu non plus spécialiser, c'est-à-dire attribuer 
l'usage de tel mot à une classe plutôt qu'à une autre. Il en 
est, et c'est le plus grand nombre, qui sortent de toutes les 
bouches et qu'on ne saurait attribuer à une seule catégorie 
so'ciale. — Où ne dit-on pas fri/c, turne^ avoir le sac^ roupiller^ 
pépin ^ etc.? En attribuant ces mots à l'argot des classes dange- 
reuses d'où ils viennent, on ne serait plus du tout dans le vrai. 
Pour citer un autre exemple entre cent, où ne dit-on pas 
blague et blaguer f Où ne dit-on pas chic? 

D'autres expressions portent avec elles un cachet d'origine. 
Tel mot sent l'armée, comme tel autre sent le voleur ou l'ar- 
tiste. Il n'est pas besoin d'annoncer que blaireauter (peindre 
avec trop de fini) vient d'un atelier de peinture, ^M'accrocher 



XXX INTRODUCTION. 

(consigner) sort de la caserne, q\ié faire le poivrier (voler un 
.vrogne) est une expression partie des classes dangereuses. 
Cela va de soi. 

En spécialisant, on court un autre danger, on reste fatale* 
tnent au-dessous de sa tâche. Chaque corps de métier, chaque 
atelier, chaque collège, chaque café, chaque quartier ont leurs 
petits argots. Si vous donnez Tun, il faut les donner tous. 
Vous vous noyez alors dans Tinfini et dans le puéril. Si vous 
donnez Pargot des marbriers de cimetière, pourquoi ne ])as 
donner celui des marbriers de cheminée, des praticiens, des 
sculpteurs^ des carriers des Vosges ou des Pyrénées ? 

C'est pour cela que nous avons tenu, autant que possible, à 
ne prendre que des mots déjà imprimés n'importe où, dans le 
•gros livre comme dans la chanson des rues(i). 

L'exemple a encore un avantage : c'est d'offrir une base 
certaine à la recherche de Tétymologie et de vous débarrasser 
des anecdotes douteuses qui ont pullulé en ces derniers temps 
sous prétexte d'éclaircir certaines origines. C'est ainsi que 



(i) Ce cadre était déjà restreint. Nous l'avons restreint encore en 
nous bornant à Paris. La tâche eût été bien plus grande sans cela. 
Chaque province a son argot, et celui des canuts lyonnais défraye- 
rait à lui seul un volume aussi gros que le nôtre. M. H. Nazet 
n'écrivait-il pas en 1872 à V Eclair, pour lequel il suivait à 
Lvon les débats de Taffaire de la rue Grôlée : 

c Rien de typique comme l'argot canut. 

ç MM. les tisseurs ont transporté dans la vie privée le langage 
de leur profession ; dest un parler étrange qui ne manque pas de 
pittoresque. 

i Quand une affaire est difficile, on dit qu'elle tire au peigne, 
expression qui provient de ce qu'elle se dit lorsque la soie ne passe 
pas facilement dans le peigne du métier et que le travail est dur 

i Tenir tirant est une autre formule, qui se traduit assez biea 
par c s'entêter. > On tient tirant, au métier, pour empêcher la soio 
d'être trop serrée. 

c Enfin, une dernière phrase, toute pittoresque, dérive de C4 
que, quand la chaîne devient claire sur le rouleau et laisse voir le 
bois, au moment où la pièce touche à sa fin; le canut dit alors 
que son rouleau rit de derrière, et applique cette formule au mon- 
sieur qui perd ses cheveux. 

c — En voici un dont le rouleau rit de derrière! 

€ J'en passe des meilleures. • 



INTRODUCTION. XXXI 

Joachim Du flot, — un gratid febrtcant de ce genre, — à pro- 
pos de laver (vendre), met en scène le vaudevilliste Théau- 
lon et sa blanchisseuse qui n'ont évidemment rien à y voir, 
car une citation du dictionnaire de Dhautel, qui date de 1808, 
prouve que l'expression, déjà populaire alors, était antérieure 
a Théaulon. 

Pour expliquer Pexpression avoir son jeune homme (être 
gris), le même auteur a imaginé je ne sais quelle histoire de 
Lepeintre jeune se grisant à des repas offerts par un jeune 
homme ami des artistes. Malheureusement avoir son jeune 
/lomme s'explique beaucoup plus naturellement quand on. sait 
qu'un jeune homme est une mesure de capacité contenant 
quatre litres. 

Et ainsi de beaucoup d'autres que nous aurions citées, si 
c'était ici une œuvre de critique. 



L'argot des classes dangereuses est, comme dans notre der- 
nière édition, confondu avec celui de toutes les autres. Il a fait, 
de notre temps, le sujet de plusieurs dictionnaires spéciaux. Si 
nous en avons relevé tou: les mots, le lecteur doit être néan- 
moins tenu en garde contre leur actualité. Dans le but de 
gonfler son livre, Thomme de lettres chargé par Vidocq de la 
préparation de son vocabulaire y a glissé tout le vieux jar^ 
gon de la Cour des Miracles, dont une bonne moitié n'était 
plus en usage. Tous les glossateurs qui ont suivi n'ont pas 
voulu donner moins que Vidocq, dans la crainte de paraître 
incomplets. Si j'ai cédé moi-même à cette appréhension, — qui 
permet d'ailleurs plus d'un rapprochement utile, — c'est parce 
que l'argot, tout en se modifiant constamment^ souvent aussi 
ne fait que revenir au passé, il rajeunit plus qu'il n'invente: 
« L'argot va se décomposant et se recomposant sans cesse, 
dit M. Moreau Christophe... Cependant de temps en temps et 
à cause de ce mouvement même, l'ancien argot reparaît et 
redevient nouveau. » Aussi est-il bon de maintenir tout en 
' lumière sur un terrain aussi mouvant et, disons-le, im- 
possible à bien reconnaître, car il n'y a pas d'argot qui ait 



XXXII INTRODUCTION. 

force de loi, et chaque bande a ses petits procédés de défor- 
mation (i). 

Je ne saurais aussi me dispenser de hïre remarquer que 
Fargot des classes dangereuses ne se parle pas en réalité comme 
on s'est plu à récrire dans certains romans. Se modelant sur 
des textes argotiques, — que je regarde comme des exercices 
beaucoup plus que comme des reproductions fidèles, — des 
auteurs ont fait parler à leurs personnages un argot trop 
complet en ce sens qu'il n'y entre pas assez de mots de la 
langue usuelle. 

Qu'on le sache bien, les vrais argotiers ne sont pas si ex- 
clusifs, et leurs phrases admettent au moins 5o pour loo de 
français intelligible. Pour le reconnaître, il suffit d'un coup 
d'œil sur les documents reproduits dans cette introduction 
(pages X et suiv.)* 

Pour ce qui regarde la partie étymologique, nous avons 
toujours marché avec prudence, préférant ce qui paraissait le 
plus simple, le plus clair; n'hésitant pas â corriger au besoin 
l'opinion émise dans nos précédentes éditions, et à nous abs- 
tenir plutôt que d'émettre une douteuse hypothèse. Bien 
qu'on nous ait reproché le contraire, nous avons fait le moins 
de science possible. 

Nous n'avons pas fait dériver archi-pointu (archevêque) du 
latin archiepiscopus ; nous nous sommes contenté de rappeler 
les pointes de sa mitre. 

Nous n'avons pas fait venir briolet (piquette) du latin ebrio- 
lus (ce qui était tentant), mais des vins de J?rie,qui avaient 
encore en 1820 la réputation un peu acide du Suresnes. 

Nous n'avons pas non plus avancé qu'avoir son casque 
(être gris) venait de ce que « l'ivresse amène naturellement 
une violente migraine, celle que les médecins appellent ^a/ea, 
parce qu'elle vous coiffe comme un casque. » Non! avoir son 
casque^ comme avoir dans le toquet^ comme être casquette^ 
nous a paru tout simplement faire allusion â l'état de réplé- 

(i) V. dans le Dictionnaire les articles Dun {parler en), Dunon, 
Lem, etc. V. dans la préfoce le chapitre III {Des modifications). 



INTRODUCTION. XXXllI 

tion de Tindividu qui a du vin par-dessus les oreilles, c'est-à- 
dire dans son casque (chapeau), sa casquette ou son toquet. 
Et cela est si vrai qu'au siècle dernier on disait encore s'en 
donner dans le casque. De même, la mystification monotone 
appelée scie nous a paru suffisamment expliquée par une 
image empruntée au va-et-vient agaçant de la scie à bois, 
tandis que de vrais savants n'ont pas craint de la faire venir 
du mot siou^ interjection usitée au moyen ftge. 

Pour plus de clarté, nous avons éliminé dans nos explica- 
tions des dénominations très-françaises, mais trop scienti- 
fiques pour beaucoup de lecteurs. 

Ainsi, nous avons préféré abréviation â apocope^ vieux mot 
à mot de langue romane^ harmonie imitative à onomatopée^ 
On nous excusera en faveur de Pintention. 

Quand on veut vulgariser, on ne saurait rien ménager pour 
se faire comprendre sans efibrt. 

VI. — Comment le besoin de ce Dictionnaire s'est /ait sentir 

de plus en plus. • a 

* 

Il est un besoin très- vif et très- répandu que nous appelle- 
rons le besoin de savoir ce qui se dit^ — par opposition au 
besoin de savoir ce qui doit se dire^ — le seul que nos lexiques 
officiels satisfont généralement. 

On ne saurait en effet négliger la connaissance de ce qui se 
dit. — Non pas que nous en recommandions le moins du 
monde l'adoption! non pas que nous voulions porter la moin- 
dre atteinte au respect de la langue officielle! Mais il est tou- 
jours bon de se rendre compte des choses, ne serait-ce que 
pour les mille nécessités de la vie sociale, à Paris surtout, où 
un puriste pourrait se trouver exposé au risque de ne pas 
comprendre certains Français. 

' Depuis quarante ans, en effet, l'argot parisien a gagné du 
terrain. Le femeux Vidocq sonna le premier la cloche d'a- 
larme. Son livre les Voleurs contient cette sortie indignée. 
Bien qu'elle soit signée de son nom, je n'oserais garantir 
qu'il en soit l'auteur (on l'attribue à Saint-Edme); mais elle 
fixe une date, ce qui est l'essentiel : 



XXXIV . INTRODUCTION. 

« La langue argotique semble aujourd'hui être arrivée à son 
apogée; elle i>'est plus seulement celle des tavernes et des mauvais 
lieux, elle est aussi celle des théâtres ; encore quelques pas et l'en- 
trée des salons lui sera permise. > 

Ceci était écrit en iSSy. En 1842, la même remarque était 
faite par un homme d'esprit, plus en mesure que ViJocq de 
suivre les progrès de Targot dans les salons. Nous voulons 
parler de Nestor Roqueplan. Il constate ironiquement l'inva- 
sion prédite. 

« Il s'opère depuis quelque temps une révolution sensible de 
mœurs et de langage... Le langage surtout a subi d'heureuses alté^ 
rations, des gallicismes raffinés et, polis qui feront pester l'Acadé- 
mie et sourire agréablement les femmes élégantes. C'est tout profit 
pour les gens de goût. » 

Presque en même temps que Roqueplan, Balzac s'émeut. 
Mail il prend la chose plus au sérieux. L'argot a séduit son ins- 
tinct analytique. Il l'admire presque quand il écrit ces 
lignes:- 

« Disons-le, peut-être à l'étonnement de beaucoup de gens, il 
n'est pas de langue plus énergique, plus colorée que celle de ce 
monde... L'argot va toujours, d'ailleurs ! Il suit la civilisation, il 
s'enrichit d'expressions nouvelles à chaque nouvelle invention. » 

Si les lecteurs doutaient encore de la marche ascendante 
que nous venons de suivre pas à pas, deux citations nouvelles 
achèveront de les éclairer. L'une est de 1862, et vient du Fi' 
garo. C'est M. A. Morel, l'un de ses rédacteurs, qui parle : 

c En lisant la nomenclature des termes jadis propres aux con- 
versations du brigandage et de la filouterie, on devine d'une part 
qu'un certain nombre de ces termes ne subsisteront pas longtemps, 
et, d'autre part, on aperçoit que beaucoup ont pris droit de cité 
dans l'usage public. Quel Parisien, même rangé, même prude, 
ignore absolument que Peau d*affe, c'est de l'eau^de-vie; la bouf^ 
farde, une pipe; la dèche, les ennuis de la misère; que balle veut 
dire tête, etc. ? Où n'entend-;on pas ces mots-là r Les gros railleurs 
ont commencé par s'en servir, pour se donner un air de finesse 
et de liberté; mais bientôt ces mots narquois seront comme les 
doublures naturelles des termes correspondants et peut-être pré« 
vaudront-ils. » 



INTRODUCTION. XXXV 

Presque en même temps, Victor Hago donnait cette défini- 
tion imagée et bien juste de l'argot des classes dangereuses : 

c L'argot n^est autre chose qu'un vestiaire où la langue ayant 
quelque mauTaise action à faire se déguise. Elle s*7 rerét de mot»- 
masques et de métaphores-haillons... 

c Qu'on j consente ou non, l'argot a sa sjntaxe et sa poésie. 
Cest une langue. Si à la difibrmité de certains vocables on recon- 
naît qu'elle a été mftchée par Mandrin, à la splendeur de certaines 
métonymies, on sent que Villon l'a parlée. > 

Une dernière citation, datée de 1872, nous est fournie par 
le Paris de M. Du Camp, qui, à propos de la Préfecture de 
police, rive, en trois lignes, le cloa enfoncé par Roqaeplan 
en 1842 : 

c Les voleurs ont un langage pittoresque, très-imagé... c'est 
l'argot... il est de mode aujourd'hui, tant nos mœurs ont subi de 
dépression, de se servir de ces termes sales et violents. » 

Tout en signalant l'invasion, on ne cesse pas d^examiner les 
envahisseurs, et de reconnaître la nécessité de s'édifier sur ce 
qu'on entend. 

L'auteur, qui avait constaté ce besoin le premier, était 
bien plus vieux que Vidocq. Dès lySo, Zacharie Chastelain 
écrivait dans la préface du Dictionnaire comique de Philibert 
Le Roux : 

c II est bon de se faire des notions claires des choses quand on 
le peut... Il y a une longue liste de termes populaires qui n'est pas 
à dédaigner comme elle pourrait le paraître d'abord. Combien de 
personnes distinguées qui ne sont jamais sorties de la cour ou du 
grand monde, et qui se trouvant quelquefois obligées de descendre 
dans de certains détails avec les gens du peuple, ne comprennent 
rien à ce qu'ils leur disent ! » 

Je ne sais si ce fut à cause de ravertissement qu'on vient 
de lire, mais ce Dictionnaire comique eut un grand succès. 
Toutefois, il faut avouer que Le Roux et ses imitateurs (il en 
eut beaucoup) 'ne se piquèrent jamais d'approfondir les cho- 
ses. On donnait le mot, on donnait sa traduction et on passait 
bien vite à un autre sans Texpliqiier davantage. 

11 y avait plus à faire, et l'Institut lui-même le reconnut en 



XXXVI INTRODUCTION. 

couronnant le mémoire de M. Francisque Micliel sur l'argot. 
Docteur es lettres, professeur de faculté^ correspondant de 
l'Académie, le lauréat eut le bon)ieur d'inaugurer, officielle- 
ment pour ainsi dire, une ère nouvelle dans l'étude argotique. 
Son œiivre, pleine de citations scrupuleuses, parut, en i856, 
sous la forme d'un gros volume intitulé Études de philologie 
comparée sur Vargot. Mais il n'était pas suffisamment connu 
sans doute, c£ir un autre rédacteur du Figaro^ M. Albert Mon* 
nier, écrit encore deux ans après : 

tt II en est de l'argot comme de certaines îles de la Polynésie : 
on y aborde sans y pénétrer; tout le monde en parle^ et bien peu 
de personnes le connaissent Nous qui ne sommes ni l'un ni Pautre, 
et qui ne possédons que notre curiosité pour passe-port, nous avons 
vainement fouillé les géographies sociales pour nous instruire... 
Par-ci par-là, un voyageur traverse ce Tombouctou parisien, et en 
ressort la tête farcie de mots bizarres qu'il répète sans les com- 
prendre. » 

Et après M. Albert Monnier, un philologue estimé, M. Marty 
Laveaux, ne craignait point d'encourager les commentateurs 
futurs en rétablissant leurs droits à la considération des let- 
trés : 

« Quelque mérite qu'on ait, dit-il très-finement, quelque érudi- 
tion qu'on déploie, il est bien difficile, en étalant les mots hideux 
du vocabulaire des forçats, de ne jamais soulever le cœur, et, en 
rapportant nos lazzi populaires si usés, de ne pas exciter parfois 
un sourire de dédain; mais quand il ne s'agit plus de notre propre 
langue, tout change d'aspect : les expressions repoussantes devien- 
nent terribles, les locutions vulgaires, spirituelles, et Ton est porté 
à croire, bien injustement d'ailleurs, qu'il faut plus de savoir pour 
recueillir et expliquer ces termes étrangers que pour commenter' 
ceux qu'on entend répéter chaque jour par les charretiers ou les 
manœuvres. » 

VII. — Ce qu'on pensait de Vargot avant nous. 

Argot, mots à la mode et nouvelle ^çon de parler, '— tout 
cela peut être utile et n'est pas à dédaigner. 

Nos anciens auteurs tombent d'accord sur ce point, et nous 
ne saurions négliger leurs témoignages ; ils seront notre 
égide. 



INTRODUCTION. XXXV51 

« Le parler que j^aime, tel sur le papier qu'à la bouche, c^est un 
parler succulent et nerveux, court et serré; non tant délicat et 
peigné, comme véhément et brusque; plutôt difficile qu'ennuyeux; 
déréglé, décousu et hardi ; — chaque lopin y fasse son corps ! — 
non pédantesque, mais plutôt soldatesque, comme Suétone appelle 
celui de Jules César. » 

Il est vrai qu'alors on n'innovait pas volontiers en fait de 
langage. — Ainsi voyons-nous le poëte Voiture railler quel- 
quefois son ami Vaugelas sur le trop de soin qu'il employait 
à sa traduction de Quinte-Curce : 

« Il lui disait, rapporte Tabbé Raynal {Anecdotes littéraires), 
qu^il n'aurait jamais achevé; que pendant qu'il en polirait une 
partie, notre langue venant à changer, l'obligerait à refaire toutes 
les autres. A quoi il appliquait plaisamment ce qui est dit dans 
Martial de ce barbier qui était si longtemps à foire une barbe 
qu'avant qu'il l'eût achevée, elle commençait à revenir... » 

Un auteur que nous avons déjà cité, Caillières, fit, en 1693, 
un petit livre sur les Mots à la mode et les Nouvelles façons 
de parler. En voici un passage qui convient parfaitement à 
notre sujet : 

« Pour m'expliquer mieux, je vous dirai qu'il y a deux sortes 
d'usages (de mots nouveaux), le bon et le mauvais. Ce dernier est 
celui qui n'étant appuyé d'aucunes raisons, non plus que la mode 
des habits, passe comme elle en fort peu de temps. — 11 n'en est 
pas de même du bon usage. Comme il est accompagné du bon 
sens dans toutes les nouvelles façons de parler quMl a introduites 
en notre langue, elles sont de durée à cause de la commodité qu'on 
trouve à s'en servir pour se bien exprimer^ et c'est ainsi qu'elle 
s'enrichit tous les jours... i 

L'opinion de Caillières devait être vulgarisée plus tard par 
Fécrivain le plus éminemment français. Les Voltairiana nous 
rapportent que, dans une séance particulière de TAcadémie, 
Voltaire se plaignit de la pauvreté de la langue; il parla en- 
core de quelques mots usités, et dit qu'il serait à désirer 
qu'on adoptât celui de tragédien^ par exemple, u Notre lan- 
gue, ajoutait-il, est une gueuse fière; il faut lui faire l'au* 
mône malgré elle. » 

c 



XXXVIII INTRODUCTION. 

Au commencement de ce siècle, plusieurs hommes distin- 
gués ont soutenu la même thèse. Le premier était Mercier, 
un enthousiaste du genre. On le sent en lisant ce passage : 

a Écoutez ces hommes à imagination pittoresque dont le dis* 
cours est un tableau qui amuse, ou une peinture qui échauffe; ils 
éprouvent des sensations étrangères à Fauditeur et créent leurs 
mots. Les phrases ou les circonlocutions promettent beaucoup et 
donnent peu; mais un mot neuf vous réveille plus que des sons 
«t fait vibrer chez vous la fibre inconnue. Quand une idée pourra 
être exprimée par un mot, ne souffrez jamais qu'elle le soit par une 
phrase. » (Néologie,) 

Dans une autre préface, celle d'une traduction nouvelle 
d'Hérodote, Paul-Louis Courier rappelle que « Malherbe, 
homme de cour, disait : « J'apprends tout mon français à la 
« place Maubert; » et Platon, poëte s'il en fut, Platon, qui 
n'aimait pas le peuple, l'appelle son maître de langue.,, 

Nodier n'a pas craint d'avancer ceci en tête de son Diction- 
naire des Onomatopées (1808) : 

a Si la manie du néologisme est extrêmement déplorable pour 
les lettres et tend insensiblement à dénaturer les idiomes dans les- 
quels elle se glisse, il n'en serait pas moins injuste de repousser 
sous ce prétexte un grand nombre de ces expressions vives, carac- 
téristiques, indispensables, dont le génie fait de temps en temps 
présent aux langues. Il n'appartient à personne d'arrêter irrévoca- 
blement les limites d'une langue et de marquer le point où il 
devient impossible de rien ajouter à ses richesses. 9 

Enfin, M. de Jouy, lui-même, Favouait en 181 5 : 

c Quelque ennemi que je sois du néologisme, il faut bien créer 
ou adopter des mots nouveaux quand on n'en trouve pas dans la 
langue qui puissent, à moins d'une longue périphrase, rendre 
réqui valent de votre idée. » 

Arrêtons ici notre série de citations : elle paraît assez com- 
plète pour montrer au lecteur, que l'entreprise d'un diction- 
naire d'argot n'eût pas déplu à nos meilleurs écrivains. 

LORÉDAN LAUCUEY. 



AUTEURS CITÉS ET CONSULTES. XXXIX 
AUTEURS CITÉS ET CONSULTÉS 

Les noms marqués d'une * indiquent des emprunts faits non 
à des volumes, mais à des articles détachés ou à des chansons. 
Citer tous les titres d^ouvrages eût excédé le cadre de ce Yoca< 
bulaire. Exception a été faite pour les anonymes et pour les livres 
où Targor tient une grande place. 

About. — A. Achard. — Alhoy. — D. Alonnier. — Alyge 
{VArt de ponter^ 1854). — Ambert*. — J.Arago. — D'Arnim*. 

— Aubert *. — E. Aubry *. — Aubryet. — Augier. — Aumale 
(duc d'). — A. d'Aunay. — Aycard. 

De Balzac. — De Banville. — Barbey d'Aurevilly. — 
Barrière. — Comtesse de Bassanville. — Bataille. — Marc 
Bayeux. — • Beaufort. — Beauvillier (Notes d'un voleur) 
V, Figaro du 4 août 1873. — Becquet*. — Belot. — 
F. Béraud, — Ch. de Bernard. — Bertall*. — Berthaud*. 

— Beyle. — Léon Bienvenu. — De Biéville. — Ch. Blanc. 

— E. Blavet. — Blaze de Bury. — C. Biondelet*. — De 
Boigne. — Du Boisgobey. — P. Borel. — Boucher de 
Perthes. — Boue de Villiers. — Bourget*. — Boursault. — 
Brazier*. — Briollet. — Buchon. 

Cabassol. — Cadet-Gassicourt. — A. Cahen*. — A. Camus. 

— Canler. — Capendu. — Carmouche. — Castillon*. — Ca- 
vaille (les Filouteries dujeu^ 1875).— Chabrillat*'. — Caillot. 

— Champfleury. — Chasles (Philarète). — Chenu. — 
J. Choux*. — Claretie. — G. Claudin. — Cogniard. — C. Coli- 
gny*. — Colmance*. — Colombey (V Esprit des voleurs^ 
suivi d'un Dictionnaire d'argot. Paris, Hetzel, 1862). — Com- 
merson. — M. Constantin. — Cormon. — Couailhac. 

Dalès*. — Debraux*. — Decourcelle*. — Delahode, i85o. 

— Delongc^amps. — T. Delord. — A. Delvau. — Deriège. — 

ï^erodde (Dictionnaire du patois flamand). — Désaugiers. — 
Deslys. — C. Desmoulins. — L. Desnoyers. — Dhautel (Dic- 
tionnaire du bas langage, Paris, 1808, 2 vol. in-8).— G. Droz, 



XL AUTEURS CITÉS ET CONSULTÉS. 

— A. Dubuisson. — M. Du Camp. — Du Gange et Carpen- 
tier (Glossaire de la langue romane ^ tome VIL Paris, 1848, 
in-4). — A. Duchesne*. — J. Duflot. — V. Dufour. — 
Al. Dumas. — Dumas fils. — Duméril. — Dupeuty*. — 
P.Durand*,— Durantin. — Al. Duval*. — Duverny*. 

Favart. — Feré. — Festeau. — P. Féval. — E. Foa. — 
W. de Fonvielle.— Marc Fournier. — Fournier-Verneuil. — 
E. Frébault. — Friès. 

Gaboriau. — Gangam. — V. Gaucher*. — Th. Gautier. — 
Gavarni. — F. Georges *. — Gérard de Nerval. — Gilbert. — 
Giraudeau. — De Goncourt. — L. Gozlan. — Grandval {Car- 
touche^ poëme. Paris, 1827, éd. nouv. La première édition 
est de 1723, in- 12). — M™« P. de Grandpré. — Grévin. — 
Guéroult (Ad.). — Guinod*. 

Halbert d*Angcrs{Nouveau Dictionnaire complet de V argot, 
Paris, Le Bailly, sans date (1840), petit in- 12). -- Hardy*. — 
Hébert (le Père Duchêne). — D*Héricault. — Hilpert*. — 
Honnovdit (Dictionnaire provençal). — L. Huart. — Ch. Hugo. 

— V. Hugo. 

Ignotus (Félix Platel *). 

L.-G. Jacques. — Jaime fils. — De Jallais. — J. Janin. — 
John Lemoinne. — Joliet. — E. Jourdain. — B. Jouvin. — 
De Jouy. 

A. Karr. — J. Kelm. — Paul de Kock. — Krettly (Mé- 
moires^ éd. Grandin). 

R. de Labarre. — - La BédoUiôre. — Labiche. — La Cassa- 
gne. — Lacenaire. — Lacombe (Dictionnaire du vieux lan^ 
gage. Paris, 1765-67, deux vol. in-8). — P. et J. Lacroix. — 
J. Ladimir*.— De Lafizelière. — Lagarde (le Bonhomme Po- 
pule. Pau, i836). — L'abbé Lalanne (Dict, du patois poite- 
vin).^ Lamiral (Mémoires^ i838).— Layale*. — L'Écluse. — 
A. Lecomte. — Le Duchat. — Lefils *. — P.-A. Léger. — 



AUTEURS CITÉS ET CONSULTÉS. XLI 

i^ Guillois. — Lemercier de Neuville. — E. Lemoine. — 
Ph. Le Roux {Dictionnaire comique. Amsterdam, 1756, in -8}.' 

— Lespès. — Letellier *. — De Leusse. — De Leuven. — 
Liorat*. — Littré. — J. Lovy. — Lockroy. — .' ubize. — A. 
Luchet. — De Lynol. 

V. Mabille. — Francis Maynard. — Mahalin. — G. Mail- 
lard. — Mané. — Mansion*. — Marceliin. — Marco Saint- 
Hilaire. — Marty-Laveaux. — A. Marx. — Mauricault*. — 
Melesville. — Ménage. — Mercier. — De Mériclet. — Méri- 
mée. — Méry. — Métay*. — Michel*. — Fr. Michel. — 
G. Michu. — Albert Millaud. ~ Mirecourt. — Cél. Mogador. 

— Moineaux. — Moisand. — A. Monnier. — H. Monnier. — 
Monselet. (Son immortel dialogue les Voyous^ nous a beau- 
coup fourni). — Montaigne. — De Montépin. — Monstrelet. 

— Moreau Christophe (le Monde des Coquins, Paris, Dentu, 
1864). — Lady Morgan. — Mornand. — Mourct*.— Murger. 

Nadar. — Nadaud. — G. Naquet*. — A, Naviaux. — 
C. Nodier. — V. Noir. -^ Noriac. — Nugent. 

R. D'Ornano. — Oudin. 

Paillet. — E. Parent (Manuel des Courses^ 1868). — 
G. Pélin. — De Pêne. — Max. Perrin. — Philipon. — 
Pollet*. — Ponson du Terrail. — De Pontmartin. — A. Po- 
they. — Privât d'Anglemont (Paris anecdote^ 1860).— F. 
Pyat. 

Quitard (Dictionnaire des Proverbes. Paris, 1843, in-8®). 

Rabelais. — Randon*. — M"« Rattazzi. — Michel Ray- 
mond. — Remy. — Rétif. — L. Reybaud. — Ricard. — J. Ri- 
chard. — Richepin. — Robquin *. — Rochefort. — F. de Ro- 
days*.~-H. Rolland.— Roquefort (Dictionnaire de la langue 
romane du xi« au xvi« siècle. Paris, 1808-20, trois in-8). — 
Roqueplan. — J. Rousseau. — C. Rozan (Petites Igno^ 
rances de la conversation, Paris, Lacroix, 1857^ in- 12}. — 
Rutebœuf. 



XLII COMMUNICATIONS MANUSCRITES. 

Saint-Genest. — Saint-Simon. — G. Sand. — A. Scholl. — 
A. Second. — Signol*. — Th. Silvestre*. — Fr. Soulié. — 
Stop. — E. Sue. -- A. de Stamir (Corsaire de 1867). 

Tallemant des Réaux. — Tarbé {Glossaire du patois cham- 
penois).^ E. Texier. — Thiers. — Thuillier*. — Tourneur*. 

— Miss Trollope (Paris en 18 3 5). 

Vachelot*. — • Vadé. — Vanecke*. — J. Vallès. — G. Vassy. 

— Vermesch. — L. Vidal et le capitaine Delmare (la Ca- 
serne^ Paris, i833, deux in-8). — Vidocq (les Voleurs, Paris, 
deux in-8). — H. de Vielcastel. — E. Villars {les Précieuses 
du jour y comédie, 1866). — De Villemessant. — Villon. — 
Villetard. — P. Vinçard. — Virmaître. — A. Vitu. — Voizo. 

Wado*. - M. Waldor. - J. de Wœstyne. - Albert Wolfif. 

Zola. — Zompach*. 



COMMUNICATIONS MANUSCRITES 

MM. Boyer, Cadol, Demarquay, Valentin Dufour (Journal 
d'un prisoa< -er de Mazas), Fey, Le Pileur, Lombard, Ch. 
Mehl, Rabasse, De Soye, Maurice Tourneux. 



JOURNAUX 

Corsaire, Éclair^ Éclipse^ Figaro^ Gaulois, Intermédiaire 
(1860)^, Journal de Paris^ la Correctionnelle {1S41), Liberté, 
Monde comique^ Moniteur ^ Paris- Caprice^ Paris- Journal^ 
Patrie, Rappel^ République française (1875), Semaine (1847), 
Tam-Tam, Tintamarre^ Vie parisienne, etc., etc. 



OUVRAGES ANONYMES. XLIII 



OUVRAGES ANONYMES 

Almanach du hanneton^ 1866 et 1867. » Boursicotiérisme 
et Lorettisme, Paris, i858, in- 12. — Les Cabarets de Paris, 
1821, in-i2. — Caquire^ parodie de Zaïre (Sans date, — 
xvni* siècle). ^ La Chronique scandaleuse^ 1783, in-12. — 
Cinquante mille voleurs de plus à Paris^ i83o, brochure in-8. 

— Ces petites dames du Casino^ 1860. — Commentaires de 
Loriot. Auxerre, 1869, in-12. — Dictionnaire dit de Trévoux^ 
1771. — La Comédie des Proverbes^ 1714.-1,6 Dernier Jour 
d'un condamné, drame philosophique (Bruxelles, 1864). — 

— U Écho français^ i833.— Les Étudiants et les Femmes du 
quartier latin, 1860. — La Maison du Lapin blanc (1857), 
typographie Appert, in-ii. — Parabole de Cicquot, iSgS, 
in-12. — Parnasse satyrique, Bruxelles (i863), in-12. — Pe- 
tit Dictionnaire d'argot (tome II des Petits Mystères de Pa^ 
ri5, 1844, Desloges, in-12). — Pétition des filles publiques de 
Paris, i83o, brochure in-8. — Physiologie du protecteur. Pa- 
ris, 1841. — Physiologie du parapluie^ Paris, 1841. — 
Rien^iy parodie, 1826. — Souvenirs de Saint-Cyr^in-^ , — 
Le Sublime^ 1872. — Vocabulaire à V usage des débiteurs 
(Almanach des débiteurs, i85i, in-i2). — Voyage de Paris à 
Saint'Cloud par mer, 1754. 

La collection des chansons imprimées conservées au Dépôt 
de la Bibliothèque nationale a servi beaucoup nos recher- 
ches, grâce à l'obligeance de M. le Conservateur Olivier Bar- 
hier. 



DICTIONNAIRE D'ARGOT 



N.'B. Tous les mots dits • vieux mots i ne sont pas postérieurs au zvi* siècle; 
ils ont été relevés par nous dans les glossaires de Du Gange, de Roquefort et 
de Lacombe. — Tenir toujours compte des renvois {V) qui complètent nos 
explications par d'autres exemples. — Pour les expressions composées de deux 
mots, chercher le second, si on ne trouve pas le premier. — Pour les dates 
placées à la suite des exemples, nous avons supprimé les deux premiers chiffres 
du millésime en ce qui concerne le xix* siècle. Ainsi y S veut dire 1875, 33 veut 
dire i833, etc. — Tous les mots suivis des noms de Grandyal, Halbert, Vidocq, 
Colombey, Moreau Christophe, Rabasse, appartiennent à Targot ancien ou 
nouveau des classes dangereuses. Tous les mots suivis du nom de Dhautel 
étaient connus en 1808. Tous les mots suivis des noms d'Alyge et Cavai!Ié 
viennent de l'argot des grecs. 



ABADIS : Foule, rassemble- 
ment. — a Pastiquant sur la pla- 
carde, j'ai rembroqué un abadis 
du raboin. » (Vidocq.) 

A BATIS, ABATTIS : Pieds, 
mains. — Allusion aux abatis 
d'animaux. — « Des pieds qu'on 
nomme abatis. » ( Balzac. ) — 
— s C'est plus des pieds ; c'est de 
la marmelade... Ils me coûtent 
joliment cher, ces abattis-là. » 
{Commentaires de Loriot, Au- 
xerre, 69.) — « A bas les pattes ! 
Les as-tu propres, seulement, tes 
abattis, pour lacer ce corsage 
rose ? 1 (E. Villars.) 

ABATTAGE (vente à 1) : Vente 



sur la voie publique que les ob- 
jets exposés couvrent comme si 
on les y avait abattus. 

ABATTIS. V. Abatis. 

ABATTRE : Faire des dettes. 
{Almanach des débiteurs,) 

ABBAYE : Four. (Vidocq.) — 
Un four est voûté comme un 
cloître d'abbaye. 

ABBAYE RUFFANTE : Four 
chaud. (Idem.) — Mot à mot : four 
rouge de feu. Ritffant stnxhX^ dé- 
river du latin rufus : rouge. (?) 

ABBAYE DE MONTE A RJ2- 
GRET ! Échafaud. (Idem.) — 
Comme une abbaye, i*échafaiid 



ABO 



— 2 — 



ABS 



sépare de ce monde, et c'est à re- 
gret qu'on en monte \6S marches. 

ABÉQUER : Nourrir. (Idem.) 
-^ De Tancien mot abécher : 
donner la becquée. 

ABÉQUEUSE : Nourrice. (Id.) 

ABLOQUER, ABLOQUiR : 
Acheter en bloc. (Idem.) — Du 
vieux mot bloquer, 

ABOMINER : Haïr. V. Bosco, 
ABOULAGE: Abondance. (Vi- 
docq.) 

ABOULER : Arriver. Mot à 
mot, bouler à. Du vieux mot 
bouler : rouler.— La langue ré- 
gulière a dans éboulerle pendant 
d'abouler, — • « Maintenant, Pou- 
pardin et sa fille peuvent abou- 
1er quant bon leur semblera. » 
(Labiche.) Voyez Bocson. 

Le pantre aboule ; 
On perd la boule, 
Puis de la tôle on se crampe en rompant. 
(Lacenaire, Mémoires, 36.) 

ABOULER : Donner. — « Mais 
quant aux biscuits, aboulez. » 
(Balzac, Père Goriot.) -^ft As-tu 
de l'argent? (Je fis signe que oui.) 
Aboule. Je lui donnai cent sous. » 
{Commentaires de Loriot.) — 
« Allons, allons, vieux crocodile! 
ne faisons pas tant d'esbrouft'es 
et aboulohs simultanément aux 
voltigeurs les chameaux qu'il a 
besoin.... pour sa consomma- 
tion. » (Légende d'une caricature 
de i83o sur la prise d'Alger.) 

ABOULER DE : Venir de. 
V. Momir, 

>JDI>VEUR : Crieur de bazar 
ou de vente publique, canardier 
(V. ce mot), homme chargé d'ap- 
peler les prisonniers au parloir. 



— Allusion au retentissement 
obligatoire de sa voix. — oc L'a- 
boyeur est le factotum de la pri- 
son; il a la permission d'aller 
partout. » (Rabasse.) 

ABRACADABRANT : Merveil- 
leux, magique, d*abracadabra, 
mot employé dans les anciennes 
conjurations cabalistiques. — «Le 
flûtiste Gerold doit exécuter les 
variations les plus abracadabran- 
tes. » (Figaro, 67.) « C'est écra- 
sant, renversant, horripilant, 
abracadabrant, de plus fort en 

plus fort. » {Almanach du han* 
neton, 67.) 

ABSINTHE (faire son) : Mé- 
langer l'eau avec l'absinthe, se- 
lon certaines règles. 

a 11 y a plusieurs manières de 
faire son absinthe : — La plus 
ordinaire est la hussarde (en 
versant goutte à goutte). — Les 
militaires de l'armée d'Afrique 
ont inventé \sl purée, La purée se 
fait très-rapidement, presque sans 
précautions, et par le simple mé- 
lange d'une quantité d'eau égale 
à la quantité d'absinthe. — L'a- 
madone se tait comme la hus- 
sarde, seulement on ajoute deux 
cuillerées à café de sirop de 
gomme. La vichy (^.Bavaroise, 
Suissesse), moitié absinthe, moi- 
tié orgeat, et quantité ordinaire 
d'eau. — La bourgeoise (appelée 
aussi panachée), dans laquelle 
l'orgeat est remplacé par de l'ani- 
sette. n (Almanach du fianne-» 
ton,67,) 

ABSINTHE (être) : Éfre ivre 
d'absinthe. 

ABSINTHEUR,ABSINTHIFR: 

Buveur d'absinthe, déuitaiitd'ab* 
sinthe. V. Perroquet, 



ACA 



— 3 — 



ACH 



ABSORPTION : Repit offert 
à la promotion ancienne de Vh- 
cole polytechnique par la promo- 
tion nouvelle. On y absorbe Mstz 
de choses pour justifier le nom 
de la solennité.— « Vabsorption, 
c'est la réunion annuelle dans 
laquelle anciens, conscrits et an- 
tiques fraternisent aux lueurs du 
punch et aux glouglous du vin 
de Champagnei Elle a eu lieu le 
jour de la rentrée des anciens. » 
(G. Maillard^ 66.) 

ACADÉMICIEN : Littérateur 
suranné. — Injure inventée par 
les romantiques échevelés de i83o 
qui avaient pour principaux ad- 
versaires les membres de l'Aca- 
démie française restés fidèles au 
genre classique. On ne se doute 
plus aujourd'hui de la fureur 
grotesque qui animait les deux 
partis. V. Mâchoire, 

Et cet exemple, des plus cu- 
rieux, donnera une idée des luttes 
dans lesquelles on se jetait à la 
léte le mot ^^académicien. Nous 
le prenons dans une brochure 
d'Alexandre Duval« académicien 
et chef du parti qui rendait 
M. Victor Hugo responsable des 
passions romantiques. 

(c Ce que je rapporte ici, je l'ai 
vu, de mes propres yeux vu. A 
certaines représentations, on se 
trouvait environné d'hommes ef- 
frayants dont le regard scruta- 
teur épiait votre opinion, et si, 
par malheur, votre figure indi- 
quait l'ennui ou le dégoût, ils 
vous attaquaient par l'épithète 
d'épicter, mot injurieux selon 
eux, qui signifie, dans leur argot, 
stupide, outrageusement bête; 
mais si vos cheveux étaient blan- 
chis par le temps, alors vous 



étiez des académiciens, des per- 
ruques, des fossiles, contre les- 
quels on voci fierait des cris de 
^reur et de mort. Je vous assure, 
monsieur, qu*il n'y a rien d*exa- 
géré dans ce tableau d'une pre- 
mière représentation romatiti- 
que. Tout Paris vous en attestera 
la vérité. » (De la littérature dra- 
matique, lettre à M. Victor Hugo, 
par Alexandre Duval, Paris, 33.) 

ACCENT : Crachat, signal con- 
venu entre les voleurs (Vidocq). 
V. Arcon, 

ACCORDÉON : Chapeau gi- 
bus. Il se replie et s'allonge 
comme l'instrument de ce nom. 

ACCROCHE-CŒURS : Favo- 
ris (Vidocq). Se dit des favoris 
courts qui affectent la forme des 
accroche-cœurs féminins. V. Ar^ 
çon, 

ACCROCHE-CŒURS : Mèches 
de cheveux bouclées et collées 
sur la tempe. Cet ornementa des 
prétentions galantes. Le mot le 
fait assez sentir. 

Sur mes nombreux admirateurs 
Dirigeons nos accroche-cœurs. 

(Festeau.j 

ACCROCHER: Mettre au mont- 
de* piété. — Mot à mot : accrocher 
au clou. V. ce mot. — a Ah l les 
bibelots sont accrochés. »(Mon- 
tépin.) 

ACCROCHER : Consigner un 
soldat. — Mot à mot : l'accrocher 
à son quartier, l'empêcher d'en 
sortir. 

ACCROCHER (s'): Combattre 
corps à corps, en venir aux mains. 

Nos braves, s'accrocliant, se prennent 
aux cheveux. ' 

(Boileau, Satire 3.) 



ADD 



— 4 - 



AFF 



ACHAR (d') : Sans trêve. Mot 
à mot : avec acharnement. — ^ 
Abréviation. 

Ht d'autoi et d'achar, 
Enfoacé le jobard. 

(De Montépin.) 

ACHATE : Ami fidèle.— Uli- 
nisme. — « Roqueplan et son 
Achate. » (Villemessant.) V. Fi- 
dus, 

ACHETOIRS: Monnaie.— Avec 
elle, on achète. — <c II y a des lo- 
rettes qui nomment les ache- 
toirs quitus. » (Alhoy.) 

ACRE : Fort, violent. (Vidocq.) 
Vieux mot, conservé par la lan- 
gue régulière avec suppression 
de l'accent. 

AD HOC : Spécial. Mot à mot : 
fait, institué pour cela. — Latinis- 
me.— «Les déclarations sont lues 
par un comité ad hoc. » {Alma- 
nach des débiteurs, 5i.) 

AD USUM DELPHINI (n'être 
pas) : Ne pas convenir aux jeunes 
gens. Mot à mot : N'être pas di- 
gne de figurer dans la collection 
classique imprimée jadis par 
Barbou pour l'éducation d'un 
Dauphin de France, et où chaque 
titre de livre portait la mention : 
Ad usum Delphini. — Ce lati- 
nisme se dit à propos de tout : 
— « Vous le voyez, le bal Chi- 
card n'avait pas été créé ad usum 
Delphini, et, cependant, voilà ce 
qui pendant six ans fit tressaillir 
tous les provinciaux et tous les 
étrangers. Les mères le redou« 
taient pour leur fils à l'égal de 
l'enfer. » (Privât d'Anglemont.) 

ADDITION t Carte à payer. 
Mot à mot : addition des prix de 
chaque consommation. 



AFF : Affaire. — Abréviation, 

— ff Quant à moi, je maquille 
une aff, après laquelle j'espère 
me débiner. » (Patrie, a mars 

52.) 

AFF : Vie. (Grandval.) 

AFF (eau d') : Eau-de-vie. — 
Abréviation de paf qui désignait 
Teau-de-vie autrefois, comme le 
prouve cet exemple : « Voulez- 
vous boire eune goutte de paf ^ 

— J' voulons bien. — Saint- Jean, 
va nous chercher d'misequier 
d'rogome. » (lySô, V Écluse.) Il y 
a évidemment parenté entre le 
paf du xviii* siècle et Veau d^aff 
de l'argot moderne. — a Tu vas 
me payer l'eau d'afip, ou je te fais 
danser. » (E. Sue.) V. Paffe, 

AFFAIRE : Délit ou crime en 
voie d'exécution, «c Après la réus- 
site d'une affaire, ils se livrent 
immédiatement à des débauches 
nécessaires à l'oubli de leur rai- 
son. % (Rabasse.) — Ajfaire mûre : 
vol ou crime qui va se commet- 
tre. 

AFFAIRE (avoir son) : Être 
ivre-mort, avoir reçu un coup 
mortel. — « Je propose l'absin- 
the... Après quoi j'avais mon af- 
faire, là, dans le solide. » fMon- 
selet.) 

AFFAIRES (avoir ses) : Avoir 
ses menstrues. 

AFFE:Vie, âme. (MoreauC.) 

AFFRANCHI (fagot) : Forçat 
ayant fini son temps. 

AFFRANCHIR : Pervertir. Mot 
à mot : affranchir de tout scru- 
pule de conscience. — a Affran- 
chir un sinve pour grincjiir : 
pousser un honnête homme a 
voler. » (Vidocq.) 



AGO 



— 5 - 



AIL 



AFFURAGE, AFFURE : Pro- 
fit de vol. V. tfjfiirer.— «Eh vite! 
ma culbute ; quand je Tois mon 
affure, je suis toujours paré. » 
(Vidocq.) 

AFFURER. AFFUTER : Trom- 
per. (Moreau G.) 

AFFURER : Gagner en volant. 
(Vidocq.)— Du vieux mot /iir^r; 
dépouiller. 

AFFUT (homme d*) : Malin, 
roué. Mot à mot : toujours à Taf- 
fOt de ce quMl désire. 

AFFUTER. V. AJTurer 

AFFUTER LE SIFFLET (s') : 
Boire. Mot à mot : se réguiser 
le gosier. 

Faut pas aller chez Paal Nlqaet 
Six fois r joar, s'affûter le sifflet. 

(P. Darand, ChansonSy i836.) 

AFLUER : Tromper. (Colom- 
bey.) Mot à mot : flouer à. 

AGENT DE CHANGE (quart, 
cinquième, sixième d') : Proprié- 
taire pour un quart, un cin- 
quième ou un sixième d'une 
charge d'agent de change. On 
peut continuer comme cela in- 
définiment, car de tellee proprié- 
tés se subdivisent en un grand 
nombre de parts. M. de Mériclet 
a fait paraître son livre sur la 
Bourse, sous Tégide de ce titre : 
Huitième d'agent de change, 

AGOBILLE: Outil.(Morcuu C.) 
— C'est-à-dire outils de voleur ; 
pince, fausse clé, etc. Ne se dit 
guère qu'au pluriel. 

AGONIR, AGONISER : Insul- 
ter. Mot à mot * antagonir, anta» 
goniser. Ces verbes manquent à 
notre langue qui admet cepen- 



dant antagonisme, ^ c Je veux 
t'agoniser d'ici à demain. i> (Ri- 
chard.) — c Si bien que je fus si 
tourmentée, si agonie de sottises 
par les envieuses. «(Rétif, 1783.) 

AGOUT : Eau à boire. (Hal- 
bert.) — Mot ancien. V. Lagout. 

AGRAFER : Arrêter. — « Le 
premier rousse qui se présentera 
pour m'agrafer. » (Canler.) 

AGRAFER : Consigner. Mot à 
mot : agrafer le soldat au quar- 
tier. — c J'ai jeté la clarinette à 
terre, et il m'a agrafé pour huit 
jours. » (Vidal, 33.) 

AIDE-CARGOT : Valet de can- 
tine. — Corruption d*aide-gargot. 

— « Aide-cargot, un dégoûtant 
troupier, fait semblant de laver 
la vaisselle. » (Wado.) 

AIGUILLE : Carte pointant 
entre les autres, de façon à secon- 
der la tricherie d'un grec, c S'il 
voit qu'un pigeon se dispose à 
lui tenir banco, il ne manquera 
pas de le faire couper immédia- 
tement sous l'aiguille. » (Ca- 
vaillé.) 

AIGUILLE : Clé. (Vidocq.) — 
Elle coud la porte. 

AILE, AILERON : Bras. — 
Allusion ornithologique.~« Ap- 
puie-toi sur mon aile, et en route 
pour Châtellerault ! » (Labiche.) 

— oc Je suis piqué à l'aileron; tu 
m'as égratigné avec tes ciseaux.» 
(E. Sue.) 

AILE DE PIGKON : Suranné. 

— Allusion à la coiffure conser- 
vée par les émigrés à leur re- 
tour en France. V. Mâchoire. 

AILLE (terminaison en) : «Le 
plus souvent afin de dérouter les 



ALA 

icouteura, l'argot t borae à 
ajouter indiitinctemeatitaua les 
inoia de la langue une sorte de 
queue, une terminaiuin en aille, 
eo orgue, en iergiu ou ea ucht ; 
exemple ; iVouziergue trouvaille 
bonorguece gigotmuchc. (Trou- 
vez voua bon ce gigot ï) Phrase 
adressa par Cartouche à utt gui- 
chetier, afin de savoir si la somme 
offerte pour l'évasioD lui conve- 

aujourd'hui fort utitâe. > (Mo- 
reau Christophe, 64.) 

AIMER COMME SES PETITS 
BOVAUX : Aimer coi 
même : ■ Ellera'aimait! Autant 
que te» petits boyaui. > (Paro- 
dit de Zaïre, ij3t.) 

AIR (se donner de 1*, se pous- 
ser de 1', jouer la tille de I') : 
Fuir. — Les deux premiers ter- 
mes font image; le troisième 
date de la Fille de tair, une an- 
cienne pièce du boulevard du 
Temple. — >La particulière vou- 
lait se donner de l'air, s (Vidal. 
33.)— «Dipichez-vous et jouei- 

pagnemenl de guibolles, s (Mon- 
tépin.j '/.Ballon. — If C'est donc 
gentil de faire des poufs au 
monde et de se pousser de l'air ! 
Ab 1 mais, on ne me monte pas 
le coup. I (Almanach du hamie- 

,A1R DU TEMPS (vivre de 1'). 
— Être sans moyens d'existence. 
Terme ironique. — «Tous deux 
vivaient de l'air du temps. » (Bal- 
zac.) 

AIRS (£tre I plusieurs). - Être 
hypocrite, jouer plusieurs râles 

ALARMISTE. — Chien de 



ALEA JACTA EST. — Le sort 
en est jeté. — Phrase prononçait 
par César lorsqu'il passa le Ru- 
bicon pour marcher sur Rome. 
— « Le fameux aléa jacta est 
répété tant de l'ois depui» 
César. > (Rozan.) 

ALENTOIR. — Alentour. 
Changement arbitraire de la fi- 

ALIGNER (i-). — Tomber en 
garde pour se battre. Mot i mot : 
se meure sur la même ligne 
que son adversaire. — ■ Ils met- 
tent parfois le sabre i la main 
et s'alignent. » (R. de la Barre.) — 

I A la suite d'une bisbille, ils 
sont descendus pour s'aligner. » 
[J. Arago, 38.) V. Aplomb. 

ALLER DE (y). —Fournir.— 
a On y va de ses cinq francs, ou 
de sa larme. > (Monselet.) — 

II Klle a tourné de l'oeil sans 
Jire : Ouf!... Pauvre vieillel j'y 
d été de ma Urme. » (About.) 

ALLER (y). — Se laisser trom- 
per. — Fallait pai qi^il y aille ! 
dit-on d'un hommu malheureux 
par sa faute. V. Faire aller, 

ALLER A NIORT. — Nier. — 
Jeu de mois. — a Je vois bien qu'il 
n'y a pas moyen d'aller k Niort.* 
(Canler.) V. Flacul. 

ALLER AU DIABLE AU 
VERT. — Faire une excursion 
aventureuse. 

M. Rozan explique ainsi ce 

tion de Vauvert ; on disait autre- 
lois : Aller au diable Vauvert, 
Le K a été mangé dans la rapi* 
dite du discours, et il a fini pac 



c sorte de «ens, le 
reiteda mot : ouvert. — Le châ- 
teau de VauvrI ou Val-Vert, 
situé pris de Pnris, du côxt de 
la barrière d'Knfer, avait ité 
habii£ par Plii lippe Auguste 
aprti ion exct)m m uni cation ; il 
passait depuis cette époque pour 
^tre hanté par des revenants 
4t des démons. Saint Louis, pour 
désensorceler ce cbSteau, le don- 
na aux cliarireuien iiJy. i 

Rabelais parle encore de ce 
diable fameux : — (Je tous 
chiqusneraj en diable de Vau- 
vcrt, ■ dit le chiquanout RoU' 
ge-Muzeau,dans le chapitre i6du 
livre IV de Pantagruel. 

On dit maintenant au diable 
vert, ce qui s'éloigne encore plus 
de la lorme primitive. « J'ai déjà 
parlé de celui d'Alexandre Du- 
mas, qu'on veut reléguer i Cha- 
ronoe, au diabte vert, i {Liberié, 
ae juillet i«7i.) 

ALLER GAIMENT (y).- Agir 
sans ae faire prier, sans que la 
gatlé soit précisément de la par- 
tie. Alloas-x gaiinent ne signifie 
rien de plus que allons-y. — 
Les amateurs du langage en mar 
ont imaginé de varier en disant 
alloni-y gaimar. V. Mar. 

ALLER OU LE ROI NE VA 
QU'A PIED. — Faire ses besoins. 
—Ce rappel 1 l'égalité est de tous 
les temps. Se disait au dix-scp- 
liime aiÈcle : — s Aller où le roi 
ne va qu'à pied. C'est i mots cou- 
verts le lieu où l'on va se déchar- 
ger du superflu de la mangeail- 
le... » (Stfarron.) V. Numéro loo. 

ALLER SE FAIRE FICHE. 
V. Ficher. 



ALLER ((aire) ! Tromper. — 
s Te v*!!, charbonnier de mal- 
heur. Quoi ! il y a 11 une voie 
di: charbon ? Tu nous fais aller. « 
{Fort en gueule. Imprimerie 
Stahl, 3o.) — ■ Essaie d'en faire 
aller d'autres que Florine, mon 
petit. ■ (Balzac.) 

ALLEZ VOUSASSEOIRiTal- 
sez-vous, V. Asseoir. 

ALLEZ DONC (el) : Locution 
destinée i augmenter dans un 
récit la rapidité de l'acte raconté. 
— ■ Quand il a vu ça, y s'est 
esquivé rapidement... et allez 
doncl... »— (Lamiral, 38.) — 



rj'aï 



uilam 



étaliez doncl... j'entaille le ser- 
gent, je bii.'sse deux soldati. ■ . 
(E. Sue.) — « L'école du bon 
sens met le Théfltre-Françats en 
interdit. Emile Augier porte Phi- 
liberté au Gymnase... et atlei 
doncl > (Mirecourt, 55.) 

ALLONGER (s") : Tomber de 
son long par terre. — « Mon ca- 
pitaine, en eet endroit, s'eal al- 
longé... Il est tombé de chevaLa 
(Commentaires de Loriot.) 

ALLONGER (a") ! Faire une 
dépense qui n'entre pas dans ses 
habimdes Le faire plus forte en- 
core, (feu se fenJre. V, ce mot. 
Termes d'escrime. 

ALLONS-Y : Commençons. 

Mon loth cl roon esprit résoniMDt i 1i 
(Ibis 
lïtl'idéal d'amour ■'«sptiimpsrnisTaii 
Allons y I 

{Il module des accartli.] J. Waltcr. 

ALLUMÉ i Échauifé par le vin. 



ALL 

— « Est-il tout à Mi pocbard ou 
Hulement un peu alluDiJ i i 
(Monlépin.) 

ALLUMER : Regarder fixe- 
ment, voir, obïerrer. Mot i mot : 
iciaireT de l'ail. Mot trËi-ancien. 
Se trouve arec ce uns dans les 
romans du xiii> siècle. ~ a Allume 
le niilton, terme d'argotqui veut 
dire i Regardez eous le nei de 
l'iodiridu. • {Almanach des prt. 
tons, 179 S.) 

ALLUMKR : Faire éclore l'en- 
thousiasme. — « Matvina rem- 
plissait la salle de son admi- 
ration ; elle allumait, pour 
employer le mot technique, i' 
(L. Re/baud.) V. Boulonner, 

ALLUMER : Activer, enflani- 
mer ses chevaux i coups di; 
fouet. — « Allume 1 allume! i 
(H. MoDoier.} 

ALLUMEUR : Corn pire chargé 
de fsire de lausseienchires dans 
une vente pour allumer les vrais 
■cheteuri. — « Dermon a été 
chaland allumeurdansles ventes 
au dessous du cours, i (La Cor- 
rectionnelle, journal, 4t.) 

ALLUMEUSE : Dans le monde 
de la prostitution, c'est un syno- 
nyme de marcheuse. V. ce mot. 

Dansées acceptionssi diverses, 
l'allusion est facile à saisir. Qu'il 
■'applique i un IJte-à-tfite, ou à 
un spectacle, ou à un attelage, 
ou i un repas, ou à une vente, ou 
i une pi o vocation charnelle, dl/u- 
mer ^arde eu figuré sa signlRca- 
lion incendiaire. 

ALPAGUK : Vêtement. (Ra- 
baste.) — Abréviation d'alpaga. 
Le nom d'un vétemeoc à lamodv 
pendant une année, aura é\é 



i — AMA 

pris pour désigner lout autre. 

ALPHONSE : Homme entre- 
tenu par une femme galante. — 
Surnom répandu depuis qu'A- 
lexandre Dumas a fait représen- 
ter au Gymnase «on Monsieur 
AlphoHie dont le héros exerce 
précisément cette industrie. ~~ 
1 SI tous les AI phonses du boule- 
vard se donnent rendez-vous la, 
il y aura du travail pour les ob- 
servateurs. > (Gimmerson, 75.) 

ALTÈQUE : Beau, bon, ex- 
cellent (Vidocq.)— Du vieux mat 
ait : grand, fort, élevé (qui nous 
est resté dans altitude), accom- 
pagné d'une désinence arbitraire, 
comme dans féodec. 

Frangine d'allèque : bonne 



ALTER EGO : Autre moi- 
même.— Latinisme. — iM. Chi- 
'ot occupait la stalle voisine, 
ipplaudissant de tout coeur l'a- 
rnusantc folie de son heureux 
aller ego. ■ (E. Blavet.) 
AMANT DE CŒUR : Les fem- 

nmant qui ne les paye pas ou 
ui les paye moins que les au- 
es. La Physiologie de l'amant 
e cœur, par M. Constantin, a 
été faite en 1842. 

siècle, on disait in- 
différemment ami de cœur ou 
greluchon.Ce dernier n'était pas, 
croit aujourd'hui, 
. Le greluchon ou 
n'était et n'est en- 
nant en sous-Ordre 
auquel il coûtait parfois beau- 
coup pour entretenir avec une 
beau té à la mode de mystérieuses 



/■ ■ 'l 



AMA 



— 9 — 



AME 



amours. — « La demoiselle So- 
phie Arnould, de TOpéra, n*a 
personne. Le seul Lacroix, son 
friseur, très-aisé dans son état, 
est devenu Vami de cœur et le 
monsieur, » (Rapports des ins» 
pecteursde Sartines, 176a.) 

Ces deux mots avaient d% l'ave- 
nir. Monsieur est toujours bien 
porté dans la langue de notre 
monde galant. Wanti de cœu^ a 
détrôné le greluchon; son seul 
rival porte aujourd'hui le nom 
à' Arthur, 

AMARRES (les) : Les amis. 
(Rabasse.) — Je ne pense pas que 
ce soit un jeu de mots. C'est plu- 
tôt un exemple du langage en 
mar, V. ce mot. 

AMARRER : Manœuvrer de 
façon à duper quelqu^un. Mot à 
mot : jeter l'amarre sur sa cré- 
dulité. 

AMATEUR : Dans le monde 
artistique et littéraire, on appelle 
amateur l'homme du monde qui 
se fait artiste ou écrivain à cer- 
taines heures seulement.— Pcim- 
ture d'amateur, musique d'ama- 
teur et littérature d'amateur sont 
des termes souvent ironiques par 
lesquels on désigne des œuvres 
peu sérieuses. 

AMATEUR : « Rédacteur qui. 
ne demande pas le payement de 
ses articles. » (1826, Biographie 
des journalistes.) 

AMATEUR : Dans l'armée, on 
appelle amateur Tofiicier qui 
s'occupe peu de son métier. 

AMATEUR sert aussi dans 
l'armée d'équivalent au maipé- 
kin. Un officier dira : H y avait 
là cinq ou six amateurs ; comme 



un soldat ou un sous-officier 
dira : Il y avait là cinq ou six 
particuliers. 

AMATEUR (clerc) : Dans le 
notariat, un clerc amateur tra- 
vaille sans émoluments. 

AMBIER : Fuir. (Grandval.) 
—Vieux mot. On disait au moyen 
Age amber, 

AMENDIER FLEURI : Régis- 
seur. — Jeu de mots expliqué par 
l'exemple suivant : — cL'amen- 
dier fleuri, comme disent les ac- 
teurs en parlant du généreux 
distributeur d'amendes qui sur- 
veille la scène. it(Vieparisienne^ 
65.) 

AMÉRICAIN : Escroc feignant 
d'arriver d'Amérique. Pour plus 
de détails. V. Charriage, 

AMÉRICAIN (œil) : Œil scru- 
tateur. — Allusion à la vue per- 
çante prêtée par les romans po- 
pulaires de Cooper aux sauvages 
de l'Amérique. — a Ai-je dans la 
figure un trait qui vous déplaise, 
que vous me faites l'œil améri« 
cain ? » (Balzac.) — ce J'ai l'œil 
américain, je ne me trompe ja- 
mais.» (Montépin.) 

AMÉRICAIN (œil; : Œil séduc- 
teur.— « L'œillade américaine est 
grosse de promesses, elle promet 
l'or du Pérou, elle promet une 
ardeur amoureuse de soixante 
degrés Réaumur. » (E. Lemoine.) 

AMÉRICAINE : Voiture décou- 
verte, à quatre roues. — « Une 
élégante américaine attend à la 
porte. Un homme y monte, re- 
pousse un peu de côté un tout 
petit groom, prend lui-même les 
guides et lance deux superbes 
pur-sang au galop. » (Figaro.) 



I. 



ANC ~ 10 — ANE 

AMÉRICAINE (vol à 1'). V. l'ancien; ce n'est plus qu'un Au- 

Charriage, trichien élevé à l'école d'un je* 

AMOUR : Aimable comme *"*^*- " 

l'Amour. — a Armée de son re- ANCIEN : Elève de première 

gistrc, elle attendait de pied ferme promotion à l'École polytechni- 

ces amours d'abonnés. » (L. Rey- que ou à l'École de Saint-Cyr. 

baud.) — a Comme j'ai été folle V. Absorption, 

de Mocker; quel amour de dra- aNCHTIBBER : Arrêter. (Ra- 

gon poudré! j) (A. Frémy.) basse.) - Ce serait mot à mot : 

Amour a fini par s appliquer ^g„,g' ^^ ^^^^^ chausser. V. 

dans le sens de ce aimable » a la cfin^^g 

première chose venue. — «Quel .^,™^,o. ^ •• . j^ j»v rr^i 
amour de mollet! Il faut que je ANCHOIS (œil bordé d'): Œil 
le baise. » (E. Villars.) - « Je aux paupières rougies et dépour- 
mourrais d'ennui par ici, moi. ^"^^ ^^ cils. - L allusion sera 
J'ai trouvé, rue de la Paix, un comprise par tous ceux qui ont 
amour d'appartement. (Dumas ^" ^^* anchois découpés en la- 
fils, le Demi^Monde.) '?»^''«s. - « Je yeux avoir ta 

femme. — Tu ne l'auras pas. — 

AMOUREUX DES ONZE je l'aurai, et tu prendras ma 
MILLE VIERGES : t. Dans le guenon aux yeux bordés d'an- 
sens ou Ton entend ce proverbe, chois. » (Vidal, 33.) 
dit M. Charles Rozan, aimer les .^,^^r.^^ ,^ . . j r^ 
onze mille vierges, c'est aimer ANDOSSE:Lchine,dos.(Grand- 
toutes les femmes, c'est croire, val.) Epaules. (Rabasse.) 
dans le feu de la première jeu- ANDOUILLE : Personne sans 
nesse, que toutes les femmes énergie, aussi molle qu'une an- 
sont également dignes de notre douille. Un vrai maladroit s'ap- 
anaour. »-Ce chilîre de onze r^eWt andouille ficelée, 
mille est une allusion à la tradi- ..„,.„«,„.„v . ^.,. 
tion du martyre de sainte Ursule ANEDEBURIDAN(étrecomme 
et des onze mille vierges, ses *') - Ne savoir que décider. — 
compagnes, mises à mort par les « Buridan est un dialecticien du 
Hun8,près deCologne, ver» 384. «v siècle. Pour prouver le libre 

Axi^roKi w \ ^, • -^ T. arbitre des animaux, il supposait 

ANCIEN :Motd'am,tié. Il peut ^^ âne également pressé^ar la 

se dire à un jeune homme et si- ^^j^^^ ^^ ^^ ^^^ ,^ , ^jj ^„. 

gnifie : ancien ami. Mon vieux ^^^ ^^ ^j^^jj^ d'avoine et un seau 

offre la môme idée. ^,^y^ également distants, fai- 

ANCIEN : Vieillard. V. As- sant sur lui la môme impression 

phyxier, et il demandait : » Que fera cet 

ANCIEN (V) : Napoléon 1". âne?» (Rozan.) 

Mot à mot : l'ancien souverain. ANGLAIS : Créancier. — Mot 

— Une caricature de i83o porte ancien. On est d'autant plus 

cette légende : « Vive Napo- porté à le regarder comme une 

léon 111 — Tais ta langue, pa- allusion ironique aux Anglais, 

triote, n'parle pas du fils de que les Français se moquaient 



ANG 



— II — 



ANS 



volontiers de leur perpétuel en- 
nemi. — Ainsi, milord et ^orf- 
dem sont employés ironiquement 
dès le moyen â|ce. V. Milord, 
Goddem, 

Malgré des avis contraires, 
mais appuyés selon nous par des 
exemples trop peu concluants, 
c*est encore l'opinion de Pas- 
quier qui nous semble préféra- 
ble. Il fait venir ce terme des 
réclamations des Anglais qui pré- 
tendaient que la rançon du roi 
Jean, fixée à trois millions d'écus 
d'or, par le traité de Brétigny, 
n'avait pas été entièrement payée. 

Oncques ne vjs Angloisde votre taille, 
Car, à tout coup, vous criez : baille, 
baille I 

(Marot.) 

On trouve des exemples dMw- 
glais dans la Légende de Pierre 
Faifeu. M. Fr. Michel « relevé 
cette mention dans les poésies 
de Guillaume Crétin (xv* siècle) : 

Et aujourd'hui je faictz solliciter 
Tous mes Ângloys, pour mes restes 

[parfaire, 
£t le payement entier leur satisfaire. 

« Assure toi que ce n*est point 
un Anglais. » (Montépin.) 

ANGLAIS SONT DÉBAR- 
QUÉS (les) : Ces mots désignent 
une incommodité périodique 
chez la feihme. Allusion à la 
couleur favorite de l'uniforme 
britannique* 

Il est aussi brave 
Que sensible amant, 
Des anglais il brave 
Le débarquement. 

(Chansons . impr. Chastaignon, i85i.) 
Recueils de la bibl. nationale. 

ANGLAISES : Longues bou- 



cles de cheveux pareilles à celles 
dont se coiffent volontiers Us 
dames britanniques Elles ont 
été surtout à la mode en France 
vers 1840. — «Une femme aux 
anglaises blondes lui heurte le 
bras. « (Monselet.) 

ANGLAISES : Latrines à l'an- 
glaise, c'est-à-dire munies d'une 
cuvette à soupape. 

ANGLUCE : Oie. (Vidocq.) 

ANGOULÈME (se caresser 10 : 
Boire et manger. Mot à mot : se 
caresser le palais, mettre en goule ^ 
du vieux mot goule (gueule). 
Nous avons encore goulu et gou- 
lafre (glouton). — » Il y en a qui 
ne se sont pas encore caressé l'an- 
goulème depuis la veille. » (E. 
d'Hervilly.) 

ANGUILLE : Ceinture. (Vi- 
docq.) — Une ceinture de cuir 
noir gonflée d'argent ressemble 
à une anguille. 

ANGU LLE DE BUISSON : 
Couleuvre. — a II vend des an- 
giiilles de buisson f comme on dit 
en langage populaire, à certains 
gargotiers qui en font d'excel- 
lentes matelotes. » (Privât d*An- 
glemont.) 

ANSE : Bras. L'anse est le bras 
du vase. V. Arque pincer, — 
Offrir son anse, offrir son bras. 

ANSES : Oreilles —Comparai- 
son de la tête au pot. 

ANSES (une paire d') : une 
paire de grandes oreilles écar- 
tées. Vues de face, elles r ssem- 
blent aux anses d'un pot. 

ANSES (panier à deux): «iomme 
ayant une femme à chaque bras. 

ANTIF (battre 1') : Marcher. 



Motlm 



ANT - 

>t : battre le grand che- 
tntifet 



qui lignifie tftiljgue,etse rencon' 
tre louvent dans les tcxlet du 
mojen Age uni à >.eliti de chemin. 
— Un chemin anli/était un che- 
rnt[> ancien, c'esi-â-dire/m)'^. 

AMriFPE : Marche. (Graod- 
ral.) Mot i mol .'action de battre 
l'antif. 

ANTIFl-'ER:Entrer.(Rabasse.) 

ANTIFFER (>') : Se marier. 

(Rabasse.) — Forme moderne 

d'entijier. — Se dit auisi pour 

être séduit, te laiiseï 



ANTIFLE (battre l'): Calardcr, 
dissimuler. Mot i mot : hanter 
Vigile. V.Antifler. 

ANTIFLliR, ENTiFLliR : Ma- 
rier, (Vidocq.) — Vient du vieuï 
mot antie, église.— LÀ se fait la 
célébration du mariage. Eatifler 
ea donc mot à mot : mener à 
l'église. — • Ahl si j'en défou- 
raille, ma largue j'entiflerai. » 
(Vidocq.) 

ANTIPATHER ! Avoir de l'an- 
tipathie. — s Pas une miette! Je 
l'antipathe. »(Gavarni.} 

ANTIQUE : Élève sortant de 
l'Ecole polytechnique. V. Ab- 
torptim. 

ANTONNE ; Église. (Vidocq.) 
— Changement de finale du vieui 
mot antie, église. 

ANTONY : Jeune romantique. 
— Nom du héros d'un drame 
d'Alexandre Dumas qui hil ton 
gOÛtien i83i.—eAprH les SUC- 
CÈS d'Antoiîx, l«s «alon» pari- 
siens furent tout 1 coup inon.Us 
de jeunet hommes pAles et bli- 



2 — ANT 

mes, aux longs cheveux noirs, i 
la charpente osseuse, aux sour- 
cils £paL$,iU parole caverneuse, 
à la physionomie hagarde et dé- 
solée... De bonnes Ames, s'in- 
quiétantde leur air quasi cada- 
véreux, leur posaient cette ques- 
tion bourgeoisement affectueuse: 
( Qu'avez-vous doncî i A quoi 
ils répondsienl en passant la 
main sur leur front : a J'ai la 
fiivre. ■ Ces jeunes hommes 
étaient des Anionys. u (E, Le- 
moine-) — ■ D'ici à quelques an- 
nées, il y aura moins de chance 
de voir les jeunes Anionys plon- 
ger leur dignité dans le fossé 
bourbeux de la réclame. ■ (Fi- 
garo, 6i.) 

ANTONYQUE.ANTONV;MK; 
La pose funibre dont nous ve- 
nons de parler, fit créer égale- 
ment les mots antûayque et aa- 
tonysme. — « Ce sourire est 
mélancolique ou anion^que, ce 
qui est un. i (Lcmoi ne.)— Quant 
à l'anlonysme, il mourut sous 
les épigrammes des loustics... 
lesquels ne voient plus une de*, 
moiseile de comptoir sur le re- 
tour sens lui dire ; « N'étes-vous 
pas ma mèreî» et ne vous dévo- 
rent plus la moindre côtelette 
de mouton sans pousser la fa- 
le exclamation : u Elle me 

(E. Lemoine.) 

ANTROLER : Emporter. (Vi- 
docq.) — Des mots entre rolltr ; 
rouler ensemble. 

APLOMB : Droit au but. 



J'alk>n)|e tur sa ligne 
Ooq i ili coups d'aplomb. 

(Aebert, Cianions, iSl3.) 



AQU 



- i3 — 



ARC 



Ahl (allait Toir comme il toachait d'à- 

(plomb. 

[Les Mauvaitet rencontres^ chanson.) 

APOTRE : Doigt. (Vidocq.)— 
Jeu de mots. Le doigt du voleur 
happe souvent. 

APPAS : Seins. 

Madame fait des embarras. 
Je Tai vue mettre en cachette 
Des chiffons ponr des appas. 

(Matt., Chanson*. ) 

APPELER AZOR : Siffler. 
V.\<4jf or. 

APPUYER SUR LA CHAN- 
TERELLE. V. ce mot. 

A QULA : Acculé dans une si- 
tuation désespérée.— Latinisme. 

— S'est dit d*abord des logiciens 
pris en défaut, qui, ne sachant 
plus quoi répondre, donnaient 
un parce que {quia) pour toute 
raison. Régnier, le satirique, met 
ainsi en scène un donneur de 
fausses raisons : 

Par hazard dispatant, si quelqu'un luy 

[réplique, 
Et qu'il soit à quia : « Vous êtes héré- 

[tique. « 

AQUIGER î Prendre, dérober. 

— D'où le vieux mot d*argot 
aquige-ornie, maraudeur. Mot à 
mot : voleur de poules. 

AQUIGER : Palpiter. V. Co- 
quer, 

AQUIGER : Blesser, battre, 
endommager. — a Me voici enfifi 
démarré de ce maudit ponton et 
sans être aquigé. » (Rabasse.) 

AQUIGER LES BRÈMES : 
Entailler, biseauter les cartes. 
(Vidocq.) 

ARAIGNÉE DANS LE PLA-] 



FOND (avo'r une) : Déraisonner. 
— La botte du crâne est ici le 
plafond, et Taraignée folie y tend 
ses toiles. V. Plafond. 

ARIA : Embarras.— V. Maria, 

ARBALÈTE : Croix de cou, 
bijou de femme. (Vidocq.) — 
L'arbalète détendue ressemble à 
une croix. 

ARBALÈTE D'ANTONNE : 
Croix d^église. 

ARBI : Arabe. Pour Arabi; ar- 
got d'Algérie. — « Sobres les 
Arbis, une poignée de son, un 
peu d'eau, le coin de leur bur- 
nous, voilà leur repas dans les 
haltes. » (Commentaires de Lo" 
riot.) 

ARBICO : Petit Arabe. — Di- 
minutif d*Arbi. — « La Maghr- 
nia : une école de petits Arbicos, 
un hôpital et un magasin. » 
(Commentaires de Loriot,) 

ARCASIEN, ARGASINEUR : 
Celui qui monte un arcat, 

ARCAT (monter un) : Écrire 
de prison,et demander une avance 
sur un trésor enfoui, dont on 
promet de révéler la place. — 
Vient d*arcanef mystère, chose 
cachée. — La lettre qui sert à 
monter Varcat s'appelle lettre de 
Jérusalem^ parce qu'on récrit 
sous les verrous de la Préfecture. 
Vidocq assure qu'en l'an VI, il 
arriva de cette façon plus de 
1 5,000 francs à la prison de Bi- 
cétre. 

ARCHE DE NOÉ : Académie 
française, disent les dictionnaires 
d'argot qui ont précédé le nôtre. 

Je n'hésite pas à soutenit que 
le mot est de pure invention, que 



ARC 



— 14 - 



ARG 



letargotiers anciens ignoraient 
Fezistence de rAcadémie, et 
qu'aujourd'hui un Êiubourien ne 
sait pas du tout ce que veut dire 
arche de Noé. Cette mystifica- 
tion philologique est due sans 
doute à l'esprit malicieux de 
quelque homme de lettres chargé 
de surveiller l'impression d'un 
vocabulaire que tous les autres 
auront copié. Vidocq, ou plutôt 
celui qui travaillait pour lui, en 
a fait autant. De là une erreur 
partout reproduite. Vidocq a du 
reste fait école de notre temps et 
vers i865 un dictionnaire argo- 
tique a donné cùl à fauttuil, 
mal choisi, enfant de la four- 
chettCf etc., comme synonymes 
à* académiciens dans la bouche 
des voyous parisiens. Toutes ces 
petites malices sont de pures in- 
ventions. 

ARCHE (aller à 1') : Chercher 
de l'argent. (Vidocq.)— Du vieux 
mot arche : armoire, coffre, qui 
a fait archives, 

ARCHE (fendre 1') : Ennuyer. 

— Mot à mot : fendre le coffre. 

— tt Ça commençait à me fendre 
l'arche. Je lui dis : Pas de bêtises, 
mon vieux. » (Monselet.) 

ARCHI : Préambule dont la 
langue usuelle se sert à tout 
propos, du moment qu'il s'agit 
d'inventer un superlatif. -» Le 
Dictionnaire de l* Académie re- 
connaît, du reste, qu'on peut 
former de la sorte un très-grand 
nombre de mots. Nous en citons 
un exemple entre mille : — «c Je 
suis guérie... bien guérie... oh! 
archiguérie. » (Viilars.) 

ARCHIPOINTU : Archevêque, 
même observation que pour or» 



chede Noé, Nous ne croyons pas 
à l'usage réel de ce mot. Je ferai 
de plus remarquer que les dic- 
tionnaires où il se trouve ne 
donnent pas même le mot pointu 
pour évêque, ce qui devrait être 
en bonne logique, car pointu foit 
allusion ici aux pointes de la 
mitre. 

ARCHI -SUPPOT : Voleur 
émérite. — N'est plus usité. 

ARÇON : Signe d'alerte con- 
venu entre voleurs. — Du vieux 
arçortf archet, petit arc. Du temps 
de Vidocq (jbSy), c'était un C 
figuré à l'aide du pouce droit sur 
la joue droite. — La courbe du C 
représente la forme d'un arc. 

ARCPINCER , AKQUEPINr 
CER : Prendre, arrêter. — Pin- 
cer au demi' cercle est très- 
usit4 dans le même sens. Il est 
à remarquer qu*arc et demi' 
cerc/e présentent la même image. 
— « Daignez arquepincer mon 
anse. » (Almanach'du hanneton, 
67.) 

ARDENT : Chandelle. (Vi- 
docq.)— Le mot a été bien porte, 
car M. Francisque Michel l'a 
trouvé quatre fois dans le Dic- 
tionnaire des précieuses, de 1660. 

ARDENTS : Yeux. (Diction- 
naire d'argot moderne, 44.) — 
Le verbe allumer, regarder, en- 
traînait naturellement ce subs- 
tantif. V. Allumer, 

ARG A : Part. « Pour mon arga, 
je serai ton dévoué jusqu'à la 
mort. » (Rabasse.)] 

ARGANEAU : Anneau réunis 
sant deux forçats. (Colombey.) 

ARGUCHE : Diminutifs du 
vieux mot argue, ruse, finesse, 



ARM 



— i5 - 



ARR 



argot. — L'argot est une ruse de 
langage. V. Truc. 

ARGUEMINE : Main. — « Je 
mets l'arguemine à la barbue. » 
(Vidocq.) 

ARIA : Embarras. — Du vieux 
mot arrief obstacle. — « J'ai eu 
bien des arias avec la douane à 
cause de mes malles, n (Monse- 
let.) V. Haria, 

ARICOTEUR : Bourreau. (Vi- 
docq.) — «Cest demain que Char- 
lot fera un haricot de ton corps.» 
[VÉclusey 1756.) 

ARISTO : Aristocrate, homme 
quelconque se trouvant en bonne 
situation. — Abréviation. — a C'est 
vrai ! tu as une livrée, tu es un 
aristo. » (D'Héricault.) 

ARISTOCRATE : Nom donné 
par les détenus à ceux qui ont 
assez d'argent pour être à la pis- 
tole. (Ra basse.) 

ARLEQUIN : Assemblage de 
rogatons achetés aux restaurants 
et servis dans les gargotes de 
dernier ordre. — o C'est une bi- 
joutière ou marchande d'arle- 
quins. Je ne sais pas trop Torigi ne 
du mot bijoutier; mais l'arlequin 
vient de ce que ces plats sont 
composés de pièces et de morceaux 
assemblés au hasard, absolument 
comme Thabit du citoyen de 
Bergame. Ces morceaux de viande 
sont très-copieux, et cependant 
ils se vendent un sou indistinc- 
tement. Le seau vaut trois francs. 
On y trouve de tout, depuis le 
poulet trullé et le gibier jusqu'au 
bœuf aux choux, i» (P. d'Angle- 
mont.) 

ARMOIRE A GLACE : Quatre 
de jeu de cartes. « Tenez sur 



galuchet, et de l'armoire à glace 
évitez la beauté. » (Alyge.) 

ARNAC (à 1') : Avec prémédi- 
tation. (Rabasse.) — Semble une 
forme moderne à'arnache, 

ARNACHE : Tromperie. (Vf 
docq ) — Du vieux mot harna^ 
cher, tromper. 

ARNAUD (avoir son), ÊTRE 
ARNEAU : Être de mauvaise hu- 
meur. (Halbert, Rabasse.) D^ar- 
nauder, 

ARNAUDER : Murmurer. Mot 
à mot : renauder à. V. Renau» 
der, 

ARNELLE : Rouen. (Vidocq.) 

ARNELLERIE i Rouennerie. 
(Idem.) 

ARPAGAR : Arpajon (Seine» 
et-Oise).— Changement de finale. 
(Vidocq.) 

ARPETTE : ApprentL (Ra- 
basse.) 

ARPION, HARPION : Pied.— 
C'est le vieux mot arpion: griffe, 
ongle. Harpon et harponner sont 
restés dans la langue. — « J'aime 
mieux avoir des philosophes aux 
arpions. « (E. Sue.) 

ARQUEPINCER : Arrêter. V. 
Arcpincer. 

ARRACHER DU C H lEN DENT: 
Chercher une occasion de voler. 
C'est un pendant d'aller au per^ 
sil. V. Persil. 

ARRÊTER LES FRAIS : Sus- 
pendre une chose commencée. — 
Terrfce emprunté au jeu de bil- 
lard où on arrête les frais (de 
location du billard) dès qu'on ne 
joue plus. 



ARS — i6 - ART 

ARRIÈRE-TRAIN: Derrière. V. 3/érter.-- a Nous avons connu 

n- jj 1 t* 1 • c^8 lypes si étranges, qu'on a 

Rien ne me déplatt plut par contre que ^'^^'^x ^ ^:,^ a i 

*^ "^ "^ rçç gj-in P®***® * croire a leur exis- 

Dont les dames st font un faux arrière- «ence ; ils s'appelaient les discU 

[train, ples de l'art pour l'art. » (Mur- 

(H. Briollet.) ^^^') 

Anntxrtrn nni:*wri?D j\x ARTHUR : Amani de cœuf.— 

ARRIVER PREMIER : Dépas- , ga conduite lui semble la plus 

ser tout concurrent. -Terme de „.,urelledu monde; elle trouve 

sport - Se prend au figura-- tout simple d'avoir une coUee- 

« Vous êtes ravissante. Watteau j5^„ d'Arthurs et de tromper des 

et Boucher sont distancés. Vous protecteurs à crâne beurrVfrais, 

arrivez première au charme des ^ 5,^^ y^„^ , ^r^ q^^^.^^' 

yeux et des coeurs. » {Almanach 5» y ^ j * 

au hanneton, 07.) ^ ' 

ARROSER : Payer. V. Gtdons . *'^'^""'^ :.Hoinme à préten- 

(arroser ses). "°°». s^d««nces. - « Un haut 

tonctionnaire bien connu, mem« 

ARROSER : Couvrir de son ^re d'une académie, Arthur de 

enjeu, faire des sacrifices d'ar- soixante ans. 9 (De Boigne.) 
gent répétés. — a Un monsieur 

arrose le onze (i la roulette) de- ARTICHAUT (cœur d'): Cœur 

puis une heure et le onze n'a inconstant, livré à autant de ca- 

pas plus l'air de sortir.» (R. Mil- P"ccs que le cœur de l'artichaut 

ton.) compte de feuilles.— « Ton cœur 

AnocKTAT A iXT'j \ est un artichaut. Donne-m'en 

ARSENAL: Arsenic. Vidocq.) ^ne feuille. i»(^/ma«ac/i du han- 

- Changement de finale. neton, 67.) 

ARSONNEMENT : Onanisme. *t>t,,^, i. ,c • i»v r • 

rVidocQ ) ARTlCLb (faire V) : Faire va- 

^ ^'' loir une personne ou une chose 

ARSOUILLE : Ignoble vau- comme un article de commerce. 

rien.— Anagramme du vieux mot _ « Malaga ferait l'article pour 

<oiif7/ârrqui désignait Varsouille toi ce soir. » (Balzac) — « Exa- 

du moyen âge. La souillardaille minez-moi ça! comme c'est cousu 1 

était la canaille jadis. (V. Du _ Ce n'est pas la peine de faire 

Cange.)— «C'étaient des arsouil- i»article. » (Montépin.) 

les qui tiraient la savate. » Th. 

Gautier.) ARTICLE (être à V) : Etre sur 

... . .. ^. le point de mourir. Mot à mot : 

^r*o«i«« se prend «d)ective- ^ H . j ^ ,, ^^^ _ , „ 

ment. - . Je n étais accusé que .^,^ ^, j^^;,, ^^^^„, ^^ 

d'un mince délit et |e n'avais pas ^^ , (Rabelais, Panta- 

rair arsouille. » (Ucenaire, Mi- , ,; ^^^\^ ^, ^ 

moires, 36.) , 09 » 

ART POUR L'ART ^ faire ^^^TICLE (porté sur V}, fort 

de^'^: cS les\m oL leî *-'^*^^»^»« '' ^----- 

lettres sans y chercher de lucre. ARTICLIER : « C'est un trti« 



ART 

elier.Vemon porta des «tlielM, 
fera loujours des article», et rien 
que des •rticle». Le treïeîl le 
plu» ob«(iné ne pourra jamais 
greffer un livre sur sa prose. » 
(Baliac.) 

ARTIE, ARTIF, ARTIFFE, 
ARTON : Pain,— On écrit aus«i 
larlie, larlif, tarton. V. ce» mois. 

En ceRc ploUl 
On Tllchenumcnlt 
Artou, piioli et criait* 
On a gourdement. 

(Gnodral, 171^') 
ARTIE DE MEUIAN s Pain 
blanc. (Halbert.) 

ARTIE DU GROS-GUIU 
LAUME : Pain noir. (Halbert.) 
ARTILLEUR A GENOUX ; 
Infirmier militaire. — Allusion 
■u eanon du clystire eti la po» 
ture que réclame a« manœuvre 
— En 1718, Ph. Le Roux nommt 
déjà mousiiuetairei à gotoux les 
apothicaires. 

On dit aussi : Caitonnier de I" 
pièce humide. 

ARTIS (tangage de 1') 1 Argot. 
(Vidocq.) 

ARTISTE (trop) : « il est trpp 
artiste, a dit madame Lecteur. 
Être artiste veut dire s jeter l'ar- 
gent par les fenïtres, le dépenser 
à tort el à travers sans compter, 
boire de ci et de \i, Murir la 
fillette, chanter, rire toujours- 
(Privât d'Anglemont.) 
ARTISTE: Vétérinaire.— Abrà 

Wtérinaire. Moi il mot s Maiin 
en Vert vétérinaire. 

ARTISTE : Balayeur.— 11 ma 
nie le pinceau (baltù). 



,7 - ASP 

ARTON I Pain. V.yfrttV. 
ARTOUPANiGirde-chiourme. 
n Ils vou» bousculent en vérita- 
bles artou pan».» (Rabasse.jV. JV- 
ij^aer. 

AS (être à) ! Être San» argent, 
(Rabasse.) Mol i mot : n'avoir 
qu'un Bou par allusion à la ï«- 
Icur représentée par le point de 
la carte. — On dît aussi 1 itrt 
daia eas. 

AS (à n 1 Au cabinet ou à U 
table qui porte le n' 1 dans tim 
estautant ou un café.— Allusion 
l'unité de l'a» du jeu de cartes. 
_ Ver»ei i l'as 1 Un soda el une 
fine par ici. .{A. Uffitte.) 

AS DE CARREAU : Officier 
(le place, — Allusion i Taspeei 
Icizangé de ses revers rouges. 

AS DE CARREAU : Havre- 
sac d'infanterie,- Allusion usa 
Forme carrée. — " Troquer mon 
csrnier culotté contre l'as de 
carreau ou l'azor du troupier. ■ 
(LaCassagne.) 



AS DE PIQ.UE (fichu comme 
1) : Mal bflti. mal velu.— Jadis 
lappelaiiairfepi'îueun homme 
„j1, —nTaiseï-vous, as de pi- 
que! 1 (Molière.) 

ASPHALTE (polir 1'), sebat- 
lader sur Vasphalte : Flâner sur 
les trottoirs [asphaltés) des ruei 
et des boulevards. — » Y en a 
qui vont l'après-midi se ballader 
sur l'asphalte. ■ lAlmanach du 
hanneton, 67 ■) 

ASPHYXIÉ: Ivrc-mort, Motâ 
mot : Asphyxié iniérieu rement 
par les émanations du liquide 
absorDé. Charlel a représenté un 
troupier contemplant un inva- 
1 lide penché sur une table deçà.. 



ASS' 



— i8 - 



AST 



baret, avec ces mots : a L'ancien 
est asphyxié. » 

ASPHYXIER . Boire. — C'est 
un synonyme d'étouffer^ qui es\ 
employé dans le même cas. 

Asphyxier le perroquet : ,jo\rc 
un verre d'absinthe. — 'es per- 
roquets les plus com uns sont 
verts comme l'absinthe. V. Per- 
roquet 

sphyxier le pierrot : Boire 
un verre de vin blanc. — Allu- 
sion de couleur, -r- Pierrot est 
blanc. — « J'étais-t-alléà la bar- 
rière des Deux-Moulins, histoire 
d'asphyxier le pierrot. » {La 
Correctionnelle i journal, 41.) 

ASPIC : Calomniateur. (Vi- 
docq.) — Allusion au venin du 
serpent. L'aspic des voleurs n'est 
que la vipère des honnêtes gens. 

ASPIQUERIH: : Calomnie. 

ASSEOIR (s') : Tomber, c'est- 
à-dire ironiquement : s'asseoir 
par terre. 

ASSEOIR (allez vous) : Taisez- 
vous. — Allusion à la fin obligée 
des interrogatoires judiciaires. 
— A. Dales a fait en bj une chan 
son intitulée :^//efvoii5 asseoir. 

ASSEYEZ- VOUS DESSUS: 
Imposez-lui silence. 

Asseyez-vous d'tius, 
Et que ça finisse. 
Asseyez-vous d*s8us, 
Et n'en parlons plus. 

(Dalès, Chansons.) 

« Ici un enfant se met à pleu- 
rer. — Donnez-y donc à téter ? 
— Asseyez -vous dessus 1 Une 
grosse voix : N'y a donc plus 
d'Papavoines ? » (Marquet.) 

ASTIC : Épée. — Le met doit 
être ancien, car il nous a laissé 



le Verbe asticoter : hïre de pe- 
tites piqûres. V. Astiquer, 

ASTIC : Tripoli, mélange ser- 
vant à l'astiquage des pièces de 
cuivre. 

Et tirant du baùut sa brosse et son astic, 
Il se mit à brosser set boutons dans le 

[chic. 
Souvenirs de Saint-Cyr.) 

ASTlCOT : Vermicelle. (Vi- 
docq.) — Allusion de forme. 

ASTIQUAGE, ASTIQUE : Net- 
toyage. — !• Le second terme est 
une abréviation du premier. 1 Au 
retour de la manœuvre, on en- 
dosse sa toilette d'astiqué. » 
( Vie parisienne, 66.) 

ASTIQUÉ : Reluisant de pro- 
preté, bien tenu. « a Peste 1 
maître Margat, vous avez l'air 
d'un Don Juan... — Un peu, que 
je dis! on a paré la coque... On 
s'a pavoisé dans le grand genre ! 
On est suifé et astiqué propre- 
ment. » (Capendu.) 

. ASTIQUIiR : Battre. Mot à 
mot : frapper à coups d'astic. V. 
ce mot. — Au moyen âge, estiquer 
signifiait frapper de la pointe. 
On dit encore d'estoc*-^ « Sinon 
je t'astique, je te tombe sur la 
bosse. » (Paillet.) 

ASTIQUER : Nettoyer. — 
c Quand son fusil et sa giberne 
sont bien astiqués. » (33, Vidal.) 
— a II n'a pas son pareil pour 
astiquer les cuivres. » {Éclair^ 
juillet 72.) 

AS-TU FINW i-ocution em- 
ployée pour montrer à l'interlo- 
cuteur qu'il se met inutilement 
en frais pour convaincre.— C'est 
une abréviation de : As-tu Jini 
tes tnanières? qui est employé 



ATO — 19- ' ATT 

dans le même sens. — « Rires, — Abrériation d'«ttachemerjt. — 

cris : As-tu fini ?... A la porte!... c Le troupier ou la bonne d'en- 

Asseyez-vous dessus I»(Marquet.) fÎEintdisenten changeant dequàr* 

ATIGER : Frapper. V.AtUger, ^^^^ ^^^^ garnison :Ça m'embête 

. parce que l'avais une attache.» 

ATOMES CROCHUS : Élé- (J. Choux.) 

ments mystérieux d'une sympa- at-ta/^uc » 1 ixt-j \ 

thic réciproque. - « Elle a tous * V^^^^ ' B°« «• (V'docq.) 

1^ ..-,r. A'..^,st A. k....f^ .» — Effet pris pour la cause. — 

d^ meur ui èchariî^t- ce « J'"»?»»»!» « tocquante, ses 

pendTnt no»"atomes crochus né "^'J'" ^Z'!"?"'*» «v*'^i*-''J"" 

M conviennent pas. » (Mérimée.) "*'"*«• » (^'docq.) V. Chêne. 

ATOUSER : Encourager. (VI- ^J!:'^!'^,^ ^^'^ '' Virement, 

docq.) Mot à mot : doiner de «Pontanément. 

v^t^Jt A„ .-«..r... ^'•« homme dattaque est un 

1 atout, du courage. ^^^^^ j,^^,.^^ 

n.oL^.VnW^Z'^TÔuT^ W ATTENDRIR (s') : Se griser, 

mon dernier ixrotir... Vous m ayez ». ^ » ^ » *1 j • 

donné le coup de la mort. » "»' ^ '^''}, = » «"«"<'"'• «""t 

(Balzac 1 l empire d*un commencement 

Expression de joueurs de carte, d'ivresse. Dix minutes avant 1er 

qui ont appliqué aux accidents *'"'«"' "«?'"?'■' " *!"" 1." ^'"^ 

de la vie le nom de l'ennemi -« Le capitaine qui avait reli- 

qu'ils craignent le plus. - En g'eusement vidé son verre à cha- 

voici un exemple superbe qui que mot, s'attendrit.» (Th. Gau- 

prouve rinfluence de Targot pa- "^''v 

risien sur la triomphante Allé- ATTIGER : Frapper, saisir.^ 

magne. Il nous est fourni par la (Vidocq.) — Ce doit être un vieux 

Galette de Lorraine du 2 août, mot, car Vattingere (atteindre) 

organe officiel (prussien), mi- des Latins s'y retrouve presque 

français, mi-allemand, mais ré- entier. 

digéen entier par des Allemands: aTTRAPAGE : Vive discus- 

« Tous les atouts sont dans les ^^ dispute, pugilat. - « La 

mains de l'Allemagne. Elle en femme de Tadjoint se fait rcraar- 

donne et n'en reçoit pas. » (1872). ^^^^ ^„ ^^^ché par ses attrapa- 

ATOUT : Courage. — o Je ne ges avec les vendeuses. » (Paris 

me plains pas. Tu es un cadet comique, 69.) 

qui a de l'atout. » (E. Sue.) ATTRAPER : Faire un dessin 

Môme allusion que ci-dessus; semblable au modèle. Mot à mot: 

seulement elle est retournée, attraper la ressemblance.- «Elle 

L'homme a ici 1 atout dans son ^^^^^-^^ ^^ l'artiste qui m'avait sj 

î^^* bien attrapé et alla pleurer dan» 

ATOUT (avoir de V) : Avoir son sein sur mon indifférence. » 

le poing solide (Colombey.); — (Marx.) 

avoir du courage. (Rabasfe.) ATTRAPER : Critiquer ve.- 

ATTACHE : Liaison galante, tement^ reprocher, injuncr. — 



AUM . — 1 

■ 7ea suis encore à me deman- 
der en quoi cette phrase blesse 
la morale; ceux qui l'ont altra- 
pie, — style de théâtre, — de- 
vraient bien me renKigner là- 
dessus. B (Dumis fils, 66.) 

ATTRAPER (s') :En venirauï 
injures ou aui coups. 

Atlraper t'ognon ; Payer pour 
les autres. 

ATTRAPEUR : Critique acer- 
be.— n Ainsi les atlrapeura, fran- 
cisons le mot, ne pouvant s'en 
prendre à une scène hasardée, 
s'en prirent-ils aux mots, i (Al. 
Dumas fils, 66.) 

ATTRIMER : Prendre. Mot à 
mol : /aire trimer à soi, attirer. 

ATTRIQUER s Acheter. (Vi- 
docq.) — Mot ancien, car Du 
Cange lui donneun vrai pendant 
dans attroiier: vendre. 

AUBER : Somme d'argent. 
(Vidocq.)-Jeu de aiol&.— Maille 
se disait jadis d'une petite mon- 
naie et d'un anneau de haubert 
(coite de mailles). — Au point de 

vue militaire, l'au^er était donc 
la réunion d'un certain nombre 
de mailles. V. Fouillouse, CItéite. 
— « Il a de l'aubcrt : il a de l.i 
fortune, a (Rabasse.) 

AUMONE (voler à I') : Voler 
chez un bijoutier en faisant éta- 
ler chez lui de menus objets et 
en plaçant ceux qu'on peut dé- 
tourner dans la main de fdui 
mendiants arrtifs à la porte et 
auxquels on semble taire l'uu- 
roAoe. Ce genre est pratiqua par 
des femmes mise* avec élégance. 

AUMONIER : Voleur à l'au- 
nidu«. V. ci' dessus. 



AUTAN : Grenier. (V'dorq.l— 
Du vieux mot htattain : £lev£ — 
Le grenier occupe le haut de la 

AUTEUR 1 Pire.-Motà mot; 
auteur de mes jours. — i II est 
impossible de voir un auteur 
(pire) plus chicocandaid. i (Th. 
Gautier.) — « Il n'est pas de no- 
tre monde, mais mon auteur a 
la rage d'inviter des familles de 
marchands. » (Du Boisgobey.) 

AUTOR (d') : D'autorité. — 
Abréviation. — Un coup d'aulor 
et d'achar est irrésistible. On 
joint d'ordinaire ces deux mots. 
V. A char. Liquide. 

AUTOR (jouer d') : Jouer d'au- 
torité, sans demander des cartes. 
— e Ahl vous jouez d'autor ! ~ 
Yes, d'autor et d'achar. > (Boué 
de ViUiers.) 

AUTRE (]') : Napoléon I-, 
c'esl-i-dire l'autre souverain. 
Usité sous LouisXVIII.-uM. de 
Saint Robert était, du temps de 
VAutre, officier supérieur dans 
un régiment de la vieille. ■ 
(Couailhac.) 

AUTRE COTÉ (femme de l'): 
Les étudiants appellent ainsi les 
loreiies habitant la rive droite, 
c'est-à-dire l'autre côti de la 
Seine. — « C'est Annetle. C'est 
une femme de l'autre cAté. • 
{Les Étudiants, 6o.) V. Gof- 
treax. 

AUVERPIN 1 Auvergnat. — 
Changement de finale.— " Est-ce 
qu'il n'y a pas, dans ce quartier, 
un brave Auvcrpin qui a fait des 
aflalres? ■ (Privai d'Anglemont.) 

AUXILIAIRE 1 Détenu faisant 
les fonctions de domestique. — 



AVA 



— 21 — 



AZO 



t L'auxiliai re est rhomme de mé- 
nage du prisonnier politique. Il 
fait son lit, Maye la cellule et 
yide ce qu'il J « à vider, i (G. 
Guillemot.) 

AVALE-TOUT-CRU : Voleur 
de diamants. V, Détourne, 

AVALÉ LE PÉPIN (avoir) : 
Devenir enceinte. (Delvau.) — 
Allusion à la pomme qui causa 
la première faute d*Ève. 

AVALER LE LURON : Com- 
munier. (Colombey.) — Allusion 
à U forme ronde de Thostie. 

AVALER SA CUILLER, SA 
FOURCHETTE, SA LANGUE, 
SA GAFFE: Mourir.— L'homme 
qui meurt ne mange, ne parle et 
ne navigue plus. — Le dernier 
terme a été trouvé, comme on 
s'en doute, par un marin. 

AVALER SON POUSSIN : Être 
congédié. — Mot à mot : être re- 
poussé, 

AVALOIR : Gosier. (Vidocq.) 
— La fonction est prise ici pour 
la chose. — • c Quand vous rin- 
cez votre avaloir, vous êtes prié 
de quitter le comptoir. » (La 
Maison du lapin blanc, 58.) Cail- 
lot, dans son Dictionnaire pro- 
verbial {2g), écrit avaloire (gorge, 
gosier), et donne cet exemple, 
sans préciser la source : c Je le 
vois. Quelle avaloire \^ {Théâtre 
italien,) 

AVANCÉ : Voulant le progrès 
quand même.— «Il se distinguait 
par des idées avancées. 1 (Ville- 
mot.) 

On dit aussi ; Cest un avancé, 

AVANTAGES, AVANT- 
CŒUR, AVANT-MAIN, AVANT- 
SCÈNES : Seins. — Quadruple 



allusion à leur saillie, k leur 
avancement naturel. •* « De l'a- 
vant-main, petite bouche et lè- 
vres de carmin. » (A. BeloL) — 
c N*étouffons-nous pas un petit 
brin? lui dit-il en mettant la 
main sur le haut du buse ; les 
avant-cœur sont bien pressés, 
maman.» (Balzac.)— « C*est trop 
petit ici : la société y sera comme 
les avantages de madame dans 
son corset. » (Villemot.) 

AVERGOT : Œuf. (Vidocq.) 

AVOINE (donner de V) : Fouet- 
ter un cheval. (Delvau.)— Ironie. 

AVOIR A LA BONNE, AVOIR 
CELUI, AVOIR DANS LE VEN- 
TRE, AVOIR DU BEURRE, DU 
CHIEN, etc., etc. V. Bonne, Ce- 
lui, Ventre, Beurre, Chien, etc. 
Le verbe Avoi** nous a paru ici 
l'accessoire et non le principal. 

AVOIR RIEN DU COTÉ GAU- 
CHE (n'). N'avoir rien sous le 
téton gauche : Manquer de cœur, 
n'avoir pas de cœur. — « Les 
femmes n'ont plus rien du côté 
gauche, du coton tout au plus. » 
(L.-Ci. Jacques, 68.) 

AZOR : Sac d'infanterie.— Son 
pelage lui a fait donner le nom 
de chien. — « Le mauvais drôle 
avait vendu son havre-sac, qu'il 
appelait son Azor. » (Vidal, 33.) 
— c Lorsqu'il s'est agi de mettre 
Azor sur les épaules, j'ai cru 
qu'on l'avait bourré de cailloux. » 
(Commentaires de Loriot.) 

A cheval sur A!(or : Sac au 
dos. — Un fantassin en route du 
qu'il part à cheval sur A^or, 

AZOR : Chien.— On dit : Ma- 
dame et son Azor, quand même 
il s'appellerait ae tout autre nom. 



BAB 



— 22 — 



BAC 



«ellement celui-là s^est répandu, 
»ans doute à cause du succès de 
l'ancien opéra de Grétry, Zémire 
tt A\or. 

AZOR (appeler) : Siffler un 
acteur sans plus de (eiçon qu'un 
chien. •* « Dites donc, madame 



iSaint-Phar, il me semble qu'on 
appelle Azor. » (Couailhac.) 

AZTÈQUE : Petit et chétif 
comme cette peuplade de l'an- 
cienne Amérique.— c Péreire m*a 
fermé la porte au nez. C'est ua 
Azt^ue« » (About.) 



B 



BABILLARD : Confesseur. (Vi- 
docq.) — Allusion aux efforts 
persuasifs des aumôniers de pri- 
son. 

BABILLARD, BABILLARDE, 
BABILLE : Livre, lettre. — Le 
dernier mot est une abréviation. 
Comparaison de leur lecture au 
babillage d'une personne qui 
cause sans s'arrêter. — « Ma lar- 
gue part pour Versailles aux 
pieJs de Sa Majesté; elle lui 
fonce un babillard pour me faire 
défourailler. » (Vidocq.) 

BABILLER : Lire. (Vidocq.)- 
Méme comparaison. 

BAC : Baccarat.— Abréviation. 
— « La musique n'arrivant pas, 
on a taillé un petit bac pour 
prendre patience. » (A. Second.) 

BACCHANTES (les) : Les fa- 
voris, la barbe. (Rabasse.) 

BACHASSE : Galère. — Aug- 
mentatif de bac : bateau. — « En 
bâchasse, tu pégrenneras jus- 
qu'au jourdudécarcment. » (Vi* 
docq.) 

BACHE : Enjeu. V. Bachot- 
teur, 

BACHI-BOUZOUCK : Soldat 
irrégulier. — Mot turc francisé 



depuis la guerre de Crimée où 
l'armée turque comptait beau- 
coup de bachi-bouzoucks. — «c Le 
Pays, le bachi-bouzouck de l'ar- 
mée impériale, est bonapartiste 
par conviction. » (Figaro ^ yb.) 

BACHO : Cette abréviation de 
bachelier désigne indifférem- 
ment : I* le bachelier. On di(, je 
suis bacho. a* L*examen du bac- 
calauréat. On dit : il prépare son 
bacho t il passe son bacho. 3» L'as- 
pirant bachelier. 4* L'école pré- 
paratoire au baccalauréat. V. Po^ 
tasser, Cornichon, 

BACHOTTER : Escroquer au 
jeu de billard. 

BACHOTTEUR : Filou chargé 
du rôle de compère dans une 
partiç de billard à quatre, il rè- 
gle la partie, tient les enjeux ou 
bachei et paraît couvrir la dupe 
de sa protection. Les deux au- 
tres grecs sont l'emporteur, chargé 
de lier conversation et la bête qui 
fait exprès de perdre au début 
pour l'allécher. (Vidocq.) 

BACKER. V. Bookmaker. 

BACLER : Fermer.— (Vidocq.) 
— Vieux mot. 

BACON : Pourceau. (Idem.)— 



BAD — a 

Vieux mot encore uiîti dans nos 
campagnes de l'Est. 

BADERNE (*)ellle) : Personne 
qut n'est plu* bonne â rien.— Ce 
terme nous vient de la marine où 
badernt se dit d'une sorte de 
paillasson fait de TÎeoi cor- 
dages. 

BADIGEONNER (se) : Segar- 
der eicessiTement ta figure. Mot 
à mot ; se badigeonner comme 
un mur. 

DAniNOUISTE, BADIN 
GOUIN : Bonapartiste. — t Li 
reporter d'une feuille non moin! 
badingoulne qu'hystirlque. : 
(ruM-ram, 75.) — Du sobriquet 
de BadingMt, [Badingat par 
abri».) donné à Napol(ion III dU 
le début de l'Empire. Bai^nguet 
«lait, paraît-i], le maçon 
blouse duquel le prince 1 
■a prison de Ham. Quoi qu'il en 
soit, ce sobriquet devint fort po- 
pulaire.Sion s'en servait par iro- 
nie dans l'opposition, on l'em- 
ployai t s ans malice dans le peuple 
etdans l'armée. En i870,lors de In 
démonstration qu'on fit surSar- 
rebruck, je demandai» à un sol- 
dat resté en gare de Saint-Avold 
si l'empereur était à Forbach : 
«Oui, dit-il tout naturellement 
Badinguet est arrivé. ■ —V. Ca- 
pitutard. 

BADOUll.T-ARD î * Pour être 
badouillard, Il fallait passer trois 
ou quatre nuits an bal, déjeuner 
toute la journëe et courir en cos- 
tume de masque dans tous les 
cafés du qusnler Latin jusqu'à 
minuit. » (Privât d'Anglemont.' 
—Le badouillard fut de modedi 
18404 18S0. 
BADUUILLE 1 Mari qu) t 



BAG 

liiisse mener par ta femme. (J. 
Cboux.) 

BADOOILLER i Faire le ba- 
douillard. 

BADOUILLERIE ; Art de ba- 
douiller. — (La badouillerie est 
mort des société» de tempé- 
rance. ■ (44, Catéchiime ^it- 
sard.) 

BAFRE (mettre une) : Donner 
un soufflet. (Rabasse.) 

BAGATELLES DE LA POR- 
ri£: Parade dcsiin<!B A faire en- 
trer le public dans une baraque 
de saltimbanque. — Déaigne 
aussi : toute chose accessoire 
donnée comme insignifiante i 
càté de celle qui doit suivre. — 
I Samuier aux bagatellei de la 
porte; c'est regsrder les parades 
d'un polichinelle, s (Caillot, 19.) 
V. Postiche. 

BAGOU, BAGOULT : Verve, 

faconde, volubilité extrême.— Du 

vieux mot bagoulei; parler. L'an- 

catslan a bagol : babil, ba 

vardage. En Provençal, on dit 

bagout. 

Nos différents auteurs nes'ac- 

irdent guire aur la aigniflcation 

précise de ce mot. i» Nodier 

' ,ns le bagou une s lan- 



e factici 



t le s. 



à former des phrases com- 
posées de mot» étonnés d'être 
ensemble et qui ne présentent 
Bucune espèce de sens. » — a* Il 
est défini ainsi par Balzac : « Ce 
mot (bagou), qui désignait au- 
trefois l'esprit de repartie stéréo- 
typée, a été détrôné par le mot 
blague. B - 3' M. Francisque 
Michel se contente de dite : 
■ Bagou: bavardage, jactance, n 
— 4> Auguste Lucbet paraît Cira 



BAH — a 

de fa*!* de Nodier dini cet exem- 
ple: < Tout un argot «ifiD, tout 
un bagou barbare et TieuzmCine 
i BobÎDO. ■ (Lucbct.) 

BAGOU ; Nom propre. (Vî- 
docq.) 

BAGUE : Nom propre. Vi- 
docq.) — Abréviation de tagou. 

BAHUT j Petit logement. — 
c Et moi je ne lui paye peut-£tre 
pas son bahut, à Milieu Quoi 
qu'elle a a te plaindre? ■ (Mon- 
lelet.) 

BAHUT : Pension, inslitution 
académique. - i Je te croyais au 
bahut Rabourdon. Jamais j'au- 
rais pensé qu' t'étais devenu po- 
tache. El Furet, as-lu de ses nou- 
velles? en v'Ik un babuteur. Il a 
bit la moilié des bahuts au Ma- 
rais et une douzaine au mains 
dana la banlieue, s (LeM Iratitu- 
tions de Paris, 58.) V. Potautr. 

BAHUT PATERNEL ! Quel- 
ques fil* de famille disent, par 
extension : le tahul paternel, en 
parlant du logis de leurs aideurt. 

BAHUT SPÉCIAL : École spé- 
ciale militaire de Saint-Cyr. — 
a L'ÉcoiedeSaint-Cyr'.j'ai le bon- 
heur d'élce admis à ce bahut 
(p^cial. * (L.a Câssagne.) 

BAHUTÉ : Ceci est bahulé : 
Ceci a le cMe troupier (digne du 
bahut spécial). 

BAHUTER : Faire Upage. 
Terme propre aux élèves de 
SaInt-Cyr. 

BAHUTEUR i Tapageur. — 
Vient du vieux mot bahutier. — 
■ Quand un homme Tait plus de 
bruit que de besogne, on dii 
qu'il fait comme les bahutiers. 
Car, en effet, leabahuticrs,apris 



BAI 

:ogné un clou, donnent 

irs coups de marteau inu- 

int d'en cogner un autre.> 

(P. Le Roux, 1718.) —c Cette 

écorce rude et sauvage qui allait 

btûiuteur de Saint-Cyr. ■ (La 

Barre.) 

BAHUTEUR: Écolier nomade, 

lureur de pensions ou bahuts. 

BAIGNEUSE : Chapeau de 
femme. — Du nom d'une coif- 
fure k la mode vers la fin du siè- 
cle dernier. 

BAIN DE PIED : Excédant de 
liquide versé pour faire bonne 
~ '' déborde et fait pren* 
drc à la tasse ou au verre un 
bain de pied dans la soucoupe. 
De li le mot. 

BAIN DE PIED (prendre un) : 
Être déporté i Cayenne. 

BAISSIER : Homme spéculant 
à la Bourse aur la baisse des 
fonds publics. — « Les baissiers 
ont fait répandre le bruit que 
M. Thiers est très-souffi-ant. > 
(Liberté, 7 juin 71.) — i Voici 
opèrent les baisaiers. 

dent desquantités plus ou moins 
considérables, suivant le crédit 
dont ils peuvent disposer. Or, 
plus une marchandise est ofTerie, 
plut son cours baisic. Quand 
îet actions tant descendues à un 
court inférieur à celui auquel ils 
les ont vendues, ils les rachètent 
et gagnent ainsi la différence. > 
(Calemard de Lalâyette.) 

BAITE : Maison. — c iorne et 
sorguc, tu poisseras boucart balte 
chenument. > (Vidocq.) 

BALADE : FIAnerie, prome- 



BAL 



— 25 — 



BAL 



nade. — On dit : être en balade, 
faire une balade. 

BALADER : Chercher, choi- 
sir. (Colombey.) 

BALADER (ae), ÊTRE EN 
BALADE : Flâner. — Du vieux 
mot baler : se divertir— «Je suis 
venu me balader sur le trottoir 
où j'attends Mille. » (Monselet.) 

BALADER : Choisir, cher* 
cher. (Vidocq.) — Même racine. 
Le choix comportç toujours un 
déplacement. 

BALADEUR, BALADEUSE : 
Fainéant, coureuse. — « Elle t'a 
trahi sans te trahir. C'est une 
baladeuse, et voilà tout. » (G. de 
Nerval.) 

BALADEUSE : Voituredc bim- 
belotier forain. Elle court sans 
cesse la campagne. 

BALAI : Gendarme. (Vidocq.) 
— On appelle de même raclette 
une ronde de police; elle racle 
comme la gendarmerie balaie. 

BALAI (donner du) : Mettre 
quelqu'un à la porte. Le Diction- 
naire de P. Leroux (i7i8)adans 
le même sens : donne* du manche 
à balai, 

BALANCEMENT : Renvoi. — 
« Le conducteur de diligence ap- 
pelle son renvoi de l'administra- 
tion un balancement, i (J. Htl- 
pert, 1841.) 

BALANCER : Berner quel- 
qu'un, lui faire perdre son temps. 
Mot à mot : lui conter des ba- 
lançoires, V. ce mot. 

BALANCER : Jeter au loin. — 
On sait que l'action de balancer 
imprime plus de force à une pro- 
jection. V. Litrer, Escrache, 



BALANCER, ENVOYER A 
LA BALANÇOIRE : Congédier, 
renvoyer. — c J'ai conservé pro- 
visoirement les anciens employés; 
quand ils auront formé les pa- 
triotes, nous les balancerons. » 
(Delahodde, i85o.) — « Elle m'a 
traité de mufle. Alors il faut la 
balancer. » (Monselet.) — v Là- 
dessus v'ià mon Chinois qui se 
fâche... Je l'envoie à la balan- 
çoire. » (Idem.) 

On dit aussi exbalancer, — 
« Je vais les payer et les exbalan- 
cer à la porte. » (Vidal, i833.) 

BALANCER SON CHIFFON 
ROUGE : Parler. Mot à mot : 
remuer la langue. 

BALANCER SA CANNE : Vo- 
ler, se mettre à voler. Mot à mot : 
rompre son ban. V. Canne. 

BALANCER SES CHASSES : 
Regarder à droite et à gauche. 
V. Chasses. 

BALANCER SA LARGUE : 
Quitter sa maîtresse. 

BALANCER SES HALÈNES : 
Cesser de voler, jeter ses outils 
de voleur. V. Halène. 

BALANCER UNE LAZAGNE : 
Adresser une lettre. V. Laiçagne. 

BALANCIER (faire le) : At- 
tendre quelqu'un. (Rabasse.) 

BALANÇOIR, BALANÇON : 
Barreau de fenêtre. (Vidocq.) 

BALANÇOIRE (envoyer à la). 
V. Balancer, 

BALANÇOIRE : Mystification. 
— (1 Le rappel des acteurs est de- 
venu une mauvaise plaisanterie 
et dégénère en véritable balan« 
çoire. » (De Jallais, 1854.) 

BALANÇOIRE t Mensonge, 



BAL — a 

tonte en l'air. — « Non, mon- 
sieur I )« D'aval» pa» faii un ac- 
croc. — C'eal une balançoire ■ 
(P. de Kock.) V. Balancer. 

BALAYER: Se dit des femme* 
qui marchent aana relever une 
jupe longue, formant queue et 
balajant le terrain. 

BAl.AYI'^USE : Femme mar- 
chant comme ci-desaua. — f « Te 
verta-t on auconcertdeï Cbampi- 
Elysie» ( Il y a en ce moment une 
collection de balayeuaes. » (E- 
Villara.) 

BALAYEUSE : Longue redin- 
gote balayant la terre. — a Une re- 
dingote noisette, dite balayeuse, 
dont la jupe drapée en tuyaux 
d'orgue, ondoyait à chaque mou- 
vement, a (Vitlemessant.) 

BALLE i Tête. — Comme 
boule et coloquinte, balle fait 
allusion à la rondeur de la Ifle, 
— a Tu fais bien ta tfte. Eai-cs 
i]ue ma balle ne te va pas i dit-il 
à la maîtresse du cheralier. s 
(Macaire, i833.} 

Bonne balle : T£te ridicule. 

Rude balle : T£te énergique, 
caraciécisée. 

Balle iTamour i Jolie figure. 
<Vidocq.; 

BALLE : Franc. — Allusion a 
la Forme ronde d'une pièce de 
monnaie. ~ a Je les ai payées 
300 francs. — Deux cents balles, 
fichlre ! B (De Concourt.) 

BALt.E (être rond comme) ': 
Avoir bu et mangé avec excès. 
V. Rond. 

BALLE DE COTON : Coups 
de poing. — Allusion aux gants 
rembourrés des boxeurs. — « Il 
lui allonge sa balle de coton, 



i- BAL 

donc qu'il lui relive le nez et lui 
crève un œil. ■ (La CorreclioH~ 
telle, 1841.) 

BALLON : Derrière. — Enlever 
le ballon ; donner un coup de 
pied au derrière. ~ a Inutile de 
faire remarquer l'analogie qu'il 
y a ici entre la panie du corps 
ainsi désignée et une peau gou- 
flée de vent qu'on relève du 
pied.» - (Fr. Michel.) 

BALLON : a Ce mot est du 
domaine de la' chorégraphie. Le 
ballon consiste à s'enlever de 
terre avec une grande vigueurde 
jarrets, età retomber mollement 
et avec grâce sur les poinies, si 
c'est possible; madame Mon- 
lessu est un des premiers ballons 
connus, s (J. Duflot, iH65.) 

Bien que l'image présentée ici 
paraisse être celle d'un ballon 
s'élevantdu sol, c'est dans la lé- 
gèreté tradition nelle de M. et 
M" Ballon, célèbres danseurs de 
ballet sous Louis XIV, qu'il faut 
chercher l'origine du mot. Un 
Dictionnaire de la dansi du siècle 
dernier le constate bien avant 
des aérostats. 



BALLON (se donner, se pous- 
ser du| : Porter une crinoline 
d'envergure exagérée, foire bal- 
lonner sa jupe. 

BALLON (se licher du) : S'en- 
fuir avec la vitesse d'un aérostat. 
— u Tu te la casses, il se pousse 
de l'air ou il se Uche du ballon, 
nous fendons noire équerre ou 
nous affilions nos pincettes, voua 
vous déguisez en cerf ou vous 
graissez le tourniquet, ils pin- 
cuDl leurlélégraphe ou ils accro- 
chent leur tender. i (Villars.) 
BALOCHARD, BALOCHEUR» 



tmit U gaictf du peuple ; (l'eu 
KouTTier ■(nritoel, ÏDKMicîanI, 
tap^eur, qui trAne i la bw- 
rifae. > (T. Delonl.) V. BtUochtr. 



BALOCHAi»' t fVnaanaBe 
de '"'.dfiL — Ctett «ne va- 
riété du ehieard, itcc un feuue 
Mbtact pour catgne. A la mode 
comme laide 1840! i85o. 

BALOCHER : ■ C'est quelque 
chose de plui que flâner. C'est 
l'actÎTité de U patesse, l'inaou- 
ciance avec ud petit verre dini 
la tCle. > (T- Delord.) — Augmen- 
tatir du Tieus mol baler : se di- 

BALOCHER : S'occuper d'af- 
&irca véreuse*. (Vidocq.) 

BALOCHEUR, BALO- 
CHEUSE. V. BaJoefcw<f. 

BALOUF ! Très-fort. — « La 
saionnade roule à balouf. » (lU- 

BALTHAZAR : Repis plantu- 
reux. — Allusion su fameux 
repas biblique. — i Je vais me 
donner une bosse et iîlîrc un 
ballhttjar intime. > (Murger]. 

■ Maria. Ahl Toilà le tul- 
lA(tT<irqui arrive. 

— EoU. Comment appelez- 
f ous (a } 

— Mar!a. Un ballhaiar... el 

— £afe. Moi, j'appelle ;■ un 
déjeuner , tout bonnement. > 
(Barritre.) 

BALUCHON : Paquet. (Vi- 



, ^ BAH 

doeq) Mot à mot ; fUàt Wlot. 

V. P » V Êm p ». 

BAHBAM : Pewonne *• p«î«« 
taille, aux membrea nooéa. ^ 
Abriviatioa redoublée de kiw^ 
erockt : mchiùque, — ■ Jtalrt» 
chei Dinah, jolie p»le brune 
un peu banbxn. ■ (Caeste M»- 
gador.l 

BANCAL î Sabre courbe. — 
Mlvnoa aux jambe* trquies du 
h^e^, — ■ Voilà M. GranRer 
qui apporte Je bancal. • (G«- 
imi.) 

BANCO, BANCOT, BANQt'O 
jhire) : Tenir tout l'agent placé 
par le banquier devant lui. — 
Terme de lansquenet, — • Cer- 
tains joueurs arrivent avec dlK 
louis; ilsfontdesidnco de centr 
deux cents, trois cents louis. > 
(A. Karr.) - 



dit à M. de Maucroix 
qu^il faisait baacot sur parole. 
(Dui "' ■ " " ■--*-• 



ils, U Demi-Monde.) 



BANDE (coller soua) : Acculer 
dans une situation difficile. — 
Terme de billard. — ■ Oui, nou» 
voiia collés sous bande. Ah 1 
nouh nous sommes bien blou- 
sés. ■ CL. de Neuville.] 

BANDE NOIRE : Association 
occulte de spéculateurs réunis 
dans le but de morceler et vendre 
en détail de grandes propriétés. 
— I Alors la bande noire ache- 
taitvos palais pour les revendre 
au détail. > {Rienji, i8aS.) 

BANNIÈRE (être en) ; N'avoir 
qu'une chemise flottante pour rt- 




BANQUE : 
vricn imprimeiiTi. V. &M. 

BANQUE (ém de la) : Etre 
d'accord pour eaccoquer. (lU- 
baue.) 

BANQUE (Elire la) : AUJdter 
k client. Terme emfAojé par les 
camektis Teadanl sur la mie pa- 

BANQUE (lâire une) : Ima- 
giner une ruse pour duper. (Co- 
lomb^.) 

BANQUETTE : Menwn. 
(Vidocq.) -- U taiUie du menton 
forme ta efièt banquette au bas 
<lu viaagf . 

BANQUISTE ; Faiieurdc baa- 
ques, ullimbjnquï. — « Adieu, 
z'agrcabk's banqujstes, je n' peux 
plus frayer avec vous. ■(Fesieau.) 

BANQUO. V. Bmca. 

BAPTÊME (se mettre (ur let 
fonts du) : Se mettre dans l'em- 
barras. — • Nous ne voulons 
enquiller chez aucun tapissier, 
<.'eii Bc meure sur le* fonts du 
baptême. • (Vidocq .) — En argot, 
parrain reut dire tfmoin i 
charge. On s'expose donc au par- 

du baptême. V. Parrain. 

BAQUET DE SCIENCE : Ba- 

2uel de cordonnier. — a Elle a 
ti débarbouillée dans le baquet 



BAQLXT [NSOf.ENT : B 



BASANT Ruisseau. (CofeM»- 
BARAQIDE 1 



raque, <ba d£s i 
■ne coupent le r^tu ymur mOa 
diner. > (HaroD-^iot HtLûrc, 
t&^l.) — ■ Ik T 1 ioajtemfs que 



Est-ce une bonac 
raqtie. > (H. IVeiid, i&(7.) 

BaRBAUDIER 
(Vidocq.)— Pmtri 



BARBE (awMr de U barbe) 



BARBE ipreQ.it= U), AVOIR 
SON EXTRAIT DE BARBE : 
S'eiiivr«r. i La Saint-Jean 

d'hiver, Il Sainl-Ie^n à'iU, la 
Sdiat Jean-Porie-Laiiof^ k mo- 
ment qui «ommcD^c ifs *eillfe*, 
ci:lui qui les voit finir, sont au- 
tant d'époquŒ où (pour leacom- 
posileurt d'imprimerie) ileilin- 
ji^penïabie Je prendre Ea barbe ■ 
(Ladimir.) — • L'un d'entre eui, 
qui avait déjA son extrait de 
barbe, chancelle. ■ (Moisand, 
ili4i.) 

BARBEROT : Barbier. (Vi- 
docq.) — Dimin. de barbier. 



BAR 



— 19 — 



BAS 



BARBET (le) : Le diable. <- 
• Mon clier cunerhidie, me Toilà 
enfin décarré, par la grâce da 
mek oa da barbet. » (Rabasse.) 

BARBICHE : Large bouquet 
de poib coorrant et dépassant le 
menton. — m. En ce temps-là, 
Boudefier, lieutenant aux dra- 
gons, et possesseur d'une taille 
de guêpe et d'une barbiche 
sojeuse. » (Marx.) 

BARBICHON : Moine. (Colom- 
bej.) Allusion à sa barbe. 

BARBILLON , BAR BOXE , 
BARBEAU : Souteneur de filles. 
V. Mac. 

BARBISTE : Elève ou ancien 
élève de l'institut de Sainte Barbe. 

— « Jurez, Lexoviens, Barbistes, 
Moinillons et Ludovicistes, vous 
viendrez célébrer en frères les 
haricots de Montaigu. » (Léger, 
1819.) 

BARBOT : Canard. (Vidocq.) 

— Il barbote volontiers. 

BARBOT : Vol. — Allusion à 
Faction des doigts, fouillant dans 
une poche, comme le bec du 
canard barbote dans un trou. — 
« Je fis le bar bot et je m'em- 
parai de quelques pièces de vingt 
et quarante francs. » (Canler.) 

BARBOTE : Fouille des pri- 
sonniers avant leur incarcéra- 
tion. 

BARBOTER : Voler. (Vidocq.) 
Mot à mot ; faire le barbot. ^ 
« Tous deux en brav's nous bar- 
botions, d*or et d'billct nous 
trouvons un million, w (Paillet.) 

BARBOTER : Fouiller. (Ra- 
basse.) 

BARBOTEUR ; Voleur, 1 



BARBOTIER : (;uichetier; tt 
fût la l«rM»des détenus. 

BARBUE : Plume. (Vidocq ) 
Allosioii à sa barbe. V. iirgiie- 



BARON DE LA CRASSE : Sa 
dit d'un homme mal bâti, habillé 
ridiculement, et qui se donne 
des manières de cour. (Caillot, 
1819.) 

Poisson a fait une pièce inti* 
tulée le Bûrtm de la Crmse. 

BARONIFIER : Donner le titre 
de baron. On peut appliquer à 
la formation de ce mot nouveau 
la remarque que nous avons laite 
à propos d'tfrcAt. t D*Aldrigger 
fut alors baronifié par S. M. Tem- 
pereur. » (Balzac.) 

BARRE : Aiguille. (Vidocq.) 

— Ironie. 

BARRE : Comparaison des mâ- 
choires aux barres de cheval. — 
« Ne compte que sur le liquide 
pourjte rafraîchir les barres, cava- 
lièrement parlant. > (A. Lecomte, 
61.) 

BARRER : Rompre , cesser 
une affaire. (Rabasse.) 

BARTHOLO : Surveillant, 
vieux et jaloux. — Surnom dû au 
succès du Barbier de Séville, 
pièce où le tuteur incommode se 
nomme Bartholo. — «c Nos mon- 
daines Parisiennes. . . pourront 
défier ensuite les Bartholo les 
plus adroits. • (Figaro, 75.) 

BAS BLEU : Femme auteur, 
ou affichant des goûts littéraires. 

— Anglicanisme. — Au siècle 
dernier, lady Montague, dont le 
salon était des plus littéraires, 
aurait déclaré que les touristes 
pouvaient s'y présenter en tentia 



BAS — 3o — BAS 

de Yoyiige et en bas bleus. Selon BASANE : Peau humaine. — 

d'autres, elle portait elle-même Animalisme. 

des bas bleus, ce qui iui aurait g^gE : Derrière. - Ne se dit 

valu, de la part d un amant con- ^ ,^ .,,.^ . ^ s »•• 

cédié leDoetePoDe lesobriauet ^"? ^^^ homme assis, car s'il 

geaie le poète f ope, le soDriquei ^^^.^ ^^^^^ l'allusion ne serait 

de blue stocking, bas bleu. — ^..^ :.,„»:<;xl -, i «„ u 

,, 1 j j- 1 .^ plus iustinee. — « Les brusques 

« Voyez-la donc dans la rue, îl^., ' ^„«»« j. i.*-:_ «^i-wa 

^ ^.* ^ I • ^ mouvements de ranimai qui 

trottinant les coudes serrés con- «^„„^«* a^^^^u^^* „^*-^ u 

, , -Il 1 .A. u * 1 ^ souvent ecorchent votre base. » 

tre la taille, la tête haute, le re- .. , ^^^^^^ «/;. v 

j. . ^' •. ^ * (A. Lecomte. looi.) 

gardbaissé, un manuscrit sortant ^ ' ' 

de son cabas; voyez dans cette BASE (se porter sur la) : 

vieille chaussure ce bas qui se S'aligner. — Abréviation de : se 

déroule; est-ce un bas bleu ? C'est porter sur la base de l'alignement, 

un bas sale! Tope là! vous avez —«Prenez un pinceau et poitez- 

l'origine du mot. C'est la grande vous sur la base, » dit un briga- 

habitude des femmes de lettres dier de semaine aux hommes 

de ne jamais s'occuper de ces désignés pour la corvée du ba* 

minces détails de la vie de chaque layage. (Idem .) 

jour. » (Jules Janin.) — a Mo- nAcir i? n»^ u u 

ière les aoDelait les femmes sa- ^^^ILE : Fourbe hypocrite, 

iiere les appelait les femmes sa- calomniateur. — Du nom d'un 

vantes, nous les avons nommées ^^^„^„„«„^j., o.,..a;^.. ^^ c>£ •!»>. 

u uii - /c o l'ix ptrsonnagQCiu Barbier de SevtUe. 

bas bleus.» (Fr. Soulié.) '^ x^^£ .qj^ ^^ «^ aa • * 

^ ' — « Apres io3o, on se déguisait 

Bas bleu a même droit de cité beaucoup en Basile. » (Privât 
dans des sphères plus hautes, si d'Anglcmont ) — a Son premier 
nous en croyons ces lignes : a La soin sera d'envoyer promener les 
comtesse de Liéven, bas bleu po- Basiles. » (L. Bienvenu.) 
Htique de la plus haute distinc- 
tion. » (H. de Viel-Castel.) PASOURDIR : Assommer. — 

(Vidocq.) — Abrév. d'abasourdir» 

BAS DE BUFFET (vieux) : r.^«,,m RAcciMmoi? i 

Vieille femme à prétentions. B'^SSIN, BASSINOIRE : Im- 

(Delvau.) P°""°- 

Q.e iMf orif u j Allons, vieux bassin, 

15Ab DU CUL : Homme de pe- Avez vous fini vos manières? 
tite taille. 



BAS DU DOS : Postérieur. 



(Becquet, chansons.) 



, BASSINER : Importuner. Mot 

BAS PERCE (être) ; Etre dans à mot : échauffer comme une 

rindigence. — Du temps des eu- bassinoire. — « Il me bassine, 

lottes courtes, un bas percé se cet avoué. » (Labiche.) 

voyait, et il fallait être bien mi- «AcoiMi-ktoi? ^ 

séible pour ne pouvoir payer , BASSIN O RE : Grosse montre 

la ravaudeusc. de cuivre. Moins le manche, elle 

oiire un diminutit assez exact 

BASANE : Amadou. (Colom- de la bassinoire classique. — 

bey.) — L'amadou ressemble « C'était une vénérable montre 

assez à une vieille peau de ba- de famille, dite bassinoire. » 

saoe. (Cham pfleury.) V. Ba5^/n. 



BAT 



- 3i — 



BAT 



BASTRINGUE : Scie à scier le 
fer. (Halbert.) 

BASTRINGUE : Ktuî conique 
en fer d'environ quatre pouces de 
long sur d'tuze lignes de dia- 
mètre, contenant un passe-port, 
de Targent, des ressorts de mon- 
tre dentelés pour scier un barreau 
de fer. (Vidocq.) — Les malfai- 
teurs arrêtés cachent dans leur 
anus cette sorte de nécessaire 
d'armes, qui doit être introduit 
par le gros bout. Faute de cette 
précaution, il remonte dans les 
intestins et finit par causer la 
mort. Un détenu périt il y a quel- 
ques années de cette manière, et 
les journaux ont retenti du nom- 
bre prodigieux d'objets décou- 
verts dans son bastringue, après 
Tautopsie. 

BATAILLE ( chapeau en ) ; 
Chapeau à cornes tombant sur 
chaque oreille. Mis dans le sens 
contraire, il est etï colonne. — 
Terme de manœuv**es militaires. 
— « Les uns portent d'immenses 
chapeaux en bataille, les autres 
de petits chapeaux en colonne. » 
(La Bédol'.icre.) 

BATiSAU : Souliers. — Allu- 
sion de forme. — « Je lui dis : 

ntoine, t'as pris mes bateaux; 
je me jette sur lui et je trouve mes 
souliers. » {La Correctionnelle, 
1841.) Se dit aussi d'un soulier 
énorme. — a 11 chausse aussi 
cette excellente marquise.., ime 
frégate. Eb bien! il 3^ a des jours 
où, ma parole, ce n'est guère plus 
grand qu'un bateau. » (E. Villars.) 

BATEAU (mener en) : Escro- 
quer. 

BATH (du) : ut l'or, de l'ar- 
gent. (Rabasse.) 



BATH : Bon et beau.^— / bré* 
viation de batif : joli. •— c Nou» 
avons fait un lansquenet n peu 
bath cette nuit » (A. Vitu.) 

BATIF, BATIFONNE : Neuf,, 
neuve, joli, jolie. (Vidocq.) — 
De battant avec finale changée. 

BATIR : Etre enceinte. (J» 
Choux.) — Mot à mot : bâtir un 
enfant. 

BATON CREUX : Fusil. (Hal- 
bert.) — ieux mot. — Au moyen 
âge les armes et bouches à feu 
s'app.ïlaient bastons à feu, 

BATON MERDEUX : Homme 
je relations difticiles. -^ Mot à 
mot : homme semblable à un 
bâton merdeux qu'on ne sait par 
quel bout prendre. — c Bâton 
merdeux, homme brusque qui 
repousse tous ceux qui s'adres- 
sent à lui. » (Dhautel.) 

BATOUSE : Toile. (Grandval.> 
— « La batouse à limace est plus- 
chenue aussi. » (Kabasse.) 

BATTAGE : Mensonge. V^ 
Batterie. 

BATTANT : Cœur. (Vidocq. > 
Mot imagé. — Le battant est le 
cœur à son état ordinaire. Il n& 
mérite pas encore le nom de pal^ 
pitant, 

BATTANT, BATTANTE t 
Neuf, neuve. (Idem.) On a con* 
serve l'expression de battant nemf* 

B A ""TANT I Gosier. V Pivots. 
-^ Se pousser aans le battant t 
boire. — Rien dans le battant z 
je suis à jeun. 

BATTANT : Langue. — Allu- 
sion au battant de la cloche. — - 



BAT 



— 32 — 



BAU 



On dit d'une bavarde qu'elle a un 
bon battant. 

BATTANTE : Cloche. Elïe 
bat les heures. — « Hol les amis, 
sept plombes qui crossent à la 
battante d'Elisabeth 1 » {Caté- 
chtsme poissard, 1844.) 

BATTERIE, BATTAGE : 
Mensonge. (Vidocq.) 

BATTEUR : Menteur. (Idem.) 

BATTEUR DE DIG DIG : 
Voleur simulant une attaque d'é- 
pilepsie dans un magasin pour 
que ses compères volent plus à 
Taise. (Colombey.) 

BATTOIR : Main large, main 
de daqueur, sonore comme un 
battoir de blanchisseuse. •* 
«c Dieul la belle tragédienne! 
En avant les battoirs ! » (L. Rey- 
baud.) 

Mais les battoirs du parterre 
Font un tel bruit de tonnerre. 

{Rien\i, 1826.) 

BATTRE : Tromper. (Vidocq.) 

BATTRE L'ANTIFLE : Battre 
le pavé, marcher. V. AntiffCé 

BATTRE L'ENTIF : Espion- 
ner. (Rabasse.) — Forme mo- 
derne du mot précédent. 

BATTRE LE BRIQUET : 
Rapprocher les jambes en mar- 
chant, ce qui produit un frotte- 
ment analogue au battement du 
briquet. 

BATTRE COMTOIS : Jouer le 
rôle de compère. (Colombey.) 

BATTRE COMTOIS, BAT- 
TRE JOB : Faire le niais. (Vi- 
docq.) V. Comtois, Job* 



BATTRE EN DUEL (se) : On 
dit des yeux louches qu'ils se 
battent en duel. — Allusion à 
leur rencontre. — On dit aussi 
de petites portions oflertes sur 
un grand plat, qu'elles se battent 
en duel. — Allusion à Tespace 
sur lequel elles se meuvent par 
trop librement. 

BATTRE LA PAUPIÈRE 
(s'en) ? Ne faire aucun cas d'une 
chose. — C'est un synonyme de 
s'en battre VœiL — « Moustache 
ou barbe, je m*en bats la pau- 
pière... Il faut qu'un homme 
pèse deux cents; s'il ne pèse pas 
deux cents, c'est pas la peine de 
se déranger. » (A. Scholl.) 

BATTRE MORASSE : Crier 
au secours. V. Morasse. 

BATTRE SA FLEMME : Pa- 
resser. V, Flemme» 

BATTRE SON QUART : Rac- 
crocher. V. Quart. 

BAUCHER : Se moquer. (Co- 
lombey.) 

BAUCOTER : Agacer. (Idem.) 

BAUDE : Mal vénérien. (Vi- 
docq.) -^ Du vieux mot baude : 
débauché. — La baude serait 
donc la débauchée, c'est-à-dire le 
mal de la débauche. 

BAUDRU : Fouet. — Du vieux 
mot baudre : qui a fait courroie, 
baudrier, 

BAUGE : Coffre. (Grandval.) 

BAUGE : Ventre. (Colombey.) 
— Animalisme. 

BAUME D'ACIER : Instrument 
de chirurgie. ^ Moyen ironique 
de &ire entendre que tous le& 
baumes du monde ne peuvent 



BAZ 



— 33 - 



BEA 



dispenser d'une opération. — 
c Quant aux dents, si gfltées 
qu'elles soient, il n*est pas de 
dentifrice qui ne leur promette 
de les mettre à l'abri du baume 
d'acier. » {Le NU, journal, août 
1872.) 

BAUSSE, BAUSSERESSE : 
Patron^ patronne. 

BAVARDE : Langue. (Ra- 
basse.) 

BAVAROISE AUX CHOUX : 
Verre d'absinthe et d'orgeat. ~ 
« On nous apporte deux bava- 
roises aux choux. Nous en étouf- 
fons encore deux autres. » (Mon- 
selet.) 

BAVER : Parler. Abréviation 
de bavarder. 

BAYAFE : Pistolet. — C'est 
un vieux mot languedocien qui 
veut dire souffleur. Or, soufflant 
veut dire Viussi pistolet. V. Souf- 
flant. — « On peut remoucher les 
bayafes. Alors le taffetas les fera 
dévider et tortiller la planque où 
est le carie. » (Vidocq.) On dit 
aussi bayafre. 

BAYAFER : Fusiller. (Colom- 
bcy.) 

BAYONNETTE INTELLI- 
GENTE : Garde national et par 
extension militaire s'occupant de 
politique. — Le mot date de 
1848, et a été dans l'origine une 
flatterie maladroite qu'on a ri- 
diculisée. — ce Notre horreur des 
bayonnettes intelligentes est telle 
que nous voudrions... » (Saint- 
Genest, 75.) 

BAZAR : Maison chétive. — 
« Petit bazar entre cour et jar- 
din. » (Labiche.) 



BAZAR se dit aussi par ironie 
d'un établissement quelconque. 

— « Si tu ne veux pas ouvrir ta 
botte, dis-le! Allons chercher un 
autre bazar. » (Cavaillé.) 

BAZAR : Mobilier.— Mot con- 
temporain de notre entrée en 
Afrique. — «J'ai vendu la moitié 
de mon bazar pour payer le mé- 
decin. » (E. Sue.) 

BAZ A ROER : Vendre. — « L'au- 
tre semaine je vous ai encore ba- 
zardé trois pendules, même que 
vous avez été trop rat et que j'ai 
été refait dans le dur. » (Du Bois- 
gobey). 

BEAU : Homme à la mode. — 
cLe ^e^ude l'Empire est toujours 
un homme long et mince, qui 
porte un corset et qui a la croix 
de la Légion d'honneur. » (Bal- 
zac.) 

BEAU (vieux), ex-beau : Vieil 
homme ayant conservé des pré- 
tentions à une grande élégance. 

— c Un vieux chef de division, 
ancien beau, sonne son huis- 
sier. » (Figaro, jS). 

BEAU DU JOUR : Élégant, 
homme à la mode. — Le beau du 
jour reçoit d'autres noms qui 
varient avec le temps. Depuis 
Louis XVI on Ta successivement 
appelé ^efi7-m<if/re, incroyable, 
merveilleux, fashionable, dandy 
mirliflor^ gant Jaune, lion, gan^ 
din, petit crevé, gommeux, etc. 

BEAU FILS. — Jeune beau. 

BEAUCE, BEAUCERESSE : 
Revendeur, revendeuse du mar- 
ché du Temple. 

BEAUSSE : Riche bourgeois. 
(Colombey.) 



BEB 



-34- 



BEC 



BEAUTÉ (la) : Le sexe fémi- 
nin, fût-il aussi laidement repré- 
senté que possible. 

BEAUTÉ DU DIABLE : Se dit 
de la fraîcheur de la jeunesse et 
non de la beauté. Vénus n'y est ici 
pour rien. « Elles ont ce qu'il est 
convenu de nommer la beauté du 
diable, ce qui veut dire de la jeu- 
nesse. » (P. de Kock.) 

BÉBÉ : Poupard. — De l'an- 
glais baby. — Emma arriva au 
sortir du bal de la Porte-Saint- 
Martin, en costume de bébé. » 
{Ces Dames f 1860.) — M. Gus- 
tave Droz a fait un livre inti- 
tulé : Monsieur, Madame et 
Bébé. On adopta ce mot, vers 
1 860, mais il est plus ancien. 

BÉBÉ : Avorton. ~ «Ce bébé 
littéraire et turlupin tragique, n 
(Épitre à l'Empereur, par une 
muse villageoise f 1808, in-8.) Al- 
lusion à Bébé, nain célèbre du 
roi de Lorraine Stanislas (xviii* 
siècle. 

BÉBÉ : Terme d'amitié. Mot à 
mot : petit-fils. — « lih bien, mon 
bébé, je t'avertis que je compte et 
compterai éternellement sur ton 
cœur. Bonjour, mon bon bébé, 
mon ancien et éternel ami. » So- 
phie Arnoulu, Lettre à Bellan- 
ger, 27 février 1793.J 

Voici un exemple plus mo- 
derne qui prouve que, si les 
mots changent, les besoins ne 
changent pas. — « Tu sais, mon 
petit homme, que je n*ai plus un 
sou, et que ton petit bébé ne 
doit pas rester sans espèces. » 
(Ces ^Darnes, 1860.) 

Cn mot dont on nom favorite, 
Mot aux nourrices dérobé, 



Cest (aorait-oa la hubt griM)t 
Conunent ^ va 1 Bonjour, bébé. 

(Fr. de Gourcy.) 

BEC : Bouche. ^ Animalisme. 
— Le mot est de toute antiquité. 
Villon, dans son Testament, parle 
des commères c qui ont le bsc 
affilé. » Dans la ballade des Fem- 
mes de Paris, on retrouve en- 
core : a II n'est bon bec que de 
Paris. » 

Casser, chelinguer du bec : 
avoir mauvaise haleine. 

Fin bec,: gourmand. 

Passer devant le bec : passer 
sans répondre à l'espoir de quel« 
qu'un. — tt II ne sera pas mal 
de profiter du brouillard pour 
leur passer devant le bec. »(L.Des- 
noyers.)Ondit souvent : Cela m'a 
passé devant le bec. 

Rincer le bec : faire boire. 

River le bec : faire taire. 

Taire son bec : se taire. — oc Pour 
lui faire taire son bec, mon hom- 
me s'est vu forcé de jouer du cou- 
teau. A (M. Perrin.) 

Tortiller du bt:c : manger. 

BÉCASSK : Femme maigre et 
guindée comme une bécasse. — 
a. La femme a l'air d'une fameuse 
bécasse. » (Villemot.) 

BÊCHER : Battre, dire du mal. 
— Du vieux mot béchier : frapper 
du bec. — oc Je suis comme je 
suis, c'est pas une raison pour me 
bicher. » (Monselet.) 

BÊCHER, BÊCHEUSE : Médi- 
sant, médisante. 

BÊCHEUR : Mendiant (Ra- 
basse). 

BÊCHEUK : Magistrat chargé 
du ministère public. Mot à mot : 
bêcheur dt prévenu, —a Malgré le 



BEG 



^ 35 - 



BEN 



crachoir de mon parrain, le bê- 
cheur ayant demandé Tapplica- 
tion de la peine, je fus condam- 
né. » {Journ. d'un pris. Maz.) 

BÉCOT : Petit baiser pris du 
bout des lèvres avec la prestesse 
de Poiseau qui donne son coup 
de bec. — « Encore un bécot. » 
(Champfleurjr.) V. Chouette. 

BÉCOTER. : Donner un bé- 
cot. — « Tiens, j'effarouche les 
tourtereaux... On se bécotait ici. » 
(Cormon.) 

On écrit aussi : bécot ter. 

Petit bossu, 
Noir et tortu, 
Qui me bécottes... 
De me baiser finiras-tu ? 

(Béranger.) 

BECQUETER : Manger. Mot à 
mot : travailler du bec. — « Dis 
donc, Boizamort, si nous becque- 
tions une croûte? » (1842, La- 
dimir.) 

BÉDON : Ventre (Rabasse.) 

BÉDOUIN : Dans un volume 
de souvenirs sur 1814, M. Labre- 
tonnière dit en parlant des bisets 
de la garde nationale : « Quel- 
ques gibernes se croisaient avec 
le briquet sur une pacifique re- 
dingote, et constituaient ce que 
nous devions, quinze ans plus 
tard, gratifier du nom de Bé- 
douins, n 

BEFFEUR, BEFFEUSK : Fai- 
seur, faiseuse de dupes. (Colom- 
bey.) 

BÈGUE : Avoine. (Idem.) 

BÉGUIN : P^assion. — Du mot 
béguin : chaperon, coiffure. — 
Allusion semblable à celle qui 
fait appeler coiffée une personne 



éprise. — « Il y a un bel flge que 
je ne pense plus à mon premier 
béguin. » (Monselet.) 

BÉGUIN : Tête. — « Tu y as 
donc tapé sur le béguin. » (Ko- 
bert Macaire, i836.) 

BELETTE : Pièce de 5o cen- 
times. V. Pastille. 

BÉLIER : Mari trompé. (Vî- 
docq.) — Allusion aux cornes 
symboliques du cocuage. 

BELLE(Jouerla): Toutrisqucr 
d'un seul coup. — Deux joueurs 
jouent la belle (partie), lorsque 
après en avoir gagné chacun une^ 
ils conviennent d'en jouer une 
décisive. — Pris souvent au figu- 
ré. 

BELLE (la perdre) : Perdre, 
gain presque assuré. 

BELLE A LA CHANDELLE : 
Laide.— Ironie. La chandelle est 
un triste éclairage. 

BELLE DE NUIT : Raccro- 
cheuse, ne se montrant, comme 
la fleur de ce nom, que pendant 
la nuit. — Se dit aussi d'un vi- 
sage flétri, qui ne brille qu'aux 
lumières. — « La plupart de ces 
belles de nuit ne seraient pas pré- 
sentables au grand jour. » (P. de 
Mairobert, 1776.) 

BÉNEF : Bénéfice. — Abrévia- 
tion. — « Un billet, mon maître, 
moins cher qu'au bureau! Deux 
francs cinquante de bénefl 9 
(A. Second ) 

BÉNISSEUR : Moraliste banal. 
Se dit aussi d'un personnage so- 
lennel saqs nécessité. Il fait hors 
de propos des allocutions atten- 
dries. — « Cet ensemble donne 
au placide vieillard U phy«iono« 



BEO 



— 36 - 



BER 



mie consacrée d'un bénisseur. Le 
langage onctueux complète l'illu- 
sion, r {L'Éciair, 1 872.) 

BENOITON, BENOITONNE. 

— Digne (par l'extravagance de 
sa toilette, de ses mœurs, de ses 
allures) d'être confondu avec les 
types mis en scène par M. Sar- 
dou dans sa Famille Benoîton. 

— tt L'Église et le théatresemblent 
se donner la main pour flétrir 
avec indignation les mœurs benoî 
tonnes. » (Dupeuty, 1866.) - 
« Madame ***, très-connue ar 
les audaces benoîton nés de son 
langage. » Yriarte^ 1866.) 

BENOITONNER : Porter une 
toilette ridicule, c'est-à-di e : à 
la Benoîton. 

Et, le soIfi les gandins sur vos pas i'é- 

touffant. 
Croiront tous, à vous voir ai si Benoi- 

tonnée. 
Que dans la bicherie une autre biche 

est née. 
Et tous, ceux du MOUTARD et ceux 

du MIRLITON, 
Avec leur pince-nez leurs cols de 

carton, 
Et leurs gilets ouv ts sur la blancheur 

du linge, 
Crtront, en se pftmant ; • Quel adora- 
ble singe 1 

[Vie parisienne, 1S66.) 

BENOÏTONNERIE : Genre Be- 
noîton, V. ce mot. 

BÉOTIEN : Béte, inintelligent. 
•^ Dans l'ancienne Grèce^ les Béo- 
tiens passaient pour illettrés. — 
« L'entretien suivant, éminem> 
ment béotien, s*il nous est per- 
mis d'emprunter cette expression 
au très-spirituel écrivain qui l'a 
popularisée, Louis Desnoyers, 
auteur des Béotiens de Paris. » 
E. Sue.) V. Philistin. 



BÉQUILL iRD, BÉQUIL- 
LE UR. — F^ourreau. (Colom- 
bey.) Il vous pendaitàla^^^uiV/i^ 
(potence). 

BÉQUILLE : Potence. (Vi- 
docq.) La potence ressemble à 
une béquille monumentale. 

JÉQUILLER : Pendre, accro- 
cher à la béquille, Y.'Farre. 

BÉQUILLER, BECQUETER. 
Manger. Mot à mot : travailler 
du bec. — « C'est égal, je lui ai 
envoyé un coup de tampon sur le 
mufle qu'il ne pourra ni béquil- 
ler, ni ficher de quinze jours. » 
(T. Gautier). — «On béquille, on 
s'amuse, on s' donne du bon 
temps, on oublie sa misère. » 
(H. Monnier.) 

BÉQUILLEUR : Mangeur. 

BERGÈRE : Dernière carte 
d'un jeu battu. (La bergère mar- 
che derrière son troupeau.) — 
a Le Grec en regardant la ber- 
gère a vu qu'elle ne pouvait lui 
servir. » (Cavaillé.) 

BERIBONO : Nigaud. (Vid.) 

BERLUE: Couverture, (Idem.) 

BERNIQUER : S'en aller pour 
ne plus revenir. Mot à mot : agir 
comme si on disait bernique. Ce 
dernier mot se trouve dan s \e Dic- 
tionnaire de l'Académie. 

BERRY : Capote d'études à 
l'École polytechnique. — « Tou- 
jours plus ou moins culottée, 
veuve d'un certain nombre de 
boutons. ]) (La Bédollière.) 

BERTRAND : Fripon dupé 
par son complice. — Le drame 
populaire de VA uberge des A drets 
a mis ce terme à la mode. — a U 
s'était posé à mon endroit en Ro- 



BET 

bert Macaire, me laissant le rôle 
désobligeant de Gogo ou de Ber- 
trand. » (E. Sue.) 

BESOUILLE : Ceinture., (Co- 
lombey.) 

BÊTE : Escroc. V. Bachot^ 
teur, 

BÊTE A. CORNES : Fourchet- 
te. — Les cornes sont les dents, 
qui étaient au nombre de deux 
dans les anciennes fourchettes. 



BÊTE A DEUX FINS : « Cet 
aimable époux prenait sa bête à 
deux fins (c^t^X. ainsi qu'il nom- 
mait sa canne, parce qu*clle lui 
servait à faire taire et à faire crier 
sa femme.) » (Privât d*Angle- 
mont.) 

BÊTISES (dire des). — Tenir 
des propos grivois. — Passer des 
paroles à l'action, c'est faire des 
bêtises. C'est à ce dernier sens 
que s'applique l'exemple suivant : 
<K Elle est belle, ma Joséphine... 
Mais pas de bêtises ! a vous don- 
nerait du mal ! • {Dernier jour 
d'un condamné,) 

BETTANDER 
lombey.) — On 
tander. 

BETTERAVE : Nez rouge 
comme betterave. — vi llaun wejjr 
ae betterave f c'est-à-dire un gros 
nez, rouge et enluminé. » (Cail- 
lot, 1829.) 

PETTING-BOOK : Livre sur 
lequel en inscrit .les paris de 
courses. (Paz.) Anglicanisme. — 
♦ "Vcus la trouverez inscrivant 
ses paris sur le betting-book 
comme au bal ses valses sur son 
carnet. » (E. Villars, 1866.) 

BETTING-ROOM : Salon ou- 



— 37 — BEU 

veft aux parieurs de courses. 
(Idem ) 

BEFTING'MEN : Parieur. 
(Idem.) V, Cocotterie. 

BEUGLANT : Café chantant. 
— <K Nous allâmes au beuglant, 
c'est-à-dire au café chantant.... 
Vous devez jut^r par le nom 
donné à cet établissement que les 
chants des artistes sont fort peu 

mélodieux. » (Les Étudiants , 
1860.) — «c Des ca boulots de toute 
sorte, des beuglants grands et 
petits. » (Vie parisienne, août 
1868.) 

BEUGNE : Coup violent. — 
Du vieux mot beigne. 



Mendier. (Co- 
dit aussi Bat- 



BEURRE : Argent. — a Pas 
plus de beurre que ça, dit la 
Zoé au major qui lui remet une 
trentaine de francs. » (Jatme fils.) 
V. Graisse, 

Nous vMà dans le cabaret 
A boire du vin clairet^ 
A c't'heure 
Que j'ons du beurre. 

{ChansonSy Avignon, 181 3.| 

BEURRE (au prix où est le) 2 
Par le temps de cherté qui court. 

BEURRE (faire son). — Préle- 
ver un bénéfice illicite. — Le 
terme aurait-il été primitivement 
à l'adresse des cuisinières faisant' 
danser Panse du panier? En tout 
cas, ces gras synonymes s'appli- 
quent volontiers à Targent mal 
acquis. On sait ce que veut dire : 
Se faire graisser la patte. L'ar- 
gent est aussi appelé huile. Deux 
voleurs mettant la main sur un 
riche porte-monnaie, diront : // 
y a gras, — a Un fonctionnaire, 
puni pour avoir fait son beurre 
en prévariquant, trouve souvem 



BEU 



- 38 - 



BIB 



ce même beurre un peu salé. » 
Commerson.) 

BEURRE DANS SES ÉPU 
NARDS (mettre du) ; Augmen- 
ter son bien-être. Car les épi- 
nards sont la mort au beurre, 
chacun sait ça. — a Dans Tespoir 
que l'or étranger mettrait du 
beurre dans les épi nards de la 
famille, Chamouillez père s'était 
payé un paletot de cent francs. » 
(E. d'Hervilly.) 

BEURRE : Chose agréable. — 
« On recevra un coup de canon 
comme on avale un petit verre 
Ce sera un beurre. » (Lockroy.) 
— tt A propos d'une sonate de 
Mozart, ce jugement résumé avec 
tant de grâce : c'est un petit beur- 
re. » (Aubryet.) 

— Beurre en ce sens se prend 
ironiquement parfois: a II ne fai- 
sait pas bon parfois n'être pas de 
son avis. Il vous engueulait que 
c'était un vrai beurre. » (Com- 
merson, 7 5.) 

BEURRE NOIR (œil au) : 
Abréviation de : œil poché au 
beurre noir, dont la paupière est 
noircie de sang extravasé à la 
suite d'un coup. -~ a L'ouvrier a 
un œil au beurre noir; le cocher 
cherche partout un morceau de 
son nez. 9 (Sauger.) 

Terme ancien, Rabelais l'a em- 
ployé : «Il resta toutestourdy et 
meurtry, un œil poché au beurre 
noir. 9 {Pantagruel, liy. IV, 
ch. 12.) 

BEURRE SUR LA TÊTE 
(avoir du) : Être couvert de cri- 
mes. — Allusion à ua proverbe 
hébraïque. iVidocq.) 

BEURRIER : Banquier. (Vi- 



docq.) Mot à mot : marchand d'ar- 
gent (beurre), 

BEZI, BEZIG, BEZIGUE : 
Jeu de cartes. — « Ma femme est 
en train de jouer au bezi... ou 
bezig. u (De Leuven.) — a Au pi- 
quet, au bezigue... je suis homme 
à donner leçon au plus malin. 1» 
(About.) 

BIBARD : Grand buveur. 
(Dhautel.) — <c Par rapport à ces 
vieux bibards d'invalides. » (La 
BédoUière.) 

BIBASSE : Vieille femme. Pour 
birbasse, 

BIBELOT, BIBELOTTER : 
Biblot, bibloter. 

BIBI : Petit chapeau de femme. 

— tt Malaga portait de jolis bi- 
bis. » (Balzac.) 

BIBI : Non d'amitié donné à 
l'ami ou à l'amie dont on est 
coiffé. — p a Paul, mon bibi, j'ai 
bien soif. — Déjà? » (Montépin.) 

— « Encore à boire? — Tiens, 
mon bibi 1 t'as pas mal au 
cœur? » (H. Monnier.) 

BIBI : Fausse clé. 

S'il faut en croire un feuilleton 
publié par M. Hulstein, dans le 
Constitutionnel du mois de sep- 
tembre 1872, bibi aurait détrôné 
monseign ur depuis longtemps. 
« C'était un bout de dialogue re- 
cueilli à la police correctionnelle 
(en 1848 ) 

a Accusé, disait le président, 
au moment de votre arrestation, 
on a surpris sur vous un trous- 
seau de fausses clefs. — Non, ci- 
toyen président. — C'était .donc 
un monseigneur^ '-^ Il n'y a pi as 
de monseigneur^ citoyen prési- 
dent. — Vous comprenez ce que 



BIB 



-39-. 



SIC 



je veux dire; pour employer vo- 
tre langue, i*entends un rossi- 
gnol, — Eh bien ! moi je ne l'en- 
tends pas, le rossignol, sans doute 
parce que je suis en cage. — 
Prenez garde! Trêve de jeux de 
mots; ils sont déplacés ici plus 
qu^ailleurs. Vous savez fort bien 
ce que je veux dire par fausses 
clefs, rossignol, monseigneur? 
— Parfaitement, citoyen prési- 
dent, vous voulez dire^iM.» (H os- 
tein.) 

Nous devons ajouter qu*au mo- 
ment même où paraissait le feuil- 
leton de M. Hostein, les journaux 
judiciaires disaient, en parlant de 
l'arrestation de faux monnayeurs, 
qu'on avait trouvée leur atelier, 
boulevard de Grenelle , un mon- 
seigneur. Donc ntonseigneurn'csi 
pas encore détrôné tout à fait par 

BIBINH: : Cabaret. Mot à mot : 
cabine à biberons, à ivrognes. 

BIBLOT : Objet de fantaisie 
ou curiosité propre à décorer une 
étagère. — l)e bimbclot : jouet 
d'enfant. 

« On nomme biblots, en style 
d*amateur, cet inimaginable amas 
de bronzes, chinoiseries, filigra- 
nes, ivoire, saxe, sèvres, bonbon- 
nières, médaillons, éventails, cas- 
solettes, écaille, laque, nacre, cris- 
tal, jade, lapis, onyx, malachite, 
marcassite, poignards, kangiars, 
bijoux, joujoux, qui doivent né- 
cessairement orner, j'ai voulu 
dire encombrer, les étàgèresd'une 
femme posée dans le monde par 
sa célébrité ou sa beauté. Être 
sans biblot. c'est le dernier degré 
du discrédit et de la honte. Tou- 
tes ces dames du quartier Bréda 
ont du biblot; les danseuses en 



ont; ma portière en possède 
aussi. > (F. Mornand.) 

BIBLOT I Outil (f artisan. 
(Vidocq.) 

BIBLOT ( mon) : Dans la boucha 
d*un soldat, signifie : mop atti- 
rail militaire. 

BIBLOT : Bijou. — « TR»ave- 
moi des dentelles chouettes, et 
donne-moi les plus reluisants bi- 
blots. » (Balzac.) 

BIBLOTKR : Acheter des ob« 
jets de curiosité. 

BIBLOTER : Faire sur f^»itca 
sortes de cHoses de petits béné« 
fices. 

BIBLOTER : Vendre. — 
Venir vendre ses vêtements, s'ap- 
pelait bibelot ter ses frusques ; s'ha- 
biller, se renfrusquiner, 9 ^k^etit 
Journal y i865.) 

BIBLOTER : Arranger ivec 
soin. — a Je me munis d'ij;>e pe- 
tite réclame que j'avais bibelottée 
la veille à propos des toilettes de 
mariées. » (Villemessant.) 

BIBLOTEUR : Collectionneur 
de bibelots; homme qui biblote. 
V. bibloter. 

BIBLOTIER : Qui concerne les 
biblots. — « On compreni que 
le sens artistique et bibIo^^er du 
patient soit un peu émous<*7lié. » 
(A. Marx, yS.) 

BICEPS : Solidité musculaire 
de l'arrière -bras. — Terme scien- 
tifique vulgarisé parlesét\»âiants 
en médecine. — «Monfrèrevjeorge 
a raison. Il faut qu'un valseur ait 
du biceps. » (1866, Vie pari' 
sienne*) 

BICEPS (tater le) : Prendre par 



BID — 40 — 

la flatterie. (i85iy Almanach des 
débiteurs,) 

BICHE : Lorette. — Abrévia- 
tion de biche <t Alger, synonyme 
poli de chameau. — « Une biche, 
il faut bien se servir de cette dé- 
signation, puisqu'elle a conquis 
son droit de cité dans le diction- 
naire de la vie parisienne, se 
trouvait cet été à Bade. » (Figaro, 
i858.) V. Benoitonnée. 

Forte biche : Lorette élégante. 



BIG 



BICHERIE : Monde galant. Mot 
à mot : réunion des biches. — 
c Madame Marguerite V.... de la 
haute bicheriedu quartier d'An> 
tin. » {Les Cocottes, 1864.) V. 
Benoitonnée, 

BICHE, BICHETTE, BI- 
CHON : Mots d'amitié pour cha- 
que sexe. — Bichette est, comme 
biche, la femelle du cerf. Bichon 
se dit d'un petit chien du genre 
havanais. — <c Viens ici, ma biche, 
viens t'asseoir sur mes genoux. » 
(Frémy.) — « Oui, ma bichette, 
oui, mon petitchien-chien. » (Leu- 
ven.) — a Mon bichon, tu seras 
gentil, faudra voir! 9 (Gavarni.) 

BICHON: Souliers à bouf- 
flettcs. — tt J'avais apporté des 
amours de souliers. Prenez nos 
bichons, que je lui dis. » (P. de 
Grandpré.) 

BICHOT : Évéque. (Colom- 
bey.) — Germanisme. — L'évéque 
allemand est un bischoff. 

BIDET : Ficelle transportant 
la correspondance des prisonniers 
enfermés à des étages différents. 
(Vidocq.) C'est leur bidet de 
poste. ' 

B/DOCHË : Viande. (Vidocq.) 



BIDONNER : Boire copieur 
sèment. — Le bidon est un fort 
récipient à liquide. — « Hier, j'ai 
bidonné et ce matin l'avais la 
bouche pâteuse. — Fallait repi- 
quer pour te remettre. » (Ladi- 
mir.) 

BIEN: D'apparence distinguée. 

— « Elle aime à causer, surtout 
avec Usmessieurs 6i>ii.» (P.d'An- 
glemont.) 

BIEN (être) : Être gris. Mot à 
mot : éprouver le bien-être fac- 
tice causé par un commencement 
d'ivresse. — Ironique. 

BIEN MIS : Fashionable. — 
a Ohé! ce bien mis, il vient foire 
sa tête parce qu'il a du linge en 
dessous. » (E. Sue.) 

BIENSÉANT : Derrière. — 
Jeu de mots. — De toutes les 
parties du corps, c'est, en eftet, 
celle sur laquelle on sied bien. 

BIER : Aller. (Vidocq.) Abré- 
viation d'ambier, V. ce mot. 

BIFFER : Manger goulûment. 
(Vidocq.) C'est boujfer avec chan- 
gement de la première syllabe. 

BIFFIN, BIFIN : Chiffonnier. 

— a Ce n'est pas le chiffonnier 
pur sang, c'est celui qui a déchu 
d'une position meilleure. De là 
sans doute le nom de biffin : 
goulu, donné par l'ancien chif- 
fonnier au nouveau venu. » (Pri- 
vât.) -* a J' vois deux bifins et 
leurs femelles. » — (CAâ)i5. 36.) 

BIGARD : Trou. (Vidocq.) 

BIGE, BIGEOT : Dupe (Vi- 
docq.) 

BIGORNE : Argot. - Du vieux 
mot biguer : changer, troquer. 
L'argot n'est qu'un langage 6i- 



BiL 



— .;l — 



filL 



gué, d'où le diminutif bigorne, 
— « Rouscaillons bigorne. Qui 
enterver le saura, à part sézière 
en rira, mais les rupins de la 
vergne ne sont dignes de cela. 
(Vidocq,) V. Jaspiner, 

BIGORNEAU : Soldat de 
marine. — Terme de matelot. 
Comme le petit coquillage de ce 
nom, le soldat de marine reste 
attaché à M côte. 

BIGORNEAU. — Sergent de 
ville. (Halbert.) 

BIGOTTER : Prier. (Vidocq.) 
Mot à mot : faire le bigot. 

BIGRE : Juron lancé dans les 
cas difficiles. Ah! bigre I se dit 
comme ahl diable! C'est une 
forme de bougre! 

BIGREMENT : Superlative- 
ment. Forme de bougrement, — 
« C'est bigrement embêtant, al- 
lez. » (Gavarni.) 

BIJOUTIER. — Marchand d'ar 
lequins. V. Arlequin, 

BIJOUTIER EN CUIR. - 
Savetier. (Colombey) — Ironie. 

BILE (ne pas su faire de) : 
Ne pas se tourmenter. — « Ne 
vous faites pas de bile, elle sera 
heureuse avec moi. > (Marquet.) 

Après r service on peut sans retard... 
Venir chez ses parents, sans s* faire de 

bile 
Savourer une bonne soupe au lard. 

(A. Cahen.) 

Il ne ^e fait pas de bile se dit 
d'un insouciant. 

Il se fait une bile se dit d'une 
personne qui se tourmente con- 
stamment. 

BILLANCHER : Payer comp- 



tant. Mot à mot : donner de la 
bille, 

BILLE, BILLEMONT, BIL- 
LON : Monnaie. Billemont ci Bille 
viennent de billon, — c L*ar« 
gent au Teihple est de la braise, 
nu de la thune, ou de la bille. » 
(Mornand.) — « Nous attendions 
la sorgue, voulant poisser des 
bogues, pour faire du billon. » 
(Vidocq.) V. Attache, FlacuL — 
Sillon se dit toujours pour mon« 
naie de cuivre. 

BILLET A LA CHATRE. — 
Garantie illusoire. 

• Vous connaissez, sans doute, Ta- 
necdote qui a donné naissance à cette 
expression tant répétée. Pour le cas, 
cependant où elle ne serait pas venue 
jusqu'à vous, la voici en deax mots : 
— Le marquis de la Châtre aimait ten- 
drement Ninon. Obligé, par un voyage, 
de la quitter pendant quelque temps, il 
s'était demandé si, pendant l'absence, 
Ninon l'aimerait toujours. Nous ne sa- 
voiis quelle idée le marquis se faisait 
dej'amour et de la fidélité d'une fille 
d'Eve, mats il voulut, pour mettre fin 
à ses anxiétés, que Ninon s'engageât, 
par écrit, à lui rester fidèle. Ninon 
signa, le marquis partit, et... Ninon 
qui n'aimait pas les entr'actes, oublia 
bientôt promesse et signature. Comme 
il était un peu tard quand son billet lui 
revint en mémoire, elle ne put s'em- 
pêcher de s'écrier : Ah! le bon billet 
qu'a la Châtre! C'est depuis ce tempa 
ou plutôt depuis cette histoire, que la 
mot est passé dans la langue. Ayeft 
dans les mains un billet sans valeur^ 
un engagement peu sérieux, et ToR 
dira pour caractériser votre situatloa , 
Le bon billet qu'a la Châtre! • 
(Rozan .} 

« Voilà M. Quarteret tran- 
quille. Il a la parole de M. Mar- 
que. Oh! le bon billet à la Châ* 
tre... » (Éclair, juillet 1872.) 



BIN 



— 42 — 



BIR 



BILLET DE 5oo, BILLET DE 
1000 : Billet de 5oo francs, billet 
de 1,000 francs. — € Te £iut>il 
beaucoup? «- Un billet de cinq 
cents... » (Balxac) — « Les res- 
sources d*une lorette pour ex- 
traire un billet de mâile. » (Idem.) 

BILLET (donner ou ficber 
son) : Certifier. Mot à mot : se 
déclarer prêt à signer un billet 
d'attesution. — « Rienzi ne la go- 
bera jamais que de ma main. Je 
t'en donne mon billet. » (Rienzi, 
parodie, 1826.) — « U ne faut pas 
avoir la goutte aux pattes dans 
votre état. Je vous en fiche mon 
billet. B (Cabarets de Paris, 
1821.) 

Prendre un billet departerre: 
tomber par accident. V. Par- 
terre» 

BINELLE : Faillite. (Vidocq.) 

BINELLELOPHE : Banque- 
route. (Halbert.) 

BINELLIER. -> Banquerou 
tier, (Vidocq.) 

BINETTE : Tête, dans le sens 
de physionomie. -~ On dit sou- 
vent : « Quelle drôle de binette! » 
— a Vous demandez ma tête, 
monsieur le procureur du roi... 
Je regarde votre binetteet )e com- 
prends votre ambition. » Der- 
nier jour d'un condamné.) 

Le Journal des Coiffeurs re- 
venaique ainsi l'origine de ce 
mot : a Binette, le coiffeur du 
roi, ne cédait jamais une de ses 
belles perruques pour moins de 
trois mille livres tournois. Il est 
vrai que ce grand perruquier ne 
te contentait pas de mettre une 
simple petite bande d'implanté 
sur le milieu, et qu'il garnissait 
toute la partie frontale de /ine 



toile de orim, chose qui donnait 
à ses devants de pâmque ût- 
folio une légèreté extraordinaire. 
Aussi, comme les âégants de 
Pé|KK|iie aimaient à parler toi* 
lette, pariaient-Ils souvent de ^f* 
nette (leur perruque), surtout 
lorsqu'elles sortaient de chez le 
grand £ùseur. — Vous avez là 
une bien jolie binette! disait-on 
lorsqu'on voulait complimenter 
quelqu'un sur la beauté de sa 
perruque. Aujourd'hui, et sans 
savoir pourquoi, on dit souvent 
par moquerie : Ohl la drôle de 
binene ! s (Joumai des Coiffeurs,) 
— Nous devons toutefois £ûre 
observer que les exemples justi- 
ficatifs de cette étymologie man- 
quent totalement. En attendant 
qu'on en trouve quelques-uns, 
nous verrions plus volontiers 
dans binette une abréviation de 
bobinette, V. Bobine. 



BINETTE A I-A DES.\STRE : 
Tête du créancier impayé. (i85i, 
Alm nach des Débiteurs.) 

BINOME : Aux laboratoires, 
nous verrons chacun des élèves 
(de rÉcole polytechnique) ma '- 
pu 1er avec un camarade qu'il 
nomme son binôme. » (La Bé- 
dollière.) — Allusion à la signi- 
fication algébrique de binôme : 
quantité composée de deux ter* 
mes. 

^BIQUE ET BOUC : V. 
Etre (en.) 

BIRBADE, BIRBASSE, BIR- 
BE, BIRBETTE, BIRBON : 
Vieux, vieille. — > Italianisme. — 
« Les dames des tables d'hôte 
ont adopté trois mots pour pein- 
dre la vieillesse : a cinquante- 
ci nq ans, c'est un birbon ; à soixan- 



BIS 



-43- 



BLA 



te ans, c'est un birhe; passé ce 
délai £ital, c'est une birbette. On 
ne lui fait plus même les hon- 
neurs du sexe masculin. » (Les- 
pès.) Vidocq donne birbaae : 
vieux, et birbe dabe : grand- 
père. 

BIRBASSERIE : VieiUerie. 
CVidocq.) 

BIRBE : V. Birbade : « Mon- 
sieur le président, tous êtes un 
▼ieux birbe. J'em... la cour, je 
respecte messieurs les jurés. » 
(Dernier jour d'un condamné.) 

BIRLIBI : Jeu de dés tenu 
par des filous dans les foires. (Vi- 
docq.) — C'est Tancien biribi. 

B ISARD : Soufflet. (Vidocq.) 
Mot à root : souffle bise. 

BISCAYE : Bicêtre. —Chan- 
gement de finale. 

BISCHOFF : Mélange de vin 
blanc, de sucre et de citron; la 
recette est. Ton s'en doute, d*ori- 
gine allemande. — « René agite 
le bischofl* avec une cuiller à 
punch. » (Frcmy.) 

BISMARCK : Couleur brune, 
dite auparavant aventurine. Elle 
fut à la mode en France après 
Sadowa, car, ne loublions pas, 
M. de Bismarck eut sous l'Em- 
pire ses admirateurs. ^ c La ba- 
ronne est en bismarck de pied 
en cap. » {Vie parisienne, 1867.) 

BISTOURNÉ : Cor de chasse. 
Allusion aux tours du tuyau. — 
Participe du verbe bistourner : 
tourner, qui se trouve dans le 
dictionnaire de l'Académie. 

BISSER ^ Répéter une se- 
conde fois. — Laxjriisme. — «L'u- 
sage de bisser un co:^plet, un air, 



un finale ne renaonte qu'en vSo. 
Mil* Laguerre mit tant d'expres- 
sion à chanter l'hjmne de PA- 
mour à la première représenta- 
tion d'Écho et Narcisse, de Gluck, 
que le parterre voulut Tentendre 
deux fois. La partie intelligente 
du public eut beau protester con- 
tre cette innovation qui entravait 
l'action en substituant l'acteur au 
personnage, ce fut en vain ; l'u- 
sage du bis fut désormais intro- 
duit sur la scène française. » 
(J. Dufiot.) 

BITUME : Trottoir. — Du 
bitume qui le recouvre ordinai- 
rement. 

BITUME (demoiselle du) : 
Raccrocheuse. V. Cotes en long, 

BITUMK : (fouler, polir le) : 
Aller et venir sur le trottoir. 
V. Asphalte, 

BITUMER : Faire le tr9ttoir. 
(J. Choux.) 

BITURE,BITTURE ! Con- 
sommation copieuse.— Du vieux 
mot boiture: goinfrerie. — c N'as- 
pirons-nous le grand air que pour 
l'ineffable joie d'engloutir impu- 
nément du/^tguefon jusqu'au^- 
bichonnage majeur, \\is{\\i*k pren- 
dre une biture? » (Luchet.) — 
oc Le cortège fait halte pour une 
^lYiire générale. » (La Bédollière.) 
— «Je peux me flatter de m'étre 
donné une biture soignée. » (L. 
Desnoyers.) 

BITURER (se) : Se donner 
une biture. 

BLACKBOULAGE : Refus, 
échec dans une demande d'ad- 
mission. V. Blackbouler, — < Le 
jockey-club devient de plus en 
plus sévère. Le blackboulage wé* 



BLA 



— 44 — 




c Pour icfcser cm dfpaiBr _ 



dit Uadk. Or, locs^^zm ciass- ^ 
dat est icpCMUsé . ca £t q::*^ a ■; 
âé bUckbooilé! Qad aoe sia- 
Ts^! > (G. CliTOiia-^ 

BLAGUE : Aaticfott ce bmc si 
r^)a&du «gnitian. àiï«£0r»e. Au- 
iourdliaî il «quatre 



r !• 



4* mêtMSomge. 

Son étyaiologic a doané 
tièie à bien des oonyecturet. On 
ne peut admettre celk de M. Al> 
bert Monnier, qui, daas un ar- 
ticle du Figjro, tût dériTcr Mj- 
gner du bragmer de Rabelais; ni 
celles de MM. A. Luchet et Fr. 
Michel, qui voient dans tiagme 
une acception figurée de la vessie 
employée par les tumeurs sous le 
même nom. 

11 es| à remarquer que le mot 
bloque pralaque) désigne, dans le 
Dictiommaire de Ménage, les hom- 
mes de mauvaise foi (comme 
Grec : escroc). — M. Littré, qui 
relègue blague et blaguer parmi 
les termes du plus bas langage, 
donne une étymologie gaélique 
beaucoup plus ancienne (Blagh : 
souffler, se vanter.) Malheureu- 
sement, nous manquons jusqu'ici 
des exemples intermédiaires qui 
prouveraient la transmission 
d'une origine si reculée. Voici la 
sériedesexemples certains les plus 
anciens que nous ayons pu re- 
cueillir : 

Le Dictionnaire de Dhautel 
(i8oâ), admet les mots blaguer 
et blagueur avec le triple sens de 
railler, mentir, tenir des discourt 



àMxk le lécît de la 
ke iào9 (V^sge em 
A^ktrid^) z — « Les militaires 
CCS, dît-il. 



Soù Foo a iaît démvr èiagmer^ 



(Steadhali dit dans sa Hi 
lâij (Paxis lâaj; en parlant du 
temps de FEmpire, où il avait 
servi dans rAiminîstratîoo mili- 
taire : — < Cette vanterie ^oiste 
et grossière que iK*as appelions 
Ml^Me parmi les o&ders subal- 
ternes des rqgimentSy y est abso- 
lument inconnue. > 

Un peu après, nous trouvons 
blague avec le même sens en Bel- 
gique et en Champagne. — L'au- 
teur d'un vocabuiàtre IjMgroisdc 
1823, mentionne blague comme 
appartenant au langage local. En- 
fin, on trouve Hack (hâblerie), 
dans le dictionnaire wallon de 
Remade. (Li^, iSiB.) 

De ces divers exemples, et en 
attendant mieux, on peut con- 
clure avec certitude que blague 
était fort usité dans l'armée au 
commencement du siècle, avec le 
seul sens de hâblerie. Nous allons 
voir cette signification se modi- 
fier complètement avec l'exten- 
sion de son usage. 

Voici des exemples pour les 
divers sens de blag9X : 

BLAGUE : Cil jf tfie ordinairo 



BLA 



-43- 



BLA 



— On dit : J'ai fait deux heures 
de blague avec un tel, pour fai 
causé avec un tel. 

BLAGUE : Faconde, verve, 
habileté oratoire. — c Un homme 
d>sprit et de bonnes manières, 
M. le comte de Maussion, adonné 
au mot blague une signification 
que l'usage a consacrée : < l'art 
c de seprésenter sousun jour fa- 
c vorable, de se faire valoir, et 
« d'exploiter pour cela les hom> 
c mes et les choses. » (Luchet.) 

Un homme qui a de la blague 
est un homme doué d'une grande 
facilité d'élocution. 

Avoir la blague du métier : 
faire valoir certaines choses en 
spécialiste consommé. 

// a une fameuse blague : il a 
une grande verve. 

// n*a que la blague : il parle 
bien, mais n'a pas une valeur 
réelle. 

BLAGUE : Plaisanterie, rail- 
lerie. — « Je te trouve du talent, 
là, sans blague! » (De Goncourt.) 
^ a Pas de bêtises , mon vieux , 
blague dans le coin 1 t'es malade.» 
(Monselet.) 

Une blaçue est aussi une œu- 
vre littéraire sans valeur. On dit 
d'un journaliste médiocre : il ne 
fait que des blagues, 

BLAGUE : Mensonge. — c En 
leur faisant avaler toutes sortes 
de blagues. » (L. Huart.) 

BLAGUE A TABAC : Sein fié- 
tri. (Colombey.) 

BLAGUER : Causer. — « Nous 
venons blaguer, » dit Léon de 
Lora à M"* Nourrisson, dans les 
Comédiens sans le savoir, de Bal- 
zac. — € Et à propos de quoi 



choisis-tu ce beau jour pour ve* 
nir ainsi blaguer morale? » (£• 
Sue.) 

BLAGUER : Avoir de la venre. 
— c Enfin elle blague au)0ur« 
d'hui,elle qui ne connaissait rien 
de rien, pas même ce mot-là. » 
I Balzac.) 

BLAGUER : Railler. — c Si 
on te blagLe, fais semblant de 
rire. » (De Goncourt.) — « Ne 
blaguons plus ! » (Cousine Bette, 
Balzac) 

Un homme blagué : un homme 
raillé, berné. 

BLAGUER : Mentir, faire des 
hâbleries. Pour les exemples, 
v. Blague, 

BLAGUEUR, BLAGUEUSE : 
Menteur, menteuse. 

Mais qu'un blagueur me raconte 
Ses faits merveilleux, 

Quand j'en ai plus que mon compte| 
Je lui dis : Mais, mon vieux, 
Je n' coup* pas beaucoup 
Dans c' montage de coup. 

(Aug. Hardy.) 

— oc Mon beau-père, vous n'êtes 
qu'un vieux blagueur! dit Ro- 
bert Macaire au baron de Worms- 
pire; et ils s'embrassent. » (Lu« 
chet.) 

— « En i8i3, deux femmes, 
Pauline la Vache et Louise la 
Blagueuse, enlevèrent 5o,ooo 
francs. » (Vidocq.) 

BLAGUEUR : Railleur. — 
« Il ne pouvait y avoir circons- 
tance si grave qui empêchât ce 
blagueur fini de se livrer à sa 
verve. » (L. Desnoyers.) 

BLAIREAU : Conscrit. — Ani- 



— ^a — 




«Ée. 3 iljt BédcUxère.; 






— cAi- 



ft on. 



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BLA?(C 
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^OHikur. 



BLAMIfo'âQrcfttL)- Êtreca 
Motà 



Bk±es 3Maiiss 





Dcirci par ooc 

c&oqix. — c La rli mocte, fsis 

BLANCUiSSEUR: ATQcat. 
(Cciombef .) fl fcifc raaaa£. 

BLANQUETTE : Argenoerie. 
(Vkkcqj — Mooaaîc biiftrhr 
(GnuulTaL) 

BLANQUETER : Axge&ter. 

BLARO» BLAVARO : Châk. 
Mût à mot : grand moucboir. — 
AugmeriUtif de Blave. 

BLAVE, BLAViN : Mouchoir. 
(Vkkicq.; ~ Uimioutif du vieux 
mot bUi¥e : bleu. — Les mou- 
choirs à carreaux bleus sont en- 
core fort en usage, surtout chez 
tes priseurs. 

BLAVE : Cravate. (Rabasse.) 

BLAVINISTE : Voleur de 
oioucboirf. V. Buiter, Pègrt, 



Bk es ^Ùk ^K à 

Qui ^nsÊS. et 

BLEU : Tcc»>îrr», 

pê&xc — AIIusàQii à ta 
bes seactineacs exjfssrffc 
sur lea 



BLEU (hùlier nxxc) : R^ 



B L E U dn^rs ra^rnuBe du) i 
FsTS irTMgin,.iire et ndîeax oou»- 
me le ciei bèeu s& cooteiaplê par 
les poètes. — « La guene màne 
devient un spect*:ie agrêabky et 
fcm nage dan» le rojaume du 
bleu. B ^. Richard.) 

BLEUE icolèfe) : Colèffe vio- 
lente. — Même allusion que ci- 
dessus. — € La li térature et la 
musique l'ont Êiitenticrdansdes 
colères bleues, b {Vie p>3ruiamc, 
i866.) 

BLOC: Prison. — On y e^ 
bloqué. — c Prenez trois hommes 
et menez cette fille au bloc. » 
(V. Hugo.) 

BLOCKAUS : Schako anciea 



BLOND (beau) : Soleil. (Co- 

lombej.) — Allusion de couleur. 

— Se dit aussi ironiquemeot 

d'hommes qui ne sont ni beaui 

ni blonds. 

BLONDE : Amante, f Blonde 
s'emploie dans ce sent sans dis~ 
linction de la couleur des che- 
veux, car il existe une chanson 
villageoise où, apris avoir ^it 
le portrait d'une brune, l'amou- 
reux aioute qu'il en fera sa 
blonde. 1 (Montiier, i83i, Vo- 
cabulaire jurassien .) 

BLOQUER : Consigner. — 
■ Colonel, c'est que je suis blo- 
qué. — Je vous débloque, b (J. 
Arago, i838.) 

BLOQUER : Vendre, «bnn- 
donner. <Halbert.) V. Abloquir. 

BLOT ! Bon marché. — {Vi- 
docq.) — Corruption de Bloe. Les 
marchés d'objets en Noe sont les 
plus avantageux. 

BLOUSE : Terme du jeu de 
billard. — I On dit qu'on a mis 
quelqu'un dans ta blouse, quand 
on l'a mis en, prison, ou quand 
onl'afaitlomberdansunptége.s 
(Caillot, 1829.) —SeMausereu 
donné avec ce sens par le Dic- 
tionnaire de l'Académie. 

BLQUSIER : V070U. Mot! 
mot : porteur de blouse, 

BOBt: : Montre. — Abrévia- 
tion de bobino. s Bien réussi un 
pjdéau chaniagede t,iJoo francs, 
un bobe et une bride ea fonc. ■ 
(Beauv il tiers.) 

BOBÉCHON ; (s« monter le) ; 
Se passionner. — Comparaison 



BŒU 

de la flsmme du cœur à celle de 
la bougie. (Rabasse.) 

BOBINE : Figura — Du vieui 
mot bobe : moue, grimace. 

BOBiNO: Montre. (Vidocq.) 

BOBOSSE : Bossu, bossue. 

BOC, BOCARD, BOCSON : 
Cabaret mal fam£, maison de 
prostitution. Du vieux mot to- 
que, bouc. Le bouc était l'etn- 
Mèrne de la luxure et des que- 
relles. On disait jadis So^er pour 
fiapper. — i Montron, ouvre ta 
lourde, si tu veux que j'aboule 
et pbncê en ton bocson. ■ (Vi- 
docq.) 

BOCAL : Petit appartement 
— Il Voyons si le susdit bocal est 
toujours i louer. » (Honléptn.) 

BOCAL ! Estomac. — a Au 
reslnurant, le bohème dît qu'il 
va se ^titnli le Docal. »{Lespia.) 

Dans les deux sens, l'allusion 
s'eiplique d'elle-même, et les lo- 
gements parisiens contânuenlde 

BOCARD 1 CaK. — BOCARD 
PANNE : Petit café, {Petit die- 
tiomiaii-e d'argot, iS^.)Y. Boc. 

BOCARD: Lupanar. (Colom' 
bey.) V, Boe. 

BOCARI : Beaucaire. (Colom- 
be}'.) — Interversion de 11. 

BOCHE : Libertin, manvAis 
sujet (Delvau.) 

BOCK : Verre de Ulre. — 
Germanisme. 

BŒUF: Monstrueux , aussi > 
énorme qu'un bauf. — s Regarde 
donc la débutante. Quel troc 
bceuf! Elle va se trouver maL > 
{Ces peUles Dames.) 



BOG 



-48- 



BOt 



BŒUF (c'est) : Cest chic. — 
Dans le vocabulaire de Técole de 
Saint-Cyr. 

BŒUF (être le) : — Travailler 
pour une chose qui ne rapporte 
rien. — Allusion aux travaux de 
labourage du bœuf^ On dit de 
même : se donner une peine de 
cheval, — Lors de Tenvoi de M. le 
général Le Bœuf pour la remise 
de la Vénétie aux Italiens, on fit 
ces quatre vers par allusion au 
rôle plus que désintéressé de la 
France. Ils ont été donnés par 
M. Jules Richard dans sa chro- 
nique de V Époque y i866-: 

• 

Grâce au ciel 1 de Venise on règle les 
affaires. 

Ahl vraiment! Là-dessus que savez- 
vous de neuf? 

Eh bien 1 Ton reçoit là-bas des com- 
missaires . 

Et naturellement le Français est Le 
Bœuf. 

BŒUF (se mettre dans le) : 
Tomber dans une situation mi- 
sérable. — Allusion au bouilli 
qui représente Tordinaire des 
cuisines modestes, -r- On lit dans 
une mazarinade de 1649 : 

Auprès de la Bastille 

Monsieur Elbeuf 
Dans sa pauvre famille 

Mange du bœuf, 
' Tandis que Guénégaud 

Est à gogo 

BŒUF (avoir son) : Être en 
colère. ^ 

BOFFETTE ; Soufflet. (Co- 
lombey.) Du vieux mot buffet. 

BOG, BOGUE : Montre. 
V. Toquante, Butter. Litrer, 
Billon, 

BOGUE D'ORIENT : Montre 
d'or. (Rabasse.) 



BOGUE EN PLATRE, EN 
JONC : Montre d'argent, d'or. 
— Allusions de couleurs. 

BObMiSTE: Horloger. 

BOHÈME : a La Bohème se 
compose de jeunes gens, tous 
âgés de plus de vingt ans, mais 
qui n'en ont pas trente, tous 
hommes de génie en leur genre, 
peu connus encore, mais qui se 
feront connaître , et qui seront 
alors des gens fort distingués... 
Tous les genres de capacité, d*es« 
prit, y sont représentés... Ce mot 
de bohème vous dit tout. La bo- 
hème n'a rien et vit de ce qu'elle 
a. » (Balzac.) 

La citation suivante est le cor- 
tifde cette définition optimiste : 
ce La bohème, c'est le stage de la 
vie artistique, c'est la préface de 
l'Académie, de THotel-Dieu ou de 
la Morgue... La bohème n'existe 
et n'est possible qu'à Paris. » 
(Murger.) 

BOHÈME : Personnage fai- 
sant partie de la Bohème. — a Tu 
n'es plus un bohème du moment 
que je t'attache à ma fortune, i» 
(E. Augier.) — Comme on voit, 
le bohème du jour n'a de com- 
mun que le nom avec celui de 
Callot. Saint-Simon a connu l'ac- 
ception fantaisiste du mot. 

roi RE (faire) : frapper, bat- 
tre. (Rabasse.) 

BOIRE DU LAIT : Savourer 
une impression flatteuse.— «Cela 
s'appelle boire du lait, quand on 
lit de ces choses-là sur soi-même.» 
(Yriarte.) 

BOIS POURRI : Amadou. — 
Le bois p)urn en fait parfois 
loffice. 



BOL 



— 49 — 



BON 



BOIS TORTU : Vigne (Vi- 
docq.) — Abréviation expliquée 
par cet exemple. 

...Aussi le JQS du bois torta 
Sera mo:i but toute ma vie. 
(Ballard, Parodies bachiques, 17 14) 

BOÎSàONNER : Boire avec 
excès. (Dhautel.) — « Dites donc, 
voisin, on a un peu boissonné 
chez vous hierf » (Gavarni.) 

BOITE : Logement mesquin. 

BOITE : Mauvais établisse- 
ment. — « Je conseillerais à mon- 
sieur d'aller achever de souper 
au restaurant en face. Monsieur 
s'est adressé à une pure boite. » 
(Claretie.) V. Ba:(ar, 

BOITE, BOITON : Voiture. 
— a Les gentils hommes et les 
gentilles femmes qui se piquent 
de parler Targot des quartiers 
neufs demandent leur boîte 1 ça 
veutdire leur voiture.» (A.Vitu.) 

BOITE A, AUX DOMINOS : 
Cercueil. Mot à mot : boîte à met- 
tre les 08 (dominos). — a Toi, à 
vingt-cinq ans, tu seras dans la 
grande boîte à dominos, n (Petit 
Journal f 1866.) 

« Puisqu'on va l'un après l'au- 
tre dans la boîte aux dominos. 1» 
(E. Aubry.) 

BOITE A PANDORE.^ Boîte 
de cire molle pour prendre des 
empreintes de serrure. (Colom- 
bey.) — Cest d'une mythologie 
bien raffinée pour des voleurs. 

BOITE AU LAIT : Sein. 
(J. Choux.) Mot créé sans doute 
pour les nourrices. 

BOITEUX D'UNE CHASSE : 
Borgne. (Colombey.) V, Chasse, 

BOLIVAR : Chapeau évasé, 



dont la forme nouvelle en 1820, 
prit le nom de ce héros populaire. 

— « Le front couvert de son bo- 
livar. » (Cabarets de Paris, i8a i .) 
V. Morillo, 

BOMBE : c Mesure de vin par- 
ticulière nen classée. Elle repré- 
sente un demi-litre. » (Figaro, 
1867.) 

BOMBE : Entremets glacé. — 
Allusion à sa forme ronde. 

BON : Bon apôtre, hypocrite. 

— a Vous n'êtes bons! vous... 
N'allons, vous n'avez fait vos 
farces! » (Balzac.) 

BON (mon) : Terme d'amitié. 

— Abréviation de mon bon ami, 

— « Nettoyé, mon bon, nettoyé! » 
(E. V. Villars.) — On dit aussi 
cher bon , ce qui est encore plus 
prétentieux. 

BON : Pour un agent de police, 
un homme bon est bon à arrêter. 

BON (être le) : Être arrêté et 
coupable. (Rabasse.) 

BON (c'est un): C'est un homme 
solide à toute épreuve.. — a Ce 
sont des bons. Ils feront désor- 
mais le service avec vous. 9 
(Chenu.) 

BON (il est). ^11 est amusant, 
il est comique. 

BONS (être dés) : Avoir bonne 
chance. 

BONBONNIÈRE A FILOUS : 
Omnibus. (Colombey.) 

BONDE : Mal vénérien. (Hal- 
bert.) — Pour Baude, V. ce mot. 

BON-DIEU : Sabre-poignard. 
-^ Allusion à la croix figurée par 
la lame et la poignée. 

BON DIEU (il n'y a pas de)t 



Moi à root : il n'y a pii de bon 
Dieu qui puisse l'empfcher. 



BON MOTIF :.Vou« Ml 
pas ce que c'est que le bon mo- 
tif? — Ahl vous voulez dire un 
mariage? — PrÉcisSnent. • (Aj- 
CBrd.) 



BON PREMIER, Bon deroier: 
— s Arriva bon dernier est un( 
expression ironique emploj'fe 



arriva bon premier, qui se dit dL 

cheval vainqueur quand il ade- 
yaacé de beaucoup 

BONHOMME : Saint. (Vidocq.) 
— Allusion aux statuettes chi 
gies de le représenter. 

BONHOMME (mon) -. Mot 
d'amitif. — 11 est souvent protec- 
teur. — I Oui, mon bonbomme, 
s'écria le loup de mer, )'ai fait 
une fois le tour du monde, n 
(A. Ma».} 

BONHOMMH: : Personnage 
sans conséquence et bon pour 
une petite spécialité. —Allusion 
aux petits bonihommes de bois 
que l'enfonce tripote i soa gré. 
— s. Son directeur était enchan- 
té... Il avait enfin trouvé un bon- 
homme. ■ (Clareiie.) 

BONICARO, BONICARDE 
Vieux, vieille. (Halbert.) — Di 
Bonigue. 



BONIMENT : Discours per- 
suasif, destiné i froKir t'audileur 
ou l'auditoire. — « Vous vous 
arrêtez devant un magasin lors- 
débile son petit boniment Vous 
filei aussitôt. ■ (Figaro.) 

BONIMENT : Annonce de 
laltimbanqtie. V. Poaticke. 

BONIQUE : Vieillard. (Co- 
lombey.) 

BONIR, BONHIR : Avertir, 
aairmer,dire.V.5«r>>ir,ParTaÛl, 
Criblage, Girojte. 

BONJOUR (voleur ati), 
BONJOURIEN, BONJOU- 

R I E R ; « Voleur s'in traduisant 
de grand matin dans les mai- 
sons où les bonnes laissent les 
portes enir'ouvcrtes et dans les 
hôtels garnis dont les localai- 
rcs ne ferment pas leurs cham- 
bres, n (Canler.) — Allusion à 
l'heure matinale choisie par le 
voleur; il vous souhaite en quel- 
que sorte le bonjour. — u Le bon- 
gourien qui s'introduit le malin 
chez vous pour voler votre mon- 
tre, s (Ph. Chasles.) —h Des vo- 
leurs au bonjour ou bonjouriers, 
d i ts a u ssï cheval i ers g ri m pa n ts, se 
divisent en plusieurs classes..., 
celle des donneurs de bonjour 
exploite spécialement les hâteis 
garnie. ■ (Le Paravolear, 1816.} 
— Le hODJourier exploite aussi 
les logée de concierge; il a tou- 
jours un second qui lait le gucu 

11 y a aussi des boojauriirei. 
V. Marner. 

BONNE : Bonne histoire, 
bonne charge. V. Mauvaise. — 
1 Ah ! par exemple, ta v'Ià une 
bonne. * (Cormon.) 



BON — 

BONNE (être 1 la) : Être alm<, 
être an mieux. (Rabasse.) 

BONNE (être de h> : Arolr 
bonne chance. 

BONNE [être en ses): Être 
bien diipoi& Mot à mot : être 
en M» bonnes heures. — « Vous 
ne povîez à heure Tenir plus 
oportune... Nostre maistre est 
en ses bonnes. Nous ferons tao- 
tosl bonne chire. i (Rabelais, 
Fantagnul, li*. IV, ch. la.) — 
On voit que le root est ancien. 

BONNE (prendre ou avoir à 
la) : Prendre en bonne amiii^. 
— aJencrembroquequeteiigue, 
et si tu me prends à la bonne, 
eu m'allumeras bientdt caner. > 
(Vidocq.) 

BONNE AMIE : Mallreiae. — 
«J'appris dernièrement, vers trois 
heures de l'apris-raidij que ma 
bonne amie me trompait aveoun 
officier de cavalerie. > (Marx.) 

BONNE^RACE : Toile dans 
laquelle les tailleurs enveloppent 
les habits. — o I^ concierge de 
l'hôtel • vu CroîBnl traverser la 

son bras, t {La Correctionnrile.) 

BONNET DE COTON : Ar- 
riéra, mesquin. — La gent porte- 
flanelle et bohnet de coton. — 
(A. Barthet.) 

BONNET DE NUIT : Homme 
triste et silencieux. 

BONNbTblUR : • Industriel 
tenant atix foires de campagne 
uadeces jeux de carte* auxquels 
on ne gagne jamais. » (Vidocq.) 

BONNIR : Din. V. Mous- 
tiqne. 

BONSHOMMES t Cinquis 



, _ BOS 

d'écolier, dessin. —«H eouTre se» 
cahiers de bonshommes. > (Rol- 
land.) 

BOOKMAKER : Industriel 
recevant les paris sur les champs 

d'un livre de paris de course, 
(en anglais book.) — » Aux der- 
nières courses on ■ arrêté plu- 
sieurs bookmakers. » (P. Jfoni- 
uur, 1875.) 

BORDEAUX (Petit) : Cigare 
de la manufacture de Bordeaux. 



n O R D É E, absence illégale. 

— Tcrmedemarinequifitd'abord 
allusion aux conditions dans les- 
quelles les équipages Tont 1 terra 
par bordt'es. — ■ C'est un bravo 
^ar(on qui ne boit jamaiselquî 
n'est pas homme i tirer une bor- 
ddede<ruls;ours.><Vidal, i833.> 

— s Les joies et tribulations de la 
bordie qu'ils ont courue. » — 
(Phys. du Matelot 1843.) 

n Quant au troisième c'est un 
remplaçant, i) e*t pratique, mais 
vaillant et lorsqu'on t'a mis 1 la 
salle de police pour une bordée, 
on l'en f;tii sortir car it se bat si 
bien.! (Billet du duc d'Aumate à 
M. Odier i({6a, Figan du 3o 
janvier 76.) 

BORGNE: Derrière. — La. 
comparaison n'a pas besoi n d'JtT« 
expliquée. — ■ V'Ià moi que je 
me retourne et que j' 11 fais bai- 
ser, sauf votre respect... mon 
gros visage. .. Ce qui a lait dire 
aux mauvaises langue» qu'il ■ iu 
mon borgne. > [R^tjf, 1783.) 

BOSCO, BOSCOT, B05- 
COTTE : - Petit homme, pe- 



BOT 



— 52 - 



BOU 



tite femme contrefaits, bossus. » 
(Dhautel.) — a Et ta portière 
qui me demande toujours où je 
vais!... Je Fabomine, c'te vieille 
bosco-là. » (H. Monnier.) 

BOSSE : Excès de boire et de 
manger. — Allusion à la bosse 
formée par la réplétion du ventre. 
— - On trouve bosse dans le Dic- 
tionnaire de Dhautel, 1808. — 
«Douze cents francs, allons-nous 
nous en faire des bosses ! » (Vi- 
dal, i832.) 

Se donner une bosse de rire : 
'rire immodérément. 

BOSSE (rouler sa) : Che 
miner. 

N0U8 roulons notre bosse 
Dans un beau carrosse. 

(Decourcelle, i832.) 

BOSSE (tomber sur la) : Tom 
ber sur quelqu'un, l'attaquer par 
derrière. — Bosse est ici synonyme 
dé dos. — « Je te tombe sur la 
bosse, je te tanne le casaquin. » 
(Paillet.) 

BOSSMAR : Bossu. (Vidocq.) 
— Changement de finale. 

BOSSOIRS : Seins. — Terme 
de marine. 

BOTTE DE NEUF JOURS : 
Botte percée. Mot à mot : voyant 
le jour par neuf trous. — Jeu de 
mots. 

BOTTER : Convenir : Mot à 
mot : aller comme une botte 
faite à votre pied. — « Alors, si 
vous le permettez, j*aurai l'hon- 
neur de vous envoyer ma voi 
ture à onze heures. — Ça me 
botte. » (Gavarni.) — « Bien que 
peu causeur^ je l'avais assez botté 



pour qu'il me contât ses nom- 
breuses campagnes, d (Marx.) 

BOUBANE : Perruque. (Vi- 
docq.) — Du vieux mot bouban : 
luxe, étalage. 

BO UC : Mari trompé. (Vi- 
docq.) — Allusion de cornes. 

BOUCAN : Vacarme. — De 
bouc. Cet animal querelleur était 
l'emblème des disputes. — ce Faire 
boucan : faire un tapage affreux 
en se réjouissant. » (Dhautel, 
1808.) — « Ils vont faire du bou- 
can, et la garde viendra. » (Vi- 
dal.) 

BOUCANADE : Corruption à 
prix d'argent d'un juge ou d'un 
témoin. 

Coquer la boucanade : corrom- 
pre. Mot à mot : donner pour 
boire : En Espagne, la bouca^ 
nade est une gorgée du vin ren- 
ferifié, selon l'usage, dans une 
peau de bouc. 

BOUCANER : Sentir le bouc, 
puer. 

BOUCARD : Boutique. V. 
Baite, Esquinteur, 

BOUCARDIER, BOU- 
C A R N I E R : « Voleurs dévali- 
sant les boutiques à l'aide d'un 
pégriot ou gamin voleur, qui s'y 
cache à l'heure de la fermeture, 
et qui vient leur ouvrir. » (Can- 
1er.) 

BOUCHE L*CEIL : Pièce de 
cinq, dix ou vingt francs dans 
l'areot des filles oui font allu- 



BOUCHE-TROU : Rédacteur 
ou article dont la prose n*est 
bonne que dans les cas de néces 



BOU 



- 53 - 



BOU 



site absolue. — « S. voyant qu'on 
avait placé très-mal un de ses 
articles dans la Revue, dit au ré- 
dacteur en chef : « En vérité, 
monsieur, me prenez- vous pour 
un bouche-trou. » (Mirecourt, 
i855.) 

BOUCHK-TROU : Acteur 
iouant les utilités. 

BOUCHER : Médecin. (H»l- 
bert.) — Ce serait plutôt le chi- 
rurgien. 

BOUCHER UN Tr<OU : Don- 
ner un à-compte. (i85i, Aima- 
nach des Débiteurs,) 

BOUCHON : Bourse. (Vi- 
docq.) — Corruption du mot pou- 
chon (pochon, poche), qui avait 
la même signification. 

BOUCHON : Qualité, genre. 
Allusion au bouchon cacheté des 
vieux vins. — On a dit par ex- 
tension : Ceci est d'un bouchon , 
comme ceci est d*un bon tonneau. 

BOUCLER : Fermer. — « Il 
fait frisquet. — Bouclez donc la 
lourde, hein. » {Dernier Jour d'un 
condamné,) 

Le mot est déjà vieux. « Si de 
mal encontre, n*estoient tous les 
trous fermez, clous (clos) et bou- 
clez, » dit Panurge, au commen- 
cement du chap. IX, livre 3, de 
Pantagruel. (Rabelais.) 

BOUCLER (se faire) : Se faire 
enfermer, emprisonner. ( Ra- 
basse.) 

BOUDER AUX DOMINOS : 
Avoir des dents de moins. (Hal- 
bert.) 

BOUDER A LA qESOGNE : 
Ne pas travailler. 

BOUDER AU FEU : Reculer 
devant l'ennemi. 



BOUDIN : Verrou. — Allusion 
à la forme des verrous ronds qui 
ferment les grandes portes. 

BOLDIN : Estomac. — « Puis- 
que tu en avais plein le boudin.» 
(Monselet.) 

BOUDINKR : Dessiner sans 
modeler comme il le faudrait, 
foire par exemple des doigts ou 
des bras ronds et unis comme 
des boudins. 

BOUFFARDE : Pipe. — AUu- 
sion aux bouffées de tabac qui 
s'en échappent. 

Je tiens à toi, mon doax tendron, 

Comme an rapin 
A la bouflarde qu'il culotte. 

(Gommerson.) 



Fumer. 



BOUFFARDKR 

(Halbert.) 

BOUFFER : Manger avec ex- 
cès. Mot à mot : se rendre bouffi 
de nourriture. 

BOUGIE : Canne. — Allusion 
de forme. — Elle éclaire aussi la 
marche de ceux qui n'y voient 
pas. 

BOUGIE GRASSE: Chandelle. 
— Ironique. 

BOUGON, BOUGONNE: 
Grognon, grognonne. — On dit 
dans ce dernier sens : madame 
Bougon. Du vieux mot : bouquer, 
gronder. 

Car toujours madame Bougon 

Fait carillon, 

Et le torchon 
Di\.lc en tout temps dans ma pauvre 
maison. 

[Les vrais Rigolos, almanach chan- 
tant pour 1869.} 



BOU 



-54- 



BOU 



liOCGRE : Mot à noter comme 
ajrant perdu sa portée antiphy- 
siqae. Ce n'est plus qu'un syno- 
uyme de garçon. On dit : un 
mauvais bougre, un bon bougre. 
— « Lorsque nous aurons ici un 
millier de bons bougres, nous 
tiendrons la queue de la poêle. » 
(Delahodde, i85o.) — V. Gro- 
gvuord. 

BOUGREMENT : Très. — 
Pris en bonne comme en mau- 
vaise part. 

BOUILLANTE : Soupe. 
(Halbert.) — Les soldats donnent 
aussi ce nom à la soupe qu'ils 
mangent deux fois par jour. Rien 
de mieux choisi que cette appel- 
lation dans le temps où elle était 
servie dans des gamelles à cinq 
ou six hommes; car celui d'en- 
tre eux qui aurait attendu qu'elle 
refroidît risquait de n'en point 
manger. La soupe est aussi ap- 
pelée mouillante^ 

BOUILLON : Restaurant où 
on peut borner sa consommation 
à une tasse de bouillon de 20 
centimes. — c Vous avez mani- 
festé votre horreur pour les éta- 
blissements que vous appelez des 
bouillons. » \A propos des cali- 
cots, 1861.) 

Les bouillons ne datent pas de 
1860. Une vingtaine d'années 
avant, un prédécesseur de Duval 
avait fondé à Paris des bouillons 
hollandais f mais il fut moins 
heureux. 

BOUILLON :« Mot en usage 
dans la librairie pour peindre une 
ofjëration fiineste. » (Balzac.) — 
« Cesont eux qui ont bu le bouil- 
lon que yt destinaia à mon li- 
braire. Je croyais le ruiner et je 



Taî enrichL > {Biographie det 
Quarante f 1826.) 

BOUILLON : Exemplaires 
non vendus d'un livre ou d'un 
journal, c — On appelle rendre 
le bouillon f en style de vente,, 
rapporter au journal les numéros 
qu'on n'a pu vendre, et que l'ad- 
ministration vous reprend. » 
(Vallès, 1866.) 

BOUILLON : Désastre finan- 
cier. — « Il a bu un fameux 
bouillon : il a k\l une perte con* 
sidérable. » (Dhautel, 1808.) — 
a La liquidation fut si complète 
qu'elle se changea en un parfait 
bouillon. » (Philippon, 1840.) 
— Le métier est rude à la Bourse, 
sans parler des soucis et des 
bouillons. » (Mornand.) 

BOUILLON : Pluie torren- 
tielle. — a II va tomber du bouil- 
lon, pour dire une averse. » — 
(Dhautel, 1808.) — «Je sais ce 
que c'est qu'un bouillon, j'allons 
être inondé. » (Désaugiers.) 

BOUILLON (boire le) ; Mou- 
rir.—- Allusion au dernier bouil- 
lon que boit un noyé. — « Ce 
n'est pas la peine que vous es- 
sayiez de vous sauver, vous boi- 
rez le bouillon comme nous. » 
(Éclair, 23 juin 1872.) 

BOUILLON AVEUGLE : 
Bouillon sans graisse. Mot à 
mot : sans yeux. 

BOUILLON D'ONZE HEU- 
RES : Noyade, empoisonnement. 

BOUILLON DE CANARD ; 
Eau. 

Jamais mon gosier oe se mouille 
Avec du bouiUou de canard. (Daièa.) 



BOU 



- 55 - 



BOU 



BOUILLON POINTU : Uve- 
ment. — Double allusion à sa ca- 
nule et à son contenu. — « Dieu \ 
qu'est-ce que je sens? — L'apo- 
thicaire, ^ujj^nf sa pointe : C'est 
le bouillon pointu. > {Parodie de 
Zaïre.) 

Le meilleur looch et le meillear topique, 
Cest on bouillon pointu. (Festeau.) 

BOUILLON POINTU : Coup 
de baïonnette. — « Toi, tes Co- 
saques et tous tes confrères, nous 
te ferons boire un bouillon poin- 
tu. « (La3rale, i855.) 

BOUIS : Fouet. (Halbert.) 

BOUISBOUIS : Marionnette. 
Onomatopée imitant le cri de 
Polichinelle. — «Le Téritable 
magicien est celui qui ensecrète 
les bouisbouis. » (Privât d*An- 
glemont.) 

BOUISBOUIS : Petit théâtre, 
tripot. — De bouis : cloaque, 
maison de boue, (Dhautel.) — 
c Le bouis-bouis est le café-con- 
cert qui a pour montre un espa- 
lier de femmes. Le théâtre qui 
en étale est un bouis-bouis. » 
(1861, A. Daunay.) 

M. Th. Gautier écrit bouig- 
bouig, — « Ces tréteaux sans pré- 
tention qu'on nomme des bouigs- 
bouigs dans un nom peu acadé- 
mique maisqui finira parprendre 
place au Dictionnaire. » (Th. Gau- 
tier.) 

BOUISER : Fouetter. (Hal- 
bert.) 

BOULANGER : Diable. fVi- 
docq.) — Ironie de couleur. II est 
aixssi noir que le boulanger est 
bit ne, et il met au/of/r de l'enfer. 



— Moreau Christophe donne frec 
ce sens la Boulangère, 

BOULANGER : Charbonnier. 

— Ironie de couleur» Le noir. est 
mis pour le blanc. 

BOULANGER (remercier son)t 
V. Mourir. — Même allusion que 
dans perdre le goût du pain. V. 
Pipe {casser sa). 

BOULE : Foire, fête (Vidocq.) 

BOULE : Tête. — Elle est ron- 
de comme une boule. — c Vu 
l'épaisseur de ces boules de cam* 
pagnes. j> (Balzac.) — <c Ils ont 
la boulenoirecomme de l'encre.» 
(Cogniard, i83i.) — c Bonne 
boule, n'est-ce pas? figure res- 
pectable. > (L. Reybaud.) — «Po- 
lissonne de boule, en fais-tu des 
caprices! » (Les Amours de 
Moyeux, i833.) 

BOULE (perdre la) : Perdre la 
tête, devenir fou. (Caillot, 182g.) 

— « Et six cents gredins préten- 
dent changer tout cela avec une 
boule dans une urne! C'est le cas 
de dire qu'ils perdent la boule! 1^ 
(Félix Pyat, 187 1.) 

BOULE DE LOTO : Œil sail- 
lant et rond , comme une boule 
de loto. 

BOULE DE NEIGE : Nègre. 

— Ironie de couleur. 

BOULE DE SON : Figure ta- 
chée de rousseurs, qui ^nt ap« 
lées aussi taches de son. 

BOULE DE SON : Pain dft 
munition. — Il contenait autre- 
fois beaucoup de son. 

BOULE JAUNE : Potiron. (Co* 
lombey.) 

BOULENDOS : Bossu. (Vi- 



BLA ^ 46 — 

malisme.— cMoiy j'ai carotté un 
blaireau... > (U Bédollière.) 

BLMREAU I ER: Peindre avec 
trop de fini» abuser du pinceau 
de blaireau qu'on a entre les 
mains. — « Aussi sa peinture 
est-elle femeuseoient blaireau- 
tée. » (La Bédollière.) 

BLANC : Vin blanc. — « Al- 
lons , vivement 1 du blanc à un 
franc ! 1» (La Bédollière.) — On 
dit aussi Petit blanc. 



BLANC : Légitimiste désirant 
le retour du drapeau blanc. 

BLANC : Pièce d'un franc. 
(i85f . Almanach des débiteurs.) 
— Allusion de couleur. 

BLANC (n'être pas.) - Être en 
mauvaise passe. Mot à mot : être 
noirci par une accusation quel- 
conque. — a La v'ià morte, j'sis 
pas blanc. » (Rien^i, 1826.) 

BLANCHISSEUR: Avocat. 
(Colombey.) Il lave l'accusé. 

BLANQUETTE : Argenterie. 
(Vidocq.) - Monnaie blanche. 
(Grandval.) 

BL AN QUETER : Argenter. 
(Colombey ) 

BLARD , BLAVARD : Châle. 
Mot à mot : grand mouchoir. — 
Augmentatif de Blave. 

BLAVE, ÔLAVIN : Mouchoir. 
(Vidocq.) — Diminutif du vieux 
mot blave : bleu. — Les mou- 
choirs à carreaux bleus sont en- 
core fort en usage, surtout chez 
les priseurs. 

BLAVE : Cravate. (Rabasse.) 

BLAVINISTE : Voleur de 
mouchoirs. V. Butter, Pègre. 



BLO 



BLÉ (du) : De l'argent. (Ra- 
basse.) 

BLEU : Conscrit. — Allusion 
à la blouse bleue de la plupart des 
recrues. — «Celui des bleus qui est 
le plus jobard, s (La Barre.) 



. BLEU, PETIT BLEU : Gros 
vin dont les gouttes laissent des 
taches bleues sur la table. ~aLa 
franchise arrosée par les liba- 
tions d'un petit bleu, les avait 
poussés l'un l'autre à se faire leur 
biographie. » (Murger.) 

De ce vin, qu'à tort Ton renomme^ 
Qui grise eu abruti&&aut rhomoie. 
Et qu'où veud pour du petit bleu, 
J'en goûte uu peu. (H. Valère.) 

BLEU : Très-îrrîté, très-stu- 
péfait. — Allusion à la teinte que 
les sentiments excessifs amènent 
sur les figures sanguines. 

BLEU (bailler tout) : Rester 
stupéfait. — Même allusion que 
ci-dessus. 

BLEU (pays, royaume du) t 
Pays imaginaire et radieux com- 
me le ciel bleu si contemplé par 
les poètes. — a La guerre même 
devient un spectacle agréable, et 
l'on nage dan.s le royaume du 
bleu. » (J. Richard.) 

BLEUE (colère) : Colère vio- 
lente. — Même allusion que ci- 
dessus. — « La li'térature et la 
musique l'ont fait entrer dans des 
colères bleues. » {Vie parisienne, 
1866.) 

BLOC: Prison. — On y est 
bloqué. — « Prenez trois gommes 
et menez cette fille au bloc. » 
(V. Hugo.) 

BLOCKAUS : Schako anciea 



BOU 



- D7 - 



BOU 



dans la vie. — « Us boulottaient 
l'existence, sans chagrin de la 
veille, sans souci du lendemain. » 
(De Lynol.)— « Pourvu que nous 
ayons de quoi boulotter tout 
doucement, je serai content. » 
(Friès.) 

BOULOTTER : Être en bonne 
santé. — Même image dans ça 
roule. V. Rouler, 

BOULOTTER : Prospérer, 
fructifier, s'arrondir. — « Voilà 
deux cent mille francs qui ne 
rapporteront rien... Il resterait 
donc cent mille francs à faire 
boulotter. » (Balzac.) 

BOULOTTER : Assister. (Vi- 
docq.) 

BOULOTTER : Manger. (Hal- 
bert, Rabasse.) 

BOUM :Crî par lequel le gar- 
çon de café annonce qu^il a en- 
tendu Tordre du consommateur. 
— c Ces satanés garçons 1 Avez- 
vous remarqué quel sourire nar- 
quois ils ont presque toujours 
sur les lèvres lorsqu'ils toisent la 
pratique et surtout l'habitué! Va, 
mon bon homme, ont-ils l'nir de 
dire... abrutis-toi dans cette at- 
mosphère délétère d*aIcool et de 
tabac. Prépare- toi une précoce 
viei l lesse . . « Versez. . . Bou m / . . . 
Ce boumt lui-même n'est-il pas 
une ironie ? Boum ! c'est comme 
la parodie du bruit du canon. 
Boum /cela fait penser aux grands 
carnages. Boum! boum! Défiez- 
vous... Le café, c'est le tueur en 
détail! » (P. Véron.). 

BOUQUINE : Barbe poussant 
sous le menton comme celle du 
bouc. Une mazarinade de 164g 
(l'illustre barbe) fait un crime 



au cardînal de sa barbe bouC'* 
quine, 

BOURDON : Prostitué. (Hal-* 
bert.) 

BOURGEOIS : Bourg. (Idem.) 

BOURGEOIS : « Les grands 
seigneurs, si toutefois vous vou- 
lez bien en reconnaître, compren* . 
nent dans cette qualification de 
bourgeois toutes les petites gens 
qui ne sont pas nés, — Le bour- 
geois du campagnard, c'est l'ha- 
bitant des villes. ^ L*ouvrier qui 
habite la ville n'en connaît qu'un 
seul : le bourgeois de l'atelier, 
son maître, son patron. — Le 
bourgeois du cocher de fiacre, 
c'est tout individu qui entre dané 
sa voiture. Chez les artistes, le 
mot bourgeois est une injure, et 
la plus grossière que puisse ren- 
fermer le vocabulaire de Tatelier. 
Le bourgeois du troupier, c'est 
tout ce qui ne porte pas l'uni- 
forme. Quant au bourgeois pro- 
prement dit, il se traduit par un 
homme qui possède trois ou qua 
tre bonnes mille livres de rente. » 
(Monnier, 1840.) 

BOURLINGUER : Avancer avec 
peine dans la vie, se remuer sur 
place. Ce terme vient de la ma- 
rine où un bâtiment bourlingue 
lorsqu'il lutte inutilement contre 
la grosse mer. — « Dans ce pays 
que j'ai sillonnjé dans tous les 
sens, où j'ai bourlingué déjà pen- 
dant dix ans. » (A. Lecomte, 61.; 

BOURRICHON (se monter, se 
charpenter le) : S'illusionner, se 
monter la tête. — « As- tu fini ? 
Des nerfs! Est-ce à ton âge qu'on 
se charpente le bourrichon. > 
(Monselet.) —ftSylvia ;Tu ne tî 
montes pas facilement le bo'.i?- 



BOU 



- 58 — 



BOU 



richon, mon chéri. — Dorante : 
Pas si pante. » (L. de Neuville.) 

BOURRIER : Ordure, fumier. 
—Vieux mot. — «Je nesuisqu'un 
bourrier de la rue. » (Balzac.) 

BOURRIQUE (tourner en) : 
Abrutir. — « Cest ce gueux de 
Cabrion qui Tabrutit... Ille fera 
bien sûr tourner en bourrique. » 
<E. Sue.) 

BOURSICOTER : Jouer à la 
Bourse. — Se dit aussi pour : 
amasser une petite somme, un 
boursicaut, 

BOURSICOTEUR, BOURSI- 
COTIER, BOURSIER : Homme 
qui jo\ie à la Bourse. — « Bour- 
sier hardi, coulissier intrépide.» 
(Festeau.) ~ « L'esprit est inu- 
tile à un boursicotier; de cœur, 
il n*en faut pas du tout; d'argent, 
on peut s'en passer au besoin; 
mais ce qu'il lui faut surtout et 
avant tout, c'est de l'audace, beau- 
coup d'audace et une certaine 
habileté de calculs et d'intrigues 
qui lui assure toujours un gain, 
même lorsque des événements 
imprévus peuvent lui faire subir 
une perte. » {Boursicotier isme.) 

BOURSICOTIÉRISME : « Le 
boursicotiérisme est l'art de 
jouer, de parier, de spéculer en 
Bourse, quelquefois sans argent, 
comme sans probité; en d'autres 
termes, le boursicotiérisme est 
Tart de surprendre habituelle- 
ment le bien d'autrui par un en- 
semblede moyens non prévus par 
la loi ou insaisissables à la jus- 
tice. » (Idem.) 

BOUSCAILLE : Boue. (Vi- 
docq.) Addition de finale. 

fiOUSCAILLEUR : Balayeur. 



BOUSIN : Tapage. 

Quand on entend le refrain 

D'un infernal bousin, 
Cent fois pis que le sabbat. 

{Chanson des canotiers,) 

BOUSIN : Maison mal femée, 
lieu de débauche. Mot à mot : 
maison de bouse ou de boue. — 
tt Cette maison est un vrai bou- 
sin; pour dire qu'elle est mal 
gouvernée et que chacun y est 
maître. » (Dhautel, 1808.) 

BOUSINER : Faire du tapage, 
du bousin. 

BOUSINEUR : Tapageur, fai- 
seur de bousin, — ' « Est-on bou- 
sineur dans ce bahut-ci i — Pas 
trop; le sous-directeur est sévère ! 

— Ça m' l'enfonce... » [Les Insti- 
tutions de Paris, 1 858 ) 

BOUSSOLE : Cerveau. — Il 
dirige l'homme comme la bous- 
sole dirige le navire : u J*ai ça dans 
la boussole. Ainsi ne m'en parlez» 
plus. » (Vidal, i833.) 

Perdre la boussole : Devenir 
fou. 

BOUSSOLE DE REFROIDI : 
Fromage de Hollande, dite tête 
de mort, (Vidocq.) — Allusion à 
la boule formée par ce fromage. 

— On dit aussi : boussole de 
singe, 

BOUTANGE : Boutique. (Hal- 
bert.). — Changement de finale. 

BOUT D'HOMME : Tout petit 
homme. On dit aussi bout de 
c— 1. (J. Choux.) 

BOUTEILLE : Latrines. Ter- 
me de marine. 

BOUTERNE : « La bouterne 
est une boîte vitrée où sont ex- 



BOU 



— '9 — 



BOY 



posés, aux foires de villages, les 
bijoux destinés aux loueurs que 
la chance favorise. Le jeu se fait 
au moyen de huit dés pipés. Il est 
tenu par une bouternière qui est 
le plus souvent une femme de 
voleur. » (Vidocq.) 

BOUTERNIER : V. ci-dessus. 

BOUTIQUE : * Ce n'est pas 
une chose, c'est un esprit de né- 
goce, de profits troubles et de 
soigneuses affaires, qui ne recule 
devant rien pour arriver à un 
gain quelconque. Il y a la bou- 
tique industrielle, comme la bou- 
tique scientifique, artistique et 
littéraire. » (A. Luchet.) 

BOUTIQUE : Maison mal te- 
nue, établissement mal adminis- 
tré. — a Quelquefois le piocheur 
employé menace de quitter la 
baraque ou la boutique. On le 
retient, on le décore. » (Balzac, 
1842.) 

BOUTIQUE : Ne se prend pas 
toujours en si mauvaise part que 
dans l'exemple précédent, et si- 
gnifie simplement la maison, l'ad- 
ministration, le parti. — « Le 
portier est la cheville ouvrière 
de la boutique, comme on ap- 
pelle le théâtre en termed'argot.» 
(De Jallais, 1854.) — « Dans la 
polémique politique, il y a deux 
grandes divisions : la polémique 
de drapeau (de boutique en style 
plus familier) et la polémique 
individuelle. » (Joliet, 1860.) 

Il est de la boutique : Il fait 
partie de la maison, de l'admi- 
nistration ou de la coterie. 

On dit d'une femme qui, en 
tombant, a laissé voir trop de 
choses, qu*eUe a montré toute sa 
boutique. (Dhautel, 1808.) 



BOUTIQUER : Fagoter, mal 
faire. 

BOUTIQUIER : Homme à 
idées rétrécies, parcimonieuses. 

BOUTOGUE: Boutique. (Vid.) 

BOUTON : Pièce de 20 francs. 
(Colombey.) — Allusion de forme 
et de couleur. 

BOUTONNER : S'abstenir de 
pon ter au lansquenet. Mot à mot: 
boutonner sa bourse. — « Si la 
ponte boutonne et ne s'allume 
pas, il faut que le banquier flatte, 
chatouille, étrille. » (Alyge.) 

BOUZINGOT : « A la révolu- 
tion de Juillet, les romantiques 
se divisèrent en bouzingots et 
en jeu nés- France. Les premiers 
adoptèrent Thabitde convention- 
nel, le gilet à la Marat et les che- 
veux à la Robespierre; ils s'ar- 
mèrent de gourdins énormes, se 
coiffèrent de chapeaux de cuit 
bouilli. > (Privât d'Anglemont.) 

— Du mot bousineur^ tapageur. 

— Le bouzingot voulait bousiner 
le régime de i83o. 

Par extension, on a donné en- 
suite le nom de boujingot à tout 
homme turbulent en actes et en 
paroles. — Décidément ce pein- 
tre est un mauvais sujet, un 
mal-appris, un bouzingot. » (A. 
Achard.) 

BOX : Stalle d'écurie. — An- 
glicanisme . — a Ces écuries étaient 
organisées à l'anglaise avec des 
boxes fort confortables. > Mon- 
té pin.) 

BOXON : V. Bac. 

BOYE : Gardien. (Rabasse.) 

BOYE : Le forçat qui fait hu 
bagne l'o^ice de bourreau, ts\ le 



BRA 



- 60 - 



BRE 



boye. (M. du Camp.) — Vieux 
mot. — Rabelais conte dans le 
voyage de Pantagruel en Tîle 
des Papefigues, comment ceux 
qui ne voulaient pas prendre la 
figue au derrière de la mule 
étaient pendps. Les autres, do- 
minés par la peur, tirent la figue 
et la montrent « au boye, disant 
ecco lo fico, » 

BRAC : Nom. (Grandval.) 

BRAILLARDE : Caleçon (Hal- 
bert.) Ce sont nos anciennes 
braies. Débrailler est resté dans 
la langue régulière. 

BRAISE : Argent. — Allusion 
à sa destination de première uti- 
lité. Sans braise, on ne peut 
faire bouillir la marmite, — « Pas 
plusdebraisequedans mon œil.» 
(Mornand.) V. Bille. 

Dans son Père Duchéne, Hé- 
bert appelle l 'argent de sa sub- 
vention la braise nécessaire pour 
chauffer son fourneau, (Vieux 
Cordelier, éd. de 1842, p. 11 5.) 

BRANCARD (vieux) : Vieille 
femme galante. — Allusion aux 
chevaux de selle réformés, qu'on 
met au brancard comme chevaux 
de trait. 

BRANCHE : Ami aussi atta- 
ché qu'une branche à l'arbre. — 
« Allons, Panaris, le dernier 
coup, ma vieille branche! » (J. 
Moinaux.) 

BRANCHER : Pendre. (Vi- 
docq.) Mot à mot : accrocher à 
la branche. 

BRANDILLANTE : Sonnette. 
(Vidocq.) Allusion au battant qui 
brandille. 

BRANQUE : Ane. (Vidocq. — 



Onomatopée imitant le cri de 
l'âne. 

BRAS, BRASSE : Grand, 
grande. (Halbert.) 

BRASER DES FAFFES : Fa- 
briquer de faux papiers. (Colom- 
bey.) 

BRASSET : Gros. (Idem.) 

BRAVE ; Cordonnier. — Dans 
une conférence donnée à Meaux, 
M. Guénin a donné l'origine du 
mot : — « C'était à l'époque de 
la Ligue. Henri de Navarre as- 
siégeait Paris. La population ou* 
vrière venait de passer en masse 
aux Guise, mais les cordonniers, 
indignés des récents massacres 
de la Saint- Barthélémy, refu- 
sèrent de se joindre aux ligueurs. 
Henri« apprenantce refus, s'écria : 
a Les cordonniers sont des bra- 
ves! » (Le National, 1869.) 

BREDA- STREET (dame ou 
habitante.de) : Femme galante. 
— Anglicanisme. — - Bâtie en 
même temps que la rue Notre- 
Dame-de-Lorette, la rue Breda 
avait, pour la même cause, donné 
son nom aux lorettes du quar- 
tier. « En revanche, nous avons 
Breda-street, le berceau de la lo- 
rette. » (Pélin.) V. Lorette, 

BREDOCHE : Liard, centime. 
(Colombey.) 

BRELOQUE : Pendule. (Vi- 
docq.) — Harmonie imitant le 
bruit du balancier. 

BRELOQUE (battre la) : Dé- 
raisonner. Allusion aux sons bri- 
sés de la batterie de tambour 
dite breloque, qui est particuliè- 
rement saccadée. — « Ciel ! papa 
bat la breloque. » {Rien^i, 1826.) 



BRI 



— 61 — 



BRI 



BRÈMES : Cartes à jouer. 
(Grandval.) — Allusion à la brè- 
Be^ poisson blanc, plat et court 

Maquiller la brème : Jouer aux 
cartes, travailler la carte« 

Persévérez toujours en maquillant la 
brème, 

Maquillez-la sans cesse et la rema- 
quillez. (Alyge, 1834.) 

BRÈME DE PACQUELINS : 
Carte géographique. Mot à mot : 
carte de pays. (V.) 

BRÊMEUR : Joueur. (Rabasse.) 

BREMMIER : Fabricant de 
cartes. (V.) 

BRENICr.E : Non. (Halbert.) 
— Pour bernique, 

BRÉSILIEN : Personnage se- 
mant l'or à pleines mains. Ce 
terme a remplacé celui de nabab y 
depuis la vogue d'une pièce du 
Palais-Royal. — « Un étranger 
qui a réalisé le type de Brésilien 
rêvé par les auteurs dramati- 
ques. » (F. de Rodays, iSyS.) 

BRIC-A-BK AC : Marchandises 
d'occasion, objets antiques. — 
« Ces travaux, chefs-d'œuvre de 
la pensée, compris depuis peu 
dans ce mot populaire, le bric-à- 
brac. » (Balzac.) 

Bric-à-brac : Commerce du 
bric-à brac. — « Le fait est qu'au- 
jourd'hui le bric-à-brac est une 
industrie formidable, que le gros 
marchand de bric-à-brac possède 
jusqu'à 5oo,ooo francs de mar^ 
chandises. » (Roqueplan, 1841.) 

Bric-à-brac : Marchand de 
bric-à-brac. — oc Ce voleur de 
bric-à-brac ne voulait me don- 
ner que quatre livres dix sous. » 
(Gavarni.) 



BRICABRACOLOGIE î 
Science du bric-à-brac. — Re* 
marquons en passant qu'une in- 
finité de mots sont fabriqués tous 
les jours par le même procédé 
que ce laborieux néologisme. — > 
a Sans célébrité dans la bricabra* 
cologie. » (Balzac.) 

B RICARD : Escalier. (HaU 
bert.) 

BRICOLE : Petit travail mal 
rétribué. 

BRICOLER : « M. Jannîer bri- 
colait à la Halle, c'est-à-dire qu'il 
y faisait à peu près tout ce qu'on 
voulait. » (Privât d'Anglemont.) 
— De bricole : harnais qui fait 
de l'homme une sorte de cheval 
bon à tout traîner. 

BRICOLER : Faire effort. Mot 
à mot : donner un coup de bri- 
cole. — « Et bricolons tout plus 
vite que ça, car j'ai les pieds dans 
l'huile bouillante. » (Balzac.) 

BRICOLEUR : « Les bricoleurs 
sont des gens actifs, entrepre-> 
nants, hardis, qui ne reculent 
devant aucun travail, qui s'of- 
frent pour tout faire. » (Pc irai 
d'Anglemont.) 

BRICOLE : Officier de paix. 
(Halbert.) 

BRIDE : Chaîne de montre. 
V. Bobe. 

BRIDE : Chaîne de forçat. 

BRIDER : Fermer (Vîdocq.) 

BRIDER : Ferrer un forçat. 
(Colombey.; 

BRIDON : Méchant. — « Le toc 
est un bridon de gaye, méchant 
cheval qui a une pogne esquin- 
tante. » (Rabasse.) 



BRI 



- 61 - 



BRIE. — Fromage de Brie. — 
■ Up morceau du brio le plus 
gras de la boutique de la frui- 
tière. ■ (Ricard.) 

■ BRIGADIER : Gindre, pre- 
mier garfon boulanger. 11 fait le 
four et remplit les tbnctioDi de 
contre- maître. (Vinçard.) — Ainsi 
oommj à cause de ses trois aides 
qui forment la brigade. 

BRIGAND : Mot d'amitié. — 
Henri Monnier fait dire tendre- 
ment par une jîHe à son client : 
— B T'as chauffé l'four, pas vrai, 
brigand 1 Tes n'en ribole?.., j'con- 
nais ça; vu qu'ça m 'arrive en- 

iLa nuit dans le bouge.) 

BRIMADE : Épreuve veiajoire 
infligée aux nouveaux de l'École 
Saint-Cyr. — « Point de ces bri- 
madei, qui ont longtemps dés- 
bonoré Saiot-Cyr. n (La Bédol- 
lière.) 
BRIMER : Donner une brl- 

BRIMEUR : Faiseur de bri- 
mades. — Dans .^ Dictionnaire 
Blesquin, de 1618, Biimare si- 
gnifie bourreau. 

BRlNDEZiNGUES (être dans 
les): Être ivre. Mot à mot lavoir 
trop bu à la santé des autres. — 
H Tiens, toi, t'es déjà dans les 
brindcïingues. a (Vadé, 1756.) — 
Cetermevieotduvieui motiriii' 
rfe: toast. — iCes grands hommes 
firent tant de brindes à vosir 
santé et i la noitre, qu'ils en pi: 
surent plus de dix fois. ■ {Lettre 
eurieuie envoyée au cardinal Ma 
:fariii par ses nièces. Paris, i65i.) 

BRINGUE : Femme de mau- 
uAlleztrouvei 



BRINGUE (mettre en) : ttri- 

eux acceptions du mol bringue 
ont déjà en iBoS dans le dic- 
ionnairede Dtiaulel. 
BRIQMANN ; Sabre de cava- 
ler. (Halbsri.)— C'est Briquet, 
vec changement de tinale. 



BRIO:«Lefrrl0,n 
tradui sable, est le 
premières ceuvres. C'est le fruit 
de la pétulance et de la fougue 

' épide, du talent jeune, pétu- 

t, qui se retrouve plus lard 

dansce naines heu res heu reuses.i 

(Balzac.) — ■ Le théâtre qui avait 

le luxe et le brio de ses prc- 

iires années. > {Physiologie du 
théâtre, 1841.) 

BRIOCHE : Acte sot ou mala- 
droit. V. Boulm<.-.~' Et vous al- 
liez me faire faircune soltlse.une 
brioche, une boulette. » (1826, 
Ancien Figaro.) 

M. Quitard donne à ce terme 
une origine historique : 

Faire sne brioche : • C'est Caire luie 
faute en musique, et par exIenaioD eu 
quelque Lboae que ce BOit. Celle ei- 
preation fut introduite â l'tpoque de 



écutan 


la parti 


on, et 


e produit des 


inendes 


«tait de. 




achat d'une 


rioche 


u'Mideva 


eut m 

011 ofi 


nger eusem- 
Icsuneadt* 


guraien 


l ayant 


tlia^u 


une petite 



BRI 



— 63 — 



BRO 



Un tel usage ne fut pas jugé propre A 
les rendre moins fautifs danii leur art, 
et le grand nombre de repas qu'il 
amena ne fit pas concevoir une haute 
idée de leur talent. Bientôt ils se virent 
exposés à la raillerie du public, qui 
prit le mot de brioche pour sjmonyme 
de faute, bévue; et l'amour-propre 
alors l'emportant sur la friandise, ils 
décidèrent qu'il* pourraient faire dé- 
sormais autant de brioches qu'ils vou- 
draient sans être obligés d'en payer au- 
cune. » (Dict des proverbes.) 

BRIOLET : Piquette. Mot à 
mot : petit vin de nrîe. — C'était 
le Suresnes d'autrefois. — « Cest 
du vin de Brie, il fait danser 
les chèvres, pour dire c'est du 
vin acre, dur, du casse-poitrine.» 
(Caillot, 1829.) 

BRISACQ.UE : Bruit, homme 
bruyant. — « Vous voulez faire 
du brisacque ici. Vous êtes un 
fameux pistolet encore. » (Mon- 
selet.) 

BRISANT : Vent. (Vidocq.) 
Augmentatif de brise. 

BRISCARD : Vieux soldat à 
chevrons (brisques). — « Per- 
mettez-vous à un ancien, un vieux 
briscard de spahis, une petite 
CT\t\que}y>(Vie parisienne, iS6ï .) 

BRISER (se la) : Fuir. — Abré- 
viation de briser la politesse (par- 
tir sans prendre congé). — « Dans 
le beau monde, on ne dit pas : 
je me la casse, je me la brise. » 
(Labiche.) V. Trumeau, Rigolo. 

BRISER, BRISEUR, BRI- 
SURE : « Les 6rf5eiir5 sont tous 
Auvergnats et se prétendent com- 
merçants. Ils s'entendent pour 
inspirer la confiance à des fabri- 
cants qu'ils trompent pour une 
grosse somme, après leur en 
avoir payé plusieurs petites. Les 



marchandises Incisées sont reven» 
dues à 40 pour 100 de perte, et 
le produit de la brisure est placé 
en Auvergne. » (Vidocq ) — Le 
briseur est ainsi nommé parce 
qu'il se la brise dès qu'il a fait 
son coup. 

BRISQUE : Galon indiquant 
le grade ou l'ancienneté dans 
Farmée. — Un fourrier a quatre 
brisques sur les manches. — Une 
vieille brisque est le synonyme de 
un vieux briscard, — « Ces vieux 
sous-officiers à brisques qui nous 
dressaient à la discipline. » (St* 
Genest, 1875.) 

BRISQUES : As et figures du 
jeu de cartes. Ce sont les gradés 
de l'armée des cartes 

BROBÈCHE : Liard, centime* 
(Colombey.) 

BROC : Liard. (Grandval.) 

BROCANTE : Objet sans va- 
leur. 

BROCANTE : Troc de mar- 
chandises de hasard. — « Je vais 
faire des brocantes. » (Balzac.) 

BROCHET : Souteneur. — 
Encore un nom de poisson. Nous 
en verrons bien d'autres. V. Mac, 
— « Les brochets sont aujour- 
d'hui fort connus par la police. » 
(Stamir, 1867.) 

BRODANCHER : Broder. (Vi- 
docq.) Changement de finale. 
V. Ravignolé, 

BRODER : Écrire. (Idem.) AU 
lusion au va-et-vient de la plume. 

BRODEUR : Écrivain. (Idem.) 

BROQ.UILLE : Chose sans va- 
leur. (Halbert.) Mot à mot : ne 
valant pas plus d'un broc. 



BRO 



- 64 - 



BRU 



BROQUILLE : Bague. (Hal- 
bert.) 

BROQUILLE : Minute. (Ce di- 
minutif du vieux mot broque (pe- 
tit doUy broche) fait sans doute 
allusion au petit signe indiquant 
la minute sur un cadran. 

BROQUiLLEUR : Voleur 
ayant pour spécialité de voler les 
bijoutieibSnsubstituantdu strass 
au diamant (Colombey.) •— Le 
strass n'est qu'une broquille. 

BROSSE : Formule négative 
qui veut dire : non, rien. — 
il Brosse pour lui ! Zut pour lui ! 
Fallait pas qu'y liche. » (A. Da- 
lès.) 

Dès 1808, on disait : Ça fait 
brosse, pour : Rien pour toi! 
tout est brossé. (Dhautel.) — 
Une caricature de Machereau, 
publiée en i83o, porte cette lé- 
gende : tt Linge saie de M. de 
Bourmont. O linge sale-là, père 
jcscobard, y V chausserait bien; 
mais ça t* fait brosse, y sera 
trop beau pour nos blessures. » 

BROSSÉE : Grêle de coups, 
défaite. — a Les Turcs ont reçu 
une brossée, » (Ricard.) 

BROSSER : Battre. Mot à mot: 
brosser de coups. 

BROSSER LE VENTRE (se) : 
Se passer de manger. Mot à mot : 
se brosser le ventre pour lui faire 
oublier l'heure du repas. — « Le 
régiment a pris le café ce matin, 
mais le colonel s'est brossé le 
ventre. » (Commentaires de Lo- 
riot.) — « Et nous autres? Ah! 
nous autres, nous nous brossons 
ie ventre. » (Sarcey . ) 

Pris souvent au figuré pour se 
passer de n'importe quoi. — 



« Vous brosser le ventre faute 
d*un éditeur. » (Commerson.) 

On dit plus simplement se 
brosser, — « On dit qu'il espère 
avoir la croix... il sera forcé , 
cette année, de se bros^r la bou- 
tonnière. • (1866, Vie pari^ 
sienne.) 

BROUÉE : Correction. (Hal- 
bert.) Mot à mot : action de 
broyer, 

BROUILLARD (être dans le): 
avoir Toeil troublé par l'ivresse. 

BROUILLARD (Chasser le): 
Boire un verre d'eau-de-vie dont 
la chaleur combat, dit-on, les 
mauvais effets de l'humidité. 

On dit tuer le ver par un mo- 
tif analogue; l'alcool pris à jeun 
passe pour causer de vives con- 
trariétés aux helminthes et aux 
ascarides vermiculaires. 

Ces deux termes peuvent être 
considérés comme une allusion 
ironique aux prétextes hygiéni- 
ques des buveurs d'alcool. 

BROUILLÉ AVEC LEDIREC- 
! EUR DE LA MONNAIE (être): 
Être sans argent. — L'ironie n'a 
pas besoin d'explication. 

BROUSSAILLE (cheveux en) : 
Cheveux hérissés, mêlés comme 
les branches d'une broussaille. 

BROUTA : Discours. — Du 
nom d'un professeur de l'École 
de Saint-Cyr, doué d'une certaine 
facilité d'élocution. Ce qui a fait 
le verbe broutasser : discourir, et 
le substantii broutasscur, discou- 
reur. 

BRUGE : Serrurier. Du vieux 
mot bruger : frapper, heurter. 
La même allusion se retrouve 
dans tape dur. 



BRU 



— 65 - 



BRU 



BRUGERIE : Serrurerie. 
Jdem.) 

BRULAGE : Déconfiture. — 
« C'est un brûlage général. > 
(Balzac.) 

BRULE-GUEULE : Pipe dont 
le tuyau écourté brûle les lèvres 
du fumeur. — « Ils ont un brûle- 
gueule à la bouche qui^ en leur 
enfumant toute la figure, leur 
procure une haleine insuppor- 
table. • (Caricatures politiques, 
an VI.) « Une de ces pipes cour- 
tes et noires dites brûle-gueule. > 
(Banville.) 

BRÛLÉ : Fini. — « Comment 
sommes-nous avec le boulangera 
— M*sieur, le boulanger est brûlé, 
il demande un à-compte. » 
(Châmpfleury.) C'est-à-dire : le 
boulanger est brûlé comme cré- 
diteur. 

- BRÛLÉ : Démasqué. — « Le 
grec brûlé prend son parti leste- 
ment, et va, sous un autre nom 
nobiliaire, se faire pendre ail- 
leurs. D (Mornand.) * 

BRÛLÉE : Correction plus 
forte que la brossée. Elle brûle 
celui qui en porte les marques. 

BRULER : « Messieurs, j'en 
brûle huitl Traduction : mes- 
sieurs, je retire du jeu les huit 
premières cartes qui par consé- 
quent ne serviront pas. » (Ca- 
vaillé.) 

BRULER : Se dit d*un cocher 
qui en dépasse un autre. 

BRULER : Être tout près de 
deviner la vérité qu'on cherche. 
«— « Olivier, Ah I je crois que je 
brûle, comme on dit aux petits 
jeux. Est-ce que M. de Nanjac... 



» Su^amte, Vous réTex, » (Do* 
mas fils, le Demi-Monde,) 

BRULER LE PÉGRIOTt 
Effacer la trace d*un toI. (HaK* 
bert.) 

BRULER LA POLITESSE : 
S'esquiver sans faire la politesse 
d'un adieu. — « Quand il nous 
met à l'ombre, c'est que nous 
avons brûlé la politesse à la con- 
signe. » (J. Arago, i838.) 

BRULER UNE (en) : Fumer. 
Mot à mot : brûler le tabac d'une 
pipe. 

BRULOT : Mélange de sucre 
et d'eau-de-vie brûlée. -— « Au 
café, c'est avec bonheur qu'ils 
cassent les tasses où ils allument 
leur brûlot quotidien. » (R. de 
La Barre.) 

BRULER LES PLANCHES : 
Jouer avec beaucoup de feu. Ne 
se dit qu'au théâtre. — « M"'« Be- 
retta brûle les planches de l'Opé- 
ra. > (De Boigne, iSS;.) 

BRULEUR DE PLANCHES : 
Acteur jouant avec feu. — t Le- 
ménil était ce qu'on appelle en 
argot de coulisses, un brûleur de 
planches. » (P. Véron.) 

BXUTAL : Canon. — Allusion 
au grondement de son tir. — 
a As-tu entendu ronfler le bru- 
tal? » (Dhautel.) — « Une déto- 
nation se fit entendre. — Tiens, 
dit Pierre, voilà déjà le brutal 
qui chante. » (Ricard.) V. Jnvalo, 

BRUTIUM : Elève du prytanée 
de la Flèche. C'est aussi le pry- 
tanée lui-même.— Latinismédont 
l'origine nous est inconnue. Voir 
Volaille. 

BRUTUS: BreUgne (Halbert.) 



BUE 



-^66 — 



BUT 



Changement de deux voyelles. 

BU : Complètement ivre. Mot 
à mot : imbibé de boisson. — au 
moyen âge on disait, sans abré- 
ger, oultrebeu (outrebu). — a Le 
pochard n'est pas encore un hom- 
me complètement bu. » (Ladi- 
mir, 184b.] — « C'est pas gentil, 
que i*dis, c'que tu fais là, d'au- 
tant qu't'es pas bu. 9 (H. Mon- 
nier.) 

BUCÉPHALE : Cheyal bon ou 
mauvais. Allusion ironique au 
cheval d'Alexandre. — « Bucé- 
phale, le cheval d'Alexandre, dont 
le nom nous sert à désigner les 
chevaux de parade, et aussi, par 
ironie, ceux qu'on appelle vul- 
gairement des rosses. » (Rozan.) 

BUCHE (temps de):V. Pioche, 

BUCHE PLOMBANTE : Allu- 
mette chimique. (Vidocq.) Mot â 
mot : brin de b^is sentant mau- 
vais. — Bûche est dit par ironie. 
V. Plomber. 

BUCHER: Travailler. —Du 
vieux mot buscher : fendre du 
bois. — a Moïse est un fameux 
travailleur; il bûche comme 
quatre à lui tout seul. » (M. Per- 
rin.) 

BUCHER : Battre. (Dhautel.) 

1' vient pour me bûcher ; 
Moi, je r fais trébucher. 

{Chansout^ Aviron, i8i3.) 

BUCHERIE : Combat, lutte 
acharnée. 

BUCHEUR : Travailleur as- 
ftidu, bûchant avec amour, 

BUEN-RETIRO : Endroit pro- 
pice, f t quelquefois par ironie : 



lieux d'aisances. Mot à mot : 
bonne retraite. Ibérisme. 

Sons fempire d'un p'tit malaise 

Je cherchais, pour me mettre i l'aisey 

Un certain buen-retiro, (Tantôt.) 

BUQ.UER : Voler dans une 
boutique en demandant de la 
monnaie. (Vidocq.) 

BUREAU ARABE : En Afri- 
que, du vin avec du sucre s'appelle 
un état-major. De l'absinthe mê- 
lée avec de Torgeat, s'appelle : 
un bureau arabe. 

BURLIN : Bureau. — Change-^ 
ment de finale. V. Parrain. 

BUSARD, BUSE, BUSON ; 
Inintelligent, obtus, comme la 
buse qui est le plus couard des 
oiseaux de proie. «- « Et il ne 
sera pas béotien et buson comme 
toi. 9 (Ricard.) 

BUSTINGUE : HôtelgarnL 
(llalbert.) 

BUTE, BUTTE : Guillotine.— 
Elle butte les gens. — « Tu n'es 
qu'un lâche. Avec toi, on va 
tout droit à la butte. > (Canler.) 
V. Tine. 

« 

Monter à la butte : Monter à 
l'échafaud. (Rabasse.) 

BUTÉ (être) : Être guillotiné. 

BUTTER : Tuer, assassiner. 
— C'est le vieux mot buter : 
frapper» renverser, qui a fait cul- 
buter dans la langue usuelle. — 
« Voilà donc une classe d'indivi- 
dus réduite à la dure extrémité 
de travailler sur le grand irimar, 
de goupiner, de faire le bog et le 
blavin, de butter même s'il en 
était besoin. > {5 0,0 00 voleurs 
de plus à Paris, 3o.) — « Voilà 



CAD 



pour butter le premier rousse, 
dit-il en montrant un couteau. » 
(Canler.) 

BUTEUR, BUTTEUR : As- 



— 07 — CAB 

sassin, bourreau. (Rabasse.) 

BYRONIEN : D'allures à \u 
'Byron, poétiquement inspirées» 
V. Tartine. 



O 



C (être un) : Être un imbécile. 
(Grandval.) Abréviation de c-o-m. 

— Au moyen fige, on disait co- 
nord dans l^mémc sens. V. La- 
combe, Dictionnaire du vieux lan 
gage, — Conn'*rie (stupidité), et 
comtois (niais), sont de la même 
femille. 

ÇA (c'est). UN PEU ÇA (c'est) : 
Cest superlatif. — « Ils sont laids 
que c'est ça. » (Pecquet.) — « C'é- 
tait ça, presque aussi Vath qu'au 
café. » (Monselet.) ^ « On me 
cognait, mais c'était ça. » (Zom- 
pach.)— « Restez, gendarme, mais 
ne remuez pas trop, car vous avez 
l'infirmité des pieds que c'est ça.» 
{Dernier jour d'un condamné. ) 

— ff S'il tournait une phrase de 
manière à lui donner de 1 effet, 
les tricoteuses applaudissaient et 
s'écriaient : Là, c'est ça! » (Lady 
Morgan, 18.) 

ÇA (il a de) : Il a de l'origina- 
lité, du talent, du génie. 

ÇA (Il a de) : Il est riche. — 
En disant ce mot, on fait ordi- 
nairement le geste de compter. 

ÇA (eUe a de) : Elle est riche 
d'appas. 

CAB : Cabriolet à l'arrière du- 
quel conduit le cocher. — « Là, 
Il déjeuna à la hâte et demanda 



un cab. ■ (Ponson du Terrait) — 
Anglicanisme. 

CAB, CABOT, CABE : Chien. 
(Grandval.) — Contraction abré- 
gée des deux mots : qui aboie. 
Les voleurs ont, comme ils le 
font souvent, donné le nom de 
l'acte à l'acteur. Au lieu de dire 
le chien, ils ont dit : le qut aboie 
et en abrégeant : /f qu'abe , le 
qu*abo, — Ce procédé est fréquent* 
Voyez Calvin, Combre, 

CABAS : Femme avachie. — 
On dit : c'est wt vieux cabas. Le 
mot appartenait déjà à l'ancienne 
langue provençale. Eh catalan, 
on dit caba^; en espagnol, c/i* 
pajo; en italien, cabaco, 

CABASSER : Tromper. (Co- 
lombey.) — Vieux mot. 

CABERMONT : Cabaret. (Vî- 
docq.) — Corruption de mot par 
changement de finales. V. J*ro» 
mont, 

CABESTAN : Agent de police 
(Viuocq.) — Officier de paix. (Del- 
rau.) V. Macaron, 

CABILLOT : « L'ennemi na- 
turel du matelot, c'est le soldat 
passager,plus souvent nommé ca- 
biUat,k cause de l'analogie qu'on 
peut trouver entre une demi- 
douxaine de cabiltots (chevilles) 



CAB 



- 68 - 



CAC 



alignés au râtelier et des soldats 
au port d'armes. » {Physiologie 
du matelot f 4^.) 

CAB, CABOT : Mauvais ac- 
teur. — Abréviation de cabotin. 

CABOTINAGE : C'est le mau- 
vais côté de la vie de comédien. 
— <c La comédie de société, cet 
élégant cabotinage. » (Villemot.) 

CABOTINE : Actrice médio- 
cre ou nomade. — « L'actrice,, 
sage ou non, est pour eux une 
cabotine. » (Ricard.) V. Cabot i- 
ner. — Le ^dictionnaire de V Aca- 
démie donne Cabotin. 

CABOTINER : Faire le métier 
de cabotin, fréquenter les cabo- 
tins, et, par extension, dans n'im- 
porte quelle classe, tomber dans 
les désordres de la vie d'artiste 
sans en avoir le beau côté. — Un 
petit roman de l'an VII (les Co^ 
médiem Ambulants), nous donne 
rétymologie du mot dans ce pas- 
sage : a Je parle des troupes de 
comédiens, qui sont obligés de 
courir de ville en ville, et, pour 
me servir de la véritable expres- 
sion, de àabotiner, » Ce métier de 
courir de ville en ville don ne la clef 
du mot. Le cabotin est à Vartiste 
ce qu'un navire caboteur est à 
une frégate. ~ a II a l'air artiste; 
dans sa jeunesse il a tant soit 
peu cabotine; mais il a renoncé 
à Satan, à ses pompes et à ses 
œuvres. » (Privât d'Anglemont.) 

CAbOULOT : « Le caboulot est 
un petit café où l'on vend plus 
spécialement des prunes, des chi- 
nois et de Tabsinthe. > (A. d'Au- 
nay, 61.) Une monographie des 
Caboulots de Paris a paru en 
1862. C'est aussi un cabaret de 
premier ordre. V. Camphrier, 



CABRIOLE : chambrée (Rf 
basse.) — Forme de cambriole, 

CABRIOLET : Hotte de chif- 
fonnier. — Ironie. Le chiffonnier 
roule (marche) avec son cabriolet 
comme le fantassin part à cheval 
sur A^or, V. Cachemire d'osier, 

CABRIOLET : Chapeau de 
femme. — Date du temps où sa 
forme haute ressemblait assez à 
la capote d'un cabriolet. 

• 

CABRIOLET : Petite corde 
courte terminée par une double 
poignée. — a Lorsqu'on ne li- 
gotte pas un malfaiteur, il y a 
a le cabriolet qui sert à le te* 
nir par le poignet droit. » (Ra- 
basse.) 

CACHEMIRE: Torchon.— 
Ironie. On dit: «Donnez un coup 
de cachemire, d pour a essuyez la 
table! d 

CACHEMIRE D'OSIER : Hotte 
de chiffonnière. — a Lorsque vous 
voyez un' de ces braves philo- 
sophes des faubourgs portant 
crânement son cabriolet sur le 
dos, ou une pauvre femme pliée 
sous son cachemire d'osier, vous 
ne pouvez vous figurer tout ce 
que renferment ces hottes plei- 
nes. » (Privât d'Anglemont. — 
Cette ironie devait naître dans le 
monde des chiffonnières où les 
femmes déchues ne manquent 
pas. La hotte se met comme le 
cachemire sur le dos. 

CACHE MIT TE : Cachot. 
(Grandval.) — Les roageurs n'y 
manquent pas. C'est un jeu de 
mots avec changement de 6nale. 

CACIQUE : « C'était le temps 
où Taine était un cacique, c'est-à- 
dire le premier de sa section à 



CAD 



- G., - 



CAP 



l'École normale. » (D'Audigier, 
66.) 

CADAVRE : Preuve d une ac- 
tion réprihensible. — On dit : il 
y a un cadavre, en parlant de 
deux personnes dont les relations 
ne s'expliquent pas et qu'on sup- 
pose liées par leur complicité 
dans quelque mauvaise action. 

— Savoir où est le cadavre est 
posséder la preuve de cette mau- 
vaise action. — « P... n'a plus 
qu'à se taire. On sait où est le 
cadavre. Chaque fois qu'il vou- 
dra prendre la parole,on s'écriera : 

« Et le débit de tabac? » 

(A. Scholl.) 

CADAVRE : Corps vivant. — 
Nourrir son cadavre, c'est man- 
ger. — Ironie à l'adresse des as- 
cètes. 

CADELLE : Chaîne de montre. 
(Rabasse.) — Forme moderne de 
Cadenne» 

CADENNE : Chaîne. (Vidocq.) 

— Vieux mot où se retrouve le 
latin Catena, 

CADET : Derrière. 

Sur un banc elle se met. 
C'est trop haut pour son cadet. 

(Vadé, 1756.) 

CADET : Pince en fer pour 
forcer les portes (Grand val.) Voir 
Caroubleur 

CADET : Apprenti maçon. 

CAD El : Individu. — Pris 
en mauvaise part. Jadis le cadet 
n'avait, dans le monde, qu'une 
considération proportionnée à sa 
fortune, qui était nulle. — « Le 
cadet près de ma particulière s'as- 
soit sur r banc. » (Le Casse^ 
Gueule, chanson, 14.) — Une ca- 



ricature de i83o porte cette lé* 
gende : « C'est de fameux cadets. 
Ils ont trouvé moyen de faire de 
la panade aVec du pain. » 

CADICHON : Montre. (Vi- 
docq.) Diminutif de Cadran. 

CADRAN : Montre. — Partie 
prise pour lé tout. 

CADRAN SOLAIRE, CADRAN 
LUNAIRE : Derrière.— Allusion 
à la forme ronde du cadran* Voir 
Lune. 

Est-ce l'apothicaire 
Qui vient placer Vaiguille à mon ca- 
dran lunaire ? 

(Parodie de Zaïre, xviii» siècle.) 

CAFARDE ! Lune. (Vidocq.) 

— C'est la lune voilée se dissimu- 
lant derrière un nuage avant 
d'être la Moucharde, c'est-à-dire 
de dévoiler un homme qui fait 
un mauvais coup. 

CAFARDER : Faire l'hypo- 
crite, le cafard. — « En sorte qu'il 
cafarde avec sa malade. » (Balzac.) 

— Cafard est un mot déjà an- 
cien, comme le prouve cet exem- 
ple : ce Un cafard qui eust oublié 
en son sermon soy recomman- 
der. ■ (Rabelais, Pantagruel, 
V. 4. ch. XLVI.) 

CAFE (fort de), FORT DE 
CHICORÉE, FORT DE MOKA : 
Excessif, peu supportable. — On 
sait quelle irritation le café trop 
fort cause dans le système ner- 
veux. La chicorée jouit dès hon- 
neurs peu mérités du synonyme, 
Il semble qu'ici, comme dans le 
café du pauvre, elle tient à en- 
trer en fraude. En revanche, on 
sait que le moka tient le haut 
de l'échelle.— « On dit : c'est un 
peu fort de café, pour exprimer 



CAG 



- 70 - 



CAL 



que quelque chose passe les bor- 
nes. » (Dhautel.) — c Qh! oh! 
dirent Schaunard et Marcel, ceci 
est trop fort de moka. » (Murger.) 
— «S^unir à un autre! c'est un peu 

fort de chicorée. 9 (Cormon.) 

CAFÉ (prendre son) : Rire, se 
moquer. — Honnorat, dans son 
Dictionnaire provençal, donne 
comme méridionale l'expression 
prendre soun café : S*amuser aux 
dépens de quelqu'un. — Un des- 
sin de Bertall fait dire à une bonne 
poursuivie par un troupier ga- 
lant : — a Ah ! fusilier, vous vou- 
lez prendre votre café. » 

CAFIOT : Café faible. —« Elle 
restait là tant que je n'avais pas 
mangé mon petit cafioi. » (Com- 
mentaires de Loriot.) 

CAGfclTON : Hanneton. (Hal- 
bert.) 

CAGNE : Mauvaise chienne, 
mauvais cheval et par extension 
personne lâche. Vieux mot. Voir 
Rosse. 

CAGNE: Gendarme. (Colom- 
bey.) — Pour Cogne. 

CAGNOTTE : « Espèce de tire- 
lire d'osier recevant les rétribu- 
tions des joueurs. 9 (Montépin.) 
V Intermédiaire de mars 1866 y 
voit avec raison une corruption 
du mot gagnotte. Mot à mot : 
lieu où se dépose ce qu'on gagne. 
— « Le lansquenet brille, la ca- 
gnotte est dans son plein. 9 (Les- 
pès.) 

Faire une cagnotte : Mettre les 
gains du jeu en réserve pour une 
dépense profitable à tous. 

CAG OU : Volour solitaire. 
(Grandval.) 



CAGOU : Maître voleur chargé 
d'instruire les novices. (Colom- 
bey.) 

CAILLÉ : Poisson. Mot à mot: 
couvert d'écaillés. Autrefois on 
disait caille et non écaille. 

CAILLOU : Figure. (Rabasse.) 
— Allusion d'ovale et de blan- 
cheur. 

CAÏMAN : Mendiant. — Vieux 
mot. La langue usuelle a conservé 
quémander. 

Puisque pauvre et cairaande on voit la 
poésie. 

(Régnier, Satire 4.) 

CAISSE (battre la grosse) : 
Louer très-bruyamment. — Al- 
lusion aux bateleurs qui attirent 
leur public à coups de grosse 
caisse. — « Il faut qu'Artémise 
réussisse... C'est le cas de donner 
de la grosse caisse à se déman- 
cher le bras. » (L. Reybaud.) — 
On dit simplement ^â//r6 la caisse 
pour : faire des annonces. 

CAISSE (sauver la) : S'enfuir 
avec les fonds dont on est dépo- 
sitaire. — A la mode depuis le 
fameux mot de Bilboquet dans 
la pièce des Saltimbanques : Sau- 
vons la caisse !— « Mais j'entends 
du bruit dans le bazar; sauvons 
la caisse. » (Villars.) — « On a 
des nouvelles de Miron qui avait 
sauvé la caisse. » (Claretie.) 

CAISS O N (faire sauter le) : 
Faire sauter la cervelle d'un coup 
de feu, comme un caisson plein de 
munitions. — a Quelle mort pré- 
férez-vous?... Faites- moi sauter 
le caisson. » (P. Borel, 33.) 

CALABRE: Teigne. (Halbcrt.) 
-« C'est calot avec changement 
de finale. 



CAL 

CALAIN : Vigneron. (Halbert.) 
— Ce doit ixrt une imuniae lec- 
nite pour Ctlvin. 

CALÉ : Riche. — Le terme 
vient évidemment de II 
Élre ealè, c'est iToir assez de 
biens ponr en remplir ta eale 
M maison. Donné en iSoS ; 
Dhaute). — ■ Les jours gn 
Dans cède saison, les plus calés 
sont quelquef^its gênés. ■ (E. Sue. ) 



CALEBASSE : Téle. — Allu- 
sion déforme. — ■ Faudrait pas 
gros de sens commun pour rem- 
plir une calebasse comme fa. ■ 
(GaTarni.) 

CALÉGE : Prostituée élégante. 
— • La calége vend Iris^chcr ce 
que ta panante et la dossièrc li- 
vreni à des prii modérfs. Sa tfii- 
leltceatplusfratche, sesmanières 
plus polies. Elle a pour amant 

que les autres sont associées avec 
un cabriolleur ou à un roulo- 
lier. «tVidocq.) Calige vient de 
cit(«, qui signifiait grisctic au 
XVII' siècle. — « Gombault, qui 
se piquait de n'aimer qu'en bon 
lieu , cajolait avec une petite 
cale crasseuse. ■ (Taltemant des 
Réaux.) 

CALER : Faire. (Colombey.) 
CALER : Ne rien faire. — Du 
vieux mol : eattr, se cacher. — 
« La plus grande jouissance du 
compositeur d'imprimerie est de 
eâler.» (Ladimir.) 

CALE UR: Ouvrier fainéant. 
V. Ogre. 



I — CAL 

CALEUftiGarcon. (Colom- 
bey.) 

CALICOT : Commis mar- 
chand. Mot à tnot : vendeur de 
calicot. — ■ Triple escadron ! )e 
calicot s' insurrection ne. ■ {P. Bo- 
rel, 33.) — Dans le commerce 
mémcde l>nou«eau(é,C«)jcof dé- 
signe les em ployé* qui ne sa a t pat 
sérieux, qui s'amusent bruyam- 
ment. ■ (Navïaux.) 

CALICOTE : Femme fréquen- 
tant les calicots. — ■ Clara Fon- 
taine est une étudiante^ Pomtré 
est une calicoie. > Parit dausMI 
«-) 

CALIFORNIEN : Riche. - Al- 
lusion aux découvertes aurifïres 
de la Californie (49). — ■ La 
ieune fitle regrettait de ne pou- 
voir garder pour elle-même cette 
bonne fortune californien ne. ■ 
(Montépin.) 

CALINO : Homme ridicule- 
ment naïf. — Une pièce du Vau- 
deville a vulgarisé vers |85S le 
nom et le type. Calino n'cst.d'ail- 
leuis, qu'un diminutif du vieux 
mot câlin (niais). I)n le trouve 
dans Tallemant des Réaui (t. 4, 
p. 35i). — ï L'artiste était fort 
ennuyé par unecspèce de calino.» 
{Figaro.) 

CAUNTTES : Culottes. (P«- 
til Dictionnaire Margot, 44.) — 
On a modilié tes voyelles des 
deux premîires syllabes de cu- 
lottes. 



CALME ET INODORE (être) : 
Affecter une sévérité extrême de 
manières. — Ces deux mots ironi- 
ques ne vont jamais l'un sans l'au- 



CAL 



- 72 - 



CAM 



tre, et parodient sans doute (quel- 
que manuel de civilité puérile et 
honnête, —ce Autrement, il restera 
calme et inodore. » (Monselet.) 

^CALOQUET : Chapeau. — 
Ce diminutif du vieux mot Ca- 
le : capuchon, désignait n'im- 
porte quelle coiffure de femme 
en 1808. (Dhautel.) Il s'est étendu 
ensuite aux chapeaux d*hommes. 
— « V'ià Tonnelier! oh! c* cha- 
peau. Oh ! ce caloquet. » (Ourliac). 
—a Achetez un caloquet plus mé- 
chant, le vôtre n'est pas trop rup. » 
(De Neuville.) 

CALOQUET : Couronne. Voir 
Dab, 

CALORGNE : Borgne. Vieux 
mot. 

CALOT : Dé à coudre, coquille 
denoix(Vidocq.) — Comparaison 
de ces objets à la calotte, qui est 
de même forme. 

CALOT, CALOTTE : Tei- 
gneux. (Halbert. ) Mot à mot. 
Ayant une calotte de teigne. — 
c Voyez donc t'te margot avec 
sa tête à calot. » {Catéchisme 
poissard,) 

CALOTTéE : « Le père Salin 
recueille lesasticots dans des boî- 
tes de fer-blanc qu'on nomme 
calottées, et il les vend jusqu'à 
quarante sous la calottée. «(Pri- 
vât d'Anglemont.) 

CALOTTER : Frapper de la 
main sur la tête. Mot à mot : fa- 
briquer des calottes avec la main. 
— tt Calottez-moi, giflez moi. » 
(J. Arago, 38.) V. Escoffier, 

CALOTTIN : Ecclésiastique. 
Mot à mot : porteur de la calotte 
cléricale. — «c Ils ont chacun un 
calottin. > (H. Monnier.) 



Le mot est ancien. Dans le Dé- 
jeuner de laRdpée (pièce publiée 
vers lySo) nous voyons une pois- 
sarde repousser un abbé en di- 
sant : « Adieu, monsieur le ca- 
lottin ! » 

CALVIGNE, CALVINE : 
Vigne.. (Vidocq, Grandval.) Mot 
à mot : lieu qu'a Vvigne, qui a la 
vigne, qui est planté de vignes. 

CALVIN, CLAVIN : Raisin. 
(Idem.) Mot à mot : qu'a V vin» 
V. Cabe. 

CAMARADE (bon petit) :. Se 
dit des confrères qui vous des- 
servent. Allusion ironique aux 
fausses amitiés. — <c En dépit 
des bons petits camarades. Pif 
Paf Qst un succès. > (Tarn Tarn, 
76.) 

CAMARDE : La mort. 
fGrandval.) — Un squelette n'a 
pas de nez. (V. Carline,) 

Baiser la camarde : Mourir. 
(Bailly.) 

CAMARDER : Mourir. (Ra- 
basse.) 

CAMARLUCHE : Camarade. 
(Rabasse.) C'est la première par- 
tie du mot camarade, avec la 
désinence arbitraire lucke. 

CAMBOLER : Tomber. — De 
Caramboler, — « V'ià qu'elle cam- 
bole sur son Prussien et feint de 
tomber de son digue -digue. » 
(Decourcelle, 40.) 

CAMBRIOLLE : Chambre. — 
Diminutif du vieux motc^im^re: 
chambre. V. Piew, Esquintement, 
Rincer. 

CAMBRIEUX : Chapeau (Hal- 
bert.) — Pour Combrieu, V. ce 
mot. V. Combrc. 



CAM - : 

CAMBRtOLLEURS : Voleun 
«'introduisant dans les carobriol- 
les par iffraciion ou par escalade. 
— Canler les divise en six classe*. 
Vidocq, «ans apporter autant de 
méthode que CanUr dans la clas- 
sification des camftriolleurf, don- 
ne des particularités assez curieu- 
ses sur leurs costumes où domi- 
nent les bijouret les cravates de 
couleurs tranchées, telles que le 
roufte, le bleu et le jaune; sur la 
manie si nguliire de faire faire 
leurs chaussures et leurs habits 
chez les mimes confectionneurs, 
ce qui n'était souvent pas un pe- 
tit indice pour la (ustice ; sur leur 
habitude de se faire accompagner 
d'une fausse blanchisseuse dont 
le panier cache leur butin. — Les 
plus dangereux carabriot leurs 
sont appelés nourri sseurs, parce 
qu'ils nourrissent une affaire aa- 
SM longtemps pour en assurer 
l'exécution, et autant que possi- 
ble l'impunité. V. ce mot. V. Ca- 

Ug€. 

CAMBRIOT : Le chapeau. (lU- 
basse.l C'est une forme de eom- 
briot, diniinutif décembre. Voir 

CAMBRONNE(lemotde): 
Merdel — Cette allusion i un 
mot historique discuté, sert par 
foisd'équlvalenti une injure trop 
populaire. Que Cambronoe l'ait 
dit ou non, on ne lui eu fera pai 
moins honneur. Consulter à ce 
sujet, ur. chapitre des Miséra- 
bles At M. Victor Hugo; un ar- 
ticle de M. Cuvitlier-Fleurr, aui 
Débats, et enfin le iournal Vin- 
terinidiaire, t5 lévrier 64, 

CAHBRONNE : Scatologique, 
— M£me origine. — «M. Vatout 
Était l'amabilité un peu Cam- 



bronne ; la chanson qui! préliE* 
rait était celle écrite sur le mair* 
d'Eu. ■ (de Bassanville, 66.) 

CAMBROUX, CAMBROUSE: 
Serviteur, servante. (Grandval et 
Halbert.)— Changement de finale 
ieux mot : eambrier : valet 
de chambre. Chambrière es t resté. 

CAMBROUSE : Prostituée. 
V. Camperoux. 

Ce mol se trouve dans le die- 
lionnaire de Caillot (181g), avec 
" xemple ; e El que tu ne sois 
ne cambrouse. ■ ( Ancien 
théâtre-Italien.) 

CAMBROUSE : Campagne. — 

La rousse pousse comme des 
champignons, et même dans la 
cambrouse, ils viennent vous dé- 
nicher. » (Patrie, a mars 5a.) 
V. Garfon.) 

CAMBROUStEN 1 Campa 
gnard. (Rsbasse.) 

CAMBROUSIER ; Voleur da 
campagne. (Vidocq .| 

CAMBROUSIERkiM marché 
du Temple, les cambrousiera fai- 
saientindlstinctement commerce 
de linge ou de meubles, d'objet* 
de toilette ou de ferraille. > 
(Petit Journal, 65.) 

CAMBROUSIERS : Gens d« 
campagne. (Halbert.) — > C'est 
ainsi que les marchands lorains 
nomment le* pajSBns.i(Pr. d'An- 
glemont.) 

CAMBUSE ; Cantine. — Terme 
de marine. — t Dans la cour du 
bagne, ou au milieu de la lon- 
gueur de chaque lalle ou dor- 
toir, se trouve un espace entouré 
de grilles, qui contient la can- 

la eambuie, lieu de la distribua 



CÂM 



- 74 -, 



CAM 



don des vivres, du vin, du ta- 
bac. » <Moreau, Sy.) 

CAMBUSE : Petite maison. 
(Halbert.) 

CAMKLOT : Voleur. — Ac- 
ception figurée d&camelot: mau- 
vaise étoffe. V. ce qui en est dit à 
camelotte. C'est ainsi qu'on a 
ftàt panne avec panne, 

CAMELOT : Marchand de ca- 
inelottes, vendant dans les villa- 
ges ou exposant sur le pavé des 
rues. — « Camelot, c'est-à-dire mar- 
chand de bimbeloteries dans les 
foires. » (Privât d'Anglemont.) 



camoufle était éteinle. » (Ladi- 
mir, 41.) 

CAMOUFLEMENT ; Déguise- 
ment. (Vidocq.) 

CAMOUFLER : Déguiser. — 
« Je me camouflais et avec de 
faux fafies, j'allais dans les bu- 
reaux de placement. » (Beauvil- 
lier.) 

CAMOUFLET : Chandelier. 
(Vi> 

CAMP (ficher le) : Se retirer 
précipitamment. V. Ficher. 



CAMELOTTE : Objet de nulle 
valeur. — Le camelot était une si 
mauvaise étoffe, qu'on disait res- 
semblet\ au camelot pour prendre 
un mauvais pli — a Elle portait 
la peine de toutes les camelottes 
• qui se débitaient à son ombre. 9 
(L. Reybaud.) 

CAMELOTTE : Marchandise 
volée. (Kabasse.) — a On fait at- 
tention qu'il ne refile pas la ca- 
melotte à un autre. » (Stamir, 67.) 

Camelotte en pogne, camelotte 
dans le pied : En flagrant délit 
de vol. — a J'ai été pris la came- 
lotte dans le pied, a (La Correc- 
tionnelle,) — Même allusion dans 
pris sur le tas, 

CAMELOTTER : Vendre, 
marchander. (Halbert.) 

CAMERLUCHE : Forme de 
Camarluclie, V. Ponton. 

CAMISOLE : Gilet. (Colom- 
bey.) 

CAMOUFLE : Chandelle. (Vi- 
docq.)— Du vieux mot camouflet, 
6imée. -^ c Tu en as menti. La 



CAMPAGNE (aller à la) ; Être 
enfermée à la maison de Saint- 
I Lazare. — Usité parmi les filles 
qui lui donnent aussi le sens sui- 
vant : tt Elles ont disparu trois» 
quatre ou six mois. On les savait 
malheureuses. Elles ont été pas- 
ser une saison à la campagne 
dans une maison de prostitution 
de province, s {Ces Dames, 60.) 

CAMPE : Fuite, action de 
camper. « Cependant les messiers 
de cambrouse n'ont pas la même 
chaleur à pessigner les fagots en 
campe. » (Rabasse.) 

CAMPER : Décamper. (Id.) ^ 
Abréviation. 

CAMPEROUX : Fille. - Cor* 
ruption de Cambrouse, V. Con* 
nerie, 

CAMPHRE : Eau-de-vie. — 
Allusion à une eau-de-vie com- 
posée dont il est question dans 
l'exemple suivant. Le mot s'est 
généralisé ensuite : — a Le vi- 
naigrier du coin nous servit, en 
parlant politique, deux demi- 
poissons d'eau de-vie assaisonnée 
de poivre long et de camphre, a- 
(Le Figaro de la Révolution.)^ 



CAN 



*s 



GAN 



«Aux buveurs émérites et à ceux 
qui ont depuis bien des années 
laissé leur raison au fond d'un 
poisson de camphre, d 

(Privât d'Anglemont.) 

CAMPHRÉ : Alcoolisé. —«Dis 
donc, avec ton gosier camphré, 
tu fais bien des embarras. » 
(Catéchisme poissard, 44.) 

CAMPHRIKR : Buveur d'eau- 
devie. — a En tends- tu,, vieux 
camphrier, avec ta voix enrhu- 
mée. » (Catéchisme poissard, 44.) 

CAMPHRIER : Le camphrier 
est un sale débit de liqueurs 
atroces à un sou le verre et à dix- 
* sept sous le litre. Le caboulot ne 
diffère du camphrier que par sa 
moindre importance comme éta- 
blissement. C'est, du reste, le 
même breuvage qu'on y débite 
aux mêmes habitués. » (Castil- 
lon.) 

CAMPLOUSE : Campagne. 
(Halbert.) — Forme adoucie de 
cambrouse. 

CAMUSE : Carpe. (Grandval.) 

— Elle a le nez camus, si on la 
compare au brochet. 

CAN SUR LE COMP (prendre 
un) : Prendre un canon sur le 
comptoir. Double abréviation. 
V. Canou, 

CANAILLE : Rusé, malicieux. 

— Se dit amicalement. — « Elle 
m'a dit qu'elle me donnerait son 
adresse; mais je ne la lui ai pas 
demandée. — C'est canaille ! n 

(T. Delord.) 

CANAGE : Agonie. (Colom- 
bcy. V. Caner, 

CANARD : Fausse nouvelle, 
récit mensonger inséré dans un 



journal. — « Nous appelons un 
canard, répondit Hector, un fait 
qui a Tair d'être vrai, mais qu'on 
invente pour relever les Faits^ 
Paris quand ils sont pâles. » (Bal- 
zac,) — « Ces sortes de machines 
de guerre sont d'un emploi jour- 
nalier à la Bourse, et on les a,, 
par euphémisme, nommées ca^ 
nards. » (Mornand.) — Une anec- 
dote du tome i*' du Dictionnaire- 
de l'Industrie (Paris, Lacombe, 
1776), semble nous livrer l'ori- 
gine de ce mot : 

On lit, dans la Ga\ette dagricul-^ 
ture, un procédé singaller pour pren- 
dre les canards sauvages. On fait 
bouillir un gland de cbêne, 'gros et 
long, dans une décoction de séné et de 
jalap ; on l'attache par le milieu à une 
ficelle mince, mais forte ; on jette le 
gland h Peau. Celui qui tient le bout 
de la ficelle doit être caché. Le gland 
avalé purge le canard qui le rend aus- 
sitôt : un autre canard survient, avale 
ce même gland, le rend de même ; un 
troisième, un quatrième, un cinquième- 
s'enfilent de la même manière. 

On rapporte à ce sujet l'histoire d'un 
huissier, dans le Perche, près l'étang 
du Gué-de-Chaussée, qui laissa enfi- 
ler vingt canards ; ces canards, en s'en- 
volant, enlevèrent l'hnssier. La corde 
se rompit) et le chasseur eut la cuisse 
cassée. 

Ceux qui ont Inventé cette histoire- 
auraient pu la terminer par une heu- 
reuse apothéose, au lieu de la terminer 
par un dénoûment aussi tragique. 

La grossièreté de cette histoire^ 
comme dit notre citation, — l'aura 
fait prendre comme type des con- 
tes de ga!i[ette, et canard sera resté 
pour qualifier le genre entier» 
On trouve « donner des canards : 
tromper n dans le dictionnaire 
d*Hautel (180S). 

CANARD ; Imprimé banal 



CAN 



-76- 



CAN 



aie dani la rue comme nouvelle 
importante. V. Caaarditr, 

CANARD, COUAC : «Ces 
eiplosions criardes des inilru- 
menls à vent si connues sous le 
nom de canards, u (A. Luchel.) 

— Lç second mot est une ono- 
matopée (counc) ; la comparaison 
d'une fausse noteaucriducanard 
a fait former le premier. 

CANARD : Sobriquet amical 
donnj atiz maris fidèles. Le ca- 
nard aime à marcher de compa- 
gnie. — • Voici, mon canard, 
dit-elle... Or, le canard de ma- 
dame Pochard, c'était son mari! 
Il avait reçu de sa douce moitié 
ce sobriquet d'amour, i (Ricard.) 

CANARD sans plumes : Nerf 
de boeuf «ervant à la correction 
des formats, (Colombey.) — Jeu 
de inott signifiant grosse canne 
quin'apasiadouceurdesplumei. 

CANARDER : Tromper.— 
• On a trop canardé les paroîi- 
siens. .. avec la philanthropie, s 
(Gavarni.) 

CANARDIER : Crieur, con- 
fectionneur de fausses nouvelles. 

— u Place au célèbre Edouard, le 
canardicr par excellence, te roi 
des crieurs publics 1 > 

(Privât d'Angtemont.) 
CANASSON : t Nom familier 
donné à leurs chevaux par les 
cochi:rs de Paris, s (Lem. de 
Neuville.} — aTraitei de canas- 
tan> les chevaux de M. de La- 
grange. « (Marx.) — On dit en 
abrégeant can'son. 

CANCAN : Se dit d'une cer- 
taine manière de danser le qua- 
drille, avec des mouvements de 
bras, de jambes, de téie et de 



croupe, non prévus par la chori- 
ftraphie régulière. Cette danie 
paraît itre née dans le quartier 
Latin, sous la monarchie de Juil- 
let; mais son nom existait déjà. 
Lx Dictionnaire du vieux langage 
de Lacombe ( 1 766) explique ainsi 
le mot cancan : — s Grand tu- 
multe ou bruit dans une compa- 
gnie d'hommes et de femmes, a 
Cela répond assez exactement, on 
le voit, à la signiHcation actuelle. 
Mi nie un Ici ^ludianll, 



(LetClUcr, t83fi,J 
a Nous ne nous sentons pis la 
force de blâmer le pays Latin, 

danse fort amusante. i(L.Huartj 
11140.)— M. Littré n'est pas aussi 
indulgent. Il dit : Cancan, sorte 
de dunse inconvenante des bals 
publics, avec des sauts exagérés et 
des gestes impudents, moqueurs 
etde mauvais ton. Mot très-fami- 
lier et m£rae de mauvais ton. (Lit- 
tré, 1(164.) V. Chahut; — a Nous 
avons le cancan gracieux, la 
saint-simonienne, le demi-can- 
n, te cancan, le cancan et demi 
le chahut. Cette dernière danse 
[ la seule prohibée. I (Alphonse 
Karr.) — c On va pincer un lé- 

:r cancan , mais bien en dou- 

^ur. s (Gavarni.) 

Voici, pour les archéologues, 

xe description exacte du cancan 

d'il y a trente-cimi ans. Elle est 

raite des Nouvelles à la main 

L'étudiant se met en plaee, las 
quadrilles sont fbrmdi. IM* li pn- 
aiMte flgore te minituteot chei toas 
uaa fttstiie de pWsir, nne wrtt le 



CAN 



- 77 - 



CAN 



bonheur gymnastique. Le danseur se 
balance la tète sur l'épaule ; ses pieds 
frétillent sur le terrain salpêtre : à Ta- 
Tant deux, il déploie tous ses moyens : 
ce sont de petits pas serrés et mar- 
qués par le choc des talons de bottes, 
puis denx écarts terminés par une Un- 
çade de oOté. Pendant ce temps, la tête 
penchée en ayant se reporte d'nne 
épaule à l'antre, à mesure qne les bras 
s'élèvent en sens contraire de la jambe. 
Le sexe ne reste pas en arrière de 
toutes ces gentillesses ; les épaules ar- 
rondies et dessinées par un chAle très- 
serré par le haut et traînant fort bas, 
les mains rapprochées et tenant le de- 
vant de sa robe, il tricotte gracieuse- 
ment sous les volans de sa jupe que 
soulèvent des petits coups de pied réi- 
térés ; tourne fréquemment sur lui- 
même, et exécute des reculades sacca- 
dées qui détachent sa cambrure. Toutes 
les figures sont modifiées par les pro- 
fesseurs du lieu, de manière à multi- 
plier le nombre des : En avant quatre 
A tous ces signes, il n*est pas possible 
de m'iconnaltre que ce qu'on danse à la 
Chaumière. C'est le... cancan. • (Ro- 
queplan.) 

CANCANER : Danser le can- 
can. — a J!ai cancané que )*en ai 
pus de jambes. » (Gavarni.) 

CANCRE : Mauvais élève. — 
Allusion au cancre de mer qui 
recule au lieu d'avancer. V. Pio- 
cheur. 

CANE : Mort. V. Cattage. — 
C'est rtieure où l'on a peur, où 
on cane, 

CANELLE : Caen. — C'est un 
diminutif avec transposition de 
la seconde voyelle. 

CANER : Avoir peur, reculer, 
plonger, comme fait une cane. 
— Vieux mot. — « Par Dieu! 
qui fera la cane de vous aultres, 
je me donne au diable si je ne le 
lais moyne. • (Rabelais.>--« Lau- 



rent de Médicis... voyant mettre 
le feu à une pièce qui le regar- 
dait, bien luy servit de faire la 
cane, car aultrement le coup qui 
ne lui rasa que le dessus de la 
teste luy donnait dans Testo- 
mach. » (Montaigne.) — « Oui, 
vous êtes vraiment français; vous 
n'avez cane ni Tun ni l'autre. > 
(Marco de Saint-Hilaire.) 

Madame prend son criard. 

Monsieur cane comme une victime. 

(Festeau.) 

CANER la pégrenne : Mourir 
de faim. (Colombey.) 

CANER : Agoniser, mourir. 
(Vidocq.) — Les approches de la . 
mort vous font peur, vous font 
caner. V. Rengracier, 

CANER : Aller à la selle. (Mo- 
reau C.) 

CAN ESON (mon vieux) : Terme 
d*amitié. Mot à mot : mon vieux 
cheval. V. Canasson. 

CANEUR : Poltron. 

CANICHE : Ballot carré. (Vi- 
docq. — Sa couverture de toile 
se prend par les coins qui for- 
ment des oreilles semblables à 
celles d'un petit chien. 

CANIF dans le contrat {doiintt 
un coup de) : Commettre une 
infidélité conjugale. — « Et puis 
ces messieurs, comme ils se gê- 
nent pour donner des coups de 
canif dans le contrat! La Gaiçette 
des Tribunaux est pleine de leurs 
noirceurs, aussi nous sommes 
trop bon nés. » (Festeau.) ~ « Elle 
avait tellement trépigné dans le 
coup de canif, que c'est à peine 
s'il restait quelque chose du con- * 
trat. » {Vie parisienne^ 55.) — « La 



CAN 



-78- 



CAP 



poste restante agrandie, c'est la 
multiplication des coups de ca- 
nif. » (Presse illustrée, 66.) 

CANNE : Surveillance de la 
haute police. — Il 7 a la canne 
majeure et la canne mineure. — 
— Être en canne : Habiter après 
avoir subi sa peine, une localité 
déterminée par Tautorité. — Se 
dit aussi abusivement pour cas-' 
:ser sa canne. 

Lass rsa canne : Quitter sans 
autorisation la ville désignée, 
rompre son ban. — « Malheur à 
lui s'il a cassé sa canne. 9 (Sta- 
rair, 1867.) 

CANON : Mesure de liquide 
en usage chez les marchands de 
vins de Paris. — Vient de cawoM 
qui signifie verre dans le voca- 
bulaire des francs -maçons. — 
nÙscar: Prenons-nous un canon? 

— Le marquis (hésitant) : Heu... 
heu... — Oscar : C'est moi qui 
paye. — Le marquis : Oh l alors. » 
(Marquet.) 

Les canons que l'on traîne à la guerre 
Ne valent pas ceux du marchand de vin. 

iBrandin, 26 ) 

CANONNIKR DE LA PIÈCE 
HUMIDE : Infirmier militaire. 

— La pièce humide est, comme 
•on s'en doute, la seringue. 

CANONNIÈRE : Derrière. 
Même allusion que dans pétard. 

CANTALOUP:Niais.-.Sy. 
nonyme de Melon. — « Ah çàl 
•d'où sort-il donc, ce cantaloup? 
Sur quelle couche M. son papa 
l'a-t-il récolté, cd jeune légume >» 
(Ricard.) 

CANTER: Galop d'essai pré- 
cédant la course. — « On dit d'un 



cheval qu'il prend son canter. » 
(Paz.) Angl. 

CANTON: Prison. (Grandval.) 
— Du vieux mot canton : coin. 
C'est dans les coins qu'on est à 
Vombre. On a de même appelé 
cosçnard le gendarme qui vous 
met dans le coin, qui vous y 
rencogne. 

CANTONNIER : Prisonnier. 
(Grandval. — De canton : prison. 

CANULANT : Ennuyeux. — 
Mot inventé par les ennemis du 
clystère. ~ <c Le colonel fait des 
siennes. En v'ià un qui peut se 
vanter d'être canulant. » 

(Commentaires de Loriot.) 

CANULE : Homme canulant. 

CANULE-R : Importuner. *- 
a C'est canulant. » (H. Mon- 
nier.) 

CANUT : oc Ouvrier en soie de 
Lyon, pauvre animal expiatoire 
du Rhône, à la face jaune et mi- 
sérable. » (Ricard.) 

C\P : Surveillant du bagne. — 
Du vieux mot cap : chef (caput.) 
— ce Le commissaire du bagne 
a sous ses ordres, pour la sur- 
veillance des forçats, un grand 
nombre d'agents. Ces divers 
agents sont divisés en agents de 
police etde surveillance intérieure 
et en gardes. Les premiers sont 
les comes ou comités, au nombre 
de trois ou quatre, les argousins 
trois, les sous-comes dix-huit, 
sous ' argousins dix -huit, et les 
cjp^,. espèces de piqueurs, pour 
diriger les travaux, jd (Moreau 
Christophe, 3y.) 

CAPAHUTER : Assassiner 
son complice pour s'approprier 



CAP 

sa part. — Du nom de Capahut , 
malfaiteur coutumier de ce pro- 
cédé. (Vidocq.) 

CAPE : Écriture. (Halbert.) 

CAPET : Chapeau. — Vieux 
mot. Capel (chapeau), se pronon- 
çait cape au moyen âge. 

CAPINE : Écritoire. (Htlbcrt.) 

CAPIR : Écrire. (Id.) 

CAPITAINAGE : Agiotage. 
(Vidocq.) 

CAPITAINER : Agioter. Mot 
à mot manœuvrer son capital. 



CAPITULARD : Homme qui 
capitule. — Cette sotte injure fut 
d'abord adressée en 1871 à une 
armée irresponsable qu'on ne 
pouvait accuserde nos malheurs. 

— c Lâche, capitulard, soldat à 
Badinguet , et autres aménités^ 
allèrent leur train. » {Éclair, 72.) 

Le terme s'est ensuite généra- 
lisé, a Tous ces trembleurs, ces 
capitulards, qui ne peuvent se 
passer du cadenas de Tétat de 
siège. 9 (Saint-Genest, 75.) 

CAPON : Filou. (Idem.) 

CAPONS : Écrivains. (Grand- 
val.) Il s'agit ici de ceux qui écri- 
vent des lettres pour les autres. 
On trouve capous dans Halbert. 

CAPORAL : Tabac à fumer. 

— Il est plus fin que celui dit de 
soldat, ou de cantine, vendu à 
un prix moindre. — «Un fumeur 
très-ordinaire brûle à lui seul son 
kilogramme de tabac par mois. t> 
(A. Luchet.) 

CAPRICE : Vive et subite af- 
fection. — <s Tu es mon caprice, 
et puisque qu'il faut sauter le 



— 79 — CAR 

pas, que du moins f y trouve du 
plaisir. » (Rétif, 1776.) — Le ca- 
price ne dure pas longtemps, 
mais il est désintéressé. — c Plus 
capable de caprice que la femme, 
entretenue, moins capable d'a- 
mour que la grisette, la lorette a 
compris son temps, et l'amuse 
comme il veut l'être. » (Th. Gau- 
tier.) 

Faire des caprices : Séduire à 
première vue, inspirer des ca- 
prices.— «J'en fais t'y des capri- 
ces! Aussi, avec une balle comme 
ça, on peut tout se permettre. • 
(Lamiral, i838.) V. Boule. 

CAPSULE : Chapeau d'homme 
affectant les petits bords et la 
forme cylindrique d'une capsule 
de fusil. V. Carreau, 



CAPUCINE (jusqu'à la troi- 
sième ) : Complètement ivre, c'est 
à-dire en ayant jusqu'au menton. 
La troisième capucine est près de 
la bouche du fusil. — « Veuillez 
excuser notre ami, il est gris jus- 
qu'à la troisième capucine. » 

(Murger.) 

CARABINE : Maîtresse d'un 
carabin ou étudiant en médecine. 
Carabin signifiait garçon barbier 
au temps où les barbiers prati- 
quaient la chirurgie et s'armaient 
de la seringue, comparée déri- 
soirement à une carabine. « Sois 
tant que tu pourras étudiante 
en droit. Carabine.» {Almanach 
du Diable amoureux, 49.) 

Son petit air mutin 
Platt fort au quartier Latin, 
C'est Flora la Carabine. (J. Choux.) 

CARABINE : Fouet du conduc- 
teur du train. — Comparaison 
ironique de son claquement à la 
détonation d'une carabine. 



CAR — 8 

CARABINÉ : De première 
force. — Terme de marine. On 
■ait qu'uD vent carabiné est lri«- 
fert. ~ <■ On t'attend à une baiisc 
carabinée ft laBourte. ■ (Vitpa- 
risienae, 68.) — a Le cordonnier 
poCte Bochart vient de le lui re- 
procher en vers carabinés, b (Le- 
guilloit.) 

Radoulci 1» ToiDkrdi et leU cbucc 

ebidnic; 
Fuytz au loia leur Tcinc : dis cil câ- 

nblaic. (Alyg«) 

CARAMBOLAGE : Ctiuie, luc- 
cetEion de chocs. — Ce terme du 
[eu de billard est passé dans le 
domainedeSBccidenti et des voies 
,de fait. — I Fixe ! A ce mot sur- 
vint un coup de roulis suivi de 
carambalageasurtoute la ligne. I 
Paris comique, août 70.) 

CARAMBOLER : Tomber, 
bire tomber en ricochant. — 
I lï.eur père qui carambole, en 
ruinant son fila et sa fille, i Bal- 
zac. 
GARANT ; Planche. <Halbert.) 
GARANTE : Table. (W.) 
CARAPATA : Marinier d'eau 
douce. — n Les carapatas sont les 
marinsdu canal de l'Ourcq, pas- 
sant leur vie sur l'eau tout com- 
me leurs confrères de l'Océan, n 
— (A. Scholl, 66.) — iLes mœurs 
des carapatas sont des mceurs à 
part. Ce sont les hommes de 
j'eau, * (Privât d'An);lemont,5o.) 
CARAPATËR (se) : Se sauver. 
(RabasK.) 

CARBELUGHE GALICE: 

Chapeau de soie. (Halbert.) — 

, Allusion à la peluche de soie qui 



— CAR 

CARCAGNO : Usuriw (Vi- 

CARCAN : Cheval étique, fem- 
me maigre, revêche. — u C'est 
pas un de ces carcans à querno- 
iine qui balayait le raacâdam. ■ 
(Monselel.) 

CARDINALE 1 Lune. - Allu- 
sion à la couleur des menstrues 
(appelées jadis le cardinal), qui 
reviennent avec la lune nouvelle. 
la rouge; 



t la c 



des 



cardinaux. — M. Francisque Mî- 
' ' ' ■ ropos une poésie 

loit cabinet. 



S'il ne vient, j'en suit aux iMl, 

J'en Inmble, j'en soupire. 
Quand an l'a perdu pour oeuf mtdi, 

CARDINALISER : Rougir. — 
« Exceptez les esc revisses que l'on 
cardinalise à la cuicte. i (Rabe- 
lais.) — dll buvait... de manière 
à se cardinaliser la figure. » (Bal- 
zac.) 

CARE (Voler à \»),earer, cari- 
beiter, — Voler un marchand en 
proposantunéchangeavantageux 

nouvelles, (Vidocq.) — Care et 
eaner sont des formes anciennes 
de charriage et de charrier (Voir 
ces mots); Caribêner est un di- 
minutif. 

GAREUR : Voleur à la cars. 
V, Carreur. 

GARCE : Balle. (Halberi.) Mot 
à mot : charge. La balle de col- 
porteur est une charge. 

CARGO r : Cantinier. — Cor- 
ruption de gargoter. V. Aide. 



CAR — 8i — CAR 

CARIBKNER : V. Care. CAROTTE : Demande d'argent 

CARLE : Argent. (Vidocq.) «ouaun faux prétexte. -«Des 

Forme françai8edeCflro/i«,m2n. f»~"^'! combien qu'y en a des 

naie qu'on commença de frapper bourgeois, et des huppés, qui ne 

sous le roi Charles VIIÏ. - «Le ^'^«"^ ^"^ ^« ?*' » (Gavarni.) 
cidrenevautplusqu'uncarolus.1 CAROTTE (tirer une) : De- 

(01.BasseIin.)—«J'«y une verge mander de Targentsous un faux 

d'or, accompagnée de beaux et prétexte. — « Nul teneur de H- 

joyeux carolus. i (Rabelais, Pan- yres ne pourrait supputer le chif- 

tagruel,\.lU,ch.XV\\)y,Bayafe. f^e des sommes restées verrouil- 

— On dit par corruption Carme, lées au fond des cœurs généreux 
CARLINE :La mort. (Vidocq.) P*** cette ignoble phrase : Tirer 

-Allusion nu nez camus de «te ctfro«e. » (Balzac.) -- Génm 

Carlin. Jadis on appelait la mort f^ ^^îf^/ ^^*«"« ""f """f^on à 

camarde, parce qu'une tête de '* fac»»«té «vcc laquelle on Ure les 

mort n'a pour nez qu'un os de ^*'"^"" / "» Jf'"''"" «"ffisam- 

très-laible saillie. On l'appelle ment préparé. Dans certaines ac- 

aussi camuse pour la même rai- ceptions, ce mot est ancien. Voir 

-^„ Carotter le service, 
son. 

CARLISTE : Dévoué à la mo- CAROTTE (tirer une) : Faire 

narchie de Charles X. On appelle "« mensonge pour connaître la 

de même Henri quinquistes les mérité. (Grandval.) 
partisans du comte deChambord Ck\KOTTE de longueur, d'épais* 

(Henri V). — a Ah! ben oui! j^iir (tirer une): C'est la prépa- 

carliste! M. Péguchet? Ben du rer de longue main, ou la tenter 

contraire, il méprise ben trop les j^r une grande échelle, 
prêtres pour ça. i (H. Monnicr.) ^iVre de carottes : Vivre en 

— « Il y avait alors à Saintc-Pé- faisant des dupes, 
lagiedeux catégories, les carlistes ^.ork-rTi? ix x m. ^ 
etles républicains. (Chenu.) „ CAROTTE : Dupé. - « M. de 

Rochegude, comme tous les petits 

CARME : Miche. (Halbert.) esprits, avait toujours peur d'être 

CARME : Argent. Forme alté- carotté, i (Balzac.) 

rée de Carie, CAROTTER : Risquer peu. 

CARNE : Abréviation de cha- Carotter, dans le sens de jouer 

rogne. - « Un morceau d' carne [^mesquinement se trouve déjà dans 

dur comme un cuir. » (Wado.) '^ Dictionnairede Trévoux, 1771. 

— « Un homme qui allait à la 

CARNE : Mauvaise femme. Bourse et qui carottait sur les 

— Même étymologie. — « Je la rentes après s'y être ruiné. » Bal- 
renfoncerais dedans à coups de zac.) 

soulier... la carne. (E. Sue.) i-tork-r-rco i-kc* • j 1. 

^ ' CAROTTER : Obtenir de lar- 

CAROTTE : De couleur aussi gent en tirant une carotte : « Al- 

rousse que la carotte. — On dit Ions, va au marché, maman, et 

des cheveux carotte, ne me carotte pas. 1 (Gavarni.) — 



CAR — 8 

« Cela ne truMI pa» mieuK pour 
UD garjon que de passer sa vie 
->earo<terîME. Augier.) 

CAROTTER , Carotter l'exU- 
ience : Ne vivre que de caroltes, 
c'MI-à-dire vivre mcsquincmeat. 
•^ ■ Il ce dfpouillaic 4e tout... Il 
sen très-heureux de vivre avec 
Duraaj en caroltant au Havre. » 
(Balzac.) 

CAROTTER (eseryice: Êludor 
•DUS de faux |irétextes les obligs- 
riona du service milîlaire. pJ'is 
dans ce dernier sent, le mot paraFl 
dsier du moyen-Age. Dana le dic- 
tionnaire Roman Wallon de 1777, 
j'ai été surprit de rencontrer son 
ancienne forme ; n Karotter : al- 
ler et venir dans une maison sans 
y rien faire. ■ — Ici karotier 
«st certainement un péjoratif du 
vieux verb: karoler : sauter , 
gambader. 

CAROTTEUR, CAROTTIER : 
Tireur de carottes. — « Aliuna, 
adieu, carotteuri » (Balzac.) — 
u Joyeux vivant, msis point gru- 
«eur el carottier. » (Vidal, 33.) 
— a Les pratiques et les carot- 
tiers excellent dans ces honteux 
«ubterfugei. ■ {La BJdolliËre.) 
V. Repincer. 

CAROUBLË : Fausse clef. 
<aranival.) V. Esquintement. 

CARO UBLE UR, caroubleur 
refilé : Voleur employant des ca- 
Toublet fabriqua sur des em- 
preintes livrées par des domes- 
tiques, des froEieurt, des peintres 
-ou des amants de servantes. Il ne 
fait point d'etTractiont; il ne vole 
que l'argent et les bijoux. — a Le 
caroubleur qui va reconnaître les 
lieux pour les dévaliser ensuite.» 
<Pb. Chaaies.) 



1 — CAR 

Caroubleur à la flan , — à fe*- 
brauffe ; Il vole aussi avec de 
fausser dett, mais au hasard, 
dans la preoiiire maison venue. 

Caroubleur au fi-ie frac : Voleu r 
avec effraction. Il emploie au lieu 
de clefs un pied de biche en fer 
sppelé cadet, monseigneur , ou 
plume. (VHocq.) 

CARQUOIS : Hotte de chiffon- 
nier. (Colombey.) Ironie mytho- 
logique, car le chiffonnier est ap- 
pela aussi CupidoH. V. ce mot. 

CARRÉ; Portion d'étage sur 
laquelle ouvrent les portes des 
divers logements. 5s forme est 
le plus souvent carrée. 

CARRÉ (faire un) : Voler avec 
effraction dans les divers loge- 

CARREAU, carreau de vitre-i 
Lorgnon monocle. — a M. Tou- 
pard, cinquante-deux ans, petite 
veste anglaise, chapeau capsule, 
un carreau dans l'ceil. a iMémoi- 
res d'une Dame du monde, ûo.) 

CARRÉMENT : Franchement, 
sans formes obliques. — « Ohl 
tu es rouge, et carrément, mon 
bonhomme. » (G. Uroz.) 

CARRER(se) : Se cacher. (HaU 
beri.) Mut à mot : se mettre dans 
un coin. V. Carruche. 

CARREUR : Forme ancienne 
du mot charrieur. 11 a la même 
signification. — u Le csrreur qui 
escamote des piices d'or ou d'ar- 
gent. ■ (Ph. Chasles.) 

CARROUBLE . V. Carouble. 

CARRUCHE : Prison. (Grand- 
val.) — Diminutif du vieux mot 
cor .-coin. (Roquefort.) Il est an- 
cien lui-mime,earon le «trouva 



CAR 



- 83 — 



CAS 



dans le patois flamand. V. Can-' 
ton, 

CAR RUCHE (comte de la) : 
Geôlier. (Id.) 

CARTAUD : Imprimerie. (Hal- 
bert.) 

CARTAUDER î Imprimer. (Id.) 

CARTAUDIER : Imprimeur. 
(Id.) 

CARTE (femme en) : Femme 
à qui la police délivre une carte 
de fille soumise. — «La fille en 
carte est libre, pourvu qu'elle se 
présente exactement aux visites 
des médecins. » (A. Béraud.) 

CARTE (être en carte) : Être 
inscrite parmi les filles soumi- 
ses. 

CARTES (prendre des) : Cher- 
cher mieux. Mot à mot chercher 
des cartes plus belles, comme au 
jeu d*écarté. Se prend au figuré 
et en mauvaise part. — « Tu me 
disais : bon ! bon ! s'il n'est pas 
content, qu'il prenne des cartes!» 
(Vadé, 1744.; 

CARTE (revoir la): Vomir. 
— On comprend l'ironie en se 
rappelant que la carte est la liste 
des mets choisis pour un repas. 

CARTON (de) : Sans valeur réel- 
le. V. Michê,Occasim (</').— Il y 
a longtemps que le carton sym- 
bolise une apparence trompeuse. 
Saint-Simon appelait déjà le duc 
du Maine, roi de carton, c'est-à- 
dire roi de cartes. 

Céladon 
De carton, 
Me prends-tu pour un' lorette? 

rH. Durand.) 
CARTON : Carte à jouer. — 



« Lorsqu*on a dîné entre amis^ 
il faut bien remuer des cartons 
pei nts pour se dégriser. » (About.) 

CARTON (donner le) : Faire 
jouer. — c Je n'ai point parlé des 
tables d'hôte où on donne le car- 
ton, c'est-à-dire où l'on fait jouer. » 
(Lespès.) 

CARTON (graisser, manier, 
remuer, travailler, tripoter le) : 
Jouer aux cartes. — II y a, comme 
on voit, des expressions pour 
toutes les mains, sales ou non. 

— « Ces quatre messiers qui tri^' 
potent le carton avec une grande 
habileté. » (Villemessant, 60.) 

CARTON (maquiller le) : 
Faire sauter la coupe. 

CARTON SAVONNÉ : Pain 
blanc. (Rabasse.) Forme altérée 
de « larton savonné. » 

CARTONNER : Jouer aux 
cartes. — « h. h! ehl vous avez 
un coup de pouce... Oui, je ne 
cartonne pas mal. d (E. Villars.} 

CARTONNEUR : Joueur pas- 
sionné. — « Ensuite la ravissante 
cartonneuse eut un instant de 
veine. 1 {Vie paris. 66.) 

CARTONNIER : Joueur de 
cartes. — « Pingaud sut le pre- 
mier débrouiller Fart confus de 
nos vieux carton niers. 1 (Alyge.) 

CARVEL : Bateau. (Colom- 
bey.) 

CASAQUIN (grimper, tanner, 
travailler le) : Kouer de coups. 
—L'habit est pris ici pour le corps. 

— <t Je te tombe sur la bosse, je 
te tanne le casaquin. d (Paillet.) 

— c Le premier ami de Pitt et 
Cobourg qui me tombe sous la 
patte, je lui grimpe le casaquin 



CAS 

et lui travaille les cdtekiKa. 
(Lombard de Langres, 1783.) 
V. Bosit, Sah>uler. 

CASCA.DER t TrJbucber, 
fiiillir. 



lU telle Hélène, 6S.) 
CASCAQER : Fair« des casca- 
dea. — ' Mi<> Leprevost a-C-elle 
appris teulameat à caecadcr? » 
(J. JaninO— « le vai» au cou- 
venl... Je suis fatiguée de casca- 
dersurles planches. ■ (Villemo t.) 

CASCADES I Vicisiiiudes, fo- 
lies. — u Sur la (erre, j'ai fait mes 
cascades. > {Robert Macatre, 
eh., 36.) 

CASCADES ! ■ Au théâtre ce 
mot dépeint les fontaisies bouf- 
fonnes, les inégalités grotesques, 
les lazzis bors de propos, les 
improvisations les plus fantas- 
ques, s (J. DuSot.) » La piice a 
paru insuffisante à un public ha- 
bituellement moins exigeant en 
tait de cascade* dramaiiques. u 
(Monselet.) 

CASCADEUR : Farceur, fai- 
•eur de cascade». — a Je puis 
dire que je suia chaque matin en- 
Tironai d'une douzaioe de casca- 
deurs. ■ (E. Villars.) 

CASCADEUSE : Femme ga- 
lante, fiu'ceuse.—i La correspon- 
dance entre le prince et la casca- 
deuse n'a rien de compromettant 
pour l'amant, s (A. Wolff.) 

CASCARET ; Écu de trois 
livres (Fr. Michel.) 

CASIMIR : Oitel. (Delvau.) 
Nomd'ftoSé donnjau vjtemeni. 



-8+- 



CAS 



CASQUE : Chapeau d'homme 
oti de femme, casquette. Ironie. 

CASQUE A AUVENT : Cas- 
quette. {Petit did, ttwgol, ^.) 
— L'auvenc est ici lavisiire. 

CASQUE A MÈCHE ; Bonnet 
de coton. — Allusion à U mèche 
qui le termine. — a U dévoilera 
les mensonges cotonneux de ma- 
dame et apportera dans le salon 
\e casque à miche de monsieur. 1 
(Th. Gautier.) 

CASQlJE(avoir son) : Étreivre, 
Mol à mot 1 avoir du vin plein 
la iCte ou le casque, comme le 
prouvent les exemples «uïvants : 
ne demande si je veux m'hu- 
er, je lui dis que j'ai mon 
casque. > (Monselet. ) — t Ils 
furent ensemble dans un cabaret 

ire quelques potsdebon vin... 

bien que ce malheureux Jean 

n donna dans le casque, s 
{L'an de plumer la poule lans 
-ier, xviii* siècle.) 

CASQUER : Donner de l'argent 
bon gré mal gré. — De eascaret, 
écu, V. Cavi, Pognon. — « Le pe- 
tit Polonais castjuera. Vive la 
Russie! d (Claretie.) 

CASQUETTE: Chapeau de 
femme. — <t Cré chien I Lolse, 
t'as là une casquette un peu 
chouette, i (Gavarni.) 

CASQUETTE : Ivre. Mot à moi, 
ayant son casque. 



iM-jc tnaoqud, soit 1 
De l'apporter ma soif 



CASQUETTE :« Être casquette 

un autre leni : c'est manquer 

de distinction, c'est d'avoir dans 



-83 - 



CAS 



le« roanîtres quelque choM de 
rude, d'un peu brutal, coma 
gens dont la casquette e; 
coiFure ordinaire. ■ (Mané, 62.] 
CASQUETTE : Argent perdi 
au caK, — De ctaquer, payer. — 
« Le cafi! Voltaire, créancier du 
liaiisle pour des casquettes pj. 
ramidalca. b (Michu.) 



CASSANTE : Dent. (Halbert.) 
Dans ces deux acceptions, l'effet 
est pris pour la cause. La noU 
■ette se casse et la dent casse. 

CASSE : Bris accidentel de 
verres ou de porcelaine dans un 
café ou un restaurant. — a Dans 
beaucoup de villes, le maître d'hA- 
tel marié prend dea pourboirea, 
une partpoar sa femme, une part 
pour ses enfants, une part pour 
la eaaie, etc. » (A. Luchet) 

CASSE ; Rognures et raclures 
de pâtisseries vendues à deui 
sous le cornet par des pAtissiers. 

CASSE (je t'en) : Ce n'est pas 
pour toi. (Haibert.) Mot i mot 
et ironiquement : je casse pour 



CASSE -NOISETTES : Tête 
dont le neï et le menton se rap- 
prochent comme les pinces d'un 
casse- noisettes. La perte des dents 
donne souvent cet aspect aux 
ligures de vieillards. — n Us M- 
neurs du quartier les avaient sur- 
nommés les deux Casse-Noiset- 
tes. . (Baliac) 



CASSE-POITRINE : r Cetts 
boutique est meublée de deux 
comptoirs en étain où se débi- 
tent du vin, de l'eau-de-vie et 
toute cette innombrable famille 
d'abrutissants que le peuple ■ 
nommés , dans son énergique 
langage, du Casse-Poitrine. x(Pr. 
d'Anglemont.) — a Ces demoi- 
selles n'ont plus la hculté de se 
faire régaler du petit coup d'é- 
irier,consistantencasse-poitnne, 
vespetro, camphre et autres in- 
grédients. > {'Pétition dea JlUet 
publiques de Farii, 3o.)— Se di- 
sait autrefois du vin tris-acide. 
V. BrEo/rt. 



CASSEMENT DE PORTE : 
Vol avec effraction. (Rabasse.) 

CASSER : Manger. Mot A mot : 
casser avec lesdents. — a J'avions 
déji cassé trois ou quatre gigota, 
cinq ou six cochons de lait, et 
piice de boeuf à la mode. ■ 
(Vadé, 1744.) V. Caster le cou. , 

CASSER : Dénoncer. — Abrév. 
de casser du sucre. — ■ Part- & 
deux, ou je casse sur toi. » (Du 

CASSER [se la) : S'enfuir. — 

Vous vous esbignez. Us se la 

cassent, i {A. Second.) — s C'est 

assommant ici. Je me la casse. 

Cassons-nous-la. • (K. Villars.) 



grand train, au risque de 
casser. Se dit maintenant 
de tout. V. Uinguer. — ■ Que 



CAS 



— 86 — 



CAS 



tu es belle! sp^endide! à tout 
•casser. » (E. ViLars.) 

CASSER DU BE J :Sentirmau- 
vais. — Casser a ici le sens de 
couper, ce qui donne, mot à mot : 
couper de son bec... celui des 
autres. V. Couper la Gueule, 

CASSER DU GRAIN : Ne pas 
faire ce qui est commandé. (Del- 
yau.) 

CASSER DU SUCRE : Dénon- 
•cer. (Rabasse), -^ médire (Del- 
vau.) — « Il en est qui, pour 
amoindrir leurs peines, cassent 
«lu sucre sur leurs camarades. » 
{Stamir, 67.) 

CASSER LA GUEULE : Frap- 
per au visage. 

CASSKR LA H ANE : Couper la 
bourse. (Halbert.) — Vieux mot. 

CASSER LE COU : Manger. 

— a Chère belle, ne vîendrez- 
-vous pas casser le cou à un fri- 
•candeau ce soir?» (Lespès, 1866.) 
•^ c Viens-tu casser le cou à une 
gibelotte? d (Nadar.) 

CASSER LE NEZ (se). —Trou- 
ver porte close. Mot à mot : se 
casser le nez contre une porte 
qu'on croyait ouverte. 

CASSER SA CANNE, CASSER 
SON PIF : Dormir. — Allusion 
à la position d'un dormeur dont 
ia tête perd son point d'appui et 
s'incline brusquement en avant. 

— ils cassent leur canne... ils cas- 
sent leur pif.» (Villars.) V. Orgue 
(jouer de W) 

CASSKR SA CANNE : Être 
bien malade. (Rabasse.) 

CASSER SA CANNE : Rompre 
son ban y quand on est sous la 



surveillance de la justice. Voir 
Canne, 

CASSER SA PIPE : Mourir. 
(Rabasse.) 

CASSER SON ŒUF : Faire 
une fausse couche. 

CASSKR SON PIF : Dormir. 
V. Casser sa canne, 

CASSER SON SABOT, SA 
CRUCHE 2 Perdre sa virginité. 
— Souvenir des chansons d'au- 
trefois où ces à-peu-près galants 
dominaient. 

CASSER UNE PORTE : Voler 
avec effraction. 

CASSEROLE (passer par la) : 
Être en traitement pour la syphi- 
lis. On disait autrefois /^oss^r sur 
les réchauds de saint Corne, 

Comme le vieux jeu de mots 
aller en Suède, l'une et Tautre 
expression font allusion à la cha- 
leur requise par les sudorifiques 
qui jouent un grand rôle dans la 
cure. 

CASSEROLE : Dénon- 
ciateur, femme dénonçant à la 
police. (Halbert.) — Vient de cas- 
ser, V. ce mot. Il est à noter que 
le dénonciateur s'appelle aussi 
cuisinier, que dénoncer c'est man- 
ger le morceau ou se mettre à 
table, — « Tout le monde a peur 
des coqueuses qu'on appelle en* 
core des casseroles ou des mou- 
tons. » (P. de Grandpré.) 

CASSEUR : Tapageur, prêt à 
tout casser. (Dhau tel, 08.) — uLa 
manière oblique dont ils se coif- 
fent leur donne un air casseur. • 
(De La Barre.) 

CASSEUR : Dénonciateur. 
V. Casser du sucre. 



CAS 



-87- 



CAT 



CASSEUR DE PORTES : Vo- 
leur avec effraction. (Halbert.) — 
Vêtus de toile bleue comme des 
ouvriers, ils marchent par trois 
le soir dans les rues, entrent dans 
les maisons mal gardées, frap- 
pent aux portes des logis non 
éclairés, et les forcent, si on ne 
répond pas. l'n fait le guet, les 
deux autres opèrent. (Rabasse.) 

CASSINE : « Ce mot signifiait 
autrefois une petite maison de 
campagne; maintenant, il n*est 
plus d*usage que pour dire un 
logement triste et misérable. » 
(Dhautel, 08.) — Diminutif de 
Case : « Ah 1 ben, vous n*étes pas 
dégoûté 1... voilà une cassine. Je 
sors de la cuisine, c'est à faire 
lever le cœur, un vrai fumier, 
quoill 1 » (Mar^uet.) 

CASSOLETTE (ouvrir sa) : 
Vesser. Mot à mot : répandre 
des parfums trop connus. 

CASSURE: Débit accentué. ^ 
a Le brio et la cassure (encore un 
mot commandé par la situation) 
nvec lesquels elle (mademoiselle 
Silly) enlève à gosier déployé son 
rôle de Béatrix. » ( Vie parisienne, 
65.) 

CASTE DE CHARRUE : Quart 
d'écu. (Halbert.) 

CASTOR : Officier de marine 
évitant les embarquements et les 
expéditions de terre ferme. — Le 
castor bâtit volontiers sur le ri- 
vage. 

CASTORIN : Chapelier. (Al- 
vtanach des Débiteurs, 5i.) Mol 
à mot : marchand de castors. 

CASTORISER : Dans la ma- 
rine, c^est éviter les embarque- 
ments. Dans Tannée de terre, c'est 



voyager peu ou point, et te per- 
pétuer dans des garnisons agréa- 
bles. — a Pélissier (le maréchal) 
disait ; la garde impériale casto* 
rise. » (cluseret, 68.) 

CASTROZ : Chapon. (Grand- 
val.) C'est castrat, avec change- 
ment de finale. 

CASTU : Hôpital. (Grandval.) 
— Forme abr^ée de castuc, à 
moins que ce ne soit une équi- 
voque sur la grande phrase de 
rhôpîtal : QÙiaS'tu? (que res- 
sentez-vous C'est ainsi qu'on 
appelle les douaniers qu'as-tu là. 

CASTUC : Prison. (Vidocq.) 
Du mot castel, château. V. Ra" 
vignolé. 

CATÉGORIE (I", a-, 3-) : 
Cesdivisions, qu'une ordonnance 
(vers 1800) avait rendues offi- 
cielles pour la vente de la viande 
de boucherie, ont été adoptées 
par les gouailleurs pour coter le 
degré de distinction de celui-ci 
ou de celle-là. On a dit une fem- 
me de troisième catégorie^ comme 
une femme du quart de monde : 
«( Docteur, je t'abandonne Bac- 
chante. Je la dépècerais bien, mais 
les morceaux seraient de troisiè- 
me catégorie, et le veau est en 
baisse. » (Michu.) 

Le terme a fini par s'étendre à 
tout, en niultipliant à l'infini le 
nombre des catégories. -^ c Les 
amateurs se disputent des croûtes 
de sixième catégorie, auxquelles 
on a mis un faux nez. d (E. Fre- 
bault.) 

CATOGAN : Chignon de femme 
volumineux noué au niveau de 
la nuque par un paquet de fk» 
veurs. (Modes de 66.) 



CAV 



- 88 - 



CEN 



Quand faperçois le catogan 
De cette charmante personne, 
Accompagné de son ruban 
Dont le long bout dépasse une aune. 

(E. Villars.) 

CAUCHEMAR : Homme en- 
nuyeux à l'excès. (Dhautel.) Mot 
à mot : vous oppressant comme 
un cauchemar. 

CAUCHEMARDANT : Insup- 
portable. — « C'est cauchemar- 
dant. » (Jaime fils.) — a Pour en 
finir avec cette profession si af- 
freusement cauchemardante. » 
(PariS'ÉtudiaM, 64.) 

CAUCHEMARDER : Être cau- 
chemardant. — « Pour abriter sa 
conscience contre certains hom- 
mes noirs qui pourraient venir le 
cauchemarder. » {Physiologie du 
parapluie, 41.) 

CAVALCADES : Vicissitudes 
galantes. « Ça fait des manières, 
un porte-maillot comme ça. — 
Et qui en avait vu, des cavalca- 
des. » (Gavarni.) 

CAVALE : Fuite, action de se 
cavaler. « La cavale est plus dif- 
ficile que lago. » (Rabasse.) 

CAVALER (se) : Fuir avec la 
vitesse d'un caval ou cheval (vieux 
mot). — « Il faut se cavaler et 
vivement. » (Chenu.) V. Feston, 
— a Nous nous cavalons, moi et 
Todore, du côté du Temple. » 
(Monselet.) — « Ces promesses 
avaient cavale mon esprit et mon 
courage. 1 (Lettre mystique tou- 
chant la compiration dernière, 
Leyde, 1702.) * 

CAVALLE : évasion. (Petit 
dictionnaire d'argot, 44.) Mot à 
mot : action de se cavaler. 

CAVE : Dupe. Mot à mot : 



tombé dans un trou, une cave. 
— Même image dans enfoncé, cas- 
que. 

CAVÉE : Église. (Halbert.) — 
Elle est voûtée comme la cave. 

CE : Argent. (Rabasse.) Voir 
Chêne, 

Tout de ce : Très- bien. (Vi- 
docq.) 

CELUI DE (avoir) : Avoir l'hon- 
neur de. — Usité par moquerie 
des politesses exagérées de la pe- 
tite bourgeoisie, où Ton avait 
à cœur de répondre : J'ai celui 
de, etc., à l'interlocuteur qui 
vous avait dit : j'ai eu l'honneur 
de, etc. — a Mam'selle, aurai-je 
celui d'aller avec vous? » (J. La- 
dimir, 41.) 

CENT COUPS (ïaire les) : Com- 
mettre des actes de folie, de dé- 
sespoir. — > « Tu peux foire les 
quatre cents coups dans la cité. » 
(E. Sue.) 

CENTRALE : Prison centrale. 
— a Les centrales, comme disent 
les voleurs, sont les prisons dont 
ils craignent le plus le régime 
sévère. » (Figaro, 76.) 

CENTRE : Nom. (Vidocq), 
état civil. (Rabasse.) 

Faux centre, Centre à Vestor^ 
guê : Faux nom : V. Estorgue, 

Coquer son centre : Donner son 
nom. V. Ravignolé. 

CENTRE DE GRAVITÉ : 
Derrière. —« Il se risque... Ne fré- 
missez pas, belle lectrice; les don 
Juan sont très-forts sur la gym - 
nastique. Dès leur plus tendre en- 
fance ils se sont exercés à tomber 
sur leur centre de gravité. C'est 
là-dessus que don Juan est tom • 
bé. 1 (E. Lemoine.) 



CER 



CENTRIER : Député du centre 
consenrateur sous Louis-Philip- 
pe. V. Ventru : « Moreau ! Mais 
il est député de l'Oise. — Ah ! 
c'est le Cimeux centrier. » (Bal- 
sac) 

CENTRIER, CENTRIPÈTE : 
Soldat du centre, £intas^n. 

CERBÈRE: Portier malhon- 
nête et grondeur comme le Cer- 
bère de la fable : — « Misérable, 
disait -elle au cerbère, si mon 
mari le savait. — Bah! Iépond■i^ 
il... un terme de payé, ça aide. » 
(Ricard.) 

CERCLE : Pièce d'argent. — 
Allusion de forme. 

CERCLE (pincer, rattraper, 
repincer au demi-) : Prendre à 
l'improviste.— Terme d'escrime. 
— « Filons... je connais l'escalier 
de service... Aie! pinces au dcmi- 
cercle. » (Villars.) 

CERCLE : Tonneau. ( Vidocq.) 
Allusion aux cercles retenant les 
douves. 

CERCUEIL: Bière, boisson. 
Jeu de mots. V. Cogne, 

CERF : Mari trompé. — Allu- 
sion de cornes. 

L'amant quitte alors sa conquête 
Et le cerf entre à la maison. 

(Béranger.) 

CERF (se déguiser en) : Courir. 
Allusion à la vitesse du cerf. 
V, Ballon {se lâcher du), 

CERF- VOLANT : Femme dé- 
pouillant les enfants mal sur- 
veillés par leurit bonnes. — Jeu 
de mots. Elle vole dans les jardins 
publics où vole aussi le jouet dit 
serf-volant. 



— 89 — CHA 

CERISIER : Cheval aussi mau- 
vais que les bidets qui portent 
des cerises au marché. — On dît 
d'un mauvais cavalierqu*il monte 
en marchand de cerises. (Dhau- 
td.) 

CES : Ce pronom a parfois une 
valeur ironique particulière lors- 
qu'il est placé devant les substan- 
tifs. — c On a donné à ces dames 
que voici le nom de musardines. » 
(Alb. Second.) —Bérangera chan- 
son né ces demoiselles. 



ChSARIEN : partisan du pou- 
voir absolu et surtout du pouvoir 
Napoléonien. — a L'abus du par- 
lementarisme favoriseceque nous 
appelons les (^sariens. » (P. Aio^ 
niteur, 5 août 75.) 

CHABANNAIS, CHABANAIS : 
Bruit. — « Il m'embête, votre pu- 
blic. En font-ils du chabanais. » 
(Déccmbre-Alonnler.) 

Ah I ça prend dans les rues ? 

Le chabanais, ça mousse. (Sardou.) 

CHACAL : Zouave. (Dans 
l'argot militaire d'Afrique.) 

CHAFRIOLER : Se complaire, 
c L'atmosphère de plaisirs où il 
se chafriolait. d (Balzac.) 

CHAHUT : Dispute. — « Je 
n'ai jamais de chahut avec José- 
phine comme toi avec Millie. » 
(Monselet.) 

CHAHUT : Cancan populaire. 
— «La chahut comme on la dan- 
sait alors était quelque chose de 
hideux, de monstrueux; mais 
c'était la mode avant d'arriver au 
cancan parisien, c'est-à-dire à 
cette danse élégante, décemment 
lascive lorsqu'elle est bien dan- 
sée. Aujourd'hui le cancan en 



CllA 



Ticola moderne triomphe, U 
«liahut D'eit plus gui» con- 
nue que de* titii des Funam- 
bulet. ■ (Pr. d'Anglernoni , fii.) 
— aUn earacttre d'immoralité el 
d'indécence comparable au cha- 
hut que dansent les fauboL'i 
franfais dans les salons de D£- 
-nojera. » (Manslon, 33.) 



M.) 

CHAHUT; Mil^e, remue-, 
iiafie. — « La cavalerie rnooi 
j:heval. Calait un chahut, 
boucan général. ■ Commentaires 
de Loriot. ) 

CHAHUTER : Faire tapage 
■danser le chahut.— « Ça mettra li 
vieux Chariot en gaité... il cha- 
hutera sur sa boutique, a E. Sue. 



Sur le* bordi du noir Cocyte, 
ChahuluBl le ileui Caran, 
Nous r flcta'rooi daas la marmite,! 
(ChanioH dt ea»oUeri.) 



CHAILLOTI (A) ! Allez ' 
-promener! Mot à mot : Ail 
Chaillotl Cette injure, fort 
lée, daterait, selon M. Louis 
bach, qui s'en est occupé dans le 
Figaro, de l'année 1784, où la 
•construction du mur d'enceinte 
consterna tellement les habitants 
de Ctaaillot que le nom d'ahuris 
'leur est resté. 

Pour notre part, nous avons 
constaté qu'en itJsG ce terme d'à- 
huri Je Chaillol était encore po- 
ruUire, car le Dictionnaire pro- 



— 90 — CHA 

verbial de Caillot lui donne une 
place : it Ahuri, surpris, étonné. 



Un dit i Paria : 
Chaillot. > 

Il convient d'ajouter que 
village de Chailloi était autrer< 



plaisants. — Quand on parlait 
d'une Agnès de Chaillot c'éiaii 
pour désigner une HHe suspecte. 



I Ah! 



:iel! disi 



même, celte Agnès de Chaillot 
serait-elle de ce pays-ci îi ( Voya- 
ge de Paris à Sainl-Cioiid, 1 754.) 
( A Chaillot les gêneurs I veut 
dire tout simplement : Au diable 
les ennuyeux! 1 (Mané, Paristf- 
fronti, 63.) 

J' crois la proposïtion hannfte 

En l'alTrant mon CŒkir et ma main. 



(Aufl. Hardy.) 

CHAIR A CANON : Soldat. — 
■ L'homme ne fut plus, comme 
on disait sous l'Empire, de la 
chair à canun. j> (fi' Véron.) 

CHAIR HUMAINE (vendeur 
ou marchand de) : Proxénète ; 
Agentde remplacement militaire. 
— Au xviii' siècle, on donnait 
déjà ce nom aux sergents recru- 



CHALOUPE ; Femme au (U- 
pon gonilé comme une voile de 
chaloupe. — « C'te chaloupe! ■ 
crie un gamin de Gavarni der- 
rière une élégante. 

CHALOUPE ORAGEUSE 1 

Cancan échevelé. — Comparai- 

de la danse au roulis d'une 

chaloupe. — « ils chaloupaieot 

WaOïiMvnMta.» {Étudiants,^.) 

Ohé! les danseurs I qui est-cs 



CHA 

qui TCul du cancan et de la cha 
loupe i morl? ■ — (E. Bourget, 
1845.) — V. Tulipe. 

CIEALOUPER : Dantcr la cha~ 
l'jupt^ faire débauche. 



(Poincbou 

CHAMBARDKR : Bousculer. 
— Terme de marine. 

CHAMUERTER ; Être indis- 
cret (Rabasse.) 

CHAMBRE DE SURETtî ; 
Prisott île la Conciergerie. (Sia- 

CHAMBRE DES PAIRS : Ba- 
gne. — C6ti des condar 



laborieui. Quelle citoyenne d« 
quartier Bréda peut en dire an- 
tanll > (Commerson.) 



CHAMP DE NAVETS ; 



Un 



. Les autrea ii 



t les députés. 



CHAMEAU : Femme de mau. 
Taise vie. — On dit aussi : Cha- 
meau d'Egypte, chameau à deux 
£oM», ce qui parait une alli 
à la mise en évidence de certains 
appas. Celle épithile passe 1 
pour dater de la campagne d'E- 
gypte, pendant laquelle nos sol- 
dais, profonds analogistea, au- 
raient été frappés de la docilité 
avec laquelle le chameau se cou~ 
chait pour recevoir son fardeau. 
Tel est du moins Tavis de VEn- 
cyclopediana. — n Qu'est-ce que 
lu dis \k, concubinage f coquine, 
c'est bon pour loi. A-t-on vti ce 
chameau d'Egypte) ■ (Vidal, 33.| 
— « Cette vie n'est qu'un désert, 
avec un chameau pour faire le 
voyage et du vin de Champagne 
pour se désaltérer.» (F. Ueriège, 
4î.) — ■ Il n'y a pas d'affror 
pour une femme appelée eha- 
nitoM,'' Cet animal est sobre 



c d'Ita- 
lie se rendant k ce triste cime- 
riire connu loua le nom de Champ 
de Naveta. ■ (A. d'Aunay, 75.} 

CHAMP [Champagne.— s //o- 
ria. Ohl... du champ ! — ^ofe... 
agne , — Maria. Qu 'est-ce q u e vous 
avex donc? — Éole. On dit du 
Champagne. — ^drt'a. Ah bahl 
où avei-TOuB TU çaï (Th. Bti^ 

CHAMPAGNE, fine champa- 
que : Eau-de-vIe Une. — Du 
nom d'un TÏIlage de la Charente- 
Inférieure. — a Nous lui ferons 
prendre un bain de fine Cham- 
pagne. > (Cochinat.) — On dit 
Clément : un petit verre de 
fine, ou de ehampanne. 

CHAMPOREAU : Boisson 
tris-goQtée en Algérie^ Tous lei 
cabarets portent su rieur enseigne 
celui de l'i 



-. U chan 



: fait e 



. foutant une liqueur quelconque 

àducaféaulalttris-étendud'eau; 

il y a le champoreau au rhum, 

cbamporeau au kirsch, etc. — 

On j boit des champoreaux 

u lait, du café et du rhum), ce 

qui n'est pas mauvais. ■ {Çomtn, 

de Loriot.) 

CHANÇARD : Favorisé par la 
chance. — « Chacun se sauve 
il peut. Je parle deachan- 
fards. > {Commentaires de t.o- 

riot.) 



CHA - 92 - CHA 

de la chandelle, — quand on ne singulier, c'est que les premiers 
la mouche pas. exploiteurs étaient morts ou reti- 
ra u a KTTMrr r c> c* M ^ . rés Evec leurs rentes, et avaient 
CHANDELLE : Fusil de muni- ^^^ ^ ^^ .uccesseurs leur part 
don.-Ue««)mme la chandelle, j^„g i-exploitation de M. X.ÎTa 
long, rond, et il en Mrt une ^y^ uimestre, un coup de 
flamme quand on y "»" 1« fe"- sonnette se faisait régulièrement 
Are '«Sî^»' -?. ?"«^« ^*f ": entendre dans la maison habi- 
*//«.- Être conduit par quatre ,„ç„^^„j ,^ tranquille du sa- 

ioidatt. vant; ce coup de sonnette faisait 

CHANDELLE '.Bouteille. «Nous tressaillir le pauvre homme : 

allons chez le marchand de vin c'était la diffamation qui venait 

et je demande une chandelle à réclamer le prix de son silence. 

12 sous. » {La Correctionnelle.) Et M. X... a payé comme cela en- 

CHANOINE, CHANOINESSE: i"!™" '°°'.°°,° ^"."'*- ^"''" '* 

Rentier, rentière. (Colombey.) E7eTa vS S urdJu"; 

Assimilation de J. rente à la p.^- f^^^t ^ly^':;:^,^^!^^. 

bcnde du canonicat. .^^^ j^ jj x... ne vivront doré- 

CHANTAGE : Extorsion d'ar- navant qu'aux frais de l'État. » 

gent sous menace de révélations (Figaro.) 

scandaleuses. - « L* chantage, cHANTER : Être victime d'un 

rtst la bourse ou 1 honneur. . chantage. - « Tout homme est 

(Balzac.) - « Le chanuge existe gusceptible de chanter, ceci est 

partout. Et celui que l'on punit ^j^ J^^ générale. Tout hora- 

n'est pas toupurs le plusdange- ^^ , quelques défauts de cui- 

reux. Il y a le chantage en gants ^,^ ^J.., ^.^^ soucieux de 

paille, qui sexerce dans un sa- ,^^^,^;î (Lcspèg.) 

Ion, qui prend des airs de vertu, ^ ^ * 

qui, du haut de son équipage, éda CHANTER (faire) : Rendre 

housse le passant ; celui-là, on ne quelqu'un victime d'un chantage, 

l'atteint pas! Mais le tribunal est Mot à mot : faire chanter (résun- 

la terreur de ces exploiteurs de ner) ses écus. Clianter plus haut 

bas étage qui proposent aux gens voulait dire jadis donner une plus 

craintils et aux pusillanimes une forte somme. Le Dictionnaire de 

terrible alternative : la bourse ou VA cadémie le donne avec ce sens. 

le déshonneur ! — « Puisque Targot court au jour- 

tt Nous avons vu autrefois au d'hui les boudoirs, nous dirons 

Palais un vieux professeur, fort que foire chanter signifie obtenir 

connu, savant éminent. Ce mal- de Targent de quelqu'un en lui 

heureux, depuis un demi-siècle, faisant peur, en le menaçant de 

était exploité par une bande de publierdes choses qui pourraient 

misérables qui lui demandaient nuire à sa considération, ou qu'il 

de l'argent sous peine de lui im- a pour d'autres raisons un grand 

puter un vice ignoble. Le profes- intérêt à tenir ignorées. » (Ro- 

seur avait craint le scandale; il queplan, 41.) — u Faire chanter, 

avait payé. Ce qu'il y avait de :'est faire payer une chose qu'oie 



CHA 



-93- 



CHA 



ne doit pas. » (Dhautel, 08.) — 
Ce dernier exemple, qui est le 
plus ancien, ne semble pas don- 
ner au mot sa signification pré- 
cise d'aujourd'hui. 

CHANTERELLE (appuyer sur 
la) : Toucher à un endroit sen- 
sible, ou serrer la gorge de quel- 
qu'un à le faire crier. — Assimi- 
lation de la Yoix à la corde aigué 
du violon. 

CHANTEUR :«Le chanteur 
s'est procuré un document im- 
portant; il demande un rendez- 
Yous à l'homme enrichi. Si l'hom- 
me compromis ne donne pas une 
somme quelconque, le chanteur 
lui montre la presse prête à l'en- 
tamer, à dévoiler ses secrets. 
L'homme riche a peur, il finance. 
Le tour est fait. Vous vous livrez 
à quelque opération périlleuse, 
elle peut succomber à une suite 
d'articles : on vous détache un 
chanteur qui vous propose le ra- 
chat des articles. » (Balzac.) — 
Vidocq déclare chanteurs : f les 
journalistes qui exploitent les ar- 
tistes dramatiques ; 2« les faiseurs 
de notices biographiques qui les 
offrent à tant la ligne ; 3* ceux qui 
proposent à des prix énormes des 
autographes ayant trait à des se- 
crets de famille. — « Sans comp- 
ter, ajoute-t-il, mille autres fri- 
pons dont les ruses défraieraient 
un recueil plus volumineux que 
la Biographie Micliaud. > 

On nomma enfin chanteurs\t% 
hommes exploitant la crainte 
qu*ont certains individus de voir 
divulguer des passions contre na- 
ture. Ils dressent à cette fin des 
jeunes gens dits Jésus qui leur 
fournissent l'occasion de consta- 
ter des flagrants délits sous les 



faux insignes de sergents de ville 
et de commissaires de police. La 
dupe transige pour des sommes 
considérables. » (Canler.) — La- 
cenaire était chanteur de cette 
classe, et a consacré à ce métier 
quelques pages de ses Mémoires, 
36. 

CHANTILLY f Dentelle de 
Chantilly.— a J'ai là une confec- 
tion de velours avec des Chan- 
tilly. » (Alm, du Hanneton.) 

CHAPARDER : Marauder. — 
De chat-pard : chat tigre. — « La 
veille, il avait chapardé dans le 
village une grosse bûche. » {Alm» 
du Hanneton, 67.) 

CHAPARDEUR : Maraudeur, 
voleur. — « Si le sergent-major 
et le fourrier n'étaient pas aussi 
chapardeurs, nos rations nous 
suffiraient. » {Commentaires dé 
Loriot,) 

CHAPELET DE S» FRAN- 
ÇOIS : Chaîne attachant un con- 
damné. (Rabasse.) 

CHAPELLE (faire) : Relever 
sa jupe pour se chauffer à un feu 
de cheminée. 

CHAPON : Moine. (Colombey.) 
— Allusion à la chasteté obliga- 
toire. 

CHARABIA : c Toutes ces af- 
faires se traitent en patois d'Au- 
vergne dit charabia » (Balzac.) 

CHARABIA : Auvergnat. — 
« Que penseriez-vous d'un hom me 
qui n*e8t ni Auverpin ni Chara- 
bia. » (Pr. d'Anglemont.) 

CHARGÉ : Ivre. Mot à mot, 
qui a sa charge de boisson. 

CHARGER : Pour les cochers 
de fiacre, c'est prendre des voya- 



CHA 



— 94 - 



CHA 



geurs. Mot à mot : charger leurs 
voitures. 

CHARIER : Chercher à savoir. 
(Rabasse.) 

CHARIEUR : Celui qui cher- 
che à savoir. (Id.) 

CHARLEMAGNE (faire) : Se 
retirer du jeu lorsqu'on est en 
gain, sans plus de façon qu'un 
roi. — Il parait que les rois avaient 
ce privilège sans manquer aux 
usages. 

Ce terme contient en même 
temps un jeu de mots sur le roi 
de carreau, le seul dont le nom 
soit français. — « Le lansquenet 
fait fureur... Ah! c'est qu'il est 
commode de pouvoir faire Char- 
lemagne sans rougir, et Charlè- 
magne est le roi du lansquenet. 
On se trouve en gain , on quitte 
la table et tout est dit. «(E.Arago.) 
— a Le jeu est agréable parce 
qu'on n'est point poli. On s'em- 
porte et l'on fait Charle magne. » 
(Stendhal, 1826.) — a Si je gagne 
par impossible, je ferai Charle- 
magne sans pudeur. » (About.) 

CHARLEMAGNE : Poignard 
d'infanterie. — Allusion à l'épée 
du grand monarque. 

CH ARLOT : Malin. (Rabasse.) 

CHARLOT : a Le peuple et le 
mondedes prisons appel lent ainsi 
l'exécuteur des hautes œuvres 
de Paris. » (Balzac.) 

Le mot est ancien : « J't'avons 
vu faire la procession dans la 
ville, derrière le confessionnal à 
Chariot casse-bras, qui t'a marqué 
à l'épaule au poinçon de Paris. » 
(Vaué, 1744.) — a Que Chariot 
vous endorme ! Tirez d'ici, meu- 



ble du Châtelet. » (Idem.) V. 
Garçon, 

On disait Cfiarlot casse-brav, 
par allusion à la roue sur la- 
quelle il cassait les bras des con- 
damnés. 

CHARMANT, CHARMANTE : 
Galeux, galeuse. (Halbert.) 

CHARMANTE : Gale. — « La 
charmante y fait gratter bien des 
mains, aussi la visite était-elle 
rigoureuse, d (Vidal, 33.) 

CHARON : Voleur. (Vidocq ) 

— Diminutif de Chameur, 

Dessus le pont au Change 

Certain agent de change 

Se criblait au charon. (Vidocq.) 

C H ARPENTER : Tracer la 
charpente, le scénario d'une pièce. 

— a As-tu vu la pièce d'hier ? — 
— Oui, c'est assez gentil. — Est-ce 
bien charpenté? — Peuh 1 couci- 
couci. » (La Fizelière.) — « Dans 
l'art dramatique, les gens de let- 
tres ont bien voulu me recon- 
naître une importante qualité , 
celle de charpenter une pièce. » 
(Alex. Duval, 33.) 

CHARPENTIER : Collabora- 
teur chargé de charpenter une 
pièce. — a II n'est pas si facile de 
se montrer un habile charpen- 
tier. » (A. Second.) 

CHARRIAGE : Escroquerie. — 
Action de charrier. V. Charrier, 

CHARRIAGE A L'AMÉRI- 
CAIN tC : « Il exige deux com- 
pères : celui qui fait l'Américain, 
un faux étranger qui se dit Amé- 
ricain, Brésilienetdepuisquelque 
temp^ Mexicain, 2* celui qui lui 
sert de leveur ou de jardinier. 
Le leveur lie conversation avec 



CHA -9 

Min 1m oalft qui pumiaMnt por- 
ter quelque irgent. Puil onreil' 
conlre VAmérictiiii qui leur pro- 
pose d'échanger une forte somme 
en or contre une moindre somme 
d'argent. La dt.pe accepte et voit 
bieniAi les charrieun s'éloigner, 
en lui laissant contre la tomme 
qu'il débourse des rouleaux qui 
contiennent du plomb au lieu 
d'or. » (Canler.) — On l'appelle 
aussi mI à Famiricaine et vol au 
change. — Avec le temps l'Amé- 
ricain s'est démoda. Il est de- 
) successivement un Brési- 






rt Mcxici 



CHARRIAGE AU POT : Il dé- 
bute de la mime fsfon que le 
précéd ent.Seulementl'Américain 
offre A ses deux compagnons d'en- 
trer à ses frais dans une maison 
de dcfbauche. Par crainte d'un 
irol, il cache devant eux dans 
un pot une somme considérable. 
Plus loin, il se ravise et envoie 
In dupe reprendre le trésor apr*a 
lui avoir fait déposer une cauiio 
avec laquelle il disparaît, tandi 
que lemalheureux vadéterrer u 
trésor imaginaire. 

Charriage au cofret. — Variété 
moderne du précédent. L'Ai 
ricain confie Aunedamede coi 
toir un coffret fermé à clé dans 
lequel il a fait voir préalablement 
des rouleaux de piices d'or. Il re- 
vient de la journée, il a besoin 
d'argent et il a perdu ta clé du 
colfret. On lui fait une avancée 
il ne reparait plus. Le coffret m 

CHARllIAGE A LA MÉCA. 
NIQUE : Un voleur pette soi 
mouchoir au cou d'un passant e 
le porte i demi étranglé sur se: 
épaules pandant qu'un complict 



CHA 

le dévalisa. • - Ce genr« de char- 
riage t'appelle maiDi«naiitMltfir 
pèrt Français, 

CHARRIER : Voler quelqu'un 
en le mystifiant, dit ^^docq. — 
Du vieux mot charier : myalifierr 
qui est encore usité dans le dia- 
lecte flamand. Mot t mol : mener 
en chariot. II etti noter que rou- 
ler a conservé un lent analogue. 
CHARHICUR, CHARRON, 
CAREUR r Voleur pratiquant 
le charriage. — Mfme observa- 
tion que ci-dessus pour !e mot. 



CHASSE : Metcurinle. (Dhau- 
tel, 08.) — «C'est pas l'embarras^ 
faut croire qu'il aura refu une- 
hmeuse chasse pnur être remonté 
si en colère. » (H. Monnier.) 

CHASSE, CHASSIS : Œil. — 
C'est un vrai chSssis pour la 
léie. — iJem'arc-bouteetluicrève ' 
un châssis. » (Vldocq.) V. Ctj- 
quer, Balancer, Eitorgue, 

CHASSE-COQUIN , CHASSE- 
NOBLE : Gendarme. (Halbert.) 

CHASSEPOT : Fusil de muni- 
tion se chargeani par la culasse . 
- Uu nom de son inventeur. — 
t Dumanel, lorsqu'il ne fait pas 
merveille avec son chassepot, a 
de l'esprit comme quatre, s (V. 
Noir.) 

CHASSER : partir. (Rttbasse.) 

CHASSER DESRELUnSï 
Pleurer. Mot A mot : chasser les- 
larmes des yeux. 

CHASSER LE BROUILLARD : 
Boire la goutte. V. Brouillard- 



CHA 



CHASSES D'OCCASE : Yeux 1 
louches. Mot à mot : yeux mal 
assortis, achetés d'occasion. Voir 
Estorgut- (Halbert.) 

CHASSIS: Paupières. (Ra- 
tasse.) 

CHA S SUE : Aiguille. (Hal- 
bert.) — Son trou s*appelle chas 
dans la langue régulière. 

CHASSURE : Urine. (Halbert.) 

CHAT : Guichetier. (Vidocq.) 

— Allusion au guichet, vraie 
chatière derrière laquelle on voit 
briller ses yeux. 

CHAT, CHATTE : Sobriquet 
d'amitié. — c Alfred, mon gros 
chat ! — Qu'est-ce que tu veux, 
Minette ?»(Montépin.) — c Tu vas 
te trouver mal à présent, Fanny ! 
pauvre chatte chérie. » (H. Mon- 
nier.) 

CHATAIGNE : Soufflet. —Son 
bruit sec peut à la rigueur être 
comparé à celui de la châtaigne 
qui éclate au feu. 

CHATEAU DE L'OMBRE : 
Bagne. (Stamir.) 

CHATrEMENT : Avec la câli- 
nerie d'une chatte. — t Elle alla 
chattement à lui. » (Balzac.) 

CHATTERIE : Friandise, câ- 
linerie. 

CHAUD : Coureur de belles, 
homme ardent et résolu. — Au- 
trefois on disait chaud lancier, 

— « Le chaud lancier a repris Son 
Altesse Royale. » (Courrier bur^ 
iesque, 2* p., i65o.) 

CHAUD : Artificieux, avide. 

— Forme du vieux mot caut : 
rusé, qui a fait cauteleux, — On 
dit souvent dans ce sent : c^est 



— 96 — ' CHA 

un chaud , ou vous êtes chaud ^ 
vous, 

CHAUD (être) : Avoir l'œil au 
guet. (Colombey.) 

CHAUD (il y faisait) : Allusion 
aux feux de l'artillerie et de la 
mousqueterie. — La bataille était 
rude. — € Ah ! vous étiez à Wa- 
gramr — Un peu. — Il y faisait 
chaud, hein? » (H. Monnier.) . 

CHAUD (il fera) : Jamais. 
Mot à mot : il fera un temps 
chaud comme il n'y en aura ja- 
mais. — a C'est bien. Quand tu 
me reverras, il fera chaud. » 
(Méry.) 

CHAUDE-LANCE : Gonor- 
rhée. (Vidocq.) Allusion à sa 
cuisson et à ses élancements. 



CHAUDRON : Mauvais piano, 
résonnant comme un chaudron. 

CHAUFFE LA COUCHE : 
Mari trompé et content. Mot à 
mot : chauffant pour un autre la 
couche conjugale. — a Les maris 
qui obtiennent le nom déshono- 
rant de chauffe la couche. » Bal- 
zac.) 

CHAUFFER : Montrer beau- 
coup d'ardeur pour faire mar- 
cher une affaire. — «La vente des 
collections léguées par feu le ba- 
ron Bruel, était chauffée à faire 
éclater les soupapes de la fantai- 
sie et de la vanité. » (De Pont- 
martin, 66.) 

CHAUFFER : Presser le crédit. 
(5i, Almanach des Débiteurs.) 

CHAUFFER : S'animer, deve- 
nir très-ardent en parlant d'une 
bataille ou d'une entreprise quel- 
conque. — c II paraît que ça 
chauffe en Afrique. » (Balzac.) — 



CHA 



~ 97 ~ 



CHA 



« Oh ! toaarrre ! ça va dmdfer ! B 
(E. Sue.) 

CHAUFFER LE FOUR : Boite 
avec excès. — «Il me restait ea- 
oore 4 francs. J^ams cbauië le 
§anrâepaM samedi. > (llmiselet.) 

CHAUFFER UNE FEHUE : 
Courtiser avec ardeur. — c Toutes 
ses lettres disent : Je potcf mMme! 
ahmej'Wtoitt simom je me toe/// 
Répéter cela pendant trois mois, 
cela s'appelle dans la langue don 
juanique, chaufler une Hunme. s 
(E. Lemoine.) 

CHAUFFER UN ARTISTE: 
Applaudir chaleureusement. — 
«Elle recueillait les plaintes de 
son petit troupeau d^artistes... on 
ne les chauffiiit pas suffisam- 
ment. • (L. Reybaud.) V. Em- 
poigner, 

CHAUFFEUR : Homme d'en- 
train. — cC*étaîrun bon enfant... 
un vrai chauffeur, s (H. Mon- 
nier.) 

CHAUFFEUR : Amoureux. — 
• C'est l'officier, le chauffeur de 
la petite. » (H. Monnier.) 

CHAUMIR : Perdre. (Vîdocq.) 
— C'est le verbe « chômer » avec 
changement de finale. 

CHAUSSER : Convenir. 
(Dhautel.) — c Les diamanu ! ça 
me chausse, ça me botte. » (Mé- 
lesville.) — c Cela rentre dans 
vos études... cela vous chausse- 
rait. » (L. Reybaud.) V. Brosse. 

CHAUSSETTES (essence de) : 
Mauvaise odeur provenant des 
pieds. Les raffinés disent : ex- 
trait de chaussettes^ 

CHAUSSETTE : « La chaus- 
sette est un simple anneau de fer 



<r>K porte à la yambe, comme 
sîgae de leooaaaissaKe seule^ 
oieat, k fecçat qui a'^est pl«is ac» 
oooplé. • (Moreau Christophe» 

CHAUSSON (vieux) : Ptosti* 
tuée, avachie comme un vieux 
chausson, une vieille pantouâe. 
~ On dit, en abr%eant, cfc«io- 
soa. (J. Choux.) 

CHAUSSON : Science de sa 
battre à coups de pied. De là le 
mot « chausson, s Dans le peuple, 
on dit sopafe. La savate que Ton 
appelle aujourd'hui chausson, s 
(Th. Gautier, 45.) V. JMMte. 

CHAUVIN, CHAUVINISTE : 
Patriote ardent jusqu'à l'exagéra- 
tion. ~ « Je suis Français! Je suis 
Chauvin ! a (Cogniard, 3 1 .) ~ t Un 
spécimen du nrpe Chauvin dans 
toute sa pureté, a (Montépin.) — 
Allusion au nom d'un type de 
caricatures populaires, comme le 
prouve cet exemple : «i8s5,épo* 
que où un libéralisme plus large 
commença à se moquer de ces élo- 
ges donnés aux Français par les 
Français, de ces railleries lancées 
par les Français contre les étran* 
gers. Charlet, en créant le cons- 
crit Chauvin, fit justice de ces 
niaiseries de l'opinion, a (A. Jal, 
Paris moderne, 34.) 

CHAUVINISME t Patriotisme 
trop ardent. Le chauvinisme a 
son côté ridicule, mais il a aussi 
sa grandeur. On s'en est trop 
moqué, et cette réaction a été 
mille fois pire, mais la science 
du juste milieu n'est pas une 
qualité française. —«Le chauvi- 
nisme a fait faire de plus grandes 
choses que l'amour de la patrie 
dont il est la charge. » (Norlac.) 

6 



CHE 



-98- 



CHE 



— • L^ chauviaisme est peut- 
être la dernière Terto que nous 
ajooi pouédée. > (Berthaud.) 

c ChauTÎDÎsine » : Se dit par ex- 
tension de toute exagération ba- 
nale. — c L'honneur et l'argent, 
magnifique écho du chauvinisme 
bourgeois. » (Mirecourt, 33.) 

CHAUV2NISTÉ : Patriote ar- 
dent. 

Se prend aussi adjectivement : 
c Nous n'avons vécu qu'avec peu 
de gouvernements firainçais dans 
des rapports aussi corrects qu'a- 
vec le sien, en décomptant quel- 
ques intermezzos chauvinistes. » 
(D'Arnim, 73.) 

CHEF : Cuisinier, chef de cui- 
sine. 

CHEF : Maréchal des logis 
chef. 

CHEF DE CUISINE : Contre- 
maître dirigeant la fabrication 
d'une brasserie. (Vinçard.) 

CHELINGUER : Puer. 

Chelinguer des arpions ou de 
l'orteil : Sentir mauvais des pieds. 

Chelinguer du ^c: Sentir mau- 
vais de la bouche. 

CHEMINÉE : a II est de bon ton 
de porter un chapeau de soie, 
vulgo cheminée. » (La Lune, 67 ; 

— Cheminée doit être pris ici 
dans le sens de tuyau de poêle, 

CHEMISES (compter ses) : 
Vomir. — Allusion à la posture 
penchée de l'homme qui vomit. 

CHEMISE (être dans la) : Ne pas 
quitter, être au mieux. 

CHEMISE DE CONSIlILLEK : 
Linge volé. (Colombey.) 

CHENATRE : Très«bon 



(Grandval.) — 
chenu. 

CHENE : Homme bon à A>ler, 
riche, abréviation de c^emi. — 
c Qu'as- tu donc morfillé'r — J'ai 
fait suer un chêne, son auber 
j'ai enganté et ses attaches de ce. » 
(Vidocq.) 

CHENIQUE, CHNIC : Eau-de- 
vie. — Diminutif de chemu : bon. 
— «Le perruquier de régiment 
rase sans rétribution, mais en 
avant le chnic. » (Bataille, 43.) 

CHENIQUEUR : Buveur de 
chenique. 

CHENOC : Mauvais, avarié, et 
par extension « vieil infirme.» — 
C'est rantithèsedecAeiUf. — «Vous 
êtes un vieux birbe... Comment? 
un birbe... Oui! vous êtes un 
vieux ch'ïioc.» {^Dernier jour d'un 
condamné.) 

CHENU : Excellent. — Dès 
1 718, le Dictionnaire comique de 
Leroux dit dans ce sens : Voilà 
du vtn chenu. Selon (08) , chenu , 
signifiant au propre Manche vieil- 
lesse, est appliqué au vin que la 
vieillesse améliore, et par exten- 
sion à toute chose de première 
qualité. — «O doit être du chenu 
et du ficelé. » {Phys. du matelot, 
43.) — «c II met sur son nez une 
chenue paire de lunettes. » (La 
Bédoiiière.) — « Goujeon, une 
prise de tabac? — Oui-da, t'nez 
en v'ià qu'est ben chenu. » ( Vadé, 
1753.) — « As -tu fréquenté les 
marchandes de modes f c'est là 
du chenu! » (P. Lacroix, 32.) 

Chenu sorgue : Bonsoir. — ^ 
«c Chenu sorgue, roupille sans 
taffe. » (Vidocq.) 

Chenu reluit : Bonjour. Voir 
Fourgat* 



CHE 



— 99 — 



CHE 



GHENUMENT : Très-bien. — 
« Une ville a beau feindre de se 
défendre ch'nument. » (Vadé, 
1755.) V.Artie. 

CHER : Rude, élevé. (Colom- 
bey.) — La cherté est prise ici au 
figuré. 

CHÉRANCE : Ivresse. (Idem.) 

CHEVAL ! Homme brutal, 
grossier. 

Je voudrais être an grand cheval, 
Un ourS) pour laisser une fille. 
A la merci de son cheval. 

(BouflSers, o5.) 

CHEVAL DE RETOUR : 
Condamnéconduit au bagne pour 
la seconde fois. (Rabasâe.) — «C'est 
un cheval de retour, vois comme 
il tire la droite. » (Balzac.) 

CHEVALIER DE L'AUNE : 
Commis en nouveautés. — « Il 
n'y a que ces chevaliers de l'aune 
pour aimer la boue au bas d'une 
robe. » (Balzac.) 

Chevalier du crochet : Chiffon- 
nier. 

Chevalier du lustre : Claqiieur. 

Chevalier du printemps : Niais 
portant un œillet rouge à la bou- 
tonnière pour singer une déco- 
ration . Mot à mot : chevalier de 
V ordre du printemps. 

Chevalier grimpant : V. Bon- 
jour (voleur au.) 

CHEVAU-LÉGER : Député de 
l'extrême droite. Ainsi nommé 
du lieu de réunion particulier à 
Versailles. — > « Le groupe mo- 
narchique jetant les chevaux-lc- 
gers par dessus bord, reprend sa 
place de combat. » (Saint-Genest, 

75-) 
CHEVAUX A DOUBLE SE- 



MELLE : Jambes. — « Tiens^ ap- 
prête tes chevaux à double se- 
melle, prends ce paquet et valse 
jusqu'aux Invalides. » (Balzac.) 

CHEVELU : Romantique. — 
Les longs cheveux étaient de mode 
dans l'école romantique de 3o. — 
« Il peuplait mon salon de jeunes 
célébrités de l'école chevelue. » 
(L. Reybaud.) — t L'art chevelu 
a fait une révolution pour abolir 
les tirades de l'art bien peigné. » 
(Idem). — ff On connaît peu le 
restaurateur Dinochau. C'est un 
homme que le commerce des lit 
térateurs chevelus a rendu spi- 
rituel. » (Marx, 65.) 

CHEVEU : Inquiétude, souci 
aussi tourmentant qu'un cheveu 
dans le gosier. •— c Veux-tu que 
je te dise, t'as un cheveu. — Eh 
bien! oui, j'ai un cheveu. » 
(Monselet.) 

CHEVEUX (il a de beaux) : Il 
a mauvaise mine. Se dit de n'im- 
porte quoi et de n'importe qui. 

CHEVEUX (Avoir mal aux) : 
Avoir la tête lourde un lende- 
main d'ivresse. 

CHEVILLES : Pommes de 
terre frites. (Rabasse.) Allusion 
de forme, ou jeu de mots. (Elles 
bouchent un trou à l'estomsc.) 

CHEVI5TE : Partisan de la 
réforme musicale de Chevé. — 
ce Avant trois mois, les chevistes 
seront sur les dents. » (S. Lou- 
dier,^72.) 

CHÈVRE : (Gober ou prendre 
sa) : Mettre en colère. — La chè- 
vre est peu endurante de sa na- 
ture. — Mot ancien. « Prenez 
que la raison lui eût mis de l'eau 



CHl 



— lOO — 



CHI 



dans son vin ou que son amitié 
d'autrefois fût fâchée d'avoir pris 
la chèvre. » (Vadé, <7440 

CHEVRON : Récidive. (Vi- 
docq.) 

CHEVRONNÉ : Récidiviste.— 
Allusion aux chevrons qui mar- 
quent l'ancienneté du service mi- 
litaire. 

CHIC : Mot d'acceptions fort 
diverses et fort répandues dans 
toutes les classes. C'est le vieux 
mot de langue romane chic (fi- 
nesse, subtilité), qui a fait notre 
mot chicane. — «c J'espère avec le 
temps que j'entendrai le chic, » 
dit du Lorens, un poëte satirique 
du XVI* siècle qui était en même 
temps magistrat. Dans la Hen- 
riade travestie, Fougeret de Mon- 
bron écrit plus tard : 

La Discorde qui sait le chic 
En fait faire un décret public. 

Le chic était donc jadis la scien- 
ce du fin. Il s'emploie aujour- 
d'hui dans les cinq acceptions sui- 
vantes : 

Chic : Distinction. — Le mot 
serait ancien dans ce sens. A pro- 
pos de Reine Audu, la reine des 
halles, une des héroïnes de nos 
fastes révolutionnaires, le père 
Duchesne dit : « Quel chic la li- 
berté donne aux femmes I » (In- 
termédiaire du lo octobre 65.) — 
« Le port des ordres veut de l'élé- 
gance sans aftéterie, de la tenue 
tans pose et «jne aisance qui ne 
soit pas du sans-géne; enfin ce 
qu'on appelait la race au siècle der 
nier;le^Oii/o}tilyacinquanteans; 
c'était moins et c'était plus que le 
chic d'aujourd'hui. » ( Vie paris. , 
Ô6.) — a Petite friponne ! auraient 



dit nos grands-pères... Elle a du 
chic, ou mieux encore elle a du 
chien, ou elle a du zing, s'écrient 
les gentlemen, leurs petits-fils. » 
(E. Villars, 66.) 

Chic : Élégance de toilette ou 
d'ameublement. -^ • Vous serez 
ficelé dans le chic. » (Montépin.) 
— « L'officier qui a du chic est 
celui qui serre son ceinturon 
de manière à ressembler à une 
gourde. » (Noriac.) — c Lambert 
fut enchanté de son gîte. C'est le 
dernier mot du vrai chic, dit-il. » 
(About.) — A l'école de St-Cyr, 
sous le premier empire, chic était 
déjà synonyme d'élégance mili- 
taire. V. Tic. 

Être au chic : Être bien vêtu. 
(Rabasse.) 

Chic : Cachet artistique, origi- 
nalité. — a II lui révéla le sens 
intime de l'argot en usage cette 
semaine-là, il lui dit ce que c'é- 
tait que chic, galbe, etc. » (Th. 
Gautier, 38.) — « Une première 
série du Carnaval de Gavarni est 
loin d'avoir le chic étourdissant 
de la seconde. » (E. de Mirecourt.) 

Chic : Facilité banale, n'ayant 
rien de sérieusement étudié. — 
C'est le contraire de la significa- 
tion précédente. Il y a eu sans 
doute réaction contre l'abus in- 
considéré du mot. De là cette di- 
vergence ironique. — « C'étaient 
là de fameux peintres. Comme 
ils soignaient la ligne et les con- 
tours! comme ils calculaient les 
proportions ! ils ne faisaient rien 
de chic ou d'après le mannequin.» 
(La BédoUière.) — c Un paysage 
d'une délicieuse naïveté. 11 n'y a 
là dedans ni chic ni ficelles. » 
(Alph. Karr.) 

Le mot chic pris dans ce der- 



CHI 

nier sens, a fini par ■'■{cliquer 1. 
la lillérature, jk l'art oratoire. — 
c Parleur de chic, comme disent 
lea artisiei, il bit de l'amplifica- 
tion. » (P. Viron.; 

Chic : Mauvais genre, genrt 
trop accusé. — c Ce chic que te 
tripot colle à l'jpiderme des ger 
et qui résiste k toute leiiire con 
me le masque des ramoneurs. 
(P. Féval.) 

CHIC, CHIQUE ! Distingué, 
opulent, qui a du chic- « Ça un 
homme chic! C'est pai vrai, c'en 
un calicot. > {La Cocottet, 64 ) 
— ( C'est chique et bon genre. ■ 
(Ricard.) — «Ah Ivoi 11 ma femme 
chic! Madame, j'ai l'honneur d'ê- 
tre. ■ (De Concourt.) — ■ Ceux 
qui dansent ce sont des gueui. 
Le* gens chic font cercle autour 
d'eux. • (Blavet.) 

CHICAN : Marteau. (Halbert.) 

CHICANDARD : V. Chleard, 
Ckicardtr. 

CHICANDER : Danser le pas 
chicard. — • Chicard est français 
de coeur, sinon de grammaire, 
bien qu'il ne soit pas encore du 
Dictionnaire de l'Académie. . . 
L'homme de génie qui s'est fait 
appeler Chicard a modifié com- 
plètement la chorégraphie fran- 
(tise... Chicard existe, c'est un 

un règne, Chicard a créé chican- 
dard, chicarder, chicandarder; 
l'étymologie est complète, s (Ta- 
Sile Delord.) V. Ckicardtr. 

CHICANE Igrinchirà la), 
CHERCHER CHICANE : Preo- 
dre la bourse ou la montre d'une 
personne en lui tournant le dos. 
Ce genre de vol exige une grande 
dextérité. (Vidocq.) 



I - CHI 

CHICARD : Personnage de 
carnaval (àlamodedei83ot5a). 
Son costume, biiarre assemblage 
d'objets hétéroclites, se compo- 
sait le plus souvent d'un casque 
i plumet colossal, d'une blouse 
de flanelle et de bottes fortes. Se* 
bras 1 moitié nuh s'enfon^ient 
dan* des gants de grosse cavate- 
rio. Le premier qui mit ce eoi- 
tume i ta mode était un marchand 
de cuira; son ehie le fit nommer 
Chicard. 11 inventa un pas nou- 
veau, dit jui chicard. — • Et puis 
après est venu Chicard, espèce de 
MasanielEo qui a dëirAné l'ariito- 
cratie pailletée dei marquis, de* 
sultans et a montré le premier 
un manteau royal en haillons.» 
(M. Alhoy.) — «Lasage panledu 
peuple français a su bon gré à 
maître Chicard d'avoir institué 
son règne de mardi-gras. • (J. 

CHICARD, CHICANDARD, 
CHICOCANDARO, CHIGAN- 
CARDO : Très-chic, remarqua- 
ble, — a On y boit du vin qu'est 
chicandard , chicancardo. ■ (Va- 
cherot. Chanson, 5i.) — <■ Une 
dame très-belle, très -coquette, 
Irèi élégante, en un mol très- 
chicandarde. 1 (Éd. Lemoine.) — 
Un auteur plus chicocandaiil.» 
(Th. Gautier.}— a Un déjeuner 
chicocandard. > (Labiche.) V. 
Chocnofo. 

CHICARD (pas) ; Manière de 
inser imitant celle de M. Chi- 
card. Le pas chicard s'est conservé 
jusqu'è nous sous le nom de eht- 



X le pas chicard. » (Chauvelot 



CHI 



102 — 



CHI 



CHICARDER : Danser le pas 
chicard. — a Quand un bai de 
grisettes est annoncé, le vaurien 
vachicarder avec lescouturières.'to 
(ûeriège.) — a Le nom de Ciii- 
card est devenu célèbre... £nfin 
on a fait un adjectif de ce nom- 
là et même on en a fait un verbe : 
Homme- chiquart , habit-chiquart, 
chiquarder, chiquander. » (Jules 
Jania.) 

CHICARDOT : Poli. (Halbert.) 

CHICMANN : Tailleur. {Alma- 
nach des Débiteurs, 5i.) — Allu- 
sion aux noms germaniques qui 
abondent chez les tailleurs. 

CHICORÉE (fort de) : V. Ca/é, 

CHIEN : Chien. —Compagnon. 
« Tu passeras renard ou aspirant, 
après ça tu deviendras chien ou 
compagnon. » (Biéville.) 

CHIEN : Tracassier. — a Le 
chef est chien ou bon enfant. Le 
chien est dur, exigeant, tracas- 
sier méticuleux. » (Balzac.) 

CHIEN : Avare. —Horace (l. II, 
sat 2) emploie le mot canis pour 
signifier avare. 

CHIEN : Flamme artistique, 
feu sacré. —Abréviation de sacré 
chien (eau-de-vie, pris dans une 
acception figurée.) — «X... disait 
de M"« Honorinequ'elle a duchien 
dans la voix. — Du chien, fit Z..,, 
c'est trop peu dire... C'est une 
meute 1 1 1 » (Marcx.) — a Le style 
avait du flou, l'alinéa du chien. » 
(Michu.) 

CHIEN : Eau-de-vie. V. sacré 
chieo. 

CHIEN : Originalité, eachet. 

Qa*a dooc^ disait Choie à Machin, 
Ce laideron qui passe et repasse? 
Du chien... 



C'est donc pour cela qu'elle chasM 
SI bien... (E. Villars.) 

« Quel chien ! Tourne-moi un 
peu. Et il sitHottait : c'est un Ru- 
bens. » (Vie parisienne f 66.) — 
Elle a réellement du chien, cette 
femme -là. » (Droz.) V, Sacré 
chien. 

CHIEN (de) : Excessif.— On dit : 
une faim de chien, unmal de chien, 
une soif de chien, 

CHIEN (n'être pas) : Être bon, 
de qualité supérieure. — a Voilà 
du pomard qui n'est pas chien. Il 
y en a six bouteilles. Je ne verse 
qu'une tournée. Nous boirons le 
reste à l'ofBce. » (Bertall.) 

N*être pas chien en affaires : 
Aller grandement, sans chicane. 

CHIEN , CHIENCHIEN : Mot 
d'amitié. Le chien symbolise la 
fidélité. — c Mon petit chien ! 
C'est aujourd'hui la manière de 
commencer une lettre d'amour 
dans tous les mondes. {Paris Ca* 
price, 75.) 

CHIEN DE RÉGIMENT : Ca- 
poral ou brigadier. — Sa mission 
est un peu celle du chien de 
berger. 

CHIEN DU COMMISSAIRE : 
Secrétaire de commissaire de po- 
lice. — a Une table couverte d'un 
vieuxtapisvertoùécrivaitlechicn 
du commissaire.» (Alph. Daudet.) 

CHIEN DE COUR, CHIEN DE 
COLLÈGE : Maître d'études. — 
(X II y a un sous-principal que les 
écoliers appellent chien de cour^ 
parce que, semblable aux chiens 
de bergers, son emploi est de 
contenir la gent scolastique dans 
une grande cour, jusqu'au mo- 



CHI 



— io3 — 



CHI 



ment de Touverture des classes. » 
(Mercier, 1783.) 

CHIEN DE faïence (en) 
Aussi raide et immobile que ces 
chiens de faïence employés jadis 
pour la décoration des édifices. 

— « Je fus ébloui et je restai 
comme un chien de faïence à la 
contempler. » (Villemessant.) 

CHIEN NOYÉ : Morceau de 
sucre trempé dans du café noir. 

— Plus petit et moins trempé, 
c^est un canard. 

CHIEN DANS LE VENTRE 
(avoir du) : Être de force à tout 
supporter. 

CHIEN (piquer un) : Dormir 
pendant la journée. Allusion à 
la facilité avec laquelle le chien 
s*endort dès qu'il est au repos. 
On trouve dans Rabelais un 
exemple de dormir en chien, 

Sar Tétude passons. Il n*est qu'un seul 

moyen. 
De la bien employer, c'est de piquer 

son chien. 

{Souvenirs de Saint-Cyr.) 

CHIKNDENT (voilà le) : Là est 
la difficulté. — On sait qu'il est 
difficile d'arracher le chiendent, 
dont les racines longues et noueu- 
ses sont fort entrelacées. Usité 
en 1808. — « Et c'est là le chien- 
dent. » (Désaugiers.) 

CHIENLIT (gueuler à la) : Ap 
peler au secours, à la garde. « La 
porte s'ouvre, une femme paraît 
et elle gujule à la chienlit. » 
(Beauvillier.) 

CHIENNERIE : Avarice, la- 
drerie. 

CHIENNERIE : Luxure, pas- 
sion bestiale. On dit dans le mê- 



me sens vacherie. — c Ohl la 
belle chiennerie 1 II ravale toutes 
les femmes au niveau des pros- 
tituées. » (Mismer.) 

CHIER DANS LA MALLE : 
Faire affront à quelqu'un. Mot 
à mot : chier dans sa poche. Au- 
trefois malle signifiait poche. 

Car aussi bien le monde a chié dans 
ma malle. 

(Dalorens, Satires, 1646.) 

CHIER DU POIVRE : S'en 
aller au moment où Ton a be« 
soin de services. 

CHIFFARDE r Assignation. 
(Halbert.) Mot à mot : vieille 
chiffe, vieux chiffon. 

CHIFFARDE : Pipe. (Vidocq.) 

CHIFFE : Commerce des chif- 
fonniers. — ce Aussi y a-t-il une 
espèce d'aristocratie dans la chij^ 
fe, ils comptent leur noblesse 
par génération ; il y a des chif- 
fonniers de naissance et des par- 
venus. » (Pr. d'Anglemont.) 

CHIFFERTON : Chiffonnier. 
(Vidocq.) Changement de finale. 

CHIFFON : Mouchoir. (Id.) 

CHIFFON ROUGE : Langue. 
(Halbert ) — Allusion de couleur 
et souplesse. V. Balancer. 

CHIFFONNIER : Voleur de 
mouchoirs. V. Pègre, 

CHIFFORNION : Foulard. 
Dimin. de Chiffon, 

CHIGNER : Pleurer. — « Ça 
lui fera du bien de chigner. i> 
Balzac.) Abréviation de rechi* 
jner. 

CHIMIQUE ; Allumette chi- 



CHI 



— 104 — 



CHI 



inique. — Abréviation. — • Ou- 
vre la blague, prends une chimi- 
que, allume ta pipe, i^ (La Maison 
du Lapin-Blanc, typ. Appert.) 

CHINER : Aller en quête de 
bons marchés. — « Remonenq 
allait chiner dans la banlieue de 
Paris. » (Balzac.) 

CHINAGE (vol au) : Il con- 
siste à vendre du doublé pour de 
l'or et à escroquer sur des échan- 
ges de bijoux. 

CHINEUR : voleur au chi- 
nage. — t Ce sont généralement 
des méridionaux appelés chi- 
neurs ou charieurs qui exercent 
ce genre de vol. » (Rabasse.) 

CHINEUR : t Les roulants ou 
chineurs sont des marchands 
d'habits ambulants qui, après 
leur ronde, viennent dégorger 
leur marchandise portative dans 
le grand réservoir du Temple, s 
(Mornand.)—tt Les chineurs sont 
ceux qui viennent à domicile of- 
frir des étoffes à bas prix. » (Du 
Camp.) 

CHINOIS : Cafetier. (Aima- 
nachdes Débiteurs, 5i.) 

CHINOIS : Mot d'amitié. — 
« En mourant à Sainte-Hélène 
Napoléon disait en parlant de ses 
serviteurs : «c Mes pauvres Chi- 
« nois 1 je ne les oublierai pas. » 
(Ù' Antommarchi, Mémoires,) 

CHINOIS : Homme singulier, 
bizarre d'aspect ou de caractère. 
— Allusion aux Chinoia de para- 
vent et à leur aspect étrange. — 
« Parmi les badauda attirés a 
Paris pour le sacre de Napoléon l", 
on distinguait les présidents de 
cantons, bonnes gens pour la plu- 



part, avec un air d'importance 
qui amusait les Parisiens ; on les 
appelait des Chinois, en leur 
qualité dt présidents de cantons. 
Cette mauvaise plaisanterie eut 
du succès. » (Lamothe-Langon, 
Souvenirs d'une femme de qua- 
lité, 3o.) — « Chinois, amène les 
liquides. » (Balzac, Père Goriot.) 

— a V là mon Chinois qui se 
fâche. » (Monselet.) 

CHIPER : Dérober de petites 
choses. —Forme de c/roj7er, pren- 
dre. — « En chipant les sept cent 
cinquante mille francs. » (Balzac.) 

CHIPETTE. V. Être (en). 

CHIPEUR, CHIPEUSE: 
Homme ou femme qui chipe. -« 
<c Chipeur comme un gamin de 
Paris. » (Balzac.) 

CHIPIE : Femme revéche, que- 
relleuse. 

CHIQUANDART. CHI- 
QUART, V. Chicandard, chi- 
card, chicarder, 

CHIQUE : Supérieur, distin- 
gué. V, Chic. 

CHIQUE : Église (Vidocq.) V. 
Momir, Rebâtir, 

CHIQUE (couper la) : Dérou- 
ter. — a De ia réjouissance comme 
ça! le peuple s'en passera. C'est 
c' qui coupe la chique aux bou- 
chers. » (Gaucher.) 

Couper la chique à quinze pas : 
Se faire sentir de loin. 

Poser sa chique : Mourir. — A 
l'usage (le ceux qui ont chiqué 
du tabac toute leur vie. 

Poser sa chique et faire le 
mort : Rester muet et immobile. 

— Acception figurée du terme 
précédent. 



CHO 



— io3 - 



CHO 



CHIQUÉ : Ayant bonne tour- 
nure. — t Dis donc, Troutrou, 
nous ne sommes pas trop bien 
ficelés. — Zuti y en a de moins 
chiqués. » (Ladimir, 41.) — c Je 
leur en ferai des discours, et des 
chiqués. » (Chenu.) 

CHIQUEMENT : Avec chic. 

CHIQUER : Faire avec chic, 
supérieurement. 

Auprès d'elle Eagénie 

No-bras, 
Nous chique avec génie, 

Son pas. 

(1846, P. d'Anglemont). 

CHIQUER : Manger. — Vieux 
mot. — ce Je me dispose à chiquer 
les vivres. » (B. Carême, 39.) — 
« Ne pourrions-nous pas chiquer 
un légume quelconque? mon 
estomac abhorre le vide. • (Bal- 
zac.) 

CHIQUER : Dépenser. — « Il 
m'a fallu tout mettre en plan. 
J'ons chiqué jusqu'aux recon> 
naissances. » {Dialogue entre 
Su!(on et Eustache, 36.) 

CHIQUER (se) : Se battre. 
(Grandval.) Mot à mot ; s'avaler. 
Même racine que la précédente. 

CHIQUEUR : Glouton — t On 
dit d'un homme qui mange beau- 
coup que c'est un bon chiqueur.» 
(Dhautel, 08.) 

CHIQUEUR : Artiste dessinant 
de chic, sans étudier la nature. 

CHNIG : EauKle-vîe. V. Che- 
nique. 

CHOCNOSO, CHOCNOSOF, 
CHOCNOSOPHÊ, CH( )CNOSO- 
GUE, KOXNOFF : Brillant, re- 
marquable. — « Dans cette situa- 



tion, comment dire?... — Choc- 
noso... » (Balzac.) — Dans Pierre 
GrassoUf BhIzac écrit Chocnosoff, 

— a Je m'en vais chez le restau- 
rateur commander un dîner kox- 
noff. » (Champfleury.) — c C'est 
koksnoff, chocnosogue, chicardo, 
snoboye. » (Bourget, Chansons.) 

— c Sa plume était chocnosophe, 
et ses goûts ceux d'un pacha. » 
(Commerson.) — «Ce jeune pro- 
vincial dont vous riez aujour- 
d'hui aura une tenue moderne, 
chicarde, chocnosogue. a (L. 
Huart.) 

CHOLETTE : Demi-litre. - 
Double-cholette : litre. (Vidocq.) 

CHOPER : Voler. (Vidocq.) — 
Du vieux mot choper : toucher 
quelque chose pour le faire tom- 
ber. Pierre d'achoppement est 
resté dans la langue régulière. 

CHOPER : Prendre. — 5e 
laisser choper. Se faire arrêter. 

CHOPIN : Vol. (Grandval.) De 
choper. — « Quand un voleur 
fait de la dépense, c'est qu'il t 
fait un Chopin. » (Canler.) 

CHOSE, MACHIN : On ap- 
pelle ainsi celui dont on ne se 
rappelle pas le nom. (Dhautel.) 

— t Chose est malade... Qui ça, 
Chose? » (H. Monnier.) — « Fi- 
gurez-vous que le petit Chose 
écrivait un journal. » (Balzac.) — 
La coutume est ancienne. Talle- 
ment des Réaux conte que « M. le 
Mage, conseiller à la Cour des 
aides, dit toujours Chose au lieu 
du nom. » 

CHOSE (monsieur) : Le che- 
misier, dans l'argot des débiteurs. 
{Almanach des Débiteurs, 5i.) 

CHOSE : Dignité. — c Tu me 



CHO 



— 106 — 



CHO 



feras peut-être accroire que tu 
n'as rien eu avec Henriette? Vois- 
tu, Fortuné, si tu avais la moin- 
dre chose, tu ne ferais pas ce que 
tu fais.., • (Gavami.) 

aiOSE : Indignité. ~ c C'est 
ce gueusard d'Italien qui a eu la 
chose de tenir des propos sur 
Jacques. » (Ricard.) 

CHOSE : Embarrassé, con- 
tristé. — Du vieux mot choser : 
gronder. — « Ma sainte te res- 
semble, n'est-ce pas,Nini?... Plus 
souvent que j'ai un air chose 
comme ça ! « (Gavarni.) • a Ce 
pauvre Alfred a sa crampe au 
pylore, ça le rend tout chose. » 
(E. Sue.) — « Mam'selle, v' là qu' 
vous m' rendez tout chose, je 
vois bien que vous êtes un esprit 
fort. • (Rétif, 1783.) — a M. le 
prêtre, qui était tout chose de 
cette affaire, se scandalisa. »(Vadé, 

'744) 

CHOU : Bête. On dit : bête 
comme chou, 

CHOU (mon), MON CHOU- 
CHOU : Mot d'amitié. — « On 
dit : mon chou, comme on di- 
rait : mon ange. • (E. Carré.) Se 
dit surtout aux enfants, par allu- 
sion au chou sous lequel on pré- 
tend les avoir trouvés, quand on 
ne sait que répondre à certaines 
de leurs demandes. 

CHOU COLOSSAL : Entre- 
prise destinée à tromper le puolic 
par des promesses ridiculement 
alléchantes, u 11 y a deux ou trois 
ans, on vit a la quatrième page 
de tous les journaux un éloge 
ponâpeux d'un nouveau chou... 
Ce chou était le chou colossal de 
U Nouvelle-Zélande, servant à la 



fois à la nourriture des hommes 
et des bestiaux et donnant un 
ombrage agréable pendant l'été. 
C'était un peu moins grand qu'un 
chêne, mais un peu plus grand 
qu'un prunier. On vendait cha- 
que graine un franc... On en ache- 
tait de tous les coins de la France. 
— Au bout de quelques mois, les 
graines du chou colossal avaient 
produit deux ou trois variétés de 
choux connues et dédaignées de- 
puis longtemps. La justice s'en 
mêla. » (A. Karr, 41.) 

CHOUAN : Légitimiste. — Al- 
lusion aux insurgés de nos pro- 
vinces de rOuest. C'était une 
guerre de bois et de haies qui fit 
donner à ses acteurs le nom de 
Chouans, employé pour chats- 
huants dès le moyen âge. 

CHOUCHOUTER : Choyer 
tendrement. — ce Tu sems chou- 
chouté comme un chouchou, 
comme un dieu. » (Balzac.) V. 
Chou. 

CHOUCROUTE (tête ou man- 
geur de) : Allemand. 

CHOUETTE, CHOUETTARD, 
CHOUETTAUD : Bon, beau. — 
(c Not' homme m'attend à la bar- 
rière pour faire une noce un peu 
chouette. » (M. Perrin.) — a C'est 
chouette, ça. » (J. Arago, 3o.) — 
« Elle est bonne, votre eau-de- 
vie. Oui. elle est chouette. » 
(H. Mon nier.) — « Ah ! vous avez 
là une chouette femme. » (Ga- 
varni.) 

Voici peut-être un des premiers 
exemples du mot. U nous en 
donne en même temps Texpli- 
cation : a Ma femme sera coincte 
et jolye comme une belle petite 



CHU 



— 107 — 



CIP 



chouette. » (Rabelais.) V. Bihlot, 
Danse, Toc, Casquette, 

CHOUETTE : amitié. « U 
Fouine, Escarpe et Crèvecœur te 
refilent leurs bécots de chouette.» 
(Rabasse.) 

CHOUETTE (être) : Être pris. 

CHOUE TTEMENT : Parfaite- 
ment. 

Suis-je près d'un objet charmant, 

Pour l'allumer chouettement, 

Mon cœur est comme une fournaise. 

(Festeau ) 

CHOUFFLIQUER : Savetcr 
Touvrage. — Germanisme. 

CHOUFFLIQUEUR : Mauvais 
ouvrier. (Deivau.) 

CHOURIN : Couteau, 

CIIOURINER : Donner des 
coups de couteau. — Formé des 
mots surin et Suriner, usités dans 
le même sens. 

CHOURINEUR : Tueur de 
chevaux (Halbert ) — Le type du 
Chourineur créé par E. Sue dans 
les Mystères de Paris est resté 
célèbre. 

CHRÉTIEN : Étendu d'eau. — 
Allusion à Teau du baptême 
chrétien. — ce Une douzaine de 
drôlesses déguisées en laitières 
vendent du lait trois fois chré- 
tien. » (Privât d'Ânglemont.) 

CHTIBBES : Bottes. (Deivau.) 

CHUTER : Faire une chute. 
— Pris au figuré, — a Si elle est 
bonne enfant, je la soutiendrai 
à son début au Gymnase... Âh ! 
je puis faire chuter qui je veux.» 
(Balzac.) 



CI-DEVANT : Aristocrate dans 
la langue révolutionnaire. Mot 
à mot : ci-devant comte, duc ou 
baron. — Date de la suppression 
des titres de noblesse. 

CI-DEVANT : Homme âgé. 
Mot à mot : ci-devant jeune. — 
« Le ci-devant de province n'a- 
bandonne jamais son rifHard. » 
(Phjrs, du pa' apluie, 4 1 .) 

CIERGE : Sergent de vilfe. — 
ff On me conduisit entre deux 
cierges (non, pardon 1 je veux dire 
sergents de ville). » (Journ. man. 
pris. Mazas.) 

CIERGE : a Pour un cierge 
qu'on lui mettrait dans la main, 
elle se battrait avec le diable. — 
Un cierge, c'est une pièce de ceat 
sous. » (P. de Granpré, 1169.) 

CIGALE : Pièce d'or. ^Vrdocq.) 
Allusion au cri métallique de 
rinsectv'. 

CIGOGNE : Préfecture de po- 
lice, tribunal, palais de justice. 
— « Railles, griviers et cognes 
nous ont pour la cigogne en par-- 
tie tous pauméif. » (Vidocq.) 

CIGOGNE : Palais de justice. 
(Moreau C.) 

CIGUË : Pièce de vingt francs. 
(Rabasse.) Abrév. de cigale, 

CINQUIÈME : Mesure de li- 
quide, cinquième de litre. — «Et 
quand^ par hasard, il boitiin cin- 
quième sur le comptoir. » (Léo 
Lespès.) 

CINTRER : Tenir. (Colom- 

bey.) 

CIPAL : Soldat de la garde 
municipale. — Abréviation. — 
ce Les danses ont été légèremeni 
échevçlées, mais. 



CLA 

Le dptl n'a rica à dire 
Au CfltraUiats †la Tcrtn. 



— 108 — 



CLE 



(Naquec.) 

CIRE (Toleur à la) : « Dana les 
cabineu de reauurant où Tar- 
geoterie n'a pas fait place au 
ruol2, il la plaque avec de la cire 
août la table sur laquelle il man- 
ge. On crie au voleur; il de- 
mande à être fouillé et sort après 
avoif reçu les excuses du patron. 
Un compère vient ensuite se pla- 
cer à la même table et décolle les 
objets. » (Rabasse.) 

CITRON : Note aigre.— «Trois 
citrons à la clef. » (Nadar.) 

CLAIR : Œil. — Allusion à 
réclat du regard. — « Allumez 
vos clairs et remouchez. » (Bal- 

MC.) 

CLAQ.UE : Réunion de da- 
queursi de compères. — Oublié 
par le Dictionnaire de l'Acadé- 
mie, qui admet cependant Cla- 
quer et Claqueur. 

CLAQUEDENT : Maison de 
tolérance. (Rabasse.) — Allusion 
aux maladies qu'on y gagne. Al- 
ler au pays de Suède et au royau- 
me de Claquedent, c'était autrer 
fois passer par les remèdes anti- 
vénériens. 

CLAQUES (figure à) : ii'igure 
qu'on souffletterait volontiers. — 
tf Oui, ces figures à claques, nous 
les caresserons. » (Cogniard.) 

CLAQUER : Mourir. — c Mal- 
heur du diable 1 mon pauvre ad- 
judant s'est laissé claquer. » (No- 
riac.) 

CLAQUER : Manger. — Allu- 
sion au claquement des mâchoi- 
res. 



CLAQUiîR : Dissiper. Cest 
manger pris au figuré. « Quaai 
on s'est permis cette gourman- 
dise, plus rien à claquer. > {Com- 
mentaires de Loriot,) 

CLARINETTE : Fusil d'infan- 
terie. Du moment qu'on appelait 
le fantassin troubadour, (V. Trou- 
bade), on devait appeler son ins- 
trument clarinette. Les deux ter- 
mes s'expliquent l'un l'autre. — 
« Quant au fantassin, il est 
obligé de porter un fusil de qua- 
torze livres, aimable clarinette 
de cinq pieds. » (Vidal, 33.) — 
« Tout à l'heure les feux de deux 
rangs déchireront la toile, et nous 
verrons si vos clarinettes ont de 
la voix. » (Richard.) V. Agrafer, 
Toile. 

CLAVIN : aou. (Halbert.) 
Vieux mot. 

CLAVIN, CLAVINE, CLAVI- 
NEUR, CLAVINIER : Raisin, 
vigne, vendangeur, vignoble. 
(Halbert.) Formes transposées de 
Calvin et Calvigne, V. ces mots. 

CLÉ (à la), CLEF (à la) : For- 
mule ironiquement confirmative 
qui s'emploie à propos de tout, 
pour caractériser remploi domi- 
nant de telle ou telle chose. Ac- 
ception figurée de clé; marque 
réglant l'intonation de notes mu- 
sicales. — t C'est bien cette 
grande queue de vache mal pei- 
gnée. Trop de chignon à la clé. » 
(Villars.) — c Sa ville natale lui 
élève une statue; c'est fort natu- 
rel. Je trouve même qu'elle au- 
rait pu le traiter avec plus de 
respect, et l'inaugurer tout seul, 
sans agriculture ni archéologie i 
la clef. » [Éclair, 72.) 



CLO 



— 109 — 



coc 



CLICHÉ : Banal, connu. — 
Synonyme de Stéréotypé, et em- 
prunté comme lui à la typogra- 
phie. — « Tel est le discoure di- 
cté que le Ténérable baron a en 
réserve pour toutea les circons- 
tances. » (FigaroJ) 

On dit : c'est cliché, pour c^e^t 
immuable, c'est connu. — Cliché 
se prend souvent comme sub- 
stantif. V. Guitare. 

Bientdt de la prison pour dettes 
On sera, dit-on, affranchi. 
Gare ans histoires tontes faitesl 
Ah 1 qne de dichés snr Clichy. 

(Al. Flan, 67.). 

CLIQUOT : Vin de Champa- 
gne portant la marque de feue 
madame Cliquot. 

Elle boit beanconp de cliquot 
Et bat volontiers la campagne. 

(E. Villars.) 

GLODOCHE : dunseur de bal 
habile dans l'art de se désarti- 
culer. Nom d'un ancien émule de 
Brididi à la mode dans les bals 
de Paris vers 1844. — o Les do- 
mestiques assurent avoir vu, au 
milieu d'une douzaine d'indivi- 
dus, un dodoche exécuter un ca- 
valier seul dans le costume le 
plus primitif. » (A. d'Aunay, yS.) 

CLOPORTE : Portier. — Ca- 
lembour : clôt-porte. — t Je con- 
nais le truc pour apprivoiser les 
cloportes les plus farouches. » 
(Montépin.) — t Qu'a dit le vil 
cloporte?... Le cloporte a dit : 
C'est huit sous. » (Champfleury.) 

CLOU : Prison. On ne peut 
pas en bouger plus que si l'on y 
éuit doué. -« « Je vous colle au 



clou pour vingt-quatre heures. » 
(Noriac) — « Comme de {oste, on 
ne vient pas se mettre au clou 
soi-même. » (E. Sue.) 

CLOU : Mont-de-Piété. Mot à 
mot : prison d'objets engagés. — 
c II avait mis le linge en gage; 
on ne disait pas encore mettre 
au clou, » (Luchet.) 

CLOU (mettre au) : Vendre un 
objet, mettre au mont-de-piété. 
(Almanach des Débiteurs, 5i.) 

CLOU DE GIROFLE : Dentca- 
riée,dent brune et amincie comme 
un clou de girofle. — « Madame 
Cramoisi demanda à Santeuil 
combien ils étaient de nK>ines à 
Saint-Victor. — Autant que vous 
avez de clous de girofle dans la 
bouche, dit Santeuil, voulant 
parler de ses dents noires et 
gâtées. » (Santoliana, 1764.) 

CLOUEU : Mettre en gage. — 
De clou, d*où dérivent aussi aC" 
crocher, clouer, déclouer et sur» 
clouer. (Engager, dégager et re- 
nouveler au Mont -de-Piété.) — 
c Jeune insensé, oublies-tu que 
nous avons passé le ao du mois, 
et qu'à cette époque les habits de 
ces messieurs sont cloués et sur» 
cloués? » (Murger.) 

COCANGE : Coquille de noix. 
— Le jeu de cocange ou de robi* 
gnolle est un jeu tenu par les 
filous qui courent les foires. 

COCANTIN : Homme d^aflai- 
res, intermédiaire entre le débi- 
teur et le créancier. {Almanach 
des Débiteurs, 5i.) 

COCARDE : Tête. — En pre- 
nant la coiffure pour la tête, on 
dit taper sur la cocarde, sur le 
pompon. 



COGARi>E (ivoîE i,n). ; Être 
ivre, avoif: le TiMge »tat6 j^oipoie 
UDeciicarde p^ ua e^eif dq V^'v 
son. — « J'y voyai* çn <«4***- 

nous i'.t : -i Yçii*. «lYOf XMî» -îg- 

G06ARDIER: Homme x£lé 
Jusqu'à l'exagéralion de ses de- 
voir». P^ïjOplinatipp, ^p^çi.^lf à 
l'arm^. Lt ço<»rdici: (ro)t u^iji- 
jouç» avoîi l'honneur dnfg.ïpl: 
cardç à aputepir. -riuCçttS Vk^^ 
c^^inp reposée eqt ^quelquefois trbi}^ 
bléé piir det génfraui; hef^eui; ou 
cqf^rdiecs. s ( Vie gari^ieniip, 65.) 
COCASSE : Rus4. (Coloiqb^y.) 
ÇOG^SSpRiE ; Drôleri^ co- 
œit^àe, 

COCHON : Libertin, polïston. 

COÇHONNERIti; :Charcuterie. 
— « La. viande de porc que lady 
Morgan, cette virago britannique, 
nomme de la cochonnerie.» (Rî- 

(SÛÇliÇNJiERl^ : Ae^ itid^. 
ïifit, ^ •! Le tjiul texte de ip^ 
lelt|» v.çus luQif^' poi^f r^po;id(ç 
à toutes les cochonneries f^^'r- 
b\es; je vou^ constitue doncppijr 
mô|idéfçnseurofficieux'.i(4e^>rï 
de peurtioauiïle, ambassadeur de 
France en Prusse, k t^. Besu, 
I" gerkinal an VIII.) — «Oscar, 
l'a^graçh^ntauec dignité : ï/^^t- 
quis, TOUS me faiies 1^. ui)B cq- 
chonnerie qui teinii^ à, jamais 
votre btaton. s (Maçquei.) 

COCHONNERIE : Salaud^Fi^, 
«liment dégoûtant, prépara p»r 
de> geni malpropres comm^ des 
Gochoni. — « Vous ne manger«z 



CChfiiiH.). 



qpep:Çlfeyal.— llÇSgros^ieç 
animal qu'on aojnm.q yûlgaire-: 
ment coco, ■ (Aubryet.) — i On 
pnlçijd, Ia «piîflçrie ^e 1% ^fXfs , 
dç % bptie il «KO, tu aata. > {Y'f 

COCO : Œuf de poule. 

COCO : t^otqme 4\ga^ àfi pgu 
(le considération. ■= ■ JoU çoi:o, 
pour vouloic me Ikire ^ller. ■ 
(ÛaUac.) 

COCO : Nom d'amitié. 



J' faif te ik 



:r 1)11 p'tit l)«C()^U. 



[Dialogue taire Su%o» tt ETOtaeh», 

cbanaoïi, 3^.) 
Si 1' gran^ çnip'rcuc d'Haï voui iitfiB 
Voui cctrez loùs : Kh I v'jà le coco. 
[La Viqlella et le% Œllleli, clianwn, 



iS.) 



T Allus 



n41a 



M^ll, de c« franc piptoi) de l^fije, 

Qui r*nd ipirilli^li^jini^tit, 

S^iii TOHi iloiirdir le ço|:a, 
Je m'ep tojirre à gogo.' 

l^H, Vlltre.) 

COCO (dévisser le) : Étran- 
gler, 

COCO (se passer par le) : Man- 
ger. — Comparaison de l'estomac 
humain à celui du chevaL Le re* 
frain populaire de la BçUe àCoco 
en a donné l'idée i l'armée et au 
peuple, 

COCpPÊS : Jeune dandy ridi- 
, île. -r: Diminutif d^ coco pcia 
fà mauvaise pqrt -^ \ Ohé! C9. 



coe 



— ui — 



Ç)ftG 



cocodès a-t-il l'air daim! » (L. de 
Neuville.) -r^aLes^ cocodès qui ne 
sont pas chevaleresques n^ par 
raissent pas monlrer beaucoup ^ 
goût pour les fusils à aiguiHe. » 
(Mérimée, 67.)— Une PhysiO", 
iqgie dti Çocqcfès a, piiru en 64. 

COCODÊTE : Fename d'un 
dandysjne ridicule. C'est la fe- 
melle du cocodès. -rr % On s*y 
moque des çoçoclès. p% des çoçpr. 
dètçs. n (Yriarte, 67.) 

COCODETTISME : Dandysme 
ridicule. TT a Lecpcodettisme n*in- 
carne pas plus le grand monde 
que le ipurn^l VUnh,ers la reli- 
gion catholique. » (Figaro ^ 76.) 

COCQNS : Camarade de pre- 
mièire année à FÉcple ppiy^çh,-. 
nique. Mot à mot : co-sçonsiçrit. 

Ton f|nçiçn tu tu^otras, 

Et ton co-cons pareillement. 

(U Bédollière.) 

COCOTTE : Jument.-,Cest la 
femelle de Coco (Cheval). --• Les 
Gari baldiens. tiraient, leçomman- 
dan^ saluait au niveau dçs oreil- 
les (le son cl^v^l. Mieux y^utque 
Cocotte ra,ttrape qup lui. » (Vie 
parisienne y 67.)^ 

COCOT lE : Mal vénérien. ^ 
On lui a sans doute dpnn^ le nom 
de celle qui en ^st souvent I9 
caujse. Y. plus bas. -r « L'ai ^ je 
eue 9.ase? de fois, 1^ cocotte ^^ h 
ce point qu*o^ m'appelaîi 1(9 roi 
des cpçpttiers. » ([«. de Ne^vil.lç.) 

COCOTTE : Mal d'yeu^ -tt 
Sans doute parce qu'on a les yeux 
4 H Ç9m^t c'est- a-dire cpuYeifts 
d'uçç taiç blanchâtre. 

COCOTTE (ma): Mot d'amitié. 



— Ç'Ç*^.\»n.8ynonyinç4e>iw^PM/;«^ 
Y. <» içpk 

COCOTTE : Femme galante. 
h^t à mot : courant %i^ çpq. — 
Oii.dla^t jaflis pônUtiê., m î//^. 
^rmédiiqjf:^ fait rerpontei^ çj^ite 
e^prw^ipiji^ PlftotçquUpp^He 1,^^ 
çpurti|^ane«gra//fn<f ^ ^(4(<^)PM^^ 
Sav^Fon son çp^n^j^ntav^ur]^ ujt 
g^iinm « Sfkfrgunf^ et pur^nii çmr. 
r^ia, : parçç que coi^ra/ç les poulç^ 
elles détruisfsi^t et pei;4/çQt 0utes 
choses. -7 « M«« Lficaille. 4isaM X 
toutes les cocottes, 4h q^^tifOr 
que j'étais trop faiblç. ppui^ (ai]^ç 
u n bon coq . » (Sabbat des ^Mnons, 
17.) — a Les cocottes peuvent se 
définir ainsi : Les bohèmes du 
sentiment... Les mis^rablf8a^49 ^^ 
galanterie... Lpa, prolét^irea de 
l'amour, d (tes Cocottes,^ 64..) Ço- 
cotte s'est dit ensuite pour îo- 
rette, V. Machin. 

COÇOTT CRIE: Monde d4B> 
cocojttes. « L^ courses ont foit 
de l'argent. J'y ^i remaïKlvA la 
pljup^t 4^ bet^ngs'm^n ignéléa ^ 
la ievtif dfe 1^ haute cpcqt^rie p^-x 
risienn,^ n (Figarç^ 67.) 

COENJHE DE LARD : Brosse. 
(Yidocq.) -r- Allusipn aux çpiesr 
qui garnissent la cpenn^s. Voir 
Çquent^e. 

CŒUR SUR LE CARREAU 
(jeter du) : Vonair. -=• (Ce caJein^ 
bour se trouve déjà dans Le Roux 
(1718). ^- ff La tére me tourne et 
j*étends mon cooup sur hs car-: 
reau. » (La Çorrectionnelie, 40.) 

ÇOFFIE^ : Tuer, ( Hal.l?iççt. > 
Abréviatip^ 4i'€sçpffîer.. 

COONAG : Petit verr» d^eau-t 

. • ■ * • 

de -vie, dite de Cognac, tt- La 
dénomination âst généralement. 



COI — 112 — COL 

fausse et ne trompe personne, COIN DU FEU : Robe âê 

mais on ne l'a conservée qu'avec chambre ne dépassant pas le bas 

plus d'amour. ^^^ reins. «Leurs corpssont enve- 

r>^..« A r^ ' ^^^ vT A « fv r^r\ loppés dans de confortables coins 

COGNAC, COGNARD, CO- ^|^ j^^ ^^ molleton. » (Figaro, 

GNE:Gendarme. — V.Ci^o^e, j^\ 

i^atV/e. — Il est à remarquer que ' ._„ „ ^ . . .« . 
carruche et canton (prisons) ont COIRE: Ferme, métairie. (Hal- 
le sens de coins, V. ces mots. Le b^rt.) 

cognard serait donc, à propre- COL (se pousser du) : Se fiiire 

ment parler, celui qui vous jette valoir, passer la main sous le 

dans le coin, mot à mot qui vous menton, près du col, en renver- 

cogne. Notre langue a conservé sant la tête, est un geste présomp- 

rencogner avec ce sens. Cogne tueux. 

est une abréviation. Cognac est _ . , , , . 

un jeu de moto. J!"' ^" ^* poussai» tant de col, 

' ^ "*"»• PJQU3 t'avons pris Sébastopol. 

COGNADE : Gendarmerie. {Ktmy, Chanson, i856.) 

V. Garçon, . 

^^^L,>^ ^^^v,.. ^ COL CASSÉ : Dandy ridicule. 

COGNARD, COGNb. — Gen- _ Allusion au col droit cassé aux 

darmeric. V. Cognac. angles qui est à la mode en ce 

COGNE : Eau-de-vie. Abrévia- moment. — « Il y a là-bas une 
tion de Cognac. — Le Figaro i<>*^« provision de cols cassés es- 
fait connaître les noms que por- coûtés de toute une cohorte demi- 
tent les consommations diverses mondaine. » (P. Véron.) 
dans les cafés du quartier Latin : COLABRE , COLAS , COLIN : 
Absinthe, Purée de pois; Café Cou, col. (Vidocq.) - Diminu- 
avec cognac. Un grand-deuil; tifs et jeux de mots. 
Sans cognac, ^it iemiWeMt/; Un r>r\Tn^f^v n •* /^ 
verre de cognac. Un pétrole ;Vn^ COLBACK : Conscrit. - Com- 
fine Champagne, Un cogni; Un paraisondesa chevelure, qui n'est 
bock. Un cer?ue//. Quand on veut P*^ encore taillée militairement, 

du «n, on crie au garçon :« Ge- ^" ^^""*' ,^P^»*' ^" ^^'^^^^ 

neulèvii » s'il ne répond pas as- Ç^^^ autrefois dans une partie 

*ezvite,onajoute:«ieBra^a«f/» de la cavalerie. 

roiFFTO «ÎAINTP TATHi? COLLABO : Collaborateur. 

«SS « SAINTE CATHE- Abréviation. « Nous avons l'hon- 

RINE : Rester fille, ne pas se ma- neur de dire à vos collabos que 

rier. - A lusion à la coutume qui je les aime à en avaler le jus de 

permettait aux filles seules d'or- ma pipe. » (Commerson, 75.) 

lier, aux |ours de fôte, la statue de !L ^^b. . 

«ainte Catherine, patronne des COLLAGE : Liaison difficile à 

vierges. — c II y a un préjugé rompre. 

généralement accrédité contre les COLLANT : Donton ne peut se 

xéjibataires qui souvent coiffent débarrasser. — c Nous sommes 

«ainte Catherine par égolsme. » rabibochiSi. C'est une femme col- 

<Lfl Cloche, août 7a.) Unte. » (L. deNeuville.) 



COL 



- ii3 - 



COM 



COLLE : Simulacre d'examen, 
examen préparatoire à un examen 
Téri table, il est appelé ainsi parce 
qu'on cherche à y tvÀXtt (embar- 
rasser) rétudiant. — Il n'y a pas à 
Paris d'institution sérieuse qui 
n'ait son colleur, -aOn est toujours 
tangent à une colle, soit que le 
professeur vous interroge à l'am- 
phithéâtre, soit que le sort tous 
ait désigné pour être examiné sur 
les travaux des huit jours précé- 
dents, n (La Bédollière.) — «La 
veille des épreuves, il leur pous- 
sait des colles. » (A. Marx.) 

COLLEGE : Prison. (Vidocq ) 

— Le contact des prévenus en fait 
souvent une maison d'éducation 
pour le crime. 

COLLÉGIEN ! Prisonnier. 
(Idem.) 

COLLER : Examiner, faire su- 
bir une colle. 

COLLER : Prendre en défaut 

— « Voilà une conclusion qui 
vous démonte. — Me prêtes -tu 
5oo francs si je te collet )»(E. Au- 
gier.) 

Abréviation de coller sous ban- 
de : acculer dans une situation 
mauvaise. — Terme de billard. 

— « C'est fini, ils sont collés sous 
bande. » (Robquint) V. Bande. 

COLLER : Jeter, mettre.— «On 
l'a collé au dépôt, envoyé à la 
Préfecture de police. » (Monselet.) 
V. Clou. 

COLLER : Donner. 

Pas un ztgue, mêm* un gogo. 
Qui lui colle un monaco. 

(Léonard, Parodie^ 63.) 

COLLEP. : Contracter un col- 
l»i;e. — « Julia : Qu'est-ce que va 



devenir Anatole? — Amandine : 
Le monstre! il est déjà collé avec 
Rachel. » (Les Cocottes, 64.) 

COLLETIN : Force. (Vidocq.) 

COLLETIN : Collet protecteur 
de cuir ou de tapisserie que met- 
tent les forts de la halle pour por- 
ter leurs fardeaux sans se blesser. 

COLLETINER : Porter des 
fardeaux à la halle. V. Colletin. 
On abrège en disant coltiner. 

COLLETINER : Arrêter. 
(Grandval.) — Diminutif de coU 
ieter, prendre au collet. 

COLLEUR : Répétiteur chargé 
d'examiner. « Un colleur à parler 
m'engage. » {Souvenirs de Saint" 
Cyr.) 

COLLIER, COULANT : Cra- 
vate. — Mots expressifs dans la 
bouche du voleur qui voit dans 
la cravate un moyen d'étrangler. 

COLONNE (chapeau en) : Voir 
Bataille. 

COLOQUINTE : Tête de forte 
dimension. — Allusion de forme. 
— « Je crois que vous avez la co- 
loquinte tant soit peu dérangée. » 
(L. Desnoyers.) 

Donne vite un fauteuil : je perds la co* 
loquinte. {Rien\i^ 26.) 

COLTIGER : Arrêter. — Di- 
minutif de Colleter, — « J'ai été 
coltigé et trois coquins de raille& 
sur mesigue ont foncé, ils m'ont 
mis la tortouse. 1» (Vidocq.) 

COMBERGEANTE : Confes- 
sion. — On y compte (com berge) 
ses péchés. 

COMBERGIiR : compter. (Vi- 
docq.) 



eôMËËRGO t Ooiïfuiloftnal. 

COMfeLAN&É (par) : î*at^ 
•UMrett, pM ÉdmplàUaiïcts <IU ' 

COMBRE, COMBRIAU, COM- 
BRIE:U:Chap«au. Dantlepatoij 
de la ^ttiârt fran{ai«e, on dit 
cûmire, ce qui paraît uns forme 
du mitâc mot. -^ Même observa* 
tion âiut et mol que pouf iàbe 
«1 ccàvtn. Le chapeau est ce qui 
ombrage U téle et, pu conlrac- 
lion, ce au'àtnb'-e. -» Combriéu 
et Combria» sont des diminuiira. 
V. Tirant. 

COMBRffi t Piice d'an franc 
(Halbert.) 

COMBRIER : Chapelier. 

COMBROUSlËRS:iCeitatnsi 
que II* marchands forains nom- 
ment lei paysans. • (Priv. d'An- 
jlemont.) — Pour eambrousïer. 

CUME : Surveillant de bagne. 
V. Cap. 

COMÉDIE (Jtreàla]; Saniun 
centime. (Ra basse.) 

COMFORT ; Bien-être, ai- 
sance parfaite de la viematfrielle. 
Anglicanisme.-. Il y avait in- 
troduitlecomfort, la seule bonne 
chose qu'il y avait en Angle- 
terre. . (Baliac.J 



COMFORTABILISME : Pra- 
tique du comfortabie. — a Leur 
philosophie est sans doute lou- 
tenue par le comfortabilisme. a 
{Balzac.) 

COMH : Commerce. (Vidocql 
.— Abrfviaiion. 



14 ^ tÔM 

€OMME IL. FAUT • ûe bMna 
compagnie. — ■ ËHe» hantent 
tes endibite comme il faul. ■ 
(Lyitd.) ■^ a Écoutez, je me cfta- 
nals en 'hcHhmes comme il ht», 
celuHt «n est un. a (DuAiaa Àls, 
Lt Dtmi'Monde,) 

COMMISSAIRE: a Depuis 
i'Ambiga jusqii^au théâti'Ë Beau- 
marchais et dans les quartieiï 

pihie l'appelle un contiAissafrt. » 
(J. buflot.) - Allusion i l'aà- 
cienne robe noire des comitiis- 
saires. Le broc s'appelle auSai 
petit homme noir, parce qu'il est 
est noirci par le gros vin. 

COMMÔÛË : Cheminfe. (Hal- 
bert.) 

COMMUNARD, COMMUNEUX: 
Partisan de l'insurreciion dite 
de la Commune de Paris, 1 87 1 . 

— « Presque tous nos commu- 
nards r^fuifiês à Genève y occu- 
penidei fonctions en rapport avec 
leurs gù&U.» (Éclair, 7».)— Com- 
miinarJ te prend adjcctiveinent. 

— « Les Enfants du âésespjir, tel 
est le titre d'une société secrète 
archi-démoc-soc-commuflarde 

rient de se créer à Genève. » 

(Éclair, 17 mai 7i.) 
COMMUNIQUÉ I Communica- 
Dn officielle i un journal. I.e 
ot date du second empire.— e La 
ite suivante a une couleur aemi- 

otlicielle de communiqué qui a'6- 

:happera à personne. » {Éclair, 

loût 7a.) 
COMPAS (ouvrir, fermer le) ; 

Activer, ralentir sa marche. — 

Coinparaiaon des jambes aux 

branches d'un compas. 
COMPER (de la) 1 S'évader de 



pris'oh. (RsbàsSe ) Formfc de cà'rti- 
per, 

COMPLET : Complitemènt 

im. 

COMÏ-IrÉ (avoir «on) i Êiîi 
ivre, avoir ïbncomptédèlii^ujdi. 

CÔM'PtÊ (tlVoif ton) : Mourir. 
Moi a mot : finit- le compté Ai 
ses (ours. — d J'ai ihon compté 
pour ce mondé-ci. C'est iotdé. » 
(I.. Reybàud.) 

Son coinpte est bon, diMn d'un 
coupable ft punir, duquel on 
compte les méfaits. 

COMTE bE CARUCHE. 
COMtËDE CANTON iOed- 
lièr. (Viddcq.) V. cék moti. 

COMTE DE CASTU : Infir- 
mier. (Id.) 

COMTEi COMTOrS : Nisis. 
(Id.l 

Battre comtois : Mentir. Mot à 
mot : Taire le naïf. On à v 
voir dàiis ce mot une allusion k 
là Frïiiiçhé Coihij, inàis cette pro- 
, vificè n'y isi pour rien. C'est un 
simple |éu de mots sur les trois 
prfcMiires lettrés de comiois. 
aSàAsdoutequ'éllébàtcomtoi 
(DecoUrceilé.) 

C-O-N .- Uche, niais. Mot à 
mot : homme qui n'a rien d< 
sexe. Se prononcé sait comtiiï 
un seul mot, soit en arliculanl 
Bfparfiiiéàt chaque lettré. Un a 
xién ikémplé de ce dernier gèn 
dé prononciation te trottve dâi 
les ÀdàfrtI de Solon dé Vbiài 
V576.) 

CONdÉ ! Maire.-Z)«mi-coM4» i 
Adjoint. —Grand-éoiidé : Préfti 
dé policé. 

GOÎïtJÉ : ^hniîsibn; =. Dà 



5=^ tON 

norti du mftire qui Ik ddfih'e. ^=^ 
« On le'iïr dcinné lé côhài Ot ifk^ 
t\iihi{& tli'f ËÈKliftâ ii^hcSI. Ik 
(Stamlt) 67.) 

CONbë FrtAl4C : Magiïtrit 
corrompu. (Vidocq.) Mot à mot: 
condd aêTranclii; V. Àj^ràHchlr. 

CONDITION: Vol avec éfirac- 
tiqn. -^ V j'aurais besoin d'putil, 
j'ai une condition à taire.» |Beau- 
villier.) 

CONDUlffe (faire làl : ChàW» 
liVie vàlès de fait. Mo) i Tn6i : 
reconduire. 



CONDUITE DE GRENOBLE 

(iairé la) ; Mettre quelqu'uti à la 
porte. -^ ft Sa grande visite au 
roi pour l'engager il faire la con- 
duite dé Grèhoblé A Moiit'morin 
elà DupIortAil et ï nommer â'hàii- 
nélés gens à leur placé, b (lygS, 
Hébert.) — * Le fiopulàirt l'ii it- 
tendu a la sortie et lui a fait ce 
qu'en stf le d'atelier on appelle la 
conduiVe de Grenoble.* [Ùtêrlé, 
16 ràii ji.) 

CONE,CONNE : Mort. (Gtâna- 
val.) — De Connir, tuer. 

CONFECTION ! Vêtement 
sortant d'un magasin de COnlec- 
tioiis. I — Un bomme bien cou- 
vert, tout ce qu'il y a de ihiiui 
en confection, b (Marque!.) 

CONFtRÉNCiÊft: Person- 
nage se faisant entendre dinS lèÉ 
confijrences publiques. 

eoNirt 1 tutr.- V. EôTim-. 

GOnJUNGO I Màriàgé. =La- 
tinistrfe éUqùel ft'à'uï détbn^ dfjl 
té nioi èàHjàlntt, — t UA j^uU 



CON - t 

ds ion premier conjungo. > 
{Ricird. — c Vous vous lancez 
dini le conjungo avec la fille 
d'une cabotine. ■ (Charles Hu- 
go.) — ( Car faut toujours que 
le prjrre boute son conjungo à 
tout ce tracas et que l'amitié fi- 
nisse par là. » CVadi, 1744.) 

CONNAIS (je la) : Expression 
usitée pour dire : l'histoire que 



le tour que vi 



vouiez me jouer 
H Zji marquise : 
Oh! mon Dieu ! que je suis mal- 
heureuse. — Le marquis : Ah 1 
voussavez làiafln... Pasd'aiiaque 
de nerfs. Je la connais celle là. ■ 
(L. de Neuville.) V. Mettre (le). 

CONNAISSANCE : Maiiresse. 
— « Ah 1 vous avez une connais- 
sance, monsieur! s (Leuven.) 

CONNASSE : Femme honnête. 
<Halbert.) — Les femmes inscrites 
à la police donnent aussi ce nom 
A toutes celles qui ne le sont pas. 

CONNERIE : Sottise. 

SI le giaài seul le* verrous, 

C'est pour la cona'ri'd'uD'camprani 

Icambraaie], 
Qui n'a p» lu rclealr ion lugout. 
{CAamoit de Mouchatceuf, GJ, 
manuscrit.) 

CONNIR ; Tuer. V. Sciage, 
Refaite, Trimballeur. ~ Du vieux 
mot caunir : trépasser. 

CONOBLER, CONNOBRER, 
CONOMBRER ; Reconnaître. 
(Vidocq.) — C'est connaître avec 
changement de finale. — être 
eonoblé: être reconnu. (Rabasse.) 

CONSCRlT:Élèvede première 
classe aux écoles Sainl-Cyr et 
Polytechnique. — « Lorsque le 



6 — CON 

taupin a été admis, il dcvleot 
conscrit, et comme tel, tangent 
k l'absorption. > (La Bédollière. 

CONSCRIT : Homme oalf, 
inexpérimenté. — Allusion à la 
gaucherie des conscrits. • 

conservatoire: : MODt-de- 
plété. (Vidocq.) — On y conterve 

les objets mis en gage. 

CONSOLATION : Eau-de-vie. 

— Ce mot dit avec une éloquence 
navrante ceque le pauvre cherche 
souvent dans un petit verre : 

— l'oubli momentané de ses 
maux. — ï Bon, il entre dans le 
débit de consolation. » (B. Sue.) 

— Selon le général Trochu (Mr- 
mée français! en 67), « la conso- 
lation est une liqueur douce des- 
tinée à consoler les entrailles du 
buveur des violences du tord- 

CONSOMM. : Consommation, 
Rafraîchissement. — Abréviation 

de consommation. — i Cesdaroei 
doivent être altérées par lâdanse, 
ce dont elles ne disconviennent 
pas. Panant de là, il les supplie 
d'accepter une consomm. n (Mor- 
nand.j — m Ces messieurs ne 
jouent guËrc que la consomm 
en cinq secs, presque jamais en 
cinq liés (cinq points liés). > 
(Boue de Villiers.) 

CONTE BLEU ; « Conte sans 
vraisemblance, comme ceux de la 
Bibliothèque bleue, ainsi appelée 
parce que les petits livres qui la 
composent ont des couvertures 
de papierifeu, et sont mémequel- 
quefois imprimés sur papier Mm. 
Cette bibliothèque, tris-connue 
dans les campagnes, sortit «le* 
presses de JeanOudot, imprimeur 



COP 



- 117 - 



COQ 



à Troyes en Champagne, vers la 
fin du XVI* siècle. » (Quitard.) 

CONTREFICHER (se) : Se 
moquer d'une chose autant que 
celui qui a déclaré s'en moquer 
avant vous. — c Tant qu'à «moi, 
je m'en contrefiche. » (H. Mon- 
nier.) 

CONVALESCENCE : surveil- 
lance de la haute police. On com- 
prendra l'allusion en voyant le 
mot malade, 

CONVERSATION CRIMI- 
NELLE : Flagrant délit amou- 
reux. — Anglicanisme. — « Je l'ai 
répudiée de mon cœur après l'a- 
voir surprise en conversation cri- 
minelle. » (Blondelet.) 

COPAIN: Compagnon. Du vieux 
mot compain, — « Être copain, 
c'est se joindre par une union 
fraternelle avec un camarade, c'est 
une amitié naïve et vraie qu'on 
ne trouve qu'au collège, d (H. Rol- 
land.) — a II me disait bonjour 
de loin^con^me s'il avait eu honte 
des'avouermoncopain.]»(About.) 

COPE : La cope était un des 
abus du petit commerce d'autre- 
fois. Elle consistait à renchérir 
sur le prix marqué. — « La cope 
tomba quand l'habitude de mar- 
quer les prix en chiffres connus 
fut adoptée. » (Naviaux.) 

COP EAU : Ouvrier en bois. 
Mot à mot : faiseur de copeaux. 

COPEAU : Crachat. — Expec- 
toration chassée de la poitrine 
comme le copeau est chassé du 
rabot. 

COPEAUX : Effraction. — Al- 
lusion aux traces d'un bris de 
porte ou de serrure. — « Je suis 



sapé à dix ans pour un coup de 
vague avec copeaux. » (Stamir, 
67.) 

COPIE (Pîsseur de) : Journa- 
liste par trop prolixe. On appelle 
copie le manuscrit à composer 
dans une typographie. 

COQUAGE : Dénonciation. V. 
Coqueur, 

COQ.UER : Embrasser. (Hal- 
bert.) 

COQUER : Donner, mettre. V, 
Ravignolé , Boucanade. 

COQUER : Dénoncer. Mot à 
mot : cuisiner, apporter tout pré- 
paré. — Du vieux mot coc : cui- 
sinier. V. Cuisiner, — « En pro- 
vince, il avait coque quelqu'un 
de leur bande. > (E. Sue.) 

COQUER LE POIVRE : Em- 
poisonner. 

COQUER LE RIFLE : Mettre 
le feu. — a Girofle largue, depuis 
le reluit où j'ai gambillé avec te- 
zigue et remouché tes chasses et 
ta frime d'altèque, le dardant a 
coque le rifle dans mon palpi- 
tant qui n'aquige plus que pour 
tezigue. » (Vidocq.) 

COQUER LE TAFFE : Faire 
peur. (Rabasse.) 

COQUEUR : t Le coqueur 
vient dénoncer les projets de vol 
à la police de sûreté. Le coqueur 
est libre ou détenu. Ce dernier 
est coqueur mouton ou musicien. 
Le mouton est en prison et capte 
ses codétenus. Le musicien ne 
révèle que ses complices. — Ce 
métier de dénonciateur s'appelle 
coquage, I^ musique est une réu- 
nion de coqu^urs (musiciens). » 
(Canler.) 



COR 



— ii8 - 



COR 



COQUEUR DE BILLE : Bail- 
leur de fonds. 

COQ.UEUSE : Dénonciatrice. 
V. Casserole, 

COQUILLE DE NOIX : t Na- 
poléon met le pied sur une co- 
quille de lioix, un petit navire de 
rien de tout. » (Balzac.) 

COQUILLON : Pou. (Vidocq.) 

COQUIN : Dénonciateur. 
(Halbert.) Jeu de mots sur co- 
queur et coquin. 

Coquine : V. Être (en). 

CORAM POPULO : Kn public. 
Mot à mot : devant le peuple. — 
Latinisme. — « Je grisais cin- 
quante danaides chez Deffieux 
coram populo. » (Ricard.) 

CORBEAU : Frère de la doc- 
trine chrétienne. — Allusion aux 
longues robes noires du clergé. 

— « Venez, vous que décore la 
robe du corbeau. » (A. Monté- 
mont.) 

CORBEAU : Croque-mort. 

— Double allusion à son costume 
noir et à son voisinage habituel 
des cadavres. 

CORBUCHE: Ulcère. (Hal- 
b'ert.) 

CORDK AU COU : Croix de 
•commandeur. Son ruban se porte 
au cou. Mettre la corde au cou 
dtun colonel veut dire le faire 
•commandeur à l'instantde le met 
tre à la retraite, c'est-à-dire de le 
retrancher du monde ou de Tac- 
tivite. 

CORDE (tenir la) : Avoir la 
Togue. — Terme de courses. — 
Le côté de la corde est un avan- 
tage pour le jockey qui s'en trouve 



rapproché. — « Qui est-ce qui 
tient la corde en ce moment dans 
le mondedramatique ?»(Fi^aro.) 

CORDES (faire des) : Être 
constipé. 

CORDER : S'accorder.— A bré- 
viation. 

CORNANT, CORNANTE: 
Boeuf, vache. (Halbert.) — Allu- 
sion à leurs cornes. — On écrit 
aussi cornaud et cornaude. 

CORNARD : A l'École de 
Saint-Cyr on ne mange que du 
pain sec au premier déjeuner et 
au goûter, et les élèves prennent 
sur leur dîner de quoi faire un 
cornard. — « Faire hommage de 
votre viande à l'ancien pour son 
cornard. » (De La Barre.) 

Faire cornard : C'est aussi te- 
nir conciliabule dans un coin. 

CORNE : Estomac. — « Si je 
me rince la corne quelquefois 
chez le mastroquet, c'est pour 
me consoler. » (Monselet.) 

CORNER : Puer. (Vidocq.) 

CORNET : Gosier. - Allusion 
de forme. — « Je n'suis pas fâ- 
ché de m'mettre quelque chose 
dans le cornet, x (H. Monnier.) 

CORNETTiC : Femme dont le 
mari est infidèle. Féminin de 
cornard, 

CORNICHON : Veau. (Vidocq.) 
— Mot à mot : fils de cornante, 

CORNICHON : Niais. (Dhau- 
tel, 08.) — Jour de Dieu ! Constan- 
tin, fallait-il être cor nie honne. » 
(Gavarni.) — a Malvina se con- 
tentait de me qualifier de corni-i 
chon. «(L* Reybaud.) — «Allons, 



cot 



— 119 — 



GOt 



r^é dé bêtièé^ ! t*ÂI Tàir d'uii cor- 
hichoA; h (Rîéh^î, 26.] 

CORNICHON : Aspirant à 
rÉcolé militaire. •=- « Une fois 
en élémentaires, il se bifurqué en 
élève de Saint-Cyr ou cornichon, 
et en bachot ou bachelier es- 
sciences. * {FnsmAiï&ài àè Paris, 
58.) V. Volaille, Pàm^er.) 

COltNlÈRB : Stable à boeufs. 
V. Cornant. 

CORRIDOR : Gosier. —«Vous 
iui pl^oposez de venir avec vous 
pour écraser quelques mollus- 
ques et se rincer le corridor d'une 
fiole dé Moêt au café Àiiglàis; )> 
(Vie pé^isiéh^éi 65.) 

CORSET (pas de) : V. Qw/nf e 

ansi 

COrtVÉT : V. Êire (en). 

COSAQUÉ : Briltali ôÀùvrige, 
maladroit: 

COSNE : Auberge. (Halbert.) 

CÔSTË : Là mort. (Idem.) 

COSTEL : SoutèriéUt-. (Idëhi.) 

COTE (être â là) : Être à sec 
d'argent ^^ Od éSt à flot quàtid 
la fortune éourit. -^ c Si voUS 
êtes vous-même à la côte^ — 
quelles singulières expressions 
on a dans lés coulissés poiir ex- 
primer qu'on manqué d'argent !» 
(A. Achard.) 

CÔf È (ô) : objets voléS. Ar^ 
got dés lidtàireâ. ■ Uii lôUi^d 
commUsàiré-prisëiir qui ë¥ëb là 
coté Q jeta iéâ fondéinéjits d'iiiië 
grande fortuné. » (Foùfiiiér- 
Vernéùil, 1826.) 

COTÉ (A) : Né ré^ondéné ^àil 



à «BA élijët. -= « M. BairSéy d'Âu- 
revillv a coAsàVrré lé sutcl'i dànà 
ù H article à côté très aàmboyàhf.ik 
(È. Blbndét, 1867.) 

COTE DE BCEUF : Sabre. (Vi- 
do'cq.) -^ Allusion dé formé. 

COTELE fffes : Favoris s'é- 
largièSdilt au bas déS jodééj de 
fàçbn à simuler la coupe d'uAé 
côtelette. 

COTELETTES : Applaudiàsè- 
méhts. (J. Duflot.) — Se dit dans 
le nàonde dramatique. 

tÔTERlIS : c Les tailleurs dé 
pierres s'interpellent du hoih dé 
coterie. Tous les campàgîîôhâ 
des autres états se disent payé, 9 
(G. Sand.). 

COtÊS È^ LOfJG (avoir les) : 
Être fainéant, refuser le travail. 
— Mot â mot : avoir un corps 
incapable de se plier à la tâche 
(puisqu'il a les côtes ëh long et 
nOti ëh tracera bomnib fdUb le 
nibridé); -^ Irohié fiopiilàlre. =^ 
d Céé déthôiâellëS àûsdi iriàt^lë^ 
au travail que i\ ëlleS àvàiéht léâ 
eôtes articulééè éii lôii^ et ri'ôri 
pas en travers. » (Th. bilvestre.) 

COTON (Fiiét un thàUtfàis) : 
Se mal pbttëF. = « Il file un rilàU- 
vais coton. ))(E. JourddiH.)— Cliî 
disait autrefois jeter un triste 
coton, comme le prouve cet ex- 
trait des Mémoires secrets de Ba- 
chaiiihont : « 24 février 1781. 
Màtiàtilë Bulté Vient de partir 
pb\ït Ldrtdi-eê où tràlâéftlblàblei 
trtéht elle jëttél^à Urt tHètë ti^toif: 
Il ëSt â cfàindi^ qu'elle nj hiéiifë 
dé fàirii. i — Gëltë défriièrë éi^ 
pmilà^ m ddiié lé Dittiômàîf^è 
de eAéd^miéi 



cou 



— 120 — 



COU 



COTON : Rixe, dommage. 
(Halbert.) — Il y aura du co- 
ton : on se battra. — Abrévta* 
tion de tricoter. — « Le chef de 
service leur recommande tou- 
jours d'éviter le coton, c'est-à- 
dire d'empêcher qu'il y ait des 
rixes. » (M. du Camp.) 

COTTERET : Forçat libéré. 
(Dictionnaire d'argot, 44.) — Jeu 
de mots : le cotteret est un petit 
fagot. V. Fagot. 

COUAC : Fausse note. — Har- 
monie imitative. V. Canard. — 
« 11 lui échappa un couac épou- 
vantable au milieu d'un couplet.» 
(A. Signol.) 

COUCHE (nouvelle) : Classe 
inférieure, élément démocrati- 
que. Abréviation ironique de 
nouvelle couche sociale. — « Le 
dictateur avait promis aux nou- 
velles couches gloire et hon- 
neurs. » (Saint-Genest, yS.) 

COUCOU : Montre. (Colom- 
bey.) — Du nom des horloges de 
bois dites coucous, à cause du cri 
de coucou qu'elles simulent en 
sonnant les heures. 

COUCOU ; Cocu. — Redou- 
blement du vieux mot cous : 
mari trompé. Coucou est du 
XVIII* siècle 

Une simple amourette 
Rend un mari coucou. 

{Chansons, impr. Chassaignon, 5i.} 

COUCOU (faire) : Jouer à la 
cachette, jeu où l'on crie coucou 
en guise d'avertissement. — « Je 
vais me placer dans ce coin, la 
figure contre le mur et la main 
devant les yeux, comme si je fai- 
sais coucou. » (P. de Kock.) 



COUDE (lâcher le) : Quitter. 
" « Vous n'pourriez pas noua 
lâcher r coude bientôt? » ( Léo^ 
nord, parodie, 63.) — Allusion 
à la recommandation militaire 
de sentir les coudes à gauche, en 
marche. 

COUDE (lever le) : Boire à lon- 
gues rasades. ^ a Ça n'a pas 
d'ordre, ça aime trop à lever ie 
coude. » (P. d'Anglemont.) 

COUDES A GAUCHE (sentir 
les) : Marcher avec ensemble, 
avec régularité, comme à l'école 
d'infanterie. 

COUENNE : Peau. — Se ratis- 
ser la couenne, se faire la barbe. 
V. Gratte-Couenne. 

COUENNE : « On dit d'un ni- 
gaud, d'un maladroit, d'un sot, 
qu'il est couenne. » (Dhautel). 

— a Viens-lu? — Ah benl non. 

— Ah i que t'es couenne. » (Our- 
liac.) 

COUENNE DE LARD : brosse. 
(Vidocq.) — Allusion aux crins 
de la couenne du porc. 

COUILLÉ : Niais. —De coutl- 
Ion. — « Un couillé j'ai remou- 
ché. » (Vidocq.) V. Plan. 

COUILLON : Pour ce mot et 
ses dérivés, voyez Couyon. 

COULAGE : Gaspillage, dé- 
tournement commis pai des su- 
bordonnés. — a Quel est le négo- 
ciant habile qui ne jetterait pas 
joyeusement dans le gouffre d'une 
assurance quelconque cinq pour 
cent de toute sa production pour 
ne pas avoir de coulage- Eh bien ! 
la France ne paye que soixante 
millions, deux et demi pourcent, 



cou — I 

pour avoir U certitude qu'il 
n'existe pu de coulage. Le gn~ 
pillage ne peut plus tire qui: 
moral et législatif, n (Balzac.) — 
. Le coulage est une mauvaise 
gesrioii des aflàires du pij's; il 
consiste à faire faire des iravaun 
qui ne Sont pas urgents ou né- 
cewsirea, etc. » (Balzac, .841 1 
COULAGE ; petits détourne- 
ments commis par ta domesti- 
cité d'une grande maison oud'ur 
magasin. — Allusion au liquidt 
coulant par les fentes d'un ton- 



u détrii 



t desi 






H On ne se figure pas 
le coulage qui désolait noire 
caissier, n {Almanach du Haime 
Ion.) — s II y a ce qu'un appelle 
le coulage, c'est-à-dire les objets 
dérobés par les employés eux- 
mêmes, s (G. Vassy, yi.) 

COULANT : Lait. (Halbert.) 

COULK («ire i la) : Être insi- 
nuant, sachant se coulerenire les 
obstacles. 

COULE (être i la) : Agir de 
complicité. — a Y a-t-il de la 
place dans votre bolleî — Oui! 
répond celui-ci qui est àla cou le.i 
(Cavallié.) 

COULER [se la) ! Aller douce 
ment (Rabasse.) 

COULEUR : Mensonge. - 
Il colore ou farda la vérité. — 
■ Oh 1 les peintres ! il n'y a pas i 
leur monter d'coupa, ça connaît 
les couleurs. » (Lamiral, i838.] 



Je bouBcule l'uiurpitcnr 

Qui m'appliqua sur la iUe, 
Comm' on dit, ane coDicur. 
[/.* Gamin it PaHt) 



I - COU 

COULÉ : Perdu sar 
ces. Mot i mot : couji à fond. — 
Terme de marine. — t Non, les 
étudiants de seizième année 
n'existent plus; c'est une géné- 
ration coulée. ■ (Privât d'Anale- 
mont, i855.) 

COULER (en) : Conter dea 
mensonges. — ■ Tu nous en 
coules, ma mignonne. Va! j'te 
connaissons, x {Calichiime poil- 

COULER DOUCE (la) î Vivre 
confortablement. — ■ Ah I je ne 
Bais pas quand il se passera, mais 
l'ai un fier béguin pour toi. Tu 
la couleras douce avec moi, je 
l'en réponds, n (L. de Neuville.) 

COULEUR LOCALE : Procédé 
littéraire fort à la mode depuis 
1 83o. — B La couleur locale con- 
sistait surtout  faire dire au 
personnage le nom de toutes les 
Fabriques d'où sortaient les ob- 
jets dont il parlait et à faire con- 
nattre de quelle matière étaient 
objets. On dirait : Afa 
tonne dagut d'acier, mon pour- 
point de brocart, monjuttaueorps 
de VenÎK, absolument comme 
si aujourd'hui on faisait dire à 

bottes de cuir, ma canne de 
bois. > (Privât d'Anglemont } 

COULIANT : Lait. {Grandval.) 

COUUANTE : Uitue. (Hal- 
bert.) 

COULISSIER ! Spéculateur 
jouant ft la coulisse de ta Bourse, 
'est-Â-dire en dehors du par- 
quet des agents de change, — 
Privilège supprimé depuis 1860. 

COULISSIER : De coulitaes, 
théitral. — a De là un besoin 



GOU 



— 142 — 



GOU 



Insatiable d'intrigues aihoureu- 
«es et côulissières. » (Ricard.) 

COULOIR : Bouché, gosier. 
— Synonyme de corridor, Ménie 
Allusion. V. Plombet. 

COUP : Secret, procédé parti- 
culier. — On dit il à le coup pour 
il a le dernier mot du éavàii- faire, 
et il à An àoup, pour il à son pro- 
cédé d lui. 

CÔiJP A MONTER : Grosse 
entreprise à tenter, piège à ten- 
<lrô.^^ ctUii coup à moHter, ce qui, 
dans rargot des marchands) veut 
dire une fortune à voler. » (Bal- 
iàc.)V. Monter, 

COUP DE BAS : Coup dange- 
reux. — « Ces fats nous donnent 
un rude coup dé bas. » {Chansons, 
Clet-mont, i833.) 

COUP DE PIED (donner un) : 
Aller jusqu'à un endroit déter- 
miné. 

Ne pds se donner de coups 
de pied : Se louer soi-même. — 
Àiot à mot : ne pas se nuire. 

COUP DE PIED DE VÉNUS ! 
Mal vénérien. 

COUP DE PlSTÔLÉt : « Al- 
léché par l'exemple et là pei-s- 
pective de quelques bénéfices 
éilorihes, un novice vient de tirer 
wt coup dé pistolet à là Bourse 
(c'est l'expression pour dés!|^ner 
une opération isolée.) » (Mor- 
Jiand.) 

^. COUP DE POUCE(donnef' le); 
Etrangler. 

COUP DE POUCE : Ne p^s 
donner le poids. Mot à mot : 
donner le coup de pouce à là ba- 
élance. 

COUP DE SIFFLET i Cou^ 



teau. (Halbert). Pour coupe-sif* 
flet (coupe-gorge). 

COUP DÉ SOLEIL (avoir Un): 
« Être à demi gris, avoir ùiie 
pointe de viii. » (Dhautel, 1808.) 
-^ On sait que le vin et lé soleil 
ôht également là vertu d'em- 
p'ôufpret le visage. -^ tt Ma foi, 
çà A' s'erà qu'à la brune qu'fihira 
c'gueuleton sans pàireil. En par- 
lant d'ça {'pourrais bien attraper 
uii p'tit coup de soleil... Mais 
Voyons si j'ai encore de la brai- 
se. » (Lamiral, le Savetiei' en 
goguette, 38.) V. Soleil. 

COUP DE TEMPS : Accident 
subit, surprise. ~ Terme d'es- 
crime. -^ ce Je mettrai le trouble 
là-dedans par un coup de temps 
qui lie sera pas trop béte. » {Le 
Solitaire f pot pourri, 1821.) 
Voir le càup de îeMps, c'est le 
prévoir. 

COUP* DU LAPIN : Coup 
mortel) comme celui qu'on donne 
au lapin sacrifié à la cuisine. 

COUPE : Misère. (Halbett.) — 
Mot à mot : dans la côitpe dés 
viUrés. 

COUPE (être sous la) : Être 
subordonné à quelqu'un. 

COUPE (tirer sa) : Nager. — 
« Rodolphe, qui nageait comme 
une truite... se prit à tirer sa 
coupe avec toute la pureté ima- 
giriàble. » (T. Gautier.) 

COUPE-CHOUX ; Sabre d'^in- 
.fanterie. — Avant de servir 
'comme baïonnette, cette àrine 
était, même en campagne, ^des 
plus pacifiques. — : « Leur voit- 
on traîner d'une façon guei^rière 
le coUpe-choux du càporàï? » 
(A. Rôllahd.) 



cou - 

COUPE-FICEI.LË : Anilki 
d'tTtilleri«. — Alluiion i li 
grande quantité de fiMlle rfcla> 
raie par cet Ibnetioni. 

COUPE-SIFPLCT : Couteau. 
Mot a mot : coupe-gorge, V> Sff- 

M 

COUPE [(a te la] i Ceta te di- 
concerle. — Abréviation de (i 
te coupe la chique, cela le con- 
trarie, te déroute. (Dhautel, o8.| 
— a Sou» le premier Empire. 
M. de Beaumont annonça au 
cercle des Tuilerisi : « Madame 
• la maréchale LefebvreliL' 
pereur a'avanceel lui dit :(t 

■ jour, madame la duclieste de 

■ Danttick 11 Celle-ci se retourne 
et dit au chambellan trop laco- 
nique : a Ah! fa te la coupe, ca- 
« dell ■ (Eitexehtpediaaa.) V. 
Sifflet. 

COUPER : Donner dans un 
panneau, accepter un mensonge. 
Abréviation de couper dans le 
pont. — « Ah I dit Marlol en fai- 
sant ïauter l'or dans sa main, 
elle a donc coupi dans le ma- 
riage ( ■ (Champfleury,) 

COUPER DAN3 LE PONt : 

Se laiMer Alouter en coupant des 
carte* pr^paiie» par un grée qui 
lient dtjdire le pont ; ( plier É^- 
gèremeni les tartes à un endtoii 
tlélerminé, de façon A guider In 
main de l'adversaire dans la por- 
tion du jeu où elle doit couper 
inAocemment). — • a Laisse-la 
couper dans la pont, s (Balzac.) 



COUPER UOUËIJLS, COU- 
PER LA GUEULE A qIjINZIÎ 



>3 ~ 



COU 



PA3. " Bsbaler une si itMu> 
raiscodetlf qu'on la semittulnae 
pas. — C«tt« eipmsion ne matt- 
(ttMpudejuiteue, car la bouche 
setnbM souflfHr aaunt c|Ue la nta 
en pémi CM. 



(ColauiMi) 

COUPER LA MUSETTE i 
Couper 1* parole. '^ a Ta re- 
montrance m« coupe la mu* 
seite. »(CAftniont, CtllteaUTOUX, 
26.) 

COUPER LA MUSETTE ; 
Couper la gorge. -^ ■ De Palto 
)'ai coupj la musette, il ne peut 
plua te faire de mal. » {U Soll- 
téirt, pot pourri, ai.) V. S^et. 

COUPLARb : Couteau. (Mal- 
bert.) Mot a mot : coupe-lard. 

COUPLETS DE FACTUrKi 
( C'est un morceau de pojaie 
long d'un mètre, sur l'air devCo- 
méditm OU de Vfw ià LitMgfà- 
phie. Peu brdzier et M. Clâirville 
sont les maîtres èi couplets de 
Tacturc. B (J. Duflol.) 

COURAILLGR ': Courir les 
filles. — « Vous i'âurieï empiché 

de courailler, n (Balzac.) 



COURIR': Courir leï filles. — 

Monsieur n'ett pas heureut 

quand il court. 1 (H. Môtiriïer.) 

-On dit auiai Coufir la gaeuU. 

COURIR, FAIRE COURIAi 
Être propriétaire de chevaux de 
course. — <t Oscdi- 1 tttiii, cher I 
je viens du Club... j'dl beaifCfldp 



CRA 



— 124 — 



CRA 



parié... j'ai perdu vinqt-cinq louis 
et deux saladiers de vin sucré. — 
Vous savez, je fais courir. — Le 
marquis : La jeunesse ne saurait 
avoir de divertissement plus 
comme il faut. » (Marquet.) 

COURIR (se la) : S'enfuir. 

COURIR (se) : Se méfier. (Vi- 
docq.) — • De l'ancien verbe se 
covrir : se couvrir, se protéger. 

COURTAUD DE BOUTAN- 
CHE : Commis de magasin, vo- 
leur. (Qrandval.) 

COUSIN : Grec. V. Pou'cette, 

COUYON, COUILLON : Là- 
che, poltron. — Du vieux mot 
coion qui a le même sens. (V. 
Roquefort), et qui est un dimi- 
nutif de coy : tranquille, indo- 
lent. Il s'écrivait aussi quoyon, 
— Mazarin est souvent appelé 
coyon dans les pamphlets de la 
Fronde. 

Beaulieu, Cobourg en furent touchés 
De voir leur troupe à l'abandon 
Qui fuyoient comme des couillons 
Devant les patriotes. 

(Mauricault, Chanson^ 1794O 

COUYONNADE : Affaire ridi- 
cule, action lâche. 

COUYONNER : Reculer au 
moment d'agir. 

COUYONNERIE : Lâcheté. Du 
vieux mot coionnerie, V. Roque- 
fort. 

CRACHER : Parler. Mot à 
mot : cracher des paroles. 

Faire cracher : Faire parler. 
(Rabasse.) 

CRACHER : Décharger. — Le 
canon crache la mitraille. 



CRACHER, CRACHER AU 
BASSINET : Donner de Targent 
de mauvaise grâce. — Vieux mot 
argotique. Une ancienne gravure 
représente le grand Coësre ou 
roi des Truands ayant à ses pieds 
un bassin où chacun des gueux 
ses sujets vient déposer son tri- 
but, c'est-à-dire crac/ier au bas* 
sin, — (K Tu dois faire cracher 
encore 1 5o^ooo francs au baron.» 
(Balzac.) 

CRACHER DANS LE SAC : 
V. Raccourcir. 

CRACHOIR : Bavardage, ba 
vard. — Qitel crachoir! Quel 
bavard ! 

CRACHOIR : Réquisitoire. V. 
Bêcheur. 

CRACHOIR (tenir le) : Tenir 
le dé de la conversation et ne pas 
le céder à d'autres, mot à mot : 
ne pas htcher le réquisitoire; ac- 
caparer le bavardage. (V. plus 
haut.) Qitand il tient le crachoir, 
il en a fOur longtemps, dit-on 
d'un bavard. Ce terme est iro- 
nique. — « N'étudiant aucune 
question à fond, mais se conten- 
tant de prendre de chaque chose 
une teinture superficielle qui 
permet de tenir convenablement 
un crachoir, — terme vulgaire, 
mais juste, — d'une heure ou 
deux. » (Paris-Journal, 72.) 

CRACK (à) : « Cheval cxtraor- 
dinaire sur lequel on compte 
beaucoup. On dit le crack de l'é- 
curie pour dire le meilleur che- 
val. » (Parent.) Angl. argot de 
courses. 

CRAMPE (tirer sa) : Fuir. - 
oc Elle a pris ses grands airs et 
j'ai tiré ma crampe. « (Monte- 



CRA 

pin.t — k lusii un autre aenit 
qui H'n' pas de nom nssorl. 

CRAMPER (k) : Se uuver. 
Mot è mot 1 tirer sa crampe. V. 
Pré, A bouler, 

CRAMPON : importun auMi 
tenace qu'un crampon. — « Elle 
e«t sMcz iolie, cette femme. — 
Charmante! mais quel cram- 
pon! » {L. r^roy.) V. Lâcher. 
t Je TOUS fais mes adieui. — Je 

pon, vieux gâteuil » {Tarn 
Tarn.) De là, sant doute, l'ori- 
gine de ce péjoratif. 

CRAN O^cher d'un) : Aban- 
donner subitement. — ■ Noua 
voua Iftcherons d'un cran. » — 
(Vidal, 33.) 

CRAN (faire un) : Tenir bonne 

CRANE : Hardi. .- « Esl-ll 
crAne, cet enrag^li. » (P. La- 
croi», î») 

CRANE : Beau. — « C'est {a 
qui donne une crine idée de 
l'homme! » (Gavarni.) 

Mettre ion chapeau en crâne : 
Le mettre tena devant derrière, 
à la fafon des tapageurs. 

CRANE : Bon. — « Quand j'é- 
tais sur la rouie de Valenden- 
tiea, c'est là que j'en avais du 
crflne du tabacl > (H. Monnier.) 

CRANEMENT : Supérieure* 
ment. — ■ J'ai été maître d'ar- 
mes... et je puis dire que je tirai* 
crânement. ■ (Méry.) — a Elle 
prenait Ja brosse chu un pein- 
tre, et bisail une tfte assez crâ- 
nement, s (Balzac.) — a Je suis 
crlneroenl contente de vous 
voir, »{E. Sue.) 

CRAPAUD : Homme petit, 



Ja5 - 



CRE 



chétif. (Dtaautel.)— Gamin.— 
Pria Muvent en bonne part. — 
■ Tienil Potier, je l'ai vu du 
temps qu'il était à iRPorte^aint' 
Martin. Dieux! que c'crapaud-U 
m'a fait rire! • (H, Monnier.) 

CRAPAUD : Bourse de soldat. 
— Elle est inférieure i la bourse 
delà masse dite aussi grenouille, 
le crapaud l'est t la gre- 



Cadenas. (Vi- 



nouille. 
CRAPAUD 

CRAPAUD : Fauteuil bas. — 
a Unebergïre... Avances plutôt 
un crapaud ! . (E. Jourdain:) 

CRAPULOS, CRAPULADOS : 
Cigare d'un sou. Mot à mol ; le 
havane de la crapule. — Ironie 



à l'adrei 






1 pompeux 



CRAQUELIN : Menteur. 
(Grandval.) — De craque, men- 

CRASSE : Indélicatesse. — 
a Elle m'a fait des crasses. Toi, 
tu m'inspires de la confiance. > 
{A Imanach du Hanneton, 67.) 

CRÉATEUR : Peintre. {Vi- 
docq.) — Il crée sur la toile. 

CRÉATURE : Prostituée. — 
« Pour la grande dame qui se 
voit enlever ses adorateurs par 
une grisetle, cette grisette est 
une créature. > (L. Huart.) — 
I Mon mari a eu l'Infamie de 
foire venir celte créature dana 



,(Gav 



>i.) 



CREBLEU, GRELOTTE : Ju. 
rons. — Abiifviations de saert- 
bleu, sacrelotle. V. ces mots. 

CRÉ CHIEN : Abréviation de 



^ i à 6 ^ 



€ftE 



^crêvftieH, ]uràh.^iiGi^é chièfh ! 
Lofse f as lé il ne càsq*if^të^n jpféu 
xhcyàlttë. » (Gavàrhi.) 

CREDO : Profession «ié foi. ^ 
Latinisme. ^ a La meilleure 
réponse, c'est de publier le credo 
politique du vieux Gordëlief. » 
<G. Ôëstilduiihs, iT'gô.) 

C'^ËMË : Superlatif, le meil- 
leur ou la meilleure. — « Excel- 
lent!... Dis donc que c'est la 
■crème dèa oncles, t (Béauvrallèt.) 

GRÉ NOM : Juron. — Abré- 
viation de iàcré nom, V. ce niiot. 

GRÉPAGE : rixe. V. Gréper. 
— « Un effrayant crêpage de chi- 
gnons s'en suivit. La police in- 
tervint. » (G. Vassy, 75.) 

GRÈPER LE TOUPET, LE 
CHIGNON : Prendre àuk che- 
veux, battirè. -^ « Nous v'ià tous 
•deux à nous crêper le toupet. » 
{Letellier, Sg.) -^ Les femmes se 
•crêpent le chignon, 

GRÉPIN : Cordonnier. Mût à 
mot : enfant de saint Crépi n, pa- 
tron des bottiers et des cordon- 
niers. — «Je défie bien leCrépin 
4e me hirt des bottes plus jus- 
tes. » (Là Correctionnelle.) 

CRÉPINE : Bourse. (Vidocq ) 
*^ De crépin, — C'est, comme le 
crapàlid, une bourse de cuir. 

CRÉPON : a Des crépons, 
-c'est-à-dire de ces petite paquets 
■de crin que le beau sexe place 
«ous ses cheveux pour les faire 
« bouffer. j> {Éclair, 10 mai 72.) 

GRÈS : Vite. (Halbért.) 

CRESk^INlÈRÊ -i Beaucoup. 
^Idem^) 

CRÉTINISÈft I Àbi-utir. ^ 



a Un 'Ëffrazellè k Vécà à Tin^t- 
deùk «^s 3pàr tête et &^t dfe^ 
tinisé. k ^Balzac.) -^ « Tout le 
monde joue 6n France, àit-il; 
qu*est-ce que cela prouve ? uhè 
seule chose : c*est que la France 
se cVétîhise au fnilieu trë cette 
fi'énésiè de Sjbécàlatiôh. )» (Bdéér" 
sicotiêristhé*) 

CREUSE : Gorge, (làtn,) — 
Voyez Creux, 

CREUSER : Âpprofotidir, en 
parlant de TekécutioA d'une ttu- 
vtè artistique ou litté^a'irè. ^^ 
C'est creusé se dit d'une chose 
fort étudiée. -^ Creuser sàh ifiijetf 
c'est le préparer avec soin. 



CREUX 
(Grandval.) 



Logis , maison. 



CREUX : Voix retentissante 
comme Técho d'une caverne. 

CREVAISON : Mort, chuté. — 
<c Cette rengaine du fiasco n'en 
dissimulait pas moins uhè cre- 
vaison spontanée, ii (Michu.) 

CREVANT : Ennuyeux à pé- 
rir, à crever. 

CREVÉ, PETIt GREVÉ : 
Jeune élégant poussant à uii de- 
gré tout féminin la recherche de 
sa toilette. Un Almahach des pe- 
tits crevés à paru en 1867. 

Eile ajoutÀ : Bébé, je fisxX^ chez teas 

parents. 
Le crevé s'écria : Cela m'est bien égal. 

Alm, dès p, Crtué*. 6j . 

^ a Petit crevé se décollette avec 
gricé, épile son menton et cire 
sa moustache. Son teint délicat 
connaît les douceurs de la poudre 
de riz et du blanc de perle. » 
(Yrîàrte.) i^ C'est de c'e visage 



MiiAii iiii'ta venue vHàh %bus 

CREVER^ ÉRËVE'ft LA. filL- 

GRiÊVÊft(tu fèh fefii») : For 
mule ftégàtivè. V. t^ttire. 

GftEVÊttÉ ; Lôrèlte. Moi i, 
mot : fille Kadtàfit le* crevA. V. 
ce mot. K touk IM ëHàim« de 
vier^ei folies, biches dorjes, co- 
cottes, creveltes. i (Michù.) -^ 
n Lel fiuri« dt cahcift ctt^bin^cï 
dfeji -itibàti Otmttit et des pie- 
tits cVèCii. > (Blotidelet, 1867.) 

cftlËLAÔE : Cti. ^ t On pta\ 
les ^fiigilîr èl le* tourtous» en 
leill' ItohifiUant Qu'ils seront ts- 
carpes l'it 7 a du cribla^eL » {Vi- 

CWBLEMENT IGH. (Côlom- 
bey.) 

tRlBLËR : Criet. -^ C'esl 
erier avec changement dèfiftale. 

CRIC : Êau-de-ïie. V. CH^ue. 

CftIC-CROC : A ta santé 
(Grandval.) '^ Harmohie Imitai 

Cftf-CRI ! Grillon. — Marmo- 
tiie imitatWe de siin cri. — a Un 
cri-cri que l'habitude de me Voir 
avait apprivoisé, s (G. Sdnd.) — 
<• Se sen* quet'ehoae (f\i\ ifîfouille 
dan» niofi csloiIlàC. Je croit i]uc 
c'est un cri-cH. » (H. Monnier.) 

CRiK, CRIONE ! Viande (Ra- 
batie.) V. CrlolU. 

GRIHItENNE ! t Litgt et 
langue capote i coliei et â capu- 
chon envoyée de France pour le 
Wldat en Crimée, b (Cier, 18S6.) 

GRIN (iire coinme un): Être 



t-7 ^ Gî« 

■ffH^SlitA diffièflt. iit ait IMH'.it 

tiivii ■ thivetit. =<■ Ànibu 

tWtS (à loua) : trè^-chèvèfe, 
et au figuré : eitrjme dans ses 
■Vpmolllf. a:. Xlfuaiàft à té tbe- 
IfiXiirt! dont m né veut ritii) m- 
tranchef, qu'on laisse pousSèr à 
tous efrint. ^ ( Les démocrates 
à totis crins, qtil sont dans eéite 
-Dieartti-càth61ique. »(^OMi'(eu»-, 
ïpteiftbî*, 1871^ 



CRIOLLIER, GHlNOLlÉR : 
Boucher^ — k Nous allons bar* 
botter demain la cambriolle d'un 
garçon crinotieh ■ (Ganler.) 

GRIQÙE, CRIK ! Ead-dc^ïlè. 

(VidOc^.) =. « Un vetre flé clrM* 

ne fait pai de fiial. k (J, ChoUt;} 

a Si on a donné une gratiliâ- 

1 de trtk (eau-de-vie), il y « 

changeftieht complet. » (Vit 

parisienne, i865,) 

CRISTALLISATION : Êbn- 

densalioh Ititetlectuelle. -^ On 

sait que la eristallisttion unit et 

solidifie les parties d'uHQ iub- 

— ^ce distante dans un liquide. 

Un hbitiihe d'esprit, Steh- 

dhalj a eu h bizarre idée de 

imtrcrtitallisation le tf-Avail 

la pensée de la marquise lit 

avant, pchdam et apris cette ioi. 

rée. » (Baliat) 

CRtStALLlSËR 1 Fàttutt m 
s6lell. '^ Terme de chiiMie : La 
:r!slallisation est un effet de la 
:haleur. " 1 Permis à tous de se 
promener dans les cours, de fu- 
tter ieuf plj», de criêtaliitér au 
soleil. » (U BédoIlièM.) 



CRO 



— 128 — 



CRO 



CRISTI : Juron. — Abrévia- 
tion de sacristi. V. ce mot. — 
c Cristi 1 que mon panaris m'é- 
lance. » (Marquet.) 

CROC : Escroc. — Abrévia- 
tion. 

CROCHER : Sonner. (Hal- 
bert.)— Pour crosser. V. ce mot. 

CROCHKR (se) ; Se battre. — 
Abréviation de s'accrocher, — 
a Je grille de vous voir crocher 
avec le Maître-d'École, lui qui 
m'a toujours rincé. » (E. Sue.) 

CROCS : Dents. (Grandval.) 

CROIRE QUE C'EST AR- 
RIVÉ : Se prendre trop au sé- 
rieux. « Elle se disait regardant 
les vagues en courroux : Ce bon 
Neptune, il croit que c*est ar- 
rivé. » (Aubryet, 1870.) — a Au 
premier rang sont les gens qui 
croient que c'est arrivé. » (P. Ma- 
halin, 1867 ) 

CROISANT, CROISSANT.— 
Gilet. (Vidocq.) — Il croise sur 
la poitrine. 

CROIX : Six francs. —Vieux 
mot qui faisait allusion à la 
croix empreinte sur certaines 
monnaies d'argent. — « Le car- 
reau du Temple avait son argot ; 
il parlait par pistoles, croix, 
point, demi-point et rond. La 
pistole valait dix francs; la croix, 
six francs; la demi-croix, trois 
francs; le point, un franc; le 
demi-point, cinquante centimes, 
et le rond, un sou.» (E. Sue.) 

CROLLE : Écuelle. (Fr. Mi- 
chel.) 

CROME : Crédit. (Halbert.) 

CROMPER : Sauver. (Idem.) 
Pour cramper. 



CROMPIR : Pomme de terre. 
(Fr. Michel.) — Germanisme. De 
Grundbirne : poire de terre. 

CROMPER SA TANTE : Sau- 
ver un prisonnier. (Rabasse.) 

CRONÉE : Écuelle. (Idem.) 

CROQUE-MORT i Porteur 
employé par les pompes funè- 
bres. — c Le croque-mort est 
d'un naturel grivois; il aime le 
vin, le jeu, les belles. » (Privât 
d'Anglemont.) 

CROQUER : Esquisser, des- 
siner. — tf C*e8t un charbonnier 
de la grève que ce peintre a 
voulu croquer, i {Santoliana, 
I y 5^ ) ~ c Si je croquais ce chêne 
avant de déjeuner! 1 (Marcellin.) 

CROSSE, GROSSEUR : Rece- 
leur, ministère public. (Vidocq.) 
— Son réquisitoire frappe ou 
crosse les accusés. — On sait que 
crosser est pris ordinairement 
dans ce sens. 

CROSSER : Receler. 

CROSSER : Sonner. Mot à 
mot : frapper, crosser l'airain.— 
c Quand douze plombes cros- 
sent, les pègres s'en retournent 
au tapis de Montron. > (Vidocq.) 

CROSSIN, CROSSE : Rece- 
leur. (Fr. Michel.) 

CROTTE D*ERMITE : Poire 
cuite. (Grandval.) Allusion de 
forme et de couleur. 

CROUPIONNER : Remuer du 
croupion, faire bouflbr la jupe. 

CROUTE : Homme arriéré. 

CROUTE DE PAIN DER- 
RIÈRE UNE MALLE (s'embêter 
comme une) : Mot à mot : rfo- 
sécher d'ennui. 



CUI 

CROUTÉUM : Collection de 
croOtM ou de inauvaia ttbleaui 
t Bievitdt la boutique, un mo- 
ment changée en croûtéuiu, pttsc 
au musjum. > (Baliac.) 



CROUTON : Vieil encroûté. 
— t Vou» m'appelei ïîeui croû- 

inie. t (Cabauol.) — i Lei mut' 
tretd'armet de régiments étaient, 
en cet temps reculés, de vieux 
croùloni. > (VillemeMinl.) 
OlDUTONNER : Peindre dei 

CROYEZ ÇA ET BUVEZ DE 
L'EAU : Terme en usage pour 
se moquer des gens crédules. — 
Psr allusion aux malades qui 
cherchent aux csjz la sanlé, et 
aux éloges exagfrés de la venu 
de chaque eau minérale. — 
I Croyez ça, puis buvez de l'eau. t 
(Rienji, ï6.) 

CHUCIFIER : Décorer de la 
Légion d'honneur. Jeu de mots. 
Crudlîer c'est mettre l'homme A 
la croix. — < On t'a crucifié I Et 
qu'as-tu donc Tait pour cela. ~- 
Mail, mon bon, j'ai fait... les dé- 
marches n&easaires, Npond le 
nouveau chevalier. > [Galette 
anecdoUque.) 

CRUCIFIX A RESSORT,CRU- 
CIFIX : Pistolet. — Comme le 
crucifix, il se montre k l'heure 
suprême. — ( Godet, le limona- 
dier, a abandonné ses bavaroiges 
pour jouer du crucifix i ressorts 
dans le bolsde Vincennes. » (Ca- 
lendrier du pire Duchéne, 1791.) 

CUIR ; Peau. - 1 C'était aux 
nifgret qu'il en voulait, i cause 



19 — CUI 

Ju coloris de leur ctiir. 1 (L.De»> 
noyert.) V. Cuiraster. 

CUIR (tanner le) : Battre. 

CUIR DE BROUETTE i Bots. 
— Ironie. — Des sabots sont de* 
eiearpim en cuir de brouette. 

CUIRASSER ! Parler en fai- 
sant des fautes de liaisons appe- 
lées cifiri. V. VeloHn. — > Fré- 
ter au régiment, il en a conservé 
l'habitude du discours et cuU 
rasie proprement. 1 (Bataille, 
43.1 

CUIRASSIER : Homme fré- 
quemment coupable des fautes 
de liaison appelées cuirt, 

CUISINE (la) : La préfecture 
de police. — l^'est le rendez-vous 
des euiiimers. 

CUISINE DEJOURNAL: Tout 
ce qui regarde les petits détail* 
et l'ordonnance matérielle d'un 
journal. — ( C'est lui qui fait la 
cuisine du journal, i (L. de Neu- 
ville.) 

CUISINER : Travailler d'une 
Fafon quelconque, au figuré. — 
f C'est ainsi que M. Iules Breton 
s'est ingénié à cuisiner le genre 
rustique, sans rusticité, t (Tb. 
Silvesire ) 

CUISINIER : Espion, agent de 

police secrile. (Vidocq.) — c Ltil 

oui avait servi plusieurs fois de 

k la police. • (Canler.) 

Mauvais signe ! un sanglierl 

comment s'en trouve-t-il un ici I 

de leurs trucs, un 



CUISINIER : Secrétaire de ré- 



euL - 1 

diction. Mot i nfot : ^édfglçur 
charge de la cuisine du jauroal 
CUISSE (ça me H\\ une belle) : 
Ç'i^t un av^nUso illu^pirq pijur 
moi. .=; Ëquiv%lqnt do ; (|> pne 
rend la jgtnbe IfiçiV fi|^(* Y. 

( CuiUt cuiisl lés CArlUi^^, ils 
s^ronl (oujoqrï Vi*^. ^ (Mj^layi 
i83i.) 

CUlT:Ca[idamnë.(McireauÇ,) 

CUITE : Correçt.ioD, = II. en 
cuil àcelui t^ui la reçoit. 

CUIVHB : Man;i«i« d« ^illon. 
— ■ T'aa vu que (on cuivre dé- 
ménagçait. > (Ricard-) 

CUL : Homme bfl; e\ ^rqi-, 
lier. 

Çyt-HUTE ; Çul^ttç. (Griipd., 
Vftl.) Chapgçmçnt 4e fipste. V, 

CULOTTAGE : Aciion do eu-. 
lotter une pipe. — i II va paroi-. 

Irç... un fri\\é thioric|UJÎ «t pra- 
tique du culoll^g^ dça piptis, i 

ÇULOTTB : Partie di; domi- 
nos qui procure au gagnant un 
grand nombre de points. -t.; t Le 
joijeuc d; dpininoit pri^rq le 
4au,ble-Eix çutoll^ avec &\n blancs 
d.?na ^n jçh- f {Ulf:hfQ, 

CULOTTE :PsBt« qui englobe 
toutes les autres, -n % Ûu étu- 
diant poursuivi p%r le guigJiao 
•'est vu mettre sut son compte 
toutes l^a dcmi.-tasaes consom- 
mées dans la soirée par tous les 
hqbjlués di4 çn(é. Cglq s'qppglle 
empoigner une culotte >. (4.. 
Huart.) — a Vous vous asseyez à 
la tablddebaccara^at vous vous 



lo ^ CUL 

tlanqucjuneculottedeSooiouU.» 
{Vie pSriiiênnf, iHÇè.) 

CgLOTT? (se docjn^ va«) ! 
Faire excî; de ^irçpij d^maijs 
gi:r. — Donnï d^jà par le Die- 
,lionnaire de Ligrotit. t7iS. -r- 
jSynonyma d'iin terme frfquqm- 
mqmçmploy^ : S'en ((ottrtsrs/ei'i 
Iq çeintt/re. ■=■ aVn ivrogi)!; fe- 
rait biçn m'Ç».t 4'î "Neheiçr iin 
Pf niqlon quç 4e: sg dçnjje^ uae 
cylijllj:, i(Ç!>mni,QFspi).)^ 

CULOTTE SB preofl au figuré 
pour un excis de paroles. -^^ 
% ^ous nous spnin>e^ 4<fnn4 l)ne 
fameuse culotte monarchîqi^f) 4t 

rijlisieuse.^fBolza,;.) 

CULOTTE DE PEAU s Vieuï 
aoIJat. -= % N'apcplliJ.fÇn pas un 
vieux soldat culotte dq péauî ■ 
[Gnii^Hin, iM\ ■)-: % Habit bou- 
tonna militairement. Culotte de 
ptiau, BU physique et au niorat. s 
HAliiiaiiMh du Hanneton, ittti7.) 
j CULOTTÉ : Aguqrri, tçînti. 
I— t Ûhl m^ cbÈré, je suis cu- 
loiice, vois-|u. ^ (Oav^rni.) -^ 
lAllusion au ciilptiagedela pipe. 
'On dit lin »«f culotté pour un 
nat rou);i pRi l'ivrognerie, des 
yeux culaifés ppur dqa yeu]( çer- 
ait de bisirq. 

CULOTTER : i Çuifl^çs V.nç 
pjp^, ç'csc imprimer, grjcç à 
l'action du tabac brûla dans ^pn 
foycF, une couleur fopcé^ à sa 
lErra blanch?. t (LespËs.) _ 
C'vsi lu culot du fourneau de \a 
pipe qui brunit le plus. Dq 14 1^ 

COLOTT^I^ (s«) ; ^ fpirinçr, 

prciiilri: une tournure décidée.-^ 
Même allusion. —. 5 Voici un 
pied d'Ândalouse, se dït-ît, ceci 



lWk^ 






est d'une boii^e çoplçur, et me^ 
passion se ci^U>ttê tout à Âiit. ^ 
(t. Gautieff» ^838). 

CULOTTER (se) : Faire ucès 
de boire ou de manger. -rc Nous 
pouvons donc enfin nous culot- 
ter avec du vin du tyran, i 
(Chenu.) 

CULOTTEUR : ^lomme qui 
culotte des pipes par goût ou 
par métier. — r c Tout culotteur 
un peu versé dans la partie mé- 
tamorphose le petit fourneau où 
brûle son tabac en alambic pour 
cette proQ^iction équivoque, la 
nicotine. »(\.. Luchet.) 

CUMULARD : « Fonctionnaire 
qui cumule les émoluments de 
plusieurs places, j^ (Lubize.) t- 
• Le cumulard se recommande 
par son industrie. Employé de 
ministère, iitest musicien le soir, 
et le matin il est teneur de lu 
vre^. » (Balzac.)p -?- Malgré Tau- 
tori.té de cet exemple, je dois dire 
qu*on appelle surtout cumulards 



ceux q^i ont plusi^^^%ua^uFe% 



On a feit jadis ua 
çumttlards. 

cÙpIDON : ChiffbnnîeP (Vi- 
docq.) — Comparaison ironique 
du carquois et du trait de TA* 
roour à la hotte et au crochet. 

CURIEUX i Fr^ideat, juge 
d'instruction. -- 11 est curieux, 
par métie.i^. r^i « Le curiçi|j^ a 
seryi ma bijije (mpn, frgcnt.) % 
(Vidoçq.) 

Grand, curieif^ : ffésid^nt. 
(Halb^rt.) 

CYLINDRE (»u f en ferais éqla- 
ter le) : Tu en mourrais, -rr For- 
mule ironique de refu^^ 

Une biche dit : • Mon p'tit homm^, 
Je mangerais bien des frti|i^, d^ |>'tits> 

pois, 
Paye-in*enl... • La scèn^ était à pein* 

dre. 
Le opcodès dj$ m baissant le voix t 
• Tu t'en ferais édater le cylindre. • 

(A. pqch^nç.) 



P 



D\B, D4BË s, pieu : a lytei;- 
cure sei^l tu adorerai comme 
dabfî de (*ç.iitr<>}içment. » (Vir 
dpçq.) 

DABE : Père. (Graiydval.) 

DABJi: : Maître. (Idem.) — 
Cest notced^be, notre maître.» 
(l^kaç.) 

Dabe tgrMid), Dabe : Roi : 
« Mais grand dabç qui se fâche 



dit : Par mon caloquet. » (Vi- 
doçq.) V. Dasbuche. 

Dabe dP argent: Speculuni. Cet 
instrument de chirurgie est pris^- 
ici dans le sens de maître^ Ar- 
gent fait allusion à sa matière. 
— Cramper avec le dabe <Var-% 
gent; passer à la visite. (Argot 
des filles.) 

Dak^ 4e /a çiçogne i MP^ ^ 
mot : maître d^ lu justice,, f rq^i 



DAL — i32 - DAN 

cureur général. — a On vient me d'évier (appelée dalle) des cul- 
chercher de la part du dab de la aines parisiennes; elle est percée 
cigogne, i Balzac.) d'un trou servant comme le go- 

DABESSE : Reine, mère. (Ra- "er à l*éeoulement des liquide.. 

u \ — € La seule chose qui me cha- 

*'"*®-' touille la dalle, c'est la légume. » 

DABIN : Tambour. (Halbert.) (Ladimir, 42.) — c Avec ces mes- 

Pour tapin.] sieurs je bois. Oui^ nous nous 

DABOT : Préfet de police. - rinçons la dalle. » {Léonard, pa- 

Augmentatif de Dabe. '•^>«» »• ^0 V. i<incer. 

DABOT : Soufifre-douleur, pa- ^ I^AME BLANCHE : Bouteille 

tito. — Ne se disait autrefois que ^e vin blanc. -- Jeu de mot sur 

de ceux qui perdaient au jeu la couleur et 1 opéra. - « Une 

pour tout le monde. - Du latin ^a^e blanche! dit Gugusse au 

dabo : je donnerai (de l'argent.) patron... Et du meilleur ! » (Ca- 

DABUCAL : Royal. (Halbert.) ^^'^^^'^ 

TNAniTA^Ttc^ 4^ A y /D DANDILLER : Sonner .'(Idem.) 

DABUCHE : Grand père. (Ra- ^ ' 

basse.) Maîtresse, mère. (Grand- DANDILLON : Cloche. (Idem.) 

val.) ' —Allusion aux dandinements de 



DABUCHETTE : Jeune mère, 



sa sonnerie. 



belle-mère. (Vidocq.) DANDINES (recevoir des) : Re- 

DAIM : Niais, dupe, ignorant, revoir des coups, (Rabasse.) 
(Rabasse.) « L'une des grandes DANDY, DANDYSME : c Cette 
finesses du garçon de restaurant fatuité commune à tous les peu- 
quand il sert un homme et une pies chez lesquels la femme est 
femme dans un cabinet, est de quelque chose, n'est point cette 
pousser à la consommation... autre espèce qui, sous le nom 
persuadés que le daim n*osera de dandysme, cherche depuis 
refuser aucune dépense. » (La quelque temps à s'acclimater à 
Fizelière). V. Cocodès. Paris. L'une est la forme de ,1a 
Daim Âfi/ipé : Bourgeois riche, vanité humaine, universelle; 
(Halbert.) » a II y a de l'argent l'autre d'une vanité particulière 
à gagner; c'est des daims hup- et ^très-particulière de la vanité 
pés. » (E. Sue.) V. Coup, anglaise... Voilà pourquoi le mot 

DALE : Argent. Pièce de ^^«^T^»?^ «^'««^ P** ^'^^^'^' » 

5 francs. AbréviaLn de rixdale; l'^^^^^S"' ll^^l}^^^^ 

ancienne monnaie allemande.- qu'»l «prime... Bolingbroke seu 

c Faut nas aller chez Paul Ni- ®^* avancé, complet, un vrai 

i.i^î r-^ L,« rnnc^^^^^ ^^^^Y ^^ dcmiers temps. Il en 

3oH «5,l.Tl "/P nu '^ a la hardiesse dans la conduite, 

vof pauv dale. » (P. Durand, pi^p^rtinence somptueuse, la 

'' préoccupation de Teffet extérieur 
DALLE DU COU, DALE : et la vanité incessamment pré- 
Bouche. — Allusion à la pierre sente. ]^ (Bitfbey d'Aurevilly, 60.) 



DAN 



- i33 - 



DAR 



DANSE : Grêle de coups. — 
Allusion ironique aux piétine- 
ments forcés du battu, f Je veux 
rinviter à une chouette danse. — 
Du tabac ? — Tout de même, i 
(Monselet.) 

DANSE : Lutte. A rapproche 
d'un combat on dit : la danse va 
commencer. Expression ancien- 
ne : « QuUl commence la danse 
contre la France s'il se veut rui- 
ner. » (Le Trompette françois, 
1609.) — « Je prends le sabre... 
Cest dit, et à quand la danse ? » 
(AboutO 

DANSER, DANSER DE : 
Payer, faire danser ses écus. — • 
• C'étaient d'assez bons pantres. 
Enfin ils savaient danser. » (De 
Lynol.) ^ « Et je me mets à 
faire danser mes 3oo francs. C'a 
été mon grand tort. » (Idem). — 
« Je dansais pour c'te reine d'un 
joli châle tartan. • (A. Cahen.) 
V. Lansq, 

Danser [faire) : Battre. — « Tu 
vas me payer l'eau d'aff, ou je te 
fais danser sans violons. » (E. 
Sue.) 

Danser (la) : Être battu. — 
« Ah ! je te tiens et tu vas la dan- 
:8er. » (Idem.) 

Danser (la): Mourir. -»«Ruf- 
rfard la dansera. C'est un raille à 
• démolir. » (Balzac.) 

Danser (la) : Être maltraité en 
.paroles. — « Quiconque pous- 
•sait les enchères était empoigné, 

témoin une jeune fringante qui 
lia dansa tout du long. • (Vadé, 

1788.) 

Danser devant le buffet : N'a- 
voir rien à manger. — « Nous 
(faudra danser sans musique de- 



vant le buffet, aux heures des 
repas. » (Chansons, Clermont, 
35.) — Se prend au figuré : « Je 
me suis lassé de danser devant 
le buffet de la gloire. j> (Gabo- 
riau.) 

DANSER TOUT SEUL : In- 
fecter de .la bouche. (Grandval.) 
— On Abrège maintenant en di« 
sant danser, 

DANTESQUE : Taillé comme 
Toeuvre ou comme les héros du 
Dante. — « Diable! douze vers 
dantesques et une ébauche de 
passion perdus, on regarde à 
cela. »(Th. Gautier.) ^^ « O for- 
tune 1 pouvais-tu jouer un tour 
plus cruel à un jeune homme 
dantesque et passionné. — (Id.) 
V. Piferari. 

DAR-DAR, DARE-DARE : 
Tout courant. — Impératif du 
vieux verbe Darer, aller vive- 
ment. — t Qu'il vienne tout de 
suite 1... Oui, dar-dar... » (La- 
biche.) — «Puis le ramena dare- 
dare en la ville. » (Balzac, Contes 
drolatiques.) — « Il part dar-dar 
en se rongeant les ongles de co- 
lère. » (E. Sue.) 

DARDANT : L'amour. (Ra- 
basse.) C'est Varcherot des an- 
ciens poètes, c'est Cupidon dar- 
dant son trait. 

Ici-caille est le théâtre 

Du petit Dardant; 
Fonçons à ce mien folâtre 

Notre palpitant. 

(Grandvaî, 1723.) 

DARIOLE : Coup. — Du vieux 
mot darer : lancer vivement. 

V'ià que je vous y allonge une dariole 
Qui r'pare avec son nasaret ; 

8 



PÂ9 

lioct coi)l|iit 
l'conim' ùùa [l|Ola. 
(CflW-^ÇWsitî,, 1,841.) 



DARIOLEUa : Çâl.iisier f^i- 
eant la pâtisserie commun; ou 
(lariole. — u 11 y a même de» da- 
riqleu ts, eft <;h«pi|lîrft. n (Vifiïar^,) 

DARK HORSE : Mot i mot 
cheval sombre ; celui qui a'^ pas 
encore couru et dont le mérite 
es!, inconnu, v, (ka^. Pi(r^I.) 

QABON, OARONNË : Palron, 
patronne. Se trouve déjft avec te 
sens de vieux Tiiii dana \p. dit- 
tionnajra du vieqx langage f»nr 
(ois de Laqombe- -tt <i I) était 
maître 4e tout, jusqu'à ipaniei: 
l'ar^^nt de la daronne. s (De 
Caytus.) 

Daron, Daronne : Père, mère. 
(Idem-I 

Qm>n: 4^ Itf iqilfe,,. de la. 
rovfft : Çr^fet t|fe coljêer. 

Daroiine. du mtc- des mfo : 
Mère de Dieu. V. /{.ebdiir. 

Baronne : Prune. (Halbert.) 

DASÇyÇliE : Roi.(gMfld.yal-) 

DAUFFEiDAUPHIH; Çince^ 
eflraction. V. Monseigneur. 



DEADHEAT!».yit^4|en>ent 
épreuve mprlfi, qpfine^uïlq parce 
que les deux çonqufj'çots wnt ar- 
riva »Wt U t94ine ligne. » (Pa- 

docq.) — Corruption de Débôu- 



pÉÇAÇLEp. ^A, Rpy ^^l^TÇ : 
Ouvrit Hne X9iW.':6.-. (Q^WAïS};) 

lïÉBALLAQE (au) : Au d£s- 
habiiÙ. .= « Û est «ccabld de 
rhumatismes, ce qui le. &il| les.^ 
sembler, au déballage, j| ces sta- 
tuettes quç vous ^ve^^a^ns doute 
remarqu]éee^ daifs la vitrine d«K 
bandagistea. ■ (Mo'iiselet). ' 

pi$BA|.li.AO^ (au; : Afi sortir 
du, Ijt, (Raba^s^.). 

p^ÇALLAOE; (icre volé au) : 
Reqonnaî'ir^ dans les chjiriiieï 
d'une femme aim&autaqt 4'eip- 
prunts décevants aux ressources 
de la toilette, -tt? » Cepçndqpt, ((u 
d^oajlage, j'ai it^ si souvent 
v<tlé. ^ (L, ds N^uyiUe.) V. ^i- 
jûvissanefi. 

DÉBALLER : Dénuder, exhi- 
ber, u On ne les confondra jamais 
avec la marchande |ds plaisirs 
qui vient déballer çn scène ses 
ii(ollels etses épaules, s (Ville- 



,t.) 

DÉBAKqU^R : Fi^fa sBUter 
1% blinqup. ■= t, Us pçur^ont i 
leuiai&e, avec l'argent des niais, 
faire quelque bonne rafle et d4' 
^njH.çf-, si, ç'çst e4}3siblet la 
gr,ajidgetla pçi)ie bqur^Gi)iéri9.> 
[Boursicotiérhme.) 

Çt^ÇABDËUf^ : Personnage 
d^ c^rnav.qj' dont 1^ costume rap- 
pelait les débardeurs de bpis des 
qu^i^de f^ris. \\j avait d^dé- 
b'ardeurs, milies et femelles. r= 
u Un dp[),Juanqt 41J b^l Musard 
I4 ijon^uéte, 4'un d^bâ^dçuf des 
plus çoquey, ; (Ç_. V^moiofi,)" " 



Qu'cM-ce qu'un d>!bardeiirl... Un jcuihi 

(tout qu'Lic)iDe 
Soui uu çtuji>«'a4 axftifl \\l\v(ii: nuji-. 



DÈB 



Un corset tfàn» un Y>aiità1ôtt) 
Un ffiâsqaft 4t TètMiri itlt t$ttiftè1l«t 

srdentet, 
Sous des plis transparents des formes 
irritantes, 
Un tnge doublé d^m démon. 

(Barthet) t84&) 

DÉBINAGE : Médisance» — 
«Compliments désagréables, in- 
discrétions et débinages. » (Com- 
merson.) 



DÉB NE : DéchéancCi misère, 
pauvreté. (Dhautel, 08.) — « La 
débine est générale, je suis en- 
foncé sur toute la ligne. » (Mon- 
tépin.) V. Tic. 

DÉBINER : Décrier. — « On 
le débine, on le nie, on veut le 
tuer. 1 (A. Scholl.) — t La robe 
était de uffetas recuit... — Très- 
bien , débine la marchandise à 
présent. » (Almanach du Hanne- 
ton, 67.) 

Débiner le truc : Faire con- 
naître le vol. (Rabasse.) 

Débin?r le truc : Révéler le se- 
cret. 

DÉBINER (se) : Disparaître. 
— « Quant à moi, je maquille 
une afF après laquelle j'espère 
me débiner pour m'éloigner 
de la rousse. » {Patrie, 2 mars 

52.) 

DÉBINER (se) : S'affaiblir. — 
« Je me débine des fumerons. » 
(Corsaire^ 67.) 

DÉBINEUR : Médisant, dé- 
crieur. — « De débineurs des 
tombolas des autres, nous som- 
mes devenus partisans effrénés 
des loteries. » {Tam Tarn, 75.) 

DÉBLOQUER : Lever une 
consigne. V. Bloquer. 



lS5 - bÊG 

DÉBONDER : Allef à là garde- 
Fèbè. Le taôt fait iifiagèt 

DÊÔOUGLÊR ; ftite %bHit de 
prifcom (VldbC<|.) V. ëàtidèf-. 

DÉfiOURREU : Déniaiser. 
Mot à ftiôt : clégrossir. 

DÉfiOUSCAiLLER : JOécrot» 
ter. 

DÉBRIDER t Ouvrir. (Ornft^ 
val.) La chirurgie emploie té 
mot dans un sent analogue. V« 
Temps. 

DÉBRIDOIR ! Clef. (Vidocq.) 

DÉBROUILLARD : Homme 
qui sait se débrouiller, a Vous 
allez voir qu'il faut ouvrir Toeil, 
comme disent les débrouillards. • 
(W.de Fon vielle, 75.) 

DÉBROUILLER (se) : Vaincre 
les obstacles. Dans Farmée et 
dans la marine, an homme qai se 
débrouille est un homme aguerri, 
qui sait son métier. — « Ce dé- 
brouillei^'vous est sacramentel 
dans la marine. On donne n'im- 
porte quelle mission à un offi- 
cier, on lui indique à grands 
traits ce qu'il doit faire, puis on 
ajoute : Au surplus, monsieur, 
faites comme vous l'entendrez, 
débrouillez-vous, » (De Leusse.) 

DÉCANILLER : Décamper. 
Mot à mot : sortir dû chenil 
(c^ni/).— a Usent tous décanillé 
dès le patron-jacquette. » (Bal- 
zac.) 

DÉGARADE (la) : Fuite géné- 
rale. (Rabasse.) 

DÉGARADE , DÉCARRE- 
MENT : Départ (Vidocq.) — 
Jorne du décarrement : Jour de 
la mort, V. Bâchasse. 



DEC 



— i36 - 



DEC 



DÉCARCASSER (se) : Agir 
activement^ remuer sa carcasse. 
— « Mais sapristi, mes enfontSi 
il faut vous décarcasser un peu 
plus que ça. Vous avez tous l'air 
empaillé, n {Vie parisienne, 66.) 

DÉCARER : Fuir. (Grandval.) 
Mot à mot : partir avec la vitesse 
d'un char. — «c Faut décarer. Ces 
gens-là veulent m'assommer. » 
(Dialogue entre Charles X et le 
duc de Bordeaux, i832.) 

DÉCARRER : Abandonner l'af- 
faire. (Ra basse.) 

Décan er de la geôle : Être mis 
en liberté par ordonnance de 
non-lieu. (Colombey.) 

DÉCATI : Décrépi. — C'est un 
synonyme assez exact de dé- 
gommé. Allusion au décatissage 
qui enlève le brillant d'une étoffe, 
c Quand on pense que c'est là le 
petit Alfred qui faisait si bien le 
cavalier seul ! quel décati ! » (Ber- 
tall.) 

DÉCATIR (se) : S'user, s'en- 
laidir. — tt Elle sentait la panne 
venir, elle se décatissait. » {Les 
Étudiants, 60.) 

DÉCAVAGE : État du joueur 
décavé, u Un décavage affreux, 
signe de la déveine. » (Alyge, 
1854.) 

DÉCAVÉ : Homme ruiné, 
n'ayant plus de quoi caver à la 
roulette. — a A Bade, les déca- 
vés vivent sur l'espérance. » (Vil- 
lemot.) — Se^dit aussi des joueurs 
de la Bourse malheureux : a La 
Bourse reste attentive. Un peu 
plus, les décavés à la dernière 
liquidation diraient : J'attends 
l'emprunt. » (Éclair, 72.) 

DÈCHE : État de gène. Abré- 



viation de déchéance. — « Elle» 
se présentent chez les courtisa- 
nes dans la dèche. » (Paillet.) 

DÈCHER DU CARME : Don- 
ner de l'argent. (Rabasse.) — 
Mot à mot : Manquer d'argent. 
On manque de celui qu'on a 
donné. 

DÉCHET : Même sens que dè- 
che. 

Sans argent dans V gottssct. 
C'est un fameux déchet. 

(Chanson, Avig., |3.) 

DÉCHIRER LA TOILE : Faire 
feu. Comparaison du bruit de la 
fusillade à celui d'une toile qu'on 
déchire. — a Tout à l'heure les 
feux de deux rangs déchireront 
la toile, et nous verrons si vos 
clarinettes ont de la voix. » (Ri- 
card.) 

DÉCLASSÉ : Bohème, homme 
n'appartenant à aucune classe 
sociale. Vallès a fait un livre sur 
les Déclassés. — « Ses bergères 
sont des couturières de banlieue, 
ou des déclassées de bourgade. » 
(Th. Silvestre.) 

DÉCLOUER : Dégager du 
Mont-de-Piété. 

DÉCOLLETÉ (être) : Se con- 
duire ou parler d'une façon plus 
que légère. Acception figurée du 
décoUetage dans la toilette. 

DÉCOUVERT (achat, vente à) : 
Achat ou vente opérée dans les 
conditions ci-dessous. 

DÉCOUVERT (être à) : Spé- 
culer à la Bourse sur des valeurs 
qu'on n'a pas le moyen d'acheter 
ni de vendre. — a . Quant au 
joueur à découvert, il est infail- 
liblement perdu : il a contre lui 



DED 



- i37- 



DÉF 



la mauvaise exécution des or- 
dres, les reports onéreux, le cour- 
tage, la nécessité de réaliser un 
bénéfice faible et la difficulté d'é- 
chapper à des reprises violentes 
ou à des baisses énormes. » (De 
Merideti 56.) 

DÉCROCHER : sonner. (Ra- 
basse.) 

DÉCROCHE-MOI CELA : Fri- 
pier, habillement d'occasion. Al- 
lusion aux crochets qui servent 
à la montre des revendeurs. — 
I M. Auguste s'habille au décrO" 
che-ntoi cela; ce qui veut dire en 
français : chez le fripier. » (Pri- 
vât d'Anglemont.) 

DECROCHER .-Voler à la tire. 

DÉCROCHER : Faire tomber 
d'un coup de fusil. 

DÉCROCHER : Retirer du 
Mont-de-Piété. V. Clou. — a Les 
révolutions m*ont réduite à met- 
tre au clou les diamants de ma 
famille... Faudra que tu me dé- 
croches ça, mon chéri. » (Lefils.) 

DÉCROCHEZ-MOI ÇA : « Un 
décrocheif-moi ça est un chapeau 
de femme d*occasion... J*ai vu 
au carré du Palais-Royal (du 
Temple) des décroche-moi ça 
qu'on eût pu facilement accro- 
cher au passage du Saumon. » 
(Mornand.) 

DEDANS (mettre) : Mettre en 
prison. (Dhautel) V. Trou, Son- 
der. 

DEDANS (mettre) : Tromper, 
mettre dans l'erreur. — « Nous 
avons été mis tous dedans... 
Nous ignorons tous ici qui suc- 
cède au général en chef. » (Pous- 
sielgue, Lettre au général Vial, 
12 fructidor an Vil.) 



DEDANS (mettre) : Griser. — 
c Quand on trinque avec une 
fille aimable, il est permis de se 
mettre dedans. » (Désaugiers.) 

DEDANS (voir en) : Être en état 
d'ivresse. S'applique aux ivro- 
gnes illuminés qui se tiennent à 
eux-mêmes de longues conversa- 
tions. V. Cocarde. 

DÉDURAILLER : Déferrer. 
(Colombey.) 

DÉFALQUER : Faire ses be- 
soins. (Grandval.) Mot à mot éli- 
miner. Nous avons gardé ce der- 
nier sens au figuré* 

DÉFARDEUR : Voleur. (Idem.) 
— 11 vous soulage du fardeau de 
votre propriété. 

DÉFARGUEUR : Témoin à 
décharge. 

DÉFIGER : Réchauffer. (Co- 
lombey.) — Le froid fige. 

DÉFILER LA PARADE : Mou- 
rir. — Mot militaire. On défile 
quand la revue est terminée. Il 
s'agit ici de la revue de la vie. 
I Alors tout Tmonde défile à c'te 
parade d'où l'on ne revient pas 
sur ses pieds. » (Balzac.) 

DÉFILER (se) : Se sauver. 

DÉFLEURIR, DÉFLOUER LA 
PICOUSE : Voler du linge qui 
sèche sur une haie ou sur des 
perches dans les prés. (Grand- 
val.) — Allusion à la couleur 
tranchante des objets étendus et 
aux épines de la haie. 

DÉFORMER : Casser, enfon- 
cer. (Rabasse.) — Effet pris pour 
la cause. 

DÉFOURAILLER : Courir. 
(Halbcrt.) 

8. 



DÉG 



— i38 — 



DEL 



DÉFOURAILLER : Tomber. 
(Grand val.) 

DÉFOURAILt.ER : Sortir de 
prison. (Vidocq.) — Du vieux 
mot defors : dehors. V. Babil- 
lard, 

DÉFRIMOUSSER : Dévisager. 
V. Frime, 

DÉFRISER : Désappointer. ^ 
« C'qui les défrise, c'est un re- 
venantqui vient en chemise cou- 
verte de sang. » (Le Solitaire, 
pot-pourri, 2i.) 

DÉFRUSQUE R , DÉFRUS- 
QUiNER : Déshabiller. (Vidocq, 
Grandval.) Mot à mot : ôter les 
frusques. 

Elle le poursuivait alors 
Pour lut ôter son justaucorps 
Afin de le défrusquiner. 

(Virgile travesti.) 

DÉGEL : Mortalité. — a On 
connaît les effets dissolvants du 
dégel — c II ^ aura un rude dé- 
gel. » (Watripon ) 

DÉGELÉE : Volée de coups. 
— Même allusion que pour cuite. 
-!- « Nous nous sommes battus 
jusqu'à la nuit, qui est venue 
mettre fin à la dégelée que nous 
avons donnée aux Autrichiens. » 
(Général Christophe , Lettres , 
09.) 

DÉGOMMAGE : Ruine, desti- 
tution, usure. 

DÉGOMMKR : Surpasser. — 
« Nous poumons très-bien jouer 
la revue de Bobino et dégommer 
les Esbroull'ailles avec leurs po- 
ses plastiques » (Villars.) 

DÉGOMMER : Destituer. - 
a Réélu 1... Dégommé 1 m (Ga- 
varni.) 



DÉGOMMER (se) : Se faner, 
enlaidir. — Mot à mot : perdre 
son brillant. — « Je me rouille, 
je me dégomme. » (Labiche.) 

DÉGOMMER (se) : S'entre- 
tuer. 

Napoléon, c* vieux giounard, 
D' ces jeux où l'on se depomme 
En queuqu's mots résumait l'art. 

(Festeau.) 

DÉGOTKR : Trouver, décou- 
vrir. (Ra basse.) 

DÉGOULINER : Couler dou- 
cement. — Onomatopée. M. Fr. 
Michel a cité un exemple de ce 
mot au XVIII» siècle. — « V'ià au 
moins la vingtième (larme) qui 
dégouline sur ma joue. » (Ri- 
card.) 

DÉGOURDI : Maladroit, en- 
gourdi. — Ironie. 

DÉGOÛTÉ (pas) : Ambitieux. 
— «c Se dit en plaisantant d'un 
homme qui, sans avoir l'air de 
choisir, prend le meilleur mor- 
ceau. » (Dhautel.) - « Belle 
dame, vous êtes joliment jolii^ ce 
soir. Je souperais fièrement avec 
vous. — Tu n'es fichtre pas dé- 
goûté. » (Gavarni.) 

DÉGOÛTÉ (n'être pas) : Ad- 
mettre des choses inadmissibles, 
n'être pas dégoûté quand on de- 
vrait l'être. V. Cassine. 

DÉGRIMONER (se) : S'agiter, 
se débattre. 

DÉGUIS : Déguisement. (Vi- 
docq.) — Abréviation. 

DÉGUISER EN CERF (se) : 
Courir comme un cerf, très-vite. 

DELENDA CARTHAGO : Idée 
fixe de destruction. — Kappel de 



DÊM 



— i3g — 



DEM 



la guerre àans merci contre Car- 
thage qui était devenue la règle 
politique de Rome. « M. Ri- 
chard qui a fait de la démission 
des ministres son delenda Car- 
thago revient à la charge. » 
(Éclair^ juillet, 72.) 

DÉLICOQUENTIEUSE- 
MENT: Délicieusement.— f Pour 
y retrouver un Arthur délico- 
quentieusement séducteur. » (E. 
Lemoine.) 

DELIGE : Voiture publique. 
(Vidocq.) — Abréviation de dili' 
gence. 

DEMAIN : Jamais. — Terme 
ironique. -~ Demain ne sera ja- 
mais aujourd'hui. 

DÉMANCHER (se) : Se donner 
grand air ou grand mouvement. 

Et d' la façon dont j' me démanche, 
On nous verra r'quinqués à la papa. 

(Duverny, i3.) 

DÉMAQUILLER: Défaire. V. 
Maquiller. 

DÉMARGER : Partir, s'en al- 
ler la. Du vieux mot desmarcher, 
qui a le même sens. 

DÉMARQUEUR DE LINGE : 
Plagiaire. — t Nous sommes 
très-âatté que les journaux nous 
fassent des emprunts, mais nous 
aimons aussi, pour employer une 
expression consacrée dans le 
journalisme, qu'on ne démarque 
pas notre linge. » (G. Charavay, 
66.) 

DÉMARRER : Partir. Terme 
de marine. V. Ponton, 

DÉMÉNAGER : Faire des ex- 
travagances, mourir. (Dhautel, 
08.) 



Déménager à la cloche de bois, 
à la sonnette de bois : Déména- 
ger furtivement en tamponnant 
la clochette d'éveil adaptée aux 
portes de beaucoup d'hôtels gar- 
nis. 

Déménager à la ficelle : Dé- 
ménager en descendant les meu- 
bles par la fenêtre à Taîde d'une 
corde. 

DEMI-AUNE : Brtts. — « Il y 
avait deux heures que je tendais 
ma demi-aune sans pincer un 
radis. » (Luc Bardas.) 

DEMI-CERCLE (pincer au) : 
V. Cercle, 

DEMI-FORTUNE : Voiture à 
un cheval. — t S'y faire mener, 
non pas dans sa demi-fortune, 
mais bien dans une bonne et 
douce calèche. » (Privât d'Angle- 
mont.) 

DEMI-LUNE : Fesse. — Inu- 
tile de définir l'allusion, «c Mes 
demi-lunes! s'est-il écrié l'autre 
jour quand on a reparlé du doc- 
teur Eguisier. » {Figaro, 75.) 

DEMI-MONDE (femme du) : 
Femme née dans un monde dis- 
tingué dont elle conserve les ma- 
nières sans en respecter les lois. 
Le succès d'une pièce de Dumas 
fils a créé le mot. — « On écrit 
en toutes lettres que vous régnez 
sur le demi-monde. » (A. Se- 
cond.) 

DÉMOC-SOC : Démocrate-so- 
cialiste. — Double abréviation. 
— ce Messieurs les dimocs-socs, 
vous voyez si vos menaces m'ont 
effrayé. » (Chenu, 48.) V. Liquide, 
Communard, 

DEMI-STROC : Demî-scticr. 



DEN 



— 140 — 



DEP 



1 



(Vidocq.) — Changement de fi- 
nale. 

DEMOISELLE : Femme ga- 
lante. — Se dit surtout au plu- 
riel. Béranger a chanson né Ces 
Demoiselles, 

DKMOISKLLE : Mesure de li- 
quide. V. Monsieur, 

DÉMOLIR : Maltraiter en ac- 
tes^ ou en paroles, ou en écrits. 
— a Deux champions pronon- 
çant la phrase sacramentelle : 
Numérote tes os, que je les dé- 
molisse. » (Th. Gautier, 45.) — 
c On démolissait Voltaire, on en- 
fonçait Racine. » (L. Reybaud.) 
c Ah ! vous venez attaquer l'in- 
digent Juvénal. Eh bienl Juvénal 
vous démolirai • (Barthélémy, 

32.) 

DEMOLIR : Supprimer, des- 
tituer. -~ a Puisqu*on vous pro- 
pose de démolir M. Amici, le mi- 
nistre des travaux publics, de 
grâce, acceptez. j> (Mirés, 58, 
Lettre à Pontalba,) 

DÉMOLIR : Tuer. — a Ruffard 
la dansera, c'est un raille à dé- 
molir. » (Balzac.) — v L'adjudant 
s'est fait démolir comme un hé- 
ros. » (J. Noriac.) 

DÉMOLISSEUR : Médisant 
implacable, critique acerbe. — 
« Voltaire n'en reste pas moins 
le grand démolisseur religieux 
et moral du xvixi* siècle. »( A sse.) 

DÉMORGANER : Se rendre à 
une observation. Mot à mot : 
perdre de sa morgue. 

DÉMURGER : S'en aller, éva- 
cuer. (Grandval.) — Pour Dé- 
marger, *♦ 

DENAILLE (saint) : Saint-Dc 



nis. (Colombey.) -» Changement 
de finale. 

DENIER A DIEU : Prime d'ar- 
gent donnée au concierge par le 
locataire d'uu appartement nou- 
veau. — « C'est lui qui a décrété 
rimpôt de la bûche par voie, du 
denier à Dieu. » (Lamiral, 23.)— 
Se prend au figuré : a Par le mot 
amitié, je n'entends pas cette ba- 
nalité traditionnelle que tous les 
amants s'ofirent en se séparant 
et qui n'est que le denier à Dieu 
d'une indifférence réciproque. » 
(Dumas fils, le Demi-Monde,) 

DENTELLE (de la) : Billets de 
Banque. (Rabasse.) Allusion de 
légèreté. 

DÉPENDEUR, DÉPENDEUSE 
D'ANDOUILLES : Homme assez 
grand pour décrocher les an- 
douilles du plafond dans les cui- 
sines d'autrefois, plus hautes et 
mieux pourvues que celles d'au- 
jourd'hui. — « Hegarde donc, 
Jérôme, vois donc l'grand dépen- 
deux d'andouilles. » {Catéchisme 
poissard, 40.) 

On ne saurait assigner la même 
origine à dépendeuse d'andouil- 
les, qui a un sens tout autre : 
« Va! guenon, gucnipc, dépen- 
deuse d'andouilles! » 

DÉPIOTER : Enlever la peau. 
— a Si monsieur croit que c'est 
commode... on se dépiote les 
pouces. » (P. de Kock.) 

DÉPLANQUER : Exhi'oer, dé- 
terrer des objets cachés. V. Fa- 
gue. 

DÉPLUMER (se) : Devenir 
chauve. 

DÉPONNER, DÉPOUSSER s 



DER 



- 141 — 



DES 



Faire ses nécessités. (Halbert.) 
— Le premier vient de ponant; 
le second s'explique de lui-même. 

DÉPÔT : Dépôt de la Préfec- 
ture de police. — Prison où les 
gens arrêtés sont déposés en at- 
tendant l'instruction de leur af- 
faire. — « Eune nuit... c'était 
hors barrière... on m' ramasse. 
De là^ au dépdt. » (H. Monnier.) 

DER : Dernier.— Abréviation. 
V. Preu. 

DÉRAGER : Cesser de se met- 
tre en colère. — « Depuis le jour 
de son arrivée, il n'avait pas en- 
core déragé. > (E. Chavette.) 

DÉRAILLÉ : Déclassé. Mot à 
mot : homme jeté en dehors de 
la voie commune. — t Notre dé- 
raillé conçut le projet de faire 
des lectures à l'instar du grand 
Dumas. » (Michu.) 

DÉRALINGUER : Mourir. — 
Terme de marine. 

DERNIER (avoir le) : Avoir le 
dernier mot. V. Double. 

DERNIER DE M. DE KOCK : 
c Ce mot a signifié cocu pendant 
quinze jours. En ce temps, il ve- 
nait de paraître un roman de 
M. Paul de Kock intitulé /eCocM. 
Ce fut un scandale merveilleux... 
Il fallait bien pourtant se tenir 
au courant et demander le fa- 
meux roman. Alors (admirez 
Tescobarderie !) fut trouvée cette 
honnête périphrase : Avez-vous 
le dernier de M. de Kock ?» — 
(Th. Gautier.) — « Le mari : Et 
de cette façon je serais le dernier 
de M. de Kock, minotaure, comme 
dit M. de Balzac. » (Idem.) 

DÉRONDINER : Payer. (Hal- 



bert.) Mot à mot : faire sortir ses 
ronds, V. ce mot. 

DÉROUILLER (se) : Recou- 
vrer sa souplesse, se mettre au 
fait d'un service. 

DÉROULER (se) : Passer un 
certain temps. — c Maintenant 
qu'elle est à la préfecture, elle va 
se dérouler six mois. » (Ch. de 
Mouchabœuf.) 

DÉSARGOTER : User de ma- 
lice. (Halbert.) 

DESARRER : Fuir. (Idem.) 

DESATILLER : Châtrer. (Id.) 

DESCENDRE : Jeter à terre. 
Mot à mot : faire descendre. — 
Une caricature de i83o repré- 
sente un soldat à cheval sur un 
chameau et criant : « A moi, 
Tatet, c'te chienne de bête va 
m'descendre. > 

DESCENDRE : Mettre hors de 
combat, tuer. — « J'ajuste le 
Prussien, et je le descends. 
(Marco Saint-Hilaire.) 

DESCENDRE LA GARDE : 
Mourir. Mot à mot : ne plus gar- 
der la vie. — c Ce vilain brutal 
me voulut un jour faire descen- 
dre la garde. » {Rienifi, parodie, 
26.) 

DÉSENFLAQUER : Tirerd'un 
mauvais pas. 

DÉSENTIFLAGE ; Sépara-> 
tion, divorce. 

DÉSENTIFLER : Se séparer 
de sa femme. (Vidocq.) V. Anti^ 
fier, 

DESGRIEUX : Amant d'une 
fille perdue, mot à mot : person« 
nage ayant les faiblesses du Des 
grieux de Manon Lescaut, 



DES 



— 142 — 



DET 



. DESIDERATA : Désirs. - U- 
tinitme. C'est k pluriel du mot 
qui suit. — c Ces préoccu{>atîons 
toutefois ne l'empêchent pas de 
présenter un des nombreux de- 
siderata du radicalisme. » {Le 
Nord^wtpL 7a.) 

DESIDERATUM : Désir. — 
Latinisme. — « On manifestait 
pour la Pologne, cet éternel de- 
sideratum. » (Aubryet) 

DESSALER : Noyer. (Idem.) 
— On noie comme on dessale, en 
jetant à l'eau. 

DESSALER (se) : Boire. (Hal- 
bert.) Mot à mot : dessaler ce 
qu'on vient de manger. 

DESSALER (se) : Se rendre 
malade. (Rabasse.) — Ce qui est 
dessalé n'est plus en état de con- 
servation. 

DESSOUS (tomber dans le troi- 
sième, dans le trente-sixième) : 
Faire une chute complète, en par- 
lant d'une pièce théâtrale, et, par 
extension, tomber dans le dis- 
crédit le plus complet. — c II 
existe, dans le sous-sol de cha- 
que théâtre, trois étages. Le pre- 
mier dessous est destiné à rece- 
voir les acteurs qui apparaisent 
ou disparai^ent dans les pièces à 
trappes. Les deuxième et trui- 
sième dessous ne reçoivent que 
les décorations qui s'eifondrcnt. 
Quand on dit d'une pièce : 'elle 
est tombée dans le troisième des- 
sous, il est aisé de comprendre 
qu'elle aura de la peine à se re- 
lever.» (J. Du flot, 65.) — On voit 
par les détails précédents que 
tomber dans le trente-sixième 
dessous, est une simple figure. 

DESSOUS : Amant de cœur. 



(Halbeit.) ^ Cesi cetiri qiÉ^n 



DESSUS : Entreteneur. (Idem.) 

— C^t fhomme qu'on moatre. 

DESSUS DU PANIER : Ce 
qu'il V a de mieux ea tout. — 
Allusion au procédé des mar- 
chands qui placent les plus beaux 
fruits au-dessus du panier. — 
a II arrive des nobles étrangers. 
La province et l'étranger se sont 
cotisés pour envoyer le dessus 
du panier. » (A. Wolf.) — c Ce 
banquet réunissait 400 convives; 
le dessus du panier radical. » 
{Figaro, y5,) 

DESTUC : De moitié dans un 
vol. (Haï bert.) — Pour d*estuc. 
V. Estuc. 

DÉTAFFER : Aguerrir. V 
TaJTe, 

DÉTAIL (c'est un) : C'est un 
accident grave. — Ironie pari- 
sienne... — « S'il entend parier 
d'un tremblement de terre, il dit : 
c'est un détail. » (Monselet) 

DÉTAROQl ER: Démarquer. 

— Du vieux mot taroter : mar- 
quer. 

DÉTELER : Renoncer à l'a- 
mour. Allusion chevaline équi- 
voquant sur le mot « tirer. » 

DÉTOSSK : Misère. (Halbert.) 

— Mot composé du de privatif et 
de osse, argent. V. Os, 

DÉTOURNE (vol à la) : « Le 
vol à la détourne se fait à l'inté- 
rieur des magasins... Il est exercé 
surtout par les femmes. L'une 
occupe le marchand, l'autre dé- 
tourne les coupons. » (M. du 
Camp.) 



DtV 



— 143' — 



DEV 



PVTOURN^R I Voler cUits^ 
riDtériqu.9 d*un« boutiquow 

DÉTOURNEUR: Voleur à la 
détourne. — «Le détourneur qui 
dérobe; ui>; ot^jetd^na t^ mqfçasin 
où ii vi(^i\t fj^feeinplettQk» (PWI.. 
Chf^sle&,) ^. « pqr-mi lo^.d^fQur-- 
neurson, distingue : i^ li^ g^ittf- 
chissetts^ à, là mitMnfi,, àç^cCs 
adroites du pi^. pour saisir et 
caçhftr, dans de large» pantoufles; 
les.dentel^es eit^es- bijoui^ quje^Ue^ 
font tomber. Ik^ur mitaiti^^tMn 
bas coupé pour laisser aux doigtS: 
leur liberté d^açtion ; 2? les, e^- 
quilleuseS), fourrant d.es. objejtS; 
entre. leurs cuisses (quilles) y3^ les. 
avale-tout-cru, cachant les, bi- 

«... 'W »v- 

joux dans leur bouche.;. 4« les. 
auftioniers, jetant le produit de 
leur vol à de faux mendiants* »• 
(Vidocq.) 

PEJjTE (payerjune) : Étr^^en 
prispn. (HalbertO Mot à; mot:: 
payer un&d<;tte;l^..ia ju^ticçy. 

DEUIL (demi) : Café' sans co- 
gnac. V; Gx>gn€t 

DEUIL (grand) : Café. avec. co^. 
gnac. V. Cogne, 

DEUIL (ongleen) : Ongle cernée 
de crasse noire comme un billet 
d-enterrement. — . a J'aurai Tai^ 
d*étre en 4eu;l depuis la cravate 
jusqu'aux ongles, inclusive-, 
ment. » (A. Second^) — « A; qui 
cette main, monstre, ces ongles 
en demi-deuil ?])(Alhoy, 4;.) 

DEUIL DE SA BjLANCHIS-. 
SEUSEt (porte? le) >: Étre^^trè»-- 
saley-^. Jeu de mots qui se trouve > 
d^jà dans. le dictio(ii)aîr9.deLrfé- 
voux, 1771. 

DÉVE^NjARD I Q^vie^t lei)^ dé- 
veine., « JLl, rpnççdtraU.-tQuioiur? 



sur le boulevard un vîetix cama 
radey tin déveln«j*d comme l\n. f 
(Alplu Daudet.) 

DÉVEINE : Mallkeur constuit. 
V. Veine, D^écavage, — c lî pa- 
rais que la banq;ue est eir dé-, 
yeÂnei » (About.) 

DÉVIDAGE : Long discours. 
(Vidocq.)' — C*è8t-4-dire long 
Qommele dévidage d'un ëchorecTi:. " 

DÉVIDAGE : Promenade dans 
lepréau d'Une prison. (jRabaste.) 
On 80' meu^ , toujours»' dans* un- 
cercle étroit comme celld db'l'ê^ 
che.veau quîcin > déy ide* . 

DÉVIDÂMES (faire dès) : Réi. • 
vélen des vols. Dévidagjr veux?' 
dite iti bùuardàge. 

DÉVIDAGKA LIESTORGUE : 
Mensonge» acte d'accusation. (Yi* 
docq.)— 'Ce.mota.sa.moralité£lli . 
nous prouve^ qu!iin: coquin ttexxr. 
toujours à paraître innocent; V.* 
hstorguei 

tJÉVlDER; DÉVIDER* SQN 
pBL.OXON»: Bavarder^ avouer;-' 
ajren un: diàcoursç aussi ^ lôngr 
u*un peloton de fil 'à'défrder.- — ' 
Il .a le .truc, pour: déviderr: sptn 
loton^ votre ami. » ( Fïe^J5(lrl-» - 
nenne, 66.) V. Bayafe, 

DÉyiDEUR, nÉyiDEUSET.r: 
Bavard, bavarde. 

DJÉVISSER LE COC0. e Tordre 
e cou», .étrangler. V. CocOé 

DÉyiSSER' SON'BILUAÏUrr 
Viôùrir. (Colombeyi)' . 

DE VISU : D'après ce qu'on a 
^u. Latinisme. — »•« Uiidéàé^is 
^ains spirituelâ^de ce '.temps dê^^' 
irkxiefvistt* »• (Privât 'd'Ahghk-^ = 
nont.)' -*.-.- . ',%'-i.% 



DIS — 144 — 

DÉVORANT : Compagnoa du 
devoir. Mot à mot : devoirant,^ 
« Je ne suis pas un dévorant, je 
suis un compagnon du devoir de 
liberté/ un gavot. ji (Biéville.) 

DIABLE : Agent provocateur. 
(Rabasse.) — Le diable est le 
grand tentateur. 

DIGUE-DIGUE : AtUque d'é- 
pilepsie. — De dinguer : tom- 
ber. V. Camboler, 



DOC 



DUONNIER : Moutardier. (Vi- 
docq.) — Dijon est la capitale de 
la moutarde. 

DIMANCHE: Jamais.— c Vous 
serez placé... dimanche. » (Dé- 
saugiers.) — C'est-à-dire le jour 
où ne se fait aucune nomma- 
tion. 

DINDE, DINDON : Niais, 
niaise, dupe. — a J'ne veux pas 
être le dindon de vos attrapes.» 
(Vadé, 1788.) V.Go^o. 

Mari dindon : Mari trompé. 

DINDONNER : Duper. -- a Je 
n*ai| jamais été chiche avec les 
femmes, mais je n'aime pas à 
être dindon né. » (E. Sue.) 

DINDORNIER : Infirmier. (Co- 
lombey.) 

DINER PAR CŒUR : Ne pas 
dtner. Mot à mot : dîner pour 
mémoire. 

DINGUER (envoyer) : Jeter à 
terre, et, au figuré, éconduire. — 
c Panama ! tu ne l'as donc pas 
envoyé dinguer ? ji (L. de Neu- 
ville.) 

DIS QUE ÇA (je ne) : C'est-à- 
dire : il n'y a pas moyen d*en 
dire davantage, dans le sens ad- 
Biirttif. — « Lei baronnes, mes 



sœurs, mettent leurs coiffures 
empire chargées de tortillons en 
rubis... je ne vous dis que ça. » 
{Vie parisienne, 66.) 

DISTANCER : Dépasser. — 
Terme de sport hippique. — 
c Watteau et Boucher sont dis- 
tancés. Vous arrivez première au 
charme des yeux et des cœurs. » 
(Almanach du Hanneton, 67.) -* 
c Madame Schontz qui distan- 
çait de trois blagues, disait-elle, 
tout l'esprit de ces dames. » (Bal- 
zac.) 

DIX-HUIT : c U fabricant de 
dix-huit s'appelle le riboui,.. Le 
dix-huit n'est pas un soulier re- 
monté ou ressemelé, c*est plutôt 
un soulier redevenu neuf : de là 
lui vient son nom grotesque de 
dix-huit ou deux fois neuf. Le 
dix-huit se fait avec les vieilles 
empeignes et les vieilles tiges de 
bottes qu*on remet sur de vieil- 
les semelles retournées, assor- 
ties, et qui, au moyen de beau- 
coup de gros clous, finissent par 
figurer une chaussure. » ( P. 
d'Anglemont.) 

DIXIÈME (passer au) : Devenir 
fou. — Terme usité parmi les 
officiers des armes spéciales. 
Frappés du nombre des cama« 
rades que leur enlevaient des 
atteintes d'aliénation mentale , 
ils disent : // est passé au di^ 
xième (régiment), pour montrer 
combien ils sont décimés par 
des pertes, sur lesquelles l'étude 
des sciences exactes n'est pas, 
dit-on, sans influence. — « L'offi- 
cier du génie passe souvent au 
dixième. » {Vie parisienne, 67.) 

DOCTRINAIRE : « On donne 
je nom à une secte de gens bi- 



DOM 



— 145 •— 



DOS 



]ieux , mais enchantés d'eux- 
mêmes, qui avouent que rien 
n'est plus raisonnable que leur 
propre raison. » (C. Blanc, 44.) 

DODO : Lit. — Redoublement 
de la première syllabe de Dor- 
mir. 

DOG-CART : Voiture de 
chasse. — Anglicanisme.— « Que 
le cheval de votre dog-cart soit 
fourbu, borgne ou tiqueur, peu 
importe!» (Marx.) 

DOIGT DANS L'ŒIL (se four- 
rer le) : S'abuser, ne pas voir les 
choses plus que si on avait l'œil 
bouché par un doigt. — « Il 
s'est un peu fourré le doigt dans 
l'œil, le brave garçon. — (De 
Concourt.) 

Se fourrer le doigt dans l'œil 
jusqu'au coude : Se faire de très- 
grandes illusions. — C'est la 
progression de la même image. 
— « J'ai l'honneur de te faire re- 
marquer que tu t'es fourré le 
doigt dans l'œil jusqu'au coude.» 
(L. de Neuville.) — On abrège 
en disant se fourrer dans l'œil : 
« Si madame se fourré dans Fœil 
qu'on restera chez elle pour six 
cents francs. Merci ! » ( Vie pa- 
risienne, 66.) 

Être de la société du doigt 
dans Vœil : Compter parmi les 
nombreux mortels qui conser- 
vent quand même certaines illu- 
sions vaniteuses. 

DOMINO : Dent. — Allusion 
de forme et de couleur. Quel jeu 
de dominos! se dit de dents lon- 
gues et jaunes. Les jolies petites 
dents sont des quenottes^ des lou- 
loutteSi 



DOMINOS (jouer des) : maii> 
ger. (Balzac) 

DON JUAN : Séducteur pourvu 
des séductions et des vices de 
Don Juan, Pris ironlquemènL 
V. Centre de gravité, 

DONNER (se la) : Fuir. 
(Grand val.) 

Donner dans : S'abandonner à, 
croire à.~ «La bonne peut avoir 
des chagrins. V'Ià c'que c'est que 
d*donner dans Tmilitaire. » (La- 
mi rai, 23.) 

Donner des noms d'oiseaux : 
Roucouler amoureusement. V. 
Oiseaux, 

Donner du vague : Chercher 
fortune. V. Vague, 

Donner quelqu'un : Le dénon- 
cer. Mot à mot : le donner à la 
justice. 

Donner un pont : Tendre un 
piège. V. Couper dans le pont. 

Donner une affaire : Céder les 
renseignements propres à com- 
mettre un vol. 

Donneur de bonjour, V. Bon- 
jour. 

DONT AUQUEL ! Auquel 
rien n'est comparable. — « Car 
moi, je suis un militaire dont 
auquel. » (Vadé, 1756.) 

DORANCHER : Dorer. (Co- 
lombey.) Changement de finale. 

DOS (scier le dos): Importu- 
ner. V. Scier, — « Moi, ça me 
scie le dos. • (Rétif, 1782.) 

DOS (en avoir plein le) : Être 
assommé d'ennui. — • Tu sais 
que j'ai de la maison plein le 
dos?» (Désaugiers.) 

DOS D'AZUR, DOS VERT: 



DOU 



— 146 — 



DOU 



S4>*i?eneur. —Allusion aux reflets 1 
verts et bleus du dos du. maquÊ-Jl 
reau. V. Mac, — • Je ne suis pas 
un miche, je suis un dos d'a- 
zur. » (L. de Meuville.) — c Deux 
femmes se battaient pour un dos 
vert. » (Stamir.) 

DOSE : Désagrément, ennui, 
dégoût. Mot à mot : forte dose 
de désagrément. 

Chaqu* fois qu'on remet pour moi 
Des lettr*s ou bien autre chose, 
11 les garde plus d'un mois : 
Comment trouvez -vous la dose? 

(L. Meidy ) 

DOSSIÈRE DE SATTE: 
Chaise. — On s'y adosse. 

DOSSIÈRE, DAUSSIÊRE: 
Prostituée de dernier ordre. Mot 
à mot : femme se mettant sur le 
dos. V. Calége, 

DOUBLAGE, DOUBLÉ: Vol. 

DOUBLE : Sergent major , 
maréchal des logis chef. — L*in- 
signe est un double galon. 

Si son double, un soir, 
Pris d'humeur noir, 
Veut tempêter... (Wado.) 

DOUBLER : Voler. 

DOUBLER UN CAP : a C'est 
faire un détour, soit pour ne pas 
passer devant un créancier, soit 
pour éviter Tendroit où il peut 
être rencontré. » (Balzac.) 

DOUBLETTE, DOUBLEUR, 
DOUBLEUX, DOUBLEUSE : 
Voleur, voleuse. — a Tous les 
doubleurs de la riche toison. » 
(Grandval.) 

DOUBLIN : Pièce de dix cen- 
times. (Halbert.) Mot à mot : 
double Eou, 



DOUBLURE : Acteur chargé 
il*^n suppléer un autre,— a Cha** 
que chef d'emploi avait jadis sa 
doublure dans les théâtres de 
Paris. » (J. Duâot.) 

DOUCE : Soie. — Elle est 
douce au coucher. 

DOUCE (à la) : Doucement. — 
c Comment que qu'ça va, vous, à 
ce matin? — Mais, merci, à la 
douce. » (H. Monnier.) 

DOUCE (la passer douce) : 
Passer doucement la vie, sans 
souci ni travail, a Mais les vi- 
veurs continuèrent à la passer 
douce. 9 (James Rousseau, 42.) 
On dit aussi la couler douce, 

DOUCETTE : Lime (Vidocq.) 
— Elle opère petit à petit, tout 
doucettement. 

DOUCEUR (faire en) : Les vo- 
leurs emploient ce terme par 
opposition à celui dt faire à la 
dure, c'est-à dire voler avec voies 
de fait. On fait boire l'homme 
qu'on lève en douceur. 

DOUILLARD : Homme riche 
ayant de la douille. — « Ohl ohl 
fit-il, un public ficelé 1 rien que 
des hommes et des douillards. » 
(De Pêne.) 

DOUILLE : Argent. — cil ya 
de la douille à grinchir. 9 (Pail- 
let.)— a Cette douille est desti- 
née à mon bottier qui me refuse 
des socques. » {Haris étudiant, 
54.) 

DOUILLE : Cheveux. (Grand- 
val.) — Du vieux mot doille : 
mou. 

DOUILLES SAVONNÉS : 
Cheveux blancs. 

DOUiLLER : Donner de l*ai- 



DRO 



— 147 — 



DRO 



gent — On dit aussi douiller du 
carme, (Rabasse.) 

DOUILLET, DOUILLETTE: 
Crin. (Vidocq.) 

DOUILLURE : Chevelure. 

DOULEUR (étrangler la) : 
Boire un verre d*eau-de-vîe. — 
« Les habitués viennent, au dé- 
bit, étrangler la douleur du ma- 
tin. ■ {Vie parisienne, 65.) 

DOUSSE : Fièvre. (Halbert.) 

DOUSSIN : Plomb. (Idem.) 

pOUSSINER : Plomber.(Idem.) 

DOUX (un verre de) : ce Un 
verre de liqueur sucrée, par op- 
position à un verre de liqueur 
forte ou de rude, » (Dhautel, 08.) 
V. Tournée, 

DRAGÉE : Balle. — Allusion 
de forme. — « Nous entendons 
dire, mon camarade, que tu ne 
quittes pas Tennemi, et que tu 
leur envoies des dragées à plein 
canon, d ( Marceau , Lettre à 
Westermann. lyqi.) 

DRAGUEUR : Banquiste, fai- 
seur. (Vidocq.) Pour dragueur. 

DREGUEU (parler en) : Le 
mot dregueu est placé après cha- 
que mot et se modifie confor- 
mément à lui. « Ainsi pour dire 
je suis pris, ils diront je dregue 
suisdriguis pridriguis. » (Ra- 
basse.) 

DRINGUE : Diarrhée. 

DROGUb : Mauvaise femme. 
— Extension du terme drogue 
{c'est de la drogue), appliqué 
souvent aux choses de mauvaise 
qualité. — Plus mauvaise en- 
core, la drogue devient un poi- 
son, V. ce mot. V. Sterling. 



DROGUE (petite) : Coureuse. 

— De droguer : « Maintenant^ 
allons dîner chez les petites dro- 
gues. 1» (Champfleury.) 

DROGUER : Attendre en se 
promenant. — Métaphore em- 
pruntée au jeu de la drogue. — 
« Vous droguez nuit et jour au- 
tour de sa maison. » (G. Sand.) 

— a II m^a fait droguer plus 
d'une heure dans la rue. » 
(Dhautel, 08.) 

DROGUER : Dire. V. Girojle, 

DROGUERIE: Demande. (Co> 
lombey.) 

DROGUEUR DE LA HAUTE: 
Escroc à langue dorée et sachant 
droguer aux dupes ce qu'il faut 
pour les dépouiller. 

DROITE : Parti législatif aris- 
tocratique.— Ainsi nommé parce 
qu'il occupe les bancs de l'ex- 
trême droite dans nos assemblées 
parlementaires, V. Gauche, 

DROITIER : V. Gaucher. 

DROLE (pas) : Ennuyeux, pas 
amusant. — c Tu sais aussi bieii 
que moi que tu n'es pas drôle... 
Qu*y veux-tu foire, on vient au 
monde comme cela. » (G. Droz.) 

— a Et puis, ils ne sont pas 
drôles, ces pèlerins là. » (Vil* 
lars.) 

DROLE (pas) : Très-malheu- 
reux. ^- Expression singulière, 
dont le pecple de Paris connaft 
seul la valeur SHic«ssante.Si quel- 
qu'un est victime d*u:> "accident, 
on le plaint par ces mots : ce Pau- 
vre homme! ça n'est pa& drôle)» 
Un homme sans ressources dira : 
« Je ne sais si je mangerai ce 
soir, et ça n'est pas drôle. » •— 



DUN 



— 148 — 



DUS 



f Et ça vous fiche des coups... — 
Ça c'est peu drôle. » (Gavarni.) 

DROMADAIRE : Variante de 
chameau. V. ce mot. — « Viens! 
nous verrons danser les jeunes 
dromadaires, d (Gavarni.) 

DROUILLASSE : Diarrhée. 

DUFFER : Cheval de course 
engagé dans le seul but de faire 
parier et retiré dès que son pro- 
priétaire en aura tiré bénéfice par 
ce moyen. (Parent.) Anglica- 
nisme. 

DUIXINI^E : « Une mijaurée 
qui s*en fait accroire fait la Dul- 
cinée du Toboso. — Dulcinée 
veut dire aussi une femme ga- 
lante, une donzelle. d (Dhau- 
tel, 08.) 

DUN (parler en) : Procédé de 
déformation argotique consis- 
tant a ajouter dun au mot pro- 
noncé en troquant l'n de dun 
contre la première lettre du mot 
si cette lettre est une con- 
sonne et en l'ajoutant si c'est 
une voyelle. Non content de 
cette opération, on termine en 
redoublant après du la première 
syllabe. — «Ainsi pour dire on ne 
voit pas, ils disent nonduon tie- 
due noitduuoU nadupas. Pour 
maladroit, ils disent naladroit' 
dumal, » (Rabasse^ 

DUNON (parler en) : Procédé 
de déformation argotique consis- 
tant à ajouter dunt*:é à chaque 
mot prononcé^ en ayant soin de 



troquer Yn de dunon contre la 
première lettre du mot à pro- 
noncer. — « Pour dire bonjour, 
monsieur, ils disent nonjour du- 
bon, itom^ieuri^Mmoit. » (Rabasse.) 

DUR, DURIN; Fer (Vidocq.) 

DUR : Eau -de-vie. — Cest un 
liquide dur au gosier. — « Pour 
faire place aux petits verres de 
dur. » (T. Gautier.) 

DUR A CUIRE : Homme so- 
lide, sévère, ne mollissant pas. 
(Dhautel.) — <K En voilà un qui ne 
plaisante pas^ en voilà un de dur 
à cuire. » (L. Reybaud.) 

DUR A LA DÉTENTE : Avare. 
Mot à mot : homme qui n'al- 
longe pas volontiers son argent. 

DUR (être dans son) : ce Tra- 
vailler avec grande assiduité. 
Terme de typographes. » ( J. La- 
dimir.) 

DURAILLE, DURE : Pierre. 
(Colombey.) 

DURAILLES: Diamants. (Hi '« 

bert.) 

DURE (la): Terre. (Grandval.) 
Le mot est classique. Ne dit-on 
pas coucher sur la dure, 

DURÈME : Fromage. (Vidocq.) 

DURINER ; Ferrer. (Halbert.) 

DUSSE : Signe de convention 
à l'usage des grecs, joueurs d'é- 
carté. — a Sans la télégraphie, le 
dusse, il eût probablement donné 
des cartes. » (Cavaillé.) 



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— I4Q — 



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El 



EAU D'AF, D'AFF, D*AFFE : 
Eau-de-vie. — a As-tu bu l'eau 
d'af à c'matin? T'as l'air tout 
drôle, est-ce que t'es malade, 
ma mère? » {Catéchisme pois- 
sard , 44.) V. Aff, Paf. 

EAUX BASSES : Manque d'ar- 
gent. On dit de même : être à la 
côte, etc. — « Cette délicieuse 
noce dura au moins trois jours 
jusqu'à ce qu^enfin les eaux soient 
devenues tellement basses qu'il 
faille retourner à ce maudit ate- 
lier. J> (Moisand.) 

E B A Z I R : Assassiner. (Ra- 
basse.) Forme A^esbasir. 

ÉBOURIFFANT : Excessif au 
point de faire ébouriffer les che- 
veux sur la tête. C'est une va- 
riante de à faire dresser les che- 
veux sur la tête qui a paru sans 
doute trop connu. — a Menez une 
jeune fille au bal, tous les yeux 
flambent autour d'elle, et vous 
lui dites : tu ne brûleras pas!... 
Vous êtes ébouriffant, ma parole 
d'honneur ! » ( PhysioL des 
Amoureux. 41.) 

ÉCAFOUILLER : Écraser cA 
projetant les débris. 

ÉCARBOUILLER (s') : Se re- 
tirer vivement.— « Je m'envole... 
Et moi, je m'écarbouille. » (Mi- 
chu.) , 

ÉCARTER, ÉCARTER DU 
FUSIL : Crachoter involontaire- 
ment au nez de son interlocu- 
teur. 



ECCE HOMO î Homme dont 
l'extérieur macéré rappelle le 
Christ. — • Humilité incarnée, 
espèce d'ecce homo. » (J. David.) 

ÉCHALAS : Jambe maigre 
comme un échalas. — « Joue 
des guibolles, prends tes échalas 
à ton cou. 1» (Montépin.) 

ÉCHASSES : Jambes maigres 
et longues comme des échasset. 

ÉCHASSIER : Homme à lon- 
gues jambes. 

ÉCHINER : Critiquer violem- 
ment. — a On y prenait solen- 
nellement l'engagement d^êchiner 
tel ou tel individu. Il n'y avait de 
bonne littérature que celle qui 
n'avait pas été souillée par les 
règles de Boileau. » ( Privât 
d'Anglemont.) 

ÉCHOTIER : Rédacteur* 
chargé des Échos de Paris dans 
un journal. — « Le mot n'a pas 
été dit, mais je connais les écho- 
tiers qui l'affirmaient. » (Cha- 
brillat.) 

ÉCLAIRAGE : « Les joueurs 
sortent de leurs poches l'argent 
qu'ils se proposent de risquer 
dans la partie. C'est l'éclairage. » 
(Cavaillé.) 

ÉCLAIRER : Observer. (Ra- 
basse.) 

ÉCLAIRER : Déposer son ar- 
gent. Mot à mot : le faire luire. 
— « C'est pas tout ça, i' faut 
éclairer. C'est six francs, n (Mon- 



ECR 



— i5o — 



ELB 



selet.) — « Ne passez jamais la 
main (au baccarat) et priez les 
femmes d'éclairer leurs bancos. » 
(Marx.) 

ÉCOPPER : Recevoir des 
coups, être battu. (Rabasse.) 

ÉCORCHER : Faire payer 
frop cher. 

ÉCORNAGH: (vol à) : « On 
vient d'arrêter, dit le Moniteur 
(mars 66), un individu qui avait 
ressuscité le vol à l'écomage, A 
l'aide d'un diamant de vitrier, 
Julien S... pratiquait une ouver- 
ture dans l'angle inférieur d'une 
vitre de magasin. Passant par 
cette ouverture une petite trin- 
gle, il attirait une pièce de den- 
telle. » 

On appelle aussi vol à Vécor- 
nage le vol à la pièce forcée, 
^, pièce.) En ce cas, la pièce du 
voleur est écornée sur l'exergue. 

ÉCORNÉ : Inculpé (Vidocq.) 

ÉCORNER : Injurier. — a En- 
tends-tu, vieux camphrier, avec 
ta voix enrhumée, t'as l'air de 
nous écorner. » [Catéchisme pois- 
sard^ 44.) 

ÉCORNEUR : Ministère pu- 
blic. 

ÉCOSSAIS (en) : Sans panta- 
lon. — Les Écossais ont les jambes 
nues. 

Hospitalité écossaise^ : hospi- 
talité gratuite. Allusion à un air 
^ connu de la Dame blanche, (Chez 
les montagnards écossais, l'hos- 
pitalité se donne, etc.) 

ÉCRASER UN GRAIN : Boire 
la goutte. 

ECREVISSE DE REMPART : 
Fantassin. — Surnom donné par 



les marins des ports. Allusion 
au pantalon rouge. 

ECREVISSE dans la tourte 
{avoir une), dans le vol au vent : 
Déraisonner. (V. Vol au vent.) 

ÉCUME : Étain. (Vidocq.; — 
L'étain en fusion ressemble à 
l'écume. 

ÉCUMOIRE : Visage troué, 
comme une écumoire, par la pe- 
tite vérole. 

ÉCUREUIL : <t Leur métier 
consiste à faire mouvoir les roues 
des tourneurs et des mécaniciens 
pour 35 à 40 centimes l'heure. » 
(E. d'Hervilly.) 

ÉDREDON DE TROIS PIEDS: 
Paille. — Ironie. — c Coucher 
dans un garni au dortoir, sur 
Védredon de trois pieds (c'est 
ainsi qu'on nomme la paille), 
10 centimes. » (Privât d'Angle- 
mont. 

EFFAROUCHER : Voler. — 
Jeu de mots. Effaroucher, c'est 
faire disparaître. — « Qu'est-ce 
qu'a effarouché ma veste? (H. 
Monnier, 36.) 

ÉGAYER: Siffler au théâtre. 
— Ironie. (J. Dufflot.) 

ÉGRAILLER : Prendra. 
(Grandval.) 

ÉGRUGEOIR ; Chaire à prê- 
cher. (Rabasse.) 

EJUSDEMFARINiE : Du 
même genre. Mot à mot : de 
même farine. Latinisme. — a Coip- 
ment se fait-il qu'on ait supprimé 
le Radical plutôt qu'une autre 
feuille... ejusdem farincef » {Pa- 
ris-Journalf juillet 72.) 

ELBEUF : Habit de drap d'El- 



EMB 

beuf. — « Si r^tolle du mérits 
n'orne pas mon elbeuf usé. » 
[Feiteau.) 

ÉLÉMENTS: Al^Dt dans 
l'argot de joueur.— t Y «-til des 
fl^ments? demanile t-il à voii 
basse. Traduction': y a t-il de 
l'argent (.(CavailW.) 

ÉMAILLAGE . ÉMAILLER , 
ÉMAILLEUSE : . On parle beau- 
coup des femmes qui se fonl 
émailler. Ce mot est devenu à U 
mode..- On croit que c'est un 
maquillage perrcclioiini...!! n'en 
est rien. Voici en quoi lonsisic 
remaillage: Les femmes, dont le 
visape se plisse, ont le courage 
de supporter l'opération sui- 
vante. On leur pratique des in- 
cisions à U peau, et on y injecte 
des liquides qui pfnïtrent les 
tissus, les gonflent et rempliî:- 
sent le» ïides... C'est charmant, 
n'est-ce pas? ■ [Figaro, 34 di?- 
cembre 75.) Longtemps avant 
cette date, une femme se faisait 
atinoncer i la quatrième pa^^c 
des journauï comme imailltusc. 



I5i -^ 



EMB 



Vers 



, elle I 






glaise qui ne se trouvait passuf- 
Asammenl éinailUe. 

EMBALLER: Arrêter, ëcrouer 
— « Tu vas nous suivre i 1. 
Priffecture. Je t'emballe. ■ (Che 
nu.l 

EMBALLER: On dit d'nn 
cheval emporté qu'il em*aWe son 
cavalier, sans "loute parce que 
celui-ci est réduit au râle passif 
d'un simple ballot. V. Là-bas.— 
■ Un attelage a tenté de ' 
baller, avenue de l'Impérat 
(G. Vassy, 75.) 

Emballer t Se prend aui 



figuré pour dépeinthe un «mpor- 
icment quelconque. — • M- Pi- 
card a dit tout ce qui lui passât 
par la rite dans le but tria-poli- 
lique d'emp£cher M. G. de l'em- 
baller et d'emballer ses imiB.» 
(A. MilUud.) 

EMBALLER : Finir lestement. 
^ s Quant i U baronne Dud»- ' 

fut bien lestement em- 
ballé, comme nous disions au 
quartier Latin. • (G. Sand) 
EMBALLES (faire des) : Fttire 
;s embarras. — Emballe semble 
ne déformation d'embarras. En 
iclen provençal, il eat i noter 
cependantque iallesignifiefrain, 
embarras. Un aura combina les 

EMBALUCHONNER : Empt 
quêter. (Halbert.) V, BtlHcAoH. 

EMBARDER: Se tromper.— 
— Terme de marine. 

EMBARGUER; Rentrer. (R«- 
basM.) 

EMBARRAS : Drapa do lit 
(Halbert.) 

EMBARRAS [faire de») : aPiint 
beaucoup d'étalage pour peu de 
chose. B(Dhautel,)V. Épate. 

EMBERQUINÉ: Fadement 
moral. Mot à mot ; aussi fide 
qu'un roman de Berquin. — 
a Cela flatte les instinctsdu bour- 
geois emberquiné et les préten- 
tions du philistin à la poésie élé- 
giaque. » (Til, Silvestce.) 

EMBLÈME : Mensonge, conte, 
fait i plaisir. — Ironie C l'adiene 
du genre allégorique dont le 
peuple ne peut comprendre les 
finesses. — a Todore me lipond : 
Je suis imUde... De* emblè- 
me*! • (Montelet.) 



EMM 

EMBLÉMIR: Tromper. fVi 
docq.) 

EMBROQUER : Regarder. V 
MouMtiqut. 

EMBROUItXE (ni vu, ni cod 
nu! je t') : Locution placée à II 
fin d'un r&it pour peindre it 
rapidité d'un acte et la difficulif 
de l'expliquer. (Dhautel.) 

ÉMÉCHÉ.: Ivre. — Comparai- 
lOD de l'ivrogne à la mèche ravi- 
va d'une chandelle. — n Quand 
je rentre un peu fméché aprÈi 



lia - 



EMP 



louic, elle n 



: dit: 
in. Ëcei: 



(Monselet.) 

EMILE : V. Être teo.) 

EMMERDEMENT : Peine, tra- 
cas. — w. Le président : Dans ce 
moment où la jusiice vous at- 
teint, qu'éproUïCi-vous? — CoU' 
taudier : De l'emoierdemenl. n 
{Dernier jour d'u'i çandamni.) 

EMMERDER, EMMIELLER : 
« Figurémtfnl el d'une raanîire 
ignoble pour attraper, ennuyer, 
obséder, injurier. {Dhautel, oS.) 
On disait au moyen Age Inca- 
guer, ce qui était la mjme chose. 
V. le Dictionnaire Roman Wal- 
lon de 1777. Oom Jean -François, 
imprimé à Bouillon en 1777, 
'Emmieller a le même sens, et 
n'est qu'un synonyme honieui. 
Noua répéterons de cette in|ure 
ce que nous disons d'une autre. 
(Voyez M.) Son usage est uni- 
versel CI déplorable. Beaucoup 
d'hommes qui n'appartiennent 
pas tous au dernier rang de la 
société, ont trop souvent ce mot 
à la bouche. 1 

Une caricature de 3o fait ren- 
conlrer le dey d'Alger par Char- | 



les X qui lui dit : • Qui aurait 
jamais pensé que noua nous re- 
trouverions en mer, dej? n — 
■ J'emmerde la cour, je respecte 
messieura les jurés. > [Dernier 
jour d'uncondamai.) 

M'emmlcll'ra 
Qui VDudrsl 
Mol, j' n' m'edmiclle gutra. 
(Vilèce.) 
ÉMOSS : Émotion. Abrévia- 



EMPAFFE, EMPAVE ; Drap 
de lit. (Grandval.) 

EMPAFFER : Enivrer, rendre 
p./. V. ce mot. 

EMPAILLÉ : Homme sans ini- 



EMPALER : Duper. — Syno- 
nyme d'enfler. 
EMPAVÉ : Carrefour. (Hal- 

bert.) 

EMPIRE : Suranné, de mau- 
ils goût. — Allusion aui forme* 

lides du premier empire. V. 

Perruque. 
EMPLANQUER : Arriver. - 
La rousse emplanque. » (Hal- 

berl.) 



EMPLATRE : Empreinte. (Vl- 

tlocq.) Allusion â ta couche de 

molle sur laquelle est prise 



EMP 

ment Lucien t'a empoigné, i 
(Balzac.) V. Danter. 

EMPOIGNER: Séduire, émou- 
voir. — I Me parlereî-ïous de la 
fille aui yeux bleus ? II parattque 
vou* avez été ïolidement empoi- 
Rnf, • (About.) — B Celte mu- 
sique du maestro Gerolt est em- 
poignante, c'est le mot. » (J. 
Chamarande.) 

EMPOIVRER (s-) : S'enivrer. 
Mot à mot ; s'empourprer, deve- 
nir poivre. V. ce mot. 

EMPORTER : Escroquer. V. 
Bachotleur. 

EMPORTER ta pièce, le mor- 
ceau : Avoir l'esprit acerbe, bles- 
sant. V. Morceau. 

EMPORTEURS: ŒMalfaiteurs 
qui, sous prétexte de payer leurs 
acliatB â domicile, (ont emporter 



i53 - 



END 



leu 






rdes c 



e magasin. Le grand point, 
c'est de séparer le commis de sa 
marchandise. Tantût on le ren- 
voie au magasin pour feire recti- 
fier un prii de la facture, lantfli 
on le fait entrer par une porte 
dans un hôtel garni, el l'on en 
ressort par une autre. » (A. 
Monnier) 

Emporteur à la côtelette : Grec 
eierçanl son art dans les ca- 
fés et dans les restaurants, à la 
suite d'un dé;eQner offert à sa 
dupe. (Vidocq.) — l| emporte 
l'argent de son invité à la côte- 
lette, comme des troupiers em- 
portent i la balonnetteune posi- 

EMPOUSTEUR : Escroc fai- 
sant métier de vendre à des 
détaillants de mauvais prodtiiu i 



dont le premier dépOt a ét^ 
pour les allécher, acheté par det 
compères. (Vidocq.) 

EMPROSEUR. V. Être (en). 

ÉMU, LÉGÈREMENT ÉMU: 
Troublé par les fumées du vin. 
V. Paff^. — « Tu me crois ému, 
vieux... Allons doncl |e boirais 
dix fois autant. » (Frémy.) — 

Girard et Maret-Boistrop reo- 
trirent au quartier légèrement 
émus, et on ne put les réveiller 
il'appeldusoir.B (Vidal. 33.) 

ENCARRADE : Entrée (Vi- 
docq.) 

ENCARRER : Entrer. (V. Di- 

irrer.) 



ENCASQUER : Tomber aïec 
fureur sur quelqu'un. (Rsbasse.) 

ENCHETIBER : Arrêter. (Sta- 
mir. 67.) 

ENCIBLE: Ensemble. (Co- 
lombey.) — Changement de la 
syllabe intermédiaire. 

ENCLOUER: Mettre engage. 
(Rabasse.) V. Clou. 

ENDÉGHER : Ruiner. — « Je 
l'endèche de plus en plus; }e 
iens de mettre au clou la robe 
t soie, a \H. de LynoL) 

ENDORMAGE (vol à 1") ; Sa 
pratique en versant un narcoti- 
que dans le verre du volé pen- 
dant un repas toujours ofiert en 
cabinet particulier. 

ENDORMEUR : Voleur à l'en- 
jrraage V. Romamichet. 

ENDORMLUR : Homme «d. 



EN F 



— i54 — 



ENF 



ENDORMI : Juge. /Fr. Mi- 
chel.) — Allusion au juge qui 
dort à l'audience 

ENDORMIR : Tuer. (Colom- 
bey.) — Ironie. 

ENDROGUER : Chercher un 
coup à faire. (Halbert.) 

ENFANT DE CHŒUR : Pain 
de sucre. (Vidocq.) — Allusion à 
sa petite taille et à sa robe blan- 
che. 

Enfant de giberne : Enfent de 
troupe. 

tnfant de maître Jacques : 
Membre d'une des trois grandes 
fractions du compagnonnage. 
(Vinçard.) 

Enfant de Salomon : (Idem.^ 

Enfant du père Soubise : (Id.) 

Enfant de trente-six pères : 
Fils d*une femme galante. — 
« Tais-toi, reste d'arlequins des 
SS. Innocents, enfant d'trente- 
six pères. » ( Catéchisme pois- 
sard, 40.) — Arlequin des SS. In- 
nocents, injure tombée aujour- 
d'hui, contient la même allusion. 
Les innocents sont des nouveau - 
nés, et, parmi eux, les arlequins 
bigarrés paraissent avoir été faits 
de trente-six morceaux diffé- 
rents. 

ENFERRÉ : Arrêté. (Rabasse.) 

ENFILADE : Série de pertes. 
— « lis croient que la veine est 
revenue, mais ils ont une enfi- 
lade désespérante. » (Paillet.) 

ENFILAGE : Arrestation en 
flagrant délit. — «J'ai commencé 
à foire 1 étalage. Réussi pendant 
un an. Pas d'enfilage.» (Beauvil- 
lier.) 

ENFILER (s') : Se laisser aller 



à jouer gros et perdre. (Dhautel, 
08.) 

ENFILER (O : S'endetter. ^ 
c Je m'enfile de douze sous, o 
(Monselet.) 

ENFLACQUÉ : Emprisonné, 
condamné, perdu. (Vidocq, Hal- 
bert.)' Du vieux mot flacquer : 
lancer violemment. — c C'est 
donner tout son argent à l'homr 
meenflacqué. » (Balzac.) 

Enflacquer (s*) : Se perdre 
(Halbert.) 

ENFLANQUER : Perdre, ca- 
cher. (Rabasse.) 

ENFLÉE : Vessie. (Vidocq.) 

ENFONCER : Dominer, écra- 
ser. — • Vous n'êtes pas de force 
au piquet; je vous enfonce. » 
fGavarni.) 

ENFONCER : Duper. — € Il 
m'apprenait la vie qu'il fallait 
mener pour ne pas être enfoncé.» 
(E. Sue.) 

ENFONCER : « Lorsqu'on 
réussit à perdre un journal à 
force de le décrier, ou un théâtre 
à force de blâmes, cela s'appelle 
enfoncer la feuille rivale ou le 
théâtre ennemi. » (Biographie 
des Journalistes, 26.) 

ENFONCEUR : Agent d'af- 
faires, faiseur. (Vidocq.) — D'en- 
foncer : duper. 

ENFONCEUa : Critique vio- 
lent. 

ENFOURAILLER : Arrêter. 
Mot à mot : fourrer dedans. — 
(C Va-t'en dire à ma largue que 
je suis enfouraillé. » (Vidocq.) 

ENFRIMER : Dévisager. (Vi- 
docq.) V. Frime, 



'•J 






ENL 



— f55 -- 



ENS 



ENGAMÉ : Enragé. (V. /f^/j- 
piw, Game,) 

ENGANTER : Être épris d'a- 
mour. (Rabasse.) 

ENGANTER : Voler, prendre, 
capter. C'est un éq-jivalent d*em- 
poigner. Le gant est pris pour la 
main. V. Chêne. — « Ce jeune 
homme modèle était méprisé par 
la demoiselle de comptoir qui, 
pendant longtemps, avait espéré 
Tenganter. i (Balzac.) 

ENGERBER : Arrêter. — « La 
police prévenue engerbe les fi- 
lous. » (Stamir, 67.) 

ENGLISH : Anglais. Anglica- 
nisme. — a A la onzième bou- 
teille, j'avais mis TEnglish sous 
la table. » (Villemessant.) 

^ ENGRAILLER, ÉGRAILLER, 
ÉRAILLER : Attraper, prendre. 
(Halbert.) V; Raille, 

ENGRAINER : Arriver , être 
admis. (Rabasse.) Forme à^en- 
grener. 

ENGUEULEMENT : Bordée 
d'injures. — « Vadé est le Dé- 
mosthènes de l'engueulement. » 
{Catéchisme poissard, 44.) — 
« Quoique ces mots ressemblent 
beaucoup plutôt aux engueule- 
ments de Valentino. Jt (À. Mil- 
laud, 75.) 

ENGUEULER : Invectiver. — 
« Et puis j' vous engueule la vi- 
laine. 3> (Rétif, 1783.) 

ENGUIRLANDER : Circonve- 
nir doucement. V. Trychine, 

ENLEVÉ: Réussi, très-entraî- 
nant. — On dit : un article enlevé, 
au journal ; une scène enlevée, au 
théâtre. — Une œuvre s'enlève 
à la plume comme une position 



ennemie â- la baïonnette. — « Un 
article vivant et enlevé. » (J. Ler- 
mina.) 

ENLEVÉE : Correction, répri- 
mande. 

ENLEVER (9') : Mourir de 
faim. (Halbert.)— Ce mot ex-, 
pressif peint l'homme n'ayant . 
plus rien dans le corps. 

ENLEVER LE BALLON: . 
Donner un coup de pied au der- 
rière. 

ENMERDEMENT:V. £m- 
merdement, 

ENQUILLER : Cacher entre 
ses jambes un objet volé. V. Dé;- 
tourneur, 

ENQUILLER : Entrer. Mot à 
mol : jouer des quilles dans. — 
Ancien mot, car DuCange donne 
déquiller : sortir. V. Baptême. 

ENQUILLEUSE : Voleuse qui 
a la spécialité d*enquiller. On 
disait autrefois anquillekse. C'est 
un vieux mot que le dictionnaire 
de Trévoux signale comme em- 
ployé fréquemment dans le texte 
des arrêts de la Tournelle. 

ENQlllQUINER: Insulter 
grossièrement. Sens intraduisi- 
ble. — « Briolet et Crinchon, pré- 
venus de coups volontaires sur la 
personne de Guillaumin, se bor- 
nent à dire qu'il les avait enqui- 
quinés. » (Petit Journal^ 26 août 
66.) 

ENSECRÉTER : Agencer une 
marionnette. Mot à mot : lui 
donner le secret qui la meut 
— a Ensecréter un bouisbouis 
consiste à lui attacher tous les 
fils qui dbiveht servir à le foire 
mouvoir sur le théâtre. 9 (Privât 
4'Anglemont.) 



ENT 



— i56 - 



ENT 



ENRHUMER : Ennuyer. (Hal- 
bert.) 

ENROSSER : Donner une rosse 
pour un bon cheval. — « Des 
maquignons des Champs-Ely- 
sées les ont enrossés. » (Roque- 
plan.) 

ENTAILLER : Tuer avec line 
arme tranchante. (Halbert.) 

ENTAULER, ENTOLER : Pé- 
nétrer dans une maison. V. 
Taule, 

KNTERVER, ENTRAVER : 
Savoir. — Du vieux mot entre- 
ver : entrevoir. — « Electre le 
parlait, dit- on (l'argot). Iphi- 
génie aussi l'eniravait gourde- 
ment. » (Grand val, 1723.) 

ENTIF (battre 1*) : parler ar- 
got. (Rabasse.) 

ENTJIFFER : Pénétrer. (Ra- 
basse.) 

ENTIFFLK, ENTIFLEMENT, 
ENTIFLER. V. Antifle, antifier, 
etc. 

ENTIFLÉ : Marié, vivant en 
concubinage. (Rabasse.)« 

ENTOLER : Pénétrer dans 
maison (tôle) pour voler. 

ENTONNE : Chapelle. (Hal- 
bert.) Forme d*A ntonne, 

ENTORTILLER : Circonve- 
nir, capter. 

ENTOURNURES (être gêné 
aux) : Être dans une situation 
aussi gênante que si l'on portait 
un habit trop étroit d'entour- 
nures. 

EN-TOUT-CAS : Ombrelle- 
parapluie. — « L*ingénue va les 
deux mains dans les poches de 



son paletot, l'en-tout-cas accro* 
ché à un bouton. » (E. Villars, 
66.) 

ENTRAINER : Soumettre à un 
régime d'amaigrissement. — c U 
y a des gens entraînés, c'est-à« 
dire soumis à un régime d'execv 
cice et d'aliments qui débarrassa 
leur chair de toutes les matières 
graisseuses. • (A. de Bréhat.) 

ENTRAINER : — ç Entraîner 
un cheval, c'est l'animer et l'eni- 
vrer graduellement par la course 
et par des obstacles légers d'a- 
bord, dont le plus grand est le 
dernier. » (A. Karr.) 

ENTRAINEUR î Cavalier fai- 
sant métier d'entraîner les che- 
vaux. — « Les entraîneurs sont 
presque tous Anglais. » (Paz.) — 
Entraîneur se prend au figuré. 
« Vienne un homme fatal, sa- 
chant s'imposer à cette plèbe, et 
lui servir d'entraîneur, on sera 
épouvanté des résultats. x> (J. de 
Précy.) 

ENTRANT : Se dit d'un hom- 
me plus qu'insinuant, cherchant 
à tout mener à sa guise. — C'est 
une importation du provençal 
« Intrant, intranta : intrigant, 
intrigante, hardi, effronté, qui 
s'insinue. x> (Honnorat, 47.) 

ENTRAVAGE : ConcepUon. 
(Colombey.) V. Enterver, 

ENTRAVER : Comprendre. V. 
Enterver. 

Entraver niberte : ^t pao com* 
prendre. (Rabasse.) Niberte est 
une forme altérée de nibergne, 

ENTRÉE DES ARTISTES : 
Anus. Allusion à la porte d'en- 
trée des.artistes d'un théâtre, or 



EPI 



— 1 



dinairement placée derrière Té- 
difice. 

ENTREFILETS : Note de jour- 
nal insérée entre deux filets. — 
« Je lis dans le dernier numéro 
de la Rue cet entrefilet éton- 
nant. » (V. Noir.) 

ENTROLLEMENT : Vol. V. 
Dabe, 

ENTROLLER : Emporter. V. 
AntroUer, 

ENVOYER EN PARADIS : 
Tuer. — a Que j* t*y prenne à me 
faire des queues, j* t'envoie en 
paradis. • (H. Monnier.) 

ÉPARGNER LE POITOU : 
Prendre des précautions. (Ra- 
basse.) 

ÉPATE : Grand étalage. — 
Cl Tu fais tes épates avec ta pelure 
de velours de coton. » {Les Co^ 
cottes, 64.) — a Ces jeunes trou- 
piers font de répate, des embar- 
ras si vous aimez mieux. » (No- 
riac.) 

Faire des épates : Faire l'hom- 
me important. (Rabasse.) 

ÉPATEMENT : Stupéfaction. 
— « Tout était nouveau pour 
moi. J'étais dans l'épatement. » 
{Commentaires de Loriot.) 

ÉPATER : Écraser d'étonne- 
ment. — a II nous regarde d'une 
façon triomphante, et il dit : ce Je 
les ai épatés, les bourgeois. » 
(Privât d'Anglemont.) — t Elle 
porte toujours des robes d'une 
coupe épatante. » {Les Etudiants, 
1860.) 

ÉPATEUR : Faiseur d'embar- 
ras. (Rabasse.) 

ÉPICÉ : Porté à un prix exa- 
géré, V. Épicier {cher). 



57 - EPO 

ÉPICER : Railler. (Vidocq.) 

ÉPICERIE : Mesquinerie. — 
« L'épicerie du siècle avait enfin 
rompu le cercle magique d'ex- 
centricité dont Rodolphe s'était 
entouré. » (Th. Gautier, 38.) 

ÉPICE-VINETTE : Épicier. 
(Colombey.) 

ÉPICIER : t Les romantiques 
n'avaient de commun que leur 
haine des bourgeois qu'ils appe- 
lèrent génériquement épiciers 
(i83o). La société ne sedi visa plus 
à leurs yeux qu'en bourgeois et 
en artistes, les épiciers et les 
hommes, » (Pr. d'Anglemont.) 

ÉPICIER : Mesquin, grotes- 
quement commun. — a Allons 
vraiment, c'est épicier. 1 (Balzac.) 

ÉPICIER (cher) : Homme qui 
se fait payer très-cher. — Allu- 
sion aux anciens frais de justice 
dits épices^ encore plus considé- 
rables qu'aujourd'hui. 

ÉPINARD : Peint en vert cru 
dit vert épinard. — « Le mercier 
amateur de jolis paysages épi- 
nard. » (Daumier.) 

ÉPONGE : Maîtresse. — C'est 
épouse avec changement de fi- 
nale. 

ÉPONGE D'OR : Avoué. (Mo- 
reaù C.) — Cette corporation 
passe pour absorber l'or de sa 
clientèle. 

ÉPOULARDEUSE :«Lesépou- 
lardeuses sont de vieilles ouvriè- 
res chargées de classer les feuilles 
de tabac qui arrivent de Cuba à U 
manufacture du Gros-Caillou. » 
(Du Boisgobey.) 

ÉPOUSER LA FOUCANDIÊ- 



ES 



— i58 ^ 



RE : Jeter le produit du vol de 
peur d'être arrêté. (Grandval.) 

ÉPOUX, ÉPOUSE : Amant, 
maîtresse. — « Vous pouvez 
amener vos épouses, il y aura 
noces et festins; nous avons 
Adèle Dupuis, mademoiselle Mil- 
lot, ma maîtresse. » (Balzac.) V. 
Monsieur, 

ÉQUERRE (fendre son) : Fuir. 
Les jambes ouvertes figurent une 
équerre. 

ÉQUI ANGLE, ÉQUILATÉ- 
RAL, ÉQUlPOLLENTilndifiFé- 
rent, égal. — Ce synonyme géo- 
métrique n'est usité que dans les 
écoles spéciales. 

ÉR AILLER : Tuer. (Grandval.) 
— Acception ironique du mot 
qui se dit d'ordinaire pour écor- 
cher légèrement. 

ÉRAILLER : Prendre. V. En- 
grailler, 

ÉREINTEMENT : Critique ex- 
cessive. — « Monsieur WolfiF, 
s'écria-t-il, il faudra écrire un 
éreintement sur le maudit crou- 
pier. » (A. Wolff, 75.) 

ÉREINTER : Maltraiter. ^ 
« Tu pourras parler des actri- 
ces... tu éreinteras la petite Noé- 
mie. » (E. Augier.) — a Donc le 
livre de Charles fut éreinté à peu 
près sur toute la ligne. » (De 
Goncourt.) 

ÉREINTEUR : Critique vio- 
lent. — « J6 me l'éuis figuré, 
d*après sa politique violente, 
comme un robuste éreinteur. ]> 
{Événement, mars, 66.) 

ES : Escroc. (Halbert.) — Abré- 
viation. V. Croc, 



[ 



ESBASIR : Tuer. (F. Michel.) 

ESBIGNER (s') : S'enfuir. V, 
Casser, 

ESBLINDER : Stupéfier, 
anéantir. — <c Ça m'étonne un 
peu, mais ce qui m'esblinde, 
comme disent les cocottes de la 
haute, c'est que M. Castellano ait 
reçu le drame. 1 (Le Tam^Tam, 

75.) 

ESBROUFFE : Fanforonna- 
des, étalage de grands airs. — 
« Pas d'esbroufife ou je repasse 
du tabac, i (P. Borel, 33.) — 
tt Faut pas faire ton esbroufife, 
vois-tu ! ça ne prendrait pas. 1» 
(Cogniard, 3i.) 

ESBROUFFER : Intimider, 
en imposer. — Du vieux mot 
esbouffer : éclabousser. Le Glos- 
saire de Ducange cite un exem- 
ple de cette acception à la date 
de x383. — «Allons, mouche-lui 
le quinquet, ça l'esbrouifera. » 
(Th. Gautier.) 

ESCANER : Oter. (Halbert.) 

ESCAPER, ESCAPOUCHER : 
Assassiner. Abréviation d'escar^ 
per, 

ESC ARCHER : Regarder. — 
Pour escracher, 

ESCARGOT : Vagabond. (Ra- 
basse.) — 11 porte, somme l'es- 
cargot, sa maison sur le dos, puis- 
qu'il n'a pas d'asile. 

ESCARPE, ESCAPOUCHON: 
« Voleur détournant après mi* 
nuit sur la voie publique, par 
violence et quelquefois par as- 
sassinat. ]> (Canler.) -— Mot à 
mot homme qui escarpe. 

ESCARPER : Assassiner. — 



ESC 



-i59- 



ESP 



Du Tieox mot tscfiarper : tailler 
en pièces. Le mot entailler offre 
la même image. — c Mais tu 
yeux donc que fe l'escarpe. » (E. 
Sue.) V. Criblage. 

ESCÂVER : Empêcher. (Hal- 
bcrt.) 

ESCLAVE : Domestique, gar- 
çon de restaurant. — Ironie venue 
avec Rachel et la renaissance de 
la tragédie. — « Faut-il annon- 
cer mademoiselle Turlurette ? 
— Pas de bêtises, esclave I an- 
nonce mademoiselle de Plume- 
vert. » (C. Gripp.) 

ESCLOT : Sabot. (Halbert.) 
Vieux mot. 

ESCLOTIER : Sabotier. 

ESCOBAR : Homme qui esco- 
barde. — Allusion à la subtilité 
dont le P. Escobar a fait preuve 
dans SCS livres de casuistique re- 
ligieuse. 

ESCOBARDER : Équivoquer 
sur les mots, agir cauteleuse- 
ment. — a J'en donne sept francs 
dix centimes. — Mais j'ai dit 
avant vous sept francs deux sous. 
C'est la même chose... Vous vou- 
lez escobarder. » (M. Alhoy.) 

ESCOFIER : Tuer. — Usité 
dès 1808. Escqflon voulait dire 
autrefois mauvais coup, — « Trois 
sentinelles ont déjà été esco- 
fiées. )> (Cogniard, 3r.) 

ESCOUTES : Oreilles. (Grand- 
val.) — Effet pris pour la cause. 

ESCRACHt: : Passe-port, pa- 
piers. — C'est le vieux mot escrit 
avec changement de finale. — 
« Le curieux a servi ma bille, 
mais j'ai balancé mes escraches. d 
(Vidocq.) 



Escraehe tarie : Faux passe*-, 
port. 

ESCRACHER : Demander le 
passeport (escraehe), interroger. 

En passant, le portier voos escraehe ; 
rétais fargnéfinats l'habit cachait tour. 
Le fardinaot, je frisais ma moustache; 
Un pea d* toupet et je passe partout. 

(Halbert.) 

ESGANACER : Rire. (Hal- 
bert.) 

ESGARD (foire V) : Dérober àr 
ses complices une part de voL 
(Vidocq.) Mot à mot : garder ea 
dehors (exgarder). 

ESGOUR : Perdu. (Halbert.> 

ESGOURDE î Oreille. (Ra-, 
basse.) Forme d'esgoume. 

ESGOURNE : Oreille. — Abré- 
viation d'esgouverne. 

Pègres traqueurs, qui voulez tous da 

fade. 
Prêtez resgourne à mon dur boniment. 

(Lacenaire, Mémoires, i836.> 

ESGOUVERNE: Oreille. (Pe- 
tit Dictionnaire d*argoty 44.) 

ESPAGNOL : Vermine. (Co- 
lombey.) Elle ne manque pas en 
Espagne. 

ESPALIER : Réunion de figu- 
rantes chargées de garnir un dé- 
cor comme un espalier garnit 
un mur. — On rencontre déjà 1er 
mot au dernier siècle. — c Le» - 
petites filles qui se destinent à 
être danseuses et qui figurent 
dans les espaliers. » (Th. Gau- 
tier.) V. Bottisbouis, 

ESPÉRANCES : Espérances- 
d'héritages importants, — c Mon- 
sieur est un des oncles qui figu» . 



ESS 



— 160 — 



EST 



rent parmi nos espérances. » 
(P. Véron.) 

ESPIGNER (8») : Fuir. (Grand- 
val.) Pour s'esbigner, 

ESPRIT FRAPPEUR : Ce mot 
sert, depuis 1857 environ, à dé- 
signer la cause de coups qu*on 
prétend frappés par des esprits 
invisibles et qu'on traduit en 
langue vulgaire au moyen d*un 
alphabet de convention. Les es- 
prits frappeurs ont leurs socié- 
tés, dites spirites, leurs journaux 
et leurs souscripteurs. 

ESQUE (faire 1^ : Dérober une 
part. — Abréviation d'esgard, 

ESQUINTEMENT : Fatigue 
extrême. 

ESQUINTEMENT : Effraction. 
— c CambrioUe, tu maquilleras 
par carouble et esquintement. i 
(Vidocq.) 

ESQUINTER : Fracturer. — 
Roquefort donne avec le même 
sens le verbe Esquatir, 

ESQUINTER : Battre.— tCeux 
qui veulent se faire esquinter 
peuvent venir me trouver, je 
m'appelle Bonne-Lame, i (Vidal, 
i833.) 

ESQUINTER : Harasser, épui- 
ser. — c Que dirais-tu, si au lieu 
d'avoir le fouet à la main, tu 
étais obligé de t*esquinter com- 
me nous à la limonière.^ i (Bu- 
chon.) V.Bridon. 

ESQUINTEUR : Voleur paref- 
fraction. 

ESSUYER LES PLATRES : 
Habiter le premier un apparte- 
ment neuf. — c Ces locataires des 
bâtisses récentes reçurent dans 
l'origine le surnom disgracieux. 



mais énergique, d*essuyeuses de 
plâtres. L'appartement assaini, 
on donnait congé à la pauvre 
créature, qui peut-être y avait 
changé sa fraîcheur contre des 
fraîcheurs, » (Th. Gautier, 45.) 
Se prend au figuré : c Ses bons 
amis s'étaient proposé de lui 
faire essuyer les plâtres de la Ré- 
publique. » (Jouvin, 75.) 

ESTAFON : Chapon. (Grand- 
val.) 

ESTIO : Esprit. (Halbert.) Pour 
estoc. 

ESTIME (succès d') : Succès 
douteux et qui serait plus dou- 
teux encore sans l'estime dont 
jouit un auteur ou un artiste. — 
c Jusque-là je n'avais obtenu 
qu'un succès d'estime, mon grand 
succès commença. 1 {yie pari^ 
sienne, 66.) 

ESTOC : Esprit, malice. — Ac- 
ception figurée de estoc, pointe 
acérée. — On dit d'un homme 
spirituel : il a de Vestoc. 

ESTOM : Estomac. — Abré- 
viation. >. c Je lui appuie le ge- 
nou sur l'estom. i (Monselet.) 

ESTOMAQUÉ : Étonné, stu- 
péfait, interdit comme si on avait 
reçu un coup violent à l'estomac. 

ESTORGUE : Fausseté. — 
Chasses à Vestorgue : Yeux lou- 
ches. (Vidocq.) Du vieux mot ef- 
tor : duel, conflit. — • Des yeux 
louches, comme on dit dans le 
peuple, se battent en duel, V. Dé- 
vider, 

ESTOUFFËR : Empocher sans 
bruit un bénéfice. — Le mot se 
comprend facilement. 

ESTOURBIR : Tuer. — Pour 
étourdir, Basourdir présente la^ 



« V 






ETO 



— i6i - 



ETR 



même image. — « En goupinant 
de cette sorte, les parrains seront 
estourbis; il sera donc impossi- 
ble de jamais être marrons, d 
(Vidocq.) 

ESTRANGOUILLER : Étran- 
gler. — Du latin strangulare, 

ÉTAT-MAJOR. V. Bureau 
arabe, 

ESTUQUE : Part de vol. (Co- 
lombey.) 

ESTUQUER : Être frappé. 
(Grandval.) 

ÉTALAGE (vol à T) : « Le vol 
à l'étalage se fait en partie dou- 
ble. Un voleur enlève un objet 
et se sauve. Son complice dit au 
marchand : On vient de vous 
voler, et vole à son tour quand 
le boutiquier se met à la pour- 
suite du voleur. » (Du Camp.) — 
Le plus souvent aussi, ce vol s'o- 
père à l'aide d'un faux acheteur, 
et d'un compère recevant par 
derrière les objets volés. 

ÉTEIGNOIR : Nez aussi ou- 
vert qu'un éteignoir. — a Qud 
nez ! Rien que de l'apercevoir, oi» 
se dit : Quel éteignoir! 9 (Gui- 
nod, 1839.) V. Piton, 

ÉTEIGNOIR : Personne assez 
maussade pour éteindre la gaieté 
de ses voisins, ou assez jalouse 
pour annihiler ceux qui l'appro- 
chent. 

ÉTERNUEK DANS LE SON : 
Mourir. (Rabasse.) ^ N'a dû se 
dire d'abord que des morts guil- 
lotinés dont la tête tombe dans 
un panier plein de son. 

ÉTOILE : Croix d'honneur. 
*- t Ceux qui n'ont pas l'étoile 
disent : Bon I je l'aurai une autre 
fois. » (E. Sue.) 



Avoir les deux, avoir les troit 
étoiles : Être nommé général de 
brigade, général de division. — 
Ces étoiles placées sur l'épaulette 
sont la marque de chaque grade. 

ÉTOILE: Femme réputée dans 
le monde officiel, le monde ga- 
lant ou le monde dramatique. — 
c Quand, au sommet de l'affiche, 
un nom apparaît en gros carac- 
tères, c'est une étoile* On appe- 
lait cette distinction la vedette, 
espèce de sentinelle avancée de 
l'art; mais les femmes ont pré- 
féré ïétoile. C'est plus brillant.» 
(J. Duflot.) — « Il est temps d'é-^ 
clairer sur le passé de ces étoiles 
poudrées de riz, qui ont la loge 
du concierge pour berceau. » 
(Marx.) 

ÉTOUFFE, ÉTOUFFOIR : 
Maison de jeu clandestine. (Co- 
iombey.) V. Estouffer, 

ÉTOUFFER : Avaler. V. Ba- 
varoise, 

ÉTOURDIR : Solliciter. (Co- 
lombey.) 

ÉTRANGÈRE (piquer I') : Pen- 
ser à des choses étrangères à celles 
qui ùoivent occuper. — c II en 
est qui ne se font point scrupule 
de piquer Vétrangère, bouquiner, 
piquer un chien, c'est-à-dire rêver 
pendant les classes, lire des livres 
interlopes ou se pelotonner dans 
un coin pour dormir. y> (La Bé- 
doUière.) 

ÉTRANGLER : Boire. V. Per- 
roquet, — a Te v'ià toi, rebut des 
savetiers, étrangleux de d'mi- 
s'tiers. » (Fort en gueule, 20, in- 
12.) 

ÊTRE (1') : Être trompé par sa 
maîtresse ou par sa femme. — 



ÉTR ^ 162 — EXC- 

c C'est notre 8ortM*Cen est foit... veut dire à la fois vendre tt ache" 

je le suis, 1 (De Perthes, 36.) V. ter, cJe n'ai pas encore étrenné/» 

Pincé, dit la marchande qui n'a rien 

ÊTRE (10 : Êtrevierge. -«Je \^^^:^ * f.''î,.T' "^"^ °'-^" 

le suis encore m'a-t^lle dit en ^^^^^^> » dit-elle à son premier 

le SUIS encore, m a-t-€iie dit en acheteur. Ces deux derniers sens 

nant. » (Rétif, 1786.) ^^^^ allusion au premier jour de 

ÊTRE AVEC : Être maîtresse l'an, dit des ctrenncs. 

ou amant. — « Être avec un An- ÉTRILLAGE : Perte d'argent, 

glais, c'était pour les femmes une « Un bon coup d'étrillage est de 

fortune. » (Villemoi.) l'argent prêté, i (Alyge.) 

ÊTRE (en) : Être de la police ÉTRILLER : Faire payer trop 

secrète. — « Il n'est pas assez cher, 

malin pour en être. » (Balzac.) ÉTRUSQUE : Suranné. V. 

ÊTRE (en) : « Ménage, dans Mâchoire, 

ses Origines, dit Tallemant des ÉTUDIANTE : Maîtresse d'é- 

Réaux, avait commencé sa dis- tudiant. - t Toute étudiante 

sertation sur le mot Bougre par pur-sang fume son petit cigare.» 

ces mots : Bougre : Je suis de (l. Huart.) V. Haute, Calicote. 

l'avis, etc. — Ah! lui dit Bautru i;.„pp.rr , ,, • 

en se moquant, vous en êtes donc EUREKA : J ai trouvé. -— Hel- 

aussietvous l'imprimez. Tenez! lén»sme. — « Une demi-heure 

il y a bien moulé : Bougre je. *P/^«» )« pouvais, moi aussi, 

suis. . Comme Bautru, et dans mécrier comme Archimède: £:«- 

le même sens, on dit encore : // ^^^^' » (P"vat d Anglemont.) 

en est. Sur ce terrain honteux, ÉVANOUIR (s') : Mourir, s'en- 

les synonymes pullulent; ils fuir. 

prouvent la persistance d'un vice ÉVAPORER (s') : S'enfuir. - 

qui semble éprouver, dans les ^ „ ^^ j^^^ ^^ ^^ '^j^ . puisqu'il 

deux sexes, le besoin de se ca- ^^ ^.^^^ j^ m'évapore. i> 

cher à chaque instant derrière (P^^/, 3/o„/^eLr du 20juillet66.) 

un nom nouveau. Nous rappe- ^ ' 

Ions ici pour mémoire et sans EXBALANClîR : Renvoyer. V. 

les expliquer ailleurs, les mots : Balancer, 

pédé, bique et bouc, coquine, pé- EXCUSEZ , EXCUSEZ DU 

déro, tante, tapette, corvette, f ré- pEU : Locution ironiquement 

gâte, Jésus, persilleuse, honteuse, admirative. — C'est comme si 

ripette, gosaelin, emproseur, i»^^ disait : Excusez un si petit 

^mi7e, gousse, gougnotte, chi- chiffre! (quand ce chiffire est 

pette, magnusse, etc., etc. énorme). — a II y avait 25,ooa 

ÉTRENNER : Recevoir des Français par terre... Excusez du 

coups, donner des coups. (Ra- P^** ' * (B«»Uac.; 

basse.) — Ces sens contraires se EXCUSO : Excusez! — Chan- 

retrouvent dans l'acception la gement de finale. — «Ohlatten- 

plus populaire d'étrenner qui tion! V'ià Oscar... il fume ua 






FAC 



— i63 -^ 



FAD 



cigare d'un sou... Excuso! ça n' 
se refuse rien... décidément, je le 
crois calé. » (Marquet.) 

EXÉCUTÉ , EXÉCUTER , 
EXÉCUTION : a Une exécution 
en bourse, on le sait, n'est autre 
chose que la faillite du boursi- 
cotier; faillite d'autant plus cou- 
pable que l'exécuté savait très- 
bien, au moment de son marché, 
qu*il ne pourrait pas tenir ses 
engagements à l'échéance; mais 
comme on n'exécute en Bourse 
que l'honneur, Texécuté se rit 
de sa propre exécution. » {Bour- 
sicotiérisme.) 

EXPÉDIER : Tuer. Mot à mot: 
expédier en Tautre monde. 

EXPRESS : Train rapide, con- 
duisant à destination sans les 
arrêts ordinaires. — Abréviation 
de train express. Anglicanisme. 

EXTRA : D'une qualité supé- 



rieure. — Latinisme. — Dans le 
commerce, on le met à toutes 
sauces et souvent mal à propos. 

EXTRA : Repas plus soigné: 
qu*à Tordinaire. — c Je crois 
qu'on peut bien se permettre un 
petit extra une fois par mois. > 
(Canler.) 

EXTRA î Aux tables d'offi- 
ciers, un extra est un invité. 

EXTRA : Au café ou au res- 
taurant à prix fixe, on appelle 
extra, soit un plat demandé en* 
dehors de la carte, soit un gar- 
çon supplémentaire venant aider 
au service. 

EXTRA (vin d') : Bouteille de 
vin fin. — c L'étranger demande 
une bouteille de vin extra; et 
voilà que domestiques et patrons 
délaissent le client d*un an pour 
le client d'un jour. » (Marx.) 



F 



FABRIQUÉ (être) : Être ar- 
rêté. (Ra basse.) 

FACE : Monnaie. (Grandval.) 
— Allusion à l'effigie {face) 
royale. — a Je n'ai plus de faces. 
La drôlesse me chasse. » (De- 
cou rcelle, 32.) 

FACIES : Figure, face. — La- 
tinisme. — c C'est mon épouse... 
Un assez beau faciès, hein? » 
(Labiche.) — « Tu mériterais 
qu'on coulât ton faciès en bron- 
ze. » (Montépin,) 



FACTIONNAIRES : Excré- 
ments déposés aux t'aborda de cer- 
tains murs ; comme un faction- 
naire, ils empêchent d'y passer. 
— « Dans les escaliers à chaque 
instant, elle vous pose des fac- 
tionnaires qui ne crient pas : qui 
vive ! aux passants. » (Dalès.) 

FAD, FADE : Part de vol. — 
ce Rufifart a son fade chez la Go— 
nore, dans la chambre dîe la pau- 
vre femme. » (Baîrac.) V. -di— 
gourne. 



FAG — 

FADAGE : Partage de vol. 

FADARD, FADE : Éligant. - 
■ Ehl va donc, grand fade! 
(Ricard.) — ■ Dieu m* damne! y 
porte lorgnon I ! 1 eat-j ftdird 1 - 
{CatichitJiu poiiiord. 44.) 

FADER i Pariager «o vol. 
<Grandval.) V. Coquer. — Du 
vieux mot/adiar : atsigner. 

FADEURSl (des) : < ' 
Anna. — Avec qui est-elle î — 
Avec «on premier amour, je cro 
— Des Meurt I ■ (Monselet.) 
C'ect comme si l'on disait : A 
d'auiresl nous savons A quoi 

FAFFE, FAFFIOT, FAFIOT : 
Papier d'identité, billet de ban- 
que. — Les deux dernier» mots 
sont des augmentatifs du pre- 

imilalive des papiers qu'on feuil- 
lette. —«On invente les biriels 
de banque; le bagne les appelle 
des fofiots garatis, du nom de 
Garât le caissier qui les signe. 
Faliotl n'en tendez- voua pas le 
bruissement du papier de soie.» 
(Balzac.) 

FAFFIOT FEMELLE, FAF- 
FIOT MALE : « Le billet de 
mille francs est un fqfiol mate, 
le billet de cinq cents un fafiot 
femelle, ■ (Balzac.) V. Camou- 
fler. 



FAGOT : Aspirant ou élive à 
l'École des eaui et forits. — Al- 
lusion & ces dernières. 

FAGOT, COTTERET, FA- 
LOURDE : Ancien format— lEh ! 
maisi )e connais cet homme-li. , 



que les fbrrati sont lié* deux i 
deux, comme Jet flgota. V. 

FAGOT : UalMlAUr nirreilU. 
(Rabatse.) 

FAGOT AFFRANCHI i Foifet 
lib£r£. (Rabesse.) 

FAIRE i Faire une conquête 
galante. — ■ Est-ce qu'un hom- 
me qui a la main large peut pré- 
tendre à ftire des fcmmetî.k 
(Ed. Lemoine, 40.) — Dans une 
bouche fémloine, le raot faire 
unit le lucre i l'amour. — t Tu 
as dont, fait ton journaliste i ré- 
pondit Florine. — Non, ma chère, 
je l'aime, répliqua Coralie.>(Bal- 

FAIRE ; Faire la place, com- 
mercialement parlant. — i De 
tous les points de Paris, uoe fille 
de joie accourait faire son Pa- 
lais-Royal. ■ (Balzac.) — < Je 
suis heureux d'avoir pris ce jour- 
ci pour faire la vallée de l'Oise.» 
(Idem.)— I MéRe-loi de ceux qui 
te diront : je fais les vint de 
Bordeaux. » (Monselet.) 

FAIRE : Voler. — « Son fila 
qui/djl le foulard à ses moments 
perdus. » (Commerson.) V. En- 
filage, Rade. 

FAIRE : Risquer au jeu. — 
Nous faisiois l'absinthe au pi- 
quet i trois, s (Noriac.) 

FAIRE : Faire caca. « Avec tes 
jambes en manche A balai, il 
peut faire tout debout tans gîter 
:.ea molleU. > {Catichume poU' 
sard, 40.) 

FAIRE (la) : Faire croire uns 



» • t^ . , 



FAI 



— i65 — 



FAI 



chose qui n'est pas. — a Enfin, 
Anatole, j'allais devenir mère, 
lorsque Tinfâme... — Je la con- 
nais celle-là, tu saisi il ne faut 
pas me la faire. » ( Vie parisienne, 
65.) — « J'ai choisi du Saint- 
Émilion 54, et vous me donnez 
du 57. Vous savez, celle-là, il ne 
faut pas me la faire. 1 (Idem, 66.) 

FAIRE, REFAIRE AU MÊME : 
Tromper. — « Garde-moi le se- 
cret, brûle ma lettre ; je vtux faire 
ces d rôles-ci... » (Rétif, 1776.) — 
« Les soldats s'imaginent tou- 
jours que les sergents-majors les 
refont au même. » (La Bédol- 
lière.) — a Ce brigand-là, dit-il, 
ferait le diable au même..» (Bal- 
zac.) 

FAIRE CHIBIS : S'évader, 
c S*il n'y a pas moyen de me faire 
chibis d'ici, il n'y aura pas 
moyen plus loin. » (V. Intro- 
duction. Lettre de Minder.) 

FAIRE DANS : Faire des af- 
faires de. — On dit : faire la 
quincaillerie, Vépicerie, la ban- 
que, etc., pour : Faire des affai- 
res dans la quincaillerie, etc. 

FAIRE A (la) : Tromper en si- 
mulaAt tel ou tel sentiment. On 
dit : // nous la fait à l'héroïsme, 
à la terreur, à l'innocence, pour: 
Jl essaie de nous faire croire à 
son héroïsme, etc — a Les comi- 
ques au contraire la faisaient à 
la simplicité. Us s'abordaient d'un 
air piteux et bonhomme s'appe- 
lant entre eux ma pauvr* vieille. » 
(Alph. Daudet.) 

Les sentiments ont fini par être 
représentés par des analogies vé 
gétales. Ainsi, quand vous enten- 
dez : La faire à l'oseille, cela 
veut dire : outrer grossièrement. 



M. J. Richard nous apprend dans 
une chronique de VÉpoque {mûri 
66), qu'il faut chercher l'origine 
du mot dans une gargote de l'an- 
cien boulevard du Temple. Fu- 
rieuse d'entendre critiquer la 
confection d'une omelette aux 
fines herbes qu'on ne trouvait 
pas assez verte, l'hôtesse du lieu 
s'écria un jour : a Fallait-il pas 
vous la faire à P oseille? » Les 
auditeurs firent la fortune du 
mot, qui aurait comporté plus 
tard des variétés innombrables. 
Nous ne suivrons pas le néolo* 
gisme sur ce terrain sans bornes. 
Nous en ferons juge le lecteur 
par ces derniers exemples : — 
<c Quelle charmante langue! 
Quelle grâce! Quel atticisme 
dans tout ce discours ! Ce qui 
n'a pas empêché une jeune fem- 
me qui se trouvait à côté de moi 
à la sortie de résumer ainsi la 
séance : Camille Doucet nous l'a 
fait à la violette et Jules Sandeau 
à la verveine, » (P. Dhormoys.) 
« Mademoiselle Q... une brune 
perfide comme Londres, vient 
d'être délaissée par son protec- 
teur. Aussi elle a transformé son 
entre- sol en un rocher, du haut 
duquel elle nous la fait à la Ca^ 
lypso. » (Marx.) 

FAISEUR : « On entend par 
faiseur Thomme qui crée trop, 
qui tente cent affaires sans en 
réussir une seule, et rend sou- 
vent la confiance publique vic- 
time de ses entraînements. » 
(Lespès.) — Pris souvent en plus 
mauvaise part. Le faiseur et le 
banquiste se confondent. Pour 
Vidocq, le faiseur n'est qu'un 
escroc et un chevalier d'indus- 
trie. 



FAN 



— i66 — 



FAR 



FAITRÉ (être) : Être sous le 
•coup d'une condamnation infail- 
lible. 

PALOURDE : Forçat libéré. 
i^Petit Dictionnaire de l'argot, 
44,) W.. Fagot, 

FANAL : Estomac. — Com- 
paraison de l'estomac à une lan- 
terne. — c Se bourrer le fanal de 
bouillon, de rata, d (Wado.) On 
•dit de môme : Mettre de l huile 
dans la lampe. 

Ces deux dames se fourraient par le 

fanal 
Petit vip, superbe hareng. 

(Cbausonnier imp : Stabl.) 

FANANDE, FANANDEL : «Ce 
mot de fanandel veut dire à la 
fois : frères, amis, camarades. 
Tous les voleurs, les forçats, les 
prisonniers sont fanandels. » 
<Balzac.) 

FANFFE, FANVE : Tabatière. 
i(Vidocq.) — On dit aussi fauve, 
fouffe, fauife, fausse. Peu de 
mots ont été plus altérés. 

FANFOUINER : Priser. — 
Onomatopée qui rend assez bien 
le bruit produit par l'aspiration 
du tabac dans les narines. 

FANTAISIE (de) : Fictif. Mot 
à mot : dû à la seule fantaisie de 
celui qui annonce une réalité. 
n La lorette avec aïeux achète ses 
ancêtres chez les marchands de 
bric à brac, ou bien elle demande 
■à un peintre un grand-père de 
fantaisie quand elle ne rencontre 
pas un aïeul d'occasion. » (M. Al- 
hoy.) 

FANTAISIE (de) : Qui n'est 
pas selon le règlement militaire. 



petit que celui d'ordonnance, un ^ 
pantalon est plus large, etc. 

FARA DA SE : Faire seul, ae 
suffire, à soi-même. — Italia- 
nisme. — Se dit ironiquement 
chez nous depuis que les Italiens 
ont repoussé notre aide en criant : 
Para da se, et en se prétendant 
assez forts (1849). — a II aurait 
murmuré, en parlant de l'épar- 
gne individuelle, le fara da se 
des Italiens. » {Paris- Journal, 
juillet 72.) 

FANTAISISTE : Homme ne se 
soumettant à aucune règle, soit 
dans' ses œuvres, soit dans sa 
conduite. — ce Un doux souvenir! 
me répondit le fantaisiste, les 
crins qui m'inspirèrent l'histoire 
du chignon de ma femme. » 
(Michu.) — « Il était du reste fan- 
taisiste jusque dans les questions 
financières. On l'avait vu mettre 
sa montre au Mont-de-Piété, 
ayant dix mille francs dans son 
portefeuille. » (De Villemessant.) 
— <ic Pichu le paysagiste est ici. 
Il est toujours le même fantai- 
siste effréné. » (Marx.) — M. Ca- 
tulle Mendès a débuté dans les 
lettres par la Revue fantaisiste, 

FANTASIA : Démon station 
plus bruyante que sérieuse, 
comme une fantasia de cavaliers 
arabes. — a Avant de faire des ac- 
climatations, avant de se lancer 
dans ïz. fantasia (en pisciculture), 
multipliez les espèces que vous 
avez autour de vous. » (H. de la 
Blanchère.) 

Donner dans la fantasia^ c'est 
aimer à faire fracas. 

FARAUD, FARAUDE : Mon- 
sieur, madame, mademoiselle. 



Un schako de tantaisie est plus 1 (Halbert, Grandval.) 



FAS 



— 167 — 



FAU 



FARAUDEC, FARAUDENE : 
Madame, mademoiselle. (Fr. Mi- 
chel.) 

FARCE : Comique. — f C'est 
farce ! Mais vous faites de moi ce 
que vous voulez. » (E. Sue.) 

FARCES : Infidélités. — « On 
ne peut pas faire des farces à sa 
Ni ni... v'Ià ce qui vous chif- 
fonne. > (Gavarni.) 

FARCEUR : Homme sur le- 
quel on ne peut compter. 

FARCEUSE : Femme galante. 
— « Lorsqu'une farceuse vou- 
dra me séduire, je lui dirai : Im- 
possible. 1 {Aniours de MahieUy 

32.) 

FARCHER DANS LE PONT : 
Tomber dans le piège. (Halbert.) 
Altération de faucher » 

FARGUE : Charge. (Vidocq.) 

FARGUER : Charger. V. Es- 
cracher, 

FARGUER : Devenir rouge. 
(Grandval.) 

FARGUKMENT : Rougeur. 
(Colombey.) 

FARGUEUR : Témoin à 
charge. (Vidocq.) 

FARIDONDAINE (être à la) : 
Être sans argent. (Rabasse.) 

FARNANDEL : Camarade de 
prison. (Rabasse.) Forme de/a- 
nandel. 

FAROT : Monsieur. Forme de 
Faraud. 

FARRE : Vite. — c Farre, 
farre, la marcandière, nous se- 
rions béquilles. y> (Vidocq.) 

FASSOLETTE : Mouchoir de 
poche. — Italianisme. 



FÀUBLÂS : Séducteur de fem* 
mes. — C'est le nom du héros 
d'un roman bien connu. — «Tous 
les hommes de dix-huit ans sont 
des Dons Juans, à moins qu'ils 
ne soient des Lovelaces ou des 
Faublas, ce qui est absolument 
la même chose. > (E. Lemoine.) 

FAUBOURG SA INT-GER. 
MAIN : Aristocratique.— -fjlfars- 
hall : Madame... je vous en re- 
mercie. — Camélia : 11 n'y a pas 
de quoi. (^4 part,) Il est. Fau- 
bourg-Saint-Germain. 1 (Car- 
mouche.) 

FAUBOURIEN : Ouvrier tur- 
bulent et batailleur des faubourgs 
de Paris. — c Ces combatâ que la 
jeunesse dorée livrait non sans 
succès aux farouches faubou- 
riens, aux septembriseurs en- 
durcis. » (Roqueplan.) 

Mais via le solitaire enfin 
Qui d'une main hardie, 
Pour défendre Elodie, 
Tape partout, ne craint rien, 
Comme un faubourien. 

{Le Solitaire, pot-pourri, 24.) 

FAUCHANT, FAUCHEUX : 
Ciseaux. — Les ciseaux fauchent. 
(Rabasse, Vidocq.) 

FAUCHÉ (être) : Être sans un 
centime. (Rabasse.) 

FAUCHER : Guillotiner. — 
(X Faucher dans leur langage, 
veut dire l'exécution de la peine 
de mort. 1 (Balzac.) V. Colas, 
Terrer, 

FAUCHER AU PRÉ. V. Pré. 

FAUCHER DANS LE PONT : 
Couper dans le pont. V. ce mot. 

FAUCHEUR : Voleur coupant 
'fauchant) les chaînes de montre* 



FÉL - 1 

FAUCHEUR : Bourreau. (Haï- 
bert. ) II fouche le* cous. 

FAUCHON : Sabre. V. Gref- 
fier. — Mfme allugioD que ci- 

FAUSSANTE : Faux nom. 
(Halberi.) 

FAUSSE :Tabatiire. (RabaMC.) 
Forme aliJr^ Ai fauve. 

FAUX TOUPET ! Surannë. 
Tieiilot. V. Perruque, MâeJuxri. 

FAUVE : Tabali*-:. ^.lalben.) 
V. Fanffe. 

FAVOKI : 9 Ceit le cheval le 
mieux placé (ur U coie et consî- 
détt tontine ayant le plus de 
chances de gagner aux courses. » 
(Parent.) 

FÉDÉRÉ : i BJte voui-mtme, 
grand fédéré! s (H. Monnier, 
37.} — < Afin de comprendre 
pourquoi ce terme était pris en 
mauvaise pan, il faut se repor- 
ter aux mauvais jours de i&ib, 
oCi les fédérés, armés pour com- 
battre l'étranger, se distinguè- 
rent autant par leur patriotisme 
que par leur indiscipline dans 
les environs de Paris, i Ainsi 
écrivions- nous dans la deuxième 
édition de cet ouvrage (61). En 
mars 1871, nous avons eu d'au- 
tres fédérés, mais ce n'était plus 
l'étranger qu'ils combattaient. 

FÉE : Amour. (Halberi.) — U 
mot est bien poétique pour des 
srgoiiers. 

FÉESANT , FÉESANTE : 
Amoureux, amoureuse. (Idem.) 

FÊLÉ (être) : Être un peu fou. 
Mot  mot : avoir le ctryeau fêlé. 
C'est plus que toqué,c'Mt moins 
que avoir une fissure. 



i8 — FEN 

PELOUSE : Poche. (Halbert.) 
Pour FouilloHse. 

FEMME : Femme de mauvaise 
vie. — Abréviation. — Il est à 
remarquer qu'on a fini par don- 
ner aux prostituées, tous |les 
mots qui conviendraient à des 
femmes honnêtes (femme, fille, 
petite dame,ces demoiselles].Toiit 
dépend de l'inflexion de la voix 
et du sens de la phrase. — «Sans 
es gros butor qui me répugne, 
l'aurais pu passer la nuit a 



. Ahl ] 



:ul 



femme, — mot technique 
(sic), — est à plaindre. Telles 
sont les réflexions de ces demoi- 
selles. » (La Revue de l'a» VIII 
ou let originaux du Palais- 
Royal.) — Au xïiu' siècle, on 
disait d'une femme entretenue : 
«C'est une femme du monde, s 
L'expression compléterait la ga- 
lerie, si elle s'était maintenue, 
mais elle est hors d'usage. 

FENASSE : Paresseux. Mot à 
mot : Mou comme du foin. — 
Du vieux mot/en : foin. 

FENDRE (se) : Commettre une 
prodigahlé peu habituelle. — 
u Descends huit bouteilles. — 
Puisque vous vous fendez, dit le 
peintre, je paye un cent de mar- 
rons, s (Balzac.) 

FENDRE L'OREILLE : Mettie 
i la retraite. — Vient de ce qu'on 
fend l'oreille des chevaux de ca- 
valerie réformés. — • Le général 
Le Bo:uf n'aura pas le chagrin 
de se voir fendre l'oreille, a (Bla- 
vet.) 

FENÊTRE (mettre la tfte i 
la) : Être guillotiné. —Allusion 
au passage de la tête dans la lu- 
nette. — « Qu'il fasse prompte- 



FÉR 



— 169 — 



FÊT 



ment mettre la tête à U fenêtre 
à nnfime Brissot. • (Hébert, 
1793.) V. Raccota^cir, 

FENÊTRE (faire la) : Raccro- 
cher les galants en se montrant 
à la fenêtre. 

FENOUSE s Prairie. (Vidocq.) 

— Du vieux mot/eify foin, qui a 
fait fenaison, 

FÉODEC : Arbitraire. (Idem.) 

— C'est féodal avec la finale 
changée. 

FER-BLANC (de) : Sans va- 
leur, sans solidité (par compa- 
raison au fer.) — « Ils éclabous- 
sent de leur triomphe ces jour- 
nalistes de fer- blanc, comme ils 
les appellent. » (Adolphe Gué- 
roult.) 

FERLAMPIER : Bandit. (Vi- 
docq.) Vieux mot pris d'abord en 
moins mauvaise part. Se disait 
plutôt d*un homme sans valeur. 

— Abréviation dt frère-lampier, 
allumeur des lampes d'une com- 
munauté religieuse. (Roquefort.) 
V. Frileux, 

FERLANDIER : Bandit. (Ra- 
basse.) — Forme altérée de /er- 
lampier, 

FERLINGANTE : Faïence, 
verre. — Harmonie imitative du 
bruit de leur choc. 

FERME (jeu) : Jeu de Bourse. 

— « Le marché ferme engage à 
la fois le vendeur et l'acheteur , 
ses échéances ne dépassent pas 
deux mois, sa négociation se fait 
comme celle au comptant. » 
{Boursicotiérisme,) 



féroce sur l'exactitude avec la- 
quelle il entend le remplir. 

n n^est pas féroce : il n*est pas 
capable. V. Méckant. 

FERRÉ (être; : Être arrêté. 
(Rabasse.) — Terme de pêcheur 
passé dans l'argot. V. ci-dessous. 

FERRER LE GOUJON : Faire 
mordre à l'appât. — « Le goujon 
est ferré, style de pêcheur, U n'y 
a plus qu'à tirer la ligne. » (M. 
Alhoy.) 

FERTANGE , FERTILLAN- 
TE, FERTILLE : Paille. (Grand- 
val, Colombey.) — Harmonie 
imitative de son frétillement. V. 
Grefier. 

FERTILLE : Figure. (Hal- 
bert.) 

FERTILLANTE : Queue. (Vi- 
docq.) — Elle frétille souvent. 

FESTON (faire du, pincer un): 
Avoir une démarche que l'ivresse 
accidente comme des festons de 
broderie. — c Nous nous cava- 
lons, moi et*Dodore, en pinçant 
un feston un peu fiscal. » (Mon- 
selet.) 

FESTONNER : Faire des fes- 
tons. — « Il va encore, ma foi, 
très-droit... c'est à peine s'il 
festonne.» (E. Sue.) 

FÊTE (être de la) : Être riche, 
avoir les moyens de festoyer, — 
oc Moi je suis toujours de la fête, 
j'ai toujours bogue et bon ra- 
din. » (Vidocq.) 

FÉTICHE: Signe représentatif 

d'un enjeu en argent. — « Le 

I nouveau préfet de police 



nouveau préfet de police veut, 
FÉROCE (c'est un) : C'est un I dit-on, interdire l'usage des féti- 
homme tout entier à son devoir, I ches sur les tables de jeuX|dant 






10 



FEU — 170 — 

les cercles. » {Événement, mars 
66,) 

FÉTU : La barre de 1er dont le 
bourreau se servait pour rouer. 
(Grandval.) — Le mot n'est plus 
usité, mais il fera comprendre 
l'ironie de barre (aiguille.) — Si 
l'aiguille devient une barre, la 
barre doit être un fétu. 

FEU (n'y voir que du) : Être 
/ébloui, aveuglé. — « Et tu n'y 
verras que du feu. » (Cogniard, 
33.) • 

FEUILLE A L'ENVERS (voir 
la) : S*étendre sous unarbire, dans 
un bois. Se dit avç^c un sous- 
•cntendu plus ou moins galant. 



Il la jeta sur le gazon. 

Ne faiâ pas, dit-il, la sauvage; 

Jouis de la belle saison. 

Ne faut-il pas dans le bel Age 
Voir un peu la feuille à l'envers ? 

Cet exemple est pris dans la 
177* Contemporaine de Rétif 
<(édit. 1783); mais la chanson est 
plus ancienne, car ses auditeurs 
ajoutent dans le texte : Char- 
mante quoique vieille. — a Dis 
donc, mam'selle au ruban vert, 
•est-ce que t'as vu la ff uille à l'en- 
vers : rderrière de ta jupe est en- 
•core tout vert.» Catéchisme poiS" 
sarj, 1844.) 

FEUILLE DE CHOU : Guêtre 
militaire, journal sans valeur, 
titre non valable. — a Dans une 
•de ces feuilles de chou qui en- 
co'r>breot les cafés, nous lisons.» 
(J. lA^vy,) 

FEUILLETÉE (semelle) : Se- 
mel.e usée, dont les feuilles dis- 
jointes aspirent l'eau ou la pous- 
sière. On l'appelle aussi pompe 



Fie 

aspirante, — « Parfois aussi elle 
n'a que des bottines suspectes, 
à semelles feuilletées qui «sou- 
rient à l'asphalte avec une gaieté 
intempestive.» (Th. Gautier, 43») 

FEUX DE FILE^(ne pas s'em- 
bêter dans les) : Etre indépen-* 
dant. Mot à mot : faire feu à vo« 
lonté. — « Pour lors, not' coro- 
nel, qui ne s'embête pas dans les 
feux de file. » {Ancien Figaro, 
27.) 

FIASCO : Chute. — Italia< 
nisme. 



FICELER : Soigner sa tenue. 
Mot à mot : faire fine taille, la 
ficeler. — c Voilà maman Vau- 
quer belle comme un astre, fice- 
lée comme une carotte. » (Balzac.) 
V. Trente et un, Chic, 

FICELLE : Procédé banal, acte 
de charlatanisme. Se dit à pro- 
pos de tout. — a M... pour ani- 
mer la statuaire, emprunte à la 
peinture quelques procédés; je 
n'oserais l'en blâmer, si l'austé- 
rité de ce grand art ne repoussait 
les ficelles. » (Ch. Blanc.) — c II 
n'est pas outillé pour le théâtre ; 
il ne connaît pas les ficelles de la 
scène. » (P. d'Anglemont.) 

FICELLES : « Ce sont ces 
moyens vulgaires rebattus dont 
on se sert pour faire une pièce ou 
une scène, ces moyens qu'on de- 
vine. » (Duflot) ce Le culte des 
procédés épuisés et des conven- 
tions classiques qu'on a appelées 
des ficelles. »(Villemot.) — a Fer- 
dinand lui indiqua plusieurs re- 
cettes et ficelles pour différents 
styles, tant en prose qu'envers.» 
(Th. Gautier, 33.) 

FICELLE : c Employé n'avan- 



Fie 



- 171 — 



Fie 



çant qu'à l'aide de la flatterie, de 
ladélation, delà bassesse. ]»(Na- 
viaux, 61.) 

FICELLE : Chevalier d'indus- 
trie. 

Cadet Roussel a trois garçons :. 
L'un est voleur, l'autre est fripon; 
Le troisième est un peu ficelle. 

{Cadet Roussel^ chanson, 1793. 
Paris, impr. Daniel.) 

FICELLE (cheval) : Cheval de 
course léger et décousu. 

FICELLE : Espèce de menotte. 
— « On appelle ainsi un fil de 
laiton qui prend la main droite 
du détenu et dont Tagent tient un 
bout. • (Ponson du Terrail.) 

FICHAISE : Niaiserie, chose 
dont on peut se ficher. 

Le passé n'est qu'un songe. 
Vnt fichaisCj un Tien. 

(Vadé, 1756.) 

FICHANT : Navrant. —«N'est- 
ce pas, mon vieux, c'est tout de 
même fichant de se dire!... » 
(E. Sue.) 

FICHE DE CONSOLATION : 
Dédommagement. — Terme de 
whist. 

FICHÉ (il est) : Il est bien mis, 
pommadé. (Rabasse.) 

FICHER : (On prononce /c/i' 
en élidant.) — Ce verbe a un 
grand nombre de significations 
que nous allons passer en revue. 
Il n'est pas admis par le Dic- 
tionnaire de l'Académie qui 
donne cependant ^cAm. 

Ficher : Jeter. — « On va te 
fich' au violon. » (Gavarni.) — 
« Je l'ai fichue à Teau. » (E. Sue.) 



— Dès la fin du xiv« siècle, ^c/zer 
se trouve dans le Livre du ma- 
reschal de Boucicaut, — « Quand 
Chateaumorant, avec la compai- 
gnée des autres prisonniers feu— 
rent arrivez à Venise, adonc on 
les Jlcha en forte prison. ])(Édit. 
Petitot, t. II, p. 83.) 

Ficher : Placer. — « Qui m'a 
fichu un couvert de la sorte ^ 
Quel désordre ! » (Perrin.) 

Ficher : Donner. — « J' lui 
fiche un soufflet. i> (lySo, Cail* 
leau.) — « J*y ai fichu des gi- 
fles. I (Gavarni.) 

Ficher : Faire. — « Mais, 
voyons, Limousin, avec un mé- 
chant budget de 5o millions par 
an, qu'est-ce que tu peux fiche ?»• 
(Gavarni.) 

Serienficïie: Ne faire aucune 
affaire, commercialement par- 
lant. 

Ne rien fiche : Ne rien faire,, 
paresser. 

AUe!( vous faire fiche : Allez 
au diable. — <c Ce mot cache un 
jurement très-grossier. » (Dhau- 
tel, 08.) — € Eh bienl dis à 
grand'maman qu'elle aille se faire- 
fiche! » (Gavarni.) 

Ficher une colle : Conter un 
mensonge. 

Ficher un point : Coudre un 
point. — f Car pour l'ouvrage^ 
je vous en souhaite! Ça ne vous 
ficherait pas un point. » (Vadé, 

1744-) 

F/c^er(8e) : Se mettre à. «C'est 
un mosieu que je ne connais pas. 

— Lui as-tu demandé ce qu'il me 
voulait? — Oui... il s'est fichu à 
rire. »(Grévin.) 

Se ficher .-S'habiller. — «Faut« 



Fie 



— i7i - 



FID 



y que ça soit chiche de ne pas se 
ficne en sauvage. » (Gavarni.) 

Se ficher : Se poster. — Le 
Livre du mareschal de Boucicaut 
(édit. Michaud), cité plus haut, 
dit qu'à une déroute de Sarra- 
sins, c les jardins favorisèrent 
beaucoup leur retraite, car s'y 
fichèrent ceulx qui esehapper 
peurent. i (P. 276.) La même an- 
née (i3)9), on nous représente 
les Vénitiens après un combat 
maritime s'en allant ficher en 
leur ville de Modon. (P. 283.) 

Se ficher : Se moquer. — 
a Quand j'ai mangé la soupe et 
le bœuf, je me fiche du reste. » 
(La Bédollière.) — « Tu sabou- 
lis ce grand drille, qui se fichait 
de moi. » (Rétif, 177» Contem- 
poraine, 1783.) 

J' fen fiche, f fen ficherai : 
Formule ironiquement négative, 
équivalant à : je fen moque. — 
« Ah bahl j' t*en fiche 1 il m'em- 
brasserait toujours. » (L. Beau- 
vallet.) 

Se ficher dans la cervelle, — 
dans le toupet : S'imaginer. — 
c Ne va pas te ficher cela dans la 
cervelle. » (Le Rapatriage, pa- 
rade du xviii* siècle.) 

Se ficher du monde, du peuple, 
du public : Se moquer des hom- 
mes et de l'opinion. — a Vous 
vous fichez du monde. » (Vadé, 
1755.) 

S'en ficher comme de colin- 
tampon : Ne faire aucun cas. 
(Dhautel, 08.) Jadis, on appelait 
colins-tampons les Suisses en gar- 
nison à Paris. Les mazarinades 
en donnent plus d'un exemple 
de 1648 a i652. 

Ficher dedans : Tromper. V. 
Dedans, 



Ficher la misèrepar quartiers: 
Mener une vie misérable. 

Ficher la paix : Laisser tran- 
quille. — « Fiche-moi la paix. » 
(Jaime fils.) 

Ficher le camp : Décamper.— 
« Mon enfant, fiche-moi le camp.» 
(Rétif, 1 77» Contemporaine, 1 783.) 

Ficher les pattes : Venir. Mot 
à mot : mettre les pieds, — « Si 
vous vous permettez de fich' les 
pattes ici quand j'y serai. » (Ga- 
varni.) 

FICHTRE : Juron. Forme de 
f.,.tre, comme fouchtra. ^«cSix 
heures ! fichtre, il me semble que 
nous avons failli attendre. » (E. 
Villars.) 

FICHTREMENT : Fièrement. 
— <c C'est fichtrement beau le 
coup de gueule du lion. » (Com- 
mentaires de Loriot.) 

FICHU : Capable. — « Eh 1 là- 
bas... y sont fichus de ne point 
ouvrir... y faut donc enfoncer la 
porte... » (H. Monnier.) — Le 
Dictionnaire de l'Académie ad- 
met ^cAu dans toutes ses autres 
acceptions. 

FICHUMACER: Diminutif de 
ficher. 

D'mandez-moi donc où c' qu'est 
Allé c* flâneux d* Cadet ? 
C qu'il psut fichumacer 
A l'heure qu'il est ? 

(Désaugiers.) 

FIDIBUS : Longue bande de 
papier pliée ou roulée pour allu- 
mer la pipe. — Une communica- 
tion de M. Fey assigne à ce mot 
une origine allemande. Dans les 
universités de ce pays, les admo- 
nestations officielles commencent 



FIL 



- 173- 



FIL 



par les mots : Fidibus (pour^- 
delibus) discipulis universitatis, 
etc. Les délinquants, qui allu- 
ment par forfanterie leurs pipes 
avec le papier de Tadmonesta- 
tion, lui ont donné pour nom 
le premier mot de sa première 
ligne. — « Un roman de G. Sand 
dont il fera un fidibus après l'a- 
voir lu. D (Rouget.) 

FIELDERS : c Ensemble des 
individus qui ont fait des paris 
de courses contre un ou plusieurs 
favoris. » (Parent.) Angl. 

FIER : Grand. (Dhautel.) V. 
Blaguer^ Venette, Poil. — « Ça 
lui portera un fier coup. » (Lu- 
bize.) 

FIÈVRE CÉRÉBRALE (accès 
de) : Accusation pouvant entraî- 
ner la perte de la tête. (Vidocq.) 
— Jeu de mots. 

FIFI : Vidangeur. Mot à mot: 
fil fi ! — Allusion au dégoût ins- 
piré par le métier. — Vieux mot. 
Une ordonnance du roi Jean 
(i35o) traite de « Testât des vui- 
dangeurs appelez maistresfljl,y> 

FIGNOLER : Exécuter avec 
fini. — « C'est qu'vous fignolait 
(la contredanse). Dame, il y allait 
de tête et de queue. » (Rétif, 
1783.) — a Quel style! comme 
c'est fignolé. 1 (Labiche.) 

FIGNOLEUR : Qui fignole. — 
« C'est un fignoleux, mais il fait 
trop le fendant à cause qu'il a du 
bec. » (Vadé, 1788.) 

FIGURE : Derrière. — « Où 
Ton s'expose à rencontrer des 
gens dont la figure a mérité les 
verges. » (Raoul Fauvel.) 

FIL DE SOIE : Voleur. Jeu de 
mots sur fller, voler. — « Les 



grands centres de réuniua sont 
inspectés par la si^reté, car il n'y 
manque jamais de fils de soie ou 
de joueurs de passe-passe. » (Sta- 
mir, 67.) 

FIL EN DOUBLE : Vin. 
(Grandval.) 

FIL EN QUATRE : Eau-de- 
vie. — « Allons, Auguste, un 
petit verre de fil en quatre, his- 
toire de se velouter et de se re- 
bomber le torse. » (Th. Gautier.) 

FILAGE : Action de filer au 
jeu. Qc Le filage s'opère à tous les 
jeux, mais surtout au baccarat.» 
(Cavaillé.) 

FILASSE : Chevelure blanche 
et blonde comme la filasse. 

FILASSE : Matelas. — Le con- 
tenu est pris pour le contenanL 

FILATURE, FILE : Surveil- 
lance exercée par un agent qui 
suit pas à pas. — t Ils ne le per- 
dirent pas de vue au second jour 
de file. » (Stamir.) 

Faire une filature : Suivre un 
individu. (Rabasse.) 

FILER : Faire avec soin. — 
Allusion au travail de la fileuse. 
— QC Vous vous êtes donné un 
mal de nègre pour filer des scè- 
nes. » {Alm, du Hanneton, 67.) 

FILER : Voler. Mot à mot : 
faire filer un objet qui ne vous 
appartient pas. De \k, filouter, 

FILER : t FiUr, c'est distri- 
buer une carte pour une autre 
dans le but de se faire ou de se 
compléter un beau jeu^ 1 (Ca- 
vaillé.) 

FILER, PRENDRE EN FILA- 
TURE : Suivre, espionner. — 

10. 



FIL 



— 174 — 



FIL 



€ Être filé signifie, dans le lan- 
gage des débiteurs, que le recors 
vous suit à la piste. » (Montépin.) 
— c Un garçon va dire à la per- 
sonne filée que quelqu'un la de- 
mande, et là, des sergents de ville 
Tentourent pour la remiser. » 
(Stamir.) 

Filer la mousse : Faire ses be- 
soins. (Grandval.) V, Mousse. 

Filer le luctrème : Introduire 
une feusse clé. V. Luctrème. 

Filer le parfait : Faire une 
cour assidue. Mot à mot : filer le 
parfait amour. 

Filer leplato : «Cela veut dire : 
filer l'amour platonique. 9 (J. Du- 
flot.) 

Filer son nœud : Partir. — 
Terme de marine, -^a Viens-tu ! 
ou je file mon nœud, m (H. Mon- 
nier.) 

Filer une poussée : Repousser 
violemment, a Le concierge l'ar- 
rête ; moi, je file une poussée au 

concierge et il se faufile. » (Beau- 
villier.) 

FILET : Nuance délicate et te- 
nue comme un filet d'eau. — 
« Peut-être aussi y a-t-il un filet 
de concetti shakspearien, mais 
c'est peu de chose. » (Th. Gau- 
tier.) 

Filet coupé (avoir le) : Être 
d'une grande loquacité. — Allu- 
sion à la petite opération néces- 
sitée par un certain embarras de 
la langue. 

FILEUR t c C'est un homme 
qui est chargé par la police, et le 
plus souvent par quelque téné- 
breuse officine privée, d'en sui- 
vre un autre. » (P. du Terrail.) 

FILEUR :' Qui file au jeu. 



V. Filet, a Point de grec émérite 
s'il n'est fileur. » (Cavaillé. ) 

FILEUSE : « Chanteur sui- 
vant les voleurs et les prenant 
en flagrant délit, dans le seul but 
de faire payer son silence par 
une remise de i5 p. loo. » (Vi- 
docq.) 

FILLE DE MARBRE : Courti- 
sane froidement avide. — Une 
pièce de M. Barrière a consacré 
ce terme, vers i85a. — c C'est à 
Paris que les filles de marbre 
apprennent péniblement le mé-> 
tier qui les fait riches en une 
heure. » (J. Janin.) 

FILLE DE PLATRE : Courti- 
sane. — Vient du roman écrit 
sous ce nom par M. de viontépin, 
pour servir de pendant à la pièce 
des Filles de marbre. — t Ces 
femmes ne sont que des filles de 
plâtre. » {les Étudiants du quar* 
tier Latin, 60.) 

FILOCHE : Bourse. (Vidocq.) 
— Du filet qui était employé pour 
la confection des bourses. — a Si 
ta filoche est à jeun (si ta bourse 
est à vide.) i (E. Sue.) 

FILOU : Rusé. — L'acception 
d'escroc se trouve seule dans le 
Dictionnaire de VAcadémie.Eï\& 
a son origine dans le \erbe filer: 
voler. 

FILS DE FER : Jambes ex- 
cessivement minces. — Mot 
imagé. 

FILS DE PUTAIN : Injure à 
laquelle le peuple n'atuche la 
plupart du temps aucune idée 
fixe. « J'ai entendu une poissarde 
dire à son fils : a Petit polisson! 
attends, fils de putain, je te ferai 
voir que je suis ta mère. » 



Fio - '; 

(Dtuthel , now manuserite de 
■on diclionn«ire, 08.) Du temps 
de Rabeliis, cttte triste plBissn- 
terie était déjà de mode. A la fin 
de IB tempête (livre IV, ch. k^l), 
Pantagruel ippelle on matelot : 
t Fils de putain. > — « ' u " 
bien aise, homme de bieiij diat 
frère Jean au matelot, d'entendre 
nouvelles de la mère. » 

FIN(ftlre une): Se marier, en 
finir avec la vie de jeune homme, 

( Cependant il faut abBOlii- 

ment faire une fin. Dame ! le 
■iiclE est positif. » (DeriéRe.) V. 
Papillonner. 

FINE : Excrément. - Allusion 
t la fine moutarde; on dit aussi 
la plus fine. V. Numéro ctnt. — 
■ Un vidangeur de mes nmis, 
noua a chanté la plua fine, i, 
(Aubry, 36.) 

FINE; Fine Champagne. V. 
As, Champagne. 

FIOLE : Figure. (Halbert) 

FIOLER ! Boire. (Rabasae.) - 
tit fiole: bouteille. 

FION (coup de ) ! C'est la der- 
nière main mise à u» ouvrage. 
— (Un François enseignoii à 
des mains rojralea i faire des 
boutons; quand le bouton fiait 
lait, l'artiste disoil : A présent. 
Sire, il faut lui donneh le fion. A 
quelques mois de \à, le moi re- 
vint dans la tête du roi ; il se mit 
à compulser tous les dictionnai- 
res, et il n'y trouva pas le moi. Il 
appela un Neuchfllelois qui étoit 
alors à ea cour, et lui dit : s Di 
ites-mol ce que c'est que le /on 

dans la langue françoisei — 

1 Sire, reprit le Neuchltelois, k 
f fion, c'est II bonne grâce. » 



FLA 

(Mercier, 1783.) —t Elle te Itre 
pour prendre la aaliïre qui doit, 
dit-elle, donner le dernier fion 
i la dinde. > (Kicard.) — i Le» 
peintres n'ont plus que trois, 
jours pour donner k leurs ta- 
bleaux ce qui t'appelle le coup- 
de fion. ■ (Mari, 66.) 

FIONNëR : Faire l'élégant 

B Ça t' fionne, çt te pavane et ça 
se carre. > (Bourgei.) 

FIONNEURî Elégant. — f _e 
lionneur possède une glace ,. 
huile antique, pommade du lion 
et cire i moustaches. > [Ber- 
tall.) 

FIQUES: Hardes. {Colombe^-^ 

— Ce doit être un vieux mot, 
car beaucoup de paysana disent 
encore dans le même sens affi- 

FIQUER: Poignarder. (Idem.) 

— Pour ficher: planter. 
FISCAL : Élégant. — C'est Fi~ 

celi avec changement de Anale. 

— « A ses favoris cAtelelles... A 
son costume fiscal... > [Léonard^ 
parodie, 63.) V. Feston. 

FISSURE («voir une) : Être un 
peu fou, mot à mol savoir une. 
fissure au crâne. V. Fêlé. 

FISTON : Petit Hit, terme 
amicaL — < Par ma fé, mon 
doux ami, mon fiston s (CoftiM 
ifEulrapel, xvi- 1 ; V. Gadoue. 

FLA : Note rudimentaire de la 
batterie du tambour. V. Ka. — > 
■ Le tambour-major bat la me- 
sure des ras et des fias- ■ (M. St> 
Htlaire.) 

FLACHE : Plaisanterie. (HaN 
bert.) Poixi flanche. 

FLACUL : Sac d'ai^ent.— ■ L« 



FLA 



— 176 — 



FLA 



vioque a des flacuis pleins de 
bille; s'il va à Niort, il faut lui 
ri£fauder les paturons. » (Vi- 
docq.)— Vient de flaque. V. ce 
mot. 

FLAGUL : Ut. — Il a la forme 
d'un grand sac. V. ci>dessus. — 
c Je raplique au flacul qui m'at- 
tend. • (Vidocq./ 

FLAFLA : Grand étalage. — 
Allusion aux claquements de 
fouet. On dit dans le même 
sens faire claquer son fouet. 

FLAMBANT, FLAMBARD : 
Éclatant, superbe. — « Les capo- 
raux y trouvent une table un peu 
flambarde, » (La BédoUière.) — 
a T'es flambante comme une Vé- 
nus. » (E. Sue.) 

FLAMBANT : Artilleur à che- 
val. 

FLAMBART : Matelot.—* Eu- 
gène Sue est cause que la plu- 
part des canotiers s'appellent 
flambards. » (Roqueplan.) 

FLAMBARDE : Chandelle 
(Halbert); elle flambe en éclai- 
rant. 

FLAMBART : Poignard. (Vi- 
docq.) 

FLAMBE : Épée. — Allusion 
au flamboiement de la lame. 
Abréviation de Flamberge. 

FLAMBER : Briller entre 
tous. — « Des raretés qu'on offre 
à des filles qui aiment à flam- 
ber. » (Balzac.) 

FLAMBERT: Poignard. (Hal- 
bert.) Forme de flambart. 

FLAMSIQUE : Flamand. (Go- 
lombey.) — Changement de fi- 
nale. 

FLAN (du) : Non. — Abrévia- 



tion de la formule ironique : iete 
paierai du flan. Des nèfles t des 
navets! sont des négations de 
même origine. On sait que le 
flan était une pâtisserie fort po- 
pulaire à Paris, a Si on leur pré- 
sentait j^ut, du flan et des na^ 
vêts comme le fond de la langue 
des vaudevillistes. » (Villemot.) 
V. Zut. 

FLAN (c'est du) : C'est bon. 

— tt J'aime mieux gouéper, c'est 
du flan.» (Vidocq.) 

FLAN (au) : Cest vrai. (Ra- 
basse.) 

FLAN (à la) : Sans prémédi- 
tation, au hasard. V. Carou" 
bleur. — Abréviation de à la 
bonne flanquétte. 

FLANCHE : Malice, ruse, 
biais. — « Robert voit le flanche, 
et dit : il faut le fouiller.» (Mon- 
selei.) V. Mettre {le). 

FLANCHE : Jeu de roulette. 

FLANCHER, FLACHER : Plai- 
santer. (Halbert.) 

FLANCHEUR : Joueur rusé. 
(Rabasse.) 

FLANELLE : C'est le mot flâ- 
neur avec changement de finale. 

— «c Lèves- tu ce soir? — • Ah oui- 
che 1 tous rapiats. — « Et celui-là 
qui t'allume ? — Flanelle! » (L. 
de Neuville.) 

FLANOCHER, FLANOTTER: 
Flflner tout doucement. — « Il 
fit la rencontre d'un beau page 
de Marie-Thérèse qui flAnochait 
en rêvant, i (Commerson.) — 
a Nous flânottons depuis quinze 
heures. »(M. Michel.) 

FLAQUE : Sac de femme. 
(Grandval.) — Du vieux mot 



FU 



— 177 — 



FLO 



flaCy flacon. — AUosion de forme. 

FLAQUER : Aller à U selle. 
(Vîdocq.) ^ Onomatopée. 

Via voC* fille qae f tous nmèae, 
Elle est dans an propr* état : 
Depuis la barrière da Maine 
Elle a tOQt flaqné dans ses bas. 

(CÂûmsomeommme.) 

FLATAR : Fiacre. (Halbert.) 

FLÈME, FLEMME : Paresse 
subite et invincible. — « Lundi, 
la flemm' m'accroche. » (A. Ca- 
hen.) — Décidément, j'ai la flem- 
me, je vais profiter d'un rayon 
de soleil. » {Comm, de Loriot,) 

Jour de flemme : Jour où l'on 
ne peut travailler. 

Battre sa flemme : Flflner, pa- 
resser. 

FLEURANT : Bouquet. (Hal- 
bert.) Pour fleurissant, 

FLEUR DE MAI, Fleur de 
Marie : Virginité. (Rabasse, Vî- 
docq .) — Allusion à Tlmmaculée 
et au printemps de la vie. 

FLEUR DES POIS : Personne 
à la mode. 

FLIC-FLAC (faire le) : «C'est 
démantibuler la gâche d'une ser- 
rure à l'aide du monseigneur, d 
(Du Camp.) — Forme altérée de 
Fric-frac, 

FLIGADIER : Sou. (Colom- 
bey.) 

FLIGUE A DARD : Agent de 
olice. (Colombey.) Mot à mot : 
olicier à épée. V. Flique, 

FLINGOT : Fusil d'infanterie. 

FLIQUE: a Un commissaire 
de police est un flique dans l'ar- 
got des filles. » (Parent-Ducha- 
telet.) 



FLIRTATION : Badinage gt* 
lant, man^ de coquetterie. — 
Anglicanisme. — « roccupais 
mes moments perdus à une in» 
nocente flirtation avec le baron 
de L... > ( Vie parisienne, toût,7i.) 
— « LÀdy Elphinsbury réprt* 
mait la flirtation dans ses do« 
mai nés. » (Aubryet, 71.) 

FURTER : Se livrer à la flir- 
tation. -— < La dame reprocha à 
son infidèle de venir flirter aux 
Folies. » (Figaro, 75.) 

FLOPPÉE: Volée de coups. 
(Halbert.) 

FLOPPÉE : Foule. 

FLOQUOT : Tiroir. {Dict. 
d'argot, 44.) 

FLOTTANT : Poisson. ( Vi- 
docq.) Il flotte. V. Flotter. 

FLOTTE : Pension en argent. 
Mot à mot : ce qu'il faut pour 
flotter pendant quelque temps. 
Quand on ne peut flotter, on se 
trouve à sec, à la côte, ~ < Je 
viens de recevoir ma flotte t 
3oo fr.| plus quelque menue 
monnaie. » (Villemessant.) 

FLOTTE : Réunion de per- 
sonnes. On dit ! nous étions une 
flotte , pour : nous étions une 
bande. 

FLOTTER : Nager. 

FLOTTER (faire) : Noyer. 
(Rabasse.). — Ironie. 

FLOU, FLOUTIÈRE : Rien. 
(Grandval.) 

FLOU, Vaporeux, fluide. — 
Répond exactement, comme pro- 
nonciation, au latin/7ut^M5 (pro« 
noncez flouidous.) — C'est en 
effet un vieux mot. On le ro« 



FLO - i; 

trouve dani le Tatament de 
'VilloD. Ce terme, utilf d'abord 
dam lei ans et admis i ce leul 
titre dans le Dictionnaire de l'A- 
eadémie, a conserva partout ta 
rotme EÏgnificatioa de mollesse 
harmonieux. — f Tu ai dans le 
style on ne saurait dire quel 
moelleui , quelle ^rtce , quel 
flou, i (L. Aeybaud.) ~ i Man- 
quant de grâce, de tout ce qui 
jette du charme et du flou dans 
l'existence. ■(Porii étuiiant, 54.) 

FLOUANT : Jeu. (Halbert.) 

FLOUER : Voler au jeu. (Hal- 
berl.)Abrév. de Clouter. 

FLOUER : Escroquer, ■ En 
prenant l'argent de son pro- 
chain, on le vole; en lui faisant 
accroire la chose qui n'est pas, 
on le trompe; et, en lui Taisant 
faire par ruse une faute quel- 
conque, on l'attrape. En le trom- 
pant , l'attrapant elle volant 
tout & la fois, on le floue. B(Phi- 
lipon, 40.) 

FLOUERIE ! Escroquerie, 
abus de confiance. — « La floue- 

està la mari:he : c'est le progris, 
le perfectionnement scientifi- 
que, i (Philipon,4o.) 

FLOUEUR ; Escroc. — ( Il est 
des floueurs de tout Age, de tout 
visage et de tout rang. Il existe 
aussi des floueuses non moins 
variées, n (Philipon.} Ne s'est dil 
d'abord que des voleurs au ieu, 
car Grandval ne donne floueur 
qu'avec ce Ecns, qu'on retrouve 
dans l'acception suivante. 

FLOUEUR : <t Homme di 
géant un jeu de hasard de 11 
nière à exploiter la cupidité des 



8 — FŒT 

badauds. Le* jeux principaur 
dont il se sert sont la jamaflc, 

i cocsnges, Us trois paquets, 

huit, les couteaux, la bague, 
les palets, etc. ■ (Rabasse.) 

FLOUME : Ferame. (Vidocq.) 
— Anagramme de /nnte/le. 

FLOUTIÈRE ! Non, rien. V. 
Flou. 



FLUKE : i Cou 


rse qui, con- 


trairement k tou 




sions, a tait perd 


e le meilleur 


cheval, s (ParenL 


Anglic. 



FLUTE : Canon. — Allusion 
de forme. — ■ Jusqu'ici il n'y a 
qu'eux qui aient fait aller leurs 
flûtes. Les nôtres auront bien 
leur mérite. Il y en aura bien 
trois cents de part et d'autre 
pour ouvrir le bal. • (G«i Chris- 
tophe, Lettres, 12.) 

FLUTE, ELUT : Non.— AbrJ- 

Blion du terme suivant. {Des 

flûtes.) ~ H Le noble étranger 

~ lâchée en medisant:Flûtel» 
(Almanach du Hanneton, 67.} — 
a Flûte! s'il grogne trop. > (Vil- 
lara.) V. Zut! 

FLUTES (des) : Non! — On a 
dit tfdestlùtesl 1 (pains tonga) 
comme on dit des nèfles, duflaa, 
des naveli. — b Oscar : Qu'en- 
tends-je) Mais vous m'aviez pro- 
mis. — Le marquis : Des flûtes!» 
(Marquet.) 

FLYER : Un cheval trts-vitc. 
Vient de fly : voler. Argot de 
courses anglais. (Parent.) Dans 
un sens plus re~lreinl, on ap- 
pelle flyer celui qui a plus de 
vitesse que de fond. (Id.) 

FŒTUS ; Élive de première 
année à l'école de chirurgie mili- 



FON 



— 179 — 



FOR 



taire Ce terme répond à celui 

d'embryon qui se prend égale- 
ment au figuré dans la langue 
régulière. 

POIRE D'EMPOIGNE (ache- 
ter à la) : Voler. — L'ironie n'a 
pas besoin d'être expliquée. — 
c Les tableaux du capitaine Qu- 
seret on» été achetés à la foire 
d'empoigne.» {Moniteur, 3 1 mai, 
72.) 

FOIRER : Avoir peur. — On 
connaît l'effet du danger sur les 
intestins. 

FOIREUX : Poltron. — Vieux 
mot. — « Vous n'aurez en vostre 
armée que des foireux en danger 
d'estre renvoyés aux foyres de 
Francfort. » {Paraboles de Cic^ 
quoi, iSgS.) 

FOIROU : Derrière. (Vidocq.) 

FOLICHONNER : Folâtrer. — 
« Puis, nous irons trouver Flo- 
rine et Coralie au Panorama dra- 
matique où nous folichonnerons 
avec elles dans leurs loges. » 
(Balzac.) 

FOLICHONNE, FOLICHON- 
NETTE : Fille réjouie, aimant 
le plaisir. — « Je fus épris, comme 
un toqué, d'une aimable foli- 
chonnette. » (J. Kelm.) — c Une 
folichon neuse cancane et me 
plaît mieux. 1 (Aubry.) 

FOLLE DU LOGIS: On 
donne ce nom très-bien trouvé à 
l'imagination et aussi à la poésie. 
— a L'imagination, cette folle du 
logis, a remplacé les lois natu- 
relles par des lois arbitraires, j 
(Mismer.) 

FONCÉ : Radical. Mot à mot: 
appartenant au parti rouge fonc(5. 
V. Rouge. 



Qaotre aoas-préfets ctvtaft maires 
Choisit parmi les plos fonois, 
S^épendroot eo plaintes amères. 

(G. JolHvst.) 

FONCER : Se précipiter. — 
Abréviation d'eii/bMcer.— « Trois 
coquins de railles sur mesigue 
ont foncé. » (Vidocq.) 

FONCKR : Donner. V. Bétbii- 
lard, Dardant, 

FONCER : Payer. — Mot an- 
cien. — Abréviation de foncer à 
V appointements Un poète du xt* 
siècle, Coquillart dit déjà : 

Il fallolt qall vint, sus ou jus 
La fournir à son appétit. 
Car qui ne fonce de quibns. 

FONDANT : Beurre. (Colom* 
bey.) — La propriété est prise 
pour l'objet. 

FONDRIÈRES (les) : Les po« 
ches. (Rabasse.) 

FONFE, FONFIÈRE : Taba- 
tière. (Idem.) C'est une forme de 
fanffe. Même harmonie imita- 
tive du reniflement de la prise de 
tabac. 

FORESQUE 2 Marchand fo- 
rain. (Halbert.) — C'est forain 
avec changement de finale. 

FORÊT DE MONT-RUBIN t 
Êgout, cloaque. (Idem.) 

FORME : < Un cheval est en 
forme quand sa santé, sa condi- 
tion ne laissent rien à désirer. 
On dit qu'un cheval « a perdu si 
forme» ou qu'il l'a < retrouvée.» 
( Parent.) Anglic. 

FORT EN THÈME : Jeuae 
homme qui a eu du succès ^^ 
collège. 



FOU 



— 180 — 



FOU 



FORT-ti: GUEULfî : « C'é- 
tait aussi le temps Je ce qu'on 
appelait les engueuUments. On 
s'engueulait d'une voiture à 
l'autre ; de fenêtres à voitures, 
de piétons à fenêtres ; chaque 
société avait son ou sa forte-en- 
gueule, espèce de crécelle à pou- 
mons d'acier chargée de répon- 
dre à tout le monde. ». (Privât 
d'Anglemont.) 

FORTIN : Poivre. (Halbert.) 
— Diminutif de fort, dans le 
sens de : Acre, fort au palais. 

FORTINIÈRE : Poivrière. 
(Idem.) 

FOSSILE : Suranné. V. Aca- 
démicien. — Ironie. 

FOUAILLER : Manquer son 
e£fet. {Dictionnaire a'argot, 27.) 

FOUAILLEUR : Libertin. — 
Un T de plus dans le corps du 
mot livre son étymologie. 

FOUCADE : Idée subite, élan 
imprévu. 

FOUCHTRA : Auvergnat, 
charbonnier, porteur d'eau. Al- 
lusion à son juron favori. — 
t Fouchtra, vous qui avez une 
bonne poigne, tirez-moi donc 
mon pantalon. » (Ed. Morin.) 

FOUILLER (pouvoir se) : N'a- 
voir pas de quoi acquérir ou 
conquérir. Formule ironique se 
prenant au figuré. — a Les gari- 
baldiens avaient de bons fusils; 
sans l'artillerie, nous pouvions 
nous fouiller. » (Vie parisien- 
ne, 67.) — a Madame, daignez- 
vous accepter mon brasf... Tu 
peux te fouiller, calicot.» (Alm. 
du Hanneton, 67.) 

FOUILLOUSE : Poche. Mot à 



mot : endroit où l'on fouille, — 
c Et vousyk aurez , sçavez-vous 
quoy? force aubert en la fol- 
louse. > ( Vie de saint Chri$iophe, 
Grenoble, i53o.) 

FOUINER : S'échapper. — 
Vieux mot. — « S'il est pressé, 
que qui Fçmpéche de fouiner ': » 
(Vadé, 1755.) 

FOUR : Gosier. V. Chauffer le 
four, 

FOUR (faire) : Ne pas réussir. 
— Se disait autrefois des comé- 
diens qui renvoyaient les specta- 
teurs parce qu'ils n'avaient pas 
assez de monde. Se dit mainte- 
nant à propos de tout. — a Nous 
faisons four, dit Lousteau, en 
parlant à son compatriote la 
langue des coulisses. » (Balzac.) 

FOUR : Portion la plus élevée 
d'une salle de théâtre. Allusion 
à la chaleur qui y règne. — a Je 
quitte le four et je poursuis ma 
promenade aux quatrièmes lo« 
ges. » (De Boigne.) 

FOUR BANAL : Omnibus. 
(Colombey.) — Tout le monde 
peut s'y enfourner. 

FOUR IN HAND : Voiture à 
quatre chevaux. (Paz.) — Angli- 
canisme. — « Il nous a été per- 
mis d'apercevoir Télégante An- 
glaise conduisant elle-même un 
four in hand. » (Éclair, août 72.) 

FOURBI : Argent provenant 
de vol. (Rabasse.) 

FOURBI : Friponnerie. — 
Abrév. de fourberie, si ce n'est 
un mot de langue franque, im- 
porté par notre armée d'Afrique. 
^« Quel fourbi, mon Dieu! quel 
fourbi ! > (Comm. de Loriot,) 



FOU 



- iSi - 



FOURCHETTE : Homme de 
grancf appétit, sachant bien jouer 
de la fourchette. — a Bonne 
fourchette , excellent gobelet , 
plus il mangeait, plus il bu- 
vait. » (E. Villars.) 

Voler à la fourchette : Voler en 
introduisant les deux doigts 
dans la poche. 

Marquer à la fourchette : «Se 
dit d*un marchand de vins qui 
marque à son débiteur quatre 
consommations au lieu d'une. » 
(P. Moniteur, août 76.) Allu- 
sion aux quatre dents de la four- 
chette. 

Jouer des fourchettes : S'en- 
fuir. 

FOURCHU : Bœuf. (Vidocq.) 
Ses cornes font fourche. 

FOURGA, FOURGAT, FOUR- 
GASSE : Receleur > receleuse. 
Fourgat est la forme la plus an- 
cienne, car elle est seule donnée 
par Grand val. — lit fourguer. 

FOURGAINE : Canne de jonc. 
(Halbert.) 

FOURGONNIER : « On nom- 
me ainsi lecahtinier du bagne, j» 
(Ponson du Terrail.) 

FOURGUE : Receleur. Abré- 
viation àt fourgat, « J'irai chez 
mon fourgue lui porter ce que 
j'ai à la maison. » (Beauvillier.) 

FOURGUER : Vendre à un 
receleur. (Rabasse.)— Du vieux 
mot fourgager : placer dehors à 
moitié profit. Les fou rgats payent 
peu en effet. V. Poisser. (2* art.) 

FOURLINE. FOURLINEUR: 
Voleur à la tire, 

FOURLINER : Voler. - Du 



FOU 



vieux mot fourloignier : écarter. 
V. Litrer. 

FOURLOURE : Malade. (Vi- 
docq.) 

FOURLOUREUR : Assassin. 
(Idem.) 

FOURMILLANTE : Foule.: 
(Colombey.) 

FOURMILLER: Marcher vite. 

FOURMILLON : Marché pu- 
blic. — Le mot peint le fourmil- 
lement des vendeurs et des ache- 
teurs. V. Parrain. 

FOUROBER : Fouiller. (Co- 
lombey.) — Ce doit être un vieux 
mot (four-rober) comme /owr/i- 
ner. 

FOURRIER (mauvais) : Hom- 
me intègre, servant de son mieux 
les ayants droit, même à son dé- 
triment. On comprend Tironie 
de cette locution qui à pris nais- 
sance dans Tarmée, où les four- 
riers sont chargés des réparti- 
tions. 



FOUTAISE : « Bagatelle de 
peu d'importance. On dit moins 
incivilement fichaist. » (1808, 
Dhautel.) 

FOUTIMACER : Ne faire ou 
ne dire rien qui vaille. (Dhau- 
tel.) — « Ne foutimacez plus les 
oreilles des dames. » (Paroles 
grasses de Caresme - prenant , 
1626.) 

FOUTREAU : Combat, ac- 
tion de se f.,tre des coupi. — 
« Oh I il va y avoir du foutreau, 
le commandant s*est frotté les 
mains, d (Balzac.) 

FOUTRIQUÊT : Homme nul. 
— « Tous les foutriquets à t\i^ 

II 



FRA 



- \^ ^ 



FRE 



lottei serrées et aux habits car- 
rés. » (1793, Hébert.) 

FRAIS (foiie ses) : Percevoir le 
dédommagement qu'on croit dû 
à ses frais d'esprit, d'amabilité 
ou de toilette. ^ « J'en obtiens 
un rendez- vous, et quoi qu'il ar- 
rive maintenant... j'ai fait mes 
frais. » (E. Sue.) — c La littéra- 
ture, primée en ce moment par 
la peinture, ne fait pas ses frais.» 
(Villemot.) 

FRAUN, PRALINE, FRAN-^ 
GIN, FRANGINE : Frère, sœur, 
c J*ai l'honneur de répéter à mon- 
sieur que madame n'y est abso- 
lument pour personne. — C'est 
bon, c'est bon, pas tant d'his- 
toires! et va-s*y lui dire que c'est 
un vieux frangin qui la de- 
mande.. » (Grévio.) V. Servir, 
AUèque, 

FRANC, FRANCHE : Bas, 
basse. (Halbert.) 

FRANC : Hanté par les af- 
franchis. V. ce mot. V. Tapis, 
RomamicheU 

FRANCHIR : Baiser. (Hal- 
l)ert.) 

FRANÇOIS (la faire au père): 
Étrangler quelqu'un en lui je- 
tant autour du cou une: courroie 
à. boude sans ardillon, dispo- 
sée de façon à faire nœud cou- 
lant. Pendant qa'on serre le pa- 
tient, un complice le fouille. La 
courroie est nommée j?ère Fran- 
çois, du nom 'de l'escarpe qui 
s'en servit le premier. Cela se 
rapproche beaucoup de l'ancien 
charriage à la mécanique, 

FRANGINE : Sœur. (Rabasse.) 
; FRANGIN DABE, FRANGINE 



DABUSCHE ; Oncle, tante. Mot 
à mot : frère de père, lœur do 
mère. V. Fralin, 

FRANGIR : Casser. (Colom- 
bo.) Vieux mot. 

FRAPOUILLE : Guenille, et, 
au figuré, vaurien. Pour fri- 
pouille, 

FRAPPER AU MONUMENT: 
Mourir. Mot à mot : frapper à la 
porte du monument funèbre. 
V. Inférieur. 

FRÉGATE : Chapeau bicorne. 
Terme de marine. Renversé, il 
ressemble assez à la coque d'un 
bâtiment. — « Prenez votre fré- 
gate, ayez soin qu'elle soit petite, 
cambrée, inclinez-la à 46 degrés.» 
(Vie parisienne, 67.) 

FRÉGATE. V. Être (en). 

FRELAMPIER. V. Ferlam- 
pier, 

FRÉMILLANTE : Assemblée. 
(Halbert.) — C'est une forme an- 
cienne dQ fourmillante. Nous di- 
sons encore fourmillement hi^ 
main. 

FRÉMION : Violon. (Idem.)- 
II vous fait fourmiller, danser. 

FRÈRE ET AMI : Démago- 
gue. — Allusion à la formule 
fraternelle usitée dans le parti. 
Elle eut cours dès 1848. •— « Là- 
dessus, grande colère des frères 
et amis. On organise chez le 
marchand de vin du coin une 
souscription. » (Fr. Sarcey, juin 
72.) 

FRÈRE FRAPPART ; Mar- 
teau. — Jeu de mots. 

FRETILLANTE ; Queue. 
(Grand val>)> : 



FRI 



— i83 — 



FRI 



FRETILLANTE , FRETIL- 
LER : Dansci danser;^ (Vidooqi) 

FRETILLE : PaBlc (Grand- 
val.) Forme dtfertUle. 

FRETIN : Poivre. (Idem.) 
Pour/orfm. 

FRICASSÉ : Perdu, détruit. 
— t La ruyne généralle dont le 
royaume est menacé si Paris es- 
toit fricassé. • {Second Courrier 
françoiSj Paris, 16491) — Le Die- 
tionnaire de V Académie admet 
fricasser : dépenser. 

FRIC-FRAC : Effraction. — 
Onomatopée. C'est le bruit de la 
chose qu'on casse. V. Car ou- 
bleur, FiiC'flac. 

FRICHTI : Régal. — Corrup- 
tion de Tallemand frûstûck : dé- 
jeuner. — « Voilà ce que je te 
conseille : c'est de payer un pe- 
tit frichti. » (Champfleury.) 

FRICOTER : Vivre de ma- 
raude, de profits peu réguliers. 

FRICOTEUR: Maraudeur.— 
ff Ces mauvais troupiers pill&ient 
tout sur leur passage. On l'es ap- 
pelait des fricoteurs. n (M. Saint- 
Hilaire.) 

FRIGOUSSER : Faire des fri- 
gousses. (Mot à mot : petits fri- 
cots.) 

FRILEUX, FRILEUSE : Pol- 
tron, poltronne. (Mabasse.) — 
Allusion au tremblement pro- 
duit par le froid comme par la 
peur. — et Je suis un ferlampier 
qui n*est pas frileux. » (E. Sue.) 
V. Frousse, 

FRIME, FRIMOUSSE : Vi 
sage, physionomie. — Du vieux 
mot fi-ume, V» Coqtier, Altèque, 



Gouépeur, — e C'est bien: là le 
son du grelot, si ce n'est ft» I» 
frimousse. » (Balzac.) 

FRIMER : Feindra, contre* 
faire.. — oc lia commencent par 
leur battre cx>mtois> en frimant 
de se disputer: » (Stamir, 67.) 

FRIMOUSSER : Tricher. (Vi- 
docq.) Mot à mot : se réserver 
les cartes à figures ou* frimouS" 
ses, 

FRIPOUILLE : Vaurien. (Ra- 
basse.) — Dt fripe, chi£R>n. 

FRIQUET : Mouchard. (Co- 
lombey.) 

FRISÉ : Juif. (Vidocq.) — La 
frisure est un signe de la race. 

FRISES (toucher les, aller aux) : 
S'élever au sublime sur la scène 
dramatique. Mot à mot : mon- 
trer un talent assez grand pour 
toucher la frise du théâtre. — 
« Toucher les frises est le nec 
plus ultra de l'art du comédien. 
Mademoiselle Rachel, dans la 
scène de Camille, touchait les 
frises. « (J. Duflot.) 

FRIT : Perdu, condamné. — 
Vieux mot -^ c Nous ne savons 
plus quel boystoirdre. Lesi gueux 
sont frits, je le vous dis» » (La, 
Vie de saint Christophe , i53a.) 

Rien à frire : rien à manger. 

— «La guerre fut en tous lieux 
si amère... tellement que plus 
rien à frire n'entrèrent à Paris, w 
(La Juliade, i65i.) 

FRITE : Pomme de terre frite. 

— « Le modèle lui donne quel- 
ques conseils en lui prenant 
quelques frites. -» (Bertall.) — 
« De même qu'on dit une voile 
au lieu d'un vaisseau, on dit 



FRO 



— 184 — 



FRU 



simplement deux sous de frites.» 
(Figaro, yb.) 

FROID AUX YEUX (n'avoir 
pas) : Être courageux. — Les 
lâches pleurent et le froid fait 
pleurer. — « Ces gaillards-là n'au- 
ront pas froid aux yeux. » 
{Rietv^i, 1826.) 

FROISSEUX , FROLLANT , 
FROLLAUX : Traître, calom* 
niateur. (Vidocq.) De là le nom 
de FroUo donné par V. Hugo au 
traître dans Notre "Dame de 
Paris, 

FROLLER, FROLLER SUR 
LA. BALLE : Dire du mal. ' 

FROM : Fromage. — Abré- 
viation. 

FÀOTESKA : Danse polonaise 
qui essaya, il y a une trentaine 
d'années, de détrôner la polka. 
— a L'on ne pourrait, le soir, 
faire vis-à-vis à la reine Pomaré 
au bal Mabille pour une polka, 
mazurka ou froteska. » (Th. 
Gautier, 4b.) 

FROTIN : Billard. Il est frotté 
par les billes. 

FROUFROU : Froissement 
d'étoffe. — Onomatopée. — cSon 
oreille recueille précieusement le 
froufrou que fait la soie de sa 
robe. » (Ricard.) 

FROUFROUTER : Faire frou- 
frou. — « A ses côtés froufrou- 
tait, toutes jupes dehors, l'essaim 
de nos grandes cocodettes. » 
(Figaro, 76.) 

FROUSSE ? Peur. Abrévia- 
tion du vieux mot frillouseté : 
frisson. V, Frileux* 



FRUITSEC : « A l'École po- 
lytechnique, les fruits-secs sont 
ceux qui, après leur examen de 
sortie, ne sont pas déclarés ad- 
missibles dans les services pu- 
blics. > (La Bédollière.) — « Les 
autres écoles ont aussi leurs 
fruits-secs, ou des quatrièmes 
accessits de Conservatoire. » 
(Mornand.) — Enfin on a donné 
ce nom à tous ceux qui ne ré- 
pondent pas aux espérances 
qu'ils ont fait concevoir. — a Note 
bien qu'il est un des fruits-secs 
de son temps, juge d'après lui ! > 
(About.) — « C'est un fruit-sec 
du suffrage universel qui en^iSyi 
obtint 24 voix. » (F. Magnard, 
75.) 

V Intermédiaire de mai i865 
dit à ce sujet : f Vers 1800, un 
polytechnicien avait reçu le nom 
de fruit-sec à cause de nombreux 
envois de fruits secs que lui fai- 
sait sa famille. Cet élève n'ayant 
pas été reconnu capable d'entrer 
dans les services publics, le nom 
de fruit-sec passa à tous ceux 
auxquels un pareil malheur ar- 
rive. » — Sans ce renseignement, 
le mot dt fruit-sec pourrait s'ex- 
pliquer fort bien au figuré. Être 
reçu à l'école, c'est déjà /7or^er un 
fruit} ne pouvoir s'y maintenir, 
c*est pour ainsi dire sécher sur 
l'arbre où on espérait arriver à 
maturité. 

FRUSQUER : Donner. (Co- 
lombey.) 

FRUSQUES : Vêtements. Abré- 
viation du vieux mot frusquin : 
garde-robe, bien mobilier. — 
i( Les vêtements, en terme géné- 
rique, sont des /rM5^ue5; une pe^ 
litre est un habit ou une redin- 



FUR — i85 — FUS 

goie; ie pantalon est un mon- ' {Impressions du siège de Belfort, 
tant. 1 (Mornand.) V. Bibloter, ' 70.) 

FRUSQUIN : Coquetterie de [ FUSÉE : Vomissement. —Al- 
toilette. (Halbert.) lusion à la violence de la pro- 

FRUSQUINER : Habiller. (Vi- if ^»?"- 7 « ^'If q"' /"^«r*;^^^^^ 

A^.ry\ S ™'^ * ^®**'® *"" renard qué- 

^^''^•^ tait comme un' fusée d* la fête 

FRUSQUINEUR : Tailleur, du premier vendrémiaire.» (Ca- 

(Vidocq .) téchisme poissard, 40.) — « Nous 

t?fTMif> . r»^A\^»\^^M,.* t%«r^.t allumâmes un punch de six 11- 

FUMb ' .R«<1\'=«'«™«"' P*'^"- très... Gare les fuséesl » (Mi- 
— a Trahison! nous sommes , . 

fumés. » (Mélesville.) ^^^'' 

FUMER : Se battre. (Grand- FUSIL : Gosier. — Allusion à 
val.) la forme ronde et creuse du fu- 

ciiMiro ciTMiTD cAMc TA «il— «A présent, mon vîeux, 
oi^^L^^'.r^îî.^^ !-^ n • colle-toi ça dans le fusil. -Une 
BAC : Bouillir d'i ni patience. Qui bouteille de vitriol m'eût moins 
bout fume. - « J ai cent mille ^^^^^^^ ^ {Commentaires de Lo- 
fois, étant au bivouac , fumé . ^ . ^ 

sans tabac. » (Duverny, i5.)— '' 

« Ma femme à la mod' va se con- \ Repousser du fusil : Sentir 
former et cela va me faire fu- ' mauvais de la bouche. Jeu de 
mer. » (Metay.) mot. V. Écarter. 

FUMERONS : Jambes mai- FUSILLER : Envoyer de pè- 
gres. — Allusion de forme. Le tits crachats en parlant. V. Écar» 
fumeron est un gros brin de fa- ter, 
got. V. Gueule. 

' FUSILLER : Donner un mau- 
FUMISTE : Trompeur, mys- vais dîner. — Usité dans l'ar- 
tificateur. Mot à mot : homme mée. 
qui Ï2l\X fumer les gens. 

Fusiller le plancher : Partir en 

FURIA FRANCESE : Impé- courant. — Comparaison du 

tuosité qui caractérise la pre- bruit sec des pas sur le plancher 

mière Attaque d'une troupe fran- aux détonations de la mousque- 

çaise. — Italianisme. — % Les lerie. — Tien^l les deux autres, 

commandants supérieurs met- qui fusillent le plancher. — En 

tentdes entraves à l'élan, à l'im- effet, les deux hommes venaient 
pulsion, à la furia francese. » , de partir. » (Du Boisgobey.) 



GAIG 



— 186 — 



GAL 



Gt 



GABEGIE : Fraude. Du vieux 
TOOt gaberie: tjpomperie. —«As- 
surément, il y a de la gabegie là- 
<lessous. » (Desiys.) 

GABELOU : Employé des 
contributions indirectes. — Du 
mot gablaux : officier de gabelle. 
— ce Bras-Rouge est contreban- 
dier... il Ven vante au nez des 
gat)elous. » (K. Sue.) 

GÂDIN : Bouchon. ( Ràbasse.) 

GADOUE : Salope. — Du vieux 
mot gadoue : ordure. — c File, 
mon fiston, roule ta gadoue, 
mon homme, ça pue. » .{Caté- 
chisme poissard j 44.) 

GAFE, GAFEUR, GAFRE : 
Soldat en sentinelle, voleur aux 
aguets pour ses complices, sur- 
veillant de prison. Ce terme vient 
du Midi, où gaffé se dit pour re- 
cors, parce qu'il saisit comme la 
perche à croc appelée gaffe. 

GAFER, GAFFER : Guetter. 
•(Vidocq.) 

GAFFE (faire le) : Faire le 
guet. (Rabasse.) 

GAFFIER, GAFFRE : Sur- 
veillant. — c Le A gaffiers sont 
plus mouchiques que lago. > 
(Rabasse.) V. Gafe, 

GAGAT : « Les gagats, c'é- 
taient primitivement les bouil- 
leurs et les forgerons de Saint- 
Étienne ; puis le mot s'est étendu 
à tous les habitants de la loca- 



lité sans distinction.» (Rnthery.) 

GAI : Excité, égayé par la 
boisson. — a Avoue-le, l'autre 
jour j'étais un peu lancé, n'est- 
ce pas? — Oh ! gai tout au plus. » 
(Chavette.) 

G A IL : Cheval. <Colombey.) 

— Abréviation de galier, 

GAITTE : Argent. (Rabasse.) 
Pour ( uelte, 

GALAPIAT: Galopin.— Modi- 
ûcation de finales. — a II dit aux 
avocats : Vous êtes un tas de 
galapiats qui vous fichez du 
monde. » (Balzac.) 

GALBEUX : Bien modelé, sé- 
duisant de galbe. — ail n'est pas 
très-galbeux, mais je le crois très- 
roublard. D (Du Boisgobej.) 

GALE : Personne aussi incom- 
mode et insupportable que la 
gale. 

GALETTE : Matelas. {Petit 
dictionnaire d'argot, 44.) — Le 
nom dit assez qu'il s*agit d'un 
matelas mince. 

GALETTE : Homme nul et 
plat; contre-épaulette portée au- 
trefois par les soldats du centre. 

- a Pour revêtir l'uniforme et 
les galettes de pousse-cailloux. » 
(La Bédollière.) ^^ 

GALIENNE, GALIÈRE : Ju- 
ment. (Halbert.} V. ce mot. 



GftUER, GALLEER : Cheval. 
— Vieux mot. Dans la Vie et 
saint Crisiophe (Lyon, i53(0, trn 
larron s'écrie : 

Cap de Dia I loat «1 deipcndn : 
J'il mon aibxIfaK Hou^e, 
Et 1c golier pitfA lendB. 

GALIFARD : " CommîMion- 
nflire, sautc-ruiiseaux qui porte 
au clienl les m arc h h ii dises ven- 
duei BU Temple. > (Mornand.) 

GAUOTTE, GAYE : Partie 
entamée entre une dupe et deui 
grecs. — Le second mot tat une 
abréviation. 

GALOCHE:MenInn.(Halbert.) 

GALON D'IMBÉCILE : Galon 

de soldat de première classe. Il 
était donné autrefois h l'ancien- 
neté et non au mérite. — On 
rencontre l'équivalent de ce moi 
dans les autres grades. — c II 
passa capitaine à l'ancienneté, à 
son tour de béle, comme il di- 
sait en rechignant. » |E. Aboul.) 

GALONS [arroser ses) : Payer 
à boire lorsqu'on est promu 
sous-oflicier. — • Je ne dis pas 
que... avec les camarades, pour 
arroser mes galons. > (Cormon.) 

GALOP : Réprimande éner- 
gique. — « Tu as tant fait, que 
ma mire va me donner un ga- 
lop. «(Champfleury.) 

GALOUSER : Chanter. [Hal- 
berl.) — Interversion de goualer. 

GALTRON : Poulain. (Hal- 
bert.) — Diminutif de galier : 

GALUCHE : Galon. {Colom- 

hty.) — Changement de finale. 

GALUCHER:Galonner.-ïJ'Ii 



Î7 — OAM 

ferai porter fontangelotaiiiiltarf 
galuchés. > (VLdocq.) 

GALUCHET : Valet de carte».' 

— Mot A -mot : fcalonni. AJIusion 
e,\ix galon» de ta. livrée. -^aCinq 
atouts par le monarque, ion 
épou» etle galuchet. i (Monté- 
pin.) 

GALURIN : Chapeau. — Go- 
lurin à viskop : Qiaptau à lar- 
ges bords. 

GALVAUDAGE : Tripotage. 

— f Surtout pas de galvaudage 
ni de chipoteries. » (Balzac.) 

GALVAUDE" (se) : Compro- 
mettre sa réputation par des 
galvaudages. — • Peut-être au- 
rait-il pu trouver un emploi mé- 
diocre, mais Delobelle ne voulait 
pas segalvauJer.i(Alph. Daudet.) 

GAMBETTIN , GAMBETTI. 
NE : Qui est de Gambeitx, qui 
soutient Gambetla. t Poarquoi 
qualilîail-il la politique gambet- 
lineî)i(F. Magnard, 75.) 

GAMBETTISTE : Partisan de 
Gambetta, fonctionnaire nommé 
par Oambetla pendent l'organi- 
sation delà défense en province. 

— a 11 7 a dix journaui qui 
m'ont appelé gambetiisie,»(Saint 
Gcnest, 75.) 

GAMBILLE : Jambe. Diminua 
tif du vieux mot : gambe. 

GAMBILLER : Danser.— Vieux 
mot de langue romane. V. Cif 

GAMBILLEUSE : Cou'euse de 

GAMBRIADE : Dame bien 
mise. (Rabaase) 

GAME : Rage, hydrophobie. 
(Halbert.) C'est un vieux mot. 



GAN 



— I 



88 — 



GAR 



GAMME : Admonestation se- 
▼ère. Allusion au crescendo des 
reproches. 

Monter une gamme : Gronder, 
tancer. — Même allusion. 

GANGE : Clique. (Halbert.) 

GANDIN : Dandy ridicule. Al- 
lusion à l'ex-boulevard de Gand, 
qui fut leur promenade favo- 
rite.— a L'œillet rouge à la bou- 
tonnière, les cheveux soigneu- 
sement ramenés sur les tempes, 
le faux-col, les entournures, le 
regard, les favoris, le menton, 
les bottes; tout en lui indiquait 
le parfait gandin, tout, jusqu'à 
son mouchoir fortement impré- 
gné d'essence d'idiotisme. > (Fi- 
garo, 58.) 

GANDfN : Tromperie. — Du 
vieux mot gandie : tromperie. 

Monter un gandin : Dans l'ar- 
mée d'Afrique, c'est essayer de 
consommer sans payer le caba- 
retier ou maltais. — « Au Tem- 
ple, tromper un client, c'est 
monter un gandin. > (L. Lespès.) 

- Gandin d'altèque : Croix, dé- 
coration. (Vidocq.) Mot à mot : 
tromperie aristocratique. 

GANDINE : Grisette. (Rabasse.) 

GANDINERIE, GANDINISME; 
Genre du gandin. — ce La popu- 
lation du quartier Latin aspira 
à la gandinerie, elle n'eut plus 
qu'un but, le luxe. j> (Le Passé 
de ces Dames, 1860.) —ce Le 
gandinisme, c'est le ridicule dans 
la sottise. » (G. Naquet.) 

GANTER : Convenir, mot à 
mot : aller comme un gant. On 
dit : cela me gante ! comme cela 
me chausse. 



GANTS (donner pour les) î» 
Donner une gratification en susj 
du prix convenu. — Cette ex- : 
pression était prise au xvii* siè- 
cle dans l'acception générale de 
pourboire. Elle venait de l'espa* 
gnol paragante. — c Et le luy 
rendoit movennant tant dtpa>a* 
gante. » (T. des Réaux.) 

GANT JAUNE : • Quand on 
dit d'un homme qu'il porte des 
gants jaunes, qu'on l'appelle un 
gant jaune, c'est une manière 
concise de dire : un homme 
comme il faut. ]>(Alph. Karr,4i.) 
— c Quand on a relevé les cada- 
vres des émeutiers', qu'a*t-on 
trouvé en majorité ? Des malfai- 
teurs et des gants jaunes I » dit 
M. Granier de Cassagnac dans 
son apologie du coup d'État de 
Louis Napoléon. 

GARÇON DE CAMBROUSE : 

Voleur de campagne. — Au 
moyen âge, garson signifiait 
souvent vaurien. — c La cognade 
à gayet servait le trèpe pour lais- 
ser abouler une roulotté farguée 
d'un ratichon, de Chariot et de 
son larbin et d'un garçon de cam- 
brouse que j'ai reconobré pour 
le petit Nantais. » (Vidocq.) 

GARDANNE : a Si par rognu- 
res vous entendez les morceaux 
de coupons de soie, ou gardan^ 
nés, vous ne vous êtes pas in- 
quiété d'une branche fort lucra- 
tive de l'industrie parisienne. » 
(Privât d'Anglemont.) 

GARDE A CARREAU (avoir 
une). Se garder à carreau : Se 
tenir prêt à parer tout accident. 
Ce doit être un jeu de mots an- 
cien. Carreau signifiait )f<dis : 
trait, projectile. — a Je m'aper- 



GAR 



— 189 — 



GAT 



çus bientôt qu'il avait plusd*une 
garde à carreau. » {Mémoires de 
RopigOf 29.) 

GARÉ DES VOITURES: Pru- 
dent , rangé. — Allusion aux 
dangers de la circulation pari- 
sienne. — c Je suis honnête 
homme maintenant... un bour- 
geois garé des voitures. 9 (M"* 
Ratazzi, 66,) 

GARGAMELLE : Gosier. — 
Vieux mot. 

GARGARISER (se) : Boire à 
pleines rasades. C'est l'équiva- 
lent exact de se rincer le gosier, 
V. Taper sur les vivres, 

GARGOT : Gargote. — Abré- 
viation. — c Dans les crémeries 
borgnes et dans les gargots de 
la grande truanderie. » (P. Par- 
fait.) 

GARGOUENNE, GARGOUI- 
NE, GARGOINE, GARGOUIL- 
LE, GARGUE : Gosier. — Tous 
ces mots dérivent du dernier et 
doivent être aussi anciens que 
lui. — Nous disons encore g^ar- 
gouille et gargariser, — « La gar- 
gouine me démange, il faut l'hu- 
mecter, c' gosier, afin d' pouvoir 
recommencer. » {Catéchisme 
poissard f 44.) — <r Ouvre la gar- 
gouine. Prends le Dout de ce 
foulard dans tes quenottes. » 
(E. Sue.) 

GARIBALDI (coup de) : Coup 
de tête donné par un malfaiteur 
à celui qu'il veut dépouiller le 
soir dans la rue.— « Arrivé près 
de sa victime, il se précipite sur 
elle en lui donnant un violent 
coup de tête dans l'estomac. Ils 
appellent cela le coup de Gari- 
baldi. 9 {Notes d'un agent, 69.) 



GARIBALDI : Courte chemisa 
rouge, petit chapeau de feutre. 

— Allusion au costume du fa- 
meux patriote italien. — « On 
peut faire le dandy, le Garibaldi 
sur le coin de l'oreille. • {Le 
Gai Compagnon maçon,) 

GARNAFIER, GARNAFLE i 
Fermier. 

GARNI : Chambre garnie. — 
a Un lit en bois peint, une com- 
mode en noyer, un secrétaire en 
acajou, une pendule en cuivre, 
des vases de porcelaine peinte, 
cela s'appelle un garni. •(Champ- 
fleury.) V. Poussier, 

GARNI : Petit hdtel meublé. 

— € Une maison garnie s'ap- 
pelle aussi un garni en raison du 
bas prix des loyers. » (E. Sue.) 

GARNISON : Vermine à de- 
meure dans un lit ou sur un in- 
dividu. V. Grenadier, Négresse. 

GARROTAGE (vol au) : C'est 
le même que le vol du père 
François, (V. ce mot.) Ici la 
courroie est assimilée au garrot 
espagnol qui étrangle les crimi- 
nels. 

GAS : Malin. — a L'employé 
était un gas. » (Stamir, 67.) — 
Mot à mot : un garçon. 

GATEAU (avoir du) : Avoir 
sa part de vol. (Rabasse.) 

GATEAU (papa, maman) : Se 
dit des parents qui gâtent leurs 
enfants. — • Jeux de mots sur le 
verbe gdter, et sur le gâteau qui 
le représente d'ordinaire vis-à- 
vis des enfants. — « Soit que le 
hasard, — ce papa gâteau des 
rêveurs, —ait à leur endroit des 
préférences spéciales. » (Marx.) 

II. 



GAV 



J90 — 



GAZ 



GATEUSE : Longue capote à 
la mode en 187S. Allusion aux 
capotes de la Salpétrière, hôpi- 
tal réservé aux gâteux. — « Un 
petit gommeuK complétenoent 
crevé dit au cocher d'une voix 
éteinte, du fond du grand collet 
•de sa gâteuse, "i (Figaro^ ^b,) 

GATEUX : Imbécile. — Ac- 
ception figurée d'une infirmité 
connue. Bien qu'elle soit assez 
mal-propre, on en use pour rem- 
placer idiot et infect, qui ont 
fini par sembler fades. — « Puis 
il £iut avouer, me dit M. de B..., 
que cet Allemand est un joli gâ- 
teux. » {Nord, septembre 72) 

GAUCHE (la) : Le parti de 
l'opposition démocratique. — 
Ainsi nommé parce qu'il se place 
d'ordinaire au côté gauche de 
nos assemblées législatives. — 
« Des sommets de la gauche, il 
fit pleuvoir des interpellations » 
<E. d'Hervilly.) 

GAUCHE (donnera) : Se trom- 
per. Mot à mot, s'écarter de la 
ligne droite. 

GAUCHER : Membre de la 
gauche de l'Assemblée nationale. 
— a Y a pas mal de différence 
entre les gauchers et les droi- 
tiers. > (Figaro, 76.) 

GAUDILLE : Épée. (Grand- 
val.) 

GAUDINEUR : Décorateur. — 
Du vieux mot gaudiner : s'amu- 
ser. La gaieté des peintres en bâ- 
timent est proverbiale. 

GAULÉ : Cidre. Mot à mot : 
Vim gaulé dans les pommiers. 



écrivain que de dire : Vous êtes 
Gaulois. L'esprit gaulois, c'est<*à« 
Jire la belle humeur triviale, est 
devenu un anachronisme. » (Au- 
bryet.) 

GAUX-PICANTfS : Poa. 
Grandval.) — Hàlbert dïtépoux, 
ce qui n'est pas la même chose, 
mais ce doit être une faute d'im« 
pression. 

GAVÉ, GA VIOLÉ : Ivre. Mot 
à mot : gorgé jusqu'au gosier.*?— 
Du vieux mot gaviot, 

GAVOT : Compagnon. V. Dé^ 
vorant. 

GAVROCHE : Gamin. — Type 
des Misérables de V. Hugo. — 
(c Augustine Brohan en gavro- 
che. » ( Vie parisienne, 67!) 

GAY : Lai^l, drôle. (Vidocq.) 

GAYE : Fausse partie. V. Ga- 
liotte, 

GAYE, GAYET : Cheval. — 
Abréviation de galier. V. Gar» 
çon, 

GAYERIE : cavalerie. 

GAZ (éteindre son) : Mourir. 
Mot à mot : s'éteindre tout à 
coup comme un bec de gaz. — 
c La pauvre vieille éteint son 
gaz... Une indigestion «Vandouil- 
lettes. > (About.) 

GAZ (lâcher le) : Péter. — Al- 
lusion à la nature et au bruit de 
I^xpulsion. — « D'autres dans 
un coin, mais sans honte, lâ- 
chent le gaz et font des renards.» 
(Chansùnnier, 36.) 

GAZ (faire son) : Aller à la 
garde-robe. {Grandval.) 



GAULOIS : c Autrefois c'était 
peut-être un compliment à un 1 GAZON : Perruque mal pei-* 



GER 



— 191 — 



>GIG 



gnéc, ébouriffée comme une 
touffe d'herbe. 

GAZOUILLER : Parler, chan- 
ter. — Vieux mot — « Laquelle 
de tous les deux qu'a le plus de 
choses dans le gazouillageî » 
(Vadé, 1788.) 

GÊNEUR : Importun, causeur 
gênant. — a On nfc pouvait plus 
faire un pas dans la rue sans 
rencontrer un de ces géneura» » 
;P. Véron.) 

GENEVIÈVE : Gin. Jeu de 
mots sur le genièvre qui est la 
même chose que le gin. 

GENOU : Tête aussi nue qu'un 
genou, et II ébauchait une calvi- 
tie dont il disait lui-même sans 
tristesse : Crâne à trente ans, 
genou à quarante. » (V. Hugo.) 
— « Dire au vieux monsieur : 
lâchez-moi donc le coude, mon 
bonhomme, et à Chaillot le 
genou qui renifle. 1» (G. Rémi, 
Tam-Tanty 73.) 

GENREUX. : Homme qui &it 
du genre, poseur ridicule. 

GENTLEMAN : Gentilhomme, 
dans la langue des anglomanes. 
-:- « Nous sommes certes de par- 
faits gentlemen. » (Frémy.) 

GENTLEMAN RIDER -.«Hom- 
me du monde qui monte dans 
les courses. )» (Paz.) 

GENTRY : Société aristocra- 
tique. — « Imposant à la gentry 
par «on nom et sa fortune. j> 
(Aubryet.) 1 

GEORGET : Gilet. — Vieux 
mot. 

GEREE : An >d& prison* (Ra- 
basse.) 



GERBER : Juger. (Vidocq.) 
Mot à mot : réunir tous les actes 
de la vie passée, en faire une 
gerbe, un faisceau pour l'accu- 
sation ?V. Manger, 

Gerber à la passe : Condam- 
ner à mort. — On dit souvent 
en parlant de la mort : Il faut la 
passer, — « On va le buter. Il est 
depuis deux mois ,gerbé à la 
passe. > (Balzac.) 

GERBERIE : Tribunal. (Vi- 
docq.) 

GERBIER : Juge. (Vidocq.) 

GERN AELE : Ferme. — Pour 
garnafle, 

GÉRONTOCRATIE : Puis- 
sance de la routine représentée 
au théâtre par le type deGéronte. 
M. James Fazy, de Genève', a dé- 
buté dans les lettres par un ou- 
vrage intitulé : De la Géronto- 
cratie, ou Abus de la sagesse 
des vieillards dafis le gouverne- 
ment de la France, 28. 

GI : Oui. (Halbert.) V. Gy. 

GIBERNE : Derrière. — Allu- 
sion à la place ordinaire de la 
giberne. — « Il donne en riant 
une légère tape sur la giberne 
de Léa. Léa ; Insolent. » (L. Le- 
roy.) V. Pinceau, 

GILBOCQUE : Billard. (Hal- 
bert.) — Onomatopée. C'est le 
bruit de la bille qui en rencon- 
itre une autre. 

GIGOLETTE : Grisette, f«u-' 
bourienne courant les bals pu^ 
blics.. 

GKoOLO : Petit jeune homme 
fréquentant les lieux où se ren- 
contre la gigolette. 



GIR — I 

SI tu veux être ma gigolettei 
Oui, je serai ton gigolo. . 

(Chanson populaire, i85oJ 

GILET EN CŒUR : Élégant, 
fashionable. — « Lundi vous trou- 
viez au Théâtre-Français les gi- 
lets en cœur les plus brillants 
de Paris. » (Figaro, 76.) — La 
description suivante donne l'éty- 
mologie du mot : « Cela fait, 
regagnez votre domicile, glissez 
les jambes dans un pantalon si- 
mulant la vis au cou-de-pied ; 
encadrez le plastron de votre che- 
mise dans un gilet ouvert jus- 
qu'au nombril, et endossez Tha- 
bit noir préalablement orné d'un 
oeillet blanc. » (Marx, 67.) 

GILMONT : Gilet. — Chan- 
gement de finale. 

GINGINER : Faire une œil- 
lade. — « Elle gingine à mon 
endroit... > (Gavarni.) 

GINGLARD, GINGLÉT ; Pi- 
quette. — Du vieux mot gin- 
guet : petit vin aigre. — Le vin 
nouveau qui est aigre s'appelait 
jadis jâfit. V. Lacombe. — a Nous 
avons arrosé le tout avec un pe- 
tit ginglard à six qui nous a fait 
éternuer... oh ! mais, c'était ça ! » 
(Voizo.) 

GING U ER : Envoyer des cou ps 
de jambe. — Du vieux mot gigue, 
jambe. 

GIROFLE : Jolie, aimable, 
bonne. — c Montron drogue à sa 
largue : bonnis-moi donc giro- 
fle. » (Vidocq.) - V. Coquer. 

GIROFLÉE A CINQ FEUIL- 
LES, A PLUSIEURS FEUILLES : 
Soufflet. — Les cinq feuilles re- 
présentent les cinq doigts de la 



92 — GLI 

main. — « Je vous lui donnai 
une giroflée à cinq feuilles sur le 
musiau. » (Rétif, 1783.) 

GIROFLERIE: Amabilité. (Vi- 
docq.) — De girofle : aimable. 

GIROFLETTER : Souffleter. 

— De giroflée: soufflet. — « Ah l 
l'a-t-elle girofletté ! » (Balzac.) 

GIROLLE : Oui, soit. (Vi- 
docq.) 

GIRONDE : Jolie, bien faite. 
(Rabasse.) 

GIROUETTE : Homme poli- 
tique dont les opinions chan- 
gent selon le vent de la fortune. 
On a publié depuis 181 5 quatre 
ou cinq dictionnaires de Gi- 
rpuettes. 

GITRE : J'ai. (Grandval.) Mot 
à mot ifitre. (V. ïtrer.) Vidocq 
donne à tort, croyons-nous, le 
verbe gitrer, 

GIVERNEUR : Vagabond cou- 
chant dans la rue. (Vidocq.) 

GLACE : Verre à boire. 
(Grandval.) De l'anglais glass qui 
a le même sens. 

GLACl : Verre de vin. (Ra- 
basse.) — Terme maçonnique. 

GLACIÈRE PENDUE : RéS. 
verbère. (Halbert.) V. Pendu, 

GLACIS : Vitres, carreaux. (Ra- 
basse.) 

GLAVIOT : Crachat. — Dhau- 
tel dit Claviot. 

GLIER, GLINET : Diable. 
(Grandval.) 

GLISSANT : Savon. (Vidocq.) 

— Se fait glisser. 

GLISSER (se laisser glisser) : 
[ Mourir. — On dit plus souvent : 



GNA 



- T93- 



GOB 



tifttt laiui glitser. Quand on 
glicce, on tombe, et c'est de la 

grande chute qu'il s'agit ici. — 
■ C'est Ti (A un restaurant de la 
chiuïtée du Maine), que i'al ap- 
pris, entre autres bizarreries, les 
dix ou douze manières d'annon- 
cer la mort de quelqu'un : Il a 
cassjsa pipe, — il a claqué, — il 
a perdu le goAt du pain, — il a 
■vaW sa langue, — il s'est ha- 
billf de sapin, ^ il a glissé, — 
n a décolle le billanl, — il a cra- 
ché SOI. «me, g etc., etc. (Dcl- 
vau.fiS.) 

GLORIA : Petit verre d'eau-de- 
vie versé dans une demi-tasse. — 
De même que le gloria patri se 
dit il la fin des psaumes, ce gloria 
d'un autre genre est la fin obli- 
gée d'un régal populaire. — f A 
la chaleur d'une demi-tasse de 
café bénie par un glorïa quel- 
conque. » (Balzac.) 

Gloria : Petite demi-tasse. — 
< Ne fût-ce qu'une absinthe ou 
un gloria. > (About.) 

GLORIEUSES (les) : Les trois 
journées de la révolution de i83o, 
qualifiées ordinairement àtglo- 
rittises dans le langage officiel 
d'alors. — « Les trois journées 
de février qui répondirent aux 
glorieuses de i83o avec une si 
fatale symétrie, n (Aubryet.) 

GLOU-GLOU : Action de ver- 
aer du vin t la ronde, — Har- 

quide en s'échappantdu goulot. 
V. Absorption. 

OLUTOUSE (la) : U figure. 
(Re basse.} 

GNAN-ONAN : Mais, maise. 
'- Redoublement du vieux mot 



niant s rien. Talma écrit à ma- 
dame Bourgoin, le 19 septembre 
a5 : ( Vous avei prouvé au pu- 
blic et i vos camarades que voua 
êtes en état de jouer autre chose 
que de* gnans-gnans. a 

GNIAF, GNIAFFE : Savetier, 
et par exiendon : homme gros- 
sier, mal élevé. — « C'est le cor- 
donnier gniaffe que nous nous 
sommes propose surtout de pein- 
dre. > (P. Borel.)— ■ Je dis, 
monsieur le baron, que VOUS êtes 
un gniaf, et que vous me prenez 
pour un autre, i (E, Villars.) 

GNIOL,GNIOLLE, GNOLLE: 
Sans valeur intelleciuelle, niais. 
— Vient de gnaa-gnatt avecchan- 
gement de finale. On a écrit ce 
mot de toutes les façons. La plus 
ancienne, celle de i8o5, doit 
être préférée. — a Des journa- 
listes irïs-ignorants se servent 
du mot césarisme dans une tris- 
mauvaise acception. Il fautavoil' 
été de l'hdtel de ville pour £tre 
aussi gniol que cela. » (J. Ri- 
chard.) — <Mais il est si gniolle, 
ce gouvernement! il est si fei- 
gnant I si propre A rien. » (Mon- 
lépin.) — I Pas si gnolle, c'est 
des gosses, fa. » (Rousteliana, ' 
95.) 

GNOGNOTE : Chose sans va- 
leur. — Même élymologie que 
gnangnan. — a Josepha... cest 
de la gnognole. a (Balzac.) 

GNOLE : Tape. — Abrévia- 
tion de Torgnole. — ■ Quoi! tu 
n' peux ly hche une gnole des- 
sus la tronche. > {Dialogues 
poissards, XTiii" siècle.) 

GOBANTE (femme) : Femme 
Irès-séduisante. Mot i mot : vous 



OOB 



— 194 - 



GOD 



gobant, vous prenant tout entier { 
à première vue. 

GOBBE : Calice. (Vidocq.) — 
Abréviation de Goblet, 

GOBE- MOUCHE : Espion. 
(Halbert.) Mot à mot : mouche, 
faisant métipr de gober (avaler) 
les gens. V. Mouche. 

GOBÉ (Être) : Être bien ao- 
•cueilli. (Kabasse.) Mot à imot : 
•être fort goûté par les gens. 

GOBELET (sous le) : Sous les 
verrous, en prison. (Rabasse.) 

— Comparaison du prisonnier 
à la muscade couverte par le go- 
belet d'un escamoteur en plein 
vent. 

GOBER (la) : Mourir, être 
victime d'un accident. — ce Ce 
poUron-là, c'est lui qui la gobe 
le premier. » (L. Desnoyers.) V. 
Billet {donner son). 

GOBER : Être fort épris. 

GOBER (se) : Se croire une 
supériorité. — «c A la fenêtre 
•d^un restaurant^ deux cocottes 
dégustent des huîtres... — Moi, 
dit Gavroche, j'aime pas les fem- 
mes qui se gobent. » (Brévannes, 
67.) 

GOBESON : Verre. (Vidocq.) 
«- Diminutif de Gobhe, 

GOBETTE : Verre. (Halbert.) 

— tt Je n'ai pas le sou. 11 faut 
tout de même gagner de quoi 
payer la gbbette (verre de vin) à 
la cantine. » (P. de Grandpré.) 

GOBEUR, GOBEUSE : Hom- 
me crédule, femme crédule. — 
a Venu au monde avec toute la 
naïveté d'esprit qui constitue le 
gobeur, je rencontre à chaque 



instant des sceptiques. » (A. 
Marx.) 

GOBICHONNADE : Régal, 
festin. — De gobichonner. -*- 
a En avant la gobichonnade 1 n 
(Labiche.) 

G()BICHONNER : Se régaler. 
— Diminutif du vieux mot Go- 
biner. — « Il se sentit capable 
des plus grandes lâchetés pour 
continuer à gobichonner de bons 
petits plats soignés. » (Balzac.) 

GOBICHONNEUR : Gour- 
mand. — t Le roi, le triompha- 
teur des gobichonneurs. » (La 
BédoUière.) 

GOBILLEUR : Juge d'instruc- 
tion. (Halbert.) — Il avale (go- 
bille) les réponses du prévenu. 

GOBSECK : Usurier. — Nom 
d'un type de la Comédie liU" 
maine, de Balzac. 

Avec son cortège damné 
De Gob&uks à lu mine blette. 
Qui vous disent d'un ton peiné : 
a Ça fa tonc bas vort, la roujede ? « 

(G. Jollivet.) 

GODAN :Conte/afVà plaisir. 
— Du vieux verbe >Goder, se ré- 
jouir, s'amuser (gaudere.) — 
<t Quand on parle de doctrines 
nouvelles aux gens qu'on croit 
susceptibles de donner dans ces 
godans-là. i> (Balzac.) 

GODARD : Mari d'une femme 
qui accouche. 

Bientôt ma femme accouche ; 
J* suis d'abord Godard. 



{ChansottSi Toulon, 3o.) 

Mole leur a dit : ergo giu J 
Servez Godard, sa femme accouche I 
\ Ce ne sera pas par ma 'bouche 



Que redit sera lu, te'il Test; 
Il ne me plaist pas. 

(Le Courrier burlesque^ i65o, i« par- 
tie.) 

GODDEM : Anglais. — Allu- 
sion au juron favori des An- 
glais. 

Un gros Auvergnat, piqué }asqu*au vif, 
Au Goddem mettant le poing sous le pif. 

(Festeau.) 

GODICHE, GODICHON : Ri- 
dicule. — a Que tu es donc go- 
diche, Toinon, de venir tous les 
matins comme ça! » (Gavarni.) 

GODILLER : Être allumé par 
le désir, convoiter charnellement. 
Pour l'origine de ce mot, il faut 
se reporter au mot gaudille qui 
a été pris au figuré. 

GODILLEUR î Convoiteur. 

GODILLOT : Soulier de sol- 
dat, et par extension : mauvais 
soulier. C'est le nom d'un four- 
nisseur, appliqué au produit fa- 
briqué sans doute par beaucoup 
d'autres. 

GPPFEUR : Serrurier. (Co- 
lombey.) 

GOGO î Dupe, homme trop 
crédule, facile à tromper. — Abré- 
viation du mot gogoyé : raillé, 
plaisanté. Villon parah déjà con- 
naître gogo dans la ballade où 
il chante les charmes de la grosse 
Margot qui... 

Riant, m'assit le poing sur le sommet, 
Gogo me dit, et me lAohe un gros pet. 

— « C'est encore ces gogos-là 
qui seront les dindons de la 
farce. » (E. Sue.;) — a Avec le 
monde des agioteurs, il allèche 



^195- 



GOÎ 



le gogo par l'espoir du divi- 
dende. » (Deriége.) 

GOGUENAUX : Lieux d'ai- 
sance. — « Il fumera dans les 
goguenaux aux jours de pluie.» 
(La Cassagne.) 

GOGUENOT : Grand quart, 
\'ase de fer blanc de la contenance 
d'un litre dont se munissent ies 
troupiers d'Afrique. Il va au 
feu, sert à prendre le café, s'uti- 
lise comme casserole et comme 
gobelet. 

GOGUENOT, GOGUENEAU : 
Pot de nuit, baquet servant de 
latrines portatives. — « La meiN 
leure place, la plus éloignée de 
la porte, des vents coulis et du 
goguenot ou thomas. i (La Bé- 
dollière.) 

GOGUETïER: Membre d'une 
goguette. — a Le goguetier est 
Parisien, il est chansonnier, il 
aime .la musique, les refrains 
bruyants. C'est d'ailleurs un ou- 
vrier laborieux et honnête. » 
(Berthaud.) 

GOGUETTE : Société chan- 
tante. — Au moyen âge, ce mot 
signifiait : Amusement, réjouis- 
sance. — a II y a environ trois 
cents goguettes à Paris, ayant 
chacune ses affiliés connus et ses 
visiteurs. » (Berthaud.) 

■GOINFRE .: Chantre. — Allu 
sion à sa bouche toujours ou- 
verte pour chanter aux offices. 

GOITREUX : Niais. — Cette 
injure est une variante de crétin; 
on sait que les crétins sont '.gé- 
néralement ^itreux. — «t'UvîenPt 
à Bullier deux sortes de gens, 
Tune composée de jeunes goî- 
treux de Tautré côté de Teau, de 



GOS 

ramollis aux ongles roses. » (A. 
Brun, 67.) 

GOMME (haute) : Fashion ri- 
dicule de l'un ou l'autre sexe. 
Allusion à ce que certaines toi- 
lettes ont de trop empesé et de 
trop brillant, c Quelques rensei- 
gnements sur les bas de la haute 
gomme féminine... 11 y en a de 
toutes les nuances... » (F. Ma- 
gnardy yS.) — c Anna est très- 
connue dans toute la haute et 
demi-gomme, i (Vassy, iSyS.) 

GOMMEUX : C'est le petit 
crevé de iSyS. et La haute et basse 
bicherie, les purs gommeux et 
même des journalistes. » (A. 
d'Aunay, yS.) — c Dans notre 
ignorance parisienne, nous ap- 
pelons boyard ce qu'à Saint-Pé- 
tersbourg on désigne sous le nom 
générique de gommeux. » (A. 
Wolff, 75.) 

GONCE, GONCESSE : hom- 
me, femme. (Ra basse.) 

GONZE, GONZESSE : Niais, 
niaise. — a Mais votre orange est 
fichée. Elle n'a point de queue? 
— Allez donc, gonze. d (Vadé, 
1788.) V. Aplomb, Regout, Ra- 
leur. 



COU 

: Paillard. (Hal- 



— 196 — 

GOTÉUR 
bert.) 

GOTON : Fille de mauvaise 
vie. ^ Abréviation de Margo- 
ton. — « Est-ce que tu nous 
prends pour ta goton, avec ta fa- 
miliarité? » (Catéchisme pois- 
sard, 40.) 

GOUALANTE : Chanson. 
(Halbert.) Mot à mot : chati' 
tante. 

GOUALER : Chanter. (Hal- 
bert.) Mot à mot : faire sortir 
du gosier. Du vieux mot goule : 
gosier. 

GOUALEUR, GOUALEUSE : 
Chanteur, chanteuse. (Halbert.) 
— Eugène Sue a donné ce nom 
à l*un des types de son roman : 
les Mystères de Paris. 

GOUAPE : Vie de gouapeur, 
—(C J'aime mieux jouer la poule... 
Parce que t'es un gouapeur, mais 
ceux qui préfèrent le sentiment 
à la gouape, c'est pas ça. » (Mon- 
selet) — tt Mes amis, unissons 
nos voix pour le triomphe de la 
gouape. » (C. Reybaud.) 

GOUAPE, GOUAPEPR, 
GOUAPEUSE, GOUÊPEUR : 
Vagabond, fainéant, débauché. 



GOSSE : Jeune enfant. (Ra- 
basse.)'Abr. de gosselin. 

Gosse : mensonge. — On di- 
sait autrefois gausse. -^ « Conter 
des gausses, faire des menson- 
ges badins. • (Dhautel, 8.) V. 
Gnolle, 



Sans paffes, sans lime, plein de crotte, 
Aussi rupin qu*un plongeur. 
Un soir, un gouépeur en ribote 
Tombe en frime avec un voleur. 

(Vidocq.) 



Le Dictionnaire Margot publié 
à la suite du Cartouche de Grand- 
val (édition non datée, 27?) ne 
donne que la forme gouapeur 
avec la signification « honime 
iw sans asile». On trouve une phy« 

GOSSELIN : V. Être (en). I siologie complète du type dani 



GOSSELIN, GOSSELINE 
Jeune homme, jeune fille. (Ra 
basse.) 



GOU 



— '97 — 



GOU 



une chanson de J.-R. Aubry, qui 
a paru en i836 : te Gouapeur, 
« Pauvre Dupuis, marchand de 
vin malheureux, que de goua- 
peurs tronipèrent ta confiance!» 
(Monseleî.) — « Quant aux va- 
gabonds adultes qu'on 'désigne 
en style d'argot des gcuêpeurs. » 
(M. Christophe.) 

GOUAPER, GOUÊPER : Va- 
gabonder. — <K J'ai comme un 
brouillard d'avoir gouêpé dans 
mon enfance avec un vieux chif- 
fonnier. y> (E. Sue.) 

GOUAPEUR : a Les prison- 
niers occupés aux travaux des 
ateliers sont désignés sous le 
nom de gouapeur par ceux qui 
ne font rien. » (Rabasse.) — Iro- 
nie, V. Gouape. 

GOUÉPEUR : V. Gouape. 

GOUGNOTTE : V. être (en). 

GOUJON (avaler le) : Mourir. 
— « Quoi qu'on dise et quoi 
qu'on fasse, il faut avaler le gou- 
jon. » (Francis, i5.) 

GOULOT ; Bouche. — Allu- 
sion au goulot de la bouteille. 

Plomber du goulot , sentir 
mauvais de la bouche. — Jouer 
du goulotf absorber des petits 
verres, (il Imanach des Débiteurs.) 

GOULU : Poêle. (Vidocq.) — 
Il est goulu de bûches. 

GOULU : Puits. (Idem.) — II 
ouvre une grande gueule comme 
un goulu. 

GOUPINE : Mise étrange. 
(Halbert.) 

GOUPINÉ (mal) : Mal vêtu. 
(Ra basse.) 

GOUPINER : Voler. - «Voilà 



donc une classe d'individua ré- 
duite à la dure extrémité de tra- 
vailler sur le grand trimar, de 
goupiner. » (Cinquante mille, vo^ 
leurs de plus à Paris^ Paris, 3o, 
in-8.) — « J'ai roulé de vergne 
en vergne pour apprendre à gou- 
piner. » (Vidocq.) 

GOUPLIN, GOUPLINE : Pot, 
pinte. (Halbert.) 

GOURBI : Hutte de brancha* 
ges. — Mot importé d'Afrique. 
— a On fait des gourbis et des 
gabions. » [Commentaires de 
Loriot.) 

GOURDEMENT : Bien, beau- 
coup. V. Pavillonner, Artie, 

GOURER : Tromper. (Hal- 
bert.) Vieux mot. 

GOUREURS : c Les goureurs 
sont de faux marchands qui ven- 
dent de mauvaises marchandises 
sous prétexte de bon marché. Le 
faux marin qui vend dix francs 
des rasoirs anglais de quinze 
sous... goureur. L'ouvrier qui a 
trouvé une montre, d'or et qui 
veut la vendre aux passants... 
goureur, » (Paillet.) 

GOURPLINE : Pinte. (Hal- 
bert.) Ce doit être une altération 
du mot goupline^ qu'un éditeur 
négligent aura défiguré. 

GOUSPIN : Mauvais gamin. 
Diminutif du vieux mot gous, 
chien. — « Quarante ou cin- 
quante jeunes gouspins bruyants 
et rageurs. » (Commerson.) 

GOUSSE : V. Être (en). 

GOUSSET PERCÉ (avoir le) : 
N'avoir pas un sou en poche. — 
« Comment faire quand on a le 
gousset percé? » (Letellier, Sq.) 



GRÀ 



— 19S — 



GRA 



COUTTE : PortioQ d'eau-^de- 
vie (un décilitre en général.) — 
« J'appelai ma mère qui buvait 
aa goutte au petit irou. 1» .(Rétif, 
1783.) V. Fégossier, 

GOYE : Dupe, niais. Signifie 
-aussi chrétien chez les juifs. •— 
« Le goye te mire, k pante te 
regarde, k (Monsdet.) 

GRAILLON : Femme sale. 
Mot à. root : sentant le graillon 
■de la cuisine. 

GRAILLONNER : Parler. (Vi- 
docq.) Du vieux mot grailler : 
•croasser. 

GRAILLONNER : Ecrire. {Pe- 
tit dictionnaire d'argot, 44.) 
Mot à mot : cracher de Tencre 
sur le papier. 

GRAILLONNEUR : Homme 
qui expectore souvent. — a Com- 
me c'est ragoûtant d'avoir affaire 
«vant son déjeuner à un grail- 
lonncur pareil! » (H. Monnier.) 

GRAIN : ECU. (Grandval.) 
C'est un vieux mot qu'on ren- 
contre souvent. Dans la Vie de 
saint Christophe ( Grenoble , 
i53o), deux brigands méditent 
une attaque contre le premier 
passant, c S'il avoit des grains, 
dit l'un d'eux, on lui raseroit le 
mynois. » 

AVOIR UN GRAIN : Dérai- 
sonner. Mot à mot : avoir un 
grain de folie dans le cerveau. 

Avoir un grain : Être ivre. 
^Rabasse.) Même allusion. 

GRAISSAGE : Don d'argent 
fait de la main à la main. On dit 
graisser la patte pour donner de 
l'argent. — a De ià, un grais- 
:sage de patte à celui qu'on veut 
gagner qui constitue le plus clair 



des revenus du pipelet. • (J. Fre- 
vel.) 

GRAISSE : Argent. ^ il y a 
de la graisse^ il y a un bon bu* 
tin à faire. 

Voler à la graisse : Voler au 
jeu. (Rabasse.) Altération de 
Grèce, V. ce mot. 

Voler à la graisse : Se faire 
prêter sur des lingots d'or et sur 
des diamants qui ne sont que 
du cuivne et du strass. (Vidocq.) 

GRAISSE : Gratter. (Halbert.) 
Poster, battre. (Rabasse.) 

Graisser la marmite : Payer sa 
bienvenue dans un régiment. 

Graisser ses bottes : Se prépa- 
rer au départ, et, au figuré : être 
près de mourir , recevoir les 
saintes huiles. 

GRAND BONNET : Évêque. 
(Halbert.) — Allusion à sa mitre. 

GRAND TURC : Formule né- 
gative. — a Ma chère, il pense à 
toi comme au Grand Turc. 9 
(Balzac.) 

GRANDE: Poche. (Colombey.) 
Celle des voleurs doit être grande. 

GRANDE BOUTIQUE : Pré- 
fecture de police. (Halbert.) 

GRANITIQUE : Grandiose, 
impérissable. — Allusion à la 
dureté du granit. — c Ce drame 
pyramidal, obéliscal et graniti- 
que qui m'a fait frémir. » (Alm. 
du Hanneton, 66.) 

GRAS (il y a) : Il y a de l'ar- 
gent. — a Faire tant d'embarras 
quand dans le gousset il n'y a 
pas gras. » (Metay.) V. Train, 
Vole, Graisse. 

GRAS-DOUBLE : Feuille de 
plomb. (Grandval.) Il s'agit ici 



GRE 



— 199 - 



GRE 



de la fcuiMe efnpfloyée pour la 
toiture et enlevée par des voleurs 
qui, la roulant autour du corps, 
sous ies vêtements, se donnent 
.un second gras-double, c*est-à- 
direun embonpoint factice. 

GRASDOUBLIER : Voleur de 
plomb. V. Limousineur, 

GRATOUSE 2 Dentelle. 
(Grandval.) Elle gratte légère- 
ment la peau. 

GRATTE : Abus de confiance. 
— - « Il y a de la gratte là-des- 
sous. » (La Correctionnelle,) 

GRATTE : Gale. (Colombey.) 
— Efiet pris pour la cause. 

GRATTE : Pièce grattée, re- 
tenue en cachette par la coutu- 
rière sur les étoffes confiées par 
la pratique. 

GRATTE- COUENNE : Bar- 
bier. (Halbert.) Mot à mot : 
gratte-peau. 

GRATTE-PAPIER : Fourrier. 
•^ Allusion à ses fonctiont de 
scribe. V. Rogneur, 

GRATTER : Arrêter. (Vi- 
docq.) 

GRATTER : Voler. Mot à 
mot : faire la gratte. — « Au 
diable la gloire, il n'y a plus 
rien à gratter. » (M. SaintHi- 
laire.) 

GRATTOIR, GRATTON : Ra- 
soir. — 11 gratte la peau. 

GREAT ATTRACTION : 

Grande attraction. — Anglica- 
nisme. — f Le great attraction 
de la soirée, c'est le début d'Al- 
bert Glatigny. » (i a Lune, 67.) 

•GREC : Homme faisant métier 
de filouter au jeu, — Ij faut re- 



connaître que rjataaâs le peuple 
grec n'a >été renommé pour sa 
bonne foi. Saint Jérdme l'a dit 
nettement : Impostor et Xjrmcui 
est (épître X ad Furiam). Cicé- 
ron appelait la Grèce Grœcia 
mendax. Toutefois, M. Francis- 
que Michel parait n^avotr trouvé 
un exenijple de la signification 
actuelle que dans un livre de 
1758 : L'histoire des Grecs ou 
de ceux qui corrigent la fortune 
au jeu. 

GRÈCE : Monde des grecs. 
« La télégraphie joue un grand 
rôle dans la Grèce de la bouil- 
lotte. «(Cavai lié.) 

Volera la Grèce : Voler au )eu. 

GRÊCES : Filous s'entendant 
pour offrir à leur dupe un béné- 
fice considérable sur !e change 
des pièces d'or étrangères aux- 
quelles ils substituent, au der« 
nier moment, des pièces faus- 
ses. « Les grèces sont perpétuel- 
lement en -voyage, soit à pied, 
soit en voiture, pour chercher 
des victimes* » (Le Paravoleur, 
26.) 

GREFFER : Manquer de nour- 
riture. (Rabasse.) 

GREFFIER, GRIFFON 5 Chat. 
— Allusion à ses griffes. 

C'est la dabacbe Micfadoa 
Qu'a pomaqné son greficr, 
Qoi {acte par la ^eautot 
Qui le loi refilera. 

Ltdâh Loftoeni 
Loi dit s • Dabadr Mkintm, 
Allez I votre greAler n'est pas pooMqoé; 
Il est dans le roaloo, 
Qoi (ait la duMC mmx trvIoM, 
Avec as bsfaffrc de ieftao^e 
Et n fMdKM de setoa, 

{Cktamem mr^oiùqÊe et la Mère 
HUhel^âU€9ÊtH.Vr.mAA,) 



GRE 



— 200 — 



GRI 



GRËFFIR : Dérober finement, 
comme le chat. (Grandval.) 

GRÊLE : Patron ou mattre 
tailleur. 

GRÊLE : Tapage. (Halbert.) 

— Allusion au bruit de la grêle. 

GRENADIER : Gros pou. Mot 
à mot : pou d'élite. Il faut se 
rappeler ici le sens de Garnison, 
V. ce mot. 

GRENASSE : Grange. (Grand- 
val.) — Vient de grain, comme 
grenier. 

GRENOUILLE : Caisse, grosse 
somme. Mot à mot : réunion de 
grains (écus). V. Grain, On a 
joué sur les mots en écrivant 
grenouille au lieu de grainouille. 

— a II tenait la grenouille. » 
(Vidal, 33.) — « Les soldats s'i- 
maginent toujours que les ser- 
gents-majors mangent audacieu- 
sement la grenouille. » (La Bé- 
dollière.) — ce II a fait sauter la 
grenouille de la société. » (L. 
Reybaud.) 

GRENU, GRENUCHE : Blé, 
avoine. (Grandval.) V. Grenasse, 

GRENUE, GRENUSE : Fa- 
rine. (Idem.) 

GRÈS : Cheval. (Colombey.) 

GRÉSILLONNER : Demander 
du crédit. {Almanach des Débi- 
teurs.) 

GREVIER : Soldat. (Rabasse.) 
Forme de grivier. V. ce mot. 

GRÉVISTE: Ouvrier en grève 
— tt La réunion des grévistes a 
l'honneur de vous faire part de 
ses conclusions. La journée de 
travail sera réduite de dix heures 
à huit, dont trois consacrées au 
repos. D (Sardou.) 



GRIFFARD : Chat. (Grande 
val.) — 11 griffe. 

GRIFFLEUR : Brigadier de 
prison. (Halbert.) — U fouille 
et griffle ce qu'ont les prison- 
niers. 

GRIFFONNER : Jurer. (Hal^ 
bert.) 

GRIFLER : Prendre. (Grand- 
val.) 

GRILLER UNE (en) : Fumer. 
-^ « Passe-moi du tabac que j'en 
grille une. » (L. de Neuville.) 

GRIME : Arrêté. (Halbert.) 

GRIMPANT : Pantalon. (Ra« 
basse.) Il grimpe le long des 
jambes. Même allusion que dans 
haut de tire, 

GRINCHE : Voleur. —«Après 
avoir choisi l'écrin, le grinche 
paye le joaillier. » (Paillet.) 

Grinche de cambrouse : a Les 
voleurs de campagnes, autre- 
ment dîtsgrinches de cambrouse, 
lessiveurs de croyant, voleurs au 
croquant, exploitent uniquement 
la province et les foires. » (Ra- 
basse.) 

GRINCHER : Voler. V. Tw" 
binement. Plan, Douille. 

GRINCHEUX : Grognon. 

Es-tu grincheux, es-tu maussade ? 
Digères-tu mal tes repas? 

(G. JoUivet.) 

GRINCHIR : Voler. (Rabasse.) 
GRINCHISSAGE : Vol. V, Par- 
rain. 

GRINCHISSEUR : Voleur. 
(Rabasse.) 

GRIPIS : Meunier. (Grandval.) 
V Grispis, 



GRO 



— 20I — 



CRU 



GRIPPE-JÉSUS : Gendarme. 
(Vidocq.) Inventée par des vo- 
leurs, répithète prouve à quel 
point on tient à passer pour élre 
honnête, dans tous les métiers. 

GRIS : Vent. (Grandval.) — 
Vieux mot de langue romane. La 
bise est la sœur du gris. On dit 
encore : un froid noir, 

GRISES (en faire voir de) : 
Faire endurer des souffranceis à 
quelqu'un, qui ne peut voir en 
rose. — a Ma tante Aurélie qui 
disait l'autre jour à maman 
qu'elle t'en ferait voir des gri- 
ses... » (Gavarni.) 

GRISPIN, GRISPIS : Meunier. 
(Halbert.) — La farine lui donne 
une couleur grise. 

GRIVE : Guerre. (Grandval.) 

— Vieux mot &\gn}f\ant fâcheux^ 
méchant, Griever voulait dire 
]ad\s faire du mal. On dit en- 
core : grièvement blessé : dan- 
gereusement blessé. — a Les 
drilles ou les narquois, en reve- 
nant de la grive, en trimardant, 
quelquefois basourdissent les 
ornies. » (Vidocq.) 

GRIVE : Garde, patrouille. 
(Halbert.) — Mot à mot : réunion 
de griviers, 

GRIVIER : Soldat. (Halbert.) 
De grive (guerre). 

GROGNARD : Vieux soldat. 

— Allusion à l'humeur grO' 
gnonne des vétérans. Voici le 
plus ancien exemple du mot : 
< On appelle grognard, à l'ar- 
mée, les soldats qui ont déjà 
beaucoup de service et qui por- 
tent des moustaches. » (Cadet - 
Gassicourt.) 



GROOM : Petit valet. — cSa- 
vez-vous ce que c'est qu*uh petit 
groom ? Eh bien ! c*est un petit 
bas des reins qu'est pas plus haut 
que ma botte, i (Festeau.) 

GROS FRÈRES, GROS TA- 
LONS, GROS LOLOS : Cava- 
liers de réserve. — c Ces solides 
et imposants cavaliers que nous 
appelons des gros frères, i (Tro- 
chu, 67.) — c Gros lolo, gros ta- 
lon, c'est le sobriquet donné aux 
carabiniers et aux cuirassiers. » 
(La Bédollière.) 

GROSSE CAVALERIE : Cu- 
reurs d'égout. — Allusion à leurs 
grandes bottes. 

GROTTE (être à la) : Être aux 
galères, au bagne. (Rabasse.) 

GROUCHY (Petit) : « Article 
arrivé en retard à l'imprimerie. » 
(Balzac.) — Allusion à la tradi-^ 
tien contestée qui impute à Grou- 
chy la lenteur de sa marche sur 
Waterloo. 

GROUIN : Visage. — Anima- 
lisme. — c Allons, venez, z'a- 
moureuxdes vingt mille Vierges, 
que j' vous applique mon visage 
sus Tgrouin.» {Catéchisme pois- 
sard, 40.) 

GRUE : Sot, sotte — « Les 
regnards ne perchent plus au 
poulailler; le monde n'est plus 
grue. » (Paraboles de Cicquot, 
1593.) . 

GRUE: «C'est ordinairement 
une grande belle fille qui, ne sa- 
chant que faire, un beau matin 
sMmprovise actrice et s'en va sol- 
liciter un engagement dans un 
théâtre de vaudeville. 9 (Duflot) 

GRUTOUSE (la) : U gale. 



GUE 



— 202 — 



GUE 



(Rabasse.) — On a dû dire d'a- 
bord graiouse, Efiet pris pour la 
cause. 

GUEDOUZE : Mort. (Colom- 
bey.) 

GUELTE : c U guelte était 
une prime accordée aux commis 
qui réussissent à vendre des mar- 
chandises défectueuses... Mais 
bientôt on s'aperçut que les em- 
ployés ne s^occupaient que des 
articles gueltés. Alors on mit de 
la guelte sur toutes les marchan- 
dises. » (Naviaux.) — Germa- 
nisme. Dùgeld qui veut direâr- 
gent en allemand. 

GUENAUD, GUENAUDE : 
Sorcier* sorcière. (Halbert.) 

GUEULARD : Gourmand. 
Mot à mot : à grande gueule. — 
a V'ià du résiné pour Zidore; 
toi, t'auras rien, t'es trop gueu- 
lard. x> (Ourliac.) 

GUEULARD : Braillard. 

GUEULARD : Poêle, sac. (Vi- 
docq.) — L'un et l'autre avalent 
ce qu'on leur présente. 

GUEULARDISE : Friandise. 

GUEULE : Grosse voix. — La 
cause est prise pour l'efSet. — 
« Molière était l'ami de l'avocat 
Fourcroi qui avait une voix de 
tonnerre. Une discussion s'éleva 
entre eux à table. Molière finit 
par dire : c Qu'est-ce que la rai- 
c son avec un filet de voix contre 
« une gueule comme cclle-tà? t 
(Abbé Raynal, Anecdotes litti^ 
raires.) 

Casser, crever la gueule : Frap- 
per à la tête. ^ « Tu me fais al- 
ler, je te vas crever la gueule. » 
(A. Karr.) 



Faire sa gueuU : Faire le dé* 
daigneux. Mot à mot : Faire sa 
tête. 

Taire sa gueule : Cesser de 
parler.— Une caricature de 1840 
porte cette légende : «Tu vas 
taire la gueule, ou j'te repasse un 
coiip de savate par lea fume* 
rons. » 

GUEULETON : Repas plantu- 
reux. Mot à mot : dont on a plein 
la gueule. — « Je ne vous parle 
pas des bons gueuletons qu'elle se 
permet, car elle n'est pas grasse 
à lécher les murs. » (Vidal, ,33.) 
— a Chacun d'eux suivi de sa 
femme, à l'image de Notre- 
Dame, firent un ample gueule- 
ton. » (Vadé, 1788.) 

GUEULETONNER: Faire 
des gueuletons. 

GUEUSARD : Terme amical. 
V. Gueux-gueux, a Appelle-moi 
gueusard, scélérat, lui dis-je. » 
(Amours de Mathieu, 32.) — 
a Et vous flânez souvent, gueu- 
sard ! f (£. Sue.) 

GUEUSE : Prostituée. — a II 
se ruina avec des gueuses, » 
écrit, en 171 2, Saint-Simon, par. 
lant du duc *de Sully. V. Cou- 
railler, 

GUEUX, GUEUSE : c Que j'en 
ai gagné de c'te gueuse d'ar- 
gent 1» (H. Monnier.) — Pris en 
bonne part. 

GUEUX: Chaufferette, —a Les 
dames^ des halles se servent de 
ces horribles petits pots en grès 
qu'on nomme des gueux. Elles 
les posent sur leurs genoux pour 
se réchauffer lea doigts. » (P. d'Aa 
glemont.) 



HAB 



— io3 



HAL 



GUEUX -GUEUX : Mot d'a- 
mitié : 

Puis quaud c'est fini, le gaeux-gneux 
Se bichonne avec élégance. 

(Marque!.) 

GUIBE, GUIBOLLE, GUI- 
BON : Jambe. — Vieux mot, 
car on disait jadis guiber pour 5e 
débattre des pieds. — « Si nous 
prenions place. Ça me botte, vu 
que j'ai les guibolles affaiblies. » 
(J. Ladimir, 42.) 

GUrCHEMAR : Guichetier. 
(Vidocq.) 

GUIGNOLANT : Malheureux. 
De gui gnon, 

GUIMBARDE : Vieille voi- 
ture. — « Monsieur, pourquoi 
votre guimbarde n*est-elle pas 
prête? » (Cormon.) 

GUINAL:Juif. (Vidocq.) Mot 
à mot : circoncis. De guinaliser : 
circoncire. 

GUIRLANDK : Chaîne d'ac«- 
couplement des forçats. — « Le 



; poids ât la* nraniNe et de la cualn 
'est de douze Uvresi à peu près» 
— On appelle cette chaîne guir-^ 
lande, parce que» remontant 
du pied à la ceinture, où elle est 
fixée, elle retombe en décrivant 
un demi-cercle, dont l'autre extré- 
mité est rattachée à la ceinture 
du camarade de chaîne. . » 
(M.Christophe, 37.) 

GUITARE : Rengaine. — Al- 
lusioa ironique à l'école des 
troubadours classiques de 1820.. 
Chaque volume de vers avait 
alors son portrait d*auteur drapé 
dans un manteau à grand collet 
et faisant vibrer son luth (gui- 
tare classique) au milieu de 
ruines éclairées par la lune. — 
« On désigne au théâtre sous le 
nom de guitare une sorte de 
plainte incessante , revenant 
comme un son monotone; » (Du* 
flot.) 

GY, GIROLLE : Oui, bien,, 
très-bien, (Grandval.) 



HABILLÉ DE SOIE r Cbchoii. 
— Mot à mot : habillé de soies. 
Jeu de mots. 

HABIN, HABINE : Chien, 
chienne. (Halbert.) Pour Happin, 

HABIT ROUGE : Anglais. - 
C'est la couleur favorite de leur 
uniforme. — « Les habits rouges 
voulaient danser, mais nous les 
avons fait sauter. Vivent les sans- 
uilottes! I (Mauricault, 1793.) 



HALÈNES : Outil de voleur. — 
Allusion aux alênes de cordon*^ 
nier? — - « Crois-moi, balance tes 
halènes. » (Vidocq.) 

HALLEBARDES (H tombe 
des) : Il tombe une forte pluie. 
Mot à mot : pluie à vous percer 
jusqu'aux os. — a Je pianochc, 
quand il tombe des hallebardes.» 
(Villars.) 

HALOT î Soufflet. (Halbert.) 



HAR - ao4 - 

- Ceu le vent ou baie du feu. 



HAU 



HANDICAP : Genre de cour«et 
dont la diitmce et lei poidi ne 
(Ont ÏDdiquét qu'iprit rengage- 
ment. (Paï.) 

HANDICAPER : Homme 
chargé de repartir la turcharge 
entre les chevaux figurant au 
handicap. (Paz.) 

HAPPER LE TAILLIS : Fuir. 
Mot à mot : gagner précipitam- 
meni un fourré de boU. L'image 
ett eipreaaive. 
Et lui loudiin de bipp«r l« taillit, 
Ltlutnllc pauTre totdcdiai lenur- 

auulllii. 

(Gr>iKlnl.J 

HAPPIN i Cbien. (Grandral.) 
De happer : saisir. 

HAPPINER : Mordre. 

HARIA : Embarras. — Dèa 
le IV* siècle, on trouve hariadaat 
le» poésies de Coquillard. — 
* C'eit un haria que de chasser 
si loin. I (Baltac.) 

HARIADAN BARfi'£ROUSSE: 
Christ. — Allusion à la barbe 
rousse du Christ. -^ ( 11 rigolait 
malgré le sanglier qui voulait lui 
faire becqueter Hariadan Barbe- 
rouste.a (Vidocq.) 
' HARICOTS (l'hfllel de*) ï Pri- 
son de la garde nationale. Elle a 
disparu avec elle, mais non lani 
avoir eu tes historiographes. - 
Le premier bfltiment affecté i 
cette destination fut le vieux col- 
lège de Montaigu, place du Pan- 
théon, dont le i^gime légumi- 
neui était jadis célèbre. Les ha- 
rieoU de Montaigu étaient pro- 
verbiaux. (Voyei Barbiste.) il 
n'en a pas fallu davantage pour 
que les prisons de la garde natio- 



nale fussent successivement ap- 
pelée* kôtelf des haricots. — € A 
midi, j'arrive à la prison de la 
garde nationale, vulgairement 
appelée hôtel des haricots. > {Vil- 
le mot.) 

HARICOT VERT : Voleur ma- 
ladroit. 

HARMONIE (faire de 1') : Faire 
tapage. (GraDdval.) — Ironie. 

HARNAIS : Habit*. V. Boie. 

Harnais de Grives s Équipe- 
ment militaire. — (Harnais ■ est 

HARP1£ ; Barreau de fer gril- 
lant une fenélre de prison. — Al 
lusion aux cordas de la harpe ou 
abréviation de liarpion qui signi- 
fiait jri^e au moyen âge.— tfarpe 
se dit aussi d'une grille de fer. 

HARPE (pincer de la) : Être 
en prison. {Rabasse.) —Jeu de 

.HARPION : Mains, 
(Ùrandval.) V. Arpion. 

HAUSSIER : Boursier jouant 
i la hausse. — a 11 est bien en- 
tendu que le haussier n'achète 
que pour revendre, comme le 
baissier vend pour racheter. > 
{Boursieot ièrisme.) 

HAUâSMANNISER : Expro- 
prier, démolir et reconitruire sur 
une immcnseéchclle, selon les ei^ 
rementi de M. Haussmann, an- 
cien préfet de la Seine. — a Nous 
sommes décidément haussman- 
mséB,-mes chers. La moitié du 
jardin y passe, i (E. Villars, 66.) 

HAUT DE TIRE : Culotte. 
(Halbert.) C'est l'ancien haut de 
chausses avec changement du 
detoier mot. V. Tirant. 






HIC 



— 205 — 



HOM 



HAUT-TEMPS : Grenier. 
(Grand val.) Pour autan : lieu 
élevé. 

HAUTE (la) : La partie riche 
d'une caste sociale. Il y a des lo- 
rettes de la haute, des voleurs 
de la haute. Le malheureux qui 
se trouve en fonds dit en plaisan- 
tant : Je mis de la haute. — c Ja- 
mais aussi le sportman n'a couru 
les salons et ta haute, comme on 
dit au club. • (Ornano, 44.)^ 
cDes dames de la haute, non des 
étudiantes. » (Carmouchc.) — « 11 
y a lorette et lorette. Mademoi- 
selle de Saint-Pharamond était 
de la haute. • (P. Féval.) — c Si 
nous ne soupons pas dans la 
haute (dans un restaurant fashio- 
nable)| je ne sais guère où nous 
irons à cette heure-ci. t (G. de 
Nerval.) 

HAUTEUK (être à la) : Être 
intelligent. (Rabasse.) Mot à mot : 
A la hauteur de sa mission. On 
dit : Il n'est pas à hauteur. 

HAVANE : Petit chien de race 
havanaise. 

Havane : Tabac, cigare de la 
Havane. — t Le boudoir fume 
lé Havane. » (A. Montémont.) 

Havane] : De couleur blond 
brun, comme le cigare de la 
Havane. 

HAVRE, GRAND HAVRE : 
Dieu. (Halbert.) Mot à mot : 
port, grand port. — • Dieu est le 
port du salut. 

HERPLIS : Liard. (Halbert.) 

HERS : Maître. (Colombey. 
— Vieux mot dans lequel on re- 
trouve le herus latin^ sinon le 
herr allemand. 

HIC (voilà le) : Voilà le diffi- 



cile de Taffaire : — Latinisme. — > 
Vieux mot. 

HIGH LIFE : Grand monde. — 
Anglicanisme. — « Les chroni- 
queurs de high life trempent 
leurs plumes pour décrire les 
magnificences du bal. » {L'Eclair, 
72.) — c Madame de Blanchet, 
une de nos charmantes élégantes 
du high life parisien. 9 {Moni' 
teur, 2.) 

HIT : Annonce de tipster, con- 
firmée par les feits. V. tipsters, 

HOMICIDE : Hiver. (Halbert.) 
^ Sa rigueur tue les misérables. 

HOMMES A PASSIONS : V. 
Passions, 

HOMME DE BOIS : Nom 
qu'on donne dans les imprime- 
ries à celui qui rajuste les plan- 
ches avec des petits coins en 
bois. {Cabarets dt Paris, 21.) — 
Jeu de mots. 

HOMME DE LETTRE : Faus- 
saire. (Vidocq.) Jeu de mots. 

HOMME DE PAILLE : 
Homme étranger aux choses ac- 
complies sous la responsabilité 
de son nom. ** c Quoi qu'il ar- 
rive, M. Bitterlin aurait été... son 
homme de paille, son gérant, son 
compère. 9 (About.) — c J'ai un 
préte-nom, un homme de paille, 
je lui confie mon argent, et il s'en 
sert à mon profit, t (Montépin.) 

HOMME MALADE : L'empire 
de Turquie. — Terme ironique 
inventé par un ministre anglais. 
— On sait que cette puissance 
n'existerait plus en Europe sans 
les secrètes rivalités des gou- 
vernements chrétiens. — f Quand 
il dissertait avec le ministre 
d'Angleterre sur l'héritage pro- 

12 



HUG 



— 206 — 



HUl 



chai a de l'homme malade, xt 
(John Lemoinne, yS.)- 

HOMMELETTE : Homme 
sans force et sans énergie. (Dhau- 
tel.) ~ Jeu de raoïs. 

HOiNNÊTE : Prinlempa. (Hal- 
bert.) 

HONTEUSE : V. Être (en). 

HOPITAL : Prison. (Vidocq.) 
V. Malade et Fièvre cérébrale qui 
complète i'allusioa. 

• HORRdURS : Propos liber- 
tins. 

Quand les bégueules ont des masques, 
Elles raffolent des horreurs. 

(Pesteau.)* 

Horreurs {faire des) ; En venir 
des paroles à l'action. 

HORSEFLEST : « Littérale- 
ment viande de cheval. On dit 
un connaisseur en horseâestd'un 
homme qui connaît de tout ce 
qui concerne le cheval. » (Pa- 
rent.) Anglicanisme. 

HORSE (dipping) t Cheval de 
hau.e qualité. — Game horse, 
cheval courageux. — Maiden 
horse : cheval qui n'a jamais ga- 
gné de prix. — Pumped-out 
horse : cheval épuisé. — Big 
horse : cheval inaufi&samment 
entraîné. (Parent.) Argot de cour- 
ses anglais. 

HOT£RJOT:On nomme ainsi 
lahotte des chiffonniers. (P. d'An- 
gLemont.) — Dimiautif d& hotte; 

HUGOLATRE, HUGOPHILE : 
Admirateur exclusif de Victor 
Hugo. — a Ah ! tu es hugophile. 
Tu es donc un géant pensifs » 
(Michu.) 



HUILE : Argent. (Grandval.) 
V. Beunre,. 

HUILE : Soupçon. — U pénè- 
rre ec s'étend comme une tache 
d'huile. — «c L'huile, c'est le 
soupçon, n (Du Camp.) 

HUCLE DE BRAS : Vfgueur 
corporelle. 

HUILE DE COTRET : Coup 
de bâton. (Dhautel.) <— c II n'a 
plus à courir après l'offenseur, 
chargé de cotrets. » (Le ftrand 
Gersay battu ou la canne de 
M, de Beaufort. Paris, 1649, 
in-4.) 

Nos bastonnades sont 8ÛreS| 
Nous panserons les blessures 
Avec l'huile de cotrel. 

(A. LeuUier, Ronde de% gourdins.) 

HUIT RESSORTS : Voiture 
très-suspendue. — c Jamais Anna 
Deblion, Julia Barucci, Adèle 
Courtois, n'ont dans le huit res- 
sorts promené de mine aussi 
noble, f {Les Cocottes,) 

HUITRE : Graillon. — Allu- 
sion d'aspect. — c Dis donc, 
cousin d' mon chien! mangeux 
d'huîtres sans citron. » (Cat. 
poissard, 40.) 

Huître: Imbécile. — «Combien 
il a fallu d'huîtres pour fournir 
un pareil collier ! disait un vau- 
devilliste à la jolie femme. «- 
Oh ! il n'en a fallu qu'une 1 ré- 
pondit-elle en sourianu » (Marx.) 

Huître de VarenneM" : Fève de 
marais. (Halbert.) 

HUITRIFIER : Abrutir. 

HUMANITAIRE : L'humani- 
taire est le zélatuur d'une secta 



IDl — ao7 — 

récente.^ c L'humanitaire test le 
radical par excellence. Petites ou 
grandes, à ses yeeu, toutes -les 
réformes se tiennent, t (Michel 
Raymond, 33.) 

HUMECTER : Boire. V. Cas- 
que, 

HUNTER : Cheval de chasse. 
(Paz.) Anglicanisme. 

HURÉ : Riche. (Halbert.) Pour 
Huppé, 

HUSSARD A QUATRE 
ROUES: Conducteur d'artillerie, 
soldat du train des équipages. — 
<c Aussi partagent-ils avec le train 
des équipages militaires le sobri- 



l'LL 



quetde hussards à quatre rouss. » 
(Labéddl Itère.) 

HUSSATID D'ABBAYE : Gen- 
darme. (Rabasse.) C'est-à-dire 
hussard d'échafaud. V. Abbaye 
de monte à regret. 

HUSSARD DE LA GUILLO- 
TINE : «c Le gendarme a diffé- 
rents noms en argot : quand il 
poursuit le voleur^ c'est un mur- 
chands de lacets ; quand il l'es- 
corte, c'est une hirondelle de la 
Grève; quand il le mène à l'écha- 
faud, c'est un hussard de la guil- 
lotine, f (Balzac.) 

HUST-MUST: Grand merci. 
(Grandval.) 



ICICAILLE, ICIGO: Ici.— 
Adjonction finale. V. Dardant. 

IDÉALISTE : Artiste ou écri- 
vain plaçant l'idée au-dessus de 
la réalité dans l'exécution. — 
« Ces idéalistes-là trouvent tou- 
jours qu'il y a trop de couleur ! 
pourquoi pas trop de toile ! d (J> 
Richard, 72,) 

IDÉE (Une) : On dit une idée, 
un soupçon f un scrupule, une 
larme, pour quelques gouttes de 
liquide. 

Idées (avoir des) : Avoir d'a- 
moureux désirs. 

IDIOT : Insulte vague. Elle 
peut s'adresser à des gens d'es- 



prit. — c II a l'air d'un chien de 
chasse. Est-il idiot, hein? ~ 
Aussi, tu l'agaces, oni chère, t 
(E. Villars.) 

lERGUE (terminaison en): — 
V. Aille. 

IGO : Ici. Abréviation AUcigo. 

— I Ce maudit ponton qui nous 
à trimballés igo après nous avoir 
secoués pendant quinze relais au 
milieu des prés salés. • (Ra- 
basse.) V. Loubion. 

ILLICO : De suite. Latinisme. 

— a Sans égards pour vos lar- 
mts, ils vous conduiraient illico 
à Saint-Lazare. j> (Evénement^ 
1S66.) 



ILLICO : GrO!( confectionné 
en friude dans les bdpiuux. — 
Allution à un terme de formu- 

IMMORTEL : Membre de l'A- 
Cldémie franfHÏie. 

IMPAIR: Bdvue, «nerie dam 

le monde dei coulisses, (nuflot.) 

" io trompe : 



de 



I II a fait un impair. > 

IMPÉRIALE : Boi 
poil plus grand que h 
et moins grand que la ùouquine. 

— t Sous U règne de Napoléon, 
la royale, peu en ïogue du reste, 
prit le nom d'impériale. > [His- 
toire de la Cravate, 54.) 

lMPORTANCE(d');Fortement. 

— f La grosse Irma, j' vas t* la 
moucher, mais... d'importance, 
aie pas peur. » (H. Monnier.) 

IMPOSSIBLE : Impossible à 

bitant et ses lunettes impossi- 
bles. > (Delvau.) 
IMPOT : Automne. (Halbert.) 
INCOMMODE : RêverbirG, 
(Colombe^), lanterne. (Rabasse.) 

— La lumière incommode les 
voleurs. 

INCOMMODÉ (être) 1 Être «r 
tècé en flagrant délit. Même al- 
lusion que dans malade, V. ce 

INCONSÉQUENT : . Lorsqui 
dans le monde, une jeune dam( 
n'a pas trËs-bien su étendre le 
voile par lequel une femme bon- 



no» aïeux auraîe 


nt rudement 


tout expliqué par 


un seul mot 




ez de dire - 


■ Ah! oui, elle es 


fort aimable 



- ING 

mais... — Mais quoi? ^Hais 
elle est souvent bien ittcotué- 
quenle. > (Balzac) 
INDE IR£ : De U les coliret. 

- Latinisme. — i M. Lîtiré, 
scrupuleux observateur de la loi, 
vient de voter le rétablissement 
des écoles des fchce*. Inde irai» 
{Liberté, 7a.] 

INDIFFÉRER j Être indiffé- 

nt. — ttJ'ai beau|consultcr rooa 

pauvre cccur : — Oscar m'indif> 

ISre, Chamois)' m'est; égal. ■ 

Marquet.) 

INEXPRE5SIBLE : Pantalon. 

— d Au sortir des bancs du col- 
lège, où nous avions usé pendant 

iit années ce que la pruderie 
iglaise exprime par inexpres- 

tibte. 1 (Mornand.) 
INFANTE : Se dit ironique- 
ent, comme don^eUe, d'une 

lille de médio<.-rc vurtu. 
INFÉRIEUR (ïa m'est) : Cela 
'est indifférent. Mot à mot: je 
lia au-desBus de cela. — « Après 
., que le momignard frappe au 
onument, ça m'est inférieur. u 

(l)o Goncourl.) 

INFECT : Laid,sot. — L'infec- 
tion est prise au (îguré. — u Viens- 
tu voir la petite nouvelle? — 
Pardieul et si elle n'est pas trop 
infecte, nous l'emmènerons à la 
MaisOD-d'Or. s (Cer Petites Da- 
mes, 62.) — a Tout ce qui se dit, 
s'écrit, se pense à l'heure qu'il 
est, est incontestablement in- 
fect. K [Vie parisienne.) 

INFECTADOS ! Cigare d'un 
sou. — L'ironie n'a pas besoin 
d'être expliquée. 

INGLICHMANN : Anglais. — 



INT 



— 209 — 



ITR 



« Avec ça que ramiral l'avait 
fait habiller en inglichmann. > 
^uis Desnoyers.) 

INGRAT (être) : Ne pas savoir 
voler. (Rabasse.) 

FNGRISTE : Peintre de l'école 
dlngres. — « A vous Lehmann, 
Ziegler, Flandrin et autres tit- 
gristes. » (C Blanc.) 

INODORES : Utrincs. — 
< Fournier aux inodores pré- 
sente le papier. « {Revue anecdo- 
tique.) V. Calme, 

IN PETTO : Secrètement. — 
Italianisme. « Cétait un plat en 
faïence italienne que B. trouva 
splendide in petto. » (Frébault.) 

INTÉRESSANTE (situation) : 
Grossesse. V. Polichinelle. — « Il 
était marié depuis six mois et sa 
veuve est dans un état intéres- 
sant. » (Marcade, 75.) 

INSOLPE : Insolent. (Colom- 
bey.) — Changement de finale. 

INSTRUIT (être) : Être adroit 
voleur. (Rabasse.) 

INTERMEZZO : Intermède. - 
Italianisme. V. Chauviniste. 

INI ER POCULA :En buvant. 
Mot à mot : au milieu des cou- 
pes. « Ses modèles ne posent 
qu'après boire... devisant inter 
pocula. » {Éclair, 1872.) 

INTERVER: Comprendre. 
(Grandval.) Pour enterver, 

INTIME : Claqueur. — C'est 
un intime pour le théâtre. » 
« Adolphe allait en intime au 
Théâtre de Madame.n (Cm^tian/e 
mille voleurs de plus à Paris, 
3o.) 



INTRANSIGEANTS s Politi- 
ques exaltés des partis extrêmes, 
n'admettant aucune espAece de 
transaction. — «La langue s'est 
enrichie, il y a quelque deux ans, 
d'un nouvel adjectif... Les enne- 
mis de la légalité gouvernemen- 
tale établie à Madrid s'appe- 
laient intransigeants... Le pu- 
blic français s'empara immédia- 
tement du mot... 9 {Petit Moni- 
teur, 8 oct, '^S,) — « M. Madier 
Montjau, dans le petit voyage 
intransigeant qu'il opère à tra- 
vers les pays rouges. » (F. Ma* 
gnard.) 

INVALO : Invalide. Change- 
ment de finale. — < Viens-tu en- 
tendre tousser le brutal sur l'es- 
planade des invalos? » {Alm, du 
Hanneton.) 

INVITE : Invitation secrète. — 
Expression du jeu de whist qui 
a été prise au figuré. — c Elle 
est si coquette qu'elle ferait des 
invites à un bedeau. » (Ignotus, 

75.) 

IRONISTES : c Ces ironistes, 
qui sont capables de toute la 
compassion. 9 (Blaze de Bury, 
1875.) 

IRRÉCONCILIABLE: Ennemi 
irréconciliable du gouvernement 
de Napoléon III. — Le mot date 
des dernières années de l'Em- 
pire. 

ISOLER: Abandonner. — Ef- 
fet pris pour la cause. — On isole 
celui qu'on abandonne. 

ITRER : Avoir. — Abrévia- 
tion de titrer, — Il se conjugue 
sans le f . — « Ires-tu pieté ce 
luisant : as-tu bu aujourd'hui ? i 
(Halbert.) 

11. 



JAM 



— 210 — 



JAR 



JABOT : Estomac. Comparai- 
son ornithologique. — a Enlevé 
la miche 1 cinq minutes après 
nous l'avions dans le jabot. » 
{Comment, de Loriot.) 

JACQUELINE : Fille de mau- 
vaise vie. — Dans son Vieux 
Cordelier, Camille Desmoulins 
apostrophe ainsi Hébert : a Le 
banquier Kocke, chez qui loi et 
ta Jacqueline vous passez les 
beaux jours de Tété. » 

JACTANCE (la) : La parole. 
(Rabasse.) 

JACTER : Parler, crier. Mot à 
mot : jeter (jactare) les hauts 
cris. V. Greffier, l oubion. 

JAFFIER : Jardin. (Halbert.) 

JAFFIN : Jardinier. (Idem.) 

JALO : Chaudronnier. (Hal- 
bert.) 

JAMBE (faire une belle), K^it- 
dre la jambe mieux faite : Don- 
ner un avantage illusoire. — a Tu 
as maudit ton père de Savoir 
abandonné / — Ça m'aurait fait 
une belle jambe. » (E. Sue.) 

JAMBE (s'en aller sur une) : Ne 
boine qu^une tournée. — « Dès 
l'aube, on s^oftre la goutte^ on 
s'offre le canon, on s'offre le 
rhum, on £'o£pre l'absinthe <ou le 
bitter, et Ton ne Yçul jamais s'en 
aller sur une Ïambe. » (La fiédol- 
lière.) 

JAMBE (lever la) : Danser le 



cancan (haute école). — c Elle 
levait la jambe avant Rigolbo- 
che. I {Les Étudiants, 60.) 

JAMBON : Violon. — Allusion 
de forme et de couleur. — a II y 
avait longtemps que je n'avais 
entendu racler le jambon en 
pleine rue. » (Th. Gautier.) 

JAPPE : Bavardage. — « Tais 
ta jappe. » (Almauach du Han^ 
neton, 67.] 

JAR, JARS : Argot. — Viem 
mot jadis usité dans la bonne so- 
ciété. Voir /es Psaumes des Cour- 
tisans, dédiés aux braves esprits 
qui entendent le jars de la cour- 
petit in-i2 publié en 1620. — 
Jar est une abréviation dejar- 
gon. 

Dévider le jars : Parler argot. 

JARDINER : Ricaner , parler 
en se moquant. V. Escracher, 

JARDINER QUELQU'UN : 
Faire parler quelqu'un. (Ra- 
basse.) 

JARDINEUR : Homme qui 
cherche à savoir. (Rabasse.) 

JARDINIER : Voleur à l'amé- 
ricaine. V. Charriage. 

JARGOLLE, JERGOLE : Nor- 
mandie. (Halbert.) — On appelle 
les Norjnands Jargoliers ou Jer* 
goliers. 

JARNAFFE : Jarretière. — 
Changement des dernières sylla- 



JAV 



— 211 — 



ITÉS 



bes. C'est aussi le nom d'un jeu 
de hasard où la jarretière joue le 
rôle principal. 

JARS. V. Jar, 

JARRETIÈRE : Chaîne de 
montre. (Rabasse.) 

JASAN lE : Prière. (Halbert.) 

JASER : Prier. (Halbert.) — 
Allusion au récitatif de la prière. 

JASPIN : Oui. (Grand val.) 

JASPINEMENT : Aboiement. 
(Colombey.) — On dit aussi jas- 
piner pour aboyer. 

JASPINER : Parler, causer. — 
Vieux mot dont jaser nous paraît 
le père. — « Ils jaspinaient argot 
encore mieux que français. » 
(Grandval, 1723.) — m Je lui jas- 
pine en bigorne : N*as-tu rien à 
morfilier?» (Vidocq.) 

JAUNE : Été. (Halbert.)— Ail. 
à la couleur du soleil. 

JAUNE : Eau de-vie. — Allu- 
sion de couleur. — Nous lisons 
dans la Maison du Lapin blanCj 
brochure publiée vers i858, sur 
le deriiier « tapis » de la Cité : 

Lapin blanc, que me veux-tu ? 
Avec ton jaune et ton camphre 
Tu dérange» ma faible vertu. 

JAUNE D'ŒUF (aimer avec 
un) : Tromper. — Allusion à la 
couleur du cocuage. — a Vous 
murmuriez à Toreille de madame 
Cocodès i Je vous adore! — Avec 
un jaune d'œuf, \ >us répondit, 
•elle. » (Monselet.) 

JAUNET : Pièce d'or. — a Un 
seul regret, celui de n'avoir pu 
débarrasser les pigeons de letnrs 
jaunets. j> (Paillét.) 

JAVANAIS : « Ai;got de Bréda 



où la sylla'be va, jetée dan9 cha- 
que syllabe, hache pour les pro- 
fanes le son et le sensdes mots, 
idiome hiéroglyphique du monde 
des filles qui lui permet de se 
parler à Toreille, — tout haut. » 
(De Concourt.) — Exemple : Jau- 
net, javaunapet; jeudi, javeuHO' 
vit etc. 

JAVARD : Lin. (Halbert.) 

JAVOTTE ; Bavard, — et Tu 
u*es qu'une mauvaise langue, 
une javotte. n (Marquet.) 

JAVOTTER : Bavarder. — 
Forme de jaboter. — « Elle sif- 
flotte, elle parlotte, elle javotte. 1 
{Physionomie du Protecteur , 4 1 .) 

JEANFESSE, JEANF-TRE : 
Coquin, misérable. — c Ça, c'est 
un Jean fesse. » (Ricard.) — «Gran- 
de colère du père Duchesnecontre 
les Jean f— très de chasseurs, qui 
ont voulu faire une contre-ré- 
volution. » .(Hébert, 1793.) 

JEAN-JEAN : Conscrit, naïf, 
niais. «On qualifie de Jean-Jean 
le jeune indigène que la conscrip- 
tion a arraché à l'âge de viregt 
ans d*un atelier ou d'une char- 
rue. j> (M. Saint-Hilaire.) 

JE NE SAIS QUOI : Cachet 
indéfinissable. — « Le savoir- 
vivre, rélégance des imanières, 
le je ne sais quoi, fruit d'une 
éducation complète. » (Balzac.) 

JEANNETGJN : Servante d'au- 
berge, iîlle ide moyenne vertu. 
(vDhautelJ) 

JÉSUITE : Dindon. (Vidocq.) 
~ Cest aux jésuites qu'on dok 
l'acclimatation du dindon. 

JESUITE : CafenL— «On 



JEU 



— 212 — 



JON 



l'appelle le jésuite, il dénonce un 
peu, il espionne beaucoup, il 
y met de l'adresse; on y est tou- 
jours pris, f (Balzac, 42.) 

JilSUS : « Jeune et beau gar- 
çon lancé comme appeau près des 
sodomites que veut exploiter le 
chanteur. »(Canler.)V. Chanter. 
Être (en). 

JETTARD : Cachot. (Halbert.) 

JEUNE (trop) : Dépourvu d'ex- 
périence. — Cela peut se dire à 
un octogénaire. 

JEUNE FRANCE : a Les ro- 
mantiques se divisèrent en Bou- 
:{i»gots et en Jeune France, » 
(Privât d'Anglemont.) — c Us ont 
fait de moi un Jeune France ac- 
compli. J'ai un pseudonyme très- 
long et une moustache fort cour- 
te; j'ai une raie dans les cheveux 
à la Raphaël. Mon tailleur m'a 
fait un gilet... délirant. Je parle 
art pendant beaucoup de temps 
sans ravaler ma salive, et j'ap- 
pelle bourgeois ceux qui ont un 
col de chemise. » (Th. Gautier, 
33.) 

On appelait la Jeune France le 
parti des romantiques. -^ € La 
Jeune France est encore une de 
ces tournures cabalistiques qui a 
la prétention d'exprimer une idée 
grande, terrible, volcanique, su- 
blime. 9 (Miss Troloppe, 35.) 

JEUNE HOMME (Avoir son) : 
Être gris. Mot à mot : avoir bu 
le broc de quatre litres que les 
marchands de vin appellent Petit 
homme noir, V. ce mot. — a Cha- 
que fois qu'il rentrait avec son 
jeune homme. » (Privât d'An- 

êlemont.) — « Un individu en 
louse qui semblait avoir son 



petit jeune homme. » (G. de 
Nerval.) 

JEUNESSE : Fillette. — « Une 
jeunesse, une marchande de 
cols. » (Cormon.) 

JI : Je comprends, oui, je con- 
nais. (Rabasse.) — Forme de gy 
qui semble plus ancien. 

J I R O B L E : Joli. (Halbert.) 
Pour Girofle, 

JOB : Niais. — Abréviation du 
vieux mot jobé : nigaud. — a Si 
j'étais assez job pour croire que 
vous me donnez toute une for-^ 
tune. » (E. Sue.) 

JOB (monter le) : Tromper. 
— Job est ici pour Jobard, — 
Se monter le job : S'en h\rt ac- 
croire. (Rabasse.) — Dans le dia- 
lecte lillois, on dit battre le jobre 
(job), pour /lire l'innocent. 

JOBARDER : Duper. — «Je ne 
veux pas être jobarde. » (Bal- 
zac.) 

JOBE RIE : Niaiserie. (Vi- 
docq.) 

JOBISME : Pauvreté. — ce Des- 
roches a roulé comme nous sur 
les fumiers du jobisme. » (Bal- 
zac.) — Allusion biblique. 

JOCKO : Pain long à la mode 
depuis 1824, année où le singe 
Jocko était à la mode. — > c Des 
gens qui appellent un pain jocko 
un singe de quatre livres. » 
(Bourget.) 

JOCKO : Boulanger. {Alma-> 
nach des Débiteurs, 5i.) 

JOLI GARÇON : Dans une vi- 
laine position. — Ironie : c Nous 
v'ià jolis garçons. » (Désaugiers.) 

JONC : Or. (Vidocq.) - AUu- 



JUD — 2i3 — JY 

sîon à sa couleur jaune. —« Ce5f JUDÉE : Préfecture de police. 

un jonc : C'est en or véritable. Allusion à la rue de Jérusalem. 

(Rabasse.) V. Bogue, Bobe. jy^^ ^^ p^j^ . 3^^^^ ^^^ 

JONCHER : Dorer. (Halbert.) lombcy.) — Jeu de cartes. (Ra* 

JORNE : Jour. — Vieux mot. basse.) 

V. Poisset. JUGEOTTE : Jugement, avis. 

JOSEPH (faire son) : Affecter — t Dis-moi z'un peu franche- 
un air chaste. V. Putipharder. ment là-dessus ta petite jugeot- 
•» c Je me disais aussi : voilà un te. » (Léonard, parodie, 63.) 

gaillard qui fait le Joseph. Il doit « t/^.ir en /- • ^* 

^o»^;.. .,«-» ..«;«^« */n™«- 1:1. \ JUGULER : Comprimer, étran- 

y avoir une raison. 9 (Dumas iils.) •//•*» r^ ^^ 

^ ^ ' gler (au nguré). — c Cottereau est 

JONQUILLE : Trompé par sa mort jugulé par la Faculté* 9 

femme : Allusion à la couleur du (Raspail.^ 

cocuage. — « Personne ne des- t,i»T-o r» .. j •*. /« u \ 

c;«« ^:«.,^ «.,- I..: 1- tA^^ a\,^ JULES: Pot de nuit. (Rabasse.) 

sine mieux que lui la tête d un ^ 

mari jonquille, t (Rivarol de JUS DE BATON ; Coup de bâ- 

1 842.) ton. — « Pour passer votre rhume, 

JOUER DE : Faire marcher à l'ai du jus de bâton. » (Aubert, 

sa guise. — « Nachette, en un *^') 

mot, joua parfaitement du ba- JUSTE : Cour d'assises. (Vi- 

ron. » (De Concourt.) j^cq.) - Épithète invraîsembla- 

JOUER DE L*ORGUE : Ron- ble dans la bouche d'un malfai- 

fler. (Halbert.) — On dit souvent teur. 

ronfler comme un tuyau d'orgue. jusTE-MILlEU : Parti ou par- 

JOUER DES DOMINOS : Man- tisan du statu quo politique, se 

ger. (Rabasse.) maintenant entre la gauche et la 

JOUER DU VIOLON : Scier ^''^^^^' '^- (^^^^^xer. « Voilà quels 

des fers, (Colombey), scier des hommes composent le gouver- 

barreaux. (Rabasse.) — La scie ncment dit |uste-milieu. • (L'£:- 

va et vient comme l'archet. cho français, 33.) 

JOUSTE : Près. V. Juxte. JUSTE-MILIEU : Derrière. - 

,^,,,,,«, ^ , . r . . « Mayeux envoya la pointe de 

JOU VIN : Gant de la fabrique ,, bo„e dans le juaie- milieu 

Jouvin. - «Mes Jouv.n eussent ^ jj"' Justine. » (Ricard.) 

atténué peut-être l'effet de cette 

pression inconnue. » (Marx, 66.) JUXTE, JOUSTE : Près, coni 

JUDACER, JUDAISER, tre. (Halbert.; -Vieux mot. C'est 

JUDASSER : Trahir, faire dé '* ;"^« '«"> q"^ nous avons 

fausses amitiés. - Allusion bi- conservé dans Juxte^HMer. 

blique. — « Judacer, c'est dénon- JY : Oui. (Colombey.) Pour 

cer quelqu'un. » (Du Camp.) Gy. 



LAB 



— «14 — 



LAiÇ 



KAISERLICK : Autrichien. — 
De l'allemand Kaiserlich: impé- 
rial. — « Les Kaiserlicks ont été 
étourdis du coup, d (Balzac.) — 
On dit, en altérant, kin^erlit^. 

KOGXNOFF, KOXNOFF : 
Très- bien. — Abréviation de 
Chocnosoff, V. ce mot. 



KOLBÀCK : Petit verre (sans 
doute parce qu'il porte à la tête.) 
V. Colback. — ce Cette bienvenue 
se distribue au moyen d*un 'kol- 
bac ou petit verre par tête. > — 
(A. L^comte, 61.) 



L 



LA (Donner le) : Donner le 
ton. — Allusion musicale. — 
c Boyards et boyardes donnent 
le la de l'élégance en ce moment, n 
(Kie parisienne, 6ô.) — i Quel- 
ques articles inspires donnent le 
la dans les grandes circonstan- 
ces. » (J. de Précy.) 

LABAGO : Là -bas. (Colom- 
bey.) 

LA-BAS : Maison de correction 
de Saint-Lazare. — a Julia à 
AmandineiComvciQÇdi, cette pau- 
vre Angèle est là-bas ? — Ne m'en 
parle pas. Elle était au café Co- 
quet à prendre un grog avec Ana- 
tole. Voilàun monsieurqui passe, 
qui avait Tali* d'un homme sé- 
rieux avec des cheveux blancs et 
une montre. Il lui oJFre une voi- 
ture, elle accepte, un cocher ar- 
rive, et... emballée! Le monsieur 
était un inspecteur ! n {Les Co- 
cottes , 64.) 

LA-BAS : Au bagne. — « Ils 
croyaient m'a voir vu là-bas. Là- 



bàs, cela veut dire au bagne. 9 
(Lacenaire, 36.^ 

LABOURER: Préparer les 
voies. (Almauach des Débiteurs, 
5i.) 

LACHER : Négliger l'exécu- 
tion d'un travail. — « Elle vit 
Lousteau travaillant au dernier 
moment et lâchant, comme di- 
sent les peintres d'une œuvre où 
manque le faire. j> (Balzac.) 

LACHER DE (se) : Livrer avec 
effort. — a Je suis obligé de me 
lâcher de ma douille en marron- 
nant. » (Monseiet.) 

Lâcher d'un c;aii; Abandonner 
«Nous verrons la semaine pro- 
chaine. Aujourd'hui j'ai ma mi- 
graine. Ernest, lâchez-mai d*un 
cran, u (A. Tantôt.) 

Lâcher de Veau, lâcher V écluse: 
Uriner, a Allons, il faut lâcher 
l'écluse du bas-rein. » ^Parodie 
de Zaïre, xviu* s.) V. Lascailler. 

Lâcher le coude : Laisser en 



LAI 



— »r5r — 



LAN 



repos, mot k mot : quitter celui 
auquel on parle, ceux qoi mar- 
chent bien ensemble, «se sentent 
les coudes, » comme on dit milt- 
tairemeni : — t Lècher-nous 
donc le coude, ayec votre politi- 
que r j> (Zola.) 

tacher la perche : Mourir, a Le 
plus blakboilé, le plus inconnu 
pendant sa vie devient, aussitôt 
quMl a lâché la perche, un grand 
homme. » {Corsaire, 6S,) 

Lâcher la rampe : Mourir. 

LACHEUR : Homme sur le- 
quel on ne peut compter. Mot à 
mot : qui lâche ses amis. — a Le 
lâcheur est la loreite de l'ami- 
tié. » (A Scholl, 58.) — a M. R... 
essaye de transiger. M. R... est un 
lâcheur. » (A.Millaud, 75.) 

LAGO : Là. (Rabasse.) 

LAGOUT : Eau à boire. (Hal- 
bert.) Mot à mot : Vagoùt Du 
vieux mot provençal aguay eau 
(prononcez agoue), 

LA I N E : Mouton. (Vidocq.) 
— Partie prise pour le tout. 

LAISSER ALLER (se) : Man- 
quer de vertu, de courage, de 
santé. 

LAIT A BRODER : Encre; 
(Vidocq.) — Allusion ironique à 
la couleur de l'encre. 

LAIUS : Discours. — t A Técole 
polytechnique, tout discours est 
un laïus, depuis la création^ du 
cours de composition française 
en 1804. L'époux de Jocaste, su- 
jet du premier morceau oratoire 
traité par les dlèvcs, a donne son 
nom au genre. Les députés à la 
Chambre, les avocats au barreau, 
les purnalistes dans lespremiers- 



Parisy piquent des làfusi 9 (La 
BédoIIière.)' 

LA12ÉE : Prostituée: OÎabas- 
se.) Semble équivaloir à ratséè, 
la facile. 

LA MINE : Le Mans. (Hal-^ 
bert.)^ — Transposition de lettres, 

LAMPAS : Gosier. — De /«m- 
per : boire. « Pour l'histoire de 
s'assurer de la qualité du liquide 
et s'arroser le lampas. 9 (Ladi- 
mir.) 

LAMPION : Bouteille. — De 
lamper : boire. — a Y a pu d^huile 
dans le lanipion, dit Boizamort* n 
|(Ladimîr, 4r.) 

LAMPION : Chapeau à cornes.. 

— « Je passe le pantalon du cipal 
et je coiffe le lampion. » (Bour- 
get.) 

LAMPION :. Sergent de ville. 

— Allusion au chapeau.. 

LAMPIOri. : Œil. -> R ésUîre. 

Si j* te vota fair* l'œil en. tir Bre 
A ton perruquier du bon ttm, ; 
Caljpao, }' suis fâché d! te Y, dire. 
Fol d'homme ! j' te ccève an«Iampion. 

(Chanson papiUaire.X 

LANCE : Eau. — « C'est gff- 
gné 1' faites servirf sir litres de 
vin 1 six litres sans lancel. (Caté^ 
chisme poissard, 44^) 

LANCÉ : Gris. — a Ptitara, au 
moins aussi lancé que le cheval, 
itapalt sur la bête à tour de bras.»' 
(Pkys,. du> Matelot, 4S.> 

LANCÉ : Rapide projection de 
la jambe. — «Paul a un coup de 
pied si vainqueur et Rigolette un 
si voluptueux saut de cfirpel 
Les admirateurs sintéressaient 
à cet assaut de /ancé vigodreaz. 9 

(Vitu, 47<) 



LAN 



— 216 — 



LAN 



LANCEQUINER : Pleuvoir. 
(Grandval.) V. Lansquiner, 

LANCER : Pisser. Mot à mot : 
lâcher Teau. 

LANCER : Bien poser^ mettre 
en renom. — « Poil ' de - biche l 
Nous ne la connaissons pas... 
Elle ne doit pas être lancée. » 
(Villars.) 

LANCER SON PROSPEC- 
TUS : Distribuer des œillades 
chargées d'autant d^ promesses 
qu'un prospectus de marchand. 

— « Qu'elle aperçoive son Arthur 
regarder langoureusement les ac- 
trices, la lorette s'écrie : Adolphe^ 
ave2-vous bientôt fini de lancer 
votre prospectus? » (M. Alhoy, 
41.) 

LANCEUR : Homme expert 
en l'art de lancer une affaire. — 
« La gravure et le journal ont 
coûté bien de la peine aux lan- 
ceurs d'affaires. » (Villemessant.) 

LANCIERS (les) : C'est comme 
si To'n disait : Quelle rengaine ! 

— « Et tu donnes là dedans? 
Allons donc ! les lanciers ! » (Mon- 
selet.) — Allusion à la danse de 
ce nom^ en vogue vers iSSy. 

LANDAU à BALEINES : Para- 
pluie. (Grandval.) Mot à mot : 
voiture conduite à la nage par 
des baleines. — Jeu de mots iro- 
nique. 

LANDERNAU (il y aura du 
bruit dans) :Si dit ironiquement 
d'une chose destinée à émouvoir 
un certain monde seulement. — 
« Il y aura bien eu des potins 
dans le Landernau de la convoi- 
tise. » (La Cloche, août 72.) — 
« Les expositions annuelles se- 
raient supprimées. Il y aura un 



fier bruit dans Landernau. » 
(A. Wolff; 75.) 

Landernau a été mis là sans 
raison, comme une petite ville 
éloignée dont le nom a paru bi- 
zarre. C'est ainsi que Carpen- 
tras, Pézénas ou Brives-la-Gail- 
larde ont été mis de même à 
contribution. 

LANDIER: Blanc. (Halbert.) 

LANDIER : Commis d'octroi. 
(Colombey.) 

LANDIÈRE : Boutique de 
foire. (Colombey.) — De la foire 
du Landit. 

LANGUE : (avaler sa) : Mou- 
rir, 

LANGUE AUX CHIENS, AUX 
CHATS (donner sa) : Renoncer 
à deviner. — ce Je donne ma lan- 
gue aux chiens, dit Jérôme, je 
renonce. :;> (E. Sue.) 

LANGUINER : Pleuvoir. (Hal- 
bert.) — Pour lansquiner, 

LANSQ : Partie de lansque* 
net. — « Cette espèce de corni- 
chon qui l'a dansé de i,5oo francs 
hier, au lansq. » (Jaime.) 

LANSQUINER : Pleurer, pieu- 
voir. — De lance : eau. — ce Bien 
des fois on rigole qu'on devrait 
lansquiner. » (Vidocq.) 

LANTERNE: Fenêtre. (Grand- 
val.) 

LANTERNES DE CABRIO- 
LET : Yeux fort saillants. * c Oh ! 
c'est vrai! t'as les yeux comme 
les lanternes de ton cabriolet... » 
(Gavarni.) Ce mot fait image. 

LANTIMÈCHE : Allumeur de 
becs de gaz. Mot à mot : l'antt- 
mèche. ~- Jeu de mots. Le gaz 



n'a pas de miche. — Lantimicbe 
est aussi. un synonyme de Chtut, 
Machin. 

LAPIN : Homme détermina- 
(Grandval.) — On a dit d'abord 
vieux lapin, et voici pourquoi : 
« Plus un lapin avannt en tge, 
plus il augmente en chair, en 
peau eten poil. De li l'eiprcssion 
vulgaire par laquelle on dfiigne 
un homme de talent et de vertu 
en disant : C'est un vleui la- 
pin. » {Dicl. des Hinages, 36.) 

il a i\ié plus de Prussiens qu'il 
n'a de dents dans la bouche, s 
(Ricard.) — « L'homme qui me 
rendra rfveuse pourra se vanter 
d'flre un rude lapin. ••(Gavarni.) 

L A P I N : « E!t puis, le (cune 
homme était un lapin, c'est-:)- 
dirc qu'il avait place sur le de- 
vant, à c4l£ du cocher. > (Couail- 
hac.) 

LAPIN :Apprenii compagnon. 
— « Pour être compagnon, tu 
seras lapin ou apprenti. ■ {Bié- 
Tille.) 

LAPIN : Enbnt dfpravj. Ar- 
got du collège. Vient du vieux 
mot tespin : prostitué. 

LAPIN (voler au) : « Se dit des 
conducteurs d'omnibus qui son- 
nent à leur cadran moins de 
voyageurs qu'il n'en monte et 
empochent 1s différence, i (Ra- 
basse.) — Lapin est pris ici dans 
le sens général de tioyagtur, 

LARBIN : Valet de cartes. - 
< Le roi sur le neuf n'osa plus 
enjamber, le larbin reparut. ■ 
(Alyge.; 

LARBIN, LARBINE : Domes- 
tique, (Vidocq.) — ■ Le faux lar- 






17 - LAR 

bin va se poster sou 
eôchire. » (Paillet.) 

Larbinerie : Valetaille. 

LARCOTTIER : Paillard. (VI- 
docq.) — Pour larguollier : ama- 
teur de largues. V. ce moL 

LARD (faire du) : Paresser au 
lit. ~ « La femme ronSe et hit 
du lard. ■ (Fcsteau.) 

Faire mn lard : Se rengorger. 

LARDER : Percer d'un coup 
de pointe. 

LARDOIRE : Épée. — ■ Vous 
verrez «i je manie bien la lar- 
doire. > (Ricard.) 

LARGE (N'en mener pss) ; 
Être mal à son aise. — Se dit 

lit au physique, soit au moral. 

LARGE DES ÉPAULES : 

vare ! (Dhautel.) — ËquWoqtie 

onique sur le mot large qui 
signifie aussi généreux, 

LARGUE, LARQUE : Femme 
de voleur, prostituée Agée. (Hal- 
bert.) V. Méaesse. — « SI j'é- 
prouve quelque malheur, je me 
console avec ma largue. 1 (Vi- 
docq.) V. Coquer, Momir. 

LARIF1.A : Refrains. — Allu- 

on BU refrain d'une chanson 
populaire au quartier Latin. — 
I Ja mile des lariflas dans mes 
plaidoiries. Je rêve un costume 
de débardeur sous ms toge. ■ 
[Paria étudiant, S4.] 

LARTIE, LARTIF.LARFON: 
Pain. On devrait dire l'ortie, 
Parti/, larton. 

LARTIN : Mendiant. (Grand- 
val.) 

LARTON BRUTAL: Psio 
noir. Mot i mot : pain bnit. 

l3 



LAV 



— ai8 — 



LEM 



lARTON SAVONNÉ : Pain 
blanc. Mot à mot : aussi blanc 
que du linge savonné. — t La 
tortillade est la même pour la 
quantité, mais le pivot est plus 
chenu, et le larton plus savonné 
que lago. v (Rabasse.) 

LARTONNIER : Boulanger. 

LASCAILLER : Pisser. (Grand- 
vah). — De /attce : eau. On dit 
encore lâcher de Veau, 

LASCAR : Fantassin. — De: 
l'arabe el-askir, qui a la. même 
signification. — « Le contraste 
était vraiment trop drôle entre ce 
sous- lieutenant de demoiselles 
et les lascars à tous crins qu'il 
venait commander. » (About.) 

LATTIFE : Linge blanc. (Hal- 
oert.) — Vient de s'attifer : faire 
toilette. 

LAUMIR : Perdre. (Halbert.) 
Ce doit être une faute d'impres- 
sion, si ce n'est une altération de 
chaumir, 

LAVABES : Billet ou porteur 
de billet à prix réduit pour le 
service de la claque. — f Les lar 
vabes sont ceux que l'on fait en- 
trer au parterre des théâtres, en 
ne payant que quinze sous par 
place; :^(5o,ooo voleurs de plus à 
Paris, 3o> in-8 ) — t Gustave 
achetait un lavabe pour les Va- 
riétés. » (Idem.) 

LAVAGE, LESSIVE : Vente au 
rabais, opération désastreuse. ^ 
c Les quatre volumes in-i 2étaient 
donnés pour cinquante sous... 
Barbet n'avait pas prévu ce la- 
vage. » (Balzac.) 

LAVEMENT AU VERRE PI- 
LÉ ; Verre dJeau-de-vie.. — L'air 



cool éraille le gosier comme le 
verre pilé. ^—«Todore feit venir 
deux lavements au verre pilé que 
nous avalons en douceur. ji (Mon- 
selet.) 

LAZAGNE : Lettre (Vidocq;) 

— Italianisme. V. Balancer. 

LAVER, LESSIVER : Vendre, 
c'est-à-dire envoyer ses effets à 
une lessive dont ils ne reviennent 
jamais. — Même allusion dans 
Passer au bleu et Nettoyer. — 
c Comme ce n'était pas la pre- 
mière fois que j'avais lavé mes 
effets sans savon. » (Vidal, 33.) 

— <c II a lavé sa montre, ses bi- 
joux, pour dire qu'il les a ven- 
dus. » (Dhautel, 08.) 

LAVER SON LINGE : Purger 
une condamnation. Une fois la 
peine accomplie, on redevient 
blanc comme neige devant la loi. 

LEADER : Orateur. — Angli- 
canisme. — «On ne voudrait pas 
que les préfets de la République 
conservatrice descendissent jus- 
qu'à une espèce de polémique 
avec les leaders de la démocratie 
rouge. » {Moniteur, 72.) 

LÉGITIME : Épouse légitime. 
— « Ces messieurs battent la 
campagne tandis que leurs légi- 
times sont à leurs trousses. » 
(E. Blavet.) 

LÉGITIME (manger sa) : Dis- 
siper, sa fortune légitime. 

LEGRE : Foire. (Vidocq.) 

LÉGRIER : Marchand forain. 

LEM (parler en) : Cette mé- 
thode spéciale consiste : x* à 
ajouter la syllabe lem à chacun 
des mots qu'on a l'intention de 
changer ; 2« à troquer la lettre / 



LEV 



de lèm contre la première lettre 
du mot qu'on prononce. — c Et 
alors que tous les trucs seront 
lonbem (bons). » {Patrie, 2 mars 
52.) — Ce* argot a été d'abord 
spécial à la corporation des bou- 
chers. 

On parle en luch comme en 
tem. On combine quelquefois les 
deux. 

LÉON : « Léon n'est autre que 
le président delà Cour d'assises.» 
(Du Camp.) 

LERMON : Étain. (Hàlbcrt.) 

LERMONER : Étamer. (Idem.) 

LESCAILLER : Pisser. (Hàl- 
bert. — Pour lascailler, 

LESSIVE, LESSIVER : Voir 
Lavage, Laver, 

LESSIVANT : Avocat (R©- 
basse.) Il cherche à vous blan- 
chir devant le tribunal. 

L E S S IVE : Plaidoyer. (Ra- 
basse.) 

LESSIVEUR : Avocat. (Colora- 
bey.) 

LESSIVEUR DE CROQUANT : 
V. Grinche de Cambrouseï Lessh 
ver est ici synonyme-de nettoyer,. 

LETTRE DE JÉRUSALEM : 
Lettre écrite par un détenu pour 
demander de l'argent. (Vidocq.) 
Elle partait du dépôt de la Pré- 
fecture de police, autrefois rue de 
Jérusalem, 

LE vagi: : Opération consis- 
tant de la part d'un homme, à 
conquérir ou lever la première 
femme venue. De là part d'une 
femme, c'est amener un homme 
à lui faire des propositions; — 



- 219 - LEV 

c Pas de levage, pas' d'entrain. » 
(Manéj6x.) 

LEVÉE : Arrestation. — « Si 
la levée a lieu dans un café, on 
en fait part au patron. 3> (Sta- 
mir, 67.) 

LÈVE-PIEDS : Escalier, échel- 
le. (Vidocq.) — Efiet pris pour la 
cause. 



LEVER : Voler. - Abrévia- 
tion de Enlever. — c Robert dît r 
« Je suis levé, » et il nous appelle 
filous. » (Monselet.) — ce Tiens, 
dit le voleur, voici.un pantre bon 
à lever. » (Canler.) 

LEVER : Faire un levage. — 
« Tiens, Xavier qui vient d'être 
levé par Henriette. » (Monselet.) 
— « J'irai ce soir à Bullierj et si 
je ne lève rien... (Lynol.) V. Flof*' 
nelle, . 

LEVER : Capter;— a II lève un 
petit jeune homme. Vous verrez 
qu'il en fera quelque chose. » 
(De Concourt.) 

LEVER : Arrêter. 

J' loi dis qa* faimerais mieux m* pen- 
dre, 
Ayant trop peor d'£tre levé. 

(A. Meignej Ch.) 

Être levé : c Dans l'argot des 
débiteurs et des créanciers, avoir 
à ses trousses un recorsy qui vous 
a vu dans, la rue ou déterré quel- 
que part. » (Montépin.) 

LEVER DE RIDEAU : Pièce 
en un acte jouée au commence- 
ment d'une soirée. — t La pe- 
tite pièce, celle qu'on nomme 
vulgairement lever de rideati, 
celle qui fait vivre les vaudevil- 
listes intimes, et fricoteurs. » 
{yPhys. àu> théâtre,. 41 .) 



LIG 



— 220 r- 



LIG 



LEVER DE RIDEAU : Prime 
en argent. ~ cUy a Tauteurqui, 
outre ses droits et ses billets, 
touche une prime sous le nom 
de lever de rideau. » {Physiolo- 
gie du théâtre, 41.) 

LÉZÂKD : Camarade sur le- 
quel on ne peut compter. (Co- 
lombey.) — Il lézarde au soleil ou 
se cache dans les trous. 

LÉZARD : a Le lézard vole des 
chiens courants, des épagneuls 
et surtout des levrettes. Il ne 
livre jamais sa proie sans rece- 
voir la somme déclarée. » {Aima- 
nach du Débiteur, 5 1 .) 

LEZINER : Hésiter. (Colom- 
bey.) 

LEZINER : Tromper au jeu. 
(Idem.) 

LICHARD, LICHEUR : Bu- 
veur. Vieux mot. 

LICHE (être en liche) : Faire 
bombance. 

LICHER : Boire. (Grandval.) 

— Les glossaires du moyen âge 
disent licharder. 

Puis il liche tout* la bouteille ; 
Riea n'est sacré pour un sapeur. 

(Houssot.) 

LICHETTE : Petit morceau. 

LICHEUR : Qui aime à boire 
aux dépens d'autrui. (Grandval.) 

— a fioizamort, menuisier, bon 
enfant, mais licheur. » (Ladi- 
mir.) 

LIÈGE : Gendarme. (Colom- 
bey.) — Il lie les gens arrêtés. 

LIGNARD : Officier ou soldat 
d'infanterie de ligne. — « Les 
obus de nos forts viennent d'al- 



lumer un incendie,et noslignards 
se gaudissent à cette vue. » (P. 
Véron.) 

LIGNE (avoir la) : Avoir une 
certaine pureté de contours. — 
a Mon Dieu, elle n'est pas très- 
jolie ; mais vous savez, elle a la 
ligne. » (Yriarte.) 

LIGNE (pécheur à la), faiseur 
de lignes : Rédacteur qui tire à 
la ligne. — « Le pécheur à la 
ligne, dit M. de Balzac, est un 
rédacteur qui, comme le pécheur, 
vit de sa ligne. » (Marc Four- 
nier, 44.) 

LIGNE, (tirer à la) : Écrire des 
phrases inutiles dans le seul but 
d'allonger un article payé à tant 
la ligne. 

LIGNE ! (vive la) : « Je rapporte 
un petit magot. Ah! quelle chan- 
ce! Vive la ligne! » {Léonard, 
parodie, 63.) 

Ce vivat, fréquent à certains 
jours d'émeute où on a voulu ga- 
gner les troupes de ligne, s'ap- 
plique ironiquement à tous les 
cas d'enthousiasme. 

LIGNE A VOLEUR : Ligne 
blanchie à dessein de fofon qu'il 
reste un mot pour commencer 
une ligne nouvelle payée comme 
entière. — Argot des typogra- 
phes. 

LIGORE : Cour d'assises. (Pe- 
tit Dictionnaire d'argot, 44.) 

LIGORNIAU : garçon maçon. 
(Rabasse.) 

LIGOTANTE, LIGOTE : 
Corde servant à lier les mains 
d'un malfaiteur. Vieux mot qui 
est le frère de ligament. 



LIM 



— 221 — 



LIO 



LIGOTTAGE : Action de li- 
gotter. 

LIGOTTER : a 11 est urgent 
de le ligotter, c*e8t-à-dire de lui 
attacher une ou deux mains. » 
(Rabasse.) 

LILLANGE : Lille. Adjonction 
de finale. 

LILLOIS : Fil. (Vidocq.)— On 
en fait beaucoup à Lille. 

LIMACE, LLMASSE, LIME, 
LYME ! Chemise. (Vidocq, 
Grandval.) — Vieux mots, car le 
glossaire de Du Gange donne 
limas f et on trouvera en se re- 
portant au mot passant (soulier), 
un exemple ancien de lyme, — 
« Quand la limace est bien blan- 
che, avec ses creux et ses monta- 
gnes, ça me met sens susd^sous. j> 
(L. de Neuville.) V. Batousse. 

LIMACIER : Chemisier. 

LIMANDE : Homme nul et 
plat comme le poisson de ce nom. 
(Vidocq.) 

LIME : Chemise. Abréviation 
de Limace. 

LIMONADE : Assiette. (Vi- 
docq.) Comparaison de l'assiette 
à une rouelle de limon. 

LIMOUSIN : Maçon. — Allu- 
sion au pays d'où la plupart des 
maçons sont originaires, c La 
nuit, ça représente encore, mais 
le jour ça ferait renauder des 
Limousins. » {Courrier français, 
ft février 68.) 

LIMOUSINE : Plomb. V. Li- 
mousineurs, 

LlMOUSINEUaS : c On donne 
le nom de voleurs au gras- double 
ou de limousineurs à des ouvriers 



couvreurs qui volent le plomb 
des couvertures, eh coupent de 
longues bandes avec de bonnes 
serpettes, puis Taplatissent et le 
serrent à l'aide d*un clou. Ils en 
forment ainsi une sorte de cui- 
rasse qu'ils attachent, à l'aide 
d'une courroie, sous leurs vête- 
ments. » (Petit Journal.) — De 
là le nom de Limousineur qui 
comparé ces vêtements de plomb 
aux gros manteaux nommés /t- 
mousines, 

LIMOUSINIER : Entrepreneur 
de maçonnerie. — c Celui-ci 
était un limousinier (maçon qui 
dresse les murs). Il avait des 
avances : il loua un terrain pour 
y bâtir. » (Privât d'Anglemont.) 

LINGE (avoir du) : Avoir de la 
toilette. — « Et Bovarine ! qu'est- 
ce que c'est? Ça a-t-il du linge ?» 
(L. de Neuville.) 

LINGRE : Couteau. (Vidocq.) 
Allusion à Langres, si renommée 
pour sa coutellerie. 

LINGRER : Frapper à coups 
de couteau. 

LINGRERIE : Coutellerie. 

LINGRIOT : Canif. 

LINGUER : Tuer. (Rabasse.) 
Forme altérée de lingrer. 

LINSPRÉ : Prince. (Vidocq.) 
— Anagramme. 

LION : Homme à la mode. — > 
« Depuis que nous avons attrapé 
ce mot anglais, qui s'applique, à 
Londres, à toutes sortes de nota- 
bilités, nous en avons fait abus 
comme du calicot et du fîl d'E- 
cosse. Il ne se fait pas un vaude- 
ville, un feuilleton, un roman 



1-IS — 2 

.de mœun cODlemponainu., 'qui 
ne parle dea/ioiu.de Paris. Aut 
)Ourd'hui,pour£lte Iton, ta moin- 
dre chose. suffit ; avec un panta- 
.loQ )BUne, un chapeau oeuf, 4n 
nouilachea, coûtâtes refu lion 
id'emblée. MousavonseuileaniKs- 
cadins des iacroy-ables, des im- 
.payable!, desélégantx, des beaux, 
quelqMei fashioitables ; miii ap- 
peler lions des jeunes gens qui 
mangent doucement de pauvres 
patrimoines, c'e^t uae parodie 
bien amire. *, (Roqueplan, 41.) 

-Le lion du jour : L'homme 
dont on parle le plus, & un :tltre 
, quelconque. — Anglicanisme. 

LIONCEAU ! Lion ridicule. — 
I La moustache cirée d'un jeune 
lionceau, d (L. de Neuville.) 

LIONNES :tf C'étaient de petits 
>jlres féminins, richement ma- 
riés,coqueo, jolis, qui maniaicnl 
parfaitement le pistolet et la 
cravache, montaient à cheval, 
prisaient la cigarette. > (De- 
riége.) i 

■LIONNERIE; Monde des lions.' 
— « Nous étions installés dans un 
restaurant cher à la lionnerie. > 
{Mornand.) 

LiaUID : Liquidation de 
Bourse. — « Liquid est mis ici 
pour liquidation. Le couliasiep 
facétieux se plalt à abréger ses 
formules, et dit Uquid comme on 
dit d'autor, d'achar, soc ou di- 
moc. B (Mornand.) 
■IJSETTEI (pas de ça) : For- 
mule négative- -~ i Un jeune 
drdie fait la cour à ma niice. Pas 
de H, Lisette! n (Ricard.) L'ex- 

Eression ae trouve déjàdana une 
rochure publiée en 1786, FAne 



-.a H m'enfilenit.Noo, 
pas de ça, Lisette! t 

LLTRER i Contenir, posséder. 
— Vient tielitre comme cuber 
vient de euba.~ < J'avais balancé 
le bogue que j'avais fourliné et 
je ne litrais que nibergue en va- 
lades. ■ (Vidocq.) 

LOCANDIER : ( U locandier 
est une des nombreuses variétés 
des voleurs au bonjour. Sous 
prétexte d'examiner u^ logement 
â louer, il vole avec dextérité. » 
(A. Monnier.) 

LOCHE : Oreille. 

LOCHER : Écouter. (Vidocq.) 

LOFAT : Aspirant au grade 
de compagnon. — a C'était pour 
te baptême d'unlofkt...On deyaït 
le baptiser à la Couriîlle. ■ {La 
Correctionnelle.) 

LOFFIAT : Maladroit, naif, 
imbécile. [Petit Dicllonn. d'ar- 
got.' -H-) 

LOPPITUDE : Naïveté. (Idem.) 

LOIR : Prison. V. Malt*. 

LOLO ; Lait. — Mot redoublé. 

LOLO, LORETTE : U pre- 
mière syllabe du mol «al seule 
conservée iBt redoublée. — u On 
donne le nom de lolos aux jeunes 
beautés du quartier Notre-Dame 
de Lorette... La lolo déjeune 
souvent avec un paio de gruau, 
mais elle boit du Champagne. • 
[Almanaeh du Débiteur, âi.) 

LONDRES : Cigare de U Ha- 
vane. — tt Je me rejetai dans le 
fond de la voiture et j'allumai un 
londrés. ■ (Mornand.) 



L0R 



— 3123 — 



riiOU 



LONGGHAMP : c Cour oblon-'l 
gue, bordée d'une file de cabi-' 
nels dont nous laissons deviner 
la destination. Comme b'est le^ 
seul endroit où, pendant les heu- 
res d'étude, les élèves de TÉcole 
polytechnique puissent aller fu- 
mer, le longcharxp a acquis une 
grande importance. .» (La'Bédol- 
Hère.) 

LONGUE, LONGE : Année 
passée au bagne. (Grand val.) — 
L'année y est longue à passer. 
— « Quelle veine que t'as. Dix 
longes, case tire, mais perpette! 
pas toujours! » (Stamir.) 

LONTOU : Toulon. (Ra- 
basse.) Anagramme. 

LOPHE : Faux, contrefait. — 
Anagramme précédé d'une l. V. 
Fajîot. 

LOQUE (parler en) : Même 
procédé que pour parler en lem, 
V. Lem. « Tu vas peut-être me 
traiter de loufouque d'aller au 
turbin avec des objets pareils. » 
(Beauvilliers.) 

LOQUES : u Le gamin de:Pa- 
ris a sa monnaie qui se compose 
de tous «les. petits morceaux de 
cuivre façonné qu'on peut-trou- 
ver sur la voie publique. Cette 
curieuse monnaie prend le nom. 
de loques, » (V. Hugo.) 

LORETTE : Femme galante. 
« Lorette est un mot décent in- 
venté pour exprimer Fétat d'une 
fille ou la fille d^un état difficile 
à nommer, et que dans sa pu- 
deur l'Acailcmic n négligé de dé- 
finir, vu l'âge de ses quarante 
membres. Quand un nom nou- 
veau répond à un cas social qu'on 
ne -pouvait pas dire sans përi-l 



f^hrase, ila 'fortune de ce mot est 
fai te. A ussi la - lorette passa- t'-rel le 
dans toutes les classes de la .so-* 
ciété, même dans celles où ne 
passera jamais une lorette. :Le 
mot ne fut fait qu'en 1840, sans 
doute à cause de l'agglomération 
de ces nids d'hirondelles autour 
de réglise i dédiée à Notre-Dame 
de Lorette Ceci n'est écrit x\uc 
pour les étymologistes. » (Balzac.) 

— < Chassées des quartiers sé- 
rieux; les plus ou moins jeunes 
personnes qui se livrent à la per- 
dition des fils de famille refluent 
donc veris ces constructions, qui 
forment une espèce de ville nou-* 
velle, partant du bout de la rue 
Laffitte jusqu'à la rue Blanche, 
comprenant les rues Neuve^Saint- 
Georges, La Bruyère, Bréda, Na- 
varin, et prenant son nom de Ja 
rue principale, Notre-Dame-de- 
Lorette. L'ensemble de ces rues 
s'appelle le quartier des Lorettes, 
et par extension toutes ces de- 
moiselles reçoivent dans le lan- 
gage de la galanterie sans consé- 
quence le nom de lorettes. » (Ro- 
quej^lan, Nouvelles à la mafit,4i.) 

— « Les lorettes, moi, j'aime cela; 
c'est gentil comme tout, «^ ne 
fait de mal à personnel... ides 
petites femmes... qui .gagnent à 
être connues. » (Gavarni.) 

LORGNE : 'Borgne. (Vîdocq.) 

— Abréviation de Calorgne : 
borgne (vieux mot). 

LORGNE : As. (Ibid.) — C'est 
une carte borgne. 

LOUBK)N : Bonnet. — « Il 
faut igo avoir le loubion en poigne 
pour leur jacter. n (Rabasse:) 

LOUBIONNIER : Bonnetier. 
LOUCHE : Main. — Compa- 



LOU 



— 224 "■ 



LUC 



raison de la main à la grande 
cuiller appelée louche, 

LOUCHER (faire) : Faire chan- 
ger de manière de voir, d'opi- 
nion. — « Avec qui que tu veux 
que je soye ? Est-ce que ça te fait 
loucher? » (Monselet.) 

LOUCHÉE : Cuillerée. (Hal- 
bert.) V. Louche, 

LOUFOQUE : Aliéné. (Ra- 
basse.) — C'est le mot/ou soumis 
au procédé argotique de défor- 
mation en loque. — a Tu vas 
peut-être me traiter de loufoque 
d'aller au turbin avec des objets 
pareils. » (Beauvilliers.) 

LOUGÉ : Agé. (Idem.) 

LOULOTTE : Petite dent. 
Allusion aux dents du loup dont 
on parle toujours aux petits en- 
fants. 

LOULOU : Mot d'amitié. — 
Redoublement de Loup. On dit 
aussi mon gros loup. — « Mon 
loulou, j' suis heureux quand je 
t'embrasse. » (Aug. Hardy.) — 
c C'est la louloute à son chéri. » 
(Montépin.) 

LOUP : Sottise, erreur. 

LOUP : Dette criarde, créan- 
cier. (Dhautel, 1808.) -p- « Un 
loup ! un créancier, si vous ai- 
mez mieux. » (Décembre-Alon- 
nier.) — • Au théâtre, un loup est 
une scène manquée. 

LOUP DE MER : Marin 
aguerri. 

Pour mener i bien son esqaif 
Le vrai loup de mer se dispense 
De longer toujours un rescl^ 
G. JoUivet. 

LOUPE : Fainéantise, âânerie 



— « Ma salle devient un Trai 
camp de la loupe. » (Decourcelle- 
36.) 

LOUPER : Flâner. — c Quand 
je vais en loupant, du côté da 
Palais de Justice. » {Le Gamin 
de Paris, 38.) 

LOUPEUR : Rôdeur. — c Que 
faisaient-elles, ces loupeuses? » 
(Lynol.) 

LOURDAUT : Portier. (Grand- 
val.) 

LOURDE, LOURDIÊRE: 
Porte. — On ne les faisait pas 
légères jadis et pour cause. V. 
Bocson, Tremblant. 

Lourde à pessigner : Porte à 
enfoncer. (Rabasse.) 

LOURDIER : Concierge. (Ra- 
basse.) 

LOUSTEAU : Domicile, dia* 
ble. (Halbert.) — Dans le sens de 
domicile lousteau est un mot an- 
cien qu'on doit lire Vousteau, 
c'est-à-dire Vhotel, Vhabitation 
particulière. 

LOUSTO (aller à) : Aller en 
prison. (Rabasse.) — Lousteau 
doit être une forme de lousteau 
(maison), ce qui veut dire ironi- 
quement rentrer au domicile, La 
prison est le domicile naturel 
des malfÎEiiteurs. 

LOVELACE : Séducteur de 
femmes. C'est le nom du héros 
du roman de Clarisse Harlowe. 
(Richardson.) Voyez Faublas. 

LUCARNE : Lorgnon, mono« 
de. — ci Du malheureux monde 
comme ça, ça n'y voit que d'un 
œil, et encore pas sans lucarne. » 
(Gavarni.) 

LUCH (parla- en) : V. Lem. 



LUN 



— 225 — 



LYO 



LUCHEBEM : Boucher. (Ra- 
basse.) — C'est boucher déformé 
en lem, (V. ce mot.) 

LUCTRÊMK : Fausse clef. — 
« Mon Dartagnan file le luctrème 
dans la porte » (Beauvilliers.) 

LUISANT, RELUIT : Jour. — 
Allusion de lumière. « Pitachons 
pivois chenâtre jusques au lui- 
sant. » (Grandval.) 

LUISANTE : Nuit, fenêtre. 
(Halbert.) 

LUISANTE : Lune. (Vidocq.) 

LUISARO : Soleil. (Idem.) 

LUISARDE : Lune. (Halbert.) 
— «Tous les chiffonniers savent 
ce patois énergique qui appelle 
la lune une luisarde. » (La Bé- 
doUière.) 

LUMIGNON (le grand) : Le so- 
leil. (Rabasse.) 

LUNCH : Collation. — Cest 
d'Amérique que viennent le mot 
et la mode. — a Les frais de ce 
lunch ne sont plus à la charge 
des mariés. » (Petit Moniteur,) 

LUNDI (faire le) : Manquer à 
son travail; continuer, le lundi, 
rinaction du dimanche. 

LUNE, PLEINE-LUNE, DEMI- 
LUNES : Derrière. — Allusion 
de forme. — c £n voilà une 
bonne I il a pris la lune de Pé-> 
tronille pour sa figure. » (P. de 
Kock.) V. Cadran, 



LUNE : Figure ronde comme 
la lune. — a Cora P. est à Mai- 
sons-Laffitte, elle engraisse énor- 
mément. C*est tellement visible 
qu*on ne l'appelle plus que la 
lune rousse. » {Éclair.) 

LUNE : Variation d'humeur 
influant sur l'homme comme la 
lune influe sur le temps. — «C'est 
un musicjen qui ne doit pas être 
commode, Il doit avoir des lunes.» 
(Comment, de Loriot, 69.) 

LUQUES, LUQUETS : Faux 
papiers, Images. (Grandval.) 

LURON : Saint- Sacrement. 
(Colombey.) —Allusion au rond 
de rhostie. 

LUSQUIN : Charbon. (Hal- 
bert.) 

LUSQUINES: Gendres. (Idem.) 

LUSTRE : Juge. (Idem.) 

LUSTRE (admirateur, cheva- 
lier du) : Claqueur posé au par- 
terre sous le lustre. — c Les ad- 
mirateurs du lustre donnèrent, 
mais le public resta froid. » 
(L. Reybaud.) 

LUSTRER : Juger. (Halbert.) 

LYCÉE : Prison. (Rabasse.) 
C'est le mot collège approprié aux 
exigences modernes. V. Collège, 

LYONNAISE : Soierie. (Vi- 
docq.) — Lyon est le centre de 
la fabrication des soieries» 



t3« 



^I 



— 226 r- 



M 



M 



M! : Abréviation d'une injure 
employée déjà par Rabelais 
«Merde! moi ignoble et grossier,' 
dont le bas peuple se sert dans un 
sens négatif, » écrivait Dhaulel 
en 1808. Ce n'est pas seulement; 
■dans le bas -peuple que M... est 
Usité, comme on ^va le voir par 
le second des textes suivants. 
Celui-ci est extrait du Temps du 
i6 août 1872 : 

INCIDENT d'audience AUX ASSISES. 

Uaccusé .Lhermine est ua jeune 
homme de vingt-cinq ans, mais qui 
paraît à peine âgé de dix-huit; blond, 
grêle, court. Sa petite figure blême et 
vicieuse semble taillde en lame de cour 
teau. Il n'a pas commis moins de qua- 
rante-sept vols qualifiés. C'est lui- 
même qui, au cours de l'instruction, 
les a indiqués au magistrat et en a.fait 
vérifier les détails. Il est «n outre ac- 
cusé de coups volontairement portés à 
sa mère légitime. M. le président se 
tourne vers l'accusé et, comme il est 
prescrit par la loi, il Tinterroge. 

M. le président : Accusé, 'levez- 
vous. Vos nom et prénoms ? 

L'accusé : Auguste Lhermine. 

Af. le président : Votre âge ? 

V accusé : Merde! 

Ce mot ordurier, prononcé à haute 
voix, est entendu par tout le monde. 
L'auditoire fait entendre des rumeurs. 

M. le président : Accusé, dans votre 
propre intérêt, je dois vous engager ù 
la circonspection. Vous avez peut- 
être été victime d'habitudes grossières 
ou d'un mouvement irrélléchi. Ma.i;is- 
irats, nous voulons bien oublier cet 
outrage, qui ne saurait d'ailleurs nous 



atteindre. Veillez sur voasdéffonnaii. 
Votre défenseur va vou» entretenir. Il 
vous conseillera. Je le répète, c'est 
dans Yotre propre intérêt que je parle. 

Après un quart d'heure de suspen- 
sion, les jurés reprennent place, au 
milieu de l'émotion vive de l'auditoire, 
et la cour reprend séance. 

M, le président j Messieurs les ju-> 
rés, mon devoir m'oblige à faire su- 
bir, avant la prestation de votre ser- 
ment, un interrogatoire à l'accusé pour 
constater son identité, je vais le re- 
prendre... Accusé, vos nom et pré- 
noms? 

L'accusé ne répond pas. 

M. le président renouvelle sa ques- 
tion. 

L'accusé^ d'une voix plus décidée : 
Merde ! 

Des murmures éclatent dans toute la 
salle. Sur les réquisitions du ministère 
public, la cour condamne Lhermine à 
deuxaâs.de prison. C'est le minimum 
de la. peine en cas d'outragé à la cour. 

Notre : second texte :(pris dans 
AsL ^Liberté du 8 septembre), rend 
compte d'une alluire jugée le 
7. septembre 1872, par le tribunal 
de Pont rÉvêque. Voici la dépo- 
sition d'un témoin : 

'Le troisième témoin, Leprêtre (Au- 
guste-Émilc), vingt-quatre ans, doua- 
nier à Dcauville, est appelé. Lecture 
est donnée de sa déposition devant le 
juge d'instruction : « Le 14 août, vers 
cinq heures, j'étais de service sur la 
jetée de Dcauville, avec mon camarade 
Ollivier, lorsque je vis rentrer une 
embarcation. Des personnes qui s'y 
trouvaient criaient : ■ Vive Napo- 
léon i A bas Thiers! Vive la France! 
Merde pour Thiers ! • Ces cris ont été 






:t 



MAC 



— 227 



WAC 



poussés à plusieurs reprises par quatre; 
personnes. Ils ont continué jusqu'à 
i'avant-port. Nous laissâmes ippro- 
cher l'embarcation et pûmes prévenir | 
notre capitaine Je remarquai surtout^ 
une personne criant. 9 Mis en présence 
de l'inculpé, le témoin a reconnu M. dei 
V... pour être 'a personne la plus ani-; 
mée. i 



M. de V... fut condamné à trois 
jours de prison, mais la politique 
s*en mêlant, il vit plaider sa cause 
•par un certain nombre de jour-, 
naiiXjdont pas un n'exprima sonj 
dégoût pour le mot. 

'Dirent.... .-Insulter, emmerder. 
— « Moi, si j'étais nommé, je 
monterais à la tribune et je di- 
rais : Merde!... Oui, pas davan- 
tage; c'est moh opinion. » (Zola.) 

MAC, MAQUE, MACQUE, 
MACCHOUX, MACROTIN :Sou- 



âsçe il s'est npptlé 'maqueré! ou 
maqueriau. 

« Le métier de mac lï'^tait 
guère exercé autrefois 'que par 
des voleurs et des mouchards...'» 
fVidocq:) — a Le macque est 
le souteneur des filles de la plus 
basse classe. Presque "toujours 
c'est un repris de justice. » (Gan- 
1er:) 

MACA : Entremetteuse, femme 
vieillie dans ile vice, phautél, 
ô8.) — Même origine que le mot . 
précédent. 

MACAIRE : Malfaiteur affec- 
tant les dehors d'un homme du 
monde. Le mpt date du drame Ue 
V Auberge des Adrets; il doit 
moins sa fortune à Frédétick- 
Lemaître, créateur du rôle de 
Macaire, qu'aux nom'breusescarî- 
catures qui ont fait ensuite Ue 



teneur, entremetteur. — L-e der- l'assassin Macaire le type du filou 
nier mot est un diminutif de ma- | cynique. — c Us se croyaient des 

Macaires et n'ont été que des 'fi- 
lous. D (Luchet.) 

MACAIRISME : « Le macaî- 
risme, c'est la filouterie érigée 
en système. 9 (Boursicotier isme, 
58.) . 



quereau; l'avant-dernier est une 
modification du même mot par 
changement de (finale; les trois 
premiers sont des abréviations. 
11 y a de plusdes synonymes in- 
nombrables, rappelant tous le 
côtéichthyologiquedu mot. Tels 
sont barbeau y bar bille, barbillon, 
dauphin, dos vert, dos d*ajur, 
brochet, poisson, etc. Aussi. an-on 
été Chercher vainement de ce 
côté Torigine du uot. Le poisson 
n'y est pour rien,; maquereau est 
un simple jeu de mots, comme 
grenouille. Au moyen âge, le mot 
maque signifiait : vente, métier 
de marchand. De 'là «ont venus 
maquerel et maquillon, qui a fait 
maquignon. Le maquereau n'est 
autre chose qu'un maquignon de 
femmes, etpendant tout lemoyen 1 



MACARON : Dénonciation. 
— Même origine que mac. Celui- 
ci vend des hommes au lieu de 
vendre des femmes. — a Dans le 
nez toujours tu auras macarons 
et cabestans. Y (Vidocq.) 

MACARONER : Trahir. (Hdl- 
bert.) 

MAC-FARLANE : iPardessus 
sans manches, avec grand collet 
sur 'le devant. — Anglicanisme, 
c Ils portent des imac-'farlanes. n 
(Les Etudiants, ^60.) . 



MAC 



— 228 — 



MAI 



MACHABÉE : « On appelle 
Machabée tout étre^ homme ou 
animal privé de vie, que l'on 
rencontre flottant sur un cours 
d'eau ou échoué sur le rivage. » 
(V. Dufour.) — Faut-il y voir 
une allusion à la \égende popu- 
laire des sept Machabées qui pé- 
rirent tous pour la foi, ou un 
dérivé du vieux mot macquer : 
briser, écraser, frapper ? En lan- 
gue d'oc, on dit macat pour écra- 
sé, brisé. Je n'irai pas chercher 
d'étymologie dans le grec, mais 
je ne puis m'empécher de faire 
observer que makarios veut dire 
privée de vie. Le Breton même a 
mach'an : estropié, mutilé. 

MACHABÉE : Juif. —Allusion 
biblique. 

MACHER (ne pas le) : Parler 
sans détour. Mot à mot : sans 
mâcher les paroles en tre ses dents. 
— «( Quand j'ai lieu d' vous en 
vouloir. Ah ! n'ayez pas peur que 
j' vous l' mâche ! » (Longchamps, 
09.) 

MACHIN : Homme ou chose 
dont on ne se rappelle pas le nom. 
c Monsieur Machin, pardon 1 je 
ne me rappelle jamais de votre 
nom. » (H. Monnier.) — Dans la 
Gabrielle d'E. Augier, l'avoué 
Chabrière prie sa femme de lui 
faire «c un machin au fromage. » 
V. Chien. 

MACHINE : Œuvre quelcon- 
que, œuvre dramatique. — «c C'é- 
tait à Nohant, l'illustre écrivain 
venait de lire trois actes. L'au- 
ditoire semblait hésitant : «c Al- 
lons, dit l'auteur, il faudra faire 
une autre machine, » et elle jette 
le manuscrit au feu. » (E. Le- 
moine,) 



MACHOIRE : Suranné. — 
« L'on arrivait par la filière d'é- 
pi thètes qui suivent : ci-devant^ 
faux toupet, aile de pigeon, per* 
ruque, étrusque, mâchoire, ga^ 
nache, au dernier degré de la 
décrépitude, à l'épithète la plus 
infamante, académicien et mem- 
bre de l'Institut, » (Th. Gautier, 
33.) — a Vieille mâchoire : Per- 
sonne sans capacité, ignorant, 
sot. » (Dhautel.) 

MADRICE : Malice. (Colom- 
bey.) 

MADRIN : Malin. (Idem.) — 
C'est madré, avec changement 
de finale. 

MAGNUSSE : V. Être (en), 

MAIL COACH : Voiture atte- 
lée à quatre chevaux en poste à 
grandes guides. (Paz.) 

MAIN : Série de coups heu- 
reux au baccarat ou au lansque- 
net. — <c Au baccarat, pour ga- 
gner, il faut avoir une main. » 
(Cavaillé.) V. Pharamineux, — 
On a pris cette expression au 
figuré, et on dit : i7 a la main, 
pour : il obtient une série de 
succès. 

MAIN CHAUDE (jouer à la) s 
Être guillotiné. V. Raccourcir. 

MAINS COURANTES : Pieds. 
(Rabasse.) Jeu de mots commer- 
cial. 

MAISON (être en) : Faire par* 
tie d'une maison de tolérance. 

MAISON (fille, femme, maî- 
tresse de) : Habitante ou proprié- 
taire d'une maison de tolé- 
rance. Le mot est plus vieux 
qu'on ne croirait. Un petit livre 
intitulé la Revue de Van VIII, 



.»* 



MAL — > 229 •— 

'.ontient une description des filles 
qui se promenaient au Palais- 
Royal : c Leurs bas de soie à 
coins brodés que la dame de mai- 



son, c'est le mot technique (sic), 
avait lavés le matin, se dessi- 
naient sur un mollet arrondi. » 

MAJOR DE TABLE D'HOTE : 
OfiRcier de contrebande, portant 
un grade et des croix qui ne lui 
ont jamais appartenu. — « Lais- 
sez-moi donc tranquille, s'écria 
une espèce de major de table 
d'hôte. » (G. Vassy, 76.) 

MAJOR : « Le chirurgien, le 
tambour-major, le sergent-major 
sont dénommés indistinctement 
majors. » (Louis Huart.) 

MAKACH : Formule négative 
originaire d'Algérie, a Les Mau- 
resques ont des costumes ado- 
rables. Quant à leurs figures, 
makach!... Incognito complet. » 
(Loriot.) — « Tu trouveras des 
concombres. Quant aux poires, 
makach! comme dit TArabe. » 
(A. Lecomte^ 6i.) 

MAL (faire) : Faire pitié. — 

— « Qu'on vienne baiser son 
vainqueur! — Comme tu me 
fais mal. » (Gavarni.) 

MALADE : Prisonnier. V. 
Maladie, 

MALADE (être) : Être fautif. 
(Rabasse.) 

MALADE DU POUCE : Fai- 
néant dont la paresse constitue la 
seule infirmité. 

MALADfE DU POUCE : Avare. 

— Cet exemple explique l'allu- 
sion : a II est malade du pouce. 
Ça empêche les ronds de glis- 
ser. » (Mpnselet.) V. Rond» 



MAN 



MALADIE : Emprisonnement. 
(Vidocq.) 



MAL BLANCHI : Nègre. - 
c Va donc, mal blanchi, avec ta 
figure de r^lisse. » (Bourget.) 

MALHEUREUX : Trompé par 
sa femme. — S il est malheureux 
dans son intérieur, il le sait, 
tandis qu'à Paris un employé 
peut n'en rien savoir. » (Balzac, 
41.) 

MALINGRER : Souffrir. (Vi- 
docq.) — Malingre se dit encore 
pour souffreteux, 

MAL PEIGNÉE : c Pour le 
moment, c'est sous cette épithète 
que l'on désigne une courtisane 
(nous avons pour ces dames un 
vocabulaire qui menace de deve- 
nir par trop volumineux).» (P. de 
Kock, 65.) — Allusion aux che- 
velures hérissées, dont la mode 
commença vers x865. 

MALTAIRE : Louis d'or. 
(Halbert.) — Pour maltaise* 

MALTAIS : Café-restaurant de 
bas étage. — Cabaretier.— Beau 
coup de Maltais exercent cette 
profession en Algérie. 

MALTAISE : Pièce d'or. (Co- 
lombey.) 

MALTOUZE : Contrebande. 
V. Pasquiner, 

MALTOUZIER : Contreban 
dier. 

MANCHE (faire la) : Faire la 
quête. — c La fille du barde fait 
la manche. Elle promène sa se* 
bille de fer blanc devant les 
spectateurs. » (H. Monnier.) 

MANCHE DE VESTE (jambe 



:man 



236 — 



M AN 



en) : Arquée .commeiuixe. manche 
d'habit. — « Mosieur Belassis,. 
moi j'ai pas des jambes en man«i 
ches de veste. » (Gavarni.) 

MANCHE. À. (être) : Avoir fait; 
autant de progrès qu'un adver-' 
saire. Mot à mot : être manche 
à manche. — Terme de whist. 
<«— a Ça nous met manche à 
manche. A quand la belle ? » 
(£.'Sue.) * 

MANDOLET : Pistolet. (Hal-j 
bert.) 

MANETTE (M»0 :. Malle. (Vi- 
docq.) Jeu de mots sur manne 
(malle) et sur le nom propre. j 

MANGER : Avouer. (Grand-! 
val.) - a Paumé, tu ne mangeras 
dans le taffe du gerbement. » (Vi-| 
docq,) — (c François a .mangéj 
sur vous. » (Canlert) 

iMANGER DU «FROMAGE : 
Aller à l'enterrement. — Allusion 
à l'usage populaire à Paris de 
coUationner chez le marchand de 
vins au retour du cimetière. — 
«Aux gens qui ne manquent pas 
d'aller faire lun repas toujours' 
.fortement arrosé en revenant du 
cimetière. Ce qu'on appelle vul- 
gairement manger du fromage. » 
(P, Moniteur, 76.) 

C'est surtout au mangeur de 
fromage. quG s'applique la défi- 
nition précédente, car si manger 
du fromage n'entraîne pas l'idée 
d'un excès, mangeur de fromage 
se dit de l'homme qui le commet 
volontiers. 

MANGER LE MORCEAU : 
^Dénoncer : <c Le morceau tu ne 
.mangeras, de crainte de tomber 
au plan. » (Vidocq.) 

MANGER DE CE PAIN-LA 



(ne pas) : 'Refuser des mojrens 
d'existence dont «la source ne pa- 
raît pas honorable, c Moi, qce 
j'dis, merci, je n' mange pas de 
ce pain-là! » (H.'Monnier.) 

MANGER DU PAIN ROUGE : 
Vivre du produit d'un assas- 
sinat. 

MANGER LA SOUPE AVEC 
UN SABRl!: : Avoir une grande 
bouche. — Ironie, a Une bouche 
grande à foire croire que le prêt 
venu mange la soupe avec un 
sabre(style de régiment).» (Cour- 
rier de l'Ouest, 72,) 

MANGER SUR 'L'ORGUE -: 
■Dénoncer. (Vidocq.) L'orgue com- 
plète ici l'allusion, car l'orgue 
est un instrument de musique. 
V. Musique, 

iMANQER SON NIÈKE : Dé- 
noncer son complice. (Rabasse.) 

MANGERAIT (on en) : Appé- 
tissant. — Se dit de tout ce qui 
peut éveiller la tentation, ail- 
leurs que dans le monde comes- 
tible. 

Le crevé murmurait ces mots tout ea 
marchant : 

Quelle taille 1 quels pieds l ! quels che- 
veux en forée 1 1 1 

Elle tranquillement dit : On en mange- 
rait. 

(Alm. des p. crevés, 68.) 

MANGEUR : Dissipateur. 

MANGEUR DE BLANC : 
'Homme vivant de la prostitution. 
(Dhautcl.) — a Le mangeur de 
blanc se fait donner des appoin- 
tements fixes, par ses maîtresses. » 
(Almanach du Débiteur.) 

MANGEUR DE BON DIEU, 
Mangeur de messes : Dévot. 



MAN 



— 23l — 



Alfuson sa tjmhcHc de Phostie.f 
— c Quittez Yos tanières^ an-' 
tiques comtesses , mangemes de 
messes. » (Départ de la Coêêt, 
3o.) 

MANGEUR DE GALETTE : 
Délateur TÎTant de 
tions. (Colombej.) Galette 
ici une variante de mtorceam. — ^ 
Ccst aussi un fonctîoiiiiaire Té-j 
naJ, selon Vidocq. 

MANIÈRE (i", 2% 3«) : Se dit 
de manières de Êûre en rapport 
avec râ^, le talent ou les cal- 
culs d'un indrridu. — c Faustine 
en était encore au désintéresse- 
ment, sa première manière, ainsi 
qu'elle disait elle-même, en .em- 
pruntant le langage des artistes. » 
(A. Achard.) 

MANIÈRES : *Ajrs dlmpor- 
tance. — « Ça Eût des manières 
et ça a dansé dans les choeurs... » 
(Garami.) 

MANILLE : Anneau de forçat. 
V. Guirlande, Martinet. 

MANIVAL : Charbonnier. (5i, 
Almanach des DéHteurs.) 

MANNEQUIN: Homme ou 
femme méprisable. — c Va donc, 
mann'quin d'marchand de rin; 
Ta-t*en donc avec tous tes vieux 
lapins... » [Catéchisme poissard, 
44-) 

MANESTRINGUE, MANNE- 
ZINGUE, ML%ZINGUIN : Mar- 
chand de vin. — Les trots mots 
doivent étie des formes adoucies 
de mannetrinque, et mannetrin- 
que parait la forme interrertiede 
l'allemand tHnckmann: l'homme 
du boire, chez lequel on boit. 
€ Quel est celui-là?... Un ami, 
un TTÛ marchand de rin... —, 



tMAQ 

Un mmoenng? » (G. Bonrdîfi.y 
— c Le roi est un "bon zigtie, qui 
protège les minringuins. » (Ca-- 
bassol.) 

MANON : Prostituée. (Ra- 
basse.) — Abrération de Manon 
Lescaut (?% 

MANQU1LLER : Faire. (Hal* 
bert^) Pour maqmller, 

-MANQUE (affiûre à la) :*Mau* 
Taise affiiire. 

MANQUESSE : Mauvaise 
note. — c Le quart d*œil de Ro* 
chefort nous a rafilé la manques* 
se. • (Rabane.) 

MAQUE : V. Mae. 

MAQUI (mettredu>: Se mettre 
du rouge. (Grandval.) 

MAQUILLAGE : TnnraiL 
V.RoÊtlant, 

MAQUILLAGE : Action de ae 
fiutler, mettre du maqui — c Le 
maquillage est une des nécessi- 
tés de Tart du comédien. 9 (J. 
Duflot.) 

MAQUILLAGE : « Le maquil- 
lage est Taftifice au mojen du- 
quel le grec reconnaît les cartes. 
Dans le Midi, cette filouterie s'ap- 
pelle la mmsique. » (Onraillé.) 

MAQUILLE : Procédé emplojé 
pour le maquillage des grecs, 
c La plupart des maquilles ser- 
vent à tous les Jeux. » (Canaille.) 

MAQUILLÉE : Femme ridicu- 
lement Êirdée. — c Dans certains 
théâtres on voit de Jeunes aspi- 
rantes qui se font des yeux jus- 
qu'aux oreilles et des ^veines 
d'azur du corset jusqu'aux tem- 
pes; ce ne sont pas des femmo, 
ce sont des pastels. Cette pre- 



MAR — a: 

mitre eatigorledtgruea l'ippelle 
let maquillits. »(J. OuBot, Dtct. 
dtt Coulisses.) 

MAQUILLER :Farder.— «J'ev 
père qu'en voili une qui le ma- 
quille! muimureThâlfniekune 
de «et voisinei... ■ (Paul de 
Kock.) 

MAQUILLER :A«ir, miehiDer, 
travailler. — « C'ui par trop 
longiempt bbire; il eii, vou* * 
«avez, heure de maquiller. 
(Graodval, 17*3.) V. Mae, Mo- 

Maquiller un suage : Se char- 



Maquiller son truc : Faire *a 
manixuvre. 

Maquiller une cambriolle ; Di- 
valiaer une chambre. 

Maquiller let brèmes s Jouec 



MAQUILLER (ae) : Se d^gui- 
aer. (Rabaase.) 

MAQUILLEUR : Joueur de 
<ariei. — a Par cent coupa con- 
tre toi, le» maquilleurs l'amas- 
aent, mais, bienlOl oetloyfs, au- 
tour de loi croasaent. » {Alyge.) 

MAR :D£siiicnce arbitraire, de 
la mfme fomille que rama dont 
elle paraît ftre l'anagramme. V 
Aille. — a On le bornait (vcts 
1840) , t retrancher la dernièru 
conaonnance pour y substituer lu 
syllabe mar. On disait épicemar 
pour épicier, boulangemar pour 
boulanger, tafemar pour caFé, 
et ainsi de suite. C'était de l'es- 
prit dans ce Umpa-là. ■ (Pr.d'A n- 
glemont.) — ■ M^e-Ioi... Le 



la - MAR 

jeune épicemar est irU-fon ka 
billard et au piquet » (Champ- 
fleury.) 

MARCANOIER : Celui qui dit 
avoir £té vol£. {Grandval.) 

MARCASSIN : t Le marcaaaln 
est le rapin du peintre d'enaeî- 
gnea. ■ <E, Bourget, +5.) 

MARCHAND D'HOMMES s 
Agent de remplacement mili- 
mire. — ■ D'un marchand d'hom- 
mes, je vois l'enseigne. > {Lia- 

MARCHAND DE LACETS : 
Gendarme. — Allusion aux me> 
nottes qu'il tient en réserve. V. 
Hussard de la guillotine. 

MARCHAND DE SOUPE : 
Maître de pension ap&ulant sur 

- nourriture de ses fltvea. — 

chanda de soupe doivent âlre 
l>ien fiers, b {L. Rejrbaud.] 
MARCHANDISE ! Excrément. 

— Allusion au cotnmerce de U 
vidange. 



MARCHE A TERRE : Fan- 
tassin. — « Quand tu étais dan» la 
cavalerie, tu n'étai» pas dana les 
marche t terre. » [Vidal, 33.) 

MARCHER, MARCHER AU 
PAS (faire) : Contraindre i obéir. 
— t Empereur Nicolas, les Fran- 
çais et Anglais te feront marcher 
su pas. 1 (Layale, 55.) 

MARCHER, MARCHER 
TOUT SEUL : Se dit du fro- 
mage ei des aliments corrompu*. 



I < 



MAR 



- 233 - 



MAR 



Le mot foit supposer que les 
vers grouillent assez pour don- 
n^sr à un objet matériel une sorte 
tle vie, au figuré, pour le faire 
marcher, — Dans le même ordre 
â*fdées, cela danse indique le 
plus haut degré de la décompo- 
Sftion. 

MARCHER DESSUS: Travail- 
ler une affaire, préparer un vol. 
(Rabasse.) 

MARCHEUSE : c La marcheu- 
se est un rat d'une grande beau- 
té que sa mère, fausse ou vraie, 
a vendu le jour où elle n*a pu 
devenir ni i% ni 2% ni 3« sujet 
de la danse, et où elle a préféré 
rétat de coryphée à tout autre 
par la grande raison qu^après 
l'emploi de sa jeunesse, elle n'en 
pouvait pas prendre d'autre. » 
(Balzac.^ 

MARCHEUSE : « Un simple 
bonnet la coiffe; sa robe est 
d'une couleur foncée et un ta- 
blier blanc complète ce costume. 
Les fonctions de la marcheuse 
sont d'appeler les passants à 
voix basse, de les engager à 
monter dans la maison qu'elle 
représente, où, d'après ses an- 
nonces banales, ils doivent trou- 
ver un choix exquis de jeunes 
personnes. » (Béraud.) 

Autrefois le rôle de la mar- 
cheuse était plus nomade, — «En- 
fin arrivent les marcheuses. Elles 
marchent pour les filles demeu- 
rant en hôtel garni; celles-ci 
n'ont qu'une chaussure et un 
iupon blanc. Faut-il qu'elles ex- 
posent dans les boues leur uni- 
que habillement, la marcheuse 
>iCrontera pour elles les chemins 
faugeuz. 1 (1783, Mercier.) 



MARE (terminaison en) : V. 
Mar, Aille. 

MARÉCAGEUX (œil) : Œil 
langoureux, à demi noyé, d'où 
cette humide allusion. 

Mais que ta danses bien la galope, 
Avec ton œil marécageux T 

{Chanson populaire,) 

MARGAUDER : Décrier la 
marchandise. — «Madame trouve 
moyen de margauder. » (La Cor» 
rectionnelle.) 

MARGOT, MARGOTON : 
Fille de mauvaise vie. — Dimi- 
nutif de Marguerite. — « Nom 
fort injurieux donné à une cour- 
tisane, à une femme de mau- 
vaise vie. j> (Dhautel, 08.) — 
« Nous le tenons. Nous savons 
où demeure sa margot. » (E. Sue.) 

MARGOULETTE : Bouche. 
Pour gargoulette. — t Tu ne sorti- 
ras pas d'ici sans avoir la mar- 
goulette en compote. » (Vadé, 
1756.) 

MARGOULIN : Débitant, dans 
la langue des commis-voyageurs. 
— « Parfois le margoulin est fin 
matois. » (Bourget.) 

MARGUINCHON : C'est Mar^ 
got avec changement de finale. 
Même signification. — «Entends- 
tu, Marie-Couche-toi-là, la mar- 
guinchon de tous les goujats. » 
{Catéchisme poissard, 40.) 

MARIAGE A L'ANGLAISE : 
Mariage après lequel chacun vit 
de son côté. — « Après une lune 
de miel fugitive, M. de L..., 
reprit ses habitudes de garçon. 
N'avait-il pas fait ce que l'on ap- 
pelle un mariage à l'anglaise? » 
(E. Villars.) 



MAR 



— 234 — 



•MAR 



MARIN DE LA VIERGE MA- 
RIE : Marinier d*eau douce. — 
« Ce sont les carapatas ou ma- 
rins de la vierge Marie ^ ainsi 
nommés parce qu'ils ne courent 
jamais aucun danger, race am^ 
phibie qui ne vit que sur les 
canaux. » (Privât d'Anglemont.) 

MARINGOTTE : Grande voi- 
ture de famillede saltimbanques.; 
— « C/était une des deux gran- 
des voitures nommées marin- 
gottes servant à la caravane en 
voyage. » (O. Féré.) 

MARIOL : Malin. (Grandval.) 
— c Si c'est un mariol, on em- 
ploie le surin, et on joue des 
jambes, d (Colombey.) 

MARIVAUDER : Se complaire 
dans les détails; défaut reproché 
aux écrits. de Marivaux. — a Al- 
lons un peu plus vite, tu mari- 
vaudes. » (Balzac.) — L'action de 
marivauder s'appelle du mari- 
vaudage, 

MARLOU, MARLOUSIER : 
Souteneur. — C'est le vieux mot 
marlier (sacristain), avec chan- 
gement de finale. Les souteneurs 
étaient autrefois appelés sacris- 
tains, — « Un marlou, c'est un 
beau jeune homme, solide, sa- 
chant tirer la savate, se mettant 
fort bien, dansant le chahu et le 
cancan avec élégance, aimable 
auprès des ni les dévouées au 



pardonne le inot ; les.pluS'prudes 
femmes. ne craindraient pas oc le 
lice s'il italt vieux de deux siè* 
clés, s'il chatoyait en sty^e au-« 
ranné à côté de .Ribaudes et de 
Ribeliers qui ne veulent pas ûire 
autre chose. » (F:r. Soulië, hj,)- 

MARLOU : t Par extension, 
on .appelle imarlou .tout honiâ-ne 
peu délicat avec les femmes, et 
même tout homme qui a mau- 
vais genre. » (Cadol.) 

MARLOU (c'est un) : C'est un 
malin. (Rabasse.) 

MARLOUSERIE : Malice. 
(Colombey.) 



MARMIER 
Vieux mot. 



Berger. (Idem.) 



MARMITE : Fille publique 
nourrissant un souteneur. — 
L'allusion se comprend. — « Un 
souteneur sans sa marmite, est 
un ouvrier sans ouvrage. « (Can- 
1er.) 

La Marmite de terre est une 
prostituée ne gagnant pas d'ar- 
gentàson souteneur.— ? La 3/ar- 
mite de fer gagne un peu. — La 
Marmite Je cw/vre rapporte beau- 
coup. (Halbert.) 

MARMOT (croquer le) : Être 
dans la situation d'un homme 
qui ne voit pas arriver ce qu'il 
attend. — Croquer le marmot 



culte.de Vénus, les soutenant n'est qu'un équivalent de mar- 



dans les dangers imminents. » 
(5o mille voleurs de plus à Pa- 
riSf 3o.) — L'optimisme iro- 
nique de la facétie que nous ve- 
nons de citer n'est rien à côté' 
de la citation suivante : — «La 
plus sublime de ces positions 



c'est celle du marlou. Qu'on me | V. Marronner, 



mottery comme le prouve cet 
exemple : c Marmonnant as la 
langue : mon ! mon ! mon! comme 
un marmot. » (Rabelais, P^nta* 
gruel, L. IV, ch.XV.) 

On a, comme cela se prv^fluit 
souvent, pris l'effet peur la cause* 



. 4 



■'■•:"■ h, 



MAR 



— :235 — 



lAAK 



MARMOT (Nourrir le) : Pré- 
parer un vol. (Rabasse.) 

MARMOTTIER : Savoyard. 
(Colombey.)— Mot à mot t moTi-r 
treur de marmotte?. 

MARMOUSE : Barbe. (Hal- 
bert.) 

MARMOUSET: Pot, marmite. 
(Idem.) 

MARNER : Se livrer à un 
travail pénible. (Vidocq.) Abrév. 
de marronner : murmurer. 

MARNER : Voler. ^ Du vieux 
mot marronner-: pirater*— «Il y 
a des cambrioleuses très-habiles, 
qui, feignant une erreur, s'élan- 
cent dans les bras du voyageur 
qu'elles veulent marner : t C'est 
c toi,mon loulou, s'écrient-elles, 
« viens donc que je t'embrasse! » 
On prétend que ces donneuses de 
bonjour sont rarement mises à la 
porte. » (A. Mon nier.) 

MARON ; Sel. (Grandval. V. 
Muron. 

MAROTTIER : Marchand am- 
bulant. 

MARQUANT : Ivrogne. (Petit 
Dictionnaire d*argot, 44.) 

MARQUANT : Souteneur. 
(Halbert.) Mot à mot : homme 
de la marque. V. ci -dessous. 

MARQUE : Prostituée. (Hal- 
bert.) 

MARQUE (vol à la) : C'est une 
variété du vol au papillon (blan- 
chisseur). Une voiture de blan- 
chisseur stationne, et un compère 
s'en approche et tâche de recon- 
naître la marque des ' paquets 
déposée sur Je devant de la voi- 



ture. Puis son complice H[HjK^4t 
demander deia^^part du patrcn. 
(Rabasse.) 

MARQUE DE GÉ : Femme 
légitime de yoleur. (Oolombey.) 
Mot à mot : femme d'argent. 
V. Ce, 

MARQUE FRANCHE, MATl- 
QUISE : Maîtresse xie voleur. 
(Idera^) V. iMurque» 

MARQUÉ : Mois. (Rabasse.) 

MARQUER MAL : Se faire 
remarquer sous de mauvais rap- 
ports. 

MARQÙET : Mois. — t Pour 
une méchante paire de trottines 
je vais payer sur le pré au Date 
court toujours treize marqueta 
et j'ai déjà fait pas mal de plan' 
de couillé. » (Journal ^man, d'un 
prisonnier de Afà!(as'.) 

MARQUIN : Couvre-chef. (HaK 
bert.) 

MARQUISE : Breuvage com- 
posé de vin blanc, d'eau de Seltz^ 
de sucre iet de citron. 

MARQUISE : "V. Marque 
franche, 

MARRON : En flagrant délit 
de vol ou de crime. — Du vieux, 
mot marronner : faire le métier 
de pirate, de corsaire. 

Paumer marron, servir marron : 
Prendre sur le fait. — « J'ai été 
paumé marron, i» '{La Correc- 
tionnelle,) V. Servir, \Estourbir, 
Raille. 

MARRON : En contravention. 
-T a Le cocher marron est un 
cocher mal vêtu, mal chausse^ 
ayant mauvaise mine, conduisant 
une mauvaise voiture et un mau- 
vais cheval. » (P. du Terrail.) 



i, il char- 



MAS - " 

MARRONNER ! Bouder, mur- 
inurer. — Du vieux mot mar- 
monner, — t Tu pourru mar- 
moDner tout bti : Ah I couyon, 
lu ne me tien» pai. i (ta Berne 
Mararine, 1654.) ~ « J'peui pas 
voir (a, moi! je marronne tout 
haut. > (Cogniard, 3i.) V. Lâ- 
cher, Marmot. 

MARRONNERUN GRIN- 
CHISSAGE: Manquer un vol. 
<Co1ombey.) 

MARSEILLAISE: Pipe courte 
et poreute &brii]uée A Marteille. 
«Ettouten pariant-'-" " -•""■- 
geait et allumait 
lai»e. ■ (Luchet.) 

MARTEAU (avoir un coup 
de) ; V. Toqui. 

MARTINET : ■ Fer de correc- 
tion au bagne. Cet instrument 
rfpressi/ qui vient captive 
jambe du forfal, a une irerr 
plus forte que celle de l'aciei 
(Moreau Christophe, l-].) 

MASQUER EN ALEZAN : 
< Lel maquignons diaaii 
un vilain cheval sous une couche 
de peinture qui 
mier lavigei i 
•yatème de teinture masqué en 
alezan, i (Rabasse.) 

MASSER : Travailler. (Ra- 

MASTAR AU ORAS DOUBLE 
(faire la) : Voler du pl< 
lea toitures en le faisant passer 
pour ouvriet plombier envoyé 
par l'architecte. (Rabasse.) 

MASTAROUFLEUR : Voleur 
de plomb. (Rabasse.) 

MASTIC : Tromperie, mysti- 
fication. — «De dimanche, ooui 



MAT 

commenceront i donner la l'tte 

toutes lea ignominie* que 

us offrirons aux crétins qui 

lUs honorent de leur coa6an- 

... Quel mastic! »(Commerscn, 

75-) 

MASTROC; Marchand dsvin. 
(Rabasse.) Abréviation de mai- 
troquet. 
MASTROQUET : Marchaud 
■ vin. — Mot à mot '. Phamme 
du demi-ietier. De demi-ttroc : 
demi-aetier. — < Le cocher avale 
. Dent aon m£lé-casais et sort 
de chez le mastroquet. ((Sauger.) 
V. Corne. 

MATCH : « Pari entre deui 
chevaux pour une distance con- 
venue. » (Paz.) 

MATELOT : « Toua deux 
ami* et se nommant mutuelle- 
ment mon matelot : ce qui est 
le plus grand terme d'aSiictlon 
connu sur le grand gaillard d'a- 
vant, s (Pkyi. du Matelot, 43.) 



MATHURINS : 
(Halbert.)— Abréviai 
ihurins plats. Allusion 
des moines dît Mathurins qui, 
avec leur robe blanche et leur 
manteau noir, pamiasaientavoir 
le revers noir et la face blanche, 
comme les dominas. 

MATIGNON ! Messager. (Hat 
berl.) 

MATIN, MATINE : Personne 
détermina, brusque, auaai peu 
commode que le chien de garde 
dit mâtin. — i Kléber, un grand 
mllin qu'a descendu la garde, 
assassiné par un Égyptien, a 
(Balzac.]-<iAhI mllii^ciV >■ ■"■• 
quie. ■ (Reray, Ch., 54.) 



MATiJKBËS : Dét â jouer. 
{GrandTal.) — Cest mathurin 
»v»s changement de finale. 

MAUGRÉE : Directeur de prl. 
son. (Halbert.) — Il maugrée par 
état. 

MAUVAISE (elle eit) : Cette 
plaisanterie n'est pas bonne : Ce 
procédé est mauvaii. — On dit 
aussi : Jeta trouTe mauvaise. — 
n Avouez, mesdames, que voui 
ne TOUS attendiez pas à celle-là, 
et que vous vouadiles peut-être : 
Je la trouve mauvalK. » (Vil- 
lars.) 

MAUVE: Parapluie rougefltre. 
— n Sa forme conserve une cer- 
taine ressemblance avec la (euille 
de mauve, ce qui lui a fait ré- 
cemment donner le nom de cette 
plante. La mauve est toujours 
en colon rouge ou vert. » {Fhyt, 
du parapluie, 41.) 

MAYEUX : Bossu. — Moyeux 
est une formedu vieuznom J/d- 
hieu (Maliiieu). Vers i83o, les 
caricatures populaires de Tra- 
viès donntrent ce nom à un 
bossu, tjpe d'homme ridicule- 
ment contrefait, vaniteux et li- 
bertin, mais brave et spirituel i 
ses heures. De là son nom donné 
à ceui qu'afflige la m£me In- 
firmité. — I Ici d'affreui petits 
mayeux. » (De Banville.) 

MAZARO : Prison militaire, A 
ne pas confondis avec la salle de 
police [our^. Dans celle-ci, on 
passe seulement la nuit sur une 
paillasse; dans l'autre on reste 
jour et nuit sur la planche. — 
f Mon ami, c'est le trou, le dtiu. 



3; _ MEC 

le mazaro, la salle de police. » 
{Commentaira dt Loriot.) 
MAZAGRAN : C«fÉ servi dan» 

MEA CULPA (ftire son) : Cun- 
feaser ii ^ute. — Latinisme. — 
t II leur faudra faire leur mea 
eulpa de cette fameuse démarche 
du 20 juin, k iMonitear, juillet 



Mec de» mecs : Dieu. (Vidocq.) 
C'est-à-dire chef de» cheft. V. 
Rebâtir. 

Mec des mea : Individu re- 
douté. — (Rabasse.) 

MÉCANISER : Vexer, criti- 
quer. — ■ Canalis regarda fixe- 
ment Dumay qui se trouva, selon 
l'expression soldatesque, eniii- 
rement mécanisé. ■ (Balzac. — • 
<t Ne vous avisez pas de mécani- 
ser son ouvrage, car alors, qui 
que vous soyez, il ne vous reste- 
rait plusqu'à numéroter vos os.l 
(Moiaand, 4:.) 

MÉCHANT (pas) : On dit d'une 
toilette mesquine, d'un homme 
inepte, d'un livre sans valeur : 
Ça n'est pas méchant, ça ne mord 
past — s Achetez un catoquet 
plus méchant, votre tuyau de 
poêle n'est pas trop rup. 1 (L.de 
Neuville.) 

MÈCHE (il y a) : Il y a moyen 
d'arriver, il y a possibilité de 
faire. Mol à root : on peut allu- 
mer l'alfaire^ — iLorsquetes ou- 
vriers proposent leurs services au 
protede l'imprimerie, ils deman- 
dent ^ilyamiche, c'est^'.dire si 
peut les occuper. > (Dhauiel, 



MEG — ï 

i6oS.)— « U voudrait en garder 
un pour la montre, mais il D'y a 
pas miche. » (Rienji.) 

Être de mècht : Être de moi- 
li£. (Vidocq.) 

Six plombes et mèche tSix hea- 

MÉCHI ; Malheur. (Vidocq.) 

— Abréviation du vieux mot mé- 
chie/. 

MECQUE : Homme. - Pour 
meg. — «iT'aa refroidi au moins 
un mecque. b (Slamir.) 

iteeqiiB- à la. colle forte : Vo- 
leur redoutable. (Idem.) Mot à 
mot : Voleur dont on se débar- 
rasse difficilemenl. V. Meg des 
megs. 

MÉDAILLE : Pièce d'or.— 
« La iolie voix', dit Schaunard 
en taisant chanter les pièces d'or 
Comme c'est joU, ces médail- 
les! s(MQi*ger.} 

MÉDAILLON : Derrière. (Vi: 
docq.) Allusion de rondeur. 

MÉDECIN : Avocat. (Vidocq.) 

— U saigne les malades. V. 

MÉDECINE : Conseil. Mime 
allusion. 

MÉDIUM ; Homme qui pré- 
tend servir d'intermédiaire entre 
ses semblables et certains es- 
prits invisibles. — Ses évocations 
sont désignées aussi par un ad> 
jectif nouveau : midiaitimique. 

— B Cést un sultan qui n'a qu'à 
jeter un mouchoir, un médium 
qui fascine les dames, i (P. de 
Kock, «&.) 

MEO, : rialtre, Dieu. V. Chir 
^ue. Duweuï mût Mige, chef 



M EN 

lin. •L'abbé : Au nom du 
Père. — Coutandler: Du f... Abl 
du mtg.-a{Dernier jour d'un, con- 
damné.] 

MÉGO : Boni, excédant de la 
nccette sur la dépense. — « Quand 
il y a du mfgo, je le mets dana 
un tirelire. > {P. de Kock, 40.) 

MÉGOT : Bout de cigare. (Ra- 
basse.) C'est un mégo pour celui 
qui le ramasse. 

MÊLÉ : Mélange d'eau-de-vie 
et de liqueur. — « Aimez-voua 
i'eau-de-vief Damel on vend 
yiout du. mêlé, u (Vadé, 1755.) 
V. Noir. 

MELET, MELETTE ; Petit, 
petite. (Halben.) 

MÉLO : Mélodrame. — Abrfc 
vîaiion. — « La soirée d'hier a 
iié mortellement ennuyeuse; le 
bon gros mélo a fait son temps. • 
(Paris-Journal, août 71.) 



t Me brimer, moi, malheureux 
melon, b [Souvenirs de Saînt- 
Çyr.) 

MELON : Imbécile. — • Vous 
ftes.si melons, à Châtelierault. ■ 
(Labiche.) 

MENDIGO (faire au) : Contre- 
faire le mendiant. C'est DientJidRf 
soumis au procédé en go. V. ce 
mol. — u Cette classe importante 
compte une foule de types :1a 
fausse veuve avec enfant, le faux 
martyr politique, le mendiant 
à domicile^ le faux épileptique, 
le faux ouvrier sans travail, le 
faux, mari dont la femme w 
meurt faute d'argent pour un 
remède, etc., etc. > (Rabasse.), 



MER 



— 239 



MER^ 



MENÉE : Douzaine. (Grand- 
val.) 

MENER PAS LARGE (n'en) : 
Être mal à son aise. — « Quel 
rugissement ! Nous n*en; menions 
pas large, je t'assure^ » (Loriot.) 

MENESSE : Prostituée, maî- 
tresse. (Halbert.) 

MENESTRE : Potage.— Vieux 
mot. 

MENTEUSE : Ungue; (Vi- 
docq.) 

MÉPHISTO : Diabolique. — 
Abréviation de Méphistophélé- 
tique qui a paru trop long. 

MÉQUARD : Commandant. 
(Vidocq.) — Augmentatif de mec;.' 
maître. 

MÉQUER : Commander. 
(Idem.) 

MERCADET : Faiseur. — De 
la pièce de Balzac, Mercadet le 
faiseur. — t A une époque où la 
fièvre du bibelot sévit, il est bon 
de connaître les ficelles des Mer- 
cadets. » (Frébault.) 

MERDE (taire sa) : Faire l'im- 
portant. V. M... 

MERDEUX : a Terme inju- 
rieux, qui se dit d'un poltron, 
d'un fat sans esprit. » (Dhautel, 
08.) Se prend plutôt dans le sens 
de a individu sans valeur. 9 V* 
Bâton. 

MÈRE : Aubergiste recevant 
des compagnons. -^ « Lorsqu'un 
compagnon va au siège de la so- 
cicié, il dit : Je vnis chez la mère. 
Si l'aubergiste chez lequel se 
tiennent les réunions n'était pas 
marié, on dirait de même : Je 



vais chez' la* mère, n (Perdi-* 
guier.) 

MERLAN : « Sobriquet don né 
à un perruquier à cause de la 
poudre .qui couvre ordinaire- 
ment ses habits. » (Dhautel.) 
» c La Peyronie est chef de 
perruquiers qu'on appelle mer-^ 
ians parce qu'ils sont blancs. 9 
[Journal de Barbier; 1744.) 

MERLAN FRIT (œil de) : Œil 
pâmé. — « Enfin cet homme de 
brelan a les* yeux faits comme 
un merlan. » (Troisième Suite, 
du Parlement burlesque, i652.) 

MERLAN DER : CbiflFer. 

MERLIN : Jambe. — Allusion 
à la hache dite merltn. Le fer 
figure le pied, et le manche est 
un vrai/iimeroM» 

I veut se r'iever, mais j' le redouille 
A. coup» d' passifs dans les merlfns* 

{Chantons de Fatrfàn le Bdtonnisteé) 

MERLOUSSIER, MERLOUS- 
SIÈRE :. Rusé,, rusée.. (Colom- 
bey.) — Pour marlou.. 

MERRIFLAUTÊ : Chaude- 
ment vêtu. (Halbert.) 

MÉRUCHÉ, MÉRUCHON :. 
Poêle, poêlon. 

MERVEILLEUX : Hortime à 
la mode. — Théophile Gautier 
a laissé ce superbe portrait du. 
merveilleux de i833 : « A l'avant- 
scène se prélassait un jeune mer^ 
veiUeux agitant avec noncha- 
lance un binocle d'or émaillé; 
Un habit de coupe singulière, 
hardiment débraillé et doublé 
de velours, laissait voir un gilet 
d'une couleur éclatante et taillé 
en manière de pourpoint, un 
pantalon noir, collant, dessinait 



MET 



.340- 



MEU 



esactemcai tei hanches; 
chatoe d'or pareille i ud ordre 
de chevalerie chatoyait sur ta 
poitrine; iB tfte toriait imnié- 
diatemeni de sa cravate de satin 
sans le titévi blanc de rigueur à 
celte époque : on aurait dîl un 
portrait de François Porbus. Les 
cheveux rasji à la Henri III, la 
barbe en éventail, les sourcils 
troussés vers la tempe, la main 
longue et blanche, avec une large 
chevaliËre ornée à la gothique, 
rien n'y manquait ;rillusionétaii 
des plus complètes. ■ 
MESIGO : Mai. (Colombey.) 
MESS j Cercle d'oSiclen. — 
K Les officiera mangent par corps 
en mes*. » {Vie parisien 
67.) — Bien que le moi s 
porlalion britannique, il 
français qu'on ne pense, 
est de lui comme de tunnel, qui 
n'est pas autre chose que noire 
mol tonnelle. Ainsi le grand 
glossaire do Du Cange donne 
prendre pietj avec Is sens de 
manger ensemble. Il cile même 
une lettre de rémission de l'an 
1443, roenlionnant des compa- 
gnons associé* pour prendre met j 
pendant les travaux de la mois- 

MESSE DU DIABLE : laier- 
r'gaioire subi par un accusé. 
(Ra basse.) 

MESSIERS (les) : Les babi- 
tiois. (Kabasse.) Ce doit être 
une forme de Minière. 

MESSIËRE :Une victime. (Sa- 
basse.] Forme de Méjière. 

MÉTAL : Argent. — < Et t'as 
pas de méiaL • (Ricard.) 



tioo. — t Voi» toutes ce* esquis- 
ses : il y a de U main, du métier 
mais où est l'idée ( > (L. Rey- 
baud.) ' 

Faire du métier : Travailler 
dans le seul but de gagner de l'ar- 
gent, sans tenir & U gloire. 

METTRE A QUELQU'UN 
(le) ; En faire accroire, tromper. 
— « Du reslE, c'est un Banche. 
Vous voulez me le mettre... Je la 
connais. ■ {Le dernier Jour d'un 
condamné.) 
METTRE A TABLE (se) ! Dé- 
jncer. — On se mel i table 
pour manger. V, Table, man- 

METTRE AVEC (se) : Vivre 
maritalement.— (En se menant 
avec Lise, le général suriii dû 
nous dire ; J'ai ja et fa à payer; 

Une l'a pas dit; et ce n'est pas 
délicat. «(Ricard.) 

METTRE DEDANS:Meiire au 
violon, i la salle de police. V. 
Dedans. 



METTRE DEDANS s Trom- 
per. (V. Dedans.) 

METTRE LA TÊTE A LA 
FENÊTRE ; Être guillotiné. V. 
Fenêtre. 

MEUBLE : Personne de iristo 

ine. — f Voyez c'vieux croco- 
dile. Ah! l'beau meuble I ((Vadé, 

J^6.} — t Prends garde i toi, 
'leux meuble, afireute bohé- 
nienne! * {Les Folles Nuits du 
Prado, 1854.) 

MEULARD : Veau. (Vidocq.) 
Allusion au mugissement du 
MÉTIER : Habileté d'eiécu- j veau. V. Pavillonner, 



,/^ i 



MIC 



— 241 - 



MIE 



MEUNIER : Receleur achetant 
le plomb volé. (Colombey.) 

MEZIÈRE : Homme simple, 
bon à voler. (Grandval.) V. Re- 
goût. 

MÉZIÈRE : Acheteur. (Ra- 
bassc.) 

MEZIÈRE, MEZIGUE : Moi. 
(Idem.) 

MEZZO TERMINE : Terme 
moyen, compromis; — Italia- 
nisme. — « Elle ne s'y refusa 
pas, et trouva même ce we||o 
termine fort commode, n (DeVil- 
lemessant.) 

MICHE: Niais. — Du nom pro- 
pre Michel, qui avait jadis ce 
sens proverbial. V. Mikel. — 
« Loupât : Le sergent, j'imagine, 
m'en voudra. La Ramée à part : 
Le bon miche I • (Vadé, les Ra^ 
coleurs.) — a Miche se dit d'un 
sot qui s'est laissé duper. On le 
montre au doigt en disant : voilà 
le miche. C*estun terme bas. Dans 
Cotgrave, il est défiguré sous 
le nom de Michon. » {Dict, de 
Trévoux f 1771.) 

MICHE : Homme fréquentant 
et payant les filles. Même étymo- 
logie que ci-dessus : 

D'où vient qu'on appelle miche 
Quiconque va de nuit et se glisse en 

cachette 
Chez des filles d*amour, Barbe, Rose 

ou Fanchette ? 

(Mérard de Saint-Just, 1764.) 

Dans une liste de fausses Pro- 
testations des Jilles de Paris con- 
tre la guerre (1790), on lit : 
« Ce pourfendeur de Mars avait 
bien affaire aussi de se présenter 
pour nous enlever nos miches.» 



— « Les jeunes gens dont cet 
dames font leurs amants de cœur, 
et que certaines susceptibilités 
des miches empêchent d'avoir un 
facile accès. » (Vermorel, Ces 
dames,) 

MICHE DE CARTON : Am«it 
peu généreux ou peu fortuné. 

— V. Carton. 

MICHE SÉRIEUX : Amant 
riche et généreux. — c Le miche 
sérieux équivaut à Ventrete^ 
neur... Les jeunes gens se disent 
souvent, comme un mot d'ordre: 
Messieurs, ne parler pas à la 
petite une telle, elle est ici avec 
son miche sérieux. Le même in- 
dividu se désigne aussi par ce 
mot ; Ponteur. Ce dernier mot, 
pris dans le vocabulaire des jeux, 
vient du verbe pontcr. » (Ca- 
dol.) — c Les avant-scènes sont 
réservées aux miches sérieux. » 
(Petits mystères de l'École ly^ 
rique,) — « Et toute cette suc- 
cession de michets sérieux dé- 
file sous les yeux de Claridon. » 
{Droits de l'homme, 3 avril 76.) 
V. Persiller, 

MÏCHETON : Petit miche. — 
« AU' me dit : f Mon fiston, 
c étrenne ma tirelire. » Je lui ré- 
ponds : c Ma poule, tu m' prends 
c pour un mich'ton. » {Le Bd" 
tonniste à la Halle, i3.) 

MICHON : Argent. (Halbert.) 

MIDI (il est) : Il n'est plus 
temps. Date du temps où midi 
était l'heure du repas, celle où 
cessait toute affaire. 

MIE DE PAIN : Vermine. (Vî- 
docq.) — Allusion à la déman- 
geaison causée par une mie de 
pain égarée. 

14 



MIN 



— 242" — 



MIR 



MIETTE (une) : Un peu. — 
« Minute ! je me chauffe les pat- 
ces une miette. » (Gavarni.) 

MIGNON. : Maîtresse., c Un 
commencement de jalousie me 
prend et je fais sortir mon mi- 
gnon de la maison. » (Beaur 
villier.) 

M I K E L : Miche, dupe. (Vi- 
docq.) — C'est le nom de Mi- 
chel. V. Miche, 

MILIEU : Derrière. — « L'arme 
4e Pourceaugnac convient à nos 
grands hommes. Elle atteint ce 
milieu, leur amour et leur but. i 
{Nugent, Étrennes à Lobau, 33*) 

MILLIARD : Gueux porte-bis- 
sac. (Grandval.) 

MILLER lE : Loterie. (Hal- 
bert.) 

MI LORD : On donne moins 
ce nom aux Anglais qu'à ceux 
dont les largesses rappellent l'o- 
pulence britannique. — a Le gros 
tailleur se dit négociant. A sa 
tournure, il nfest. pas milord 
russe. B (Sénéchal, 32.) — a Être 
sur le boulevard deGand, sedon- 
ner un. air milord. • (Éd. Le- 
moine.) — a Je ne suis pas pré- 
cisément un milord, je n'ai pas 
des millions, d (Semaine, 47.) 

MILORD : Entreteneur, —a. Le 
notaire est son milord. j) (Bal- 
zeic.) 

MILORD : t La lorette pro- 
fesse un enthousiasme fébrile 
pour le cabriolet à. quatre roues, 
dit cabriolet milord. » (Alhoy, 
41.) 

MINCE : Locution fréquem- 
ment employée à Paris et dont 
il est difficile de rendre un compte 



exact; Elle semble équivaloir à 
Qui, certes. 

Il fait nuit, 1' ciel est opaque 
Mine' que y vas poisser d' Tauber. 

(RicUeplii.) 

MINCE : Très-médiocre en 
n'importe quoi. Mot à mot : de 
mince valeur. — Abréviation. 

MINCE : Papier à lettres. (Vi- 
docq.) Allusion à son peu d'é- 
paisseur. 

MINET, MINETTE ; Mot 
d'amitié*. — Synonyme de mon 
chat, ma chatte. — « Oui, mi- 
nette, je me calme. » (DeCourcy.) 

MINEUR : Manceau. (Halbert.) 

MINOTAURE, MINOTAURI- 
Sb : Trompé,, conjugalement 
parlant. <c Quand une femme est 
inconséquente, le mari serait» 
selon moi, minotaurisé. • (Balf- 
zac.) V. Dernier de M. de Kock. 

MINUIT : Nègre. (Vidocq.) 
« Allusion de couleur. — Il est 
noir comme la nuit. 

MINZINGUIN : Diminutif de 
Mannezingue. V. ce mot. 

MIOCHE : Bambin. V. Mion. 

MION : Bambin. Mion est un 
vieux mot que mioche repro- 
duit avec changement de fina- 
le. — « C'est à moi que revien- 
dra le droit d'être le parrain de 
tous les mioches. » (Bourget.) 
V. Dardant. 

MION DE BOULE : Filou. 
(Grandval.) 

MIRADOU : Miroir. (Vidocq.) 

MIRETTË : Œil (Idem.) — 
L'œil est un petit miroir. 

MIREUR : Observateur. (Ra- 



MIS 



— 243 -r- 



MOI 



basse.) Nous disons encore en 
ce sens point de mire, 

MIRLIFLOR : ÉIdgaht à la 
mode de ifiio. V. Œil de verre. 

MIROBOLAMMENT : Mer- 
veilleusement, — c A meubler 
mirobolamment sa maison, d 
(Balzac.) 

MIROBOLANT : Merveilleux. 
— « La cravate mirobolante. 1 
(E. Lemoine.) — a Je me sens 
d'une incapacité mirobolante. 1 
(Balzac.) 

MIROIR A PUTAINS : Garçon 
d'une beauté vulgaire. 

MIRZALE : Boucle d'oreilles. 
(Vidocq.) 

MISELOQUIER, MISELO- 
QUIÈRE : Acteur, actrice. (Vi- 
docq.) Mot à mot : metteur de 
loques (costumes). V. Misloque. 

MISÉRABLE : Petit verre. Il 
possède moins de liquide que le 
Monsieur, V. ce mot, 

MISERERE : Supplication. 
Mot à mot : ayez pitié. — Lati- 
nisme. — « La marchande à la 
toilette épie le moment «où l'en- 
treteneur se trouve là pour re- 
commencer son miserere. » {Al- 
manacfi du Débiteur, 5i.) 

MISLOQUE : Comédie. (Vi- 
docq.) V. Miseloquier, — a Je joue 
la mislocq pour un fanandel en 
fine pégrenne. 1 (Baliac.) 

Jouer les misloques : Jouer la 
comédie. (Rabasse.) 

MISLOQUEUR : Acteur. (Ra- 
basse.) 

MISTON : V. Allumer. 

MISTOUFLES (faire des) : 



Tracasser, peiner quelqu'un» 
(Rabasse.) 

MITAINES (prendre des) : 
Prendre desprécautions. (Rabas- 
se.) — C'est une variante de /^r^n* 
dre des gants qui «a .le même 
sens. 

MITRAILLE : Monnaie de cui- 
vre. Altération du mot mitaille r 
bronze (M. Age.) 

Si celui-là fait danser ta mitraille, 
Tflch* d*ama8ser quelques sous en se- 
cret. 

(Debranx.) 

MITRE : Cachot. (Vidocq.) 

— Au moyen âge, le mitre était 
le bourreau. 

MOBILE : Garde mobile,, 
soldat de la garde mobile (x83o, 
1 848). — Une caricature de Tra- 
vies, datée de i83o, représent& 
Mayeux s'échappant du domicile 
conjugal en criant: c Lâchez-moi, 
madame Mayeux , .je * suis de la 
mobile, n...de D... ! » — t Qui sait 
comment cela eût fini si la mo* 
bile ne s'en fût mêlée? Braye 
mobile ! • (L. Reybaud, 1848.) 

M O B L O T : Garde mobile 
(1870-71). — Diminutif de mo- 
bile, — « J'ai vu passer un jeune 
sous-lieutenant de la garde mo- 
bile, et derrière lui un simple 
moWof. » (P. Véron.) 

MODERNE : Fashionable. 

— (K J't'en .vas donner du .goujat, 
moderne! j> (Gavarni.) 

MOELLE : Énergie. — c Or. 
a de la moelle ou on n'en a pas» 
T'as jamais eu de la moelle.pour 
un décime. » (Monselet.) 

MOITIÉ (la plus belle) : Le 
sexe féminin. Mot à mot : la plus 



MOM 



- 244 - 



MON 



belle moitié du genre humain. 
On tbrége tussi en disant la 
belle moitié. — c Je ne vois pas 
pourquoi on obligerait la belle 
moitié à vivre avec l'autre. » 
(E. Villemot.) 

MOINEAU : Homme de mince 
valeur. — Le moineau n'est pas 
un aigle. Si ce terme était an- 
cien, l'allusion ne serait plus 
omithologique mais monacale. 
Au moyen âge, le moineau était 
un petit moine. — c Voilà un 
beau moigneau pour se f..... des 
airs de qualité, i {Catéchisme 
poissard, 40.) 

MOKA : Café. ^ Ce nom de 
provenance est généralement iro- 
nique. — «Il s'achemine en- 
suite vers son café, y savoure le 
moka (chicorée pur- sang). 1 
(Phys, du Parapluie, 41.) V. 
Ca/é. 

MOLANCHE : Laine. (Hal- 
bert.) Elle est molle au toucher. 

MOLLARD : Graillon, expec- 
toration laborieuse. Du vieux 
mot moller : s'efforcer. 

MOLLASSE : Mou. — a Us 
sont mollasses. 1 (J. Arago, 38.) 

MOMAQUE, MOME : Petit 
enfant. — Du vieux mot momme: 
grimace, qui a fait momerie; les 
petits enfants en font beaucoup. 
— c Les rats dont nous voulons 
parler sont des mômes. «(Paillet.) 

Taper un môme : Commettre 
un infanticide. — c Car elle est 
en prison pour un môme qu'elle 
a tapé. I {Lettre de Minder, In- 
troduction.) 

MOMIÈRE, TIRE-MOMES : 
Sage-femme. 



MOMIGNARD : Petit enfiint. 
Diminutif de môme. — > c Elle 
entre avec un enfant dans un 
magasin et en faisant semblant 
de poser son momignard à ter- 
re. » (Paillet) V. Ii^férieur. 

MOMIR : Accoucher. — c Ma 
largue aboule de momir un mo- 
mignard d'altèque qu'on trim- 
balera à la chique à six plombes 
et mèche, pour que le ratichon 
maquille son truc de la morgane 
et de la lance. » (Vidocq.) 

MONAC : Sou. — Abréviation 
de monaco. — « Cest là ce qui 
estouffe les monacs, aux poches 
les attache. » (Alyge, 54.) 

MONACO : Sou. — ^Appellation 
ironique dont il faut chercher la 
cause dans l'exemple suivant : 

— « Honoré V, mort de dépit en 
1841, de n'avoir pu faire passer 
pour deux sous en Europe ses 
monacos, qui ne valaient qu'un 
sou. 9 (Villemot.) V. Coller. 

MONANT, MONANTE: 
Ami, amie. (Vidocq.) 

MONARQUE : Roi de cartes. 

— «c Ou si c'est un roi qu'elle 
relève, elle s'écrie : « Je pince le 
« monarque. » (Alhoy.) 

MONARQUE : Pièce de cinq 
francs. (Grandval.) Allusion à 
l'effigie royale. — «Il va nous 
donner quéqu'vieux monarque 
pour y boire à la santé... » ^Ga- 
varni.) 

MONNAIE DE SINGE : Gri- 
mace. — « Il la payait, comme 
dit le peuple, en monnaie de 
singe. 1 (Balzac.) 

MONOCLE : Lorgnon à un 
œil. — « Adapte donc un mo- 



MON 



— 245 — 



MON 



nocle i l'arcade de ton œil gau- 
che! • (Montépin.) 

MONShIGNEUR : Au xviii«siè. 
c\t, ce mot désigne déjà une pe- 
tite pince à forcer les portes. V. 
le Cartouche de Grandval. — Jeu 
de mots. Quelle est la porte ne 
s'ouvrant pas devant Monsei- 
gneur? Si, comme l'affirme M. 
Fr. Michel, on dit aussi Monsei- 
gneur le Dauphin, et par abrévia- 
tion Dauffe, nous voyons encore 
là un calembour sur le dos fin de 
la pince qui permet son intro- 
duction. — « Le monseigneur est 
une barre de fer ayant la forme 
d'une pince à dépaver, mais plus 
petite (45 de haut, 25 de circon- 
férence). Elle sert au malfaiteur 
à forcer une porte. On l'introduit 
près de la serrure, et, avec une 
pesée, on ouvre sans trop de 
bruit. » (Rabasse.) V. Caroubleur, 
Bibi. 

MONSIEUR : Entreteneur. V. 
Amant de cœur. — « En argot 
de galanterie, le mot à'ipoux 
désigne l'entreteneur ; mais il 
n'est pas le seul. Suivant le de- 
gré de distinction d'une femme, 
elle dit : mon époux y mon homme ^ 
mon monsieur^ mon vieux, mon- 
sieur chosCf mon amant, mon- 
sieur, ou enfin monsieur un tel. 
— Sauf dans la haute aristocra- 
tie, où Ton dit : Monsieur un 
tel, ce mot mon époux est géné- 
ral, il se dit dans toutes les 
classes. » (Cadol.) 

MONSIEUR : Mesure de capa 
cité. — a II existe de plus une 
certaine eau-de-vie dont le prix 
varie suivant la grandeur des 
petits verres. Voici ce que nous 
lûmes sur une pancarte: Le mon- 



sieur, quatre sous; la demoiselle, 
deux sous; le misérable,icii som. > 
(G. de Nerval.) 

MONSIEUR (faire le) : Tran- 
cher du maître, du fieishionable. 

— «Sa suffisance le fait haïr, il 
fait le monsieur. 1 (Hilpert.) 

MONSTRE : Monstrueux. — 
« J'en ai assez de vos monstres 
de concerts. » (P. de Kock.) V. 
Crapaud, — N'est pas toujours 
pris en mauvaise part. Une 
femme peut appeler monstre 
d'homme celui qu'elle adore. 

MONSTRE : Colossal, mon- 
strueux de grandeur. — « Elle lui 
apporte un bouquet monstre. » 
(Alhoy.) 

MONSTRICO : Petit monstre. 

— «Ce petit monstricol » (Bal- 
zac.) 

MONT : Montde-piété. — Abré- 
viation. — « Elle tient comme 
qui dirait un petit mont bour^ 
geois.... elle prête sur gages et 
moins cher qu'au grand mont. > 
(E. Sue.) 

MONTAGE DE COUP : Ac- 
tion de monter le coup. V. Cou- 
per. 

Mon vieox, entre noos, 
Je n' coup* pas du tout 
Dans c' montag' de coup ; 
Faut pas m* monter 1* coup. 

(Aug. HardyO 

MONTANT, MONTANTE î 
Pantalon. — Il monte le long des 
jambes. V. Tirant, Grimpant ^ 
Frusques. 

MONTANT : Qui excite les 
désirs. — c La robe la plus mon- 

14. 



MON — 246 — 

tante.— c'est une robe décolle-: 
tée. 9 (Decourcelle.) 

MONTANTE : Échelle. (Co- 
lombey.) — Elle sert à monter. 

MONTER : EnBammer, sur- 
exciter, enivrer de vin, de co- 
lère ou d'amour. — « Vrinette 
(apercevant Florestan qui la re- 
garde par-dessus le paravent) : 
Qu'est-ce que vous faites? Vous 
montez sur une chaise pour me 
voir? Florestan : Oui! ça me 
monte!... » (L. de Neuville.) 

MONTER A L'ÉCHELLE : 
Être guillotiné. Mot à mot : 
monter à l'échelle de l'échafaud. 
— (( Galetto ne veut pas mon- 
ter à l'échelle seul, c II faut, au- 
c rait-ildit, que Ribetto, qui m'a 
c dénoncé, m'y accompagne. » 
(Petit Moniteur.) 

MONTER LE COUP (se) : 
Se tromper. 

MONTER LE VERRE EN 
FLEURS (se) : S'illusionner. 
Mot à mot : mettre sous globe 
les fleurs de son imagination. 

MONTER SUR LA TABLE : 
Avouer ses crimes et ceux de ses 
complices. (Vidiicq.)— Augmen- 
tatif de se mettre à table. V. 
Table. 

MONTER UN ARCAT : Es- 
croquer. V. Arcat. 

MONTER UN COUP : Inven- 
ter un prétexte, tendre un piège. 
— « C'est des daims huppés qui 
veulent monter un ^coup 'à un 
•ennemi. »(E. Sue.)^«Jeinontc 
plus d'un coup pour'vanter l'au- 
teur Dorville. » (Brazier, .17.) 

MONTER UN GANDIN : 
Troinpcr. V. Gandin. 



MOR 

MONTER UNE GAMME: 
Gronder. V. Gamme. 

MONTER UNE SCIE : Mysti- 
fier. V. Scie. 

MONTER UNE PARTIE : 
Réunir quelques artistes pour 
aller donner hors de Paris une ou 
deux représentations dramati- 
ques dites d'amateurs. 

MONTEUR DE COUPS : Men- 
teur, mystificateur, escroc. — ^ 
« Je serai le seul monteur de 
coups à qui tu r'passeras en ar- 
rière tes gros sous. 1 (Festeau.) 

MONTEUR DE PARTIE : Ar- 
tiste dramatique ayant pour spé- 
cialité de monter des parties. — 
f Une femme qui fait beaucoup 
de frais, voilà le rêve des mon- 
teurs de parties. » (P. Mystères 
de l'école lyrique, 67.) 

MONTMORENCY : Cerise. — 
Du nom de l'endroit où elles 
sont réputées. — On dit de même 
Montreuil pour pêche, Fontai^ 
nebleau pour raisin et Valence 
pour orange. 

MONTRE-TOUT : Veston ne 
descendant pas plus bas que la 
taille. Mot à mot : montrant le 
derrière. 

MOQU ER COMME DE L'AN 40 
(s'en) : Sous-entendu de l'an 40 de 
la république, c'est-à-dire d'un an 
qui n'arrivera point. Expression 
due sans doute aux royalistes de 
la première Révolution. — c Je 
m'en moque comme de l'an 40. 1» 
(Jaime.) 



I 



MORASSE : Ennui, inquié- 
tude. — Avoir la morasse ;Étrc 
tourmenté. (Rabasse.) 

MORASSE (battre) : Crier à 



MOR 



— 247 ^ 



MOR 



l'assassin. (Vidocq.) Mot à mot : 
à la mort, à Vassassittat, 

MORCEAU : Fille sale. 

MORCEAU (enlever le) : Être 
plus mordant que dans ses pro- 
pos. 

MORCEAU (faire le) : Briller 
dans le détail, artistiquement par- 
lant. — « Bien que Léopold Ro- 
bert n'eût pas de grandes vues, 
il faisait très-bien le morceau. » 
(Th. Silvestre.) 

MORCEAU (manger le) : Dé- 
noncer. V. Manger. 

MORDANTE : Scie, lime. (Ra- 
basse.) — Toutes deux mordent 
sur le bois et sur le fer. 

MORDRE (ne pas) : Être sans 
force, sans esprit, sans talent. 

On dit aussi : Ça ne mord 
pas pour exprimer l'impossibi- 
lité de faire croire ce qu'on dit 
ou d'emmancher une affaire. Ex- 
pression empruntée aux pê- 
cheurs à la ligne. 

MORFE : Repas, mangeaille. 
(Halbert.) 

MORFIANTE : Assiette. 
(Grand val.) — De morfier. 

MORFIER, MORFIGNER, 
MORFILER : Faire, manger. 

— Morfier est un vieux mot d'où 
les deux autres dérivent. — 
tt Calvi morfile sa dernière bou- 
chée. » (Balzac.) V. Chêne, 

MORGANE : Sel. fVidocq.) -- 
De Morganer, Le sel est un mor- 
dant, f V. Momir. 

MORGANER : Mordre. (Idem.) 

— Vieux mot. 

MORICAUD : Broc de ^in. 



(Vidocq.) — Allusion à sa cou* 
leur sombre. 

MORILLO : Chapeau 4 petits 
bords. — ce C'était le temps ^ie la 
lutte de l'Amérique Tnéridional& 
contre le roi d'Espagne, de 1B0* 
livar contre Morillo. Les (cha- 
peaux à petits bords étaient roya* 
listes et se nommaient des mo- 
rillos; les libéraux portaient des 
chapeaux à larges bordsqui «'ap- 
pelaient des boiivars. »• (Victor 
Hugo.) 

MORNANTE : Bergerie. (Hal- 
bert.) 

MORNE : Mouton. (Vidocq. > 

— Du vieux mot moraine : 
laine. 

MOR NÉE : Bouchée. (Hal* 
bert.) — Ce doit être une abrévia- 
tion de morganée, V. Morganer^ 

MORNIER : Berger. (Idem.) 

— De morne, 

MORNIFLE : Monnaie. (Co- 
lombey.) 

MORNIFLEUR TARTE t 
Faux-monnayeur. 

MORNOS : Bouche. (Grand-^ 
val.) 

MORT, MORTE : Condamné, 
condamnée. (Colombey.) V. Mu-- 
lade, 

MORT : Enjeu augmenté après 
coup .par le procède de la ;70ii- 
cette. (V. ce mot.) a Et surtout, 
s'écrient les banquiers : pas de- 
morts 1 Traduction : Pas d'en- 
jeux intempestifs. » (Gavaillé.) 

MORT (faire un) : Jouer le 
whist à trois personnes, en dé- 
couvrant le jeu d'un quatrième 
partenaire qui n'existe pas. — 
•« M. d'Ajuda proposa d'aller faire 



MOU 



— 248 — 



MOU 



un mort avec le duc de Grand - 
lieu. » (Balzac.) 

MORUE : Femme abjecte . 
— « Vous voyez, Françoise, ce 
panier de fraises qu'on vous fait 
3 francs ; j'en offre i franc, moi, 
et la marchande m'appelle... — 
Oui, madame, elle vous appelle... 
morue ! » (Gavarni.) 

MOTS (avoir des) : Échanger 
des reproches. — a En rentrant 
du bal avec ton amant, vous 
avez eu des mots, et il t'a flan- 
quée à la porte. » (Montépin.) 

MOTTE : Maison centrale. — 
« On vient de tirer mon portrait 
et on va l'envoyer dans toutes 
les mottes et dans tous les loirs. » 
{Lettre de Minder, Introd.) 

MOUCHA ILLER : Regarder. 
(Grand val.) 

MOUCHARDE : Lune. Elle 
moucharde les voleurs. V. Ca- 
farde. — (( Mais bientôt la pa- 
traque, au clair de la moucharde, 
nous reluque de loin, i (Vi- 
docq.) 

MOUCHE : Mauvais, vilain. 
Abréviation de mouchique. — 
« Mouche, pour ceux qui ne 
comprendraient pas le langage pa- 
risien, signifie mauvais, » (Trou- 
bat.) c — Avez-vous été hier soir 
aux Variétés? — Toc. — Et Am- 
broise? — Mouche. » (Lemercier 
de Neuville.) 

MOUCHE : Bouquet de barbe 
placé sous la lèvre inférieure 
Allusion à sa petitesse. — c Le mi- 
nistre de la guerre vient de tran- 
. cher la question du port de la 
mouche. » (Du Casse.) 

MOUCHE (faire) : Tirer assez | 



juste pour aplatir la balle sur un 
point noir (mouche), au centre 
de la cible. — c Elles font mouche 
à tout coup et tuent les hiron- 
delles au vol. » (A. Second.) 

MOUCHES (tuer les) : Infec- 
ter. Mot à mot : avoir une ha- 
leine assez infecte pour empoi- 
sonner les mouches au vol. — 
On dit aussi tuer les mouches à 
quin:(e pas, 

Tieas, Paul s'est liché du col ; 
Est-y fier depuis qu*il promène 
Clara, dont la douce haleine 
Fait tomber les mouches au vol. 

(Colmance.) 

MOUCHER : Remettre les 
gens à leur place, éteindre leur 
insolence. — a Nous allons donC 
les moucher ces lanternes (jour- 
naux) qui peuvent faire croire à 
l'abrutissement général de la na- 
tion. » (La Mouchette, 68.) 

MOUCHER : Frapper, battre. 
— « Allons, mouche-lui le quin* 
quet, ça l'esbrouffiera. i (Th. Gau- 
tier.) 

MOUCHER : Tuer. Mot à mot : 
éteindre la flamme de la vie. — 
a Aussi ne se passait-il guères 
d'heures sans qu'il n'y eût quel- 
qu'un de mouché. » (Mém. de 
Sully, xvx* siècle.) — f Je l'enfile 
par un coup droit. Encore un de 
mouché. » (Randon.) 

MOUCHER : Non, c'est que je 
me mouche, non, c'est que je tousse : 
Négation ironique équivalant à 
une affirmation pour n'importe 
quel sujet. 

MOUCHER (se) : « Les gar- 
çons de jeu se mouchent fré- 
quemment au tapis vert, ce qui 



■../ '.■ 



,■■■•.»' » 



MOU 



— 149 — 



MOU 



«eur permet d*escamoter un ou 
deux louis dans leurs mouchoirs. 
L'expression est devenue prover- 
biale. On dit d'un garçon qui es- 
camote un louis de quelque ma- 
nière que ce soit : Il s'est mouché 
d'un louis, y (Cavaillé.) 

MOUCHER DU PIED (ne pas 
se) : Agir en homme bien élevé, 
et non comme celui qui, après 
s'être mouché avec les doigts, 
efface du pied sa morve. — « Mais 
c'est des artistes, qui ne se mou- 
chent pas du pied. » (Désau- 
giers.) 

Pris ensuite au figuré pour si- 
gnifier une supériorité quelcon- 
que, comme le prouve cet exem- 
I pie : — « Ce petit vin colorié ne 
, se mouche pas du pied, i (Moi- 
naux.) 

j ' 

Le besoin de varier a fait dire 
dans le même sens : ^e pas se 
moucher du talon. — « C'est un 
gaillard qui ne se mouche pas 
du talon, n (P. de Kock.) 

MOUCHERON : Enfant. — 
«La portière et son moucheron.» 
I Léonard, parodie, 63.) 

MOUCHERON : Garçon de 
marchand de vins. (Il voltige au- 
tour des tables des consomma- 
teurs.) <c Une deuxième tournée 
est commandée au moucheron. » 
(Ladimir, 42.) 

MOUCHETTES (des) : Non. 
«—Tu m'as volé? tu vas rendre 1 
— Des mouchettesl » {Léonard, 
parodie, 63.) 

MOUCHIQUE : Vilain, mau- 
viis. — Forme de moustique, 
V. ce mot. c On s'en dégoise de 
inouchiques, quand les uns s*ap- 
pellent feignants, les autr's leur- 



z'y répondant : mufis. » (Cabas- 
sol.) V. Gaffier. 

MOUILLANTE : Soupe, mo- 
rue. (Halbert.) 

MOUILLÉ (être) : Être appré- 
cié à sa valeur. (Colombey.) — 
Allusion aux tissus qu'on mouille 
pour voir s'ils se rétrécissent. 

MOULB : Visage irrégulier. 
Ironie. 

MOULE A GAUFRE : Visage 
fort grêlé. — On sait qu'un 
moule à gaufre est criblé de 
trous. — f Le moule à gaufre 
qui tient en chef les destinées de 
VUnivers. 1 (Tam-Tam, 76.) 

MOULE DE GANT : Soufflet. 

— La main est un moule de gant. 

— « Te goberges- tu de nous? Je 
te bâillerai d'une paire de moules 
de gant. 1 (Vadé, 1744.) 

MOULE EST CASSÉ, ON 
N'EN FAIT PLUS (le) : Se dit 
d'un personnage exceptionnel*, 
inimitable. 

MOULIN : Magasin dé receleur. 
(Colombey.) V. Meunier. 

Aller au moulin : Vendre du 
plomb volé. (Rabasse.) Mot à 
mot : allez chez le receleur. 

MOULINER : Bavarder, 
(Idem.) — Allusion au tic tac 
perpétuel du moulin. — On ap- 
pelle de même moulin à paro» 
les un bavard. 

MOULOIR : Bouche. (Halbert) 

— Elle moule les aliments. 

MOURIR (tu t'en ferais)! 
Tu t'en ferais crever! — Ces for- 
mules négatives s'emploient sur* 
tout contre ceux qui sont trop 
avides ou qui manifestent des 



MOU 



- — .aSo f— 



MUS 



prétentions excessives. — c Un 
joueur propose, à quoi Ton ré- 
pond, si l'on refuse : c Tu t'en 
c ferais mourir. » (Boue de Vil« 
liers.)V. Cylindre. 

MOUSCAILLER : Faire ses 
besoins. V. Mousse. 

MOUSSANTE : Bière. (Coloin- 
bey.) — Effet pris pour la cause. 

MOUSSE : Excrément. — Se 

trouve déjà dans \q Dictionnaire 

blesquin de 1618. Dans le peuple, 

on s'injurie encore par ces mots : 

Vent et mousse pour toi! 

MOUSSEUNE : Pain blanc. 
(Halbert.) —Allusion de douceur 
^t de blancheur. 

MOUSSELINE :Pièced'argen t. 
{Petit Dictionnaire d'Argot, 44.) 
— Même allusion. 

MOUSSELINE : Fers de pri- 
sonnier. (Ra basse.) Ironie. 

^ MOUSSER: S'impatienter, s'ir- 
riter. Mot à mot : écumer de co- 
lère, —a Ne moussez pas comme 
ça. » (Labiche.) 

MOUSSER : Faire sa mousse. 
'V. ce mot. 

MOUSSER (se faire) : Se faire 
valoir. (Rabasse.) — Mot à mot : 
Se faire monter plus haut. 

MOUSSERIE : Latrine. (Hal- 
bert.) 

MOUSSEUX : Redondant. — 
« J'estime celui qui est un peu 
mousseux dans sa façon de par- 
ler. I (La Bédollière.) 

MOUSSUE : Châtaigne. (Hal- 
bert.) 

MOUSTIQUE : Mauvais. Mot 
à mot : malfaisant, irritant 



comme un moustique. — « Je 
bonnirai qu'ils nous ont embro- 
qués d'une chasse moustique. » 
(Rabasse.) 

MOUZU : Mamelle. (Halbert.) 

MUETTE : Conscience. (Ra- 
basse.) — Le mot nous paraît 
trop ingénieux. Ce doit être 
(comme pour arche de Noé) une 
invention de Saint-Edmc qui a 
rédigé l'œuvre de Vidocq, où 
muette a paru pour la première 
fois. 

MUETTE : Exercice dans le- 
quel, par espièglerie ou par an- 
tipathie pour un chef, les élèves 
deSaint-Cyrne font pas résonner 
leurs fusils. — a Lorsque vient 
le tour de commandement d'un 
gradé ou d'un chef détesté, on 
convientde lui donner une muet- 
te. » (Delà Barre.) — Muette sGitLU- 
file en ce moment dans la langue 
politique. — « Dès qu'on a vu 
M. G. établir autour de M. N. 
une sorte de muette... » (Igno^ 
tus, 75.) 

MUFFETON, MUFFLE : Hom- 
me béte et grossier.—- «Ehl dis 
donc, la belle blonde, tu vas 
quitter ces deux mufHes et t'en 
venir avec moi. » (E. Sue.) — 
c Vois-tu, muft'eton, lui disait la 
dame. » (G. de Nerval.) 

MUFLE : Maçon. (Rabasse.) 

MURON, MURONNER, MU- 
RONNIÈRE : Sel, saler, salière. 
(Halbert.) Vieux mots. 

MUSARDINE: Habitué femelle 
des Concerts-Musards, de i858 à 
1860. — « On dit une musardine, 
comme jadis on disait une lo- 
rette. » (A. Second.) — C'était du 
temps de l'hôtel d'Osmond; le 



■ f I- 



NAV -^ 25V — " WE? 



Concert - Musard d'aujourd'hui 
est infiniment plus chaste. 

MUSETIB : Figure. — Cest 
museau avec changeme>*definale. 
V. Couper, 

MUSICIEN : Dénonciateur. Jeu 
de mots sur haricot et péter. (V. 
ci-dessous.) V. Péter, Coqueur. 



MUSiaENS : Haricots. (0>* 
lombey.) — Allusion au bruit det 
vents qu'ils forment. 

MUSIQUE : Filouterie de jeu. 
V. Maquillage: 

MUSIQUE (passer la) : Étra. 
confronté ayec les dénonciateurs 
ou musiciens. 



N 



NAGEOIR : Poisson. (Vidocq.) N A VET : « Hypocrite de sa- 
— Il nage. Ion, tartufe à Teau de rose, il 



s' 



nageoire de f^'^^?'''-^\'V^: (A. de Pontmartin.) 

pleur de ses favoris qu'il persiste ^ ' 

à appeler des nageoires. » (M. NAZARET : Grand nez. V., 

Saint-Hilaire.) Dariole. —• Augmentatif de itoffs. 

NASE, NAZE : Nez. — Vieux NAZE : Nez. V. Nase-. 

mot. — « Elle est mieux que la NAZICOT: Petit nez^— Dimi- 

Hollandaise, mais ça n'est pas nutif. 

pour mon nase. » (M- de Solms, nAZONANT, NAZONAUT : 

^'^•» Gros nez. (Grandval, Halbert.) 

NATURALIBUS (in) : Dans Augmentatif. j 

l'état de nature nu.- Utinisme. ^ 

— f Mon Joseph eut avec elle un o . r,^ ,, ^ ^^^ *-*- 

tête-à-tête m naturalibus.^ (Beau- ^,^'^9 " ^"'V^^'P^^, ^^"" P^"ï 

fort, Elle et Moi, Troyes, an n'avoir pas besoin dVStre retroussé 

VIII.) -« L'autre regardait à «" cas de nécessité. -. f On a 

VhoÀzoninnaturalibl^iQom. successivement appelé les ves- 

^^^^^^ . ^ tons : sauteen-barque, --pet-en- 

'' L'air (pardon, madame), — moit- 

NAVETS (des) : Non. — « Est- tretout (pardon, mademoiselle), 

ce que j'en suis? Toi, mon bon- ^pince^ne^y — ahT gandin, je te 

homme, beaucoup de navets! » voiS^ — club^leub-clobi. — new"- 

(Montépin.) -a M'exposera Saint- market, — cucheval , — couche*' 

Lazare pour ça... Des navets ! » avec. — Hier encore, on les ap- 

(Jaime.) pelait des suipo^^moi, madtmoi' 



NÉO 



— aSa — 



NEZ 



ffifr . Miiit •nîopfdlnû, on appdle 
coquets vestoos des a« le ^i^ii« 



9 msrsoy.) 

NÈFLES (des) : Noo. * c Sou- 
per avec Tousy des nèfles! Les 
psnéSy il n'en fiiut pas. ■ {Les 
Cocottes, 64.) — c Rends-moi mon 
Terre, Auguste, flanches pas! — 
Jamais, des nèfles. . . je ne rends 
|amais qu'après. » {Tam-Tam, 
76.) 

NÉGOCIANT (Élire le) : «Aller 
se promener, terme suprême du 
matelot pour exprimer un hom- 
me qui n'a rien à faire. » (Phy- 
sionomie du Matelot, 43.) 

N ÉGOCIAN T : Entreteneur. 
(Halbert.) 

NÉGRESSE : Paquet couvert 
de toile cirée noire. (Vidocq.) 

NÉGRESSE : Punaise. — € Je 
sentis bien, quand nous étions 
couchés, qu'il ne manquait pas 
de négresses et même de grena- 
diers. • (Lecart.) — Allusion à la 
couleur foncée de la punaise. 
Quant aux grenadiers , qui sont 
des poux de forte taille, il faut 
se rappeler le sens argotique de 
■garnison. Les deux mots mar- 
chent bien de compagnie. 

NÉGRESSE : Bouteille. (Co- 
lombey.) —Allusion à son aspect 
foncé. — c Encore une négresse 
qui avait la gueule cassée. » 
(Zola.) 

NÉNAIS, NÉNET : Sein. - 
c Tenez, mon cœur, voilà le cor- 
set, ajustez- moi ça sur mes né- 
nets.» (Ricard.) — «Petite maman 
s'est fait des nénais avec du co- 
ton. » (Gavarni.) 

NÉO : Néo-chrétien — Je pas- 



sai en revue les di 



inondé. UjraTaitlesnéociirétîeas 
du ioumal r^pcmr, les néo-dué- 
liens de M. Gusuve Orouîneau, 
les néo-catholiques et une foule 
d'autres, tous possédant le der- 
nier mot du problème social et 
religieux. » (L. Rejbaud, 43.; 

N'EP : Voleur brocantant de 
faux bijoux, de fausses décora- 
tions. (Vidocq.) 

NERF, NERF DE LA 
GUERRE : Ar^nc V. Oi. — 
c Le nerf de la guerre manquait 
à ce point qu'il n'avait pas le 
strict nécessaire. 1 (Vie pari' 
sienne, 67.) 

NERFS (avoir ses) : Être sous 
l'empire d'une irritation nerveu- 
se. Jadis on disait : J'ai mus m- 
peurs. — « Madame aurait ses 
nerfs? Nerfs contre nerfs. Appor- 
tez-moi le nerf de bœuf. » (Mi- 
chu.) 

NETTOYER : Ruiner, vendre, 
dévaliser. — « Je lui nettoie sa 
pelure du haut en bas. J'trouve 
une demi-veilleuse. » (Monselet.) 
V. Lavage, Maquilleur, 

NETTOYER : Tuer. — « Oh ! 
les gredins, je les nettoierai, s 
(F. Pyat.) 

NEZ QUI A COÛTÉ CHER 
A METTRE EN COULEUR : 
Nez dont la teinte rouge atteste 
que son porteur a payé plus d'une 
bouteille. — « En voilà un nez 
qui a coûté cher à mettre en cou- 
leur. » (Gavarni.) 

NEZ (avoir dans le) : Détester 
quelqu'un. Mot à mot : ne pou- 
voir le sentir. — « 11 ne faudrait 
pas que la demande vînt de vous. 



NIB - »: 

M. Faïîaux vous a dam le att. » 

NEZ CREUX (avoir le) : Éirc 
malin, perspieate. — Les nei 
creux ont plus de capacité que 
les autres. — • Ob! elle avait le 
nei creui, elle savait dÉjâ com- 
ment cela devail tourner, a (Zola.) 

NEZ LONG ("voir le), hlrs 
son nez : Paraître désappointa. 
_ ■ Nous noua sommes pa^f le 
billard, j'en ai rendu vln^t de 
irenie à I-nhure, qui faisan un 
nex aussi long qu« ta queue de 
billard. > (Voiio.) — On dit en 
abrégeant, dans la mime aens, 
avoir un nej. 

NEZ (se piquer le) ! S'enivrer. 
— Un nei piqué rougit comme 
celui qu'empourpre l'ivresse. — 
■ Qui ne t'est pas piqué la nM 
une pauvre fois dans m Tiet ■ 
(Grévin.) 

NEZ OU IL PLEUT : Nei 
tout à fait retrouisé. — On Toit 
d'ici l'allusion. — < H"* Kid était 
une petite dr^lelte, avec un 
il pleut dedans, i (Stop, Joar- 






70.) 



NI VU, NI CONNU ! JE TEM- 
BROUILLE : Locution placée or- 
dinairement i la fin d'un récit 
pour peindre la rapidité d'un 
Rcteet la difficulté de l'expliquer. 
(Dbautel, 08.) 

NIAIRE ! C'est lui, c'est mot. 
(Kabasse.) — Ce doit lire une 
forme de nîère (complice), ser- 
vant de signe de reconnaissance. 

MB, NIBERGUE, NIBERTE, 
NIENTEs Rien.-Wentee 
italianisme. Nit semble 
abréviation de Nibergue,qui «tt 
na anagramme de itrniqMt — 



b de 



NIO 

(Leapis.) 



NIBE : Silencel ne dis rien. 
(Rabaaae,)— Forme de nib. 

NIBE AU TRUC : Ne rien dire 
ir un vol. (Rabaase.) 

NIBÉ : Tais-loi! taisei-vousl 
(Rabasse.) V. Nibe. 

NICDOUILLE, NIOUE- 
DOUILLE, NIGAUDINOSt 
Nigaud. — « Vous vous êtes en 
allé fiché, désespéré, nigaudi- 
nos.»(BaIïae,)—< Tais-toi donc, 
nicdouille. ■ {Pky. du Matelot, 
43.) 

NICHONS : Seins. — Allu- 
gion à la double niche qu'ils oc- 
cupent dans le corsage.— • Nana 
ne se Fait plua de nichons avec 
des boules de papier, illui en est 
Tenu deux. > (Zola.) 

NIÈRE ! Complice. V, Mm- 
ger. 

N - 1 - NI, C'EST FINI s For- 
mule négative. — Redoublement 
de la dernière syllabe de /Ht. 
— I Ne me parlez plus de rlen...i 
n i, ni, fini. j> iRousseliana, o5.) 
_ ( N t, ni, c'est fini, plua de 
Malvina. ■ (L. Reybaud,) 

NINI,NINICHE: Mot d'amitié. 
Diminutif d'Eugénie. — a Quand 
mamaa aime bien petit papa, 
elle appelle petit papa ma nini- 
che. . (Gavarni.) 

NIOLLE : Vieux chapeau. — ' 
C'est une forme de gniolle : per- 
sonne sans consistance. Un cha- 
peau déformé a perdu aussi la 
sienne. — ■ Un niolle est un cha- 
peau d'homme retapé. Lee nkiK 
leurs sont les marchands de 
vieux chapeaux. 1 (Mornand.) 



NOM 



— 2 



NIOLLEUR : Marchand de 
vieux habits. — Extension du 
sens du mot précédent. V.iVio//^. 

NIORT (aller à) : Nier. — Jeu 
de mots sur la ville et le verbe. 
— « Je vois bien qu'il n*y a pas 
moyen d'aller à Niort. > (Can- 
1er.) V. Outil. 

NIQUE DE MÈCHE : Sans 
complicité. (Rabasse.) Motàmot: 
pas de moitié. V. Mèche. 

NISCO, NIX : Non. — Nisco 
est un diminutif du vieux nis : 
pas un. — Nix est un germa- 
nisme altéré par la prononcia- 
tion française {nicht). — « Fût-il 
un phénix, nix. » (Désaugiers.) 

NISETTE : Olive. (Halberi.) 

NI VET, NIVETTE : Chanvre, 
chanvrière, filasse. (Idem.) 

. NOBLING :<c Acte frauduleux 
qui consiste à faire des paris de 
courses qu'on ne peut perdre. » 
(Parent, Ângl.) 

NOCE : Débauche. — Allusion 
aux excès gastronomiques qui 
accompagnaient les noces d'au- 
trefois. — « Alors je bois, je 
chante, je fait la noce pour ou- 
blier. » (P. de Grandpré.) 

NOCER : Faire la noce. — 
« Est-ce que tu as noce aujour- 
d'hui?... — Noce! ah, bien oui! » 
(Eug. Sue.) 

NOIR : Café. - Allusion de 
couleur. — « Je paye le noir et 
le mélé,i et je m'enfile de douze 
sous. > (Monselet.) 

NOM D'UN ! : Nom d'un nom ! 
Nomd'un petit bonhomme ! Nom 
d'un tonnerre! — Il faut voir ici 
l'abréviation de trois synonymes 
âe :tQm de D,.J que les jureurs 



54 - NQU 

ont modifié de fa(on à ne se voir 
reprocher aucun blasphème. •— 
« 86,000 francs par ant nom 
d'un petit bonhomme! c'est joli.» 
(L. Reybaud.) Nom (tun petit 
bonhomme fait allusion à Jésus 
enfant. 

NOM D'UNE PIPE : Juron de 
fumeurs; leur dieu est leur pipe. 

— c Nom d'une pipe 1 si vous 
m'approchez... » (Mélesville, 3o.) 

NOMBRIL : Midi. (Halbert.) 

NON POSSUMUS : Impossi- 
ble. Mot à mot : nous ne pou- 
vons pas. — Latinisme. — Allu- 
sion aux termes employés dans 
une déclaration du pape Pie IX. 

— a Les plénipotentiaires turcs 
ont maintenu très-résolûment le 
non possumus de la Porte. 1 (Fi- 
garo, 76.) 

NONNE (&ire) : Faire un at« 
troupement simulé pour aider à 
un vol. (Vidocq.) 

NONNEURS ; Compères de 
voleur à la tire. — Ils s'attrou- 
pent et créent des embarras 
(nonnes) pour l'aider à voler. 

NORMALIEN : Élève de l'école 
normale. Se dit aussi de celui qui 
en est sorti. — t Je dois reprendre 
chez ce jeune normalien une ci« 
tation qui a juré à mon oreille.» 
(B. Jouvin 75»). 

NOTAIRE : Épicier qui &it 
crédit, (il Imanach des Débiteurs,) 
^ Il note les achats. 

NOUEUR : Complice. (Ra- 
basse.) — Forme de nière. 

NOUJON : Poisson. (Habert.) 

NOUNOU : Nourrice. — Abrc- 
viation avec redoublement de ta 
première syllabe. — c La ma- 



NUM 



— 255 — 



NTM 



man ne peut pas se pajer de 
bonne ni de noanoo. » (Figaro, 

75) 

NOURRIR : Préparer deloague 
main. — c Ce garçon qui de- 
vait aroir nourri ce pOÊipom pen- 
dant un mois, i (Bakac) V. 
Pug^d. (VoL) 

NOURRISSEUR : c Les mcr- 
risseitrs préparent et noorriasent 
une affaire; ils sarent le mo- 
ment où le rentier toticfae sa 
rente et les iours de leuU ' ée du 
négociant; ils étudient la maison 
et les habitudes des gens qu'ils 
veulent faire voler, f (A. Mon- 
nier.) 

NOUSAILLES, NOUZAIL- 
LES, NOUZIERGUE, NOU- 
ZIÊRES, NOUZIGO : Nous. 
(Halbert, Colombej.) — Adiooc- 
lions de finales. 

NOYAUX : Pièces de mon- 
naie. — Du vieux mot noiau : 
bouton d'habit. 

Le sacré violon qu'avait |oaé fins 
Voalnt me demaaderdes 



(Tadé, 1760) 

NOYAUX DE PÊCHE (rem- 
bourré de): Se dit des si^es 
fort durs : Allusion à leurs aspé- 
rités et à leur dureté, c On est en 
train de remplacer les oojatiz de 
pèches des stalles par des nou- 
veaux beaucoup plus frais, t 
{Éclair f 72.) 

NUMÉRO (bon) : « Deux papas 
très-bien, ce sont deux papas 
d'un bon numéro. Comprenez- 
▼DOS? — Pas trop. — l>eux phtt* 
parfaitement ridicules, s (Th. 
Gautier.) 

NUMÉRO (gros) : Maison de 



prostitution. — Allusion au gros 
numéro peint sur la porte pour 
toute enseigne. 

NUMÉRO UN, PREMIER 
NUMÉRO : Premier par ordre 
de mérite. — c Cest de la folie à 
l'état de numéro un. > (Jules 
Janin.) — c Une famterve de 
premier numéroet <Fan tel reflet 
qu'os dirait na phare. » (De^ 

NUMÉRO SEPT : Crochet de 
chiffonnier. — Le 7 ressemble 
effectivement à un crocheL 

NUMÉRO CENT : Utrines. — 
Jeu de mots né dans les petits hô- 
tels à chambres numérotées, ou 
les latrines portent le numéro f 00 
pourqoe personne ne s'j trompe. 
Cest aussi le numéro qui sentie 
plus. — c Dans toutes les maisons 
du inonde^ j'ai ma chambre au 
numéro cent. » (J. Chooz.) 

NUMÉRO (connaître le) : 
Être ûxé sur la valeur morale : 
— «Je sais d'oîi tu viens, fe sais 

par où tu as passé, je connais tous 
tes numéros, s (Ces Dames, 60,} 

NUMÉRO (retenir le) : Ne pas 
oublier, — c Cest bon! je rr- 
tiens tan numéro. » Se dit quand 
on menace quelqu'un de Tepré- 
sailles» 

NUMÉROTER SES OS : 
S'apprêter i être roué de coups. 
Mot i mot et ironiquement : 
s'arranger de façon i pouvoir 
retrouver ses os pour les remet- 
tre en place si on les casse. V. 
Uémoiir. 

NYMPHE : Femme galante.—» 
Allusion railleuse aux comparai- 
sons mythologiques afixtionnées 
par nos pères. Y. Piger. 



CBIL 



— a56 — 



ŒIL 



o 



OBJECTIF : But. — On a fait 
un abus incroyable de ce mot 
depuis 1870, époque où le géné- 
ral Trochu s'en servit fréquem- 
ment dans ses rapports mili- 
taires, f Napoléon III protesta 
que son objectif était Talliance 
avec TAngleterre. » (Figaro.) 

OBÉUSCAL : Merveilleux. — 
Date du transport de Tobélisque 
sur la place de la Concorde. — 
« Admirable 1 pyramidal 1 obélis- 
call » {Almanach de la Polka, 
45.) V. Granitique. 

OBJET : Amante. Mot à mot: 
objet d'amour. — « Il apprend 
que le cher père a cloîtré son 
objet. » (Désaugiers.) 

OCCASb: : Occasion. — Abré- 
viation. — « Deux francs cin- 
quante de bénef, profitez de 
Toccase. « (A. Second.) 

OCCASION : Chandelier. 
(Halbert.) 

OCCIR : Tuer. — Vieux mot 
relevé par les romantiques. — 
c O surprise 1 j'avais occi le ban- 
dit qu'on cherchait depuis huit 
jours. » (Marx.) 

ŒIL : Crédit. -* Se trouve 
dans le Dictionnaire de Car- 
touche de Grandval (éd. de 1827). 
« Je vous ofifre le vin blanc chez 
Toitot; l'ai l'œil. » (Chenu.) ~ 
c La mère Bricherie n'entend 
pas raillerie à l'article du crédit. 
Plutôt que de faire deux sous 



d'oeil, elle préférerait, etc. » (Pr. 
d'Anglemont.) — « La fruitière 
n'a jamais voulu ouvrir l'œil : 
elle dit qu'elle a déjà perdu avec 
des artistes. > (Champfleury.) 

ŒIL : Bon effet produit à prfr> 
mière vue. — Se dit de n'importe 
qui et de n'importe quoi. — c La 
chose a de l'œil. C'est léger. » (A. 
Schoil.) 

ŒIL (mon) : Formule néga- 
tive. — Abréviation d'une autre 
phrase reçue qui consiste à dire : 
Regarde de quelle nuance est 
mon œil. — « Et quand tu m'au- 
ras bien aimée, en serai- je plus 
avancée, je te prie? Regarda 
donc de quelle nuance est mon 
œil. » ^Monselet.) «- « Quand le 
démonstrateur expose la forma- 
tion des bancs de charbon de 
terre, mon voisin s'écrie avec un 
atticisme parfait : Oui, mon œil !• 
(Villetard.) 

ŒIL (avoir 1') : Avoir crédit. 

CEIL (faire de 1') : Lorgner 
amoureusement. — f Sous pré- 
texte de voir essayer le chapeau, 
il ne manquait pas de faire de 
l'œil à la modiste.» (P. de Kock.) 

ŒIL (se mettre le doigt dans 
1') : Ne pas voir juste. *^ 

ŒIL (ouvrir 1') : Veiller atten- 
tivement, faire crédit. 

ŒIL (upe à 1') : Borgne. — 
Mot à mot : endormi d'un œiL 



OGR 



— 257 — 



OIS 



— H tape d'un œil, bien malgré 
lui. V. ci-dessous. 

ŒIL (taper de 1*) : Dormir. — 
C'est le clore la paupière du 
peuple. — a Monsieur, faites pas 
tant de bruit, je vais taper de 
Tœil. » (Vidal, 33.) V. Taper 
dans VœiU 

ŒIL (tirer 1*) : Attirer l'atten- 
tion. 

ŒIL (tortiller, tourner de V) : 
Mourir. — t J*aime mieux tour- 
ner la salade que de tourner de 
Vœil. » (Commerson.) — a P 
voudrais ben m'en aller, dit le 
pot de terre en râlant. Bonsoir» 
voisin, tu peux tortiller de Toeil.» 
(Thuillier.) 

ŒIL DE VERRE : Lorgnon. 
— « Ces m i ri i Hors aux escarpins 
vernis, aux yeux de verre, t 
(Festeau.) 

ŒUF (casser son) : Faire une 
fausse couche. 

OGRE, OGRESSE : Usurier, 
marchande à la toilette. — Ils 
finissent toujours par dévorer 
financièrement leur clientèle. 

OGRE : « Il y a deux espèces 
de compositeurs d'imprimerie : 
!• les ogres, bons pères de fa- 
mille qui travaillent pour leurs 
enfants ; ils sont à la conscience, 
c'est-à-dire qu'ils gagnent un 
prix fixe par jour ; 2* les caleurs 
ou goippeurs qui à chaque ins- 
tant se dérangent : ceux-là tra- 
vaillent aux pièces. » (Moisand. 
41.) 

OGRE : Agent de remplace- 
ment. (Vidocq.) - Il a toujours 
besoin de chair humaine. 

OGRE : Chiffonnier en gros. 



receleur, patron de tapis frane,^^ 
Allusion à leurs bénéfices dévo- 
rants. — « Les chiffonniers don- 
nent ce nom à celui qui achète 
le produit de leurs recherches 
nocturnes pour les revendre en 
gros. Il fut iin temps où ce nom 
était synonyme de receleur. Dans 
ce but, Vogre possédait à côté 
de son établissement d'achat de 
chiffons un débit de liqueurs 
qu*il faisait gérer par un affidé 
ou un compère; il y recevait 
clandestinement des malfaiteurs 
qui apportaient là les produits 
de leurs rapines. » (Castillon.) 

OGRESSE : Maîtresse de mai- 
son. (Halbert.) — Elle est comme 
les ogres en quête de chair 
fraîche (féminine). 

OIGNES (aux petits) : abrév. 
de Oignons (aux petits.) — « Ça 
n' f empêchera pas de faire ça 
aux petits oignes. » (L. de Neu- 
ville.) 

OIGNON : Montre. —Allusion 
de forme. 

OIGNONS (aux petits) : Très- 
bien. — Les oignons ^ont en 
grande faveur dans la cuisine 
populaire. — « Les lanciers t 
demandez la nouvelle danse^ 
arrangée aux petits oignons. » 
(Randon.) 

OIGNON (il y a de 1') : Il y a 
des gémissements. — Allusion 
aux pleurs que l'oignon fait ver- 
ser. — a S' prend' de bec, c'est 
la mode, et souvent il y a de 
l'oignon. » (Dupeuty.) 

OISEAU : Triste personnage. 
— c Minute I quel est c't oiseau - 
là ? » {Léonard, parodie.) 



ONE 



— 258 — 



ORF 



OISEAU FATAL : Corbeau. 
Vidocq.) — Le corbeau a depuis 
longtemps cette réputation. 

OISEAUX (aux) : Très-bien. 

— ce II est meublé aux oiseaux.» 
(Balzac.) » « Pour exprimer 
qu'un homme est très-bien fait, 
qu'une femme est très-belle, on 
dit qu'ils sont aux oiseaux, » 
<Dhautel, 08.) 

OISEAUX (se donner des 
noms d*) : Roucouler amoureu- 
sement. *- tt Nous nous donn'- 
rons des noms d'oiseaux. > 
(Hardy.) 

OLIVET : Ognon. (Halbert.) 

OMETTRE {V) : Le tuer (Ra- 
basse.) Au figuré, on disait 
envoyer dans le royaume d'oubli. 
Serait-ce un équivalent i: 

OMNIBUS : Prostituée. Mot à 
mot: femme à tous. — Latinisme. 

— c On y remarque aussi 
quelques pauvres beautés om- 
nibus. » (La Maison du Lapin- 
Blanc.) 

OMNIBUS DE CONI : Corbil- 
lard. (Vidocq.) Mot à mot : voi- 
ture publique de mort. 

ONCLE : Usurier. — « Ce mot 
symbolise l'usure, comme dans 
la langue populaire ma tante si- 
gnifie le prêt sur gage. » (Balzac.) 

ONCLE : Portier-consigne de 
prison, «c L'oncle est venu pren- 
•dre ma camoufle et m'a dit le 
•centre de ma pige. » (V. Intro- 
duction. Lettre à Minder.) 

ONCLESSE : Femme du con- 
cierge de la prison. (Idem.) 

ONE (A Stiff), a dead one, a 
sa/e one : Littéralement un che- 



val raide, un cheval mort, un 
cheval sauf. Autant d'çxpressions 
pour indiquer un cheval qui ne 
gagnera point ou qu'on ne veut 
pas faire gagner. » (Parent.) 
Terme de courses anglais. 

ONGUENT: Argent. (Rabasse.) 
C'est en effet un onguent pour 
bien des maux. 

OPPORTUNISME : Ligne de 
conduite modérée adoptée par les 
partis qui ne passent pas pour 
amis de la modération. Il va sans 
dire que l'exemple suivant n'est 
point une appréciation pour 
nous : « On me demande ce que 
c'est que l'opportunisme... C'est 
Marat jouantTartuffe.» (A. Karr, 
oct. 76.) 

OPPORTUNISTE : Partisan 
de l'opportunisme, c Les pontifes 
de rinfaillibilité radicale fulmi- 
nent contre les opportunistes. • 
(P. Moniteur, oct. 76.) 

ORANGE A COCHONS : c U 
pomme de terre est aussitôt sa- 
luée par l'argot d'orange à co- 
chons. » (Balzac.) 

ORDINAIRE : Portion de 
bouillon et de bœuf, «c On lui 
donnait un ordinaire, c'est-à-dire 
un bouillon et un bœuf. i(Scholly 
60.) 

OREILLARD : Ane. (Vidocq.) 
— Allusion à ses longues oreil- 
les. 

ORFÈVRE : Personne cher- 
chant à faire prévaloir ses inté- 
rêts particuliers sous un autre 
motif. — Abréviation d'une ré- 
ponse bien connue : a Vous êtes 
or/évre, monsieur Josse? ». faite 
par Sganarelle à l'orfèvre Josse, 



ORP 



— 259 — 



OUI 



qui lui conseille l*achat d'un 
écrin comme le seul moyen de; 
guérir la mélancolie de sa fille, j 
(Molière, Amour médecin,) 

ORGUE {terminaison en). VJ 
A ille. 

ORGUE (causer sur V) : Cau-| 
8er sur lui. (Rabasse.) Si cette 
définition est exacte, on devrait' 
-scrire lorgne et non Vorgue, car 
ce ne serait que le mot lui dé- 
formé par la terminaison en or- 
gue (V. ci-dessus). Même obser- 
vation pour manger sur Vorgue 
(dénoncer). ; 

ORGUE (jouer de V) : Ronfler. 
— Allusion aux ronflements des 
tuyaux d*orgue. — a II prenait 
toujours une stalle sur le der- 
rière de Torchestre, afin de ne 
pas être dérangé. Il s'y installait 
commodément, et là il piquait 
son chienf comme nous disions 
au collège; il cassait sa canne j 
comme nous disons aujourd'hui ; 
il jouait de Vorgue y comme di- 
sent les litis; ou bien il roupil- 
lait, selon les linguistes, i (Pri- 
vât d'Anglemont.) 

ORIENT : Or. (Rabasse.) — 
Adjonction de finales. 

ORLÉANS : Vinaigre. (Vi- 
docq.) Celui d'Orléans est le plus 
renommé. 

ORNIE, ORNIGHON, OR- 
NION, ORNIE DK BALLE : 
Poule, poulet, chapon, dinde. 

ORPHELIN : Orfèvre. (Vi- 
docq.) — Changement de finale. 

ORPHELIN DE MURAILLE : 
Excrément isolé. Mot à mot : 
abandonné par son aufeur contre 
un mur. 



ORPHELINS î.f C'est août œ 
nom que Ton veut dire en argot: 
une bande de voleurs, t (A. Du* 
rantin.) 

OS: Argent. — Si l'argent est 
le nerf de la guerre, pourquoi 
ne serait-il pas Vos de la vie ci- 
vile ? Cette étymologie nous pa- 
rait préférable à celles qu'on a 
risquées jusqu'ici. — c Dans la 
langue populaire parisienne, on 
appelle os le numéraire. » (Mbr- 
nand.) 

OSEILLE : Argent. — C'est le 
mot os avec une terminaison ar- 
bitraire en eille, 

OSEILLE (avoir de V) : Avoir 
de Targent. (Rabasse.) 

OSEILLE (la faire à 1') : Réus- 
sir un bon vol. (Rabasse.) Ne pas 
confondre ce sens avec celui dé 
la faire à l'oseille : tromper 
grossièrement. V. Faire, 

OSEILLE (scènes de Drt C'est- 
à-dire, en argot de coulisses, les 
scènes où les petites femmes font 
leur apparition en costunie plus 
ou moins fantaisiste. 1 (Escu- 
dier, yô.) 

OTHELLO : Mari jaloux. — 
Allusion à l'Othello vénitien. — 
« Modifier vos bonnes et douces 
habitudes pour vous métamor- 
phoser en Othello, c'est vous y 
prendre un peu tard. » (Ed. Le- 
moine.) 

OUICHE : C'est un oui ironi- 
que. — a Croyez - vous qu'il 
viendra me chercher?... Ah bienl 
ouichel » (About.) — « Ah oui- 
che 1 v'ià encore un beau pleu- 
tre 1 » (Le Chirurgien anglais, 
parade, 1774.) 



PAC 



— 260 — 



PAC 



OURS : > Ancien compagnon 
pressier. Le mouvement de va- 
et-vient qui ressemble assez à 
celui d'un ours en cage, par le- 
quel les pressiers se portent de 
l'encrier à la presse, leur a valu 
sans doute ce sobriquet. 1 (Bal- 
zac.) 

OURS : Salle de police. — c Je 
fus passer deux jours dans un 
lieu ténébreux qu'on appelle 
rOurs. » {Souvenirs de Saint- 
Cyr,) V. Mas^aro. 

OURS : Pièce qui a vieilli dans 
les cartons d'une direction de 
théâtre. Elle ne se joue que dans 
la belle saison, quand les théâtres 
sont déserts. — Allusion à Tours 
qui dort pendant l'hiver et qui 
se montre pendant l'été. M. Mar- 
ty-La veaux m'a montré dans La 
Fontaine, un premier germe de 
cette allusion. Il est fort curieux : 

Mon opéra, tout simple n'étaot sans 

spectacle, 
Qu'uD ours qui vieot de nattre et non 

encore léché. 

(Épttre à M>« de Thiange.; 

-— a Au théâtre des refusés, 
d'ours il fait commerce. 1 (Ai. 
Flan.) 

OURS (envoyer à 1') : Envoyer 
promener. Mot à mot : envoyer 



voir Tours au Jardin des Plan- 
tes, si cher aux flâneurs. 

OURSERIE : Disposition pro- 
noncée pour la vie solitaire. 
« Vous savez que j'avais Quel- 
ques dispositions à Toursene. » 
(Mérimée.) 

OURSON : Bonnet à poil 
d'ours. — f J'allais me coiffer de 
l'ourson dévolu aux voltigeursji 
(L. Reybaud.) 

OUTILS : Instruments de v<o* 
leur. — Ils servent à son travail. 
V. Vague. — f Je vais à Niort, 
mais mon imbécile avait gardé 
son outil. » (Beauvillier.) 

ÔUTRANCIER : Nom inventé 
pour ridiculiser ceux qui rou- 
laient la résistance à outrance en 
1871 et qui ne se battaient point. 
a 11 marchait à la mort tandis 
que les outranciers se prélas« 
saient à la mairie. » (A. Mar- 
cade, 75.) 

OUTSIDER : c Cheval que l'on 
considère comme n'ayant que 
peu ou point de chance de ga- 
gner. » (b). Parent.) 

OUVRAGE : Vol. (Vîdocq.) 

. OUVRIER : Voleur. (Idem.) 

OVALE : Huile. (Halbert.) 



I> 



P (foire le) : Faire mauvaise 
mine. (Grand val.) V. Pet. 

PACANT : Homme de cam- 
pagne. (Halbert.) 



PACANT: Passant. (Grandval.) 

PACQUELIN, PACLIN, PAS- 
QUELIN I Pays. (Vidocq, Hal- 
bert.) 



PAF 

PACQUEL1NAGE i 



Voyage. 



PACQUELINEUR, NEUSE : 
Voyageur, voyageuse. (Uem.) 
PAC5IN : Paquet. (Grandral.) 

— Changement de anale. 
PAF : Eau-de-vie. V. Pafer. 
PAF : Locution usitée poui 

indiquer une chose subitemeni 
et promptement arrivée, comme 
la chute d'un corps qui fait paf 
en tombant. — i Voyant ça, paf! 
il en tombe amoureux, i (Stop, 

75.) 

PAF : Ivre. — Abréviation de 
Paffé. V. Pagtr. — < Vous avez 
été joliment paf ht«r. ■ {Balzac.) 

PAFFS: Souliers. (Rabasse.) 
Abréviation de Passif. V. Goué- 
peur, Empaffe. 

PAFFER, EMPAFFER : Eni- 
vrer. Mot à mot : remplir àapaf. 

— Le paf représentait au der- 
nier siècle la goutte d'aujour- 
d'hui. En voici de nombreux 
exemples. — a Viens plu'.ôt d'a- 

Coupde paHe.» [Vadé, lySS.) — 
■ Voulez-vous boire une goutte 
de pafî — J' voulons bien. — 
Saint-Jean, va noua chercher 
d' misequier d' rogome. » (L'É- 
cluse, 1755.) — « 11 m' proposit 
le paf. Ça me parlit au CŒur si 
bien, que j'y allis... dans une ta- 
bagie de la rue des Boucheries, 
où que j' bure du ratafia apris le 
coco. > (Rétif, 177* Contemp., 
I7»3.) — • Au milieu de cette 

Elèbe bariolée qui ae pafie de vin 
leu. t (Delvau.)— ( Nous allons 
ilaCourtitknous fourrer du vin 
sous le nez, quand, nous som- 
mes bien empafffs. > (Vidal, 33.) 



PAGNE : Secours envoyé à un 
détenu par un ami. (Vidocq.) — 
Abréviation de panier à provi' 

PAILLASSE ! Sauteur politi- 
que. — Allusion i la chanson de 
Bé ranger. 

Piliriai', mofi tml. 



PAILLASSE : Ventre. — Les 
intestins s'en échappent comme 
la paille d'une paillasse. — f [1 
s'est fait crever la paillasse, il 
s'est ftit tuer. 1 (Dhaulel, 08.) 

PAILLASSE, PAILLASSE DE 
CORPS DE GARDE : Prostituée 
de dernier ordre. Comme les 
paillasses de corps de garde, elle 
change journellement de cou- 
cheurs. — c Qu'es-tu, toiî lar- 
ronnesse, paillasse de corps de 
garde! d {Dialogues poissards, 
iviii* siide.) 

PAILLASSON : Homme fré- 
quentant les paillasses. V. ci- 
dessus. — ( Quand linirez-vous, 
libertin, de courir les cailns i 
Encore,ce vieux paillasson, pari'- 
l-ild'moraleenactionl » (Catif- 
chisme poissard.) 



lille. 
PAILLE : Filouterie de jeu. 

■ C'est la même que le Pont. V. 
Couper. — « Cette excavation qui 
a pour résultat de faire revenir 
les cartes dans l'ordre où elles se 
trouvaient, a reçu le nom de 



PAL 



— 262 — 



PAN 



paille, d'où Texpression couper 
4ians la vaille. • (Cavaillé.) 

^ PAILLE AU CUL (avoir la) : 
l^tre mis à la réforme. — On ex- 
pose, d'ordinaire, avec un bou- 
chon de paille, les objets à vendre 
isolément. — c La paille au cul, 
repassez la frontière, cafards. » 
{La Paille au cul, 32.) 

PAILLE DE FER : Dans le 
récit d'un combat, H. Monnier 
£iit dire à un vieux sergent : 

— tt A toi, à moi la paille de fer.» 

— Allusion au hasard qui expose 
•chaque combattant à un coup de 
pointe. 

PAILLER : Préparer une paille 
-en battant les cartes, ce Au bac- 
carat banque, la taille substituée 
est paillée souvent à Tavance. » 
(Cavaillé.) 

PAIN? (Et du) : As-tu de quoi 
manger? — Donnez des conseils 
■à un malheureux afifamé, il vous 
ramène à la question par ces 
trois mots : Et du pain ? — Ga- 
varni montre un masque abor- 
dant à l'Opéra un domino fe- 
melle, qui l'attend, binocle à 
l'œil ; — f Pus qu' ça de lor- 
gnon, dit-il. hit du pain?» — La 
question déchire d*un seul coup 
les faux dehors de cette élégante 
•qui n'a peut-être pas dîné pour 
•acheter des gants. 

PAIN-LA (Ne pas manger de 
ce) : Se refuser à vivre d'argent 
mal acquis. 

PAIN ROUGE (Manger du) : 
Vivre d'assassinats. (Halbert.) 

PALADIER, PALLADIER : 
Pré. CHalbert.) 

PALETTE : Dent, main. (Co- 
lombey.) 



PALLAS : Boniment de sal- 
timbanque. — a II salua les vi- 
siteurs qu'avait attirés la parade. 
Bientôt il commença son pallas.» 
(Champflcury.) 

PALLAS (faire) : Faire des 
manières. — L*argot paraît s*étre 
piqué là de connaissances my- 
thologiques, car Minerve faisait 
parfois la renchérie. — « Au pré 
finira ton histoire, et là Ton n*y 
fait plus Pallas. » (Vidocq.) 

PALOT, PALLOT : Paysan. 
(Halbert.) C'est un mot de vieux 
français. 

PALLOTTE : Paysanne. (Vi- 
docq. 

PALPER : Toucher de l'ar- 
gent. (Dhautel, 08.) 

PALPITANT : Cœur. (Hal- 
bert.) — C'est le cœur ému. V. 
Battant, Coquer, 

PAMPINE : c Et toi où qu' t' 
iras, vilaine pampine, figure à 
chien, tête de singe, i {Dialogues 
poissards.) 

PANACHE (faire) : « Tomber 
en passant par-dessus la tête de 
son cheval. » (Paz.) — Mot 
imagé. 

PANA : a Vieux pana se dit 
d'un homme avare, laid et figé. » 
(Champflcury.) — Même étymo- 
logie quQ panas. 

PANADE : Sans consistance, 
mou et délayé comme la soupe 
de ce nom. — a Notre gouver- 
nement est joliment panade ! » 
(Ricard.) — Se prend aussi sub- 
stantivement. « Oh la la ! quelle 
panade que ce pauvre cousin 
Duraplas. » (bl. Simon.) 

PANADE : Objet repoussant, 



PAW 



— 263 — 



PAN 



femme laide. (Colombey.) Même 
origine que panas, 

PANAMA : Chapeau tressé 
avec des joncs que nos fabriques 
vont chercher à Panama. — c J'ai 
dû chanter contre la crinoline et 
m'égayer aux frais du panama. » 

PANAS : ff S'emploie dans 
le Dictionnaire de ta Curiosité 
avec le sens de tessons, de lo- 
ques, de débris de toutes sortes; 
ceux qui les vendent sont des 
panailleux. » (Champfleury.) — 
Vient du vieux motpanne : hail- 
lon. 

PANDORE : Gendarme. — 
Nom d'un des gendarmes de la 
fameuse chanson de Nadaud. — 
€ Il n'y avait plus à en douter, 
j'avais tous les Pandores de la 
contrée à mes trousses. • (Marx.) 

PANIER : Voiture basse, à 
caisse d'o5ter, à la mode vers 1 860. 
— c Ange! tu m'as transporté... 
je suis homme à mettre à tes 
pieds un panier en pur osier. • 
(Les Pieds qui r'muent, 64.) 

PANIER A SALADE : Voiture 
de prisonniers. — t Ce surnom 
vient de ce que primitivement la 
voiture était à claire-voie de tous 
côtés. » (Balzac.) -* c L'on nous 
fît entrer vingt-quatre dans un 
ignoble panier à salade. » (Che- 
nu.) 

PANIER AUX CROTTES : 
Jupon. — II ramasse la boue, 
c Pas de clarinette pour secouer 
.e panier aux crottes des dames. • 
(Zola.) 

PANNE, PANE : Misère, man- 
que d'argent. — Du vieux mot 
panne : haillon. Roquefort donne 
pannoseux dans le sens de cou- 



vert de haillons, misérable, — 1 11 
est dans ta panne et la maladie. 1 
(Ricard.) V. Décatir, 

PANNE : Se prend au théâtre 
dans un sens figuré. •— « La 
panne est le mot par lequel aé 
désigne au théâtre un mauvais 
rôle de quinze ou vingt lignes. » 
(De Jallais, 54.) 

PANNE : Misérable.. - « Ça 
marche sur ses tiges, ben sûr! 
Pas pus de braise que dans mon 
œil. Ohé! panne 1 panne! • (Ri- 
card.) 

PANOUFLE : Perruque. (Vi- 
docq.) — Du vieux mot panufle: 
guenille. 

PANTALON ROUGE : soldat. 
c Gervaise lui... demandait ai 
elle donnait dans les pantalons 
rouges. 1 (Zola.) 

PANTE, PANTRE, PANTl- 
NOIS, PANTRUCHOIS : Pari- 
sien, et,^par extension, bourgeois 
bon à exploiter ou à voler. — 
Pante et Pantre sont des formes 
abrégées de Pautinois et Pantru' 
chois qui veulent dire Parisiens, 
V. Pantin, L'étymolog'e grec- 
que dtpantos que reproduisaient 
encore les journaux de juillet 
1876, n'est pas sérieuse. — c J*ai 
reniflé des pantes rupins. » (Pnil- 
let.) V. Lever, Pantre, Aboufer. 

PANTHÈRE : Vers 1840, ila 
été de mode d'appeler panthères 
les beautés à la mode. C'était, 
par analogie, une race inférieure 
à celle de la lionne^ qui florissàit 
vers le même temps, mais elle 
était plus carnassière, plus man- 
geuse d'hommes. -^ a Dans les 
griffes d'une «panthère ou d'une 
lionne du boulevard de Gand, le 



PAN 



— 264 -r» 



PAP 



parapluie est d*une délicieuse 
coquetterie. • {Phys, du para- 
pluie, 41.) 

PANTHÈRE (faire sa) : c II 
passait tout son temps à rôder 
dans le faubourg, d*un cabaret à 
un autre, à faire sa panthère, 
comme disent les ouvriers pari- 
siens, par allusion sans doute à 
ce mouvement de va-et-vient 
qu'ils voient aux fauves enca- 
gés... au Jardin des Plantes, i 
(A. Daudet.) 

PANTIN , PANTRUCHE : 
c Pantin, c'est le Paris obscur, 
quelques-uns disaient le Paris 
canaille, mais ce dernier s'ap- 
pelle, en argot, Pantruche, 1 (G. 
de Nerval.) — Cette définition 
manque de justesse. Pantin est 
aussi bien le Paris beau que le 
Paris laid. Et la preuve, c'est 
qu'on dit : dans le goût de Pan- 
tin, pour : élégant, à la mode 
de Paris, V. Pantinois, — Pan- 
truche est son seul péjoratif. Il 
est probable que le peuple a 
donné à Paris, par un caprice 
ironique, le nom d'un village de 
sa banlieue (Pantin). V. Pré, — 
• Là ! v'ià qu'est arrangé dans le 
goût de Pantin . » (Zombach.) 

PANTINOIS : Parisien. (Hal- 
bert.) V. Pante. 

PANTOUFLE (et caetera) : 
Homme nul, sans valeur au- 
cune. — « L'animal le traitait 
alors de fainéant, de poule mouil- 
lée et d'et caetera pantoufle. » 
(L. Desnoj'ers.) 

Et cœtera pantoufle : «c Quo- 
libet dont on se sert lorsqu'un 
ouvrage pénible et ennuyeux 
vient à être terminé. » (Dhau- 
tel, o3.) 



PANTRE : Dupe. Abréviation 
de Pantruchois, V. Pante et Pan* 
tin, 

Pantre argoté : Imbécile. 

Pantre arnau : Volé s'apercew 
vant du vol. Mot à mot : pantre 
qui renaude. 

Pantre désargoté: homme dif- 
ficile à voler. (Halbert.) 

PANTRUCHE : Paris. V. Pan- 
tinn 

PANTRUCHOIS : Parisien. V. 
Pante, 

PANTURNE : Fille de mau- 
vaises mœurs. (Grandval.) 

PANUCHE : Femme élégam- 
ment mise. 

PAPA (à la) : Bourgeoisement, 
sans éclat. — u Ce sont des en- 
chères à la papa. Tout s*y passe 
à la douce. » (Champfleury.) 

PAPA (à la) : Supérieurement. 
— Le père est maître au logis. 

On nous aura r'quinqués à la papa... 
Tu riras là, mais j' dis à la papa... 
Ou sinon d' çà, j' te brosse à la papa... 

[Le Casse-Gueule, ch. 14.) 

Il va nous juger ça à la papa. 

(Désaugiers.) 

PAPELARD: Papier. (Vidocq.) 
— > Changement de finale. 

PAPIER JOSEPH : Billet de 
Banque. (Rabasse.) — Allusion 
de consistance. 

PAPILLON : Blanchisseur. 
(Idem.) — Comme le papillon, il 
arrive de la campagne, et ses ai- 
les blanches sont représentées 
par les paquets de linge qu'il 
porte sur Tépaule. 

PAPILLON (vieux) : Vieil- 



PAR 



— 265 — 



PAR 



lard conservant les allures ga- 
lantes de la jeunesse. 

PAPILLONNEUR : Voleur 
exploitant les voitures des blan- 
chisseurs qui apportent le linge 
à Paris. (Vidocq.) 

PAQUECIN, PAQUEMON : 
Paquet. — Adjonctions de fina- 
les. (X. Ne faut-il pas que balu- 
chons et paquecins disparaissent 
subitement? Personne n'égale le 
cambrioleur dans l'art de démé- 
nager. • (A. Monnier.) 

PAQUELIN : Flatteur. (Hal- 
bert.) — C'est patelin avec chan- 
gement d'une consonne. 

PAQUELIN : Enfer. (Halbert.) 
Abréviation de paquelin de ra- 
hoin : pays du diable. 

PAQUET : Homme sans va- 
leur. (Rabasse.) — Se dit aussi 
d'une femme sans tournure et 
Bans grâce. 

PAQUET (faire son) : Se pré- 
parer à la mort^ au vojrage éter- 
nel. 

D' père on d* vient plus tard grand 

père, 
C'est l<^ qu' commence 1* déchet ; 
Voyant qu'on n* peut plus rien foire 
On pense à fair* son paquet. 

( L. Andréhan.)} 

PAQUETS (faire des) : Tri- 
cher en interposant des cartes 
préparées dans son jeu. 

PARADIS (porter en) : a Vous 
voulez parler du coup de poing... 
Ohl le beau jeune homme ne 
portera pas cela en paradis! i 
(Ricard.) — C'est-à-dire : il me 
le payera avant sa mort. V. En-' 
voyer. 



PARALANCE : Parapluie. 
(Vidocq.) Mot à mot : pare l'eau. 
V. Lance, 

PARÉ : Prêt à répondre. (Ra- 
basse.) Abrév. de préparé, 

PARISIEN : Homme indisci- 
pliné et négligent.— c Ah! mille 
noms! faut-il être Parisien! j'ai 
oublié l'ampoulette! » {Phys, du 
Matelot.) 

PARLEMENTARISME : Doc- 
trine subordonnant tout au con- 
trôle parlementaire. — a Le par- 
lementarisme y fleurit avec une 
splendeur inquiétante, t (F. Ma- 
gnard, yS.) 

PARLER PAPIER : Écrire, 
mot à mot : parler sur le papier. 
— a C'est lui qui parle papier 
pour moi à mon oncle. » (Vi- 
dal, 33.) 

PÀRLOTTE : Lieu où l'on 
parle, où Ton confère. — « La 
Chambre des députés n'est plus 
qu'une buvette, un cercle, une 
parlotte. » (A. Karr.) 

PARNASSIEN : Poète. — Ce 
terme parait moins dû aux pro- 
cédés d*une école particulière 
qu'au retentissementd'un recueil 
imprimé vers i866 sous le titre 
de Parnasse contemporain ; on y 
trouvait réunies des pièces de 
vers inédites de tous les poètes 
vivants, c Le parnassien se met à 
lire à Cham deux ou trois piè- 
ces. » (P. Véron.) 

PAROISSIEN : Individu. — 
ce Que de paroissiens fameux 
dont il ne serait plus question 
par ici, si un homme de talent 
n'était là pour leur y tailler une 
couronne de n'importe quoi sur 
la mémoire, t (Gavarni.) 



PAR 



— 26$ — 



PAR 



PAROLE, MA PAROLE! : 
Je t*en donne ma parole d'hon- 
neur, je le jure ! — Abréviation. 

— a Tu me plais ! non, parole ! 
écoute, j*ai pas d*amant. Veux-tu 
me l'être? » (H. Monnier.) 

ROSBMONDS. 

M'enleYer, juste ciell Tout de bon ? 

ALCINDOR. 

Ma parole I 

On dit de même ta parole ? 
pour dire : garantirais-tu ceci en 
donnant ta parole d'honneur? — 
A presque toujours un sens iro- 
nique ou dubitatif. 

PAROLIER : Auteur de livret 
d'opéra ou de romance. — a Pa- 
rolier pour chansonnettes, il a 
eu l'insigne honneur d'être mis 
en musique par Offenbach. i 
(E. Blondet.) 

PARON : Carré, palier. (Co- 
lombey.) 

PAROUFLE : Paroisse. (Hal- 
bert.) — Changement de finale. 

PARRAIN : Témoin. — Allu- 
sion à la fonction du parrainage. 

— « Des parrains aboulés dans le 
burlin du quart d'œil ont bonni 
qu'ils reconobraient ma frime 
pour l'avoir allumée sur la pla- 
carde du fourmilion, au moment 
du grinchissage. » (Vidocq ) 

Parrain : Avocat. V. Bêcheur, 

Parrain (taltèque : Témoin à 
décharge. (Id.) 

Parrain fargueur : Témoin à 
charge. (Id.) 

Parrainage :Témo\gnagù. (Id.) 

PARTAGEUR, PARTAGEUX: 
Communiste croyant à la possi- 



bilité du partage égal de toui let 
biens. 

PARTERRE (prendra un bil- 
let de) : Tomber. — Calembour. 

PARTI : Endormi. — c AUoni, 
les voilà partis, dit Vautrin en 
remuant la tête du père Goriot 
et celle d'Eugène, i (Balzac.) On 
dit aussi parti pour la gloire. 
Allusion aux rêves du dormeur. 

PARTI : Ivre. — Même allu- 
sion que pour lancé. C'est un 
degré de moins. 

PARTICULE : Se dit de la 
particule de qui précède les noms 
aristocratiques. — ce Ce mattre 
d'écriture, fou de la particule, se 
prétendait d'origine nobiliaire.» 
(Néel de Lavigne, 5o.) 

PARTICULIER , PARTICU- 
LIÈRE : Bourgeois, bourgeoise, 
individu quelconque. — Argot 
de l'armée. 

PARTICULIÈRE : Prostituée. 

— Mot ancien. — c Tu t'es meslé 
et accouplé avec des putains et 
des infâmes particulières. » (Le 
tableau du tyran Ma:^arin, 1649.) 

— a Les mauvaises têtes du quar- 
tier qui tiraient la savate pour 
les particulières de la rue d'An- 
goulême. » (Ricard.) — ce Voilà 
qu'un mouchard m'amène une 
particulière assez gentille. » (Vi- 
dal, 33.) 

PARTICULIÈRE : Mattresse. 

— (kCt terme, si trivial en appa* 
rence, appartient à la galanterie 
raffinée et remonte aux bergers 
du Lignon. On lit à chaque ins- 
tant dans l'Astrée : Particula' 
riser une dame, en faire sa par^ 
ticulière dame, pour lui adresser 
ses hommages. » (Marty-La- 
veauz.) 



PAS 



— ^67 — 



PAS 



PARTIE : Représentation dra- 
matique exceptionnelle où figu- 
rent des artistes amateurs. — 
ce Santiquet monta une partie au 
the'âtre Chantereine. » (De Boi- 
gne, 57.) V. Monter. 

PARTIES (fille à) : f U fille 
à parties n'est qu'une prostituée 
en carte ou isolée, mais avec 
plus de formes... elle se fait sui- 
vre par sa tournure élégante ou 
par un coup d'oeil furtif... » (F. 
Béraud.) La maison où aboutit 
la rencontre, se nomme maison 
à parties ou maison de passe. 
L'acte des clientes est qualifié de 
passe ou passade. Le terme re- 
monte au XVIII* siècle. 

PARTIES CHARNUES : Der- 
rière. — C'est la partie la plus 
charnue du corps. V. Postérieur, 

PAS (n*être pas rien, n*être) : 
Négation ironiquementemployée ; 
comme affirmation : — c Ernest: 
Avec qui que tu veux que jesoye 
donc? Eufiène : Merci, tu n'es 
pas rageur. » (Monselet.) — On ' 
dit de même : Jl n'est pas rien 
chien, pour i7 est avare; — il 
n'est rien dégoûté, pour i7 est 
difficile. 

PAS GRAND'CHOSE : Per- 
sonne de médiocre vertu. — « Tu 
as filé avec ta pas grand'chose. » 
(P.deKock.) 

PASQUELIN, PACLIN : Pays. 
(Halbert.) 

PASQUINER LA MALTOU- 
SE : Faire la contrebande. (Hal- 
bert.) 

PASSACAÏLLER : Se faufiler 
avant les autres^ supplanter. (Vi- 
dccq.) 



PASSANT : Soulier. — Il sert 
à faire des pas. — « Les passants 
rompus et la lyme trouée. » {Vie 
de saint Christofle, Grenoble, 
i53o.) 

PASSE. V. Parties (fille à). 

PASSE : Secours. — <c Deman- 
der la passe, c'est demander un 
secours aux ouvriers où Ton 
passe. 1» (Moisand, 41^) 

PASSE : Guillotine. V. Ger^ 
her» -— Allusion à la passe de la 
fatale lunette. 

PASSE (faire une) : Se pros- 
tituer. V. Parties, 

PASSE (gerber à la) : Con- 
damner a la guillotine. V. Ger» 
ber. 



: Passeport. 

Fille publi- 

Bateau. (Vi- 
Mot à mot : 

Flouerie de 



PASSE -CRICK 
(Vidocq.) 

PASSE-LACET 
que. (Vidocq.) 

PASSE-LANCE 
docq.) . V. Lance, 
passe-eau, 

PASSE-PASSE 
joueurs; elle consiste à passer 
une carte. — « Plus lard, il de- 
viendra grec, étudiera les passe- 
passe, se servira de la tabatière 
d'or poli pour voir le jeu de son 
partenaire. y> {Almanach des Dé» 
biteurs, i85i.) 

PASSE-PASSE (joueur de) i 
Filou. V. ci-dessus. Du temps 
de Rabelais jouer de passe-passe, 
signifiait déjà vo/^.— «Qui des- 
robe, ravist et joue de passe- 
passe. » {Pantagruel, ïiv. 3, ch. 

XVIII.) 

PASSE-SINGE : Roué, hom- 
me dépassant un singe en malice. 



PAS -a 

PASSER AU BLEU : S'effàetr, 
disparaître. —On sait quel râle 
le bleu joue dans le blanchis- 
sage. — « Le pont rouge est passé 
au bleu... bien et dûment écrou- 
lé. • (De Charny.) — » Pius d'un 
jaunet passe au bleu. > (Jouvet.| 
V. Laver, Nettoyer, Leaiver, 

PASSER AU DKIÈME ; De- 
TCnir f3U. — Terme usité parmi 
les officiers d'armes spéciales. 
Frappés du nombre de cama- 
rades que leur enlevaient des at- 
teintes d'aliénation mentale, ils 
disent : H est passé au dixiè- 
me (régiment), pour montrer 
combien ils tont décimés par des 
pertes, sur lesquelles l'étude des 

sans influence. — c L'officier du 
gânie passe souvent au dixième. s 
{Vie parisienne, 07.) 

PASSER DE BELLE (se) : Ne 
pas recevoir sa part de vol. (Vi- 

PASSERDOUCE{sela):Vi 

PASSER DU VIN en comtre- 
BiNDE : S'enivrer hors barrière et 
rentrer plein comme un baril. 

PASSER L'ARME A GAU- 
CHE : Mourir, militairement 
parlant. Aui enterrements, le 
soldat passe l'arme sous le bras 
gauche. — ( Toute la famille a 
passé l'arme i gauche. » {La- 
croi,, 3».) 

PASSER LA JAMBE : Donner 
un croC'Cn-iambe, et, par ei 
1 Son eni 



I pour l'enlèvement des m- 
guetiols. — Allusion i l'ictHin 
de les renverser dans le* latri- 



■1 Tcloars qne la goutta 



PASSERLA MAIN: Céder ton 
tour. Terme de joueur prit au 
figuré, n Nous passons au)our- 
d'hui la main à deux de nos 
, qui t'entendent à parler. » 
{Tarn Tarn, 76.) 

PASSER LA RAM.PE (ne 
point) : I Les comédie* en vert 
et les comédies morales sont 
destinées i ne point passer la 
rampe, c'est-à-dire à ne point en- 
trer dans l'esprit du public 1 
i). DuQot.) 

PASSER SOUS LA PORTE 
SAINT-DENIS (ne pouvoir) : 
Élre trompé par sa femme. ^ 
Allusion i la hauteur des cor- 
nes symboliques du cocuage. — 
f Quelque méchante béte affec- 
tait en sa présence de dire qu'il 
ne pouvsit plus pssser sou* la 
Porte Saint-Denis. > (Zola.) 

PASSIER, PASSIF, PASSI- 
FLE : Soulier. Formes dl*ertat 
de passant. V. Merlin. 

PA5SIFLEUR : Cordonnier. 

PASSIONS (bomme, femme 
à) : s Voua êtes trop jeune pour 
bien connaître Paris; voua tau- 
res plus tard qu'il s'y rencontre 
ce que nous nommons det hom- 
mes à postions. Ces gens-là n'ont 
soif que d'une certaine eau prita 
i une certaine fontaine et tou- 



PAT 



— 269 — 



PAT 



vcfft croupie. » (Balzac, Père 
Goriot,) 

PASTILLE : c En implorant 
une pièce de 5o centimes, une 
pastille, une belette, une pepette 
comme ils disent dans leur ar- 
got. j> (Cavaillé.) — Allusion de 
forme. 

PASTIQUER : Passer. - 
Changement de finale. V. Aba- 
dis. 

PASTIQUER LA MALTOU- 
SE : Passer de la contrebande. 

PATAFIOLER : Écraser. — 
« Aux gardes du commerce 1... 
Que le bon Dieu les patafiole !...i 
(Gavarni.) — Mot provençal. 

PATAPOUF : Gros homme 
toujours essoufflé. — Onoma- 
topée. — c Chaque fois que j'al- 
lais chez ce gros patapouf de 
M. Frontboisé...» (L. Bienvenu.) 

PATARD : Monnaie de billon. 

— En 1808, on donnait ce nom 
à un gros sou double. (V. Dhau- 
tel.) Le patar était une mon- 
naie flamande qui valait un sou 
au XV» siècle. V. Du Cange, 

PATE (la) : Lime. (Grandval.) 

— Sans doute pour patte. La 
lime griffe le fer comme la patte 
grifife la peau. 

PÂTÉE : Correction. — t 11 
avait voulu manger un grand 
gaillard. Aussi a-t-il reçu une 
pâtée. » (Delagny, les Souteneurs, 
1861.) 

PATENTE : Papier de sûreté. 
(Rabasse.) 

PATENTE : « C'était une de 
ces casquettes molles rabattant 
tvt le nez qui font aux soute- 
neurs de barrières une coiffure 



si caractéristique. Comme elle 
n'est portée que par eux, elle est 
en quelque sorte la patente de 
leur ignoble métier, t (P. Par- 
fait, 72.) 

PATIRAS. PATITO : Souffre- 
douleur^ homme qui pfttit. — Le 
second mot est italien. Le pre- 
mier semble le futur du verbe 
patir, — c Moi qui tout à Theure 
étais le pâtiras de tout le mon- 
de. j> (E. Sue.) — c Le professeur 
se traîne dans les fers de la si- 
gnora, grevé des servitudes d'un 
patito. » (Heine.) 

PATISSIER (sale) : Homme 
malpropre, tripoteur d'affaires 
véreuses. V. Boulette, 

PATOCHE : Main. Péjoratif 
de patte. — c Retire tes pato- 
ches, colle-moi ça dans un ti- 
roir. > (Zola.) 

PATRAQUE : Patrouille. (Vi- 
docq.) — Changement de finale 
qui a pu être un jeu de mots. 
Les anciennes patrouilles mar- 
chaient aussi mal qu'une pa- 
traque. V. Moucharde. — Se dit 
par extension d'une administra- 
tion mal organisée. 

PATRON-MINETTE : Asso- 
ciation de bandits. 

PATRONET : Apprenti pâtis- 
sier. — c Le matin il faut que le 
petit patronet soit debout pour 
aller à la halle avec son maître.» 
(Vinçard.) 

PATROUILLE (en) : En train 
de se griser, s'arrétant de mar- 
chand de vins en marchand de 
vins, comme la patrouille s'ar- 
rête de poste en poste. — a Qua- 
tre jours en patrouille, pour dire 



PAV 



— 270 — 



PAY 



du folies bachiques. » {CabareU 
£e Paris, 21.) 

• PATROUILLER : Faire pa-j 
trouille. — « En ma qualité de 
caporal postiche de voltigeurs, 
j*al passé la nuit à patrouiller. » 
<Festeau.) 

PATROUILLER : Manier, pa- 
tiner. Mot à nnot : rouler dans 
ses. pattes. — « Mais c'est vrai, 
tiens! ça tous patrouille c'te 
marchandise, et puis ça part, i 
<Vadé, 1788.) 

PATTE : Habileté de main.— 
« Mal dessiné, mais beaucoup de 
■chic. — Oui, il a de la patte. » 
(L. de Neuville.) 

PATTE : Pied, main. — Se 
trouve déjà dans le Testament 
de Villon. — « On en voit qui se 
faufilent dans des omnibus. Le 
reste s*en retourne à pattes, hon- 
teusement. » (Alb. Second.) 

PATTE (coup de) : Propos 
méchant. 

PATTES DE MOUCHE : Écri- 
ture très-fine. — a Et l'écriture, 
il écrit avec des petites pattes de 
mouché bien agréables. » (Fes- 
teau.) 

PATURON ; Pied, pas. (Hal- 
bert.) — Animalisme. V. Flacul, 
JUbâtir, 

PAUMER : Perdre. — « Je ne 

roupille que poitou ; je paumerai 

'la sorbonne si ton palpitant ne 

fade pas les sentiments du 

mien. » (Vidocq.) V. Marron. 

PAVÉ : Éloge maladroit. — 
Allusion au pavé de la fable. — 
<L C'était un journal pavé de 
t»onnes intentions ; mais on y 
rencontrait plus de pavés encore 



que de bonnes intentions. » (A^ 
Second.) 

PAVÉ (c'est tout) : Ironique- 
ment pour dire : C'est très-loin 
d'ici, mais la route est bonne ! 

PAVÉ DE BONNES INTEN- 
TIONS : Se dit ironiquement 
d'une maladresse commise avec 
de bonnes intentions. — « On a 
aussi chanté un hymne A ceux 
qui sont morts pour la France, 
pavé de patriotisme et de bonnes 
intentions. » (Moniteur, juillet 
72.) 

PAVILLON : Personne à tête 
folle, dont les idées flottent à 
tous les vents comme l'étofie 
d'un pavillon. 

PAVILLONNER : Faire des 
folies, déraisonner. — « On ren- 
quilleradans la taule à mesigue 
pour refaiter go\irdement, et che- 
nument pavilionner, et pictcr du 
pavois sans lance. » (Vidocq.) 

PAVOIS : Fou. (Halberi.) — 
Mot à mot : pavoisé. Allusion au 
navire qui se pavoise en multi- 
pliant ses pavillons. Or Pavillon 
veut dire en argot un peu fou. 

PAVOIS : Gris. (Rabassc.) — 
a Être pavois^ c'est être dans la 
vigne du Seigneur, dans toute la 
joie de Bacchus. 9 (Ch. Coligny.) 

PAVOISKR (se) : Faire toi- 
lette. — Terme de marine. V. 
Astiquer. 

PAYER (tu vas me le) : Se dit, 
en plaisantant, à quelqu'un qui 
vient de faire ou dire quelque 
chose d'exceptionnel. On ajoute 
souvent Aglaé, sans doute par 
allusion à quelque chanson po- 
pulaire. — « Tu vas me le payer, 



PEA 



— 271 — 



PÈG 



Agiaé, est un mot qui touche à 
certains côtés intimes de la TÎe 
parisienne, t (Mané, 63.) 

PAYER (se) : Se passer la fan- 
taisie de. — c Cette liaison est la 
seule toquade sérieuse qu'il se 
soit payée. »( Vie parisienne, 66.) 

PAYER : Rosser d'impor- 
tance. — (Almariach des Débi- 
teurs, b\,) 

PAYOL : « Forçat employé 
aux vivres ou à la comptabilité.» 
(M. Christophe.) 

PÉ(ily adu): V.Pef. 

PEAU : Laide ou vieille pros- 
tituée. — En provençal, s'appelle 
aussi peou : peau. On dit sou- 
vent aussi peau de chien. — a Est- 
ce que je la connais, moi, cette 
peau. » (Zola.) 

PEAU (être dans la) : Être à la 
place. ^ a Je ne voudrais pas 
être dans la peau du suborneur.» 
(Gavarni.) 

PEAU (être en) : Être en robe 
décolletée, mot à mot montrer sa 
peau. — « L'autre soir elle se 
préparait à se rendre à un dîner 
décolletée, tout en peau, comme 
on dit aujourd'hui. » (Figaro, 
75.) 

PEAU DE BALLE (faire) : N'a- 
voir rien découvert. (Rabasse.) 

PEAU COURTE (avoir la) : 
Péter. (Delvau.) — Comparai- 
son, du ventre distendu par des 
vents à une peau trop courte 
éclatant avec bruit. 

PEAU FINE : Jeune homme 
coquet, efféminé. 

PEAU DE LAPIN : c Les mé^ 



mes industriels font le soir la 
peaa de lapin. On appelle ainsi, 
en argot, le commerce des con- 
tre-marquea de théâtre. » (A. 
d'Aunay.) 

PEAUSSER (se) : Se déguiser. 
Mot à mot : se cacher dans la 
peau de. — « Je vais me peausser 
en gendarme. » (Balzac.) 

PÉCUNE : Argent. - Vieux 
mot. 

PÉDÉ, PÉDÉRO : - Abrévia- 
tion âc pédéraste. V. Être (en). 

PÉDE90U1LLE : Paysan. (Ra- 
basse.) Mot. à mot : pied crotté, 
pied souillé. — c II s'emballa au 
point de traiter Coupeau de ped- 
zouille. » (Zola.) 

PÉGOCE : Pou. (Halbert.) — 
Vient du vieux mot pegous qui 
signifiait tenace. 

PÉGOSSIER : Pouilleux. — 
« Et le Grand -Saint- Nicolas f 
Testaminet des pégossiers. » (Pri* 
vat d'Anglemont.) 

PÈGRE : Caste de voleurs. 
Elle se divise en haute et basse 
pègre. — « La haute pègre est 
Tassociation des voleurs les plus 
anciens et les plus exercés ; ils 
ne commettent que de gros vols 
et méprisent les voleurs ordi- 
naires qui sont appelés dérisoi- 
rement pégriots, chiffonniers, 
pègres à marteau ou blavinistes, 
par un pègre de la haute. » (Vi- 
docq.) — c Des Paganini de ruis- 
seau, des domestiques qui ne 
cherchent pas de place, des sol- 
dats en bordée y des grinches de 
la petite pègre, » (Pirivat d'An- 
glemont.) 

PÈGRE : Voleur. — t Un jour 



PEI — 3 

k la Crois-Rouge, ooui étion» 
dix a douze, tous pègret de re- 
-nom. > (Vidocq.) V. Eigow^ie, 

PÉÛRENNE ; Faim, mMre. 

PÉGRENNER î Faire maigre 
chère. V. Bâchasse. 

péCRlOT : Voleur maladroit 
OU maltieureus. — ■ Quiconque 
ue ae lait pas un nom dans la 
caste criminelle qu'il s'eic choisie 
eit un pégriot de la batae pigre.* 
(A. Monnier.) 

PÉGRIOT ; a Apprenti voleur 
se faisant la main aux étatages.a 
(Canler.) V. Boucarnier, Pègre. 

PÉGRIOT (brûler le) : EiEicer 
la trace d'un vol. (Halberl.) 

PEIGNE ! Clef. (Vidocq.) - 
Le mot doit Stre imagi et ancien, 
car les clefs du moyen âge affec' 
lent souvent la forme d'un pei- 
gne. 

PEIGNÉE : Lutte dans la- 
quelle on s'empoigne aux che- 
veux, et, par eii«nsion, combat. 
■- t Là-dessus , elles commen- 
cent à se repasser une peignée 
des mieux adminlsirfes, se k' 
tant comme deux enragées. 
(Vidal, a.) 

PEINTRE : Balayeur. — / 
lusion au balai ou pinceau dont 
il est armf. V. Pinceau. 

PEINTURE (ne pouvoir voir 
en) : Délester quelqu'un au point 
de ne pouvoir soufirir son image- 

PEINTURLURER : Peindre 

' PÉKIN : I On nomme Pékin 
tout ce qui n'est pas militaire, 
comme nous appelons militairi 






— PEL 

yrand.) — Ce doit £ua uns 
rme du mot péchia qui ugnlfie 
icore^jt dans le Midi. Pour 
s gens de guerre d'autrefois, 
s bourgeois étaient de oaiiiea 

Dans la bouche du militaire, 
tuis pikin veut dire ausri je 
lis dégagé de toute obligatîan. 
Un élive sortant de Saint-Cyr ae 
dit pikitt de bahut. — c Le Saint- 
Cyrien abandonne avec joie cette 
&ole... il eit pi\ùa de bahut. > 
(Lubet.) 

PÉLAGO : Prison de Sainte- 
Pélagie. (Colombey.) — Chan- 
gement de finale. 

PÈLERIN : 5c dit de tout 
homme déterminé k une entre- 
prise. — n J'embusque mes p±- 
Eorabons sur la 
cavalerie.! (Général Christophe, 
Lettres, la.) 

PELLARD ! Foin. (Vidocq.) 
— Diminutif du vieux moxpel : 
poil. L'herbe est le poil de la 
Nous disons encore pt- 

PELLE : Chemin. (Idem.) 

PELLE AU CUL (recevoir la): 
Être mis violemment i la porte. 
Retrais- toy... ai ns qu'on te 
frappe au cul la pelle. > (Villon, 
1456.) 

PELLO (n'avoir pas un) i N'a- 
voir pas un sou. (Rabasw.) 

PELOTAGE : Flatterie. 

PELOTAGE : Caresse. — «Pas 
de pelolagel Guillotinei-moi, 
mais ne me Sétrisseï pas. ■> ILt 
dernier jour d'un eandamné.) 

PELOTAGE(avoirdu): Avoir 



(t pas civil. I (Tal- 1 des appas rebondit. 



PEL 



— 273 — i 



PER 



PELOf E : bourse. (Grand- 
val.) — Il s'agit sans doute ici 
de la bourse pleine. 

PELOTER : Caresser. — c La 
fière crevette outrée... défiait La- 
tygne de la peloter ainsi. > (Mi- 
chu.) ^ 

Vive la pomme et les pommiers! 

Lear aspect seal noas ravigote. 

L'on doit baiser tes deux premiers, 

Avec les seconds Ton pelote. 
(Mémoires de Bacliaumont, 19 fé- 
vrier 1779. Les PommeSj versa 
M"* la Comtesse de P.) 

PELOTER : Flatter avec in- 
tention. Acceptation finale du 
mot précédent. — a II ne blaguait 
plus le sergent de ville en l'ap- 
pelant Badingue... Il paraissait 
surtout estimer Virginie... C'é- 
tait visible, il les pelotait, d (Zola.) 

PELOTER ; Battre. Mot à 
mot : rouler comme une pelote. 

— a Partout, Ton se colleté et on 
se pelote. 1 (Mahalin, 67.) — 
« Aussi, comme on les pelotait i 
On inventait des bottes exprès 
pour eux. 1 (De Villemessant.) 

PELOTEUR : Flatteur. — « Se 
montrer rampant, peloteur et 
béta. » (Wado.) 

PELOUET, PELOUETTE : 
Loup, louve. (Halbert.) — Dimi- 
nutif avec transposition du p 
final. 

PELURE : Vêtement de drap. 

— Vieux mot. Pelisse, son 
synonyme, est resté dans la lan- 
gue. — c Garde une de tes belles 
pelures. » (Balzac.) V. Épates, 
Frusques, Nettoyer, Renversant, 

PENDANTE : Boucle d'oreille. 
(Vidocq.)— Elle pend à l'oreille. 

PENDANTE : Chaîne de mon- 



tre. (Grandval.) — Elle pend au 
gilet 

PENDU GLACÉ : Réverbère. 
(Vidocq.) — Allusion à la sus- 
pension et au vitrage de l'ancien 
réverbère. V. Glacière, 

PENNE : Clef. (Vidocq.) — 
Forme de peigne, V. ce mot. 

PENSUM : Sergent de ville.- 
Mot à mot : pince-hommes. — 
Ce calembour sort évidemment 
du collège. 

PENTE : Poire. (Halbert.) 

PENTE (avoir une) : Etre ivre 
à trébucher sur un terrain plat 
comme sur une pente. 

PÉPÉE : Poupée. — Redou- 
blement de la seconde syllabe. — 
« Ah l ma jolie pépée, une mor- 
veuse qu'on aurait dû encore 
moucher. » (Zola.) 

PEPETTE : Pièce de 5o cen- 
times. Corruption de piécette. V. 
Pastille. 

PÉPIN J Vieux parapluie. — 
Allusion au parapluie que por- 
tait toujours Pépin, l'un des ac- 
cusés du procès Fieschi. — « Ne 
pas avoir le plus piètre rifflard, 
la plus hideuse mauve, le plus 
méchant pépin à lui donner 1 » 
(Phys. du parapluie, 41.) 

PÉQUIN : Bourgeois. V. Pé- 
kin. 

PERCHE (tendre la) : Tirer 
quelqu'un d'embarras, comme 
si on tendait une perche à un 
homme en danger de se noyer. 
— € Le souffleur aide l'acteur 
tremblant, il tend la perche aux 
faibles, t (J. Dufiot.) V. Lâcher. 

[ PERCHER : Loger. — Allu- 



PER - 274 - 

sion à la multiplicité et à la hau- 
teur des étages parisiens. - a Où 
perches-tu, petit? fit le réaliste 
au novice. » (Michu.> 

PÈRE FRAPPART : Marteau. 
— Calembour. 



PES 



PERFORMANCES : « L'en- 
semble des résultats heureux ou 
malheureux obtenus sur le turf 
par un cheval, i (E. Parent.) — 
Anglicanisme. 

PERFORMER : a Un bon ou 
mauvais performer est tout sim- 
plement un cheval dont les per- 
formances sont bonnes ou mau- 
vaises, j» (Id.) 

PERPETTE (à) : Condamné à 
perpétuité. V. Longe, 

PERPIGNAN (un) : Manche 
de fouet. — « De Perpignan 
vient le manche de fouet flexible 
qu'on appelle un perpignan. » 
(Le Héricher, 64.) 

PERROQUET (étouffer, étran- 
gler, plumer, asphyxier un) : 
Boire un verre d*absinthe. — 
Allusion à la couleur verte du 
liquide qui teinte le verre dont 
la main du buveur étrangle le 
cou. Le perroquet est ordinaire- 
ment de cette couleur. — t Étouf- 
fer un perroquet : cette locution 
signifie, dans le langage des ate- 
liers, prendre un verre d'absin- 
the. »(Marc-Bayeux.) — t Quel- 
ques vieux .absinthiers préfèrent 
courir le risque de plumer un 
perroquet de plus, d (Vie pari- 
sienne, 65.) V. Éti-angler, 

PERRUQUE : Suranné, com- 
me les grandes perruques du 
\ieux temps. — a C'est Grétry 
reiisuscité et avec moins de peti- 
tesse dans la manière. Sa musi- 



que est aussi un peu perruque^ 
qu'on me passe ce terme de cou- 
lisse, qui est si pittoresque. 1 
(Beyle, Rome en 181 7; Paris, 27.) 
— « C'est plus que faux Coupet^ 
c^Q&t empire, c*tst perruque, c'est 
rococo, c'est Pompadour, » (Th. 
Gautier, 33.) 

PERSIGNER : Enfoncer. (Ra^ 
basse). C'est percer avec allon- 
gement de finale. 

PERSIL, PERSIL EN FLEUR : 
Commerce de prostitution. (Hal- 
' bert.) 

PERSIL (mesdames du) : Nom 
, ironique donné à l'aristocratie 
galante qui se fait voiturer cha- 
que jour au bois, sur le bord 
du lac. 



PERSILLER, CUEILLIR DU 
PERSIL, FAIRE SON PERSIL, 
ALLER AU PERSIL : Raccro- 
cher le passant. (Halbert.) — 
« Elles explorent les boulevards, 
persillent dans les squares nou- 
veaux, dans l'espoir d'y rencon- 
trer des miches sérieux. » (Ly- 
nol.) 

PERSILLEUSE. V. Être (en). 

PERSILLÉ : Émaillé, garni. 
V. Zing. 

PERTE DE VUE (à) : A per- 
pétuité. (Rabasse.) 

PESCILLER : Prendre. V. Ser- 
vir, Criblage. 

PÈSE (avoir du) : Avoir de 
l'argent. (Rabasse.) Forme de 
pè:(e, 

PESSIGNER : Recevoir. (Ra- 
basse.) — a Je te raccorde par une 
lazagne du truc dont les artou- 
pans nous ont pessignés. » (Ra- 
basse.) 



PÉT 

FET (il y a du) : U y a du 
danger, la police est proche. 
{Dictionnaire ^a^got, 44.) — 
Faire le pet : Faire mauyaîse 
mine. (Grandval, 1727.) — Les 
vocabulaires que nous venons de 
citer donnent P et non Pef. Cette 
dernière leçon a l'avantage d'être 
plus conforme à la prononcia-< 
tion et d'offrir un sens. Il y a 
du pet serait un synonyme de : 
Ça sent mauvais, qui a le même 
sens. Péter veut dire d'&utre part 
se plaindre en justice. — Il est 
enfin à remarquer que les éco- 
liers emploient une exclamation 
analogue ( Vesse) pour annoncer 
l'apparition d'un surveillant. 

PETARD, PÉTEUX : Der- 
rière. — On entend de reste Téty- 
mologie de ce bruyant syno- 
nyme. — « Sur son péteux, v'ià 
que je Fétale. » {Le Casse-Gueule, 
41.) — c Elle agirait prudem- 
ment en mettant sa fessée sous 
verre... Et ce ne serait pas long, 
elle pouvait apprêter son pé- 
tard. » (Zola.) 

PÉTARD : Haricot. (Vidocq.) 
— Effet pris pour la cause. 

PÉTARD : Soufflet.— Allu- 
sion à son bruit. — « Si tu n* te 
tais, je t'allonge ur pétard sur 
ton vilain masque. 9 {Dialoguei 
poissards t xviii* siècle.) 

PÉTARD (faire du) : Faire un 
éclat. 



Que f sois béte .., yen pleure ,, 
Mais d'Tant lai f frai dv tralo, 

Ohl oui, f fraJ da pétMfâ 

En te r* voyant, Oscar, 

{/Les RigoloSfZlmân. dHOCant p. tJ^ôg .) 

PÉTER : Se plaindre en jus- 
tice. (Vidocq,) 



— 175 — PET 

PÉTEUR e Dénonchiieur. L* 
mol mtisiciem pris dans le dou- 
ble sens de karicoi et de démm^ 
dateur^ offire la même allusion è 
double entente. V. Protêtt^ 

PÉTESEC : Personne tcarlA- 
tre, officier raide dans le service. 
— • H rappelle tête de pioche,, 
boite k ragqts, M«« Péteiec. » 
(Zola.) 

PÉTEUX. V. Pétard. 

PETIT (faire le) î Uriner. — 
Par opposition h fàirg U gros 
qui veut dire... le reste. 

PETIT BONHOMME DE 
CHEMIN (aller son) r Suivre 
tranc^uillement et modeitement 
sa voie; V. Nom d'un.»» 

PETIT CAPORAL 1 Napo- 
léon P^ — Allusion AU grade 
imaginaire que lui décerna l'en» 
thousiasme de ses tolditl^ tu 
lendemain d*une victoire. — c Le 
souhait de S. M. Pruiilenne et 
les appréciations du petit capo* 
rai. » (M. Saint-Hilaire.) • 

PETIT HOMME NOIR t Broc 
de vin. — Allusion de forme et 
de couleur noirâtre. — « Bour- 
geois» ajout» Boizamort, pesse- 
nous un petit homme noir. » 
(Ladimir, 41.) 

PETIT MANTEAU BLEO 1 
Homme bienfiiiMnt. — C# §yno* 
nymecttle plus belle récompe am 
qu'ait décernée le petipl# â un 
phitenthr ope bien connu* — « On 
perlerait de toi comme d'un pe« 
tit manteau bleu* 9 (BêIzêC*) 

PETIT MONDE; UnUltè. (VU 
âàeq,) 

peXIT TONDU i Hâpaêéon W« 



Ufut 

premier comul eut coupé 
loogs cheveux du conquérant de 
l'É^pM- 

PETITE BÊTE (chercher la) : 
« Va artiite qui, se défiant de 
rinielligence du public, souligne 
chaque mot qu'il réelle, cherche 
lapelite bite. ■ (J- Duflot.) — En 
art et en litléraiure, chercher la 
petite bête, e'esl se donner beau- 
coup de mal dam un but qui 
n'en vaut pas la peine. 

PETITE DAME : Femme ga- 
lante. — I 11 y a trente ans, on 
ne disait pas encore une loretle, 
ni une biche, ni une petite dame, 
ni une cocotte, s {Dumas fils, 
i8So.)—«Dea petites damei dont 
nous rencontrions grande quai 
ùxé dans de petites voiiufcs. 
(Mérimée, 67.) 

PETITE ÉGLISE ; Coierie. ■ 
■ Il but que ce prince revienne 
par la petite église k laquelle ils 
■ppartiennenL 1 (Saint-Genesi, 

PETOUSE ; Pistolet. V. Pi- 
troux, 

PÉTROLE : Verre de cognac 
— Il incendie l'estomac. V. Co- 
gne. 

PbTROLER : Incendier au 
pétrole. — « Et pourquoi ne pil- 
lecail-OD pas i Pourquoi ne pé- 
trolerait-on pas! Ils sont quatre 
aujourd'hui ; dans six mois ik 
seront vingt, a (Parit-Joitrnal , 
■sptembre 7a.) 

PtTROLEUR, PÉTROLEU- 
SE : Homme ou femme ayant 
incendié Paris sous la Commune, 
OU sympathisant avec lu incen 



1 - PHA 

liairet. — ■ Cette fols, moniiear 
ivaii pris les devants et dénoncé 

(l.ïlioux.) — ■ Le jury de pein- 
[ure refuse li-bas les tableaux de 
G.... comme pélroleur. s (Mor- 
leiUe Titttantarre.) 

PÉTROUSQUIN : Badaud. V. 
Bouline. — C'est un synonyme 
lIc Pierrot qui est pria dans le 
même sens, car Pélrousquln est 
un 11cm d'homme, diminutif de 
Peina (Pierre). 

PETUN ! Tabac (Vidocq.) 
C'est un vieux mot. 

PETUNIÈRE 1 Tabalitre. (Id.) 

PEU (un) ! Se dit ironique- 
ment pour certainement, beau- 
coup. On dit aussi un peu, mon 
neveul V. Ça, Chouette. 

PÈZE : Argent. (Vidocq.) — 
De paroi, monnaie espagnole. 

l'IlAlJVMINEUX : Étonnant. 
Moi à mol : éblouissant comme 
un phare. — a Comment, vous 

d'où EOrtez-vousi i (L.-G. Jac- 
ques.) — < Partez, nobles pon- 
leurs, et cherchex la main pba> 
ramineuse. t (Alygc.) 

PtlAROS : Gouverneur. (Hal- 
beri.l C'est le mot grec dau 
toute sa pureté, en apparence 
du molni. Car tant qu'on ne 
m'aura pas éubli sa transmis- 
sion par des exemples, je n'y 
verrul qu'une forme de faraud : 
qui a de beaux habits et qui en 

PHILIBERT : Filou. (Colom- 

bey.) — Changement de finale. 

PHILIPPE t ECU i l'efBgie da 



PHI 



— 377 — 



PIC 



Louis-Philippe. — c On dit que 
tu as poissé net philîppes. i 
(Balzac.) 

PHILIPPIENNE c La mode des 
vielliebchen s'infiltre au sein de 
la bonne société. Â ceux qui 
ignorent les douceurs de ce^ba- 
dinage germanique, nous dirons 
que pour faire un vielliebchen, 
et non philippienne, comme on 
le dit à tort, il faut deux per- 
sonnes et une amande double. 
Celui ou celle qui a le bonheur 
de briser la coque de Tamande 
partage avec son voisin. A dater 
de ce moment, les voilà liés par 
un contrat qui force à un cadeau 
celui qui n'a pas eu la présence 
d'esprit de dire le premier, dés 
le lendemain : c Bonjour, viel^ 
liebchen / i — Ce qui veut dire : 
bonjour, très-cher. > Monde 
illustré, 65.) 

PHILISTIN : «A propos, qu'est- 
ce qu'un Philistin? Autrefois, 
en Grèce, il s'appelait béotien ; 
on le nomme cokney en Angle- 
terre; épicier ou Prudhomme à 
Paris, et les étudiants d'Alle- 
magne lui ont conféré l'appella- 
tion de P/ti7t5^m. » (De Neuville.) 

PHILOSOPHE : Savate, vieux 
soulier revenu des vanités de ce 
monde. V. Arpion, 

PHILOSOPHE : Grec. Il faut 
voir ici soit Jilou avec change- 
ment de finale comme dans 
Philibert, soit une allusion à la 
Grèce, patrie de la philosophie. 
V. Travailleur» 

PHILOSOPHE t Chifionnier 
(Rabasse.) — Comparaison de 
la lanterne du chiffonnier à celle 
de Diogène, 



PHOTO : Photographe, pho- 
tographie. » Abréviation. — cJo 
fais comme le photo du coin, 
j'opère tout seul. ^- {Notes d'un 
agent, 69.)— Si on dit unephoto, 
cela veut dire une photographie, 

PI (parler en) : Ajouter pi à 
chaque syllabe du mot prononcé. 
« Ainsi, c pour dire attaquons^ 
ils diront atpitapiquonspi. » (Ra« 
basse.) 

PIAF: Vanité, orgueil. (Vi- 
docq.) — Du vieux mot piafart: 
fastueux. Mot expressif. Le va- 
niteux piaffe comme un cheval 
de luxe. — C'est un vieux mot 
de patois picard, comme le mon- 
tre ce passage d*une chanson 
du cru. — c J'avais pour foère 
(faire) elpiafe eine belle culotte.» 
(Chanson picarde citée par l'abbé 
Corblet, 5i.) 

PIANOTER , PIANOCHER : 
Jouer médiocrement du piano. 
— c On ne devait pas pianoter 
pendant la nuit. > (Balzac.) V. 
Hallebarde. 

PIASTRE : c De grosses pièces 
blanches, des piastres (pièces de 
cinq francs) sont engagées . » 
(Cavaillé.) 

PIAULE : Maison, chambre, 
taverne. V. Artie. 

PI AUSSER : Se coucher. (Hal- 
bert.) V. Pieu. 

PIAUX : c Ils vont raconter 
des piaux aux autres caleurs. 
Piaux est un terme trivial, bien 
connu «dans l'imprimerie; il si- 
gnifie blagues, mensonges. » 
(Moisand, 41.) 

PIC (Tomber k) : Tomber juste 
à point, 

16 



PIC — 278 — 

PICAILLONS: Écua. — c J' leur 
donnerons des picaillons. Vive 
la paix ! Vive la natioa ! i (Tour- 
neur fils, 1800.) 



PIÊ 



PICCOLET : Petit vin de pays. 
— Diminutif de picfon, avec 
même changement de finale que 
ses synonymes Molet et giit" 
glet. 

En joyeux fils de Grégoire, 
J'aime le piccolet* 

(Aug. Hardy.) 

PICCOLO : Augmentatif de 
piccolet. Bien que plus moderne, 
il a déjà droit de cité dans cer- 
tains restaurants, y compris le 
buffet du Moniteur, où il figure 
sur la carte des vins, à 90 c. le 
litre (1876). 

PIC HE: Pique, couleur de 
cartes. Changement de finale. — 
a Vous entendrez dire, en jetant 
du pique sur la table : — Je joue 
piche. 1 (Alhoy.) 

PICHENET. : C'est encore une 
variante de piccolet, — c Le pi- 
cbénet et le vitriol Tengraissaient 
positivement, i (Zolaj 77.) 

PICKPOCKET : Voleur à la 
tire angiais. Mot à mot : pique- 
poche, et par extension, voleur 
quelconque. — a II n'en est pas 
moins vrai que ces pickpocket 
du désert sortaient de chez lui. i 
{Commenta de Loriot,) 

PICKPOCKETER : Voler. — 
r Un Anglais ! malheureuse , 
nous sommes pickpocketés . 1 
(Aimanach du Hanneton, 67.) 

PICORAGE : Vol commis sur 
la grande route. (Vîdocq.) C'est 
le passant qui est picoré. 



PICOUSE : Haie d'épines. — 
Elle pique. V. Défleurir. 

PICPOU, PICPRUNE : Tail- 
leur. V. Piquepou, Picqueprune, 

PICTER : Boire. — De Picton 
V. Paviltonner. 

PICTON, PIQUETON : Vin 
supérieur. — Augmentatif de pi- 
quette, — a SI l'ancien picton 
n'est que de la piquette, espé- 
rons cV année en fair' de meil-i 
leur. » (Layalc.) V. Biture. 

PICTONNER : Boire, s'eni- 
vrer. (Rabasse.) 

PIÈCE A FEMMES: Pièce dont 
la réussite est basée sur l'exhibi- 
tion de jolies femmes. — « Avez- 
vous vu cette reprise d'Orp/i^e?... 
Voilà une pièce à femmes. » (Ville- 
mot.) 

PIÈCE A P0UD41E : Pièce 
dramatique, dont le sujet re- 
monte aux règnes de Louis XV 
ou Louis Xyi, et comporte des 
personnages à coiffure poudrée. 

PIÈCE A TIROIRS : « Pièce 
où l'acteur joue huit rôles difie- 
rents », dit, en 1825, la C/iro- 
nique indiscrète, mais on peut 
se contenter à moins. 

PIÈCE A TRUCS : Pièce où 
les changements à vue sont nom- 
breux. Les féeries sont les pièces 
à trucs par excellence. 

PIÈCE DE BŒUF : c Grand 
article sur les choses du moment. 
On rappelle aussi la pièce de r^- 
sistance. Un excellent journal 
qui ne servirait pas tous les jours 
à ses abonnés la pièce de bœut 
ne serait pas sûr de réussir. » 
{Biog, des Journalistes, 26.} — 
On dit aujourd'hui tartine* 



PIÈCE DE RESISTANCE . 
Gros morceau de viiode sur 
lequïl un mattre de maison 
compte pour satiafaire l'appétit 

PIÈCE FORCÉE (TOI a la) : 

«Il s'exicuteairecdeuxcompires. 
Le premitr donne en paycmenl 
une pièce reconnaissable h un 
signe quelconque. Le second 
arrive ensuite, achète, ne pajc 
pas, prétend avoir payé. Diaé- 
gation du marchand confondu 
en retrouvant dans sa ciisae la 
pièce signalée. » (Rabasse.) 

PIED (Donner un coup de) : 
Marcher vivement. (Dhautel.) — 
Je vais donner un coup de pied 
jusquedans les salons. i(About.) 

Ne pas se donner de coup! 

mED (Mise à) : Mise en nr 
acilviti, — Une mise à p 
enseigna à notre inspecteur i 
faire plus exactement son ser- 
vice.»(Canler.) 

PIED A DORMIR DEBOUT : 
Pied fort large. Mot à mot : 
assez large pour empfcher de 
tomber ai on dort debout. On 
disait jadis souliers au lieu de 
pieds. — « Souliers à dormir de- 
bout sont souliers larges, n (Ou- 
din, 1640.) — s C'est pas votre 
général qui a des^iieds a dormir 
debout?» (Gavarni.) 

PIED BLEU : Conscrit, Allu- 
sion aux guêtres de toile bleue 
du paysan. — n Le pied bleu ne 
prîte pas longtamps i rire par 
sa gaucherie. » (U BédoJlière.) 

PIED DE COCHON : Pistolet. 
— Allusion de forme. 

Jouer un pied de cochon : 



Tnnnper, décamper. — c Voua 
avez dont: voulu noua jouer un 
pied de cochon. » (Canler.) 



PIESIREOSE : « Ce sobriquet 
a éti donné aux femmes, parce 
qu'elles font ordinairement leur 
honteux commerce dans les 
lieux où l'on bUtit. > (Dhautel, 
o3.)— n La pierreuse est une 
proslitufe qui, dans sa sphère - 
de turpitudes, est tombée au plus 
bas degré de rabjetlion... elle 
cherche loniours les ténibres... 
derrière des monceaux de démo- 
li des tas de pierres. 1 (Bé- 
rauJ.) Cet avant-dernier mot 
donne Tétymologie. 

PIERROT : Collerette * grands 
lis comme celle de Pierrot. — - 
Madame Pochard a vu aplatir 
ir son corsage les mille plis 
un pierrot taillé dans la der- 
ier goût. > (Ricard, iq.) 
PIERROT : Naïf, niais, 
imme Pierrot de la comédie. — 
Le valet de cantine se fait 
ncer 1' bec par les pierrots, n 
(Wado.) 

PIERROT : Verre de vin 
blanc. —Allusion de couleur. — 
J'étais-t-allé i la barrière des 
Deux-Moulins, histoire d'asphy- 
le pierrot. ■ (La Correc- 
tionnelle, 44.} 

PIEU ; Lit. — Corruption du 
ïieux mot d'argot pian : lit. Il 
noua en est resté piausier ; se 
:oucher. — n On peut enquiller 
par la venterne de la cambriolle 
de la larbine qui n'y pionce 
quelpoique, elle roupille dans le 
pieu du raie, s (Vîdocq.) 



PÏG - a 

PIEUVRE : Femme saUnie 
épuiunt le corps ou la course 
d'unamsat,— Allusion il la pieu- 
vre, qui joue aa râle si absor- 
bant dans let Tranailleuri de ta 
mer, de Vicior Hugo. — « Un 
monsieur se prjsenti chez la 
pieuvre, maîtresse du logU. ■ 
(Événement, ii avril 66.)— «La 
femme entrelenue, récemment 
nommée pieuvre, s (Boue de 
Villiers, 66.) 



Voili qu'un pisiuni gamin 
Me dit, en riant aux éclats : 
C«adct-là, quel pifqu-ilat 
. (Guiaaud, 39.) 



PIFTARD : qui ai 



PIGE: Ann£e. (Vidocq.) Heure. 
(Rabasse.) Dans les deux cas, 
c'est une mesure de temps. V. 
Piger. 

PIGE: Prison.— Abréviation 
de piget. V. Oncle. 

PIGEON : Dupe. — Comme 
l'oiseau de ce nom, elle est des- 
linéeàétre plumée. ~- On trouve 
souvent ce mot au xnif siècle. 
V. Jaunet, — f Bien que le 
pigeon (joueur honnfie) so' 
à notre avis pcudigne d'intérêt. 
(Ca vaille.) 

PIGEONNER : Duper. Mot i 
mot : plumer comme un pigeon. 
— < Un de ceux qui se laissent 
figeonner. » [Dialogues de Ta- 
kureau, i586.) 

PIGER : Mesurer. — Les 



;o — PIL 

vrien nomment jijfe un morcua 
Je bois donnant la longueur in- 
diquée par le plan. — Au moyen 
Ige, on appelait pigourt les fa- 
bricanti de n ~~ " 



PIGER : ConsidéittT. Mot i 
not : meiurer de l'mil. — a Pige- 
noi fa, regarde-moi un peu ce 
;hiquel 1 (U Bédalliire.) ~ 
[ Avise ta nymphe, j'ai pigé U 
niennequi est un peu chicai^e. » 
(Udimir.) 

PIGER : Arrêter. — « Voua 
tenez donc absolument à me 
faire piger. On ne jouera plus 
chez moi. C'est 6ni I ■ (Cavaillé.) 

PIGER : Prendre. — « N' vous 
gênez pas, pigei tout ce que 
j'ai, prenezl {a me Fera plaisir.» 
(H. Mon nier.) 

PIGET : Château. (Vidocq.) 

PIGNARD : Postérieur. — Du 
vieux mot pigni. 

PIGNOCHER (Se) : Se battre. 
Dérivé du verbe se peigner, V. 
ce mot. -~ a Dupanloup et l'Uni- 
versité se pignochent t qui 
mieux mieux, s (Mahalin.) 

PIGNOUF : Chfiï les cordon- 
niers, le maître s'appelle ;>oittî/ï, 
l'ouvrier gniaf, et l'apprenti pi' 
gnoiff. 

PIGNOUF : Voyov, homme 
grossier, malélevf. C'est le mot 
précédent pris au figuré . — 
Il C'est des pignoutt, paascz-mol 
l'expression. » (Almanach du 
Hanneton.) 

PILCHE: Étui. (Colombey.) 

PILER DU POIVRE: Marcher 
avec des pieds endoloris, en souf- 
frant comme si du poivre pilé 
brûlait la chair 



PIN 



— 281 — 



PIO 



PILER DU POIVRE (Faire) : 
Terrasser quelqu'un plusieurs 
fois en le laissant retomber 
comme un pilon. — Même allu- 
sion pour ce qui regarde une au- 
tre partie du corps. . 

PILER LE BITUME : Raccro- 
cher sur le trottoir qui est le plus 
souvent bitumé. On dit de même 
polir l'asphalte. 

PILIER : Habitué de café ou 
d^estaminet, n'en bougeant pas 
plus que le pilier chargé de sou- 
tenir le plafond. — a Murger 
répondant à quelqu'un qui lui 
reprochait de tournerau pilierde 
café : Vous avez raison, car je 
soutiens ce qui m'écrase. > (P. 
Véron.) 

PILIER : Maître, commis. 

PILLE : Cent francs. — Abré- 
viation de pile de cent francs. — 
c Je ne manque pas le coche 
(l'occasion de voler) de deux pilles 
chez un troquet. Premier sape- 
ment. Six mois. » (Beauvillier.) 

PILOCHE : Dent. (Colombey.) 
Elle pile les aliments. 

PILOIR : Doigt. (Colombey.) 

PIMPELOTFER (Se) : Se ré- 
galer. — a Elle n' haït pas degobi- 
chonner et de se pimpelotter. 1 
{La Correctionnelle.) 

PIMPIONS -.Espèces mon- 
nayées. — Vieux mot. — Lcpim- 
pion était une petite monnaie 
espagnole du xiii* siècle. 

PINCE (chaud de la) : Pail- 
lard. — Corruption de mot. 

C'était un chaud de la pince, 

Qui peuplait dans chaqu* province 

L'bospice d*8 enfanta trouvés. 

(Festeau.J 



. PINCE-CUL : Bal public de 
dernier ordre. — Allusion aux 
licences qu'on s'y permet. — 
V. Ce bal inouï que l'argot témé- 
raire de ses habitués avait sur- 
nommé le pince... » (P. Féval.) 
V. Casse-Gueule. 

PINCEAU : Pied. — « Je lui 
détache un coup de pinceau sur 
la giberne, i (Monselet.) 

PINCEAU: Balai. — Tous 
deux se ressemblent. — c Les 
hommes de corvée sont tous là 
prêts, le pinceau en main, je veux 
dire le balai en joue, d (Vidal, 
33.) — «Tenant en main un 
pinceau, plus vulgairement ap- 
pelé balai de bouleau. > (La Bé- 
dollière.) 

PINCE -LOQUE : Aiguille. 
(Halbert.) — Elle raccommode les 
loques. 

PINCEZ-MOI ÇA: c Énorme 
nœud que les femmes portent 
au bas de la taille, dans le dos, 
et qui se complète par deux ru- 
bans très-larges, très-longs et 
retombant, n {Figaro, !•' février 
68.) 

PIOCHER: Travailler assidû- 
ment. — « Tu peux piocher 
douze heures par jour. » (Rey- 
baud.) 

PIOCHER : Battre. — « Je te 
pioche, je te fais danser la ma- 
laisée. 1 (Paillet.) 

PIOCHEUR : Travailleur assi- 
du. — « Il y avait là de vieux 
piocheurs qui s'installaient aune 
table. 1 (G. Sand.) 

P 1 O L E : Maison, chambre. 
(Rabasse.) V. Piaule. 

PIOLET : Gobelet. (Halbert ) 

16. 



PIP 



— 282 — 



PIQ 



PIOLLE : Cabaret. <Grandval.) 
— De pioUer, 

PIOLLER : S'enivrer. "Vieux 
mot. — De piot : vin, boisson, 
qui se retrou ve dans notre mot : 
pépie. 

PIOLLIER : Cabaretier. 
(Grandvai.) 

PION : c C'est le nom du 
maître d'études... Le pion gagne 
un morceau de pain tous les 
jours et 400 francs tous les ans... 
et il n^a pas d'autre perspective. » 
(Ourliac, 41.) 

PION : Ivre. — Du vieux mot 
pier : boire. 

PIONCER : Dormir. — Forme 
de piausser, — c Nous nous som- 
mes mis à pioqcer, nous ne pen- 
sions plus à l'appel. » (Vidal, 33.) 

PIOU, PIOUPIOU : Jeune 
fantassin. — Ce doit être le mot 
piéton avec changement de fina- 
les. — a Entre le jeanjeanet le 
tourlourou, il y a un intermé- 
diaire, le pioupiou. » (M. Saint- 
Hilaire.) 

PIPE (Casser sa) : Mourir. — 
Ceux qui sont morts ne fument 
plus. — a Casser sa pipe: ohi 
c'est déjà vieux ! ^ a a de la barbe. 
Onaditdepuis casser son crayon 
et on dit maintenant lâcher la 
rampe, ou remercier son bou- 
langer, ou dévisser son billard, i> 
(Villars.) 

PIPELET, PIPELETTE : 
Portier, portière. — Du nom 
d'un portier ridicule des Mys- 
tères de Paris, d*E. Sue. — a 11 
continuera à apprendre aux vingt- 
deux pipelettes hydropiques qui 
forment ce qu'il appelle ses char- 



mantes lectrices. » (Tam-Tanu 
75.) 

PIPER : Fumer la pipe. — 
c II me semblé qu'on a pipé ici.» 
(Gavarni.) 

PIPER UN PÈGRE : Arrêter 
un voleur. (Rabasse.) 

PIPET : Château. (Halbert.)— 
C'est sans doute piget, 

PIQUAGE (voler au) : Percer 
des fûts de vin ou d'alcool et 
soustraire une partie de leur 
contenu pendant qu'on les amène 
à domicile. 

PIQUANTE : Épingle. (Vi- 
docq.) 

PIQUANTINE : Puce. (Hal- 
bert.) 

PIQUE-EN-TERRE: Volaille. 

PIQUÉ DES VERS, DES 
HANNETONS (Pas) : Aussi 
frais, aussi sain que la feuille 
respectée par les hannetons, ou 
le fruit respecté par les vers. — 
c Une jeunesse entre quinze et 
seize, point piquée des hanne« 
tons, un vrai bouton de rose. > 
(Montépin.) — a Une sylphide 
qui n'est point du tout piquée 
des hannetons, n (J. Arago, 38.) 

Cest qu'elle n'était pas piquée des vers, 
£h oui, morbleu i 
C'est c' qu'il faut à Mathieu. 

(Les Amours de Mathieu^ 'il .) 

PIQUEPOUX : Tailleur. (Ra- 
basse.) C'est sans doute une allu- 
sion du genre de celle qui suit. 

PIQUE-PRUNE : Tailleur. — 
Le mot est populaire, mais son 
origine parait inconnue dans le 
métier. — Rabelais y fierait- il 
allusion quand, parlant d'un tail* 



PIS 



283 — 



PIT 



leur afFoIé qui ne sait plus ce 
qu'il fait, il dit : a Au lieu d*un 
sayon, il tailloit un chappeau 
à prunes sucées. » {Pantagruel, 
1. IV, ch. LU.) — Ce qui est cer- 
tain, c'est que, au xvii« siècle, les 
compagnons s'appelaient non 
pique-prune mais croque-prune. 
On pourrait voir ici une com- 
paraison du va-et-vient de l'ai- 
guille au va-et-vient des prunes 
prises une à une et portées à la 
bouche. 

PIQUER l'élrangère, un chien, 
un laius, un renard, un soleil, 
se piquer le nez. V. ces mots. 

PIQUER SUR QUATRE : 
Gagner une partie d*écarté pres- 
que perdue, lorsque votre adver- 
saire a sur vous quatre points 
d'avance. 

PISSAT D'ANE : Eau-de-vie, 
bière. — t Donnez-nous de la 
jaune, de votre pissat d'âne pre- 
mier numéro, i (Zola.) 

PISSE-FROID, PISSE-VER- 
GLAS : Homme glacial, insen- 
sible. — « Coquinl Voleur! 
Vicomte de le piperie! Pisse-ver- 
glas dans la canicule. » {Caté- 
chisme poissard, 40.) 

PISSER (Envoyer) : Éconduire, 
congédier. — Cette injure est 
vieille. Au mot Pissare, le glos- 
saire de Du Cange cite une 
lettre de rémission de 1465, où, 
entre autres c grandes parolles » 
reprochées au délinquant, on 
rapporte qu'il envoia pisser son 
adversaire. 

PISSER DES LAMES ^c rasoir 
en travers (faire) : Tourmenter 
au suprême degré. 



I^ISSER SA COTELETTE.: 
Accoucher, mettre au monde un 
enfant. — Allusion à la côte 
d*Adam qui fit Eve. — Dhautei 
emploie dans le même sens pis- 
ser des os, 

PISSER DES YEUXî Pleurer, 
— « Elle eut beau pisser des 
yeux. C'était peine perdue. • 
(Vadé, 1744.) 

PISTOLE : t lly a à lapistole 
une jeune dame très distinguée... 
On appelle ainsi les cellules ré- 
servées qu'on peut mettre à la 
disposition des détenues... Le 
nom vient probablement de ce 
qu'ancîen-nemcnt on payait une 
pistole partnois.» (De Grand pré.) 

PISTOLET: Homme singu- 
lier. — « On rit avec toi et tu te 
fâches... En voilà un drôle de 
pistolet! » (Gavami.) 

PISTOLIER : Prisonnier % la 
pistole. — « Les pistoliers ont 
seuls le -droit de rester, pendant 
le jour, dans leurs chambres, et 
d'y conserver de la lumière après 
Fheure du coucher, d (Moreau 
Christophe, Sy.) 

PISTON : Appariteur , prépa- 
rateur d'un cours de physique.— 
Allusion à ws manipulations. 

PISTON : Importun. — On 
consiaft l'agaçante régularité du 
coup de piston.. 

PISTONNER : Importuner. 

PITANCHER : Manger, boire, 
(Halbert.) Mot à mot : manger 
sa pitance. — c Fitancher de 
l'eau d'aff, c'est boire de Teau- 
de-vic. 1 (A. de Bréhat.) 

PITON : Nez rond comme on 
piton vissé dans une planche. — 



PIV 



— 284 — 



PLA 



c Ah 1 quel nez, quel beau piton ! 
Cest un marchand d'éteignoirs.» 
(Pecquet.) 

PITRE : Paillasse chargé 
d'attirer la foule autour d*un 
banquiste. -* « Hé ! Paillasse ! 
avec ta face bourgeonnée, pitre 
de tireurs de cartes, amasseur 
de badauds ! » (Catéchisme pois- 
sard, 44.) 

PITROUX, PÉTOUZE : Pis- 
tolet. (Grandval, Vidocq.) Mot à 
mot : arme c ul pette. Au moyen 
flge, on appela' t petereaux de 
petites bouchet à feu, 

PITUITER : Déblatérer. — 
Allusion aux crachats de la pi- 
tuite. — tt On en a déjà assez 
pituite sur notre compte . > 
(Lynol.) 

PIVASE : Grand nez. V. Pif, 

PIVASTE : Enfant. (Halbert.) 

PIVER : Ressort dentelé de 
montre ou de pendule servant à 
scier les barreaux. — Il revient à 
la charge comme le piver contre 
l'arbre qu'il perce de son bec. 

PIVOIS, PIVRE : Vin. — Allu- 
sion à la couleur rouge de la pi- 
voine ? Peut-être aussi est-ce un 
diminutif du vieux mot piot : 
vin?— c On s' pousse du pi vois 
à six ronds dans 1' battant . 1 
(Chansonnier, impr. Sthal, 36.) 
— c Avons-je du vin ?... Non... 
Apportez du pivois, hé vite ! » 
(Vadé,i788.) 

Pivois citron : Vinaigre. (Hal - 
bert.) 

Pivois savonné : Vin blanc. 
(Idem.) 

PIVOT : Plume. V. Servir. - 



Le bec d'une plume figure un 
petit pivot. 

PLACARDE : Place. — Aug- 
mentatif. V. Parrain. 

PLACE D'ARMES : Estomac. 
— Les aliments y défilent tous les 
jours. — c Frappant sur son 
estomac, un baigneur dit: c Rien 
à la place d'armes?... it(Viepa» 
risienne.) 

PLAFOND : Boîte du crâne.— 
C'est le plafond du cerveau. 

Avoir une araignée (ou des 
trichines) dans le plafond : Dé- 
raisonner. — « T'as trop de tri- 
chines au plafond, s (AinuMOch 
du Hanneton, 67.) 

PLAN : Prison. — « Tu vou- 
drais que je grinchisse sans tirac- 
querde tomber au plan. » (Vi- 
docq.) V. Manger, 

PLAN : Mont-de-piété. — De 
plan : Prison. Le mont-de-piété 
est une prison d'objets engagés. 
tt On mettra tout en plan plutôt 
que de refuser un cataplasme à 
ce pauvre chéri. 1 (L. Reybaud.) 

PLAN (Il y a) : Il y a moyen 
de réussir. (Rabasse.) 

PLAN (Laisser en) : Abandon- 
ner. — Mot à mot laisser sur le 
terrain, « Et cet animal de bar- 
bier qui me laisse en plan, s 
(Cormon.) 

PLAN (Rester en) : Rester dans 
un hôtel ou un restaurant pour 
répondre d'une dépense faite par 
plusieurs. 

PLAN DE COUILLÉ : Prison 
préventive. Mot à mot : Prison 
de niais. Couillé est ici pour 
couyon, — V. Marquet. 

PLAN DE COUYÉ : Prison 



. PLA — 285 — PLE 

éubie pour un autre. (Halbert.) donner : — c Elle te quitte pour 

Forme du terme ci-destus. un autre cornard, et tu te trouves 

PLANCHE (Fa.re sa) : Montrer f !.î*y*l*i2ZÎ! '^lil'/j'.''^, 

de U roideur, être guindé. *"«< * réuntons publiques, 69.) 

Df AMr-uir/c ^ c r PLAQUER SON MAIRE : 

^^ x^" j'^" ^ '■ S»"//»?»"- Abandonner son amL 
— Abrev. de c sans faire sa 

planche. » — « L'écaillère de ses PLASTRONNEUR : Gandin 

propos poissards vous entretient faisant grande exhibition d*un 

sans planche, » (Cabarets de Pa- immense devant de chemise à la 

ri5, 21.) mode depuis 1869. 

PLANCHE AU PAIN : Banc PLATINE : Verve. — t II a 

des prévenus, tribunal. (Halbert.) une bonne platine, se dît d*un 

nr AXT^.wtA ^ j , .^ graiid babillard. » (Dhautel.) 

PLANCHÉ : Condamné. (Co- ® 

lombey.) De planche au pain. V. PLATRE : Argent. (Vidocq.) 

ce mot. ■" L'argent comme le plâtre sert 

à boucher les trous. — « On 

PLANCHER : Moquer. — m'écrit pour me demander d'où 

«c Est-ce que tu planches ? pour : vient la locution c avoir du 

Te moques-tu de moi ? » (Dhau- plâtre, » synonyme « d'être au 

tel, 08.) sac. » (Tam-Tam, yS.) — Jl est 

Ne pas plancher : Être exact. «« P^<*^^^ ' »1 « ^« Targent. (Ra- 

(Rabasse.) basse.) 

OT AMropDip oi • » • PLEIN, PLEIN COMME UN 

PLANCHERIE: Plaisanterie. œuF, COMME UN SAC : Saoul. 

PLANCHEUR : Mauvais plai- — « Un homme plein comme 

sant. (Colombey.) un œuf, pour avoir trop mangé. » 

PLANQUE : Cachette. (Hal- (L« Duchat, 1738.) 

bert.) V. Baya/e. PLEIN DE SOUPE : Person- 

PLANQUE : Observation. - nage épaiset maladroit.- «Deux 

On se cache pour bien observer, «ro? pleins de soupe chez qui le 

V. planquer/^ , j'allai en com- '"^»"^.^* ^?"P ^.« P°'"« "" P^" 

pagnie de H..., et le laissant en **^ / imprimerait comme dans 

planque (en observation), je u" fromage, i (Jean Rousseau,, 

montai chez Chardon.» (Canler.) ^ ' 

t>i AXT^Min.» o u \r r.J PLEURANT ! Oîgtton. (Vî- 

PLANQUER ! Cacher. V. Dé- jocq.) - Il fait pleurer. Effet 

planquer. p^i, p^^^ j^ ^^^^^ 

PLAQUE (Être en) : Se dégui- PLEUT (II): «Ces mots il 

ser en commissionnaire. — Allu- pleut signifient en langue de 

sion à sa plaque légale. — « Un franc-maçonnerie: Taisons-nous, 

affilié lira qu'il faut être en ha- parce qu'on nous écoute.» (i4ve«- 

bit ou en plaque. » (P. Parisien, tures de Jérôme Sharp, 1789.) 

77) PLEUT (II) : Formule néga- 

PLAQUER : Jeter là, aban- tive. 



PLU 



— a«6 — 



POC 



i^LIANT: Couteau. (Grandval.) 
i^ll t'agit ici du couteau â lame 
^iant sur le manche. 

PLOMB : c Gaz caché dans les 
fentes des pierres et qui tue 
comme la foudre le vidangeur 
qui en est atteint, s (Berthaud.) 

PLOMB : Mal vénérien. (Vi- 
docq.) 

PLOMB: Gosier. — ^Allusion aux 
réservoirs dans lesquels se dé- 
versent à Paris les eaux sales de 
chaque étage. — c Préault buvait 
coup sur coup. Gautier affligé... 
lui dit : ce Ah çà! tu f... ça dans 
le plomb, toi ! » (Deschanel.) 

PLOMBE : Heure. — Onoma- 
topée. Plombe est le bruit grave 
d'une sonnerie de grosse hor- 
loge. V. Crosser, 

PLOMBE : Année. (Halbert, 
Rabasse.) 

PLOMBER : Puer. Allusion 
aux plombs parisiens qui sen- 
tent souvent mauvais. — «Ce 
sont mes pieds, ils plombent, 
comme dit notre collaborateur 
Albert Monnier. i (V. Blouet.) 

PLOMBER : Donner le mal 
vénérien. 

PLONGEUR : Misérable, dé- 
guenillé. (Vidocq.) Mot à mot : 
aussi nu qu*un plongeur. V. 
Paffe. 

PLOYANT, PLOYÉ : Porte- 
feuille. — Un portefeuille se ploie. 
— c Les dimanches tu grinchi- 
ras, dans les tôles, bogues et 
ployants. » (Vidocq.) 

PLUM.\DE: Paillasse. (Hal- 
bert.) — De plume de Beauce, 



PLUME : Pince à effnictioa. 
V. Carouàleur, 

PLUME DE ££AUC£ : Paille. 

— La Beauce est riche en céréa-^ 
les. — c Quelle poésie 1 la paille 
est la plume de Beauce. s (Bal- 
zac.) 

PLUMET (Avoir son) : S'eni- 
vrer, s'empourprer le visage 
comme un plumet d*unifbrme. 

— « N'est-ce pas que j' dois vous 
faire l'effet d'avoir c'qui s'appelle 
un plumet? Messieurs, c'est le 
picton! j) (Voizo.) 

PLUS Ql îE ÇA de chic f Plus 
que ça de monnaie I Plus que ça 
de genre : Quel chic ! quelle for- 
tune! quel genre! Mot à mot: Tu 
n'as pas plus que ça de chic? etc. 
La négation est ironique comme 
dans // n*est rien chic, V. Rien, 

— c Mazette ! pus que ça de chic !» 
(E. Biondet.) — c Mon homme a 
la croix d'honneur. Pus que çu 
d' monnaie! » (Ricard.) 

Pour abréger, on dit aussi 
Que ça : c C'est la voiture du vi- 
comte de Saint-Remy. — Que ça 
de genre? merci! » (E. Sue.) 

PLUS SOUVENT : Jamais. — 
a Ma sainte te ressemble, Nini. 

— Plus souvent que j'ai un air 
chose comme ça! » (Gavami.) 
V. Rasoir, 

POCHARD : Ivrogne, ivre. 
Mot à mot : buveur qui a rempli 
sa poche ou son estomac. — a Je 
ne sais pas ce que j'ai... je crois 
que je suis un peu pochard. i 
(M. Michel.) 

POCHARDER : Eniv.er. 

Puisque tu soldes ma d«!(.^mse. 
Je n* me pochard'rai qu'avec toi. 

(Festeau.) 



PO[ 

POCHARDERIE ! brognerie. 

(VWocq.S?.) 

POCHE : Même sens que po- 
cliard, dont il est l'abréviation. 

POCHON : Contusion. 






tqu'u 



froisser un net. » (H, Rolland.) 

POÉTRIAU : Petit poéti 
valeur. — o Des peiniresi tfes 
poétriaui. «(Balzac.) 

POGNE : Voleur. — Mot i 
mot: qui empoigne. V. Empo~ 
gne. — n La pogne pour fendre 
un archer levait dijà le bras, i 
(Grandval, 1726.) V. Poigne. 

POGNON, Poignon : Argent. 
(Halbert.)— Motàmol:eequi se 
prend et passe dans la main ou 
pogiie. — ■ K Casque donc Ion po- 
gnon, mon vieiiK. » lAImattach 
du Hanneton, 67.) — ( Est-il 
liomme à IScher son poignon î » 
(Ca vaille.) 

POIGNE, POGNE j Main. (Vi- 
docq.) — La main empoigne. — 
B J'ai la poigne solide, ça me 
suffit, et je TOUS étrangle. » (E, 
Lemoine.) V. Loubion, Bridon. 

POIGNF:(A):Ciui 1 



POIGNON : V. Pognon. 
POIL : Réprimande. — i Et 
quand tu es rentré, lu m dû 

attraper un fier poil? — Ne 
m'en parle pas, on m'a envoyé 
coucher sans souper.» {Evéne- 



K.)- 



lallére 






. Mot 



mot ; qui rntpoi 
mpoigner (arrêter) 
sans hésiter. C'en un mot 
second empire où on a parlé 
beaucoup des préfets à poigne 
(prononce! pogne). — « Un de 
ces ministres i poigne qui ne 
reculent devant aucun moyen. » 
{Liberté, 75.) 

POIGNET {M- veuve) : Ona- 
nisme. — Celte image aînls- 
ire en dit plut que tout le 



au colonel qui 

uo poil. » (Comnt. de Loriot.) 

POIL m : Résolu. Motàmot: 
ajantdu poil au cceur. V. plus 
bas. — E Des bougres k port, 
déterminés à vivre libres ou 
mourir, s (Hébert, 1793.) 

POIL (A) : De ulen t. — iM'est 
avis qu'il faut z'étre un artiste à 
poil pour fa. d (Désaugien.) 

POILS [A) : Nu. Mot à mot : 
sans autre vêtement que te* 

POIL AU CŒUR (Avoir du) : 
Avoir du courage.— Le poH at 
gne de viiililé. Le plut tou- 
vent coeur est remplacé par un 
mot qui a la même lettre initiale- 
.nljuail dit-il, la valeur las- 
el... Popule, as-tu du poil au 
Eur?B(A. Lagarde, leBonham- 
e Popule, Pau, 36.) 

POIL DANS LA MAIN (Avoir 
1) : Être binéant. (DhauteL) — 
On dit plus longuement : Il a un 
poil dans la main qui l'empieht 
die travailler, pour faire enten- 
dre que la causi! de son inaction 
■X mag inaire. 

POIL (F-'air« 1«) : SurpasMT. 
Mot à mot ! raaet. !— i II n'y m 
pas moyen de me (aire leDolL* 
{Vidal, 35A 



POI 



— a88 — 



POI 



POILS (Monter à) : Monter un 
cheval sans selle. Mot à mot : 
n'ayant que ses poils pour cou- 
verture. — f Je sautai à bas de 
mon cheval. 11 me regarda, disant 
étonné : Comment 1 à poill.. » 
(Souvenirs de Krettl;^ 09.) 

POIL (Tirer le), Tomber sur 
le poil : Battre. Mot à mot : 
prendre aux poils, c'est-à-dire 
aux cheveux. 

POINT : Monnaie. V. Croix. 

POINT DE COTÉ : Créancier, 
chanteur exploitant les hommes 
qui ont certains vices. — Allu- 
sion à la gêne causée par le mal 
de ce nom. 

POINTE (Avoir sa) : Avoir un 
commencement, une pointe d'i- 
vresse. 

POIRE (Faire sa) : Jouer le 
dédain. — Allusion à la moue 
qui allonge les lèvres en gonflant 
les joues. — c Je pourrais m'en 
targuer et faire ma poire. 1 (L. 
Pollet.) 

POIREAUX (Il est comme 
les) : Il est vert et vigoureux 
malgré ses cheveux blancs. — 
Allusion à la racine chevelue et 
blanche du poireau. — L'expres- 
sion n'est pas d'hier. — ce Tu me 
reproches mon poil grisonnant 
et ne consydère point comment 
il est de la nature des pourreaux 
esquell nous voyons la teste 
blanche et la queue verte, droicte 
et vigoureuse, d (Rabelais, 1. III, 
ch, xviu, Pantagruel.) 

POISON : t Sobriquet outra- 
geant que l'on donne aux cour- 
tisanes les plus viles. » (Dhautel, 
oS.) — « O poison l disait made- 
moiselle P...— Égout des cœurs ! 



répliquait mademoiselle T.*. m 
(J. Janin.) V. Drogue. 

POISSE : Voleur. (Halbert.) 

— De poisser^ 

POISSER : Voler. — Allusion 
aux propriétés de la poix qui 
retient tout ce qu'elle touche. 
V. Balte, Billon, Philippe. 

POISSER : Arrêter. (Rabasse.) 

— «Au bout d'un an, poissé 
avec une pesée de gigot que 
j'allais fourguer. » (Beauvil- 
iier.) 

POISSER : Enivrer. Mot à mot : 
s^imbiber à en devenir poisseux, 
gluant. — c Quand j'ai vu qu'il 
allait se poisser, je l'ai aidé à 
vider les bouteilles; c'était pour 
le sauver. » {La Correctionnelle,) 

POISSEUR : Filou. (Rabasse.) 

POISSON : Souteneur. — 
Abréviation de poisson dt avril, 
comme le prouve cet exemple : 
c On appelle poisson d'avril un 
poisson qu'on nomme autrement 
maquereau, et, parce qu'on ap- 
pelle du même nom les entre- 
metteurs des amours illicites, 
cela est cause qu'on nomme 
aussi ces gens-là poissons d'a- 
vril. » (/>lc^ </e Trévoux, 1771, 
art. Avril.) — « Jeune, beau, 
fort, le poisson ou barbillon est 
à la fois le défenseur et le valet 
des filles d'amour qui font le 
trottoir. » (Canler.) 

POISSON : Verre. — Du vieux 
mot poçon, tasse. — t J' n' suis 
pas trop pompette, viens, je ré- 
gale d'un poisson, » {Les Amours 
de Jeannette, ch. 43.) V. Corn- 
phre, Soif en 



P0\ 



POITOU : Nulle chose. Mot à | 
mot : point du tout. — Jeu de 
mots analogue à celui de Niort, 
— « Tout est à notre usage. N'é- 
pargnons le poitou. 1 (Vidocq.) 

POIVRE :Ivre. — Du vieux 
mot poipre : pourpre. — Une 
trogne de buveur s'empourpre 
volontiers. — « Je voyais bien 
qu'il était poivre, i (Monselet.) 

POIVRE (Ch..r du) : S'en- 
fuir. 



POIVRE (Piler du) : V. Piler. 

POIVRE ET SEL : f Être vieux 
et jeune; poivre et sel, comme 
on dit de ces chevelures qui ne 
sont plus brunes et qui répu- 
gnent à devenir blanches, i (Mon- 
selet.) 

POIVREAU ; Vol commis par 
un poivrier. (Rabasse.) 

POIVREAU : Ivrogne. — De 
poivre. — c Je me pique trop le 
nez, je préfère en finir avec 
mon existence. Ce sera un poi^ 
vreau de moins, i (Moniteur ^ 
lo septembre 72.) 

POIVREMENT : Payement.- 
Poivre, pris dans ce '>en8, doit 
remonter au temps '.eculé où on 
appelait épices çf, qui était dû 
aux juges pour les frais de jus-, 
tice. 

POIVRER : Vendre trop cher. 
— On dit aussi : Saler. (Dhau- 
tel, 08.) 

POIVRER : Donner le mal vé- 
nérien. — « Pour se venger d'un 
homme, elle prit du mal exprès 
afin de le poivrer. (Tallemant 
des Réaux, xvii* siècle.) | 

POIVREUR : Payeur. 



— 289 — FOL 

POIVRIER : Habitude dln' 
tempérance. (Rabasse.) 

POIVRIER : Homme ivre. V. 
Ttou. 

POIVRIER ! « Voleur dont la 
spécialité est de dévaliser les 
ivrognes. » (Canler.) 

POIVRIER (Faire le) : Dévali- 
ser les ivrognes. — c Fais-tu 
toujours le poivrier ? — Si je le 
fais, ce n'est pas vous qui me 
prendrez. » {Notes (tun agent.) 

POIVRIÈRE : Femme ma- 
lade, mot à mot : femme qui 
poivre. — t Va, poivrière de 
Saint-Côme, je me fiche de ton 
Jérôme. > (Vadé, 1744.) 

POIVROT 2 Ivre — Forme de 
poivreau. 



Quand qu'aile rapplique à la niche 
Et qu* nous sommeB poivrots. 
Gare au bataillon d' la guichel 
C'est nous qu'est les dos. 

(Richepin.) 

POLICHINELLE : Canon 
d'eau-de-vie de même capacité 
que le poisson. C*est l'enfant (en 
argot polichinelle) de la chopine. 
— c Polichinel... C'est ainsi que 
les fiacres nomment une cho- 
pine en deux verres. » (Caba^ 
rets de Paris f 21.) 

POLICHINELLE : Nouveau- 
né. — Comparaison de ses cris 
aigus à ceux de Polichinelle. — 
« On lui donne cent francs, et il 
reconnaît le polichinelle, t (A. 
SchoU.) 

POLICHINELLE DANS LE 
TIROIR (Avoir un) : Être en- 
ceinte. — c Sais-tu? lui dit sa 
femme, je crois avoir un po*i- 

17 



POL 



— 390 ~ 



POL 



chiaelle dan» le tiroir. Lt mari 
comprend : la CemaM est mté^ 
resionte, s {Figaro,) ^^ € La 
comtesse : Cest-il donc arrivé? 
— La marquise : Un polichi- 
nelle. — Z^ comtesse : Ciel! — 
Xa marquise : Dans le tiroir, ma 
chère. — La comtesse : Pauvre 
petite. 1 (E. VilUrs, 66.) 

POUR L'ASPHALTE, Polir 
le bitume : faire le trottoir, rac- 
crocher. 

POLISSON : Bourrelet atu- 
ché au-dessus des hanches pour 
étoffer la croupe. A la mode 
vers i8a3. — «Le polisson, c'éuit 
un mouchoir empesé que les 
dames plaçaient au-dessous de la 
taille pour donner de l'épaisseur 
à la démarche et de l'ampleur 
aux tissus. » (Léo Lespès, 55.) 
V. Tournure. 

Vainemeot, je voudrais vous dire 
Tout ce quç cache au poliMoa. 

(B. de Pradel, a3.) 

POLISSON, POLISSONNE : 
Terme amical comme gueux, 
coquin^ etc. — «Que noce! oh! 
mes enfants! que polissonne de 
noce t » (Sardou.) 

POLITICIEN : « Qu'est-ce que 
c'est, les trois quarts du temps 
que ce que l'on appelle les hom- 
mes de paçti, les politiciens? Ce 
sont des hommes qui n'ayant 
pas le courage de suivre une car- 
rière tracée, toujours longue et 
pénible, se disent : Je vais faire 
comme à la roulette... Si ma 
couleur sort, je serai tout d'un 
coup ministre, préfet, rece- 
veur... s (Saint-Genest, 75.) — 
« Les politiciens, l'engeance dan- 
gereuse et vermineuse qui vit 



de la politique. 1- {JoÊtnuU de 
Paris, yS.) — Ce terme vient 
d'Amérique, où la politique est, 
comme on sait^ un métier lii« 
cratif. 

POLKA : c Disons quelques 
mots de cette gigue anglaise 
croisée de vabe allemande, qui 
fait sautiller aujourd'hui les Pa- 
risiens comme autant de coqs 
d'Inde sur une plaque brûlante.! 
(E. Arago, 44.) 

C'est en ce temps de vogue 
qu'on a dit un moment à la 
polka, pour dire très-bien. 

POLKA : Photographie où fi- 
gurent des groupes obscènes. — 
c Ces photographies obscènes 
que leur argot appelle des pol- 
kas. » (Du Camp.) 

POLKA (Petit) : On appelle 
ainsi dans le monde un petit 
jeune homme niais, tiré à quatre 
épingles, et danseur infatigable. 
— c Les jolies femmea dé4ai- 
gnentks petits polka. 1 (Figaro.) 

POLKER : Danser la polka : 
c En attendant que la polka dé- 
cline, on la conjugue... On dit 
polqucr à l'infinitif. Polque, dit 
une femme à son mari. 1 [Çha* 
rivari, 44. ) 

POLKEUR: Danseur de polka. 

POLKISIE : Partisan de la 
polka, c Les polkistes ont essayé 
de se diviser en deux camps : 
les partisans de (3ellarius et 
ceux de Laborde, autre profes- 
seur de polka. I.a Revue de Paris 
est celiariste enragée, et le Feuil" 
leton des Théâtres est labordiste 
furieux. Dans le journal le Siè* 
de une guerre civile s'est décla- 
rée. » {Charivari, 44.} 



POLOCHON :TraTenlo.(Hal 
bert.) 
POMAQUER : Perdre. V. 

POMMADER : Fltlter, dénon- 
cer. (Rabaaso.) 

POMMADEUR : «BrocinEeur 
achetant les meubles brisas ou 
vermoulus et maailquant leurs 
défauta arec de la gomme laque 
et de la cire. > (PélLn.) On l'ap- 
pelle pommadeur, parce que sa 
marchnndise trop vernie aemble 
pommadée. 

POMMADEUR : Flatteur. (Ra- 

POMMADIER : Pcrroquier, 
coiffeur. (Rabasse.) 

POMMADIN: Éléftnnl ridicule 
et par trop pommadé. — s Jetez 
ces anges sur le bitume à la 
merci des pommadinB.i>(Michu.| 

POMMARD : Bière. (Halbert.) 

— Est-ce parce qu'elle a la cou- 
leur du cidre qui a bien plus de 
titrea à s'appeler jjommurif 7 

POMMÉ : Réutsi en n'im- 
porte quel genre. — «Ah çà! 
c'est geniii, c'est pommé.» (Zola.) 

— Il nous en a dit une pommée : 
il nous a conté une chose drAle. 

POMME DE CANNE : Tête ri- 
dicule comme celle qu'on iculpte 



POMMES (Aux) : Tria-bten. 
V, O^noni. — Ce superlatif fut 
■ans doute causé par la passion 
qu'avait jadia le gamin parisien 
pour le chausson aux pomme*. 
Aprèsavoir tu Fexempk SuiviDI, 



(1 — POM 

on pourrait y voir une locution 
F'u» »gfa. — t Le feu doc de 
BrisBtc (mort m ifi&i) aimait 
tant les pcrrama de reinette que, 
pour bien louer quelque chose, 
il a|outait tau|oursrf« reiaelleiM 
bout, tellement qu'on lui ouït 
dire quelquefois : C'étoit un hoO' 
néte homme de remette. » (Tal- 
lemantdea Réaui.) — i J'ai mi- 
joté pour co numéro un petit 
éreintement aux pommes. ■ (J. 
Rousseau.) 

POMPAOnUR : Coquet, ga> 
lant, dif^nedel'épnque oùM"dc 
Pompadour était en faveur. — 
s C'est régence, justaucorps bleu, 
Pompadour, iviii" siècle, tout ce 
qull ^ a de plus maréchal de 
Richelieu, rocaille, i (Balzac.) 

POMPADOUR : Surnnné. 
vieillot. Acception ironique dil 
sens précédent, V, Perruqtn, 
pQttcif. 

POMPE : Atelier de tailleur), 
V. Pompier. 

POMPE ASPIRANTE : S^ 
melle trouée pompant la boue. 
(Halbert.) 

POMPER : Boire copieuse- 
ment. — a A la Courlille, je fais 
des bétiaes quand j'ai pompé !• 
sirop. > (Mélesville, 3o.) 

POMPETTE : Ivre. — Du 
vieux mol pompette : pompon. 
Cette allusion 1 la trogne rougS 
des buveurs se retrouve dans 
plumet et cocarde. Parlant d'un 
nez d'ivrogne, Rabelais dit : nef 
purpuri, à pompetlis. (Livre II, 
l'j. - f Lu[y>ld(i ) toiU 
(avec} son n>uge nez à pompcne, 
condud tous tes tontes par Tia-v 



PON 

tContea ttEutri^l, ivi> tiède.) 
— a Ce KflfrU de vin de Cham- 
pagne STail joliment tapé ces 
roessieuriiquaoi à noua autrei, 
en vérité, je croia que noua 
étions un peu pompettes aussi.* 
(Fettuau.) 

POMPIER : Ivrogne ayqnl 
l'habituile d: pomper. — f l.c 
pochard aperçoit un ami, et le 
dialogue s'engage entre les deux 
pompiers, a (Ladimir.) 

POMPIER : Ouvrier tailleur 
travaillant i. la journée. — i Les 
pompiers réunis forment la 
pompe. Il y a la granit et la pe- 
tite pompe ! la grande, pour les 
habits et redingotes; la petite, 
pour les panlaloni et gilets. > 
(Roger de Beauvoir.) 

POMPON : Tête. - i II voua 
j envoie des pavés que (S brise 
les pompons. ■ (H. Monnier.) 

POMPON t Premier rang. — 
Allusion au pompon qui distin- 
guait avant i86g les compagnies 
d'élite. — " A moi le pompon de 
la fidélité. 1 (Marco Saint-Hi- 
laire.) — ■ A voua le pompon! 
Aussi c't* air-là est Sèremenl 
bien folte. s (Carmouche, ï6.) 

PONANTE : Fille publique. 
(Vidocq, i^.) — Mot i mot: cou- 
chante. Du vieux mot ponants 
couchant. 

PONCIF : Se dit de ce qui est 
banal et ne justifie aucune pré- 
tention à l'originalité. — S'em- 
ploie substantivement et adjecti- 
vement. — Vient du mot Poa- 
cis : desûn piqué à jour et poncé 
d'une façon particuliire pour 
foire un calque. — a Si chacun 
de. noua racontait ses bonnes 



agi - 



PON 



fortunes?— Allons donc poncif t 
Pompadour! A bas la motion li 
(Th. Gautier, 33.)— lU pon- 
cif, c'est la formule de stjle, de 
sentiment, d'idje ou d'image 
qui, bnée par l'abus, court le* 
rues avec un faux air hardi et 
coquet. Exemples ; Oeit plut 
qu'un bon livre, c'est une tonne 
action. — On ne remplace paa 
une mère. — L'horizon politiqut 
se rembrunit, etc. i (Aubryct.) 

PONiFFE, PONISSE ! Fille 
publique. — C'est ponant* avec 
changement de finale. 

El 11 la {mUm poaue tilcbe 
Sni le compta de* roolUDi, 
Gare SB bataillon da la gulcba, 

(RtcbaplD, 77.) 
PONT : I Le pont conslatant 
à remettre les cartes apri* la 
coupe dans la position où le grec 
les a préparées, il va de soi que, 
lorsque le pigeon aura coupé 
dans le pont, le tour sera |3ué. 1 
(Cavaillé.j 

On dit faire le pont, couper 
dans le pont. V. Couper, 



PONTE : Réunion de pon- 
teurs. «Le jeu torabeen longueur 
et la ponte glapit sans force. ■ 
(Alyge.) 

PONTER : Payer. 

PONTES POUR L'AF : As- 
semblée de fripons. (Colombey.) 

PONTEUR: BaiUeur de fonda. 
V. Michi. 

PONTEURtJoueur.— «J'aime 
mieux un ponteur qui, orné de 
ion carton^ lentement le pro* 



POR — a< 

m^ne, qu'un ponteur exalté. » 
(Alyge.) 

PONTIFE iMattrecordoiinler. 
V. Pignottf. — Ce mot ett «Tpll- 
quiS par celui de porlt-aiimtast, 
qui fait allusion & la forme du 
tablier de cuir. 

PONTON D'AMARRAGK: 
Vaisseau-prison. Les dfportia J 
sont comme amarré*. — ■ Mon 
chsr camerluche, me voilà enfin 
démarré de ce maudit ponton 
d'amarrage, s (Rabaue.) 

PONTONNIÈRE : f Fille pu- 
blique fréquentant te deiioua 
despontt. a (Canler.) 

POPOTTE : Table d'hflle, 
ratatouille, et au frgurf,'' gâchis. 
— Onomatopée rappelant le cla- 
potement des met* placés sur le 
" ■ jnçait de chei 






,i de i. 






rr la popotte poi 
un mois. * (Aboul.) 

Des ofliciers se metttat ânpn- 
polle, lorsqu'ils font faire leurs 
repas par 



bourgeois. 

PORCÉPIC : Saint-* a ère ment 
(Moreau Chr.)- C'est évidem. 
ment uneallusion aux rayons di 
m^lal qui se dressent autour dt 
saint tabernacle comme le* soie: 
d'un porc-épi c. 



PORTE -AUMUSSE t Maître 
' cordonnier. —Allusion au tabliei 
de cuir. — i Nous lui délivrons 
le brevet de porteaumusse.poui 
le faire admettre dans laSociété.j 
{Vieux farceur.) 



- POR 

PORTE BIEN (Qui se) ; Vl- 
juteux, fort. — a Je lui ficha 
paire de giBes qui se por- 
taient bien. 1 {Pttit Moniteur 
lu ao juillet 66.) 

Il se portt bien te dit Ironique- 
inent d'un homme gria. 

PORTEFEUILLE : Lit. '- Lé 
coucheur t'y glisse comme un 
ispier dan* un portefeuille. -^ 

Il est temps d'aller nous glisser 
dan* le portefeuille, comme di- 
sent les troupiers, t (A. Lecorate, 
01.) 

PORTE-MAtLLOTî Figurante 
tionne à porter des maillots,' 
mais incapable de jouer un rdle. 
— ( Je vous demande un . peu I 
vine porte-maitlot comme fa. » 
{Gavarni.) 

PORTE-MINCE: Portefeuille. 
iVidocq.) — Mot à mot : porte- 
papier. 

PORTE-MORNIF : Porte-mon- 
naie. (Rabasse.) 

PORTE-PIPE î Bouche. — 
.. Si je lui payaiala goutte, car il 
nime furieusement à le rincer le 
porte pipe. > (Vidal, 33.) 

PORTE DE PRISON : Per- 
sonne teTéche.(DautlieI.)—«Lea 
Avignonnais qui sont aimables 
comme des portes de prison, i 
[Commentaires de Loriot.) 

PORTE-POIGNE : Gant. (Ha- 
basse.) C'est i la poigne qu'on 

PORTE-TRÈFLE i Culotte. 
iVidocq.) — Mot à mott port* 

PORTÉE ; Filouterie de bte- 
c.irat. — ■ La portée contitteen 
ju paquet de canes préparées... 



POS 



-r 394- 



POS 



de telle manière que le ban- 
quier ait pendant un certain 
nombre de coups un point supé- 
rieur. M (Cavaillé.) 

PORTER (En) : Être trompé. 
Mot à mot : porter des cornes. 
— -c Dis donc, Miroux..., de quoi 
donc que madame Mirpux tç fiiit 
porter? i (Gavarni.) 

PORTER A LA PEAU : Ex- 
citer le désir. — f Cette créature 
porte à la peau.i <L. de Neu- 
ville.) 

PORTRAIT : Figure. — Effet 
pris pour la cause. — c Je m'al- 
longe. Mais v*là-t-il pas ma 
patte gauche qui lâche le trot- 
toir. Je m'étale et je me dégrade 
le portrait. • (Monselet.) ^ 
c Lord Seymour criait à Drake : 
Tape au portrait, cVst-à-dirc : 
vise à la figure. » (Villemessant.) 

POSE : Étalage mensonger, 
attitude maniérée, vaniteuse. — 
c L'amour platonique!. ..en voila 
une pose 1 » (Gavarni.) 

POSER : Mettre en évidence. 
Le Dictionnaire de V Académie 
. admet le verbe poser dans le sens 
de c faire étalage, chercher à pa- 
raître ce qu'on n'est pas. > — 
c Voilà un ménage qui pose une 
femme. • (Balzac.) 

POSER (Faire) : Mystifier. •- 
a II croyait toujours qu'on allait 
ce qui s'appelle le faire poser et 
se moquer de lui. » (Méry.) 

POSER SA CHIQUE : Garder 
le silence. On a commencé par 
dire poser sa chique et faire le 
moi t. 

Lit roi règne uns gouverner. 
Si le nôtre, un jour, ft'en écarte, 
Qu'il tille interroger U Charte I 



Elle Ini répondra d'abord : 
Pos' ta cbiqoe et fais 1* mort 

(J. Leroy.) 

POSER ET MARCHER DANSt 
S'embrouiller, se vendre. (Hal- 
bert.) — Allusion scatologique* 

POSER UN GLU AU : Prendre, 
arrêter, emprisonner. —On con- 
naît les effets de la glu. — c Mes 
anciens compagnons de vol t*d- 
taient fait poser un gluau, et 
j'étais encore une fois isolé. » 
(Lacenaire, 36.) 

POSEUR, POSEUSE : Homme 
qui pose, femme qui pose. Se 
prend aussi adjectivement. — . 
c Tutoyez les femmes, et si elles 
protestent contre vos privautés, 
insinuez brutalement que vous 
détestez les poseuses. » (Marx.) 
— « Ces jolis poseurs à veston» 
de velours. » (P. Véron.) 

POSITIVISTE : Doctrinaire 
de l'école d'Auguste Comte qui 
a fondé la religion positive. — 
c Le citoyen Grossetéte écrit 
pour dénoncer la conduite du 
député positiviste. » {Liberté.) 

POSTE AUX CHOUX : C'est 
ainsi que dans la marine on ap- 
pelle le canot qui sert, en rade, 
aux provisions. 

POSTÉRIEUR : Derrière. — 
On dit aussi, par pure délica« 
tesse, le bas du dos, le bas de l'é* 
pine dorsale, le bas a es reins, les 
parties charnues, le bienséant, 
etc., etc. 

POSTICHE : Parade de sal- 
timbanque. — f U 8*éuit acquis 
une certaine réputation dans le 
boniment, la posticlie et la pa 
rade. On nomme ainsi le pro- 
logue que les saltimbanques 



POT 



— agS -- 



POT 



{ouent devant leur baraque. » 
(Priyat d*Anglemont.) 

POSTICHE : Rassemblement 
sur la voie publique. 

POSTILLON : « Un postillon 
est une boulette de mie de pain 
pétrie entre les doigts et renfer- 
mant un avis adressé à un déte- 
nu. » (Canler.) — - L'allusion se 
devine* 

POSTILLON : f On appelle 
postillon les cartes qui indi- 
quent le début ou la un d'une 
passe au baccarat-chemin de fer 
et à quel tableau aura lieu l'a- 
battage au baccarat-banque. Au 
chemin de fer il y a autant de 
postillons que de passes, et l'en- 
semble des passes s'appelle des 
séquences, i (Cavaillé.) 

POSTILLONS (Envoyer des) : 
Crachotter en parlant. — i Les 
élèves de M. G. projettent ce 
qu'on appelle des postillons dans 
un certain monde. » (Marx.) 

POTACHE, POTACHIEN : 
Collégien. — Le premier mot est 
une abréviation. Allusion au 
chapeau de soie, dit pot à chien, 
porté dans les collèges avant le 
képi. — - ce Écoutez, jeunes po- 
taches, qui au lieu de décliner 
rosa la rose, allez vous balader. » 
{Figaro, 75.) V. Bahut. 

POT-AU-FKU : Casanier, ar- 
riéré. — « Ce n'est pas cet imbé- 
cile qui m'aurait éclairée... il est 
d'ailleurs bien trop pot-au-feu. » 
^Balzac.) 

POT-AU FEU : «Les faux mon- 
nayeurs désignent leur creuset 
ou leur marmite à fusion sous 
le nom de pot-au-feu. » (Ra- 
basse.) 



POTARD :! Apprenti pharma* 
cien. — Allusion aux nombreux 
pots dont il est gardien. 

POTASSE, POTASSEUR:Ce 

mot désigne un piocheur mal-; 
heureux, candidat très-kbo- 
rieux, mats échouant aux exa- 
mens. — Forme de potache (?) 

POTASSER : Traraîller assi- 
dûment. — * « C'est Chauvin. 
Oncques ne l'ai vu depuis que 
nous étions cornichonaensemble 
au bahut et que nous potassions 
notre bachot, w {Vie parisienne, 
66.) 

POTEAU: Camarade.— c Bien 
réussi un pédé au chantage avec 
mon poteau Coconas. i(BeauviI« 
liera.) 

POTEAUX : Grosses jambes. 
(Dhautel.)— Gavarni définit ainsi 
celles d'une danseuse qui ruine 
ses amants : t Deux poteaux qui 
montrent la route de Clichy. j 

POTIN : Conamérage. — t Le 
petit B. est au milieu des bavar- 
dages, des cancans, des potins. > 
{Vie parisienne.) 

POTIN : Bruit, querelle, cha- 
maillerie. — c La séance de l'As- 
semblée a été calme... Un instant 
on nous avait annoncé qu'il y 
aurait quelque chose, ce qu'en 
termes de. couloirs, on appelle 
du potin. 9 (Figaro, mai 75.) 

POtlNER ! Commérer. 

POTINEUR, POTINEUSE: 
Commère mâle ou femelle. 

POTIN 1ER : Même sens que 
potineur. — . « Le Parisien cau- 
seur, bavard, potinier que le 
moindre fait divers passionnait.» 
(A. Wolff.) 



POU 

POUCE! (Et le) : S'emploie 1 
pour dire : U y a beaucoup plus 
que vous ps prétendez. 

. POUCE (Donner le coup de) : 
Étrangler. 

U y a aussi te coup de pousse 
du détaillant qui lui permet de 
vendre à faux poids avec des ba- 
lances exactes. 

POUCETTE : « Pratiquer la 
poucette, c'est augmenter son 
enjeu quand on est certain de 
gagner. A Paris, les grecs associés 
pour cette filouterie s'appellent 
des cousins. » (Cavaillé.) — L'ar- 
gent s'avance à l'aide du pouce, 
d'où le mot poucette. 

POUCHON : Bourse. (Halbert.) 
Forme de pochon : petite poche. 

Pouf : chute, déconfiture.— 
c Lés pertes que vos trous dans la 
luné, où vos pouf5, pour parler 
le style du local , lui occasion* 
ncnt. D (Vidal, 33.) V. Puf. 

POUFFIACË : Femme sale, 
avachie. 

POUIC : Rien. (Grandval.) — 
Du vieux moi paie : peu. 

POUIFFE : Argent. (Halbert.) 

POULAILLER : C'est le der- 
nier étage du théâtre. Les spec- 
tateurs y sont juchés comme sur 
un perchoir. — f Des baignoires, 
du parterre, de l'orchestre et sur- 
tout de l'aérien poulailler. 9 
(Boue de Villiers.) 

POULAlNTiC : Escroquerie 
sous prétexte d'échange. (Co- 
lombey.) 

POULE D'EAU : Blanchis- 
seuse. (Halbert.) — Se tient 
comme cet oiseau sur. le bord 
des cours d*cau. 



— 296 — POU 

POULET D'INDE : ChevaL— 
« Trois poulets d'Inde et puia 
nonsieur fer«iient un fringant 
.ittclage. » (Vadé, 1765.) 

POUPARD, POUPON : Vol 
préparé de longue main. — La 
comparaison n'a pas besoin d'ex- 
plicatioi>. — « Un petit pou- 
pard que nous nourrissons de- 
puis deux mois. » (E. Sue.) 

POUPÉE : Prostituée. Elle 
s'achète comme un jouiou. — 
a Je m'en fus rue Saint-Ho- 
noré pour y trouver ma poupée.» 
(Vidal, 33.) — En 1808, on di- 
sait poupée à ressorts. Au dernier 
siècle, on appelait catinsUs pou- 
pées, et il est à remarquer que le 
synonyme a été pris au figuré 
dans la même acception. 

POUPOULE : Mot d'amitié.— 
a Reste avec ta poupoule. » (L. 
Lemoine.) 

POURRI : Vénal, corrompu. 
— c Dans le cas où M. de la 
Baudraye serait acquis au gou- 
vernement, Sancerre devenait le 
bourg pourri de la doctrine, m 
(Balzac.) 

POURRI : Rempli. — c Je 
suis une femme hors ligne, uni- 
que, pourrie de chic, c (!';•' 
parisienne, 66.) — f Quoiqus 
né roturier, de galbe ilestpour-i 
ri. » (Idem,) 

POUSSE : Police. — Elle 
pousse les justiciables en pri- 
son. — « Archers, recors, 
exempts, et tout ce que la 
pousse a nourri de vaillant. » 
(Grandval.) 

POUSSE (Ce qui se): L'argent. 
Mot à mot : ce qui se pousse de 
la main à Tinstant où l'en paye. 



I 



PRA 



— 297 — 



PRE 



POUSSE-CAFÉ : Petit verre de 
cognac pris après le café. — 
a Ensuite nous avons pris le 
café, le pousse -caféi le repousse- 
café. » (Voizo.) 

POUSSE-CAILLOUX : Fan- 
tassin. Mot à mot : piéton pous- 
sant les cailloux du pied. — 
f Votre frère était dans les dra- 
gons, moi, j'étais dans les pousse- 
cailloux. » (Balzac.) 

POUSSÉ : Ivre. — Abréviation 
de poussé de boisson, — « Quand 
il y en a un qui est poussé de 
boisson jusqu'à la troisième ca- 
pucine, il lui met une adresse 
sur le dos, et l'emballe dans un 
sapin.» {La Correctionnelle, ^o,) 

POUSSÉE : Action de battre, 
de faire reculer. — « Nous leur 
avons f~u une belle poussée, » 
se dit après une attaque victo- 
rieuse. 

POUSSÉE : Réprimande. 
(Dhautel.) 

POUSSÉE (Belle) : Se dit iro- 
niquement d'un avantage illu- 
soire. On dit le plus souvent : 
c Voilà une belle poussée/ » d'un 
acte qui ne mène à rien. 

POUSSER DANS LE BAT- 
TANT (Se) : Boire. V. Pivois, 
Battant. 

POUSSIER : Mauvais lit. — 
c Je lui paye son garni de la rue 
Ménilmontant, un poussier de 
quinze balles par mois. > (Mon- 
selet.) 

POUSSIER : Monnaie. (Vi- 
docq.) — Synonyme exact de ce 
qui se pousse. V. plus haut. 

PRATIQUE : Homme débau- 
ché. Mot à mot : pratique de 
mauvais lieux. — « Pour ouvrir 



les portes du ciel, pourquoi choi- 
sir cette pratique ? » (Rien^i, 26.) 
— « C'était une pratique qti se 
démenait comme un enragé entre 
les mains de la garde. > (Vidal, 
33.) — « Tout cela h'est que de 
la pratique; ils t'ont fait voir le 
comme des gueux. » (Monselet.) 
V. Carotteur, Bordée. 

PRATIQUE : Instrument ser- 
vant à iniiter les cris de Polichi- 
nelle. — c Polichinelle doit ren- 
fermer sa pratique. » {Complainte 
sur les jours gras, Paris, 26.) 

PRE : Premier. —V. Preu. 

PRÉ, GRAND PRÉ : Travaux 
forcés. — Voir l'étymologie ci«- 
dessous. «>- c Ne crains pas le pré 
que je brave. 1 (Vidocq.) — « Du 
grand pré tu te cramperas, pour 
rabattre à Pantin lestement, i 
(Idem.) 

A llerfaucher au pré quinze ans: 
Avoir quinze ans de galères. Le 
grand pré est ici la mer dont les 
galériens coupaient jadis de leurs 
avirons les ondes verdâtres, 
comme des faucheurs rangés 
dans une prairie. On sait que 
les condamnés ramaient sur les 
galères du roi. 

PRÉ AU DAB COURT TOU- 
JOURS : Prison de Mazas. Allu« 
sion à la surveillance qu'on j 
exerce. V. Marguet. 

PRÉ SALÉ : La mer. (Rabasse.) 
Ce mot imagé, qui est en même 
temps un jeu de mots, confirme 
notre précédente étymologie dé 
faucher au pré. V. Igo. 

PRÉDESTINÉ : Mari prédes- 
tiné à être trompé.— « Prédes- 
tiné signifie destiné par avance 



«7- 



PRE 



^ 298 -.- 



PRO 



eu bonheur ou au malheur... 
Nous donnons à ce terme une 
•ignification fatale à aoe élus. » 
(BaUac.) 

PRKFECTANCHE : Préfecture 
de police. — Changement de 
finale. 

PREMIER, PREMIÈRE : Chef 
de rayon dans un magasin de 
nouveautés. — a Ces premières 
qui dans les magasins de nou- 
veautés regardent d'un air impo- 
sant les petites gens qui se per- 
mettent de marchander.» (Alph. 
Daudet.) 

PREMIER NUMÉRO : Incom- 
parable. — a Sac à vin, pochard 
premier numéro, il est dans 
l'ivresse du picton à quatre sous, 
^sans lance, qu'il vient de passer 
en contrebande à la barrière. » 
(Catéchisme poissard, 44.) 

PREMIER-PARIS : c Un 
grand article, appelé Premier- 
Paris, c'est une série de longues 
phrases, de grands motsqui, sem- 
blables aux corps matériels, sont 
sonores à proportion qu'ils sont 
cerux. » (A. Karr») 

PREMIÈRE : Première lettre. 
— Réminiscence des épîtres des 
apôtres. — Ne se dit qu'en fait de 
'polémique. — a Aurore écrivit à 
$on frère sa première aux Pari- 
siens.» (Michu.) 

PREMIÈRE : Première repré- 
sentation. — c Parbleu I est-ce 
que je manquerais une pre- 
mière du Palais-Royal 1 9 (Ville- 
mot.) 



PRENDS GARDE DE LE 
PERDRE : Locution ironique 
adressée au propriétaire d*une 



I 



personne ou d'une chose consi- 
dérée comme perdue ou sans va- 
leur. « Il ordonne de le faire 
empoigner, mais prends garde 
de le perdre. » {Commentaires 
de Loriot.) 

PRESSE (Il n'y a pas de) : 
il n'y a pas besoin de se presser, 
pour dire : je n'irai pas. — « Tu 
viendras, dis ? — Plus souvent ! 
Y a pas de presse. » (A 1 antot.) 

PRESSE (Mettre sous) : Mettre 
en gage. — Les objets engagés 
sont empilés au niont-de-piétc^ 
" En x8o8, on disait Mettre en 
presse. 

Dans le monde galant, être 
sous presse signifie : « Être en 
conférence intime. » 

PREU : Premier. — Abrévia- 
tion ancienne qu'on trouve déjà 
dans la Farce de Pathelin, — 
(C Tiens! v'ià le bijoutier du 
n* 10 qui vous a loué tout son 
preu (i*" étage). » (H. Monnier.) 

PRISE DE BEC : Dispute. — 
a Entendez-vous son organe! 
Elle a une prise de bec avec An- 
gelina. 9 [les Étudiants, 60.) 

PRISTI : Juron. — Abrévia- 
tion de Sapristi. V. ce mot. 

PROFONDE : Poche. Elle est 
profonde, par opposition au 
gousset. — c Ils se désignent 
entre eux sous le nom de t'ouil- 
leurs de profondes. » (Paillet.) 

PROFONDE : Cave. Elle est 
au plus profond de la maison. 
— a Je vais à la profonde vous 
chercher du frais, i (Vidocq.) 

PROIE : Derrière. (Halbert.) 



PRU — 299 — 

PROMONCERIE : Procédure. 
(Vidocq.) 

PROMONT : Procès. (Vidocq.) 
— Changement de finale. 

PRONIER, PRONIÈRE : Père, 
mère. (Halbert.) 

PROTECTEUR: Enlreteneur. 
— Onapubliéen 1841 une Phy- 
siologie du protecteur. 

PROTÉGER : Entretenir.— 
t Votre monstre d'homme pro- 
tège Jenny. 1 (Balzac.) 

PROUTE : Pet, plainte. — 
Onomatopée. V. Pet. 

PROUTER : Se plaindre, se 
fâcher. 



PUE 



PRUDHOMME, MONSIEUR 
PRUDHOMME : Bourgeois sen- 
tencieux et banal, comme le 
type populaire créd par Henry 
Monnier. — t En face de ce pa- 



PRUNE DE MONSIEUR : 
Évéque. (Vidocq.)— Il est habillé 
de TÎolet comme une prune. 

PRUSSE (Pour le roi de) •. Gra- 
tis. — Vient de es que cet Êtit ne 
payait point le 3i du mois à ses 
employés. — « S'ils viennent, ce 
sera pour le roi de Prusse. » 
(Cogniard, 3i.) 

PRUSSIEN : Derrière. —Allu- 
sion aux dyssenteries qui décimè- 
rent l'armée prussienne, pendant 
rinvasion de 1792. On a pris le 
tout pour la partie. — « Et puis 
après, la Prusse est entrée en 
France d'où la gourmandise l'a 
forcée de sortir, car elle tachait 
toutes ses chemises. i(Reys, i5.) 
— En i8i5 on a publié le Manuel 
du Prussien ou guide de i'artii" 
leur sournois. 

PUANT : Homme qu'on n« 
peut sentir, qui vouspueau nez. 



radoxe en peinture, il semble ?«« sentir, qui vous 

qu'on ait peur de passer, si on TT.^ commencé par se dire des 



élégants par trop parfumés. — 
« Ce petit puant... un petit- 
maître, toujours sans consé^ 
quence. » {Parodie de Zaire^ 
XVIII» siècle.) 

PUCES (Trouver des), Cher- 
cher des puces : chercherquerelle. 
Mot à mot : sauter sur le moin- 



ne Tadmet pas, pour un philis- 
tin, un bourgeois, un Joseph 
Prudhomme, un goitreux. » 
(Th. Gautier.)— i Les principes, 
la religion, le pays, c'est pour 
les naïfs, c'est pour les Pru- 
dhomme. » (S» Genest, j5,) 

PRUDHOMMIE : Radotage 'l^'"' * "?' 
sentencieux. — c C'est là la vraie ^ motif comme si on cherchait 
politique. Tout le reste n'est que * Prendre une puce au bond. — 
prudhommieetbanalité.f (S»Ge- ^ ^^ pourtant la Giraudeau a 
nest, 75.) I trouvé moyen de me trouver çks 

»x-.,,..« ^ i puces. j> {La Correctionnelle.) 

PRUNE, PRUNEAU : Pro- DrinmAon ir 
jectile. - Allusion de forme. ^ ' PU DIB ARD : Faussement pu- 

X C'est tout de même vexant d'à- ^*^°"^- 

voir léchappc si souvent atix PUDIBARDERIE : « Leurpu- 

prunes pnur être tué comme un ^5"^ ®*t de la pudibonderie^ je 

chien. » — « Quand j'ai reçu le ^''**' même de la /udîbarderte. » 

pruneau, j'ai dit : Bien, c'est le C^"' Rattazzi.) 

bon ! » (L, Rey baod.) j puER, PUER AU NEZ j Étn 



QUA 



— 3oo — 



QUA 



intolérable. — c J'ai été pris 
huit jours de la nostalgie. La 
caserne me pue, 3 {Commentaires 
de Loriot,) 

PUFF : lianqueroute. — « U 
serait homme à décamper gratis. 
Ce serait un puff abominable. 1 
(Balzac.) V. Pouf. 

PUFF : Réclame efiProntée. — 
Moi anglais. — tLeLafayette du 
puff qui en matière de réclames 
est le héros des deux mondes. » 
(Heine.) 

PUFFISTE : Faiseur de pu ffs. 
— c Ne laissant nulle trêve à 
l'essaim .des puffistes. » (Com- 
merson.) 

PULLING : V. Robing. 

P!JNArSE : Fille publique. — 
Vieux mot signifiant it\fecte. — 
«La scène se passe fiiubourg 
Montmartre. Une fille arrête un 
coupé et s'y glisse en criant : 
Cocher 1 au bois! — Au bois de 
lit, punaise! fait un gamin qui 
passe, s {Revue anecdotique, 62.) 

PUR : Homme sacrifiant tout 



à ses principes. On dit : c'est un 
pur. — Sou vent ironique.— «Les 
purs de la droite ont applaudi, a 
(A. Millaud, 76.) 

PUR-SANG : Cheval de race. 
— c Célestine hochait la tête 
comme un pur-sang avant la 
course, s (Balzac.) 

PURÉE : Cidre. (Vidocq.) 

PURÉE DE POIS : Absinthe. 
Allusion de couleur. V. Cogne, 

PUREUSS : Détenue reridant 
des services à Tadministration. 
V. Topiser,, 

PURGATION 2 Plaidoyer. 
(Vidocq.) — Il purge de toute 
culpabilité. 

PUTIPHARDER : Violer sans 
plus de façons que la femme de 
Putiphar. — « Ces diables de 
gens, il faut vraiment les puti* 
pharder pour avoir Thonneur 
de peindre leurs silhouettes, i 
(Champfleury.) 

PYRAMIDAL : Aussi remar- 
quable que les pyramides d'É « 
gypte. V. Granitique, 



Q 



QUANTUM : Caisse, somme 
d'argent. — Latinisme. — « En- 
core cent mille francs ! il est allé 
faire une saignée nouvelle à son 
quantum. > (Ricard.) 

QUANTUM MUTATUS:Com. 
bien il a changé ! — Latinisme. — 
« Ce vieillard qui a eu tant d'es- 
prit autrefois, quantum muta- 
tus!»(A. Millaud,75.) 



QUARANTE (Les) : Les qua« 
rante membres de l'Académie 
française. -—Se dit même quand 
elle n'est pas au complet. 

QUARANTE-CINQ A 
QUINZE.: Exclamation pro- 
verbiale, toutes les fois qu'on 
voit briser beaucoup de verre ou 
de vaisselle. (Dhautel.) Signifie 
sans doute: quarante-cinq pièces 



QUART (Battre, ftire son) : 
Se dit de la dation d'une Glle 
Bur la voie publique. Tolérée 
par la police de sept k onze heu- 
Tes du ïoir, elle &iuivaul au 
quart de» niarini. — • La tour- 
terelle j fait le quart et voua a 
des gestes de lupanar. {VU pari- 
tienne, 66.) 

QUART D'AGENT : Proprié- 
taire du quart de la valeur d'une 
charge d'agent de change. — 
I Une bourrasque fit sombrer 
son quart d'agent dans l'océan de 
la Bourse. • (Achard.) — Il y a 
des ciaquiima, dixièmes et des 
dixièmes d'agent, tans compter 
le reste. 

QUART D'AUTEUR i Auteur 
ayant toujours iravailli en col- 
laboration. 

QUART DE MARQUE : Se- 
maine. (Vidocq.) V. Marque. 

QUART DE MONDE : Monde 
asseï libre, si on veut se re- 
porter ft ce qu'est le Demi-monde 
(V. ce mot dont il est un dérivi). 
— ( Marguerite a quittf le 
quart de monde pour le nou- 
veau. Traduction libre ! elle va 
jouer en Ainérique. > {Mjrstèret 
dtCÊcole lyrique, 68.) 

QUARTDCEIL ïCoramissaire 
de police. — f Quarante-buit 
commissaires de police veillent 
sur Paris, comme quarante-huit 
providences au petit pied; de là 
vient le nom de quart d'ail que 
les voleurs leur ont donnd dans 
leur argot, puisqu'ils sont quatre 
par arrondissement, a (BaUac.) 



.1 — QUE 

— Comme le mot est antérieur Ji 
l'organisation susdite, on doit j 
voir plutdt, avec H. Michel, une 
nllusion à l'ancienne Tobe noire 
des eommissairea, dite cardeuil. 
V. Parrain. 

QUA5IM0D0 : Homme hideu- 
sement contrefait. — Du nom 
d'un type de la Notrt-Dame de 
V. Hugo. 

QUATRE COINS : Mouchoir. 
Il «quatre coins. 

QUATRE-YEUX : Veux dou- 
blés de lunettes. — t Voyeidonc 
ce grand escogriffe avec ses qua- 
tre-s'yeui. » (Catiehisme poiS' 
sard, 40.) 

QUELPOIQUE: Rien. (Hal- 
bert.) Mot à mot : quel polque ! 
c'aX-i-Ain combien pealPoique 
est Ici pris pour ^«t'c. V. ce 

QUELQUE PART : Au der- 
rière. — « Toutes le» fois que ce 
gredin-U me tutoie, c'est comme 
si je recevais un coup de pied 
quelque part, g (Sardou.) 

QUELQUE PART (Aller) ; 
Aller aux commodités. — Terme 
ancien. Les Mémoires secrets 
de Bachaumont en offrent un 
exemple dans cette repartie su- 
perbe du financier La Popeli- 
niire i un courtisan qui lui 
dit d'un air dédaigneux : 



« Il n 



mbie. 



quelque pari. R A quoi 
le financier répondit : 1 En eCEel, 
monsieur,j'j vais quelquefois. ■ ' 

QUELQUE PART (Avoir) 1 
Être ennuyé au suprjme degré. 
Augmentatir d'«it aroir plein le 
dos. Seutemenc, cela se prolonge 
un peu plus ba». — «Pour h 



QUE 



— 302 — 



QUE 



qui est de la rousse et du guet, 
je les ai queuqu'part. » (Cabas- 
sol.) 

QUELQU'UN (Faire son): 
Trancher du personnage. — c Si 
madame fait un peu sa quel- 
qu'une. » (Balzac.) 

QUENIENTK : Pas, point. 
(Halbert.) — Mot à mot : que 
non pas. Italianisme. 

QUENOTTE : Petite dent. 
(Dhautel.) « Ouvre la gargoine. 
Prends le bout de ce foulard 
dans tes quenottes. » (E. Sue.) 

QUtNOTTIER : Dentiste. 

QU b: UE : Dégénérescence, pâle 
imitation. — «Cet art-là n'est 
même pas la queue embourbée 
du genre Marie-Ântoinctte. (Th. 
Silvestre.) 

QUEUE: «A Bruxelles, plus 
d'un journal quotidien compte 
de quatre à cinq queues, c'est-à- 
dire qu'il transforme son titre en 
conservant la même matière de 
texte ou à peu près, et sert ainsi 
plusieurs catégories d'abonnés. » 
{Figaro.) 

QUEUE (Faire la) : Faire une 
infidélité galante. — a Je connais 
un général à qui on a fait des 
queues avec pas mal de particu- 
liers. » (Gavarni.) 

QUEUE (Faire la) : Escroquer 
une somme due. —Mot ancien. 
F. Michel l'a retrouvé dans une 
chronique de M. Aye [la Branche 
des royaux lignages), c Ainsi 
li firent-ils la queue par art ei 
desloiauté. » — c Sit6t que le 
fourrier s'est éloigné, les cham- 
bres retentissent de clameurs : 



C'est dégoûtant! on nous fait ta 
queue. » (La BédoUière.) 

QUEUE (Faire la) : Tromper. 
— c il faut se contraindre, et vous 
avez un fameux toupet bi vous 
parvenez à £iire la queue au 
père Lahire. » {Phys, de la 
Chaumière, 41.) 

QUEUE DE MORUE : Habit 
noir. — Cette allusion à la forme 
ancienne des pans (à bouts 
croisés faisant presque la four* 
che) n'est plus justifiée aujour- 
d'hui. De là le mot sifflet qui 
répond mieux à l'aspect actuel. 

QUEUE ROMANTIQUE : Jeu 
de mots altérant le sens' raison- 
nable de la phrase. Mûrger a ri- 
diculisé cet exercice dans la Vie 
de Bohême, DH 1620, paraissait 
le Coq à l'asne sur le mariage 
d'un courtisan grotesque, qui 
peut passer pour un recueil 
complet de ces stériles tours de 
forcew En voici la première phra- 
se : « Le courtisan sortit du pa- 
lais de la bouche, vestu de vert 
de gris, il portait un manteau de 
cheminée, le bas de mulet et les 
mulles d'Auvergne. » 

QUEUE-ROUGE : Paillasse du 
genre de Bobèche. — Allusion à 
la perruque de Bobèche qui 
était nouée par un ruban rouge. 

— tt Le public préfère générale- 
ment le queue-rouge au comé- 
dien . » (La Fizelière.) 

QUEUE DE RAT : Tabatière. 

— Allusion à la longue lanière de 
cuir qui sert pour l'ouvrir. — 
a Une de ces ignobles tabatières 
de bois vulgairement appelées 
queues de rat, 9 (V. Hugc ■) 

QUEUE DE RENARD : Vo- 



RAB 



— 3o3 -. 



RAB 



missement projeté de façon à 
laisser une longue trace. — c Un 
homme sans éducation qui a fait 
une queue de renard dans le 
plat de son voisin. » (Cabarets 
de Paris, 1 1 .) V. Renard, 

0.1/1 BUS : Écus, argent. — 
Mot ancien. Cest une abrévia- 
tion expliquée par l'exemple 
suivant : ce II a du quibus, c'est- 
à-dire des écuSy de quitus flunt 
omnia. i (Le Duchat, i ySS.) 

QUILLE : Jambe. Allusion de 
forme. — Mot ancien. — En 
1455, les gueux ou coquillarJs 
de Dijon se servaient déjà du 
mot ^m7/e5 dans le même sens, 
comme le prouve un texte cu- 
rieux qu'a publié l'archiviste de 
la Côte -d'Or, M. Garnier. — 
« La madame du pavillon qui 
met ses bas! — Plus que ça de 
quilles. 1 (Gavarni.) 

QUIMPER : Toftibcr. (Hal- 
bert.) 



QUINQUETS : Yeux bril- 
lants. (Vidocq.) Mot à mot : 
brillants comme la lampe Quin- 
quet, renommée jadis pour son 
éclat. V. Esbràuffer. 

QUINZE ANS ET PAS DÉ 
CORSET : Se dit àtcHit âge d'une 
femme dont les appas ont la fer- 
meté de la jeunesse. — « Oui, 
c'était ça! quinze ans, toutes ses 
dents et pas de corset 1 » (Zola.> 

QUINZE-VINGT : Aveugle. — 
Allusion à l'établissement de ce 
nom. — «Je suis obligé de de- 
mander mon chemin comme un 
quinze-vingt.» iJLa Correction* 
nelle.) 

QUOI (Avoir de) : Être dans 
Vaisance. Mot à mot : avoir dé 

quoi vivre. 

<iUOS, EGO : Cela vient de 
moi. — Latinisme. — « Si PAs- 
semblée trouve à redire au pro- 
cédé, M. de Bismarck lui lancera 
un quos ego quelconque et tout 
sera dit. » [Moniteur^ 72.) 



:b, 



RABAT: Manteau. — Allusion 
au grand collet des manteaux 
anciens qui se rabattait à volon- 
té sur la tête ou les épaules. 

RABATEUX DE SORGUE : 
Voleur de nuit. Mot à mot : 
chasseur, rabatteur de nuit. 
(Grandval.) 

RABIAGE : Rente. (Halbert) 

RABIBOCHER : Raccommo- 
der. — c N'en parlons plus ! Il 



faut que je me rabiboche avec 
vous. 1 (E. Sue.) 

RABIOT : Restant de soupe 
laissée au fond de la gamelle, 
temps passé par le soldat à son 
corps, après sa libération. 

RABOIN : Diable. (Vidocq.) 
V. Abadis. 

RABOTEUX : Voleur de nuit. 
(Halbert.) — Pour rabateux. 



RAC 



— 3o4 — 



RAF 



RABOULER : Revenir. V. A- 
bouler, 

RACCORDER ; Remémorer, 
prévenir. — Forme de recorder. 

— « Tu m'as bonni avant de dé- 
carrer que je te raccorde par une 
lazagne. i (Rabasse.) 

RACCOURCIR : Guillotiner. 

— La perte de la tête raccourcit. 

— Mot de création révolution- 
naire ainsi que les synonymes 
ci-jointSj tous recueillis dans le 
Père Duchêne^ 1798 : « i» La 
louve autrichienne va enfin être 
raccourcie... ^• Jusqu'à ce qu'ils 
aient tous craché dans le sac... 
3» Pour faire mettre prompte- 
ment la tête à la fenêtre à la 
louve autrichienne. . . 4* Ses bon& 
avis à la Convention pour qu'elle 
fasse promptement jouer le gé- 
néral Moustache à la mstin-chàu- 
de... 5* Qu*il fasse promptement 
passer sous le rasoir national le 
traître Bailly. > 

Le Rasoir national est le fatal 
couperet. — Cracher dans le 
sac montre la tête coupée sau- 
tant avec un jet de sang dans le 
sac de son. — Mettre la tête à la 
fenêtre, jouer à la main-chaude 
font allusion à l'attitude du sup- 
plicié, mettant la tête à la lunette, 
à genoux, mains liées derrière 
le dos, attendant le coup comme 
à lu main-chaude, 

RACLÉE : Rosstie. — Elle ra- 
cle la peau. — ce Ça lui procura 
de leur part quelques bonnes ra- 
clées. A (L. Desnoyrxs.) 

RACLETTE : Ronde de poli- 
ce. — Elle racle les gens sans 
aveu sur son passage. (V. Balai.) 

— Se dit aussi de la police en 
général. 



RACONTAR : Racontage. — 
Anglicanisme. — c La bonho- 
mie de 8Ç8 racontars honnêtes 
et modérés. > (P. Véron.) — 
« Dans une loge d'ip'^mmes, tes 
racontars de clubs vont leur 
train. > (Vie parisienne, 67.) 

RADE, RADEAU : Comptoir, 
tiroir. — Genre incertain. Vient 
de radis.^ c La rade est le comp- 
toir du marchand de vin. i (A. 
Monnier.) 

Faire le rade : Voler au comp- 
toir. — « Dix-huit ans, je foisais 
le rade et la condition. 1 (Beau- 
villier.) 

RADICREK : Remoudre. (Hal- 
bert.) —-Onomatopée. 

RADICREUR : Rémouleur. 
(Idem.) 

RADIN : Gousset. (Colombey.) 

RADIN, RADIS : Argent mon- 
nayé. — « lie radin, c'est l'ar- 
gent du comptoir, on dit n'avoir 
pas un radis pour n'avoir pas 
un sou. » (A. Nlonnier.) — Voler 
au radin, c'est voler le tiroir 
d'un comptoir en l'absence du 
patron. Quand on se sert d'un 
enfant, cela s'appelle voler au 
radin, aupégriot. Il y a toujours 
un compère, faux acheteur, qui 
fait le guet. 

Faire un radin : Voler l'ar- 
gent du comptoir. 

RAFFALE : Misère. (Vidocq.) 
Mot à mot : tourmente, mau- 
vaise fortune. — Être dans la 
raffale : Être dans la misère. 
(Rabasse.) Nous vient sans doute 
de la marine. 

RAFFALÉ : Misérable. — 



RAI — 3( 

«Tous les hommes sont de* raf- 
h\éa, des pingres. ■ (Ljmol.) 

RAFFURER : Regagner. V. 
Affiatr. 

RAFIAU s Bâtiment léger. — 
« J' Tiï jcHment grier notre ra- 
fiau, tu verra». » (Phys. du ma- 
telot.) 

RAFELER : Donner. V. Man- 
queue. — Forme de refiler, 

RAFLA :Notes rudimentaircs 
de la batterie du tambour. — 
c Le tambour-major bal la me- 
sure det ra et Attfia. * <M. Saint- 
Hilairc.) 

RAFRAICHIR D'UN COUP 
DE SABRE (se) : Se battre. — 
Allusion à la sensation du Troid 

lame pénétrer dans les chairs. — 
a Tu caponnes... D'un coup de 
sabre avec moi t'as peur de te ra- 
fraîchir. I {Rienji, x6.} 

RAGOT : Conte absurde. — 
(La Bourse particulièrement se 
laisse influencer par des ragots 
qui ne mériteraient pas cinq 
centimes de baisse, s (£« Temps, 
67.) 

RAGOUTER: Éveiller les 
soupçons. (Rabasse.) C'est-i- 
dire : exciter le désir de la po- 
lice. 

RAIDE : Difficile à croire ou à 
supporter. — i Des choses qu'on 
ne saurait répéter devant vous, 
mademoiselle... — C'est donc 
bien raide, répliqua l'ingénue, x 
Figaro, juin 7*.) — « Un gros 
volume, sept francs. C'est raide. b 
(AI. Dumas lîls.) 

RAIDE, RUDE : Eau-de-vie.- 
Elle gratte le gosier. — t Comme 



RAL 

dit le proverbe, un peu de rnide 
fait grand bien. ■ (Bardas.) 

RAIDE COMME LA JUSTICE; 
Être ivre sans vouloir le paraîtra, 
se redressant avec affectation. 
— i II est assez raide comme cela. 
C'est la faute au petit bleu. g(Vi* 
paris., 66.) — s Dis donc, Jules, 
tu as bien dfnéi... Il est raide 
comme la )Uslice. t (Mo.'fselet.) 

RAIDE COMME BALLE : Ra- 
pide comme un projectile. — vil 
a filé son chemin, raide comme 
une balle. » (Vidal, 33.) 

RAIGUISÉ : Perdu. — « U 
propriétaire des couteaux attend 
encore, et ses amis lui dirent 
en langue verte : Tes couteaux 
sont raiguiséa, mon vieui. » (Fi- 
garo, 76.) — Se dit pour un 
homme mort comme pour une 
chose disparue. 

RAILLE : Police. — Du mot 
irailler, arrêter. — s La raille 
maron le servira poUr un deu- 
xième gerbement. i (Vidocq.) 

RAILLE : Inspecteur de poli- 
ce. — cLes inspecteurs depoiice 
sont des rails dans le langage 
des prostituées, i (Parent Du- 
cbatelet.) 

RAISINÉ : Sang. (Halbert.) — 
Allusion de couleur. — t Tu ei 
sans raisiné dans lea yermi- 
chels. > (Balzac.) 

RALEUR : Homme qui mar^ 
chaude ssns acheter. — c Le râ- 
leur marchande, Cesl son occu- 
pation, II admire plu* d'une 
chose, mais il faut quii réflé- 
chisse. Il repassera demain.» 
fChampfleury.) 

RALEUSES : ■ RacoleiiSM o-j 



RAM 

couriiires llchécs par lei inar- 
chands (du Temple) tiirlegonje 
pour leforcer à acheter, i (Mor- 

RAMA : < Lm rien» contti- 
tuent cbei cenain«i cUekb parl- 
«ienne* un etpri t drdlaiique dans 
lequel la béti&e entre commï 
un élément principal et donllc 
mérite consiste particulièrement 
dans le geste ei la prononciation. 
Cette espèce d'argot varie conti- 
nuellement. Larfcenteinvenlioi} 
duOioruma, qui portait l'illusion 
de l'optique i un plus haut degré 
que dans les panoramas, B""' 
amené dans quelques alelien 
peiniure labnlaislede parlei 
rama... s Kh bien] 
■ Poiret, dit l'employé, 
« va cette petite santé raina T 
(Balzac, PèreGoriol.) 

RAMASSER : -Arrêter, faire 
prisonnier. — f Les coquins 
étaient terribles. J'en ai ramassé 
troia mille sanscompierlea morts 
et les blessés, t (Général Chris- 
tophe. Lettres, 1 1 .J ~ « A ta cla- 
meur du quartier, la police ra- 
massait une belle demoiaelle. ■ 
(A. Arnault, 34.) 

RAMA.SSER (se) : Se relever 
apris une chute. — «Se ramas- 
sant, le vieux cria :■ Faussaire 1» 
<F. Deano/ers.) 

• Ramasser des fourreaux de 
baïonnettes, c'est (traduction libre 
pour les pékin>) arriver après la 
bataille. » (F. Magnac.) 

RAMASTlQUEURîFilou ra- 
massant à terre des bijoux faux 
perdus par un compère et les cé- 
dant à un passant moyennant 
uoc prime qui dépasse leur vo- 
leur réelle. — C'est le mot ramas- 



)6 -, RAP 

ttur avec changement d» fi**to 
— « Lf ramatiique (tic) poatet- 
seur d'un bijou bus qu'il vcuiî 
pour de l'or. ■ (Phil. Chaslea.) 

RAMBUTEAU : GuéritoUri- 
nair. Du nom du préfet qui en a 
doté la voie publique. 

RAME : Plume. (Hatbeit.) — 
Elle ressemble i une rame de 

RAMENER : Ramener ses 
cheveux sur les tempes pour dé- 



calvitie. — « Ce brave Dubreuil 
commence à arborer le genou... 
Ne blaguons pas Dubreuil, il y 
a déjà deux ans que je ramène.» 
{Vit parisienne, 66.] 

RAMENEUR : Homme qui 
ramène ses cheveux, comme ci- 
dessus. 

RAMOLLI î Imbécile. — Allu- 
sion aux effets du ramollisse- 
ment cérébral. — « Pour ne pas 
tomber dans la classe des ra- 
mollis. I [Vie parisienne, 67.) 
V. Goitreux. — ( Les ramollis 
de l'Opéra. 1 (Briollet.) 

RANGÉ DES VOITURES : 
Revenu à une vie calme, honnê- 
te. Moi i mot : à l'écart des dan- 
gers de la circulation parisienne. 
A vingt et un ans, rangé 
des voilures !ii(Beiiuvillier.) Dans 
ce dernier exemple, cela veut dire 
je ne vole plus. 

RAOUT : Réception de jour. 

Mot angisia. — a Ces cheva- 
:rs d'industrie que l'on voit à 
Paria dans les raouts. ■(?. de 
Kock,4D.) 9 

RAPATU ! Pou. (Halbert-) — 
Allusion à la ténacité de ses pat- 



RAS — ; 

RAPE D'ORIENT: DiamtDt. 
\Petit Diel. d'argot, 44.) 

RAPIAT : Avare, aride, pil- 
lard. — Abréviation de rapinew. 
— «Je Bei connaît toua, cea rH' 
piata-li. a Balzac) 

RAPIN : ■ Ce ]ojaix élèn en 
peinture qu'en style d'atelier on 
appelle un rapin. s (Balzac.) 

RAPIOTER : Rapiécer. Mot à 
mot : rapiiçotier. — » Monsieui 
faites donc rapioter les trous d 
yotrehabil. i>{MornBnd.) 

RAPPLIQUER : Revenir, ri 
pliquer. V. Flaeul, Suage. 

Rappliquer à la nicite : Rentrer 
au louis. V, Poivrot. 

RASER : Railler. — Jadis on 
disait/airf la barbe . — ■ Pour 
■viser au moyen de faire la barbe 
à la miintcipalitt! de Paris. «(Hé- 
bert, 1793.) — • Noua avons Ét^ 
voir les Mauresques. Dieul le) 
avons-nous rasées aiec nos plai- 
santeries. » [Comm. de Loriot.) 

RASEUR : t U raseur est l'in- 
dividu qui croit VOUS intéresser 
infiniment par le récit des choses 
les plus ennuyeuses. Une fois 
qu'il tient votre bras, le raseur 
ne voua quitte plu*. • (A. Scholl, 
53.) 

RASOIR ! Raseur. V. ce mot. 

RASOIR : Qui rafle tout, qui 
rase tout, a Une de ces mains 
inépuisables qu'on appelle dans 
l'argot dfs joueurs des mains ra- 
soirs. . (Cavaillé.) 

RASOIR:nLe conte, l'histoire, 
l'anecdote ou le bon mot, dans l>i 
bouche d'un raseur, ■ 
rasoir.a (J, Duflot.] 

RÂIOIR : Jamais. Mot à 



)? -T RAT 

c'est rosi. — i Tu lui aurai» 
rendu sa politesse?... Plus sou- 
vent! A un daim de ce tonneau! 
Rasoir! > (Monietet.) 

RASPAIL : Eau-de-vie. — Al- 
lusion i l'alcool camphré souvent 
prescrit par Raspsil. Cest ainsi 
que l'eau-de-vie est appelée 

RAT : Voleur exploitant dan» 
lei auberges de campagne les 
chambres à plusieurs lits. — ( Il 
se relève. Touille les poches de» 
voisins, jette par la fenêtre i un 
complice le produit du vol et se 
recouche pour crier le matin au 
voleur! plus fort que tous lea. 
autre). » (Rabasse.) 

RAT : Ëlive danseuse. — Al- 
lusion à ton trot menu et i ses. 

■ A l'Opéra, le type de la figu- 
rante ae subdivise en plusieurs 
catégories : la choriste, la dan- 
seuse, le rat (éltre danseuse), la. 
ligurante simple ou marcheuse. ■ 
{Physiologie du Théâtre,^!.) — 
I Le rat est un des éléments de 
l'Opéra, car il est à la première 
danseuse ce que le petit clerc est 

par les portiers, les pauvres, le» 
irs, les danseurs. Il n'y a que- 
la plus grande miaire qui puisse 
:il1er à un enbnt de hiHt 
le livrer ses pieds et set ar- 
ticulations aux plus durs sup- 
plices, de rester sage jusqu'ï 
lix-hult ans, uniquement par 
ipéculation, et de se flanquer 
l'une horrible vieille, comme 
'ous mettez du fumier autour 
l'unejolie fleur... ■(Roqueplan, 
41) 
RAT i Bougecir, — Bougie 



RAT 



— 3o8 — 



RAT 



dont le brin mince et tortillé 
rappelait la queue du rat. — c Je 
vous demanderai la permission 
d'allumer mon rat. » (H. Mon- 
nier.) 

RAT : Voleur de pain. (Co- 
lombey.) 

RAT : Employé des contribu- 
tions indirectes. Abréviation de 
rai de cave, qui fait allusion aux 
lieux où sa charge l'envoie exer- 
cer. 

RAT : Avare. — f Je vous dé- 
nonce mon propriétaire, qui est 
un rat fini. • (Bertall.) 

RAT, RATON : « Ptiit pégriot 
se cachant à la brune sous un 
comptoir, afin d'ouvrir, la nuit, 
la porte du magasin à ses col- 
lègues. » (A. Mon nier.) 

RAT : Caprice, fantaisie trot- 
tant de nuit dans la cervelle. 
(Dhautel.) 

RAT : c Cette expression s'ap- 
plique à tout retardataire de 
l'École polytechnique. Quicon- 
que, après son examen de sortie, 
est exclu par son rang des ponts 
et chaussées est rat de ponts; le 
rat de soupe est celui qui arrive 
trop tard à table, i (La Bédol- 
lière.) 

RAT (mon) : Terme d'amitié. 
— a Que tu es belle, mon chat... 
Adorable, mon petit rat ! » (E. Vil- 
lars.) 

RAT DE PRISON : Avocat. — 
Allusion à ses visites aux pri- 
sonniers. 

RATA : Abréviation de rata- 
touille. — c Pour le rata, faites 
bouillir de IVau, prenez des pom- 
mes de terre, ajoutez 3 kilo- 



grammes de lard par cent hom- 
mes et servez. » (La Bédollière.) 

RATAFIA DE GRENOUIL- 
\ .ES : Eau. >— c C'est la nourriture, 
le ratafia de grenouilles qui m'ont 
dérangé. » {Comm. de Loriot.) 

RATÉ : c Un médecin tans di- 
plôme, un poète sans éditeur, un 
chanteur sans engagement, des 
déclassés, des fruits secs, des ra- 
tés, tous enragés comme lui con- 
tre la société qui ne voulait pas 
de leurs talents, i (A. Daudet, 
76.) 

RATIBOISER : Rafier. Dimi- 
nutif de ratisser : « Ces messieurs 
m*ont ratiboisé 120 francs, mais 
là! haut la main. » (Cavaillé.) 

RATICHON : Peigne. (Hal- 
bjrt.) Mot à mot : petit rflteau. 
LMmage est exacte. 

RATICHON : Prêtre. Mot à 
mot : ratissé, rasé, — Allusion à 
sa tonsure et à sa figure rasée. 
V. Momir, Rebâtir, 

RATICHONNER: Peigner. 
(Halbert.) 

RATICHONNIÈRE : Couvent. 

(Vidocq.) 

RATISSÉ (être) : Être évincé. 
~ d Allons! cette fois je suis 
bien ratissé! » (Marquet.) 

RATISSER : Ruiner. — « Pas 
nous qui avons perdu de l'ar- 
gent... Pas vous non plus, puis- 
que vous êtes ratisses. » (Zola.) 

RATISSER : Escroquer. (Ra- 
basse.) 

RATISSER LA COUENNE t 
Faire la barbe. 

RATON : V. Rat (7* article.) 



RAZ 



— 3o9 -^ 



REB 



RAVAGEUR : • Les ravageurs 
commettent des vols sur les ba- 
teaux-lavoirs... Ils s'emparent du 
linge étendu... Ce genre de vol 
s'appelle vol au ravageur, » (Ra- 
basse.) 

RAVAGEURS : « Ils travaillent 
un instant après la pluie. Alors 
Teau a charrié dans les rigoles 
ménagées par le pavé tous les 
morceaux de clous et de ferraille 
quelle a pu emporter en pas- 
sant... La besogne faite, ils ven- 
dent un sou la livre leur misé- 
rable butin. » (Berthaud, 46.) — ' 
Les Mystères de Paris montrent 
cette industrie s'exerçant sur la 
Seine : « Le ravageur puise à 
Taide d'une drague le sable sous 
la vase, puis il le lave comme un 
minerai, et en retire une gran- 
de quantité de parcelles métalli- 
ques. » (E. Sue.) 

RAVIGNOLÉ : Récidive. — 
c Je n'ai pas coqûé mon centre^ 
de tafFe du ravignolé; ainsi si 
vouzailles brodez à mezigue, il 
faut balancer la lazagne au centre 
de Jean-Louis Laurant, au castuc 
de Canelle. i (Vidocq.) 

RAZE, RAZI : Curé. (HaU 
bert.) — 11 est rasé.V. Ratichon, 

riAZZIA : Enlèvement général. 
— Le mot date de notre guerre 
d* Afrique. En France, au xv" siè- 
cle, on disait rei^e, ce qui était 
la même chose. — « Il exerçait 
de véritables razzias à l'endroit 
des tasses de chocolat. • (A. Se- 
cond.) — a On n'oublie pas assez 
le chemin de ces tripots. L'autre 
jour, encore, on a opéré une raz- 
zia sur les hauteurs de Batignol- 
les. I (P. Véron.) 



RÉAC : Réactionnaire. — Date 
de 1848. — cil s'agira seulement 
d'applaudir nos orateurs, et d'a- 
platir les réacs. » (Chenu.) Se 
prend aussi adjectivement. 

c Mais lui, ce reporter, lui qui 
naguère encore, en style réac, 
mais hardi, urinait ses échos... i 
(R. Fauvel.) 

RÉALISME : Culte exclusif de 
la réalité dans l'art ou la littéra- 
ture. -* c A rheure qu'il est, le 
mot réalisme a fait son trou dans 
le Dictionnaire, i (Champfleury, 
58.) 

RÉALISTE : Artiste ou ro- 
mancier s'appliquant à repro- 
duire les scènes de la vie réelle, 
sans reculer devant leurs laideurs. 
— Rétif de La Bretonne a em- 
ployé ce mot dans une critique 
littéraire de son Monsieur Nico- 
las; il parle des réalistes du Jour 
parmi lesquels il tenait, sans s*en 
douter, la première place. 

REBATIR : Tuer. — Pour re- 
bâtir, il faut démolir, — c Si tu 
consens à nous laisser rebfttlr le 
ratichon et sa larbine, nous irons 
pioncer dans le sabri du rupin 
de ton villois, à cinquante patu- 
rons de la chique de la daronne 
du mec des mecs, i (Vidocq.) 

REBECTAGE : Lutte. — « Au 
bout de six mois malade à Saint- 
Lazare! Rebectage de mon côté, 
plus d'argent. » (Beauvillier.) 

RÉBÉQUER (se) : Se défen- 
dre. Mot à mot : riposter à coups 
de bec. — a Allez-y : tapez sur 
la bétel... Et il ne fallait qu'elle 
s'avisât de se rébéquer. » (Zola.) 

REBIFFE -.Vengeance. (Vi- 
docq.) 



REC 



— 3IO — 



REG 



REBIFFER (se) : Se redresser. 
«— Un soldai qui se rebiffe est un 
homme au port martial. — Un 
cheval qui se rebiffe porte haut 
la tête. 

REBONNETER : Flatter. (Vi- 
<locq.) 

REBOUISER : Considérer at- 
tentivement. (Idem.) 

REBOUISEUR : c Au marché 
<iu Temple, les rebouiseurs ou 
ressuceurs achetaient les vieilles 
hardes pour les remettre à neuf. 9 
<E. Sue.) 

REBOURS : Déménagement 
clandestin. 

RECEVOIR SON DÉCOMP- 
TE : Mourir. — c Tué roide 
sur le champ de bataille, le 
beau tambour-major avait, pour 
parler en stjle de bivouac, reçu 
son décompte. » (Ricard.) 

RÉCHAUFFANTE : Perruque. 
Elle réchauffe les chauves. 

RÉCHAUFFÉ (c'est du) : Cest 
tin vieil argument, c'est une ma- 
nœuvre usée, comme les mets de 
la veille qu*on réchauffe le len- 
demain. 

RÉCHAUFFER: Ennuyer. 
<Vidoçq.) — Même allusion que 
dans bassiner, faire suer, 

RbICHIGNER : Renoncer. (Ra 
basse.) 

RECONNOBRER, RECON- 
NOBLER : Reconnaître. (Vi- 
docq, Rabasse.) — C'est recon- 
naître avtc changement de finale. 
V. Parrain, 

RECOQUER : Rendre. (Grand- 
val.) 



RECORDER : Tuer. (Hal^ 

bert.) 

RECORDER : Prévenir. 
(Idem.) — Vieux mot. 

REDANI : Grâce. (Idem.) 

REOIN : Bourse. Pour Radin. 

REDOUBLEMENT DE FIÈ- 
VRE : Charge nouvelle surgis- 
sant pendant une instruction. 

REDOUILLER : Riposter. V. 
Merlins, 

REDRESSE (être à la) : Être 
rusé. (Rabasse.) 

RÉDUIT : Bourse. — C'est le 
réduit de la monnaie. 

REFAIRE, REFAIRE AU 
MÊME, REFAIRE DANSLE 
DUR: Tromper. — « Dindonné, 
ce que nous appelons refait au 
même. » (Balzac.) V. Faire, dont 
refaire est l'augmentatif. 

REFAIRE: Manger. (Hal- 
bert.) Nous disons se refaire dans 
le même sens. 

REFAITE : Repas. (Vidocq.) 

— Vieux mot. 

REFAITER : Prendre un repas. 

REFILER: Retrouver. V. 
Greffier. 

REFILER : Donner. Voir 
Chouette. 

REFILER, REPASSER : Don- 
ner un vol nourri, V. Camelotte. 

REFROIDIR : Tuer. Effet pris 
pour la cause. V. Mecque, Suage. 

REGALIA : Cigare de la Ha- 
vane : Mot à mot : cigare royal. 

— c La chique, c'est la sœur ca« 
dette du londrès, du regalia. » 
(Vermersch.) 






REL 



^ 3ii ^ 



RÉM 



RÉGENCE : Digne des roue- 
ries galantes de la cour du régent. 
— c Si on allait lui faire un 
crime de la fragilité de ses mœurs 
un peu régence? » (P. Borel, 
33.) 

REGINGLARD : Vin nouveau, 
piquette. C'est un Ginglard re- 
doublé. — a A Paris, à Sens, on 
nomme reginglard le vin léger 
et légèrement acide. » (Vlnter- 
tnidiaire.) 

REGON : Dette. 

REGONSER : Devoir. (Hal- 
bert.) 

RE GOUT : Rancune. — 
a Y' vous aime. Raccommodez- 
vous donc là, sans ragoût. » 
{Catéchisme poissard, 40.J 

R E G O U T (faire du) : Être 
arrêté. (Halbert.) 

Dans le glossaire de Colom- 
bey, faire du regout est manquer 
de prudence, ce qui parait plus 
vraisemblable. 

REJACQUER : Crier. (Grand- 
val.) — Vieux mot. — En patois 
lorrain, on appelle encore jaque 
le geai, qui est un Oiseau fort 
bruyant. 

RÉJOUISSANCE : Os glissé 
par les bouchers dans la viande 
pesée à leurs pratiques. — a Les 
bouchers ajoutent encore des os 
qu'on appelle ironiquement ré- 
jouissances, » (Mercier, 1783.) 

RÉJOUISSANCE : A fini par 
se dire ironiquement d'une fem- 
me maigre. — c Faut voir ça au 
déballage. Y a peut-être plus de 
réjouissance que de viande là- 
dessous. • (Neuville.) 

RELEVANTE : Moutarde. 



(Colombey.) Elle relève les ali- 
ments. 

RELEVER (la) : Se faire don- 
ner de l'argent, 

R E LICH E R : Embrasser. — 
Forme de relécher, c Qu'elle se 
laissât surprendre à se faire re- 
licher dehors... Il lui couperait 
le cou. i (Zola.) 

RELUIT : Jour, œil. Les yeux 
reluisent. V. Coquer, Luisant, 
Chasse. 

RELUQUER : Examiner. 
•—Vieux mot. Allucar se disait 
déjà en langue romane pour : re- 
garder fixement» , V. Rembro-- 
quer. 

RELUQUEUR : Homme qui 
regarde obstinément les femmes. 

RÈMAQUILLER : Refaire. 
(Vidocq.) 

REMBROCABLE : Reconnais- 
sable. (IJem.) 

REMBROCAGE DE PAR- 
R A I N S : Confrontation. V. Rem- 
broquer, 

REMBROQUANT : Miroir. 
(Halbert.) En se nîirant on se 
rembroque soi-même. 

REMBROQUER : Examiner 
avec attention. Mot à mot : em- 
brocher du regard. Nous disons 
aussi regard perçant* V. Abadis, 
Béquille, Moucharde, etc. 

REMERCIER SON BOULAN- 
GER : Mourir. Mot à mot : 
n'avoir plus besoin de manger 
du pain. V. Pipe {casser sa), 

REMISER : Conduire en pri- 
son. V. Fihr, 

REMISIER : Courtier d'opéra- 



REN 



- 3l2 - 



REN 



tions de bourse sur lesquelles il 
a une remise. 

REMOUCHËR, REMOU- 
QUER : Observer. V. Rembro- 
quer. 

R'moucbez-moi un peu c* Urbio 
Soui M fourrure de cosaque. 

(Richepin.) 

REMPARDEUSE : Prostituée 
de rempart. (Rabasse.) 

REMPLISSAGE : Prose ajou- 
tée dans le seul but d'allonger 
un texte. — c II a trouvé beau- 
coup de remplissage dans mon 
dernier livre. » (Ricard.) 

RENARD : Second degré du 
compagnonnage. — c Pour être 
compagnon, tu seras lapin ou 
apprenti, plus tard tu passeras 
renard ou aspirant. » (Biéville.) 

RENARD : Vomissement. — 
Le voyageur Jacques Lesaige dit 
déjà en parlant des effets du mal 
de mer : c Loué soit Dieu ! j'avois 
bon apétit, car je n'avois fait que 
escorchier le regnart. » (i5i8.) 
V. Piquer, Queue. 

RENARD : c II va prendre son 
renard : un bouillon et une cho- 
pine de vin dedans, i (Le Su- 
blime, 72.) — Allusion au mot 
renard (vomissement), qui re- 
présente un mélange d'aliments. 

RENARDER : Vomir. — c Je 
suis gris... Vous me permettrez 
de renarder dans le kiosque. » 
(Balzac.) Jadis on disait renau- 
der. 

RENARDER : Trahir. Le re- 
nard est renommé pour sa traî- 
trise. — c Polyte et toi avec, vous 
avez renarde. •• — Trahir les 



amis, jamais 1 i (Ponson du Ter* 
rail.) 

RENAUDER : Refuser. (Vi- 
docq.) Du vieux mot renauder : 
vomir. — c Quand elle quête, 
merci 1 chacun renaude ou dé- 
tale. 1 (Léonard.) 

RENAUDEUR : Qui n'est 
jamais content. (Rabasse.) 

RENCONTRE (vol à la) :« Va- 
riété du vol à la tire. Il est opéré 
par deux compères : le premier 
heurte un passant dont il déta- 
che la chaîne qui est aussitôt 
remise au second ; puis il s'éloigne 
en s'excusant et se laissant fouil- 
ler, si on découvre le vol. »(Can- 
1er.) — Ce vol se foit souvent 
aussi en simulant une méprise. 
On bouscule le volé qu'on a pris 
pour un autre. Si on se sauve, 
on l'étourdit d'un coup de poing 
sur la figure. (Rabasse.) 

RENCONTRE (faire à la) : 
a Le malheureux reçoit dans la 
poitrine un terrible coup de tête. 
C'est ce qu'on appelle en argot 
le faire à la rencontre, a (Ad. 
Rocher, 67.) 

RENDEZ-MOI (voler au) : Vo- 
ler un marchand en lui deman- 
dant la monnaie d'une pièce de 
5 ou de 20 francs qu'on a dépo* 
sée sur le comptoir, puis remise 
subtilement dans sa poche. (Ra< 
basse.) 

RENDRE SES COMPTES : 
Vomir. Mot à mot : rendre les 
comptes que vous demande un 
estomac trop chargé. — c A la 
dix-huitième canette, le néophyte 
rendit ses comptes. » (Michu.) 

RENE (saisir la troisième) s 



ren 



— 3i3 — 



RÉP 



S'accrocher à la crinière du che- 
val sur lequel on ne peut se 
maintenir. 

RENFONCEMENT : Bour- 
rade. — a II m'envoya un ren- 
foncement que j*en ai vu trente- 
six mille chandelles romaines, i 
(Ladimir.) 

RENFRUSQUINER : Vêtir. 
RENG : Cent. (Halbert.) 

RENGAINER : Se taire. (Ra- 
basse.) C'est-à-dire rengainer sa 
parole. 

RENGAINER SON COMPLI- 
MENT : Ne pas dire ce qu'on 
voulait. 

RENGRACIER : Devenir hon- 
nête. Mot à mot : rentrer en grâce 
de la société. — « Jamais tu ne 
rengracieras. Plutôt caner en 
goupinant. 9 (Vidocq.) 

RENGRACIER : Ne rien dire. 
(Rabasse.) 

RENIFLER : Boire d'un trait, 
en aspirant, comme si on reni- 
flait. — a Et nous avons chacun 
reniflé cinq litres à dix sous. » 
(Moinaux.) 

RENIFLER : Sentir, deviner. 
V. Pante. 

RENIFLER : Refuser. — a Le 
premier jour, j'ai reniflé sur ma 
gamelle et j'ai lâché ma portion 
de bœuf, i {jCommentairei de 
Loriot.) 

RENIFLEUR DE CAME- 
LOTTE A LA FLAN : Voleur 
dépouillant les étalages. — Re- 
nifleur rend bien la vitesse aspi- 
rante du procédé. On sait que 
à la flan veut dire au hasard, 
comme cela se trouve. 

RENQUILLER : Rentrer. 



RENVERSANT : Superbe. — 
« Parfait I aux petits ognons I Je 
vous ai vues è l'ouverture des 
BouCfes... Des pelures renver* 
santes< i (Villars.) 

R E P I G E R : Rattraper. — 
« Attends, toi ! si je peux te repi* 
ger un jour! i (Moinaux.) 

REPINCER : Rattraper. — ^ 
« J'en suis encore pour mes vingt 
centimes, je te repincerai, vieux 
carottier! » (Marquet.) 

REPIQUAGE : Action de re- 
piquer. '^ « Quatre à z'un... 
Bon! Le repiquage sur quatre, 
c'est infaillible!... » fait dire 
M. Boue de Villiers à un joueur 
d'écarté dans le Petit Bonhomme 
d*Êvreux. 

REPIQUER ! Reprendre le 
dessus, soit au jeu, soit en affai- 
res, soit en cas de maladie. 

REPIQUER : Recommencer. 
— <i On repiqua son chaste can- 
can. 9 (Privât d'Anglemont, 46.) 

REPIQUER : Se rendormir. 
De piquer son chien. — t Au 
plus fort de la chaleur, on repi- 
que dur. » {Vie parisienne, 66.) 

REPLÂTRÉE : Grossièrement 
fardée. * « Des vieilles replâ- 
trées, des jeunes très-sales. » 
(Zola.) 

RÉPONSE : Opération de 
bourse expliquée par Tezemple 
suivant : — « A chaque liquida- 
tion, les acheteurs à prime dé- 
clarent s*ils abandonnent la pri- 
me, ou s'ils maintiennent leur 
marché : ce qui 8*appelle en 
boursicoterie donner sa réponse.» 
{Boursicotier isme, 58.) 

18 



RES 



- 3 



REPORT : Opération de 
bourse. V. ci-dessous. 

REPORTAG Ë : Métier de chro- 
niqueur, ou reporter. — « Un de 
<:es journaux où les Marguerite 
Gautier (lorettes) du reportage se 
refont une virginité. 9 (L. Bieiv 
venu.) 

REPORTER : f Si vous êtes 
«cheteur de rente et si la rente 
baisse, vous pouvez continuer 
votre opération en vous faisant 
reporter. On ajoute alors au cours 
le prixdu report, plus un nouveau 
•courtage. La cherté des reports 
tempère souvent les disposi- 
tions à la hausse, d (De Méri- 
clet, 36,) — a Je Tavais dit à Er- 
nest : reporte 1 II n'a pas reporté. 
Et tu vois... 11 plonge. » (L.-G. 
Jacques, 68.) 

REPORTER : Nouvelliste. Mot 
à mot : rapporteur de nouvelles. 
— « La presse de Paris compte 
ici de nombreux reporters. » 
(A. Rocher, 67.) — « Il n'y a pas 
de député qui ne soit reporter à 
ses heures. » {Figaro, 76.) 

REPOUSSANT : Fusil. — 11 
.repousse l'épaule. 

REPOUSSER : Sentir mauvais. 
(Rabasse.) — Effet pris pour la 
•cause. 

REQUILLER : Remettre 
d'aplomb. Mut à mot : sur ses 
quilles. 

RESOLIR : Revendre. 

RESPl U ANTE : Bouche. — Ef- 
fet pris pour la cause. — a II lui 
bouchait la respirante par c't' ar- 
gument du port Saint-Nicolas...» 
(Cabassol.) 

RESUCÉ, DE LA TROISIÈME 



14 - RET 

RESUCÉE : Flétri par fusa^ 
fané, usé. — Allusion au bâton 
de sucre d'orge que se repassent 
plusieurs gamins. — a Gervaise, 
un jour que Coupeau regrettait 
leur mariage, s'emporta. Ah ! 
elle lui avait apporté la resucée 
des autres. > (Zola.) 

RESUCEUR : V. Rebouiseur. 

RÉSURRECTION (la): La 
prison de Saint-Lazare. — Allu- 
sion biblique à Lazare le ressus- 
cité. 

RETAPE (faire sa) : Chercher 
galant. — Vient de l'argot des vo- 
leurs qui disaient autrefois a//er 
à la retape pour : s'embusquer 
sur le grand chemin. — <c C'est 
moi qui lui ai donné l'idée de 
faire sa retappe (sic), avec un cou- 
tume décent et un carton à cha- 
peau à la main. » (Cinquante 
miile voleurs de plus à Paris, 
Paris, 3o.) 

RETAPEUSE : Raccrocheuse. 

En robes plus ou moins pompeusesy 
Elles vont comme des souris; 
Ce sont les jeunes retapeuses 
Qui fout la gloire de Paris. 

(A. Glatigny.) 

RETIENS (je te) : Se dit iro- 
niquement pour : Je retiendrai 
ce que tu dis ou ce que tu fais. 
— a L'amie : Il fallait aller jouer 
ailleurs. — Irma : Où cela? en 
province ? Merci 1... Je te retiens, 
toi. » (Monselet.) 

RETIENS POUR LA PRE- 
MIÈRE CONTREDANSE (J3 te): 
Je ne manquerai pas la première 
occasion de te battre. Mot à mot : 
de te faire danser. 

RETIRO : Lieu retiré.— Mot 



RlC 



- 3i5 - 



RIF 



espagnol. En vieux français on 
disait retrait, et on ne le dit 
plus, je ne sais pouixjuot. — oc Ce 
retiro a eu la gloire d'entendre 
prononcer, par Samson, le plus 
joli mot. » {Figaro, yb . ) 

RETOQUER : Refuser. — Al- 
lusion au choc produit par une 
chose qui en repousse une autre. 

RETOURNE (De quoi il) : Ce 
qui se produit de nouveau, de 
capital. — Terme de jeu de car- 
tes où la retourne de Ta tout do- 
mine la situation. — c Voici de 
quoi il retourne pour le quart 
d'heure. » (Texier.) 

RETOURNER (savoir se) : Se 
tirer d'embarras; mot à mot : 
faire face de tous côtés aux exi- 
gences d'une situation mauvaise. 

— « La démocratie française a 
' déjà pris son parti. Elle va, 

comme Ton dit dans nos cercles 
populaires, se retourner. » {Ré- 
publique française, 75.) 

RÉUSSI : Beau, réussi d'exé- 
cution. — M"» de Juliamé était 
belle ce soir-là... Il ne l'avait ja- 
mais vu si réussie. » (Aubryet.) 

" RÊVEUR : Homme dénué de 
sens pratique. — c Le rêveur est 
celui qui se complaît dans une 
œuvre médiocre.»(Champfleury.) 
RIBOUI : Abréviation de Re- 
bouiseur, 

RICHE : Beau, bon.— En in- 
ventant cette acception, l'argot n 
donné un pendant à /y^xuyre, qui 
est admis dans le sens contraire. 

— « Par exemple : C'était une 
riche idée. Le soir, aux lumières, 
elle pouvait encore faire des con- 
quêtes. j> (Zola.) 

RICHELIEU : Digne de la ga- 



lanterie du maréchal de ce nom^ 
— « Tout le benjoin d'une galan* 
terie à 80 degrés RichèUeu, » 
(Morger.) 

RICHEMENT LAID : Auss» 
laid que possible. 

RIEN (ne) : Locution affirma* 
tive. V. Pas (ne). — On dit : Il 
ne fait rien froid, pour il fait 
très-froid; il n'est rien embêtant, 
pour il est très-embêtant, etc., etc, 
I — « Quel vieux birbe : il n'était 
rien folichon 1 i (Zola.) 

Nous somin's rien bat' ! Nous épatons 
Oa cabochard anx trottignolles. 

(Richepin.) 

Traduction : « Nous sommes 
très-bien. Nous frappons d'admi- 
ration de la tête aux pieds. » 

RI FF, RIF, RIFFE, RIFLE : 
Feu, flamme. — « Je remouche 
au coin du rifle un sinvequirou- 
pillait. J'ai sondé dans ses pro- 
fondes. » (Vidocq.) 

RIFFAUDANI E j Flamme. 
(Grandval.) 

RIFFAUDAT : Incendie. 
(Idem.) 

RIFFAUDER : Brûler, se 
chauffer. V. FlacuL 

Riffauder est un vieux mot^ 
car les anciens gueux qui se 
prétendaient ruinés par tin in- 
cendie s'appelaient les riffaudés, 

RIFFAUDEUR : Chauffeur ou 
voleur brûlant les pieds de ses 
victimes pour leur faire livrer 
leur argent caché. (Vidocq.) 

RIFFLE (prendre de) : Prendre 
sans hésiter. (Rabaate.) 

RIFLARfi : Parapluie. — 
D'une pièce de Picard, la Petite 



RIG 



-i 3i6 - 



RIN 



Vilh (oi), où Facteur chargé 
du rôle de Riflard portait un 
énorme parapluie. — u II pleuvait 
à verse, elle était sous son ri- 
flard. 1 (Lubize.) 

RIGODONS : Souliers, (Ra- 
basse.) 

RIGOLADE, RIGOLAGS : 
Amusement. — C'est pour la ri- 
golade : c'est l!histoire de rire. 

— Rigolage est un mot ancien. 

— « Ma vie est une rigolade per- 
pétuelle, rien ne m'affecte. » 
(filondelet.) 

RIGOLBOCHE : Danseuse 
de bal public. — Ce fut d'abord 
le nom d'une célébrité du cru. 
<— a Les Rigolboche qui peuplent 
les bals publics ont plus de goût 
pour la rigolbochade que pour 
la vertu; » (A propos de calicots, 
1861.) 

RIGOLBOCHE : Amusant, 
drôle, f— C'est rigolo avec chan- 
gement de finale. — « C'était 
au Prado. La querelle allait son 
train... Laissez-les doncl c'est 
bien plus rigolboche! — Le mot 
fiit sur-le-champ acclamé, i (Mé- 
moires de Rigolboche, 60.) 

RIGOLBOCHER : Danser 
comme Rigolboche, danseuse à 
la mode dont je viens d'expliquer 
le nom. — t Nous rigolbochons 
parfois à BuUier. i (60.) 

RIGOLER : Uire, se divertir. 

— Vieux mot. Dès iSyS, Du 
Cange en cite des exemples. •— 
c Et frère Jean de rigouller, ja- 
mais homme ne feut tant cour- 
tois ny gracieux. • (Rabelais.) 

— « Qu'est-ce qui chante? je 
veux de quoi rigoler, moi! » 
(Champfleury.) 



RIGOLETTE : V. Rigolot. 

RIGOLEUR: Bon vivant.— 
Dans un bouchon de Romain- 
ville, nous étions vingt-cinq ri- 
goleurs. (Blondel.) 

RIGOLO : amusant, comique. 
~ a C'est d'un rigolo à nire 
pâlir Xavier de Montépin. i (E. 
Simon.)— c Allons donc ! le verbe 
sortir est bien plus rigolo. Je 
sors ou je m'esbigne, tu te la 
brises, ou mieux tu te laçasses.» 
(Villars.) 

RIGOLOT , RIGOLETTE : 
Fille rieuse, joyeux garçon. — 
a Rigolos et vous rigolettes, gais 
enfants d' l'atelier, i (A. Joly.) 

RINCÉE : Correction, forte 
pluie. — c II a reçu une bonne 
rincée, il a été battu, étrillé 
comme il faut. » (DhauteL) 

RINCER : Dévaliser. — t Des 
malfaiteurs crurent pouvoir rin*' 
cer la caisse du juif. » (Balzac.) 

RINCER : Battre. — c Un gé- 
néral fond sur l'ennemi et vous 
le rince, i (Favard, lySo.) 

RINCER LE GOSIER, LA 
CORNE, LE CORNET, LE SIF- 
FLET, L'AVALOIR, LA DALLE 
(Se) : Boire. V. ces mots. 

RINCETTE : Petit verre d'eau- 
de-vie versé dans la demi-tasse 
où l'on vient de boire le café. 
Le second verre s'appelle surrin^ 
cette. 

RING : c L'ensemble des book- 
makers, » selon M. Ernest Pa- 
rent. « L'enceinte du pesage dans 
un champ de courses, » selon M. 
Paz. — Anglicanisme. — c Elle 
était là sur le turf, au milieu du 
ring et des ringueurs. » (Vie pa» 



ROB 



-3i7- 



ROG 



ristenne,) — c Quand le favori 
gagne, Ve ring est en perte. 
Quand c*est un outsider qui 
remporte, le ring fait d'énormes 
bénéfices. » (E. Parent.) 

RINGUER : Stationner dans 
le ring. — c On ringuaità tout 
casser. J'ai empoché quelques 
monacos. » (Villars.) 

RINGUEUR. V. Ring. 

RIOLE, RIOLLE : Divertisse- 
ment. — De rigoler, — « Pitan- 
chons, faisons riolle jusqu'au 
jugement. » (Grandval.) 

RIOLE ( Se mettre en riole) : 
— (C S'amuser pendant le temps 
du travail, i (Dhautel, 08.) 

RIPATON : Soulier. (Ra- 
basse.) 

RIPATONNER : Rafistoler. — 
« On ripatonne un livre en pu- 
bliant une édition revue et cor- 
rigée; on ripatonne un édifice en 
le récrépissant.» (La Bédollière.) 

RIQUIQUI : Mélange d'eau-de- 
vie et de liqueu r. ~ c Tiens 1 pour 
te guérir, je t'apporte une goutte 
de riquiqui. » (Z^Femm« comme 
on en voit peu, 1 789.) 

RIVANCHER : V. Tremblant. 

RIVETTE. V. Tante. 

RIZ-PAIN.SEL:cA l'arroéeoù 
les agents du service des subsis- 
tances distribuent les vivres, on 
leur donne le sobriquet dû ri{' 
pain-sel. i (La Bédollière.) 

ROBER : Dérober. (Vidocq.) — 
Vieux mot dont nous avons fait 
dérober, 

ROBERT MACAIRE : Variété 
du cancan. ~~ c Allusion à la 
danse de Robert Macaire au pre- 



mier acte de l'Auberge dee 
Adrets, » {Phys. de la Chau^ 
mière, 4 1 .) — V. Macaire. 

ROBIGNOLE : Petite boule de 
liège dont on se sert pour le jeu 
de cocanges. (Rabasse.) 

ROBIGNOLEUR : Floueur, te- 
nant un jeu de cocanges. (Ra- 
basse.) 

ROBINET (Ucher le) : Pleu- 
rer. — Mot à mot : lâcher le ro- 
binet de la fontaine des larmes. 

ROBINSON : Parapluie. — 
« Usité depuis la représentation 
d'une pièce de Pixérécourt, où 
Robinson parait avec son grand 
parasol, i 

ROCAILLE : Dans le goût de 
l'époque de Louis XV, où les 
coquilles et les rocailles ont été 
très-souvent utilisées comme or* 
nements. — « L'amour des ro^ 
cailles, mot qui caractérise l'a- 
meublement du règne de Louis 
XV. I (Roqueplan.) 

ROCHET: Curé. (Vidocq.) — 
Allusion à son rochet oacamail. 

ROCOCO : Le rococo est le 
genre rocaille exagéré. Dé là ce 
changement de finale redoublé. 

ROCOCO : Suranné. — c Ce 
mot nouveau me semble être 
appliqué, par la jeunesse inno« 
vatnce, à tout ce qui porte l'em- 
preinte des temps passés, a (MIm 
Trollope, 35.) 

ROGNEUR: Fourrier;— Abré- 
viation de rogneur de portions, 
— Allusion aux vivres de cam- 
pagne sur lesquels un fourrier 
peu délicat prélève une dtme 
indue. 



ROM 



^ 3i8 — 



RON 



Gratte-papier, rogneur, tratne-pail- 
laiM, 

Hardi pillard aux deux galons d'ar- 
gent. 

De vingt auraoïus que aur lui l'oo en- 
tasse, 

Le fourrier rit et se moque en chan- 
Uut. (Wado.) 

ROGNURES : Acteurs mé- 
diocres. — tt Un vaudeville en 
un acte que la troupe de fer- 
blanc, vulgairement appelée Ro- 
gnures, exécute de 6 heures 1/2 
à 7 heures 1/4 devant les ban- 
quettes désertes et les ouvreuses 
impatientes. » (J. Duflot, 6x.) 

ROMAGNOL. ROMAGNON : 
Trésor enfoui. (Colombe/.) 

ROMAIN: Claqueur. — Allu- 
sion aux Romains qui applau- 
dissaient Néron. — a Sous le 
lustre avec les romains du par- 
terre. » (P. Borel, 33.) 

ROMAIN : Fantassin. — Allu- 
sion à la forme romaine du poi- 
gnard d'infanterie (ancien mo- 
dèle). 

ROMAMICHEL , ROMANI- 
CHEL, ROMANITCHEL! Vo- 
leur de race bohémienne. De 
Romani, qui veut dire en argot 
espagnol gtano, bohémien. — 
« Ils exploitent l'Europe entière 
sous les allures de marchands 
forains. Us se marient entre eux, 
voyagent constamment sans être 
réunis en apparence. Leurs 
femmes, coiffées généralement 
de. madras, vont de porte en 
porte. offrir de la toile et des 
mouchoirs, elles étudient les 
lieux et prêtent assistance à 
leurs complices en cas d'arresta- 
tion. » (Canier.]| — Ils endor- 
ment souvent leurs victimes en 



mêlant du daiura stramonium 
à leur boisson. De là, le nom 
d*endormeur qui leur est aussi 
donné. 

ROMANTIQUE: Dédaignant 
les règles classiques en art ou en 
littérature. L*an i833 marque 
l'apogée de Técole. Elle était alors 
âgée de vingt ans. — «c L'expres- 
sion du genre romantique ne se 
montre qu'une seule fois dans le 
livre de V Allemagne et semble 
y demander grâce pour sa nou- 
veauté. > {Les Scrupulei littérai'^ 
res de madame de StaéL Paris, 
1814.) 

ROME : Choux. (Halbert). 

ROND : Ivre Mot à mot : 
Gonflé par la boisson. « Descen- 
dant d' la guinguette, un soir 
que j'étais rond. > {Les Amours 
de Jeannette, ch. xiii.) 

ROND : Soûl. — Il est rond. — 
a Aboule tes vingt ronds, béta ! » 
(Montépln.) 

RONDACHE, RONDINE, 
RONDINET: Bague. (Halbert.) 

RONDELETS, RONDINS : 
Seins. (Idem.) — Allusion de 
forme dansces mots commedans 
les précédents. 

RONDIN JAUNE : Pièce d'or. 
(Rabasse). 

RONDINE : Canne. .«Elle sert 
à rondiner les gens. V. Vague, 
Rondache, 

RONDINER : Battre à coups 
de bâton. Mot à mot : de rondin. 
— «Qu'il est doux de pouvoir 
rondiner un ingrat ! i (Le Ra- 
patriage, parade du xviu* siè" 
de.) 



ROS 



— 3i9 — 



ROU 



RONDINER DES YEUX: Faire 
les yeux ronds. 

RONFLER A CRI : Feindre 
de dormir. (Halbert.) 

ROPING(r/ie), The puUîng : 
« Ces deux mots expriment Tactè 
de faire perdre volontairement 
un cheval en le retenant. » 
(Parent.) — Anglicanisme. 

ROSSAPD, ROSSK: Homme 
mou, lâche. — t Quell' rosse 
qu* tu fais! T'es mon ami tout 
d* même. » (Protat.) — a Entre 
nous ce sont des rossards, les 
Arabes. Eux à cheval, la femme 
courant derrière. » {Comm, de 
Loriot,) 

ROSSÉE : Grêle de coups, ac- 
tion de rosser. — c Fafouillas 
écoutait aux portes, ce qui lui 
attirait une rossée exemplaire. » 
(Commentaires de Loriot, 6g.) 

ROSSIGNANTE : Flûte. (Hal- 
bert). Abr. de rossignol ante, 

ROSSIGNOL : « Sobriquet 
dontié par les libraires aux ou- 
vrages qui restent perchés sur 
les casiers dans les solitudes de 
leur magasin. » (Balzac.) — Les 
marchands de nouveautés don- 
nent le même nom aux étoffes 
démodées, qui, comme les livres 
non vendus, restent remisées 
près du plafond ainsi que des 
oiseaux en cage. 

ROSSIGNOL : Fausse clef. 
(Halbert.) 

ROSSIGNOLER : Ouvrir avec 
un rossignol. 

Après, je n' manquerai pas de raisons 
Pour rossignoier les maisons. 

(Festeau, 7s.) 



ROSSIGNOLER : Chanter. 
(Grand val.) Mot à mot: chanter 

comme un rossignol. 

ROTIN : Sou. ^ Diminutif 
de rond, f Si, par hasard, ils se 
lâchent d'un déjeuner de vingt- 
cinq rotins. » (Lynol.) 

ROTIN (le) : U cortle. (Ra«^ 
basse.) 

ROUBÎON : t Une fille pu- 
blique laide est un roubion, 
dans le langage de leur métier.» 
(Parent-Duchatelet.) 

ROUBLARD : Laid, încom- 
plet, gâté. (Colombey.) 

ROUBLARD : Adroit, roué. — 
C'est roué avec changement dé- 
fi n aie, comme dans roumar'd, — 
c Non, non, je n'ai pas confiance, 
car je connais ces balançoires, j^ 
suis roublard, i (Lem. de Neu- 
ville.) 

ROUBLARDER : User de rou- 
blardise. « Ils ne trichaient guère^ 
mais pardonnez mot lexpressiob^ 
ils roublardaient. ^(Cavaillé.) 

ROUBLARDISE : Rouerie, 
— t Lui régnant sur la blonde 
et sur la brune, s'engraissait de 
sa roublardise. » (Zola.) 

ROUCHI. ROUCHIE : Homme 
dégoûtant, femme répugnante. 
Du vieux mot rouchi: mauvais 
cheval. — « Veux-tu te cacher^ 
vilain rouchi , tu reviendras^ 
quand tu seras blanchi, t (Co^é- 
chisme poissard, 44.) 

Elle prouva bientôt, 6ère catiOi 
Qu'elle était rouchie. 

(À. PoUiey.) 

Rouchie ne se prcnci pas tou- 
jours en mauvaise part 1 « Il csjt 



ROU 



— 320 — 



ROU 



ramant de cœur d'une jolie rou- 
chie des grands quartiers. » (Le 
Sublime» 72.) 

ROUE DE DERRIÈRE: Pièce 
de cina francs. — Allusion au 
grand diamètre des roues de der- 
rière de voitures. — c Roues de 
derrière est une expression des 
cochers, pour dire pièces de cinq 
francs, i (Cabarets de Paris, 
21.) -* Autrefois, c'était un écu 
de six livres. — c ' Je peux solir 
pour une roue de derrière ce qui 
m'a coûté cinquante ronds, c'est- 
à-dire vendre pour six francs ce 
qui m'a coûté cinquante sous, i 
(A vent, de J.Sharp, 1789.) 

ROUE DE DEVANT : Pièce 
de deux francs. — Les roues de 
devant de voilures sont les plus 
petites. 

ROUE : Juge* d'instruction. 
(Vidocq.) — Il Test par métier. 

ROUEN (Aller à) : Marcher à 
sa perte. (Halbert.) Mot à mot : 
se couler, se ruiner. — Je deu 
mots. V. ci-dessous. 

ROUEN (Envoyer à) : Couler, 
ruiner. — Allusion à la Seine 
qui coule de Paris à Rouen. — 
«Vous voulez donc couler l'ate- 
lier, vous voulez m'envoyer à 
Rouen, i (Le Sublime, 72.} 

ROUFFION : « Les rouffions 
sont les apprentis du commerce 
de la nouveauté. Us fontet défont 
les étalages, replient les étofifes, 
tont les courses. » (Naviaux, 61.) 
— c Pourquoi roufion ? Je l'ignore, 
il est plein d'ardeur, joueur, 
léger, nais attentif. 9 (Noriac.j 

ROUFLAQUETTE : Grosse 
mèche de cheveux ramenée et 
collée sur la tempe. 



J* sais rien m* coller eun' roiifla<|iMtte 
1 ont r long d* It tempe, jusqu'à l'œU. 

(Richepio, 77.) 

ROUGE: Révolutionnaire ac- 
ceptant le drapeau rouge.— c Les 
hameaux devenant plus rouget 
que les faubourgs, c'est là leca* 
ractère nouveau de cette re- 
chute. I (Aubryet.) — On dit 
aussi la rouge pour c la répu- 
blique rouge. » 

ROUGET : Cuivre. (Vidocq.) 
C'est le cuivre rouge. Le cuivre 
jaune est le j7di7/oii. 

ROUILLARDE: Bouteille de 
vieux vin. (Vidocq.) Allusion à 
l'aspect rouillé de la bouteille. 

ROULANCE: Roulement gé« 
néral que font les ouvriers typo- 
graphes à coups de composteurs 
sur leurs casses, à la rentrée d'un 
confrère qu'ils viennent de mys- 
tifier. — (Ladimir.) 

ROULANT: Pois. (Halbert.) 

ROULANT : Marchand d'ha- 
bits ambulant. V. Chineur. 

ROULANT, ROULANTE : 
Voiture. V. Roulette. 

ROULANT VIF : Chemin de 
fer. (Rabasse.)c La science change 
la face de la civilisation par le 
chemin de fer, l'argot l'a déjà 
nomm4 le roulant vi^ > (Balzac.) 
— Vif veut dire ici allant vive" 
ment. 

ROULANTE ; Voiture. (Ra- 
basse.) 

ROULÉE : Vigoureuse cor- 
rection. 

ROULEMENT DE TAM- 
BOUR : Aboiement de chien. 
(Vidocq.) 



ROU - 3 

ROULER : Battre, mot à mot : 
Fiire rouler tous le» coups. 

ROULER ! Tromper, duper, 
mystifier. — Ce mot présente la 
m£me image que charrier et 
faire aller. A vrai dire, tromper 
les gens, c'est les envoyer bien 
loin de la liiiti. — t Enfin je 
suis seul contre le gouvernement 
avec son tas de tribunaui, et je 
leÉ roule, i (Balzac.) 

ROULER : Voyager.— RouHfr 
Mt reste. V. Gadoue. 

Ça roule : Je me porte bien, 
je bis de bonnes afTsires. 

Ça roule se dit d'une manœu- 
vre exécutée sans ensemble, 
lorsque les fusiia ne résonnent 
pas à la fois d'un seul coup. 

ROULEUR : Fripon, trom- 
peur. — « Cela De serait pas 
bien; nos courtiers passeraient 
pour des routeurs. > (Lynoi.) 

ROULEUR : i Ses fonctions 
consistent à présenter les ou* 
vriera aux maîtres qui veulent 
les embaucher et à consacrer 
leur engagement. C'est lui qui 
accompagne les partants jus- 
qu'i la sortie des villes. > (G. 
Sand.) 

ROULEUSE : Prostituée. Mot 
à mot : femme roulant dans les 
endroits publics en quête de 
chalands. — i Angélina ne se 
souvint plus de la loretie rou- 
teuse, ni de la loretie loupeuse, ■ 
{Boursieotiirisme.) — ■ En atten- 
dant elle gardait seulement les 
mauvaises payes, les rouleusea. i 
',Zola.| 

ROULOTTAOE (Grinchir 
au) : Voler les 
lage. 



ROULOTTE t Voiture, char- 
rette. < Tout ce maquiljige ne 
te fisra pas démarger en roulotte 
(aller en Toiture). • IPstUel.) 

ROULOTTIÉR s Voleur de 
voiture, c'est-à-dire de roulotte. 
( Au lieu de travailler en cham- 
bre, ft travaille en voiture. Il 
saisit un colis sur un camion de 
roulage et s'éloigne avec sa 
proie. ■ (A. Monnier.) 

ROULOrriN ! Charretier. 

ROULURE ! Rouleuse. (V. 
ce mot.) « Encore une rouluro 
pour les boulevards... Elle leur 
chiera du poivreavant six mois.» 
(Zola.) 

ROUMARD : Roué. (Grand- 
val.) Changement de finale. 

ROUPIE : Punaise. (Vidocq.) 
_ Elle a la forme et la couleur 
d'une roupie de tabac. 

ROUPIE DE SINGE ! Rien. 
Roupie a ici le sens de monnaie. 
V. Monniiie de singe. 

ROUPILLER ; Dormir. — , • U 
est bien temps de roupiller. * 
(Henriade traveitie.) 

ROUPILLEUR , LLEUSE i 
Dormeur, dormeuse. (Halbert.) 

ROUPIE : Vieux priseur ajant 
la roupie au nez. — ( Garçon I 
me dit un vieux roupis. ■ (E. 
Debnux.) 

ROUSCAILLANTE : Ungue. 
(Halbert.)— Hotà mot ? parlante. 

ROUSCAILLER BIGORNE t 
Parler argot. 

ROUSPANT ; Entremetteur 
au service des tantes. 

ROUSSE, ROUSSIN î Agent 



ROV 



r-i 32a -^ 



RU£ 



de police. Du vieux mot rouchin : 
rosse» mauvais cheval. -* c C'était 
l'agent de change que suivaient 
les roussi ns. » (Vidocq.) — c A 
quoi penses-tu ' tu bols avec des 
rousses. » (Chenu.) 

ROUSSE : Police. — « Ils 
croient voir partout la rousse. » 
(Paillet.) 

ROUSSI : Mouchard de prison. 
(Colombey.) 

ROUSSIN : V. Rousse. 

' ROUSSINER : Faire arrêter 
par la police. 

On vous roussine, 
Et puis la tiue 
Vient remoucher la butte en rigolant. 

(Lacenaire.) 

ROUSTI (Être) : être arrêté. 
(Rabasse.) 

ROUSTIR : Escroquer. — 
tt La plupart des banquistes ont 
un truc pour roustir les gonzes, 
c'est-à-dire une supercherie pour 
attraper les bonnes gens, n (Aven- 
tures de Sharp y 1789.) 

ROUSTISSEUR, EUSE : 
Voleur, voleuse. — « On accuse 
donc c'te pauvre fille d'être une 
roustisseuse et d'avoir fait sauter 
l'argenterie. » (Voizo.) 

. ROUSTISSURE : Volerie, 
chose ne valant rifin. 

ROUSTURE : Homme en sur- 
veillance de la police. (Halbert.) 

ROYALE : a Louis XIII rasait 
bien, et un jour il coupa la 
barbe à ses officiers et ne leur 
laissa qu'un petit toupet au 
menton. » (T. des Réaux.) De 
là sans doute ce mot, dit Mon> 
snerqué^ La royale devint V im- 



périale sous le régime napo- 
léonien. 

RUBAN DE QUEUE : Lon- 
gue étendue de route tranchant à 
l'œil comme un ruban sur la 
terre où ses courbures lui don- 
nent l'aspect d'une queue d'ani- 
mal, r^ a Comme ces grandes . 
routes, rubans de queue de 
quatre ou cinq lieues de long 
qui, rien qu'à les voir toujours 
toutes droites, vous cassent les 
jambes. » (E. Sue.) 

RUDE : Remarquable. — a Mon 
vieux sabre, tu peux te vanter 
d'appartenir à un rude lapin. » 
(About.) V. Raide, Balle, Doux, 

RUDEMENT : Remarquable- 
ment, r— C Faut que je sois 
rudement malheureuse. » [Vie 
parisienne, 66.) 

RUE AU PAIN : Gosier. C'est 
par là que les aliments passent. 
— c Commence, mon vieux, par 
arroser la rue au pain, dit la 
chiffonnière en remplissant le 
verre du voisin. » (C. Rabou.) 

RUE DE RIVOLI : Six de jeu 
de cartes. (Alyge.) — Allusion à 
son aspect aligné et régulier. 

RUER A LA BOTTE ; Être 
susceptible. — Allusion aux che- 
vaux chatouilleux qui ne peuvent 
sentir l'approche de l'éperon. — 
Terme de cavalier. 

RUETTE : Gosier. Même allu- 
sion que dans rue au pain, — 
Dans le Compliment de Jérôme, 
Fanchon et Cadet, Jérôme, qui 
a chanté mal, dit : « Vous sentez 
qu'un homme n'a pas le passage 
de la ruette fait pour la musique, t 
[Catéchisme poissard, 40.) 



SAB 



— 323 — 



SAB 



RUP, RUPART, RUPIN, RU- 
PINE : Élégant, homme riche, 
— Da vieux mot drvp^ drupe : 
homme distingué. V. le Dict. 
de Lacombe (1760). — a Ma- 
dame, en vMà un rupl il m'a dit 
de garder la monnaie pour mot.» 
(Jaime.) — « Pour enfoncer un 
rupine je sers d*exemple. Mal- 
heur à qui contemple mon petit 
minois chiffonné. » (Mouret.) — 
Se prend adjectivement. — a Tu 
étais dans une société assez rup. » 
(Montépin.) — «Faisons un bout 
de toilette 1 que chacun soit ru- 
pin. j> (Chenu.) 

RURAUX : Les agitateurs de la 



Commune donnaient ce nom 
aux membres de l'Assemblée na- 
tionale à Versailles. -« i Hier, 
3o mars, les ruraux n*ont point 
tenu de séance. Sont-ils retour* 
nés à la messe, sont-ils allés à 
vêpres, nous l'ignorons. 9 (Le 
Vengeur, 3i mars 71.) 

RUSTIQUE : Greffier. (Hal- 
bert.) 

RUSTIQUE (n'être pas): N'être 
pas vigoureux. Du vieux mot 
rusie: fort. 

RUSTU : Greffe. (Halbert.) 

RUTIÉRE : Raccrocheuse vo- 
lant dans la rue. (Colombey.) 



S 



SABLE : Estomac. (Halbert.) 

— Vieux mot, d*où notre verbe 
sabler : boire. 

SABLER : Assommer avec 
une peau d^anguille bourrée de 
sable. (Vidocq.) 

SABOCHE : Homme qui dé- 
plaît. (Halbert.) 

SABOT ; Voiture, navire. — 
Triple allusion de forme. 

SABOT : Violon. — <c Jeune 
homme! emparez-vous de ce sa- 
bot. 7> (Dumersan.) 

SABOULER : Battre, cogner. 

— Vieux mot. — c Vous me sa- 
boulez la tête avec vos mains 
•lésantes. 1 (Molière, Comtesse 
d* Escarbagnas .) — a Je te tanne 
le casaquin , je te saboule. 1 
(Pailiet.) 



SABOULER : Crier. (Halbert) 
Décrotter. (Vidocq.) 

SABOULEUR: Décrotteur. 
(Vidocq.) 

SABOULEUX : Faux épilep* 
tique. (Vidocq.) 

SABRE : Bâton. (Grand val.) 

SABRENOT : Savetier. (HaN 
bert.) 

SABRER : Auner. (Id.) De 
sabre : bâton et par extension 
aune, 

SABREUR, TRAINEUR DE 
SABRE : Militaire bruyant et 
fanfaron. — « Vous me faites 
pitié, tout sabreur que you§ 
êtes.! (P. Borel, 33.) 

SABRI : Forêt. (Halbert.) On 
s'abrite h son ombre. \é Rebâtir. 



SAC — 3]4 

SABRIEUX : Voleur da bois. 
SAC <avoir le) : Avoir de 1' 
gent. Mot ft mot : avoir le 
aux icui. -*■ ( A-t-dk le u 
Cela veut dire en langage de* 
ballei : A-t-elle de l'argent î 
(G. de Nerval.) 



5AI 



SAC (donner k) ; Mettre à la 

SAC (homme à) : ■ Le bailleur 
defonds,c'estcei)u'OD appelle en 
argot de ibiâire, un homoiG à 
■ac, sac d'argent bien entendu. • 
(De JalUia, 1854.) — En avoir 
pleimomnc ; Être complètement 
ivre, — t LaluoDB-le reposer, il 
en a plein son sac. ■ (Chenu.) 
— Mettre data ion sac : Dévorer 
un a&oni sans pouvoir le ven- 
ger. — « Le montreur de bitei 
fut donc obligâ de mettre les 
calotte* daos son sac. ■ {E. Sue.) 

SAC-A'PAPIER : a A l'ou- 
vrage, messieura I Sac-i-papier I 
on ne fait rien ici. > (Balzac.) — 
Juron exprimaot l'enoul d'être 
dans une situation cmbrovillfe. 
Sae-à-papieri te disait autrefois 
de la réunion des pïtces d'un 
procis qui se plaçaient dans un 
sac de toile. 

SACRE; Argent. (Halbert.) 

SACRE: Sergent de Ville. (Id.) 
Acception figurée de sucre qui 
•ignifiaii jadis oiieau de proie. 

SACREBLEU, SACREDIEU, 
SACRELOTTE , SACRISTIE , 
SACRÉ NOM, SACRÉ TON> 
NERRE : Jurons chargfs d'ei- 
primer indifféremment tacoltre, 
Ujoie, la surprise ou la chagrin. 



— On ■ dit ensuite S^rebteu, 
Sof reloue; puis, en «br^eanl, 
Crebleu, Grelotte, Prelotte, Frit- 
tie. Nom d'un..., etc., etc. 

L'idée d'évocation divine fut 
d'abord contenue dans toute* 
ces locution*. On prenait Dieu 
CI les chose* sacrées i témoin de 
tel ou tel fait; Sacré nom d'un 
petit bonhonune s'adresse ft Jésus 
enfant. Aujourd'hui on prononce 
ces jurons k propos de tout, sans 
penser i leur signification pri- 
mitive fort défigurée, il est vrai, 
par le* abréviations qu'a entrat- 
nëes le désir de satisfaire A l'ha- 
bitude, sans avoir l'air de blas- 
phémer. 

SACRÉ CHIEN : Eau-de-vIe 
et par extension : feu, flamme 
artistique ou littéraire. -~ « Voua 
tAperez le gosier avec le 
troii-six et le lacri cAfeit dans 
: sa pureté, a (Th. Gautier. 
33.) — ■ Les voilà parties ches 
Caplain où elles demandent un 
demi-septier de sacré chien, s 
(Vadé, i7HH.)V. Chien. 

SACREMliINT : Sacrement du 
mariage. — c Oscar m'oftit le 
icrement. » (Fesieau.) 

SACRISTAIN:Amantou mari 
: maquerelle. (Vidocq.) V. 
Marlou. 

SACRISTIE : Juron. V. S». 

SAFRAN (Accommoder au): 
Faire une infidélité conjugale. 

— Allusion de couleur. — f Je 

suis pas fftché qu'elle ait 
accommodé ausafran ce voltigeur 
de Louis XIV. * (E. Augier.) 
SAINDOHME : tabac (Ra. 



SAL 



- 335 - 



SAL 



SAINT^EORGES s Cavalier 
et tireur d'épU «usai accompli 
que l'était le chevalier du même 
nom au xviii* sitclc. c Tu passes 
dans le monde pour un Saint- 
Georgei. » (Ricard.) 

SAINT-JEAN (Être de la) : 
Être Mteet crédule. . Ohl je 
ne suis pas de la Saint-Jean I je 
ne prends pas des crapauds 
pour des grenouille*. * (P. de 
Kocli.) 

SAINT-JEAN (n'être que de 
la) : Être de qualité inférieure. 
SAINT-JEAN (faire le) : Otet 
son chapeau pour donner un 
signal a sea complices. (Colora- 
bey.) 

SAINT-LAZ (confrérie de) ; 
Monde de la prostitution. ~ On 
sait que la prison de Saiot'Lazare 
lui est spécialement affectée. 
Abréviation. — c De Saint- Laz 
je connais toute la confrérie. 
(L. de Neuville.) 

SAINTE NT TOUCHE : Jeune 
fille qui fait la sainte et qui n'n 
pas l'air d'y toucher, qui se tieni 
avec afiectat ion en dehors de tout 
ce qui est mondain. ■ Je serais 
désolé de ne trouver parmi les 
jeunes personne» que des saintes 
n'y touche ou de petites grues. • 
(E. Viliars.) 

SAIS (tu) ; Locution fréquem- 
ment employée et précédant tou- 
jours une menace ou un averlit- 
sement peu agréable. » Ah I tu 
sais, baise cadet... (baise raor 
c-V.Garfonl deux litres de vieil 
le II (Zola.) 

SALADE : Fouet. (Colorabey.) 

Il vous sale. 

SALAMALEC : Salutation 



cérémonieuse. Importation ar»* 
be. — Une caricature de Grand- 
vîlte ( i83o) représente le fu- 
silier Dumanet dans le harem 
du dey d'Alger, avec cette lé- 
[ Assez de salamaleck 
comme (»... qu'on m'apporte dt 
mite vingt lullanet, avec le 
brûle-gueule du dey. t 

SALADE : Réponse. — Jeu de 
mots. Il y a une esptce de salade 
qu'on nomme raiponce, — f Voi- 
là notre dernier mot. Nous atten. 
droDS ta salade. > (Vidocq.) 
SALBIN : Serment. (Halbert.) 
SALBINER : Prêter serment. 
(Halbert.) 

SALÉ (morceau de) : Enfant 
nouveau né. (Rabasse.) 

SALER : Faire payer trop 
cher.— Même allusion que dans 
épicier. — « Les Chamouillex 
ont paré une de leurs cbambres 
dans l'espoir de la louer i ua 
prii salé. ■ (E. d'Hervilly.) 

SALER : Critiquer, gronder 
vivement. — Allusion à l'action 
mordicantedu sel.— i N'oubliei 
pas que vous m avez promis 
d'oublier votre douce bonté, et 



. cet 



rticle. 



lo.) 

SALIÈRES: Cavités pectorale». 
(Dhautel.) Mot à mot ; cavités 
aussi prononcées que celtes 
d'une salltre. — On dit ifune 
femme maigre décolletée qu'elle 
montre sel laliires. — a Je me 
vois refuser un quadrille par la 
petite G... qui e un million dans 
chacune de ses saliires. ■ [Vie 
parhienne, 66.) 



SAU 



— 327 — 



SAU 



un sapin national pour se faire 
voir dans la promenade. » 

SAPIN (sentir le) : Faire pres- 
sentir une mort prochaine. — 
On dit : Voilà une toux qui sent 
le sapin. — Usité dès 1808. — 
(( Pliée en deux par une toux 
qui sonnait joliment le sapin, n 
(Zola.) 

SAPREBLEU,SAPRELOTTE: 
Jurons. — C'est le sacrelotte et 
le sacvebleu des gens qui ne 
veulent pas sacrer, par scrupule 
de conscience, a Jouissons de 
notre reste , saprelotte 1 i (De 
Concourt.) 

SAPRISTI : Juron. Forme de 
sacristi due à la même cause 
que ct-dcssus. 

SARDINES : Galons de sous- 
officier. — Allusion de forme et 
de brillant. — c L*un portait la 
sardine blanche. » (Nadaud.) 

SATISFAIT : Député conser- 
vateur , satisfait de Tordre de 
choses. 

SATOU, SATTE : Bois, bâ- 
ton, forêt. — Vieux mot. V. Gref- 
fier, 

SATOUSIER : Menuisier. (Vi- 
docq.) 

SAUCE (donner une) : Gron- 
der. (Dhautel.) — On dit de 
même : bien accommoder quel- 
qu'un. 

SAUCE : Mouillé jusqu'aux 
os. (Dhautel.) 

SAUTER : Puer. (Halbert.) 
— Ça saute est un augmentatif 
de ça danse. Allusion aux vers 
produits par la décomposition. 
V. Danser, 



SAUTER : Cacher un produit 
de vol à ses com plîces. Mot à mot : 
sauter par-dessus sans lecompter» 

SAUTER A LA CAPAHUT : 
Assassiner un complice pour 
prendre sa part de vol. (Vidocq.)^ 
V. Capahuter, 

SAUTER DESSUS : Attaquer 
brusquement. 

SAUTER LA BANQUE (faire): 
Forcer une banque de jeu à fer- 
mer, faute de fonds. — a Qu'y 
avait -il d'étonnant à voir cet 
escroc faire quelquefois sauter la 
banque? » (Sirven.) 

SAUTER LE PAS : Mourir. 
(Dauthel.) Sauter le pas qui sé- 
pare la vie de la mort. 

Un étudiant dans sa mansarde 
Disposait de sa dernière harde, 
Puis après voulait sauter le pas. 

(Chansonnier de i83o.) 

SAUTERELLE, SAUTEUSE : 
Puce. (Vidocq.) 

SAUTEROLLES , SAUTE • 
RONDS : Agent de change. 
(Halbert.) — Par métier, il fait 
sauter les ronds, 

SAUTEUR : Intrigant éhonté, 
mot à mot: homme prêt à sauter 
en rhonneur de tous les partis. 
— a 11 avait appelé sauteur un 
plumitif multicolore. » ^Marx.> 
V. Paillasse, 

SAUTEUR : Médisatic (Ra- 
basse), c'est-à-dire qui vous saute 
dessus en paroles, 

SAUTEUSE : Danseuse de 
théâtre. — Pris en mauvaise 
part. 

SAUVAGE : Complètement 
nu. — • c Quand on est bâtr 



SAX 



— 32S — 



SEC 



comme ça, faut- il être chiche de 
ne pas se fiche en sauvage I a 
(Gavarni.) 

SAUVAGE (s*habiller en) : c Tu 
ne sais pas encore que s'habiller 
en sauvage c'est vendre sa che- 
mise. » (Vidal, la Caserne, 33.) 

SAVATE : c La savate, que Ton 
appelle aujourd'hui chausson, 
est la boxe française, avec cette 
différence que la savate se tra- 
vaille avec les pieds, et la boxe 
avec les poings. » (Th. Gautier, 
45.) 

SAVATE : c Correction mili- 
taire appliquée par les soldats 
entre eux pour certains délits 
non justiciables d'un conseil. Le 
patient est étendu sur un banc, 
la chemise retroussée, et chaque 
soldat de la compagnie lui ap- 
plique trois coups d'un soulier 
neuf et bien ferré, i (Vidal et 
Delmare, la Caserne, 33.) 

SAVOIR LIRE : Connaître 
toutes les ruses. (Vidocq.) 

SAVON : Réprimande sévère. 
On dit de même Laver la tête, 
pour réprimander quelqu'un. 

SAVONNE : Blanc. Mot à mot: 
blanchi. Pivois savonné : Vin 
blanc. V. Douille, Larton, 

SAVOYARD : Rustre.— 
a C'est donc toi, savoyard 1 A 
genoux, obstiné! ji (Ourliac.) 

SAVOYARDE : Malle. — U 
commissionnaire qui la portait 
à Paris avant 1848 était ordi- 
nairement Savoyard. 

SAXE: Porcelaine de vieux 
saxe. — « Vous avez un tas de 
bric-à-brac, des saxes.» (Car- 
mouche.) 



SCHABRAQUE (Vieille), 
/ieille prostituée, ayant servi à 
plus d'un cavalier, comme uoe 
vieille schabraque d'uniforme. 

SCHENICK : Eau-de-vie. V, 
Chenique, — « Un verre de che* 
nick scella nos serments.» (Lom- 
bard de Langres, 1792.) 

SCHNAPPS : Eau-devie. — 
Mot russe. — M. de Fontenay, 
auteur d'un Voyage agricole 
en Russie, 1272, dit qu'on n'y 
distille guère que les grains, sur- 
tout le seigle, c Le produit 
s'appelle snapp et sert à griser 
une foule de gens. 9 

SCHOKING: Indécent. —An- 
glicanisme. — « Je dis culotte et 
vous ne dites pas shoking. » (A. 
de Pontmartin, 75.) 

SCIE : Tourment, mystifica» 
tion répétée d'autant plus de 
fois qu'elle paraît agacer l'audi- 
teur. — Allusion à la scie qui 
revient toujours en grinçant sur 
elle-même. — c Les femmes c'est 
la scie pour les domestiques. » 
(Ricard.) — <c I.es scies les plus . 
farouches l'avaient trouvé iné- 
branlable. » (Mûrger.) 

SCIER, SCIER LE DOS : Tour- 
menter, c Laisse-moi, Cadet, tu 
me scies. 9 {Rousselliana, o5.) 

SCIONNER : Assassiner. 

SCIONNEUR : Assassin. V. 
Escarpe, 

SEC (être à) : Être sans argent, 
n'avoir rien à boire. 

SÉCOT : Maigre. — c L'une 
est grasse, l'autre est sécot. » 
(Pecquet.) 

SECOUER ; Traitei rudement 



SEN 



— 329 — 



SER 



en paroles ou en actions. — 
a Quand la blanchisseuse l'avait 
secouée, la vieille ne ménageait 
pas ses expressions. » (Zola.) 

SEIGNEUR A MUSIQUE : 
Assassin. (Halbert.) Jeu de mots. 

— Il saigne ses victimes. 

SEMAINE DES QUATRE 
JEUDIS (la) : La semaine qui 
. n'arrivera jamais, puisqu'elle 
n'existe pas. — « Cest comme 
la robe que vous m'avez pro- 
mise... Tu l'auras... La semaine 
des quatre jeudis.! (H.Monnier.) 

— c Ça, c'est pour la semaine 
des quatre jeudis, puisque nous 
n'avons pas bougé du camp. » 
{Commentaires de Loriot, 69.) 

SENAQUI: Pièce d'or. (Co- 
lombey.) Anagramme de sequin. 

SENT MAUVAIS (ça) : Cela 
va mal tourner. 

SENTIMENTALISME, SENSI- 
BLERIE : Sensibilité inoppor- 
tune. — f C'est la guerre, la 
guerre pour tuer, pour vaincre, 
comme doit être la guerre, sans 
sentimentalisme !i>(L. Detroj'at.) 

SENTINELLE : Excrément 
isolé. V. Factionnaire. 

SENTIR : Aimer. (Vidocq.) 

SENTIR (ne pas): Détester. 

— On dit de même : Je Vai dans 
le neaÇf en parlant de quelqu'un 
qu'on ne peut sentir. 

SENTIR LES COUDES A 
GAUCHE : Marcher avec en- 
semble, comme les hommes 
d*un peloton, en sentant les 
coudes du voisin afin de se 
maintenir sur la ligne du guide. 
Dans une caricature de juillet 
i83oy Levasseur fait dire à deux 



combattants : c Que sentiez-vous 
en voyant tomber vos camarades 
à côté de vous ? — C que j' sen- 
tais !... les coudes à gauche.v — 
Se dit au figuré de plusieurs 
personnes qui marchent bien 
d'accord à leur but. 

SÉQUENCE. V. Postillon, 

SER J Signal. (Vidocq.) V. 
Sert. 

SER (faire le) : Faire le guet. 
Mot à mot : Signaler. (Halbert.) 

SERGE, SERGO : Sergent de 
ville. — Changement de finale 
et abréviation. — «Son caban 
de sergo ne l'empêchait pas de 
grelotter. 1» (Alph. Daudet.) 

SERGOLLE : Ceinture. (Hal- 
bert), Mot à mot : serregole. — 
Du vieux mot gole, ouverture 
de tunique. 

SÉRIEUX : Pour les lorettes, 
un homme sérieux est un homme 
riche. — Pour les gastronomes, 
un repas sérieux est un repas 
bien compris. — Pour les artistes 
et les lettrés, un homme sérieux 
est celui qui s'est acquis une va- 
leur personnelle. — Pour les 
bourgeois , être sérieux, c'est 
avoirune position dans le monde. 

SERIN : Niais. Mot à mot : 
naïf comme un serin. — c Tu 
ne sais pas ce que c'est que 
d'être l'amant d'une femme... 
Es-tu serin à ton ftgel i (E. 
Sue.) — c Élodie Charnu, qui ne 
regarde plus les camarades oepuis 
quelle a trouvé un serin de mon- 
sieur pour se marier, i (Gavarni.) 

SERINER : Divulguer. V. 5e- 
rinette, 

SERINETTE : Enfant ayant 



SER 



plus de mémoire que d'intelli- 
gence. 

SERINETTE :« On appelle se- 
rinette, les infâmes qui font 
contribuer un passant en le me- 
naçant de divulguer (seriner) au 
public ou même à l'autorité de 
coupablesdépravations.«(Paiilet.) 

SERINGUE (chanter comme 
une) : Avoir la voix fausse et 
discordante. (08, Dhautel.) 

SERRANTE : Serrure. (Vi- 
docq.) 

SERRÉ: Avare, peu fortuné. 

— c II paraît même qu'il est très- 
serré. >} (H. Monnier.) 

SERRER: Mettre en prison. 

— On n'y est pas au large. — 
c La plus cruelle injure qu*une 
fille puisse jeter à une autre fille^ 
c'est de l'accuser d'infidélité en- 
vers un amant serré. » (Balzac.) 

SERRER LA VIS : Étrangler. 

— f La victime avait été volée, et 
enfin Moreux était obligé de re- 
connaître qu'il lui avait a serré 
la vis un peu trop fort. » {Mo- 
niteur, mai 1872.) 

SERT : Signe d'entente à l'u- 
sage des grecs. 

SERVIErrE : Portefeuille. 
<Halbert.) Il se plie comme une 
serviette. 

SERVIETTE : Canne. (Co- 
lombey.) 

SERVIR? Prendre, arrêter.— 
« Frangin et frangine, je pesigue 
le pivot pour vous bonnir que 
mezigue viens d'être servi maron 
ô la légre de Canelle (Caen). » 
<Vidocq.) 

•servir DE BELLE: Dénon- 
cer à faux. 



— 33o — SIF 

SERVIR LE TRÊPE : Faire 
ranger la foule. V. Curieux. • 

SÉVÈRE: Digne de réflexions 
sévères. — « Ah 1 je vous racon- 
terai ma vie. Je vous on dirai 
des sévères, mon bon ami. » 
(Ricard.) 

SÈVRES (passer à) : Ne rien 
recevoir. (Ra basse.) Jeu de 
mots sur Sèvres, nom de lieu, 
et sur le verbe sevrer, 

SEZIÈRE, SEZIGUE, SEZIN- 
GO, SEZINGUARD : Lui. (HaU 
bert, Colombey.) 

SIC ITUR AD ASTRA : Cest 
ainsi qu'on passe à Timmorta- 
lité, mot à mot aux astres. Iro- 
nie, a Après la séance, l'huissier 
ramasse les croquis et les met 
de côté. Sic itur ad astra, » (A. 
Marx, latinisme.) 

bIFFLE : Gosier. V. Sifflet. 

SIFFLER : Boire. — « Il a sif- 
flé, pour dire : il a bu, parce que 
les lèvres ont à peu près le même 
mouvement. » (LeDuchat, lySS.) 
— • c Tiens, vieux chéri, sifHe- 
moi ça, ça va te remettre, ji (E. 
Sue.) 

SIFFLET : Gosier. — Compa- 
raison facile à deviner. Vidocq 
donne aussi sifflet pour voix. — 
a Qu'en te coupant le sifHet, 
quelqu'un délivre le royaume. » 
{La Nouvelle Ma^arinade, i652.) 

SIFFLET D'ÉBÈNE : Habit 
noir. Allusion de forme et de 
couleur. — <t Tous font leur en- 
trée revêtus du classique sifHet 
d'ébène, lisez habit noir. » {Fi- 
garo, 77.) 

SIFFLET (se rincer, s'affûter 



le) : Boire. — « Là, plus d*un 



SIN 



- 33i -- 



SKA 



buveur venait se rincer le sif- 
flet. I (Colmance.) — « Faut pas 
aller chez Paul Niquet six fois 
l' jour s'affûter le sifflet. 9 (P. Du- 
rand, 36.) 

SIGLE, SIGOLLE : Pièce de 
vingt francs, a Mets-moi dans un 
pâté deux ou trois sigolles. » 
(Lettre deMinder.V Tlntrod.) — 
Altération de cigale. 

SIGUE : Pièce de vingt francs. 
^Halbert.)— Pièce de cinq francs. 
(Rabasse.) — Abréviation de ci- 
gale, V. ce mot. 

Double sigue : Pièce de qua- 
rante francs. (Halbert.) 

SIMON : La maison où les vi- 
dangeurs travaillent est appejée 
par eux atelier et le propriétaire 
de cette maison est appelé par 
eux Simon, (Berthaud.) 

SINE QUA NON : La chose 
indispensable. — Sine qua non 
possumus s'entend ordinairement 
de Targent. — « L'entretien est 
le sine qua non de l'élégance. i> 
(Balzac.) — Latinisme. 

SINGE : Chef d'atelier, pa- 
tron, maître. (Albert.) — « On 
ne peut pas bouger, le singe est 
toujours sur votre dos. i (Zola.) 

SINGE (monnaie de) : Gri- 
mace.— f II la payait, comme 
dit le peuple en son langage 
énergique, en monnaie de singe.» 
(Balzac.) V. Roupie, 

SINGE : Voyageur juché sur 
l'impériale d'une voiture. 

SINGE : Compositeur d'im- 
primerie. — « Ainsi nommé à 
cause du continuel exercice qu'ils 
font pour attraper les lettres dans 
les cinquante-deux petites cases 



où elles «ont contenues. » (Bal« 
zac.) 

SINVE : Dupô. (Halbert.) Sim- 
ple, crédule. (Rabasse).— Forme 
desimpie. V. Affranchir^ Rifle. 

SIONNER : Assassiner (Ra- 
basse.) — Abr. de Scionner. 

SIROP : Vin. — Il a la couleur 
du sirop de groseille. V. Pom^ 
per. 

Avoir un coup de sirop : Être 
gris. — « Lui avait déjà un joli 
coup de sirop, i (Zola.) 

SIROTER : Boire avec excès. 
— « Son bonheur était d'aller 
siroter le vin à dix de la Cour- 
tille. » (Ricard.) 

SIROTEUR : Buveur.— c Pre- 
nez trois étudiants, vous obtenez 
deux siroteurs. » (Michu.) 

SIT NOMEN : Argent. — Les 
anciens écus frappés à l'effigie 
des rois (Louis XV et Louis XVI) 
portaient au revers l'écu fleur- 
delisé entouré de la devise reli- 
gieuse : Sit nomen Domini bene- 
dictum. 

SKATEUR : Skatineur. — « Ils 
n'avaient qu'une ambition : lui 
voulait être skatéur; elle vou- 
lait être 8kateuaîé.»(Fi^tfro, ii 
fév. 77.) 

SKATINAGE : V.Skating, 

SKATINEUR: Patineur.— ctLcs 
types de skatineurs sont variés 
et curieux. » (Figaro, mai 76.) 

SKATING : Skatinage, pati- 
nage à roulettes. < Le sknting 
est devenu la manie du jour. » 
(Figaro, 24 avril 76.) a Le skati- 
nage estàlamode.»(/i.,mai76.) 

Skating-rink : Établissement 



SŒU 



- 332 - 



SOL 



de pttinage. — a On démolit les 
maiions pour en faire des ska- 
ting-rinks. » (/<fem.)— Anglican. 

SIX : Chandelle de six à la 
livre, c J'allume ce bout. Tiens 1 
vous usez des tix, Plumet. C'est 
comme moi. » (Ricard.) 

SMALAH : Ménage, réunion 
de la femme, des enfants et du 
mobilier. — Le mot vient d'Al- 
gérie. 

SNOBOYE : Très- bien. V. 
Chocnoso, 

SOC : Socialiste. Abréviation. 
V. Démoc, 

SOCIALE : République so- 
ciale. — «M. N... clamait : Vive 
la sociale! » (Figaro^ 75.) 

SOCIÉTÉ D'ADMIRATION 
MUTUELLE (être de la) : Faire 
partie d'une association secrète 
de gens qui se sont engagés à se 
pousser respectivement dans le 
monde, en feignant de se témoi- 
gner une admiration mutuelle. 
On a beaucoup parlé d'une so- 
ciété de ce genre à l'armée d'A- 
frique. Quoi qu'il en soit, c'est 
un procédé pratiqué en tous 
temps et en tous pays. 

SOCIÉTÉ DU DOIGT DANS 
L'ŒIL (être de la) : Avoir les 
illusions de la vanité. V. Doigt, 
— a La société du doigt dans 
l'œil devra être reconnue et au- 
torisée comme institution régu- 
. lière. » (Figaro^ 1 1 fév. 77.) 

SŒUR : Maîtresse. — Terme 
ironique inventé pour railler 
ceux qui dissimulent leurs liai- 
sons sous des liens de parenté 
fictifs. — On dit en ce sens : J'ai 
rencontré X,„ avec sa sœui\ 



SŒUR (et u) : Abréviation 
de Et ta sœur, est-elie malade? 
qui se dit encore, mais moins 
souvent. Cette interrogation peut 
se traduire mot à mot ainsi : c Ei 
ta maîtresse, comment ya-l- 
elle? » — U va sans dire que 
c'est une insulte; elle se lance 
souvent à Paris, à propos de 
tout, et les trois quarts de ceux 
qui la formulent ne se doutent 
pas de ce qu'elle signifie. — 
c Sais-tu ce qu'il me répond ? 
c Et ta sœur Y t — Je l'aurais 
cogné. » (Monselet.) — Philaréte 
Chasles a révélé que la pudique 
Allemagne est aussi avancée que 
nous sous ce rapport. Elle ap- 
pelle buM schwester (sœur d'a- 
mour) une fille galante, c Quant 
à et ta sœur? ajoute-t-il, les Al- 
lemands ne disent pas autre 
chose avec les deux mots : Ja 
Kuchen, » 

SOIFFARD , SOIFFEUR : 
Grand buveur. — c Ce sacré 
soiffard se portait comme un 
charme. » (Zola.) 

SOIFFER : Boire outre me- 
sure comme si on avait grand'- 
soif. — a Là, j' soiflbns chacun 
nos trois poissons,» {Les Amours 
de Jeannette, i3.) 

SOIGNÉE : Fait à noter soi* 
gneusement. — « Ohl en v'ià 
une soignée. 9 (La Bédollière.) 

SOISSONNÉ : Haricot. — 
Soissons est la patrie des hari- 
cots. 

SOLDAT DU PAPE : Mau- 
vais soldat. — En 1738, Le Du- 
chat disait déjà : c Soldats du 
pape, méchantes troupes. » Ma- 
chiavel a dit que les compagnies 



SON 



— 333 — 



SOR 



de FÉglise sont le déshonneur 
de la gendarmerie. 

SOLEIL (avoir un coup de) i 
S^enivrer. (DhauteL) V. Coup. 

Piquer un ou son soleil : Rou- 
gir. 

Recevoir un coup de soleil : 
Tomber amoureux. — a Mesde- 
moiselles, nous avons reçu un 
coup de soleil soigné. » (Villars,) 

SOLIR. — Vendre : c J'ai ren- 
contré marcandière qui dupivois 
solisait. f (Vidocq.) 

SOLITAIRE : Spectateur qui, 
pour payer moins cher sa place, 
entre au théâtre dans les rangs 
de la claque. Son nom indique 
qu'il ne se croit pas obligé de 
faire chorus avec ses bruyants 
compagnons. — a Grâce à une 
pièce de cinquante centimes, j'en- 
trai en qualité de solitaire. » 
(A. Second.) 

SOLLICEUR : Marchand. 
(Vidocq.) — De Solir. 

SOLLICEUR DE LACETS : 
Gendarme, mot à mot : mar- 
chand de menottes. 

SOLLICEUR DE ZIP : Escroc 
vendant sur faux échantillons. 
(Idem.) 

SOLLICEUR A LA POGNE : 
Marchand ambulant. (Colom- 
bey.) — 11 lui faut de la pogne 
pour pousser sa petite voiture. 

SOLLISAGE : Vente. (Colom- 
bey.) V. Solir. 

SOMMEIL (marchand de) : 
Logeur à la nuit, (Rabasse ) 

SONDE : Médecin. (Vidocq.) 



SONDER : Espionner, cher- 
cher à savoir. 

SONDEUR : Commis d'octroL 
(Rabasse.)— Il sonde les voitures. 

SONDEUR : Espion. (Vidocq.) 
SONDEUR : Observateur, 
chercheur. 

SONNETTE : Pièce d'argent. 
Elle sonne dans la poche. — 
« J'accours à l'Opéra et les son- 
net's en poche, i (Désaugiers.) 

SONNETTE DE BOIS (dé- 
ménager à la) : Emporter ses 
effets sans avoir payé sa cham- 
bre, en tamponnant la sonnette 
d'éveil qui signale la sortie d*un 
hôtel garni. — c Car il était 
réduit à déménager à la sonnette 
de bois. » (Chenu.) 

SON NIAIRE : Moi, lui, eux. 
(Rabasse.) C'est à son niaire : 
c'est à moi, c'est à lui. (Idem.) 

SOPHIE (faire sa) : Se don- 
ner des airs de sagesse. Jeu de 
mots sur le nom propre et le mot 
grec. — aAquoi ça m'aurait avancé 
de faire ma Sophie ? » (Monselet.) 

SORBONNE : Cerveau. — « La 
sorbonne est la tête de l'homme 
vivant, son conseil, sa pensée. » 
(Balzac.) — Date du temps où 
les décisions de la S>orbonne 
pesaient d'un grand poids. 

SORBONNER : Penser. (Hal- 
bert.) Raisonner. (Rabasse.) 

SORGE, SORGUE : Soirée, 
nuit. (Vidocq, Halbert.) — Au 
moyen âge, on disait sorne. V. 
Balte, Sorne, 

SORGUER : Passer la nuit. — 
« Content de sorguer sur la 
dure, va, de la bride (chaîne) je 
n'ai pas peur. » (Vidocq.) 

19. 



sou 



- 334- 



sou 



SORGUEUR : Voleur de nuit. 

SORNE : Noir. (Halbert.) 

SORT (il me) : Il m'est insup- 
portable. 

SORTIR LES PIEDS DE- 
VANT : Être mort. Mot à mot : 
sortir dans un cercueil. -^ « l.e 
bruit courut que la jolie fille 
ctait séquestrée dans un cabinet 
noir et qu'elle n'en sortirait que 
les pieds devant. » (About.) 

SOTONNADE : Bastonnade. 

^Rabasse.) Forme altérée de saton- 
nade. V. Satou, 

SOUDRILLARD : Libertin. 
<Vidocq.) 

SOUFFLANT : Pistolet. — Al- 
lusion à la décharge. V. Bayafe, 

SOUFFLÉ : Pris, arrêté par la 
police. 

SOUFFLET (voler au) : 
Entrer brusquement dans un 
magasin où une dame solde des 
objets de luxe, la soufBeter en 
jouant au mari indigné et dispa- 
raître avec son porte-monnaie. 
(Rabasse.) 

SOULASSE : Traître, trom- 
peur. (Colombey.) 

SOULASSE (grande) : Assas- 
sinat. (Idem.) — ( Q.u'estce que 
vous faites maintenant, père 
■Salambier? Toujours la grande 
soûlasse , mes enfants. » ( Du 
Boisgobey.) 

SOULEVER : Voler. 

SOULOGRAPHE : Vieil 
Ivrogne. 

SOULOGRAPHIE: Ivrognerie. 
•(Vidocq, 37.) — « Us feront de la 
souîographie , et adieu votre ty- 



pographie, plus de journal I » 
(Balzac.) 

SOUPÇON : Quantité si mi- 
nime, qu'on se demandes! elle 
existe. De là le terme de soupçon. 

— c Rien que de l'eau chaude 
avec un soupçon de thé et un 
nuage de lait. » (A. de Musset.) 

SOUPE (tremper une) : Bat- 
tre. Mot à mot : faire avaler 
une correction. •— ce Où qu' tu 
vas, Polyte î — Je vas tremper 
une soupe à ma femme qu'est 
une feignante qu'a pas travaillé, » 
fait dire Gavarni à un souteneur 
allant rouer de coups la malheu- 
reuse qui n'a pas trouvé d'argent. 

SOUPE AU LAIT : Homme 
colère. — Le lait bouillant dé- 
borde avec rapidité. 

SOUPEUR : Viveur, passant 
les nuits à souper. — « Est-ce 
que les sobpeurs savent jamais 
ce qu'ils boivent et ce qu'ils 
mangent ? » (Frémy.) 

SOUPEUSE : Fille raccrochant 
dans les restaurants où on soupe. 

— «Survint une autre soupeuse... 
pour lui souiller son adorateur. » 
(Vassy, 75.) 

SOUPLE : Bleu. (Halbert.) 

SOURIClïiRE : Piège tendu 
par la police. — • c Tendre une 
souricière pour le faire pincer 
par la police, i (E. Sue.) 

SOURICIÈRE : Dépôt des pré- 
venus, à la préfecture de police. 
(Halbert.) 

SOURICIÈRE : Giberne d'în« 
fanterie d'ancien modèle, c Tout 
en ayant soin de placer ma 
giberne ou, comme on dit, ma 
souricière. » (Vidal, 33.) 



STE 

SOURICIÈRE 1 Ueu lur* 
par la police, — « C'est 
ïTfile souricière que votre tapi» 
franc. Voilà trois assawin» que 
j'y prends. » (E. Sue.) 

SOUS-VENTRIÈRE : Écharpe, 
ceinture. —Allusion à la pièce 
de harnachement qui passe soua 
le ventre du cheval. Le moivient 
évidemment d'une caserne de 
cavalerie. 

SOUTADOS : Cigare d'un sou. 

— [fonie avec finale havanaise. 
■ La fuméedu soutndoB qu'il ne 
fume pas lui semble moïnsflcre.* 
(Touchatout.) 

SPADE : Épée. — Vieuï mot. 

— Espadon nous est resté- - 
SPECK: Lard. — Germanisme. 
SPEECH : Allocution. — Mot 

anglais. — « Quelque gars... 
qui ne sache point faire de 
•peechi. n (Heine.) 

SPIRITE : Personne préten- 
dant évoquer des esprits invisi- 
bles. — Spiritisme se dit de la 
croyance aux esprits. 

SPORT : Eiercicea en plein 
air : course, chasse, canotage, 
etc., etc. — Mot anglais. 

SPORTSMAN : Homme de 

du sport. — Mot anglais. 

STERLING : Grand, considé- 
rable. — Allusion à la valeur 
relative de la livre anglaise qui 
était vingt-quatre fois plus forte 
que la livre française ; On parle 
des galanteries stfling d'un en- 
Ireteneur dans un roman de 
Ruilidge. (Vice et Faiblesse, 
1786.) a La dévote a fait une 
seine , une seine «terllns. » 
(Balzac.) 



;s — SUB 

On dit de m^me ^ennuyer à 
vingt-einq francs par tête. 

STICK : Canne-cravache. — 
Mot anglais. 

STOCK : Contingent, assem. 
blage de choses en magasin. — 
Anglicanisme. — ■ Il se trouvait 
encore ft juger un stock de i5 à 
10 laitiers prévenus d'avoir in- 
troduit de l'eau dans leur mar- 
chandise. » (Figaro, ^5.) 

STROC : Setier. V, Demi-stroc. 

STUC, STUQ ! Pari de vol. 
(Graodval, Halbert.) 

STUD-BnOK:Llvredes haras. 
(Pal.) — Terme anglaia. 

STUQUER : Partager. (Hal- 
bert.) 

STYLISTE î Écrivain unique- 
ment préoccupé du style, c'eit-l- 
dire de la forme, et non du fond. 

SUAGE : Assassinat. V. Saer 
(faire), — » Nous voulons bien 
maquiller le suDge de ton rochei, 
mais ft la condition de tout con- 
nir. Il n'y a que les refroidis qui 
ne rappliquent nibergue. « (Vi- 

SUBLIMER : Travailler pen- 
dant la nuit. — « iMin de trom- 
per la surveillance des adjudants 
(de l'École polytechnique), celui 
qui sublime place son lit ren- 
versé sur quatre tabourets, rabat 
la couverture par-dessus, et éten- 
du sous cet abri, rumine en paix 
les problèmes ardus des mathé' 
maliquea transcendantes. B (La 
Bédolliira.) 

SUBLIMER (se) : Se raffiner. ' 
— « Les jeunes biches se sont 
sublimée* au contact des ancien- 
.(Ljmol.) 



SUI 



- 336 - 



SUP 



SUBTIL : Dur. (Halbert.) 

SUÇON : « Faire une consom- 
mation fanatique de sucres d*orge 
dits suçons, i (Rolland.) — On 
les suce très-longtemps. 

SUCRE (casser du) : Dénoncer. 
V. Casser, 

SUCRE (c'est du) : C'est bon. 
— Se prend au figuré. 

SUCRE (faire manger du) : 
Soigner l'entrée d'un acteur, 
l'applaudir. Cette comparaison 
canine a pour pendant : appeler 
A^or, 

SUER (faire): Tuer. Mot à mot: 
faire suer du sang. V. Chêne. 

SUER (faire) : Accabler d'en- 
nui quelqu'un. — c Vous me 
dites, mignonne, avec l'accent de 
l'âme : Tais-toi donc ! tu me fais 
suer. » {Almanach du Hanneton, 
67.) 

SUER (faire) : Se faire donner 
sa part d'un vol. (Halbert.) Faire 
donner de Targent. (Rabasse.) 

SUI: Suivi. — Abréviation. — 
• Eh ben ! est-y mort ? — Y'en 
sais rien^ j'étais sui, j'ai pas évu 
le temps d'y demander, i (H. 
Monnier.) 

SUIF : Réprimande. — « On 
dit donner un suif. 

SUIFFAkD, SUIFÉ : Élégant. 
V. Astiquer, — « Était-il assez 
suiffard, l'animal!... Du linge 
blanc et des escarpins un peu 
chouette. » (Zola.) 

SUISSE (faire) : « Le soldat a 
le point d'honneur de ne jamais 
manger ou boire seul. Cette loi 
est tellement sacrée que celui 
qui passerait pour la violer se- 



rait rejeté de la société militaire, 
et on dirait de lui : // boit avec 
son suisse, et le mot est une 
proscription. » (Vidal, 33.) — 
c Un soldat français ne doit pas 
faire suisse, ne boit jamais seul.» 
(La BédoUière.) 

Le premier exemple donne la 
clef du mot. Le soldat ne peut 
boire avec son suisse (concierge), 
puisqu'il n'en a pas, donc il boit 
seul. Ironie inventée pour rap- 
peler quelque engagé d'opulente 
famille aux règles de la frater- 
nité. 

SUISSESSE : Mélange d'ab- 
sinthe et d'orgeat. Il est plus 
doux, plus féminin, que l'absin- 
the dite suisse, 

SUIVEUR : « Le suiveur est 
trés-drôle à observer ou à sui« 
vre. Une femme passe devant 
lui, le suiveur accélère son pas, 
dépasse sa victime, et se retourne 
bientôt pour juger de la beauté 
de l'objet de sa poursuite. » (Ro- 
queplan.) 

SUIVEZ-MOI, JEUNE HOM- 
ME : c Ce sont ces deux grands 
rubans flottants au-dessous des 
cols de manteaux des dames... 
Une grande couturière de Paris 
les a appelés ainsi. 9 (Lespès, 
66.) 

SUPERLIFICO , SUP£RCO- 
QUENTIEL, SUPERCOQUEN- 
TIEUX : Merveilleux. Abrévia- 
tion du moi supercoquelicantieux 
employé par Rabelais dans le li- 
vre Ill.—a Lorsqu'un épicier étale 
devant sa boutique un superli- 
coquentieux morceau de fro- 
mage, n'est-ce pas tenter le peu* 
pie? » (Ch. Fourier, 36.) 



TAB 



- 337 - 



TAL 



SURBINÊ : Surveillance. (Vi- 
docq.) — « On calcule les dé- 
penses que fait le mecque en 
surbine. » (Stamir.) — Être en 
surbine : Être en surveillance. 

SURBINER : Surveiller. (Ra- 
tasse.) 

SURET : Vin acide, sur. — 
« Et j' lampe au cabaret le suret.» 
(Charrin.) 

SÛRETÉ (la) : Police de sû- 
reté. V. F/7 de soie, 

SURFINE : Sœur de charité. 
(Colombey.) 

SURGEBER : Condamner en 



appel. (Vîdocq.) Pour surgerber, 
V. Gerber. 

SURIN : Couteau. ^ De suer, 
assassiner. V. Chemin. 

SURINER : Assassiner. (Ra- 
basse.) Mot à mot : tuer au cou- 
teau. 

SURINEUR : Donneur de 
coups de couteau. 

SYDONIE : f Les têtes de bois 
qui servent à monter les coiffu- 
res ont un nom. Cela se nomme 
une Sydonie chez tous les mar- 
chands. » (Lespès.) 



T 



TABAC : Position critique. — 
c Ceux qui ont supporté tout le 
tabac, prenant ce qu^on leur 
donne. » {Commentaires de Lo^ 
riot,) 

TABAC (donner du) : Battre. 
■— « Si tu m'échauffes la bile, je 
te f... du tabac pour la semaine! » 
(Vidal, 33.) 

TABAR, TABARIN : Man- 
teau. (Grand val.) — C'est un 
vieux mot. 

TABATIÈRE (ouvrir sa) : Pe- 
ter. — Allusion au bruit qu'on 
faisait en ouvrant les tabatières 
sans charnière. — « Que son 
ponent te serv' de tabatière. » 
(L' A près - souper de la Halle, 
xviii siècle.) 



TABLE (se mettre à), Mon- 
ter sur la table : Dénoncer à la 
justice. — Même image que dans 
manger le morceau, manger sur 
l'orgue, etc. 

TAF , TAFE , TAFFERIE , 
TAFFETAS: Peur. — Pour l'éty- 
mologie, voyez /a^cr.—« Ce n'est 
pas toi ni tes paysans qui nous 
f... le tafe. » (Vidal, 33.)— t Sei- 
gneur! qu'est-ce qu'il a donc, 
répétait Gervaise prise de taf. » 
(Zola.) 

TAFFER : Avoir peur. — De 
l'allemand tafen, V. Tirer. 

TAFFEUR : Peureux. (Ra- 
basse.) 



TAN 



- 338 - 



TAN 



TALENT : t L'ensemble des 
Connaisseurs réunis sur un hip- 
podrome. On dit qu'un cheval 
a été soutenu par t/ie talent, » 
<Parent.) Angl. 

TAILBIN : Billet de complai- 
sance. (Vidocq.) 

' TALBIN : Contre-marque de 
théâtre. Abréviation de tailbin, 
« J'ai goipé au théâtre, fesait la 
portière, et je vendai des talbins, 
<:igare et du feu. » (Beauvillier.) 

TALBIN : Billet de banque. 
^Rabasse.) 

TALON ROUGE : Aristocrate. 
— Le droit de porter des talons 
rouges était un signe de no- 
blesse. — « Tous les talons rou- 
ges de l'ancien régime qui tra- 
hissent le peuple. » (Hébert, 
1793.) 

TAMBOUR : Chien. — Allu- 
sion aux roulements de son 
aboiement. 

TAMPON : Poing. — «Je lui 
ai envoyé un coup de tampon 
sur le mufle. » (Th. Gautier, 45.) 

TAM-TAM : Fracas prémédité. 
Allusion au bruit du tam- 
tam. — « Trop de boursouflure, 
trop de tam-tam dans ce fac- 
tum. » (Éclair^ 23 juin 72.) 

TANDEM : Voiture à deux 
chevaux attelés l'un devant l'au- 
tre. — c Nul ne porte mieux un 
habit, ne conduit un tandem 
mieux que lui. i (Balzac.) 

TANGENTE , TANGENTE 
AU POINT Q : Épée. — Jeu de 
mots. — « Le conscrit de l'É- 
co\t polytechnique est souvent 
«bsorbé avant d'avoir endossé 



runiforme et senti battre sur sa 
cuisse gauche l'arme que les 
élèves nomment une tangente au 
point q. I (La BédoUière.) 

Échapper par la tangente ^ 
prendre la tangente : S'échapper. 
V. Absorption, Colle, — « Ex- 
pression empruntée à la dyna- 
mique... elle doit être sortie de 
l'École polytechnique, car elleest 
familière aux élèves de cette 
école. » (Faucheux, 70.) 

Tangente se dit aussi pour 
surveillant de collège. 

TANNER : Ennuyer, assom- 
mer. — Un poôte du xiii* siècle, 
Rutebeuf, dit déjà: c Quar le 
réveil me tanne assez quand je 
m^esveil. » 

tt Les communes de Flandre, 
qui déjà commençaient à tanner, 
et désiraient fort de retourner 
en leur pays, lui demandèrent 
congé. (141 1, Monstrelet.) — 
a C'est insupportable. — Heinl 
est-ce tannant! » (E. Sue.) 

Tanner le cuir : Rosser. — 
a Si vous vous permettez, je con« 
nais une personne qui vous tan« 
nera le cuir. » ^Gavarni.) 

TANNER LE CUIR, TANNER 
LE CASAQUIN : Rosser. —«Si 
vous vous permettez, je connais 
une personne qui vous tannera 
le cuir. » (Gavarni.) 

TANTE : c Homme qui a des 
goûts de femmes. » (Vidocq, 37.) 
— « Avril offrait 2,000 fr. pour 
buter avec lui une tante, et vous 
savez, initiés que vous avez été 
aux secrets de cet horrible lan- 
gage, comment ces mots dési- 
gnaient clairement Chardon. » 
(Partarrieu-Lafosse,/{^^uf^iYofr« 



TAP 



— 339 — 



TAP 



contre Lacetiaire, 36.) — a Pour 
donner une vague idée du per- 
sonnage qu'on appelle une tante, 
il suffira de rapporter ce mot 
magnifique du directeur d'une 
maison centrale à feu lord Ou- 
rham qui visita toutes les pri- 
sons pendant son séjour à Paris. 
Le directeur, après avoir montré 
toute la prison, désigne du doigt 
un local en faisant un geste de 
dégoût : Je ne mène pas là Votre 
Seigneurie, dit-il, car c'est le 
quartier des tantes.,, — Haot fit 
lord Durham, et qu'est-ce?... — 
C'est le troisième sexe, milord. » 
(Balzac.) — « Enfants, on les ap- 
pelle mômes ou gosselins; ado- 
lescents, ce sont des cousines; 
plus âgés, ce sont des tantes. y> 
(Moreau Christophe.) — Dans 
un chapitre détaillé consacré à 
cette espèce, M. Canler reconnaît 
quatre catégories appartenant à 
diverses classes sociales : peisil- 
leuses, honteuses, travailleuses et 
rivettes. Cette dernière est seule 
exploitée par les chanteurs. 

Dans le vocabulaire des inju- 
res, tante a fini par se dire 
comme bougre, sans portée pré- 
cise. — «Bougre de greluchon... A- 
t-on jamais vu des tantes pa- 
reilles 1... j> (Zola.) 

TANTE : Mont-de-piété. - 
Terme ironique à l'adresse de 
ceux qui déguisent la source 
d'un emprunt en disant qu'ils 
ont eu recours à leur famille. — 
c Tous mes bijoux sont chez ma 
tante, comme disent mes cama- 
rades lorsqu'elles parlent du 
mont-de-piété. » (Achard.) 

TAPÉ, TAPÉ A L'AS, TAPÉ 
DANS LE NŒUD : Émouvant, 
frappant, réussi. — « Aussi a- 



t-on fait plusieurs couplets sur 
tous les ministres dont le por- 
trait est bien tapé, i (1742, Jour~ 
nal de Barbier,)-^ t C'est un 
peu tapé dans le nœud. » (La 
Bédollière.) — « Une manière de 
sentiment bien r'tapé. >» (1755, 
Vadé.) — 4[ La gauche bat des 
mains à ce propos rudement 
tapé. » (A. Millaud, 76.) — t Je 
crois vous faire plaisir en vous 
adressant le récit d'une cure 
tapée à l'as, comme vous dites 
si élégamment. {Tam-Tam, 76.) 

TAPEDUR : Serrurier. (Vi- 
docq.) 

TAPÉE : Grosse réunion. — 
et Quelle tapée de monde, bon 
Dieul ï> (Commentaires de Lo^ 
riot.) 

TAPER : Aborder quelqu'un. 
(Rabasse.) 

TAPER, TAPEUR : Emprun- 
ter par métier, emprunteur. — 
c Le roi des tapeurs vous ac- 
coste; il vous prend le bras, il 
se penche à votre oreille; — 
vous êtes tapé. Aurais-tu cent 
sous à prêter à ton ami? vous 
d'\ t-W. y) { A Imanach du Hanneton.) 
— c Aujourd'hui, elle les tapait 
de dix sous; demain, ce serait 
de vingt. » (Zola.) 

TAPER : Enivrer. — « Ce 
scélérat 'cle vin de Champagne 
avait joliment tapé ces mes- 
sieurs. » (Festeau.) t 

TAPER DANS L'ŒIL : Sé- 
duire, attirer. 

TAPER DE L'ŒIL : Dor- 
mir. — f II y avait plus d'une 
heure que je tapais de l'œil 
quand je m'entends réveiller. » 



TAR 



— 340 — 



TAU 



(Œuvres badines de Caylus, 
1750.) 

TAPER SUR LA BOULE : 
Enivrer. 

Dans la gosier comme ça coule 1 
Comme ça tape sur la boule 1 

(J. Moineaux. Ch.) 

TAPER SUR LES VIVRES, 
SUR LA BOISSON : Manger et 
boire avec avidité. 

D'avoir trop .tapé sur 1* pichet, 
Qu'en avaient pleins la gargamelle. 

{Chansonnier de i836.) 

TAPETTE. V. Être (en). 

TAPEUR : V. Taper. 

TAPIN : Tambour. — Il tape 
sa caisse. — «Le tapin qui tam- 
bourinait en tête de l'escouade.» 
(La Bédollière.) 

TAPIS, tapis franc, : Auber- 
ge, cabaret. (Vidocq.) Tapis 
vient du vieux mot tapinet : 
lieu caché; franc fait allusion 
aux habitués qui sont des af- 
franchis (voleurs). V. Empois 
yrer, Crosser, 

Tapis de grives : Cantine, ca« 
baret de soldats. 

Tapis de malades : Cantine de 
prisonniers. 

Tapis de refaite : Table d'hôte. 

TAPISSIER : Cabaretier. V. 
Baptême, Ogre. 

TAQ, TAQUER, TAQUINE : 
Haut, hausser, hauteur. (Hal- 
bert.) 

TAROQUE : Marque. V. Dé- 
taroquer, 

TARTE : Qualité bonne ou 
mauvaise. (Vidocq.) — Plus sou- 
vent mauvaise. V. Escrache. 



TARTINE : c Immenses phra- 
ses lardées de mots emphati- 
ques, si ingénieusement nom- 
mées tartines dans l'argot du 
journalisme. » (Balzac.) 

TARTINES : Souliers. (Ra- 
basse.) Allusion à la forme des 
semelles qu'on tartine en pleine 
boue. 

TARTINER : Rédiger. — « Tu 
n'as pas assez de style pour tar- 
tiner des brochures. » (Balzac.) 

TARTUFERIE : Acte d'hypo- 
crisie, air de Tartufe. 

TAS (prendre sur le) : Pren- 
dre un voleur sur le fiiit, en 
présence du tas formé parles 
objets volés. 

TASSE (la grande) : La mer. 
Ironie. — c C'est vrai qu^ln peu 
plus vous buviez à la grande 
tasse. » (Ricard.) 

TATOUILLE : Volée de coups. 
— Abréviation de ratatouille. — 
On met son adversaire en ta- 
touille comme on le met en com- 
pote. C'est la même allusion cu- 
linaire. — a Tu étais moins fort 
que moi. J'en ai profité pour 
l'administrer une horrible ta- 
touille. » (L. Bienvenu.) 

TAUDION : Petit logement, 
petit taudis. — « J'ai vendu ce 
que j'avais pour payer le tau- 
dion où nous couchons. » (Lynol.) 

TAULE, TOLE : Maison. — 
c Dans une tôle enquille en 
brave, fais-toi voleur. » (Vi- 
docq.) 

TAUPAGE : Égolsme. (Vi- 
docq.) 

TAUPER : Travailler. (Idem ) 



TEI 



-341 ■ 



TAUPES (Royaume des) t ■ H 
est au Toyaulme des taupes, il 
est mort.» (Oudin, 1640.) 
TAUPIER : Égoïste. (Idem.) 
TAUPIN ; Élève de mathima- 
tiques spéciales. — « Le «impie 
taupin, le candidat qui se pré- 
sente à la colle d'admission à 
l'École polytechnique, possède 
déjà des connftisaances supé- 
rieures.* (La Bédolliire.) 

TEINT (bon) ; Véritable, au- 
thentique. — Allusion aun étof- 
fes mauvais telnl qui ne durent 
pas. —On dit mauvais teint pour 
faux, mensonger. — n Une Tra-' 
comtesse ?,.. Tout ce qu'il y 
de meilleur teint. . (Brunesoeur 
TEINTÉ : Enluminé par I' 

TEINTURIER : Marchand de 
vins frelateur. — n Enfoncé Des- 
noyer le teinturier et son vin ! x 
(E. Bourget, 1845.) 

TEINTURIER r i Tous les 
hommes politiques ont besoin 
d'avoir auprès d'eut des sous- 
Aommes politiques ou des supé- 
rieurs qu'iU consultent, qu'ils 
laissent écrire ou qu'ils s'BSsimi- 
lent .. Dans le style des sfiai- 
res publiques, ceui qui ejterceni 
celte influence s'appellent des 
teinturiers, parce qu'en effet ils 
se chargent de donner de l'étoffe 
à des hommes d'Élat des 
leurs différentes.» (Roqueplan.) 

Il y a aussi des teinturiers lit 
lùmlres. On lit dans les Mémoi- 
res secrets (i5 sept. 1775) ; « La 
comtesse de Beauharnais a fait 
présenter une comédie. Elle a été 



TEMPÉRAMENT (à) : A cré- 
dit. Mot i mot : en tempérant 
'obligation de payer, a Vous me 
payerez quand vous pourrez, à 
tempérament. ■ {Alm. du Han- 
neton, 67.) 

TEMPLE : Manteau. (Colora- 
bey.) 

TEMPS (voir le coup de) : 
Prévoir à temps pour parer. — 
Terme d'escrime. (Dtiaute), 08.) 

En deux temps : En un ins- 
tant. — Terme d'escrime. -- ( En 
deux temps, i' remouque et 'f 
débride. » (Haibert.) — « En 
deu:i temps sa lessive est faite. 1 
(Le Casse-Gueule, ch, 41.) 

Prendre des temps de Paris 
signifie, au théâtre, préparer ce 
que l'on a à dire par une panto- 
mime pour augmenter l'effet. Le 
mot a été Inventé pardes comé- 
diens de province. (Couailhac.) 

TENANTE ! Chopine. (Hai- 
bert.) 

TENIR (en) ! Aimer d'amour. 
— « Est-ce de l'amour î Alors, 
ii faut qu'elle en tienne furieu- 
sement, puisqu'elle fait de tels 
sacrifices, a (Ricard.) 

TENIR (se), TENIR SUR SES 
PIEDS : Être bien composé, 
bien agencé. Se dit d'une oeuvre 
littéraire ou dramatique. — «Pas- 
sez-moi le manuscrit : ça a l'air 
de se tenirsur ses pattes. »(i4Ini. 
du Hanneton, 67.) 

TENIR (se) : Se bien conduire, 
se faire respecter. C'est l'opposé 
de M laifstr aller. 



TÈT 



— 342 — 



TÏG 



rERNAUX : Châle de la fa- 
|}rique Tcrnaux. — i Elle prit 
un schale de coton ; — le ternaux 
était au... Mont-de-Piété. » (Ri- 
•card.) 

TERRER : Tuer. — Mot à 
mot : enterrer. — « Dans dix 
■ans, je reviendrai pour te terrer, 
4ussé-je être fauché. » (Balzac.) 

TERRIÊRE : Raccrocheuse 
hantant les terrains vagues. (Ra- 
inasse.) 

TÊTARD : Homme de lettres. 
•(Rabasse.) 

TÊTE (faire sa) : Prendre de 
grands airs. — a Tu y gagnes 
•d'avoir l'exercice une fois de plus 
par jour pour apprendre à faire 
ta tête, f (Vidal, 33.) 

TÊTE CARRÉE, TÊTE DE 
•CHOUCROU I E : Allemand. — 
<K On ne résiste pas à tant d'at- 
traits. La tête du baron, une tête 
•carrée pourtant» tourne. » (E. 
Villars.) 

TÊTE DE TURC : Plastron, 
homme en but à toutes les atta- 
ques. — Allusion à la tête de 
turc couronnant les mécaniques 
sur lesquelles on frappe aux 
jours de foire pour éprouver la 
force de son poing. — « M. Du- 
vergier de Hauranne est écouté. 
Mais comme il faut une tête 
•de turc à l'Assemblée, le géné- 
ral X... devient le 60u£fre-dou- 
leur. » {PariS" Journal,) 

TÊTES DE CLOUS : Carac- 
tère usé. — « Un journal, tiré 
dur papier à sucre, avec des 
caractères flétris du sobriquet 



de têtes de clous. » (Villdniea- 
sant.) 

TÉZIGUE : Toi. V. Zigue. 

THIÉRISME : Sympathie pour 
la politique de M. Thiers. — «Ce 
journal flotte entre le droit divin, 
le radicalisme, Torléanisme et le 
thiérisme sans se brouiller avec 
PEmpire. » (Giraudeau.) 

THOMAS : Baquets faits en 
forme de petits tonneaux défon- 
cés par le haut... avec des oreil- 
les en fer de façon à être transpor* 
tés et vidés facilement. — Équi- 
voque sur les mots videThoma de 
l'hymne populaire de Pâques. — 
c Ce serviable meuble est bap- 
tisé du nom de Thomas. » (A. 
Lecomte, ôi.jOn l'appelle aussi 
job, — « Parmi les consignés 
occupés à passer la jambe à 
Thomas (vider les baquets d'u- 
rine.) I (La BédoUière.) 

THUNE : Argent. V. Bille, 
Tune. 

TIGNASSE, TIGNE : Cheve- 
lure en désordre. — Du vieux 
mot tigne : teigne. V. Aplomb, 

TIGNE (la) : Le monde. (Ra- 
basse.) 

TIGRE : Groom. — « Leur 
chapeau à cocarde noire, leurs 
bottes à retroussis, leur veste 
bleue et leur gilet bariolé, cou- 
vrent des gamins arrachés au 
plaisir de la pigoche. i (A. De- 
riège, 1841.) 

TIGRE : <c Le rat débute et 
danse un pas seul; son nom a 
été sur l'affiche en toutes lettres; 
il passe tigre et devient premier, 
sacond, troisième sujet, i (Th. 
Gautier.) 



TIR 



- 343 - 



TIR 



TIP : Prophétie, annonce de 
tipster. 

TIPSTKR : Homme faisant 
métier d'annoncer à des abonnés 
les succès probables sur les 
cliamps de courses. Littérale- 
ment: prophète. (Parent.) An g] . 

TIQUER : Voler à la care. (Co- 
lombey.) 

TIRADES : Fers de forçat. 
(Rabasse.) Ils sont tirés par la 
jambe. 

TIRAGE (il y a du) : c'est 
long, c'est difficile. — Terme 
de cocher* Plus le chemin est 
rude, plus le cheval tire. — 
€ Autrefois il avait eu joli- 
ment du tirage. Mais le travail 
menait à tout. » (Zola.) — t On 
tirait au sort. Un tire, prend un 
bon numéro... Courage, les au- 
tres 1 Moi, j'en suis sorti sans 
trop de tirage. » (Flair.) 

TIRANT : Bas. — On le tire 
pour le mettre. — « Ses tirants et 
sa montante, et son combre ga- 
luché, son frusque, aussi sa li- 
sette. » (Vidocq.) 

TIRANTE : Jarretière. (Hal- 
bert.) 

TIRANT RADOUCI : Bas de 
soie. {Petit Dict, d* Argot, 44.) 
— Jeu de mots. 

TIRE ( faire la) : Voler à la 
tire. — « Ils font la tire à la chi- 
cane, en tournant le dos à celui 
qu'ils dépouillent. » (Du Camp.) 

TIRE-POGUES : Voleur de 
montre. (Vidocq.) 

TIRE-FIACRE : Viande dure. 
(Rabasse.) 

TIRE- JUS : Mouchoir (08). 



TIRE-MOMES : Accoucheuse. 
V. Morne. — Autrefois on disait 
madame Tiremonde. La Diction- 
naire de Trévoux donne cette 
expression comme proverbiale. 

TIRER : Passer, achever. — 
Un troupier libérable dans un 
semestre dit : c J'ai encore six 
mois d tirer. » 

TIRER : Voler à la tire. — 
a Vous commencez par tirer en 
valade, puis au grand truc vous 
marchez en tafifant. i (Lace- 
naire, 36.) 

Tirer le chausson : S'enfuir. 
(Moreau Chr.) 

TIRER (se la), SE TIRER : 

S*enfuir. 

TIRER A LA LIGNE : Ampli- 
fier dans le seul but de gagner 
plus d'argent. 

TIRER D'ÉPAISSEUR (se): 
Sortir d'embarras. {A Imanach des 
Débiteurs, 5i.) 

TIRER DE LONGUEUR (la): 
Abréviation de tirer une carotte 
de longueur, 

TIRER LA FICELLE : Passer 
à un autre, comme les mon- 
treurs de diorama qui tirent la 
ficelle pour amener un autre dé- 
cor. — « Sur leurs discours, 
crois-moi, tir' la ficelle, i (De- 
braux.) 

TIRER L'ÉCHELLE : Cesser 
par impossibilité d'Mler plus 
loin. Mot à mot : de monter plus 
haut. Très-usité quand on ter- 
mine une énumération de choses 
étonnantes. 

TIRER L'ŒIL : Attirer TœiU 
V. Œil. 



TOC 



-344- 



TOM 



TIRER LES PIEDS (se), TI- 
RER LES PATTES : S'enfuir. 
(Rabasse.) — c Nana avait un 
chic pour se tirer les pattes, i 
(Zola.; 

TIRER SA COUPE : Aller se 
promener, r- Terme de nageur. 

D* temps en temps noos tirons not' 

coupe 
Sa' r grand boulevard... 

(Ridiepio.) 

TIREUR : Voleur à la tire, 

TIROIR : Filouterie de jeu. 
Elle consiste en l'enlèvement des 
trois as. — c Le tiroir peut se 
faire non-seulement en mêlant 
les cartes, mais aussi en passant 
la main. » (Cavaillé.) 

TITI : Gamin de Paris. — 
c Mousqueton est le titi par ex- 
cellence, c'est le vrai gamin de 
Paris avec sa gaieté, sa souplesse, 
ses bons mots. » (Alhoy.) 

TOASTER : Porter des toasts, 
des santés. — Anglicanisme. *— 
c Le mot anglais pourrait bien 
venir de l'ancien verbe français 
toster, qui signifiait choquer. » 
(Rozan.) 

TOC: Cuivre doré, faux or. — 
Allusion à la différence de sono- 
rité qui existe entre le cuivre et 
Por. — « Bagues, boutons de 
manchette et croix de ma mère 
en toc, 6 ir. 3o. i {Les Cocottes.) 

TOC . Bourreau de bagne. 
(Rabasse.) Ainsi nommé de toc : 
méchant, ou parce que son mé- 
tier est de toquer ou bâton ner 
les condamnés. V. Bridon, 

TOC, TOCARD, TOCASSÊ, 
TOCASSON : Uid, méchant, de 
mauvaise qualité, faux comme 



le cuivre doré. V. Toc (i), — 
a L'article de Cascaret est toc. » 
(J. (Rousseau.)— « Croiriez-vou« 
iqu'en parlant d'une femme laide, 
on dit : c Elle est toc, elle est 
«c tocarde... C'est un vieu^ to- 
« card, c'est un vieux tocasson !» 
(N. Vanecke.) — « Il goûta le 
pain dont les prisonnières se 
plaignaient : « Chouette ! dit-il, 
a j'en ai mangé de plus toc. i 
(Chenu.) 

TOCASSERIE : Méchanceté. 
(Vidocq.) 

TOILES SE TOUCHENT 
(les) : Il n'y a pas d'argent. Mot 
à mot : mes poches sont vides, 
puisque les toiles se touchent. 
— • « Diable 1 les toiles se tou- 
chent aussi chez moi. » (Ladi- 
mir.) 

TOISE (à la) : Se dit des cho* 
ses et des gens où la qualité cède 
à la quantité. 

TOLÈDE (de) : De première 
qualité.— Seditironiquementpar 
allusion aux fameuses lames de 
Tolède dont la littérature roman- 
tique faisait grande consomma- 
tion. — a Allons 1 arborez vos 
bons binocles de Tolède. » (Pe- 
tits mystères de Vécole lyrique,) 
— « L'Assemblée nationale a re- 
trouvé son calme de Tolède. > 
(A. Millaud, 77.) 

TOLLARD, TOLLE : Bour- 
reau. (Grandval.) 

TOLLARD : Lit des forçats au 
bagne. Enchaînés deux à deux 
sur ce lit de camp qu'on nomme 
tollard. » (Ponson du Terrail.) 

TOMBAGE: c Le tombage est 
un impôt prélevé sur une per- 
sonne qui ne reverra jamais son 



TOP 



- 345 — 



TOQ 



argent, C'est le chantage prati- 
qué par des grecs à Tégard d'au- 
tres grecs.» (Cavaillé.) 

TOMBER : Terrasser. Mot à 
mot : faire tomber. — « La cou- 
leur Metternich a tombé le Bis- 
marck. » (Vie parisienne, 67.) 

TOMBER DESSUS : Maltrai- 
ter en paroles ou en actions. — 
c Que demain je lâche ma place! 
on me tomberait fièrement des- 
sus. » (De Concourt) 

TOMBER MALADE : Être ar- 
rêté. (Moreau Chr.) 

TOMBEUR : Acteur trop mau- 
vais pour être accepté nulle 
part. » (Ch. Friès.) 

TOMBEUR : Lutteur invinci- 
ble. — « Le tombeur de Renan y 
vient de temps en temps mépri- 
ser l'humanité. » (Les Cocottes, 
64.) 

TONDRE ! Primer une carte, 
au jeu. — oc Je joue piche! (pi- 
que.)— Au lieu de dire je prends, 
une autre répond : « Je tonds. » 
(Alhoy.) 

TONDU (le petit) : Napoléon I". 

— Il avait coupé ses longs che- 
veux de général.— a L'Empereur 
lui-même, le petit Tondu. > (L. 
Reybaud.) 

TONNEAU I Degré. — « Tu 
lui aurais rendu sa politesse. — 
Plus souvent ! à un daim de ce 
tonneau! » (Monselet.) — Ce 
terme de comparaison n'a pu 
être inventé que par des buveurs. 
Il est ancien. — c Ha! ha! vous 
estiez en estât de péché mortel. 

— Cestuy là, dist Panurge, est 
d'un aultre tonneau. » (Rabelais, 
Pantagruel, 1. IV, ch. lu.) 



TOP-WEIGHT : c Le cheval 
le plus chargé dans un handi- 
cap. » (Parent.) 

TOPER : « Chaque fois qu'un 
dévorant rencontre un autre ou- 
vrier, il doit lui demander de 
quelle société il est. Ça s'appelle 
toper. (Biévi lie.) 

TOPISER : Dévisager, recon- 
naître. — « Il est venu une pu- 
reuse pour me topiser. » (Lettre 
de Minder. Introduction,) 

TOPO : Officier d'état-major, 
plan topographique. — On sait 
que la topographie est une attri- 
bution de rétat-major. 

TOQUADE : Caprice amou- 
reux. 

Je ressentis (effet de là musique) 
Une toquade à l'endroit du ténor. 

(E. Grange.) 

c Hortense est sur le chemin 
de la fortune... Une simple to- 
quade, et elle est perdue. 9 (Les 
Pieds qui r'muent, 64.) 

Toquade sérieuse: Amour vrai, 

TOQUADE : Manie. — c Pré- 
mary a une toquade. On le dé- 
bine, on le nie, on veut le tuer, i 
(A. SchoU.) 

TOQUANTE, TOCANTE : 
Montre. — Harmonie imitative 
du toc-toc de la montre. — « Un 
monsieur qui me trouva gen- 
tille m'offrit un jour une toquante 
d'or... La montre me tentait, i 
(Rétif, 177* Contemporaine,) — 
o Le premier emporta la montre 
de Malvina qui regrettait sa to- 
cante. » (L. Reybaud.) 

TOQUÉ : A moitié fou. C'est 
un mot d'ancien français, car on 
le trouve dans la plupart de nos 



TOR 



— 346 — 



TOR 



patois provinciaux. -» On dit de 
même : il a reçu un coup de 
marteau. Cest-à-dire : son cer- 
veau est bien près de se fêler. — 
c Ma chère, les hommes, c*est 
farce ! toujours la môme chan- 
son : une femme à soi seul 1 To- 
qués ! Toqués ! ! » (Gavarni.) — 
a Les collectionneurs sont to- 
qués, disent leurs voisins. » 
(Balzac.) 

TOQUER : Sonner. (Colom- 
bey.) 

TOQUER (se), ÊTRE TO- 
QUÉ : S'éprendre. — « Par 
exemple, il n*est pas toujours 
toqué de Lanrose. » (Âbout.) — 
tt Un homme si respectable qui 
se toquait d'une petite coureuse.» 
(Zola.) 

TOQUET (en avoir dans le) : 
Être ivre. V. Casquette, qui a la 
même étymologie. ~- « Chez Dé- 
noyer j'entre, un peu dans le 
toquet. » (Decourcelle, 3g.) 

TORCHÉ (bien) : Vigoureu- 
sement peint, bien fait. — a A 
ce couplet bien torché on crie 
dans la salle : Bis! bisl i (Mar- 
quet.) 

TORCHER (se) : Se battre. 
Pour se donner un coup de tor- 
chon. 

TORCHER LE NEZ (se) : Se 
passer. On dit de même qu'une 
chose passe Mevant le itef . — 
a Tout cela vient de Pitt envoyé 
par les alliés, mais ils s'en sont 
torchez le nez. » (Mauricauit, 
Ch., 1793.) 

Se torcher le cul : Faire peu 
de cas. 

7 archer la gueule : Frapper 



au visage. — c Si j' prends mon 
sabot, je vous en torcherai la 
gueule. I (1744, Vadé.) 

TORCHETTE (net comme) : 
Aussi net que si la torchette 
(torchon) y avait passé. 

TORCHON : Fille aussi sale 
qu'un torchon de cuisine. 

TORCHON (se donner un 
coup de) : Se battre. — « Allons 
jusqu'aux chouans leur donner 
un coup de torchon. » (Henry. 
36.) 

TORCHON BRULE A LA 
MAISON (le) : Se dit pour an- 
noncer une querelle domestique. 

Je ne suis plus soa Jupule, 
Son chou, son rat, son trognon ; 
L' torchon brûle à la maison. 

(Dalès.) 

TORD -BOYAUX : Mauvaise 
eau-de-vie. — Elle donne la co- 
lique. — tt Avaler un verre de 
tord-boyaux, comme l'appelait 
notre amphitryon. » (Vidal, 33.) 

TORNIQUET : Moulin. (Vi- 
docq.) — Allusion au tournoie- 
ment de sa roue. 

TORSE : Estomac. — a Un 
verre de fil en quatre... Histoire 
de se velouter le torse.» — (Th. 
Gautier.) — c II s'était, outre 
mesure, bourré le torse; langage 
d'atelier. » (P. Borel, 33.) 

TORSE (avoir du) : Avoir un 
beau corps. 

TORSE (poser pour le) : Ex- 
hiber avec complaisance ses 
avantages physiques. 

TORSEUR : Poseur. «Lctor- 
seur emprunte tous ses e£Fets à 
son torse, toujours bardé d'une 



TOU 

cravate à gros nœuds et d'un gi- 
let bien étudié. Le torseur pro- 
jette sa poitrine sur le devant 
d'une loge ou dans l'embrasure 
de portes d'un salon, ou dans 
rintervalle de deux rideaux de 
croisées. > (Roqueplan.) 

TORTILLADE : Nourriture. 
(Rabasse.) V. Larton, 

TORTILLARD : Boiteux. (Vi- 
docq.) Mot à mot : qui tortille 
en marchant. 

TORTILLÉ (être) : Être wor/. 
—cil lui avaitcasséquelque chose 
à l'intérieur. Mon Dieu! en trois 
jours, elle a été tortillée. i(Zola.) 

TORTILLER : Manger. — a En 
trois jours nous aurons tout tor- 
tillé. » (Vidal, 33.) — « Voyez- 
vous, j'avais tortillé une gibelotte 
et trois litres. » (Ricard.) 

TORTILLER : Faire des fa- 
çons. — « L'ordre est formel. Il 
n'y a pas à tortiller.» (Desnoyer.) 

Tortiller de Vœil : V. Œil. 

TORTILLER : Avouer. (Vi- 
docq ) — C'est un synonyme de 
manger le morceau, dénoncer. 

TORTORER : Manger. (Ra- 
basse.) 

TORTU : Vin. (Vidocq.) Mot 
à mot : jus de bois tortu (vigne). 

TORTUE (faire la) : Jeûner. 
(Vidocq.) — La tortue mange 
peu. 

TOTO : Sein. — De teter. 

TOUCHE : Se dit des dehors 
d'un personnage considérés en 
leur ensemble. — a Quelle tou- 
che! » s'écrie.-t-on à l'aspect d'un 
grotesque. — Le mot a dû naître 
dans les ateliers de peinture. 



— 347 - TOU 

TOUCHÉ : Séduisant de fi- 
gure. V. Toucke. — . f Hé l hé r 
pas mal touchée, la bobonne. > 
(Villars.) 

TOUCHÉ : Peint, pensé ou 
écrit, vigoureusement fait. — • 
Terme de peinture dans l'ori- 
gine. — ■ Comme c'est écrit t 
comme c'est touché! i (L. Rey- 
baud.) 

TOUCHÉ (il est) ! Il est pro- 
fondement atteint, il ne s'en re- 
lèvera pas. — Se dit au moral 
comme au physique. 

TOUCHER : Frapper fort. — 
Ironie. 
TOUPET : Grande effronterie^ 

— Jeu de mots. — Le toupet est 
supérieur au front. — t Et dire: 
qu'avec du toupet et de la mé* 
moire tout le monde en Prait au- 
tant. » (H. Monnien) V. Crêper. 

Se payer de toupet : Payer 
d'audace. — c Que de gens font 
étalage. S' payant de toupet. 
N'ont rien dans leur ménage, i» 
{Chanson, 32.) 

Se mettre dans le toupet : S'en- 
têter à croire. — a Et mosieu se 
fichera dans le toupet que tout 
sera dit. t> (Gavarnt.) 

Toupet de commissaire : Au- 
dace excessive. — Mot inventé: 
par les gens que le commissaire 
de police interroge d'habitude. 

TOUPIE : Femme de peu,, 
tournant en toutes mains comme 
une toupie. — « Le roi autorisa 
la Lange à se livrer à toutes les. 
extravagances qui sont l'unique 
mérite de la plus grande partie 
de ces toupies. » {Précis de la vie 
de la comtesse Du Barry, 1 774./^ 

— « L'insolent traite sa grande 
sœur de toupie. » (Colmancc.) 



TOU 



- 348 - 



TOU 



TOUR (faire voir le) : Trom- 
per. V. Pratique. — o Tu veille- 
ras à ce que la donzelle n*es8aye 
pas de nous faire voir le tour. » 
(Montépin.) — Connaitre le tour : 
Connaître toutes les ruses. 

TOURLOUROU : Soldat du 
centre, lorsque l'infanterie était 
divisée en compagnies du centre 
et compagnies d'élite. Du vieux 
mot turelureau: soldat de garni- 
son. (V. Du Gange.) — Au xiv* siè- 
cle , la turelwe ( prononcez 
toureloure ) était une sorte de 
château flanqué de tourelles. — 
« Si le tourlourou est solide sur 
l'école de peloton, il n'est pas 
moins ferré sur l'école de la sé- 
duction. » (M. Saint- Hilaire.) 

TOURMENTE : Colique (Vi- 
docq.) — Mot expressif. 

TOURNANTE : Clef. (Ra- 
basse.) — Elle tourne dans la 
serrure. V. Tremblant ^ Lourde, 

TOURNÉE : Pile, correction 
faisant tourner et retourner la 
victime. •— a Après, je donne 
une tournée à la Chouette, Je 
tiens à ça. i (E. Sue.) 

TOURNÉE : Rasade offerte 
devant le comptoir du marchand 
de vins. — Ainsi nommée parce 
qu'elle fait le tour de l'assemblée. 

— c II ofifre une tournée au café 
Robert. » (Monselet.) 

c Oscar (le lorgnon dans l'œil). 

— Oui, vraiment. — Dites-moi, 
marquis, la belle Yseult ne serait 
pas de trop... si elle daignait ac- 
cepter une tournée 1 

Le Marquis* — Toujours ga- 
lant 1 

Oscar» — Quelque chose de 
doux... du mêlé? i (Marquet.) 



Tourner au vinaigre : devenir 
malheureux. — c Tourné au vi* 
naigre ! Hélas ! plus de femmes, 
je l'avais perdue. » (Beauvillier.) 

TOURNER DE : Faire les frais 
de. — - « Lorsqu'il arrivait à Bios* 
sac de dire ; Les dalles de la 
Morgue me réclament, Grimaille 
se contentait de dire : Je vais 
tourner d'un déjeuner, i (D. Alon* 
nier.) 

TOURNER DE L'CEIL : Mou- . 
rir. — « Du poison!... Allons, 
bots... tu vas tourner de l'œil 
tout de suite. > (Chenu.) 

TOURNER L'ŒIL : S'assou- 
pir. — « Trois ou quatre mé- 
chantes chopines... et ça tourne 
Tœil. » (Gavarni.) 

TOURNEVIS ; Soldat d'infiin- 
terie. 

A la santé des gros taloos, 
Dei touracvis et de» cauons 1 

( Vieille Ch, du Hussard en camp.) 

TOURNURE : « Toutes les 
dames et demoiselles qui, pour 
suppléer au manque de rondeur 
de certaines parties, portent ce 
que M"« de Genlis appelle 
tout crûment un polisson et que 
nous appelons une tournure, i 
(Th. Gautier, 33.) 

TOURTE : Tête. — Compa- 
raison de la croûte à la botte os- 
seuse du crâne, et de la garniture 
i\ la cervelle. V. Vol-au-veni. 

TOURTOUSE, TORTOUSE, 
TOURTOUSINE : Corde à me- 
nottes. 

TOURTOUSER : Garrotter. 
(Vidocq.) -» Mot expressif indi» 



TRA 



— 349 — 



TRA 



quant l'action de lier tout autour, 
V. Criblage, Coltiger. 

TOUSER : Aller à la selle. 
(Colombey.) 

TOUSSE (Non ! c'est que je) : 
Négation ironique. V. Mouche. 

TOUT : Individu fréquentant 
les champs d'entraînement pour 
renseigner sur les chances pro- 
bables des meilleurs chevaux de 
courses. (Parent.) Ângl. 

TOUT DE CE: Très-bien. 
(Vidocq.) 

TOUTIME : Tout. (Halbcrt.) 

TOUT PARIS : Le monde élé- 
gant. 

c Le mois de juin est venu, 
mois fâcheux où tout Paris quitte 
Paris. » (De Boigne, 57.) 

TRAC : Peur. — Onomato- 
pée. — On donne le nom de trac 
à une maladie qui cause un fris- 
son perpétuel. — Pendant le 
siège de Paris, on a publié le 
Trac, journal des peureux, — 
c Bien! voilà mon trac qui me 
reprend. » (Marc Michel.) 

TRAIN (du) : Vite, à grand 
train, — « Asie prit un fiacre et 
dit au cocher : c Au Temple ! et 
du train 1 il y a gras. » (Bal- 
zac.) 

TRAIN (en) : En train de se 
griser. — t Ce sera fort heureux 
si votre ami reste, car je le crois 
un peu en train. > (P. deKock.) 

traînée. — Prostituée, qui 
traîne dans les mauvais lieux. 

TRAINE-PAILLASSE : Four- 
rier. — C*est lui qui règle avec 
remployé le prix des dégrada- 



tions des lits militaires. V. /^o- 
gneur, 

TRAIT : Infidélité. — Abré- 
viation de trait cT inconstance, — 
<t Son mari lui avait fait tant de 
traits, qu'elle Tavait quitté. • 
(Champfleury.) ~ o On ne peut 
plus faire de traits à sa Nini, 
c'est ce qui vous chiffonne. » 
(Gavarni.) 

TRALAI-A : Grand appareil. 

— « Et puis, grand genre. Tout 
le tralala. Et du linge! » (E. ViU 
lars.) — c La fougue, l'audace et 
tout le grand tralala de l'excen- 
tricité féminine, i (Monselet.) 

TRANQUILLE : Gomme Bap- 
tiste. 

TRAQUER : Avoir le trac. 
V. Esgourne, 

TRAQUEUR: Peureux. — 
V. Vrai. — t II était très-tra- 
queur et ne se souciait pas de 
finir à Bicétre. (Zola.) 

TRAVAIL : Filouterie de jeu. 

— « Un grec dont Thabileté est 
telle que, pendant trente années 
de travail, il n*a pas été pris une 
seule fois. » (Cavaillé.) 

TRAVAILLER : Ce mot s'ap- 
plique 'indistinctement à toute 
œuvre, bonne ou mauvaise, exé- 
cutée dans le but de gagner de 
l'argent. 

Travailler^ pour un malfai- 
teur, c'est tuer ou voler. Pour 
la prostituée, c'est provoquer le 
passant. -^ c X... était prudent; 
il travaillait toujours seul, et son 
receleur était des plus fins. » 
{Figaro.) 

TRAVAILLER : Battre, 
tourmenter. — t Je vais la tra- 

20 



TRE 



- 35o - 



TRI 



vailler dans le numéro de de- 
main. — Et il écrivait : « Ma- 
dame Desbrosses quitte enfin le 
théâtre.,. Bonheur î m (Phiiipon). 

Travailler la tire : Voler dans 
les poches. (Rabasse.) 

TRAVAILLEUR : Voleur au 
jeu. — « Le grec a aussi reçu le 
nom dé philosophe, de travail- 
leur, x> (Cavaillé.) 

TRAVERSE : Bagne. (Ra- 
basse.) 

TRAVESTI : Rôle de femme 
travestie en homme. — c Mada- 
me Peschard débutait à ce théâtre 
dans un travesti. » (Bénédict, 

75.) 

TRAVIOLES(avoirdes): Avoir 
des inquiétudes. (Rabasse.) 

TRÈFLE : Tabac. — Allusion 
à la couleur brune de ce four- 
rage, quand il est sec. — c Lui 
qui avait remué tant de tréûe de 
la régie, i (Aubryet.) 

TRÈFLE : Anus. — C'est une 
image qu*on devine. 

TRÉFOUIN :Tabac.(Raba8se.) 
» Déformation de trèfle. 

TREIZIÈME (marié au) : En 
état de concubinage. -^ Pour 
comprendre Tironie, il faut se 
rappeler que, avant iSSg, cet ar- 
rondissement n'existait point à 
Paris. — f Jamais elle n'a été 
ma femme, pas même au trei- 
zième arrondissement. (Bertall.) 

TREMBLANT : Lit. 

TREMBLANTE : Fièvre. (Ra- 
basse.) 

TREMBLEMENT : Réunion, 
mêlée^énérale. — c A Tunion de 
rinfanterie, de la cavalerie, de 



de tout le tremblement. » (La 
Barre.) 

TREMBLEMENT : Bauille, 
engagement général. — « Mais, 
la veille du tremblement, fallait 
voir les feux des postes avancés.» 
(Chansin, 64.) 

TREMPÉE : Correction. — V. 
Soupe, — c Si je ne me respec- 
tais pas, }e vous ficherais une 
drôle de trempée, i (Gavarni.) 

TRENTE ET UN, TRENTE- 
SIX (se mettre sur son) : Mettre 
sa plus belle toilette. — « Elle 
s'était mise sur son trente et un, 
et je puis vous assurer qu'elle 
était bien ficelée. » (Vidal, 33.) 

TRENTE-SIX DU MOIS : Ja- 
mais. — Le mois ne dépasse pas 
3i jours. — « Elle prenait du 
plaisir, ce qui lui arrivait le 
trente-six du mois, i (Zola.) 

TRENTE-SIXIÈME DES- 
SOUS (dans le) : Même sens 
que Troisième dessous. — Le 
pauvre vicomte a été enfoncé 
dans le trente-sixième dessous. » 
(Montépin.) 

TRÈPE : Foule. — C'est troupe 
avec modification de la première 
syllabe. V. Garçon, 

TRÉPIGNÈE : Rossée. 

TRÉPIGNER : Battre. — Mot 
à mot : trépigner sur le corps. 

TRETON : Rat. — Diminutif 
de trotteur. V. Greffier, 

TRICORNE : Gendarme. (Ra- 
basse.) 

TRICOTER : Battre. — Du 
vieux mot Tricote : gros bâton. 

Prends vite un bftton, 

Tricota cet homme sans cette. 

{Chanson camavatesque^ i85i.) 



TRI 



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TRO 



TRICOTKR : Danser, fuir. — 
Comparaison du jeu des jambes 
à celui des aiguilles. — « La peur 
m'a galopé et j'ai tricoté des fils 
de fer. » {La Correctionnelle.) 

TRIFFOIS : Tabac. (Halbcrt.) 

— Pour TréfloiCo V. Trèfle, 

TRIFFOISIÈRE : Tabatière. 
(Idem.) 

TRIMAR : Grande route où 
triment les voyageurs. — t Tra- 
vailler sur le grand trimar, c'est 
voler sur le grand chemin. » 
{Cinquante mille voleurs de plus 
à Paris.) 

A lier au trimar : Voler. (Ra- 
basse.) 

Faire son trimar : Raccrocher 
sur la voie publique. V. Quart. 

TRIMARDER : Cheminer. 
(Grandval.) 

TRIMBALLER: Marcher. Mot 
à mot : baller sur la trime, aller 
sur le chemin. 

TRIMBALLEUR de conis : 
Croque-mort. (Vidocq.)— Mot à 
mot : trimballeur de cadavres. 

TRIME : Rue. (Vidocq.) 

TRIMELÉ : Fil. (Colombey.) 

TRIMIN : Chemin. — Dimi - 

nutif de Trimar d. 

Sur mon trimiu rencontre 
Un pègre du quartier. 

(Vidocq.) 

TRIMOIRE: Jambe. (Halbert.) 

— Elle trime par métier. 

TRINGLETTE : N'avoir rien 
trouvé. (Ràbasse.) 

TRINGLOS : Soldat du train. 

— Diminutif de train. — t Ce 
que les tringlos, soldats du train 



des équipages militaires, ne 
pourront nous apporter. » (A. 
Camus.) 

TRINQUER (faire) : Faire 
battre. (Rabasse.) — Mot à mot : 
fiaire choquer. On choque en 
trinquant. 

TRIPOLI : Eau-de-vie. — Al- 
lusion à l'eau-de-vie qui entre 
dans la composition du tripoli. 
V. Astic. 

TRIPOT : Garde de police. 
(Halbert.) 

TRIPOTÉE : Correction. — 
Du vieux mot tripeter : fouler 
aux pieds. — a Ohl quelle tripo- 
tée je vous ficherais, ma poule!» 
(Gavarni.) 

TRIPOTIER : « Les tri potiers, 
c'est-à-dire les individus qui 
donnent à jouer clandestinement 
sont nécessairement plus ou 
moins tarés. » (Cavaillé.) 

TRIQUE : Dent, cabrîoleU 
(Halbert.) 

TROGNON : Mot d'amitié. — 
c En lorgnant la brunette, j' lui 
dis : Mon petit trognon. » {Les 
Amours de Jeannette, i3.) 

TROIS-ÉTOILES : Personne 
réelle ou fictive, dont on cache, 
ou dont on paraît cacher le nom. 

— c La femme légitime de ce 
peintre est la maîtresse du gros 
trots-étoiles. » (A. Second.) 

TROIX-SIX: Fau-de. vie forte. 

— Allusion au degré d'alcool. V. 
Sacré-chien. — a Au moins, 
moi, j' dis pas que j'aime pas le 
troix-s